Et voilà pour me faire pardonner mes mises à jour au petit bonheur la chance... Laissez moi vos impressions malgré tout, hein! Le principe de l'échange équivalent, ça vous parle? ^_~
Enjoy!
Hagaren
Chapitre 6 :
Falman arriva devant le bureau du médecin légiste de la garnison de Lior et frappa 3 coups brefs avant de pénétrer à l'intérieur de la pièce. Celle-ci, sombre et emplie d'un fatras de dossiers poussiéreux, avait des persiennes closes et seule une lampe de bureau diffusait une lumière tamisée. Dans un coin, un évier et une table avec une cafetière et une ou deux boîtes de biscuits. Il allait s'avancer vers une chaise, lorsque la porte s'ouvrit en grand.
Le médecin légiste, un homme de petite taille, svelte aux cheveux ébouriffés et au menton mal rasé revêtu d'une blouse blanche, d'un tablier et de gants de cuir, entra. Il portait un plateau métallique à deux poignées jonché d'instruments chirurgicaux plus ou moins ensanglantés. Il balança tout cela dans l'évier, et, ne conservant que sa blouse, entama la discussion :
- Bonjour, Falman…
- Bonjour docteur Millena. On m'a dit que vous aviez terminé l'autopsie de Jacob Darakian…
- En effet… Il y a environ 3 heures. Je ne me rappelle pas avoir vu un cas semblable dans toute ma carrière. Un café ?
- Je veux bien, merci. Alors ?
- Ben c'est assez impressionnant. On lui a tranché les entre doigts jusqu'aux poignets, on lui a arraché tous les ongles, on lui a joyeusement charcuté les gencives et on lui a littéralement extrait la totalité de la colonne vertébrale. J'ai retrouvé ses yeux dans sa bouche, et sa langue dans son estomac ; mais la cause de la cause de la mort est la strangulation, si ça vous intéresse. Un biscuit ?
- Euh… non merci. Il a été étranglé comment ?
- Par ses boyaux ; il avait plusieurs tours d'intestins autour du cou, et visiblement, c'était une auto strangulation…
- Hein ? c'est une blague ? Il s'est lui-même étouffé avec ses propres boyaux ?! Vous vous foutez de moi !
- Non, hélas. Celui qui l'a convaincu de le faire avait vraisemblablement un fort pouvoir de persuasion pour le convaincre de tirer lui-même sur les extrémités de cette « corde » improvisée… Allez, ne vous en faites pas, ajouta le médecin, en envoyant joyeusement une bourrade à assommer un bœuf sur l'épaule du militaire ; même mon assistant a vomi devant le cadavre. Pourtant ce matin on a disséqué un type qui s'était fait happer le bras par sa bétonneuse !
- Euh…
- Oui, vous avez raison, je vais pas vous raconter ma vie… Ça va aller ? sinon, dit-il en sortant un flacon plat de la poche arrière de son pantalon, j'ai de quoi vous remonter rapidement le moral…
Et le médecin avala une bonne lampée de sa bouteille anonyme.
- La victime n'a pas crié, ne s'est pas défendue ?
- D'après ce qu'on m'a dit, il était sous barbituriques… Un hypnotique et un sédatif puissant. C'était tout de même un schizophrène très dangereux.
- Et le mode opératoire vous rappelle quelque chose ?
- Bien sûr. Dans les rapports, cela correspond au modus operandi de Hugo Richardson. Vous avez déjà dû y penser.
- En effet… merci, docteur.
- C'était un plais… euh je veux dire, toujours à votre service.
Falman quitta le bureau, ferma la porte où était inscrit « Docteur Lasco F. Millena » et se dirigea vers la sortie d'un air préoccupé.
Il fallait avertir Mustang.
Mais avant, une dernière petite vérification à faire.
***********************
Assis sur le lit, Ed contemplait son automail d'un air perplexe. Breda et Fuery lui faisaient face, l'air ennuyé.
- Eh ben… ça promet, tout ça. C'est raté pour l'incognito, on dirait.
- Oui… soupira Ed. Et apparemment, c'est pas un petit amateur. Sans mon petit geste, il m'aurait cloué à la table…
- C'est du 7.63 mm, précisa Fuery en examinant la balle. Il devait posséder un fusil de précision, avec un canon rayé…
- Et un silencieux, vu qu'on a rien entendu… je ne vois guère qu'un fusil homologué pour tirer ce genre de munitions. Notre homme est un professionnel, il est bien fourni.
- Il va falloir être prudents…
Ed poussa un soupir bref, et se releva.
- Je vais garder ces rideaux fermés. Et je vais prendre une bonne douche pour me détendre un peu.
- Bonne idée… on va vous commander une pizza, chef ! assura Breda avec un grand sourire en sortant de la pièce.
Une fois les deux militaires sur le seuil, Breda se tourna vers Fuery.
- Eh… je rêve ou le FullMetal nous a fait aucune réflexion sur le fait qu'on soit là ?
- Eh c'est vrai ça !
- Bon… je propose qu'on commande la pizza et qu'ensuite on parte vérifier l'immeuble d'en face…
Et les deux militaires s'éloignèrent.
Winry s'introduisit sans un bruit dans la chambre de Ed et y fit quelques pas. Elle vit les quelques balles étalées sur la table, et commença à s'inquiéter. Soudain, un bruit dans la salle de bain la fit sursauter.
Ed, torse nu, pliait ses vêtements.
- Ed ?
L'alchimiste tourna son visage vers elle.
- Tiens, te revoilà !
- Que s'est-il passé ?
- Oh… J'ai juste failli me faire tuer… heureusement que tu as conçu des automails solides !
A ces mots, Winry se précipita pour examiner son œuvre. Constatant leur état indemne, elle soupira.
Ed lui posa la main sur l'épaule.
- Allons… Ils sont solides.
- Oui c'est vrai… Je devrais le savoir j'ai fait toute une batterie de tests (héhéhé ^^')!
Elle regarda Ed, lui offrant son plus joli sourire, puis se dirigea vers la porte.
Puis, elle se retourna, lui offrant ses lèvres quelques secondes.
*******************
- Il y a des jours comme ça… on a de la malchance comme c'est pas permis. Mais vous savez, moi j'ai un truc… il suffit tout simplement d'admettre qu'on a de la pas-chance, et après on part sur de meilleure bases… eh oui ! FARPAITEMENT ! PATRON, UNE AUTRE !
Assis à côté de l'ivrogne qui l'assommait de ses beaux discours, Tenshi somnolait. Ici, dans ce petit bar perdu au cœur de Centrale, il n'avait aucune chance d'être retrouvé.
Mais il commençait à en avoir sérieusement ras-le-bol de cette histoire. Et plus il s'énerverait, moins il réussirait à remplir sa mission. Conclusion, il fallait qu'il se repose.
Bercé par la musique de fond, un bluesman qui jouait de l'harmonica à la radio, il s'endormit. Aussitôt, son autre partie de lui se dématérialisa, et, déployant largement ses ailes, il s'éleva dans les airs, parfaitement invisible. Il savait qu'il avait tort, mais c'était plus fort que lui ; il fallait qu'il la voie, et qu'il la voie maintenant. Aussi il parcourut le plus vite possible la distance qui le séparait de la jeune fille qui ne cessait de hanter ses pensées.
Il savait pour l'avoir espionnée, qu'elle était proche de sa cible. Drôle de coïncidence… Bah, peut importait, il la voulait. Et si pour ce faire, s'il devait éliminer le garçon près d'elle et rester sous sa forme impalpable, et bien il le ferait.
Sa peau.
Ses cheveux qui ondoyaient au moindre de ses mouvements.
Son rire.
Son corps.
Bon sang il fallait qu'elle soit à lui, si il ne voulait pas finir complètement dingue.
Il arriva bientôt devant la fenêtre de la chambre de la mécanicienne ; il traversa le mur, et se rendit compte rapidement que la pièce était totalement vide. Il continua à marcher droit devant lui, traversant d'autres murs, chambres, et autres salles de bain sans voir quoi que soit, insensible au trouble fugitif que pouvaient ressentir les personnes présentes dans les chambres qu'il traversait furtivement en ectoplasme.
Enfin, il s'immobilisa dans la chambre de sa cible et serra les poings, tremblant de rage ; assis sur le lit l'alchimiste la serrait, elle, entre ses bras.
Se tenant en travers de ses genoux, elle lui offrait complaisamment ses lèvres, et ce porc, évidemment, en profitait pour glisser sa main de chair sur sa peau soyeuse.
Tenshi s'avança encore, jusqu'à toucher presque le visage de la jeune femme. Fermant les yeux, il goûta avec elle son souffle rapide, les gémissements qui s'échappaient de sa bouche à chaque fois que son compagnon avait une caresse langoureuse.
Il s'abandonna totalement à côté d'elle et s'allongea de tout son long lorsque le jeune homme la coucha délicatement sur le lit, et qu'il se redressait pour retirer sa veste d'un geste fébrile, impatient. Elle demeurait là, immobile, étendue, languissante, et Tenshi sentait son sang bouillir. Elle n'allait tout de même accepter les avances de ce nabot à moitié humain !
Il serra les dents lorsqu'elle tendit les bras vers son compagnon, et l'attira à elle, se cambrant contre lui pour mieux goûter à son baiser. N'y tenant plus, il tendit à son tour les mains vers elle et caressa la peau moite et chaude.
Obnubilé par ses gestes, il ne vit pas que la jeune femme blonde s'était immobilisée brusquement, les yeux écarquillés par la terreur et le dégoût.
- Win ? Qu'est ce qui se passe ?
- Je le sens, Ed, il est là, près de moi.
- Quoi ? Qu'est ce que tu raconte ? Tu sens quoi ? Mais voyons, Win, tu vois bien que nous sommes seuls !
- Non, je te dis qu'il est là !
Brusquement dégrisé, Tenshi rouvrit les yeux, regarda une dernière fois la peur dans les yeux de la jeune femme, et traversa le sol, pour se retrouver sur le lit, vide, heureusement, de la chambre du dessous. Il tremblait de tous ses membres.
Il haïssait l'alchimiste, pour son pouvoir qu'il avait sur elle, et pour le mouvement de répulsion qu'il avait lu dans les prunelles intenses de la jeune femme. Mais il se le promettait, aussi vrai que « Tenshi » voulait dire « Ange » : bientôt, très bientôt, ce sera de la joie et du plaisir qu'il fera naître dans ces yeux là. Elle ne pensera même plus qu'elle avait toléré qu'un autre homme que lui pose ses sales pattes sur son corps. Elle le suppliera de l'aimer, et il lui fera payer très cher son comportement avec l'alchimiste.
Il s'éleva à nouveau dans les airs et alla se poster sur son poste d'observation favori, le toit de l'immeuble d'en face. Il observait d'un regard dur la chambre de sa cible, qui serrait dans ses bras l'objet de tous ses désirs et lui caressait les cheveux d'un geste doux, alors qu'elle avait enfoui sa tête au creux de son épaule de métal.
Il étira ses ailes, puis se matérialisa de nouveau. Il descendit lentement les escaliers, et se dirigea vers une cabine téléphonique.
Son employeur devait être prévenu que ses interventions habituelles n'avaient pas d'effets sur un alchimiste gardé par l'armée.
Au bout d'un moment, il replaça le combiné sur son support, satisfait. Les choses allaient bouger, et le jeune homme blond ne serait plus intouchable dans son hôtel très longtemps, son employeur avait fait le nécessaire pour les déplacer.
Parfait.
En mouvement, sa cible serait plus facile à atteindre. Il sortit de la cabine, enfoui les mains dans les poches et alla dans son repaire récupérer son déguisement militaire, et surtout son matériel.
- Patience, FullMetal, patience… Tu n'auras pas toujours une chance insensée…
Tenshi sourit à la marchande de fleurs ambulante et celle détourna son regard, rougissante. Cette petite dinde avait les mêmes yeux que la mécanicienne ; elle fera un très bon succédané pour la soirée ; il s'en contentera pour l'instant, à défaut d'avoir l'original.
De l'autre côté de la ville, un ivrogne a moitié affalé sur sa chaise s'aperçut qu'il parlait seul, alors qu'il était sûr qu'il y avait un homme à côté de lui, quelques instants plus tôt. Il reconsidéra son verre, puis avec un haussement d'épaule décida de le vider. Après tout, les hallucinations sont courantes quand on picole trop, il paraît…
- Patron ! J'ai soif ! Un… un autre verre !
