Titre original: Fair is fair (fanfic publiée sur ce site) ou A more delicious word (fanfic revue publiée sur asylums . insanejournal . com)
TRADUCTION BASEE SUR A MORE DELICIOUS WORD, CAR C'EST LA VERSION DEFINITIVE
Auteur:
cozzybob
Catégorie: Angoisse,
Rating: M.
Paire: 1+2
Warnings: Angoisse. Violence extrême. Références viols. Très très très sombre.
Disclaimers: Les personnages de Gundam ne sont pas à moi et l'histoire non plus d'ailleurs, je ne suis que la traductrice, c'est même pas moi qui vais les consoler à la fin.

P'tite tchatche; Voila le dernier volet et l'explication du titre. Merci pour la review, elle cerne tout à fait l'esprit dans lequel je suis quand je lis et c'est pour ça que j'ai aimé traduire ces fanfics ; pour arriver à faire palpiter d'autres artichauts, surtout quand ce ne sont pas des scènes graphiques (les scènes graphiques sont, elles, beaucoup plus techniques à traduire en fait…). J'espère donc que vous vous serez régalé(e)s à suivre cette histoire.

Un mot des plus délicieux
Chapitre 3 : Un mot des plus délicieux

« Vengeance »Est-ce que le langage a jamais créé un mot plus délicieux ? Je me le répète quand je vais dormir la nuit, certain qu'il va me donner de beaux rêves.

Frank Herbert

Le dépôt bascula dans le chaos.

Une porte en bois oubliée au fin fond de la salle s'ouvrit violemment de l'intérieur, laissant une fissure béante dans le bois qui vola en éclats sur le sol. La porte cria sur ses gonds quand elle cogna contre le mur avec un gémissement terrifiant. Un Zechs Merquise furieux passa la porte et se précipita dans le hangar, armé d'un très grand pistolet et arborant une expression qui aurait fait pleurer de honte le diable.

Zechs traçait son chemin gracieusement - bien que très en colère - vers la forme bouleversée de Heero qui serrait toujours Duo comme si le garçon était son unique bouée de sauvetage dans tout l'univers. Ses mains s'étaient rabaissées vers les épaules de Duo et les serraient, provoquant de légers frissons sur le corps qu'il tenait dans ses bras, avec la seule intention de protéger la vie de l'autre à tout prix. Zechs grimaça devant l'absence d'émotion dans les yeux de Heero, et pourtant ... il en dégageait tant quand même.

Le blond en colère se tint devant les deux jeunes hommes dans une attitude protective à leur égard tout en surveillant la scène en grondant. Ses yeux lilas étaient devenus comme deux flammes jumelles de haine.

« Qui est responsable de ça !? »

Goliath avança vivement vers Zechs comme s'il voulait lui couper les doigts.

« L-lieutenant? ... Ahh, quel ... »

Goliath prit une profonde inspiration pour se contenir, mais sa colère revint en moins d'une milliseconde.

«De quel droit prenez-vous ma base d'assaut et interrompez-vous un événement important? Qui vous a envoyé bordel, qu'est-ce que vous voulez? »

Zechs décocha un coup de poing dans l'estomac du monstre (un exploit facile puisqu'il était affaibli par les attaques précédentes de Heero et de Duo), et poussa le canon de son très gros pistolet dans la bouche béante de Goliath. Goliath s'étrangla. Littéralement.

« Je vais vous dire pourquoi je suis ici, M. Wes. »

La voix de Zechs était mortellement douce, le type de voix qui pouvait vous tuer rien qu'en en donnant l'ordre.

« Je suis ici parce que vous avez violé toutes nos lois. Je suis ici parce que vous avez capturé et torturé illégalement des pilotes de Gundam - ces pilotes de Gundam, M. Wes - et vous avez oublié d'en parler à vos supérieurs. Je suis ici parce que j'ai l'autorité du général Treize lui-même qui me donne le droit d'arrêter votre carcasse répugnante et de vous enfermer. Je suis ici parce que s'il n'y avait pas Kushrenada, tu serais un putain d'homme mort ».

Goliath – enfin… Wes - avala sa salive malgré le canon froid encore dans sa bouche que Zechs retira finalement, caressant la gâchette du doigt.

« Si vous avez un problème, M. Wes, on peut voir ça ensemble. Treize devrait comprendre, n'est-ce pas? »

Goliath secoua la tête frénétiquement, les larmes aux yeux.

Le regard de Zechs s'étrécit dangereusement pendant qu'il observait la silhouette blessée de Heero qui enveloppait Duo de ses bras. Il se retourna vers Wes et grogna.

« Le pilote zéro-un est à moi. Personne ne touche à ce qui est à moi, M. Wes. »

Les yeux de Heero s'étaient levés en entendant les gémissements de Goliath - Wes – au contact de l'arme. Zechs vida le barillet et frappa le gros homme durement sur le crâne, assez efficacement pour lui faire perdre conscience. Il arma le fusil en guise d'avertissement et son regard de rage, haineux et dégoûté parcourait la pièce et tous les hommes - des hommes d'Oz – réalisa-t-il sous le choc. Il grogna.

« Tout le monde à son poste! Dehors ! »

Personne ne bougea.

Zechs tapa du pied et cela résonna distinctement dans la baie de chargement.

« MAINTENANT ! »

Il y eut un silence, puis une éruption de halètements de chaque homme –à l'exception de Heero- qui avaient sursauté quand ils avaient saisi la férocité manifeste dans le ton de sa voix. Zechs attrapa un soldat qui passait et visa sa poitrine de son arme, enragé.

« Je veux un médecin dans cette salle dans moins d'une minute, compris ? »

Le jeune soldat pâlit mais hocha la tête et se fraya un chemin pour courir vers l'aile médicale, ayant parfaitement compris que sa vie en dépendait.

La salle se vida en quelques secondes, abandonnant là Goliath, Heero, Duo et Zechs.

Zechs jura dans sa barbe, et se pencha, le regard fixant désespérément la brume inexpressive de Heero. Heero peina à le reconnaître et pressa Duo encore plus fort dans son étreinte en grinçant des dents avec une colère in contrôlable.

« Heero, » dit-il d'une voix douce. Le garçon ne cligna pas même des yeux.

Zechs soupira de découragement et s'écarta prudemment de lui, essayant de donner plus d'espace à Heero. C'est alors qu'il entendit des pas s'approcher derrière lui et Zechs se retourna pour voir le médecin grimacer avec précaution en évitant le blond enragé et son énorme fusil.

« Lieutenant Merquise? »

Zechs hocha la tête et fit un signe en direction des deux pilotes de Gundam blessés.

« Aidez-les ».

Le docteur le regarda, stupéfait, et montra Wes, toujours affalé sur le plancher.

« Et pour- »

« Qu'il aille se faire foutre. C'est ceux-là qu'il faut soigner ».

Zechs avait désigné Heero et Duo avec colère, une inflexion mortelle dans la voix.

« Je vais m'occuper moi-même de l'autre ordure. »

« Non »

Zechs pivota et put saisir l'éclat dans le regard mortel de Heero.

« Il est à moi. »

Heero caressa la joue de Duo, un léger éclat de vulnérabilité de retour un instant.

« A nous... »

Zechs hocha la tête, un doux sourire de compréhension esquissé sur son visage.

« Cellule 12. »

Zechs se détourna et sortit sans un mot. Il n'y avait pas de remerciement sur les lèvres de Heero, uniquement des promesses de meurtre et de cruels calculs pour savoir comment il y parviendrait.

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Lorsque Duo se réveilla enfin à nouveau, se fut en criant. Il avait crié sur tout son chemin de croix et il le savait, mais il s'en fichait. Il avait juste subi un cauchemar après l'autre pendant si longtemps, il se foutait de tout le reste, et la seule chose qui pourrait le calmer maintenant c'était d'évacuer ces cris à glacer le sang.

« Duo ... Duo, calme-toi. Tu es en sécurité maintenant. Je ne vais laisser personne te faire du mal. »

Une main déplaça la frange de ses yeux qu'il gardait fermés dans la douleur, tant mentale que physique. Il frissonnait, mais il n'avait pas assez d'énergie pour se déplacer. Il avait cessé de crier parce que sa voix devenait rauque et parce que sa mâchoire était bien trop blessée pour oser lui demander plus d'efforts. Il ne pouvait pas reconnaître la voix non plus, et il ne pouvait pas dire si elle était dans sa tête ou si c'était la voix de ses tortionnaires. Elle lui faisait peur. La main effleura sa pommette avec la légèreté d'une plume et il s'en était écarté le plus loin possible.

« Duo- »

Mais ses tortionnaires ne connaissaient pas son vrai nom.

« - Duo, s'il te plaît réveilles-toi. »

Ça ne peut pas être...

« Duo ... »

Duo sentit qu'on appelait son âme, et il gémit de douleur quand son corps sortit de son engourdissement alors qu'il ne s'était pas rendu compte qu'il avait glissé dedans. Lentement, il ouvrit les yeux pour trouver Heero debout à côté de lui, son bras enveloppé dans de la gaze, ses yeux bleus et froids lourds de fatigue, de haine ... et ... d'inquiétude ?

Je rêve, pensa Duo. Ça doit être ça.

Il avait essayé de s'asseoir, mais une vague de nausées lui démontra que c'était une très mauvaise idée, et il s'effondra sur le lit d'hôpital. Lit d'hôpital... Il n'avait pas dormi dans un lit depuis des semaines, pas moyen ...

Ouais. Je rêve, bien.

« Duo »

L'attention de Duo était sous l'emprise de ces orbes bleus sans fond à l'éclat mortel.

«... On s'en va maintenant. Je vais te porter. »

Duo secoua la tête. Partir ? Pour aller où? Et il était hors de question que quelqu'un le porte, même s'il s'agissait de Heero.

Mais Heero devait apparemment lire dans son esprit.

« Nous partons maintenant Duo, et je vais te porter que tu le veuilles ou non".

Il fallut un long moment pour que Duo réalise que Heero voulait parler de la base où il avait été emprisonné pendant ... il ne savait même plus combien de temps. Peut-être qu'il ne rêvait pas. Peut-être qu'ils partaient vraiment. Peut-être ... juste peut-être. Duo lui donna la permission. Il n'avait plus rien à perdre.

Il sentit Heero débrancher une intraveineuse et autres joyeusetés médicales avant de se retourner vers lui pour le soulever. C'est à ce moment que Duo se rendit finalement compte qu'il portait ses anciens vêtements à nouveau au lieu de ces ... chiffons ... et il passa aussitôt la main à son cou pour sentir le tissu familier du col de prêtre. Il ne s'était jamais senti aussi heureux de toute sa vie.

Heero le tenait en le berçant contre sa poitrine, et comme Duo allait protester encore une fois, il posa le doigt sur les lèvres de l'autre garçon et le fit taire d'un regard furieux. Un regard furieux plus doux, mais un regard furieux malgré tout.

Duo sourit alors. Non, il ne rêvait pas. Même les rêves ne pourraient jamais copier un regard furieux de Heero de manière crédible. C'était juste quelque chose qui était unique. Duo soupira et appuya sa tête sur l'épaule de son camarade, s'endormant dans les brumes de la douleur et du soulagement qu'il avait attendu depuis si longtemps.

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Heero sourit malgré lui. Il avait mis suffisamment d'explosifs pour faire imploser l'ensemble du bâtiment.

Chacun de ces salauds allait mourir, et pour couronner le tout, Goliath était attaché dans sa cellule avec la bombe préliminaire fixée sur la minuterie qui déclencherait la réaction en chaîne. Heero l'avait attachée sur le monstre et il lui avait donné assez de morphine pour assommer un cheval. Il aurait aimé voir ce salaud se tortiller et implorer sa pitié, mais savoir que son corps ne serait jamais retrouvé était juste un des nombreux plaisirs qui le faisait jubiler.

Il avait averti Zechs il y a une heure et lui avait dit d'être hors de l'immeuble dans exactement quatre-vingt-dix minutes. Il lui restait trente minutes.

Heero ne l'avait pas prévenu à cause de ce que Zechs avait fait. Même si il était heureux de la tournure qu'avaient prise les événements, il voulait encore le sang de Zechs et il y avait encore un combat à régler entre eux. Heero avait averti Zechs parce qu'il voulait que le blond meure selon son destin. Leur destin. Mais cela n'a pas d'importance en ce moment. Zechs n'était pas stupide et il partirait. Ils devaient simplement le faire avant que les bombes n'explosent.

Il parcourut les couloirs avec Duo dans les bras et un fusil à la main. Il savait que personne n'oserait s'en prendre à lui puisqu'il avait désormais la protection de Zechs lui-même et la plupart semblaient comprendre qu'attaquer Heero signifiait être limogé d'Oz, mais il ya toujours ceux qui ne suivent pas les règles. La base était célèbre pour cela de toute façon, après tout et compte tenu des détestables événements qui venaient d'arriver, ça n'avait pas été une surprise qu'il ait tué neuf hommes (dont ce roux maigre d'autrefois) avant de finalement s'en tirer.

Cinq minutes pour accéder à la zone de sécurité. Duo se tortillait dans ses bras, dans la souffrance des débuts d'un autre cauchemar, et Heero le fit taire, disparaissant dans le bosquet d'arbres.

Exactement quatre minutes et dix secondes plus tard, un champignon sacrilège, se tordant dans les flammes jaillit de la forteresse souterraine qui s'effondra, envoyant voler des éclats partout. Les tunnels s'écroulèrent sur eux-mêmes. Au loin, on pouvait voir une personne tenant un mince corps osseux dans ses bras, arpenter le chemin qui menait en ville.

Ils étaient morts.

Et Heero a continué à sourire.