Re, les gens! je tache de me tenir à mon calendrier de publications, avez vous remarqué? ^_^
Sinon, vous dites "waaa, merci beaucoup Hagaren, tu es trop forte!" pas vrai? On s'en fout. J'aime bien la brosse à reluire.=D
Bon, trêve de plaisanteries vaseuses, voilà un chapitre supplémentaire! Vous aimez? Vous détestez? Venez me le dire!
Enjoy!
Hagaren
Chapitre 7 :
David Gray redressa le menton, puis leva les bras au dessus de la tête. Il venait d'ouvrir le plus silencieusement possible le capot du camion militaire, et tenait à rester silencieux. Puis d'un geste vif, il abattit la hache sur le tuyau d'arrivage du liquide de frein, et regarda le liquide lourd s'expulser en geysers désordonnés, et éclabousser le reste du moteur.
Enfer et damnation.
Malgré son appartenance à l'armée, il n'avait pas eu d'opportunités à l'hôtel. Mais avec son action, ce sera bien le diable s'il ne pouvait faire une tentative pendant leurs déplacements.
Il referma le capot, puis sourit en regardant la hache ; il avait eu le nez creux en rendant une petite visite au réceptionniste de l'hôtel. Il s'éloigna d'un pas vif, conscient du liquide qui s'écoulait maintenant en goutte à goutte du camion.
- Dépêchons-nous, m'sieur Ed… Et soyons discrets.
- Oui, mais il est 3 heures du matin, tout le monde dort !
- Faites pas votre mauvaise tête. Allez, dans le camion…
Les militaires traînaient presque derrière eux un alchimiste a moitié débraillé, qui baillait à s'en décrocher la mâchoire, encore tout ensommeillé. Encore plus loin, Winry suivait comme elle pouvait, c'est à dire en silence et avec les yeux mis clos.
Fuery, Ed et Winry montèrent à l'arrière du véhicule, tandis que Breda se dirigeait vers la place avant.
Il marcha dans une flaque, et souleva son pied de quelques centimètres, afin de regarder sa semelle qui dégoûtait.
- Tiens… il a dû pleuvoir…
Il regarda soupçonneusement le ciel obscur, puis ouvrit la porte et s'installa, tournant la clé de contact.
- Et hop, c'est parti… J'espère que la pluie ne viendra pas gâcher notre voyage…
Un peu plus loin, dissimulé dans l'obscurité d'une porte cochère, le caporal David Gray ne put s'empêcher de laisser un fin sourire se dessiner sur ses lèvres lorsqu'il vit les phares du camion disparaître au loin. Puis, caressant sa barbe, il se retourna et marcha tranquillement vers le QG de Centrale. Il avait une soudaine envie de dévorer un steak bien saignant. Oui, même s'il était 3 h du matin…
Tenshi marchait lui aussi tranquillement, mais dans le couloir de l'hôtel. Il s'arrêta devant une porte.
Chambre 14…
Il sortit une paire de gant de cuir noir, les enfila et sortit son pistolet automatique Beretta, dont il vérifia que le chargeur était plein avant d'y adapter un silencieux. Finalement, il l'arma et entrouvrit la porte sans un bruit.
Il faisait noir dans la pièce. Le parfum envoûtant de la jeune fille rôdait encore, le troublant un peu plus. Il devinait la forme du lit, mais si elle y était… mieux valait allumer la lumière. Il pressa l'interrupteur.
Le lit était fait, et la chambre vide.
- Mais c'est pas vrai !
Avec un hurlement de rage, Tenshi jeta son précieux outil sur le lit, ne trouvant pas autre chose à faire qui aurait pu mieux traduire sa frustration et sa colère que de constater que sa proie lui échappait encore une fois.
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- Où on va ?
Dans un endroit plus tranquille, m'sieur Ed, répondit Fuery.
- Pas à Perpète-les-Oies quand même… Rétorqua Ed en se renfrognant davantage
Il avait décidément horreur d'être tiré du lit de si bon matin. Il y avait des aspects vraiment pénibles d'être un chien de garde des militaires… surtout quand ses acolytes n'en avait que faire.
- Pire ! se gaussa Breda. On va dans une espèce de gîte de chasse dans la forêt. Là on sera tranquille, on peut en être sûr !
- Bon, OK… décida Edward en ouvrant une bouche presque aussi vaste que le gouffre de Padirac pour bailler plus à l'aise ; c'est bien installé au moins ?
- Il y a 2 chambres à l'étage, d'après ce qu'on nous a dit poursuivit le militaire en fixant toujours la route. Vous les prendrez, Fuery et moi on va squatter la banquette, au rez-de-chaussée. Mais ne vous inquiétez pas, Full Metal boss, on sera jamais bien loin…
- « Ca, je peux vous faire confiance pour me coller comme des pékinois derrière un os de gigot, les gars… Et être aussi utiles qu'un cheveu sur la soupe ! » se dit Ed in petto.
Mais comme il aimait bien les deux militaires, il ne desserra pas les dents, et ne donna pas libre cours à ses pensées.
Puis d'un accord tacite, tous se turent, et ils roulèrent un petit quart d'heure en pleine forêt dans le plus grand silence ; seule Winry avait retrouvé un semblant de sommeil, la tête sur les cuisses de l'alchimiste, et si ce dernier avait fermé les yeux, ses doigts jouaient machinalement avec quelques mèches blondes de la mécanicienne.
- On va bientôt devoir s'arrêter, lança Fuery en réajustant ses lunettes qui avaient glissé à cause d'un nid-de-poule. La route devient mauvaise, à cause des précipices… Après il faut continuer le long d'un sentier.
Plusieurs secondes passèrent, sans que le véhicule ne change d'allure. Sentant son sixième sens venir le titiller très désagréablement, Ed reposa la mèche de cheveux de Winry, et ouvrit ses prunelles ambrées.
- Lieutenant ?
Encore une fois, plusieurs secondes s'écoulèrent en silence ; penché sur le volant, Breda semblait hypnotisé par la route ; néanmoins, ses yeux écarquillés indiquaient qu'il était terrifié.
- Bordel… j'ai… j'ai plus de frein…
- HEIN ? s'exclama Winry, se redressant des jambes d'Edward ; plus… plus de frein ?
- C'est quoi cette caisse ?
- Je ne comprends pas…
Il fit un brusque écart de la route, faisant chuter tout le monde à l'intérieur du camion. Toujours cramponné au volant, le lieutenant Breda était à moitié levé et essayait visiblement de ne pas se diriger vers les précipices qui longeaient la forêt. Et la panique ambiante au sein de la petite troupe ne faisait rien pour arranger sa concentration. Soudain, un bruit semblable à un coup de feu résonna dans l'habitacle, et le camion fit une brusque embardée, qui jeta militaires et civile dans les bras les uns des autres.
- Merde ! Merde ! MERDE ! cria Breda ; le pneu qui venait d'éclater rendait toute manipulation inutile, et ils fonçaient dangereusement tout droit vers un virage en épingle à cheveu ; a moins d'un miracle, ils allaient bientôt faire un grand saut, et sans filet, en plus… Quand soudain, un cri retenti :
- Poussez-vous !
Breda vit Ed se jeter à l'avant, passant par-dessus la banquette. Avant que le militaire n'ait eu le temps d'ouvrir la bouche, l'alchimiste posa les mains sur le tableau de bord. Aussitôt, des éclairs d'énergie jaillirent, et les roues se mirent à fumer. Le véhicule ralentit et se cala contre un chêne dans un dernier gémissement du moteur. Une fois le véhicule complètement stoppé, un soupir généralisé à faire trembler les murs sorti de toutes bouches de la troupe, car tous s'en rendirent compte : c'était moins une.
Le militaire lâcha enfin son volant et se retourna vers Edward :
- Merci ! Sans vous…
Ed se redressa et sourit à Winry :
- J'ai soudé les essieux… Ça nous a fait freiner.
Alors que Ed restait avec Winry, Breda et son subalterne allèrent jeter un œil sous le capot, puis firent le tour du véhicule.
- Quelqu'un a saboté le réservoir du liquide de frein…
- De plus, le pneu ne s'est pas éclaté tout seul, renchérit Fuery en désignant les bords de la roue déchiquetée : une balle de petit calibre l'y a aidé…
- Je m'en doutai, grommela Breda. Ca fait beaucoup pour un simple « accident »… Fuery ?
- Hummm ?
- Notre gars… est un peu trop bien renseigné à mon goût… non ?
Fuery dévisagea son comparse avec des yeux ronds ; il n'aimait pas du tout le cheminement de l'idée que Breda venait de faire germer dans son esprit ; aussi il articula lentement :
- Qu'est ce que vous voulez dire?
Mais Breda ne l'épargna pas, et assena le dernier coup à Fuery, en confirmant ses doutes par la même occasion :
- Je veux dire que ça ne peut être que quelqu'un de chez nous qui essai de tuer le Full Metal Alchemist.
Un bruit sourd retenti près des deux hommes : les lunettes de Fuery venaient de tomber par terre.
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Un peu plus loin, perché sur arbre, Tenshi redressa lentement le canon fumant de son arme ; son projectile avait atteint sa cible, et il était soulagé de constater qu'il faisait toujours mouche à chaque fois qu'il visait. Avec les échecs qu'il venait d'essuyer à Centrale, il avait fini par douter qu'il possédait toujours ses talents de tireur. A présent, complètement rassuré, il se dit qu'il n'avait plus de crainte à avoir.
Il sourit, et rejeta gracieusement sa mèche de cheveux en arrière. Sa colère en trouvant la chambre de l'alchimiste vide s'était bien vite dissipée lorsqu'il avait eu connaissance, juste quelques minutes plus tard, des instructions de son employeur. Il s'y était aussitôt conforté avec joie.
Après avoir pris un malin plaisir à dérober la voiture personnelle du généralissime et rattrapé, puis largement devancé, le camion poussif de la troupe armée, il ne lui avait fallu que quelques instants pour trouver un bon poste d'observation, se mettre en embuscade, et tirer dans l'un des pneus du véhicule militaire. Même s'il savait que l'alchimiste allait réagir et empêcher l'accident, son but était atteint. Ils allaient être bloqués dans le gîte encore plus longtemps que prévu. Et là, il aurait tout à loisir de mettre son contrat à exécution.
Quant à la jeune femme, elle allait enfin apprendre à l'aimer… de gré ou de force.
Allez, à très vite, je compte sur vous! ^^
