Hello!
Bon, après du lemon, de l'action... Il y a pas à dire, on vous gâte, les gens, non?
Allez, dites "oui" sivouplé...
Enjoy!
Hagaren
Chapitre 5
Tenshi soupira. Ses ailes lui manquaient, car il souffrait encore du déséquilibre que leur absence provoquait, et il détestait la sensation de gaucherie que cela impliquait. De plus, le froid vif et mordant qui tourbillonnait sur le toit lui confirmait bien qu'être un être céleste comportait de nombreux avantages par rapport à une enveloppe charnelle, surtout celui d'ignorer les variations de température. Il souffla sur ses doigts afin de les réchauffer, pour qu'ils retrouvent leur habileté si connue du « milieu ». Le fusil d'assaut une fois assemblé lui permettrait d'en finir avec cette mission qui durait depuis bien trop longtemps.
Comme par un fait exprès, sa cible ne se trouvait jamais seule et jamais accessible ; à croire que ce petit gars possédait des antennes, et évitait toutes les tentatives d'assassinat de l'ange tueur à gages.
Mais pas cette fois. La chance, comme à son habitude, avait finie par tourner, et souriait maintenant à l'exécuteur. La garde rapprochée de l'alchimiste l'avait enfin abandonné, et il se retrouvait seul dans sa chambre d'hôtel, devant la fenêtre au rideau ouvert.
Tenshi ajusta contre son épaule son engin de destruction, puis chercha d'un mouvement du buste la meilleure position afin de viser la fenêtre de l'immeuble d'en face. Oui, tous les éléments étaient réunis afin qu'il puisse mener à bien son contrat. Dans la lunette de visée, il pouvait voir l'alchimiste marcher dans la chambre, puis enfin s'asseoir au bureau et commencer à écrire. Ce dernier avait une position parfaite, car le jeune homme se retrouvait le dos à la fenêtre, et demeurait parfaitement immobile. Tenshi ne pouvait rêver mieux comme conditions : la vue dégagée, le sujet immobile et seul… Même sans ses ailes et le déséquilibre léger dont il souffrait, il pourrait enfin mener à bien son contrat, se réjouit-il.
Il visa très soigneusement la base de la tête, à la naissance de la natte blonde, préférant un impact net et définitif. Il y avait bien une chose que l'ange détestait par dessus tout, c'était gâcher ses munitions, et devoir tirer plusieurs balles pour une cible assise.
Il verrouilla sa position, posa ses doigts sur la détente, et respira à fond afin de la presser le plus doucement possible.
L'arme cracha son projectile mortel sans que le tireur n'eu à encaisser le moindre recul.
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Le couloir était sombre, et mal aéré. Des relents âcres, écœurants, d'urine, de vomi, et de désinfectant industriel formaient un mélange peu ragoûtant qui donnait la nausée au plus endurci. Le personnel, quand à lui, ne sentait plus rien depuis longtemps.
Étrange comme l'homme peux s'habituer à tout, songea t-il avec un sourire. Le meilleur comme le pire. Et en ce qui le concernait, c'est ce dernier qu'il préférait, et de loin.
Il se tenait très droit, et marchait d'un pas énergique, les mains réunies dans son dos. Les rares personnes qu'il croisait le saluaient brièvement, d'un hochement de tête, ou d'un vague geste de la main. Son allure martiale, et surtout son regard glacé, suffisaient à les maintenir à distance, et à les dissuader d'engager la conversation avec lui.
Le bruit de ses pas était étouffé par les cris indistincts qui lui parvenaient par intermittence, poussés par les « résidents » de l'hôpital. Les pauvres diables qui hurlaient de la sorte étaient ceux qui avaient encore conscience de la douleur, et plutôt que de la savourer, comme il l'avait fait, ils préféraient lutter contre. Les autres, quand à eux, ne se rendaient plus compte de rien.
Lorsqu'il avait pénétré dans l'enceinte de l'établissement psychiatrique, l'euphorie et la jubilation à l'idée de tous les berner avaient coulées dans ses reins, tel un feu incandescent. Personne n'avait rien remarqué, ce qui n'avait pas manqué d'augmenter sa satisfaction. Il avait failli hurler sa joie à l'entrée du couloir, mais des années d'entraînements et de rigueurs l'avaient empêché de commettre un acte si stupide ; aussi, il conserva un masque impassible, même si son âme était en liesse.
Lui qui s'était échappé de ce même établissement quelques années auparavant, c'était maintenant une joie ineffable de pouvoir y revenir en parfaite légalité, même si c'était de façon incognito. Il lui avait suffit de voler les vêtements, les cartes d'accès, et autres accréditations d'un quelconque psychiatre, et le voilà arpentant de nouveau les couloirs nauséabonds de l'hôpital de Lior.
Le commun des mortels était bien stupide, constata t-il avec un léger soupir. On pouvait dire qu'ils cumulaient la médiocrité : en plus d'avoir un esprit étriqué et petit, ils n'étaient rien d'autre qu'une bande de minables. Trop aveugles pour ouvrir les yeux, incapables de le reconnaître alors que l'armée entière le recherchait, et qu'il était juste sous leur nez.
Les abrutis.
Après tout, tant mieux pour lui. Les choses lui en seraient facilitées.
Arrivé au bout du couloir, il s'immobilisa devant une cellule portant le numéro 207. Un endroit spécialement étudié pour les cas difficiles ; entièrement capitonnée du sol au plafond, avec une seule ouverture, la pièce était faussement apaisante ; car les malades enfermés dedans savaient qu'ils leur étaient impossible d'en sortir, de se faire du mal, ou tenter d'en faire aux autres. Seuls de puissants sédatifs et une camisole de force leur étaient attribués.
Il entra, puis referma soigneusement le verrou derrière lui. Son regard se porta ensuite sur le malade recroquevillé sur le sol matelassé, qui avait enfoui son visage dans ses genoux repliés, apparemment insensible à sa présence. Les médicaments et leurs effets secondaires, pensa t-il.
Il sortit son couteau de la poche de la blouse blanche qu'il portait et le déplia avec soin. Cette arme, qui à l'origine était l'outil de travail des barbiers, était sa préférée. Le « coupe-chou » avait un léger crissement quand il entamait la chair, et c'était une musique douce à ses oreilles, musique dont il ne se lassait pas. Et il allait bientôt pouvoir en entendre quelques mesures rapidement.
En s'approchant davantage de l'homme assis par terre, il put constater que ce dernier se contentait de fixer un point devant lui, trop abruti par les calmants pour voir autre chose. Peu importait, après tout, car il existait un excellent moyen de le faire sortir de sa léthargie, pensa t-il, et un sourire sardonique étira doucement le coin de ses lèvres minces. Il s'agenouilla devant le malade, et fit tourner lentement l'arme entre ses doigts.
Il poussa un soupir, en réalisant que l'homme ne comprendrait ou simplement n'entendrait pas ses paroles ; aussi, il lui faudrait modifier son scénario pour qu'il retienne malgré tout deux choses primordiales ; la première étant pourquoi les autorités l'appelaient « Le Questionneur », et la seconde qu'il ne fallait pas trahir Hugo Richardson.
En sortant de la pièce il referma soigneusement le battant derrière lui, puis avisa une infirmière dans le couloir, et lui fit signe d'approcher. Lorsque la jeune femme en blanc fut assez proche, il prit un ton emprunt de sollicitude et d'inquiétude mélangée pour lui souffler :
- Le traitement prescrit à ce patient me semble inadapté. Je viens de lui injecter un puissant somnifère afin qu'il soit en meilleur état de conscience pour commencer un autre traitement dès lundi. Veillez surtout à ne pas le déranger avant 36h. Je compte sur vous.
Il s'éloigna, le cœur gonflé de joie à la perspective de savoir que la jeune femme aura besoin du même traitement psychiatrique lorsqu'elle entrera dans la pièce, afin d'essayer d'oublier ce qu'elle y aura vu. Mais pour l'heure, il devait se rendre chez le médecin à qui il avait emprunté les différents passes de l'hôpital. La perspective de leur seconde rencontre lui fit presser le pas.
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Edward tourna la tête vers la droite et regarda attentivement son poignet métallique, levé à la hauteur de son oreille. Si tous ses réflexes ne l'avaient pas entraîné à se mettre à l'abri, il aurait certainement pris le temps de contempler la balle de fusil coincée dans l'articulation de sa main d'acier. Il se demanda si elle était venue se ficher là alors qu'il passait la main dans ses cheveux pour rejeter en arrière sa natte qui lui chatouillait la nuque, ou bien si elle s'était logée au moment où il s'asseyait.
Au lieu de ça, il bondit en un éclair en attrapant au passage un pan du rideau, et roula sur le sol en tirant vers lui le tissu, fermant ainsi la vue de la chambre.
Maigre protection contre un tireur embusqué, il en avait conscience, mais cette parenthèse de quelques secondes lui suffisait pour transmuter quelque chose de plus solide et se mettre à l'abri derrière.
Les coups de feu qui suivirent lui donnèrent raison ; il y eu un bref instant de répit, puis lorsque la personne derrière le fusil s'était rendu compte qu'il était sauf, les tirs avaient repris, au hasard du rideau qui bougeait. Avant que les éclats de verre soient tous tombés au sol, Edward avait fait apparaître un bloc protecteur devant la fenêtre, et il pu entendre une salve rageuse tenter de percer ce bouclier imprévu, puis le silence retomba brusquement.
Tout ceci ne pris que quelques instants, car la dernière balle avait été tirée depuis un moment avant que Breda et Fuery ne fasse littéralement sauter la porte de la chambre, l'arme au poing, prêts à tirer sur tout ce qui bougeait.
Allez hop, au taff! Vos impressions, et plus vite que ça! XD (bon, à part "tu es grave à la bourre", gomen, gomen, voyez le chapitre 12 de "De l'autre côté de la porte" pour les explications...)
A très vite! ^^
