Bonjour à tous !
On commence tout doucement à en apprendre un peu plus sur la créature qui terrorrise Rawlins. Je vous laisse découvrir...
Bonne lecture !
Azyline.
Chapitre 5
Dean Winchester était en proie à une fureur incroyable.
Sam et lui s'étaient confrontés la veille au soir à la créature qui les avait battus avec une facilité déconcertante, cette même créature avait osé - et avait réussi, c'était ça le pire ! - lui voler son pistolet. Et Sam venait de lui apprendre qu'une jeune femme d'une vingtaine d'années avait disparu dans la nuit, sûrement enlevée par le vampire.
En gros, ils avaient complètement foiré.
(Et pour couronner le tout, il n'y avait pas de tarte aux pommes.)
Mais la disparition de la jeune femme était très étonnante. Cela changeait le modus operandi de la créature que les Winchester chassaient. Jusqu'à maintenant, elle n'emportait aucune victime et laissait les cadavres derrière elle. Le vampire devait certainement avoir une idée précise en tête pour changer ses habitudes : les frères s'en étaient bien rendu compte, il était en réalité bien plus malin que ce qu'ils pensaient au départ.
Vampire... S'il s'agissait bien de cela.
Malgré les évidences ; les morsures, les corps privés de leur sang, Dean n'était plus tout à fait sûr de ce que son frère et lui traquaient. Bien qu'il faisait sombre lors de leur confrontation avec la créature, l'aîné des Winchester aurait juré que le «vampire» n'avait pas ... de peau. C'était comme si les chairs étaient à vif, comme si le corps était couvert de brûlures importantes sans aucune partie indemne. Et lorsqu'il s'était engagé à la suite de la créature dans la ruelle, il était certain de n'avoir strictement rien vu, si ce n'était un corbeau et un petit chaton apeurés par sa course. Il ne savait pas comment le suceur de sang s'était débrouillé ; c'était physiquement impossible, même pour une créature telle que le vampire, de parcourir la ruelle entière, longue et sinueuse, avant que Dean ne le rattrape.
Le chasseur soupira et finit son café d'une traite. Il lança quelques pièces sur la table avant de sortir du bar et de rejoindre son frère qui l'attendait, l'air morose et les mains dans les poches. Dehors, une pluie fine et continue tombait, ce qui n'arrangeait en rien l'humeur des deux frères.
— Tu sais, j'ai bien réfléchi et je crois que... commença Sam en se tournant vers son frère.
— Ce n'est pas un vampire, termina Dean pour lui.
Le cadet des Winchester hocha gravement de la tête, l'air préoccupé. Quelque chose ne tournait pas rond dans cette ville, et il comptait bien trouver ce que c'était.
— Je pense qu'on devrait approfondir sérieusement nos recherches. Rawlins dispose d'une bibliothèque conséquente et...
— Ouais, ouais, ce serait bien d'aller y faire un tour pour voir s'il n'y aurait pas des infos sur un bigfoot local, l'interrompit de nouveau Dean en grommelant.
— Exactement. La créature à qui on a affaire ne ressemble à aucune autre, et doit être spécifique de la région, voire de la ville. Et nous ne sommes pas suffisamment renseignés.
— Je suis d'accord. ... Pendant que tu seras à la bibliothèque, moi je continuerai à interroger les gens du coin sur Maria Dillings. Je déteste les bibliothèques, et en plus il y a des choses qui ne collent pas avec notre première victime, comme l'immense maison qu'elle habitait à seulement 27 ans, expliqua l'aîné des Winchester. Et en plus, on ira plus vite.
— Moi ça me va, répondit Sam en haussant des épaules.
Cependant, Dean n'était pas rassuré à l'idée de laisser son frère tout seul, sans pouvoir veiller sur lui, dans une ville qui ne lui inspirait pas confiance et où une créature sanguinaire sévissait. Mais on était en pleine journée et il fallait vraiment mettre un terme aux agissements de la créature. De plus, Sam était un chasseur accompli, capable de se défendre seul...
— On se retrouve au motel à dix-sept heures, termina Dean en tournant les talons et en s'engouffrant dans l'Impala.
— Quel temps pourri. J'aime pas ça ! rochonna un homme en pénétrant dans le premier motel de la ville.
Âgé d'une bonne trentaine d'années, il avait tout du type qui avait réussi dans la vie. Grand, brun, les yeux d'un bleu intense, une voix sensuelle et grave, et une musculature impressionnante qui n'avait rien à envier à ceux qui faisaient la couverture des magazines. Beaucoup de femmes succombaient à son charme, et il avait eu l'habitude d'enchainer les rencontres d'un soir, où chacun y trouvait son compte. Mais ça, c'était fini. Maintenant, il avait une femme qui attendait son retour, et un fils qui le rendait heureux. Il faisait un travail qui lui plaisait, et on le prenait souvent comme modèle dans son milieu.
En bref, il était comblé.
Il était accompagné de deux autres personnes, et tous les trois imposaient le respect. En levant les yeux du comptoir, Catherine fut tout de suite intimidée. Sa mère était partie faire quelques courses, et la jeune fille la remplaçait à l'accueil du motel le temps qu'elle revienne.
— C'est vrai que cette pluie est désagréable, sourit la jeune femme. Je peux faire quelque chose pour vous ?
— Auriez-vous une chambre pour mes deux collègues et moi même ?
— Mais bien sur, répondit Catherine en farfouillant dans ses papiers.
Elle sortit un formulaire que l'homme remplit rapidement, avant de le lui rendre avec un sourire.
— Et si ce n'est pas indiscret, que venez-vous faire dans notre charmante ville ?
C'était plus fort qu'elle. Catherine A-DO-RAIT connaître les histoires de ceux qui séjournaient dans le motel de sa mère. Et même de tous ceux qui foulaient le sol de la ville de Rawlins.
— Nous sommes ici pour le travail, répondit un de ceux qui n'avaient pas ouvert la bouche jusque là.
— Oh, vous verrez, vous ne pouviez pas mieux tomber si vous souhaitez travailler au calme. Actuellement, seulement deux amis séjournent chez nous, et ils sont très silencieux. De plus, nous mettons à la disposition de nos clients des salles munies de bureaux et d'ordinateurs, que vous pouvez utiliser à votre guise. Il suffit juste de passer et de demander une clé.
— C'est parfait.
— Je m'excuse de prendre de votre temps, madame, s'inclina Dean.
— Je vous en prie, je serai ravie de vous aider à résoudre votre enquête, répondit la femme avant de s'effacer pour le laisser entrer.
Un bébé endormi dans les bras, la mère de famille invita l'aîné des Winchester à prendre place dans le salon. Puis elle monta sans bruit à l'étage pour coucher son nourrisson, et elle demanda à sa fille de trois ans d'aller jouer dans sa chambre avant de revenir vers Dean. Celui-ci observait la décoration, et plus précisément une photo posée sur la cheminée, où l'on pouvait voir un groupe de jeunes, souriants, un diplôme de fin d'étude en main.
— Vous connaissiez Mme Dillings depuis longtemps ?
— Nous nous sommes rencontrées en dernière année à l'université. Je venais d'arriver à Rawlins où je n'étais encore jamais venue. Elle faisait partie de ceux qui m'ont tendu la main à l'époque, répondit la femme en posant un baby-phone sur la table basse avant de s'asseoir sur le canapé.
Dean hocha de la tête puis il saisit le cadre qu'il observait quelques instants plus tôt. Il vint prendre place à côté de la propriétaire des lieux et lui montra la photo :
— Je suppose que vous êtes ici ?
— Oui, et Maria se trouve juste là, sourit-elle en se replongeant dans ce souvenir. Elle était vraiment magnifique, et toujours très heureuse. C'est ce qui faisait son charme. Elle croquait la vie à pleines dents vous savez ?
— Oh je n'en doute pas, sourit malicieusement le chasseur. ... Y aurait-il quelque chose de particulier que vous pouvez me dire sur elle ?
— Maria était l'une de mes plus précieuses amies, et nous avions beaucoup de choses en commun, comme les garçons qui nous plaisaient ou les sports que nous détestions. Mais elle ne m'a jamais rien confié d'extraordinaire sur sa famille, ou sur elle... A vrai dire, en y repensant, elle était assez cachotière. J'avais entendu parler de réunions qu'elle organisait chez elle, mais sinon...
— Des réunions dites-vous ? En quoi cela consistait-il ? Et elles se déroulaient dans son immense demeure ? interrogea Dean intéressé.
— C'est vrai que Maria vivait dans un magnifique endroit. D'aussi loin que je me souvienne, elle y a toujours vécu. Effectivement, c'était bien là que se déroulaient les «réunions» comme elle disait. Je n'y ai jamais participé, car elle ne m'y avait jamais invitée. Je lui ai bien demandé, mais elle m'avait répondu que ce n'était pas du tout «mon style» et ne m'en a plus jamais reparlé. Mais je sais que tous ceux qui y participaient étaient... assez spéciaux.
— En somme, des réunions secrètes, réservées à un club très sélect ?
— On peut dire cela, répondit-elle en réfléchissant. Je sais que beaucoup voulaient en faire partie, mais que l'entrée ne leur a pas été accordée, comme Angela, Rachel, ou Suzie.
— Pardonnez-moi mais ces personnes sont... ?
— Oh, euh Angela Garries, Rachel Igans, et Suzie Millers, des amies que je ne vois plus depuis un bon moment, expliqua-t-elle en montrant les jeunes filles sur la photographie.
A l'énonciation de ces noms, le Winchester fronça les sourcils. Il était persuadé d'avoir déjà vu le premier quelque part, même s'il ne parvenait pas à se souvenir où exactement. Le second ne lui disait strictement rien, mais le dernier :
— Suzie Millers, comme la gérante du motel à l'entrée de la ville ?
— Oui c'est cela, sourit la femme. Elle a une fille aussi charmante qu'elle. Catherine, il me semble. Et son mari est un homme tout à fait sympathique.
Le cerveau de Dean était en marche. Les informations qu'il venait de recevoir lui permettaient de lever quelques mystères, notamment sur Maria Dillings, et sur le probable motif de son meurtre. Motif qui ne paraissait pas si surnaturel que ça.
Un cri de bébé interrompit les réflexions de l'aîné des Winchester.
— Merci beaucoup pour votre coopération. Je ne vais pas vous déranger plus longtemps, déclara Dean en entendant les pleurs résonner dans le baby-phone.
— Je vous en prie.
La maîtresse de maison raccompagna le chasseur jusqu'à l'entrée, puis elle monta les escaliers et rejoignit son bébé pour le calmer, après avoir refermé la porte sur un Dean songeur.
Lorsque les trois hommes sortirent du motel, la pluie avait presque cessé. On pouvait voir à l'horizon un ciel beaucoup plus clair. Le soleil reviendrait vite.
C'est d'un pas plus motivé que lors de leur arrivée qu'ils pénétrèrent dans l'hôpital de Rawlins. Ils s'arrêtèrent devant l'accueil et attendirent que l'infirmière relève la tête :
— Bonjour messieurs, bienvenue à l'hôpital de Rawlins. Vous désirez ? sourit l'infirmière.
— Bonjour Mademoiselle... Seirrag ! répondit poliment l'un d'entre eux après avoir lu son nom sur sa blouse. Nous sommes ici pour les quatre meurtres.
Les trois hommes dégainèrent en un mouvement parfait et tout à fait synchronisé leurs cartes du FBI. Ils les présentèrent à l'infirmière qui scruta d'un air soupçonneux leurs documents. Quand elle fut tout à fait certaine de leur authenticité, elle releva de nouveau la tête vers eux :
— Je suppose que comme vos collègues vous voulez voir le Docteur Matchoui ? Il...
— Pardonnez-moi, mais... nos «collègues» ? demanda l'homme en se penchant sur le comptoir.
— Eh bien oui, ceux qui sont passés hier matin... Les agents Iommi et Osbourne me semble-t-il. Ce sont bien vos collègues ? demanda l'infirmière, inquiète.
— Tsss... Black Sabbath, chuchota-t-il pour lui-même. Euh, oui effectivement, ce sont nos coéquipiers, reprit-il plus fort. Veuillez nous excuser, ils ne nous ont pas dit qu'ils étaient déjà passés.
L'homme tourna les talons, suivit de près par ses deux coéquipiers, qui ne comprenaient pas le revirement de leur chef. Chef qui arborait un sourire carnassier sur les lèvres.
— Marty, Flenn, suivez-moi. Nous avons deux meurtriers à coffrer ! s'exclama Tom dans un engouement trop prononcé.
Les Winchester étaient en ville. Il se ferait une joie de les cueillir !
— Putain Sammy déconne pas... grommela Dean en jetant un énième coup d'œil à sa montre.
L'aîné des Winchester tournait en rond dans la chambre de motel, comme un lion en cage. Il était bientôt dix-sept heures trente, et Sam n'était toujours pas rentré. Il lui avait pourtant bien spécifié qu'il devait rentrer au plus tard à dix-sept heures ! C'était toujours pareil, Sam avait le chic pour pas respecter les horaires - même si bien souvent, c'était parce que la créature chassée l'enlevait.
Dean soupira et s'arma rapidement. Puis il enfila sa veste et sortit de la chambre. Il passa devant la réception d'un pas rapide, sous le regard étonné de Mme Millers. Une fois sorti, il se dirigea au pas de course jusqu'à la bibliothèque.
Et c'est là qu'il trouva Sammy, tout sourire, descendant les marches qui menaient au bâtiment.
— Dean ! Tu es venu me chercher ? s'exclama Sam.
Le cadet des Winchester était content: finalement, les relations entre Dean et les bibliothèques s'arrangeaient, il était prêt à prénétrer dans l'une d'entre elles!
— Non mais tu te fous de ma gueule ? lui répondit un Dean hors de lui.
— Ben... quoi ? murmura Sam penaud.
Pris d'un affreux doute, le cadet des Winchester leva son bras devant ses yeux.
Et merde. Dix-sept heures trente-sept.
Sam plongea ses yeux dans ceux de son frère et il ressentit un pincement au coeur. Toute la colère dûe à son retard avait disparue, il ne restait plus qu'une inquiétude qui assombrissait ses prunelles vertes.
— Allez, on rentre, reprit Dean plus calmement.
Le début du retour se fit dans un silence plus ou moins gêné ; Sam s'en voulait d'avoir causé une telle angoisse à son frère.
— Euh, Dean...
— C'est pas grave Sammy. Mais j'espère que tu as trouvé des choses intéressantes ! l'interrompit-il avec un petit sourire en coin.
— Oui, je sais exactement ce que l'on traque. Et l'on n'était pas si loin de la vraie nature de la créature. Je sais aussi comment la tuer.
— Parfait ! soupira Dean de soulagement. Elle commençait vraiment à me courir sur le système ! Quant à moi, je sais qui elle est, et j'ai obtenu des infos très intéressantes sur M...
— Dean... l'interrompit Sam en pointant quelque chose devant lui.
L'aîné des Winchester fixa son regard sur ce que lui désignait son frère. A quelques mètres devant eux un corps était allongé. La pénombre qui s'installait ne leur permettait pas de distinguer grand chose.
Doucement Sam et Dean s'approchèrent, méfiants. Le corps était celui d'une femme, allongée sur le ventre. L'aîné des Winchester s'accroupit à ses côtés et tapota doucement sur son épaule. Comme il n'y avait aucune réaction de sa part, Dean la retourna délicatement. Il tressaillit en voyant l'état de la femme. La peau semblait complètement flétrie, et le visage de la victime était figé dans un dernier cri d'agonie. Et à la base du cou, quoiqu'un peu plus vers l'épaule que les autres fois, une morsure.
Dean bondit sur ses pieds et dégaina sa machette, prêt à agir. Sam, lui se releva aussi rapidement, mais ne prit pas la seconde arme que son frère lui tendait :
— Faut qu'on se casse, maintenant. La machette ne servira à rien, il f...
Sam ne put terminer sa phrase avant que Dean ne se jette sur lui, les projettant tous deux à terre. Vif comme l'éclair, l'aîné voulu se redresser mais une douleur vive au côté droit lui fit baisser les yeux. Les griffes de la créature s'étaient profondément enfoncées dans sa chair.
Dean parvint à rouler sur le côté pour libérer son frère de son poids, tout en appuyant fortement sur sa blessure. Sam grommela un «merci» avant de se mettre à genoux. Il vit du sang sur sa chemise et sut tout de suite d'où il venait.
— Merde, Dean...
Sam prit son frère par la taille et passa un de ses bras sur ses épaules lorsqu'un coup de feu les fit sursauter. Tous deux tournèrent la tête et virent la créature pointant un pistolet vers le corps de la jeune femme. La balle avait traversé le cadavre de part en part, de l'endroit exact de la morsure jusqu'au flanc droit. Puis elle lança négligemment l'arme par terre, avec un sourire carnassier, dévoilant de longues dents pointues.
Une fraction de seconde plus tard, elle se trouvait devant les deux frères, et empoignait Dean par la gorge, tandis qu'elle maintenait Sam à terre, l'empêchant du moindre mouvement. Des points noirs commençaient à danser devant les yeux de Dean, qui tentait de desserrer la poigne. L'air arrivait mal jusqu'à ses poumons et du sang perlait sur son cou, là où les griffes s'enfonçaient doucement. Puis la créature le jeta avec force vers le sol, et Dean sombra dans l'inconscience, le cri d'horreur de Sam résonnant dans la rue.
Lorsqu'il ouvrit les yeux, Dean se demanda pourquoi il n'était pas mort.
Chaque parcelle de son corps semblait le faire souffrir et pourtant il voyait les étoiles qui vibraient dans le ciel. Dans un râlement de douleur, Dean se mit debout, tout en évaluant son état. Son flanc droit lui faisait souffrir le martyre, sa vue était brouillée par le sang, et sa gorge était très douloureuse.
Il s'approcha en titubant de la dépouille de la jeune femme et s'empara du pistolet que la créature avait fini par abandonner. Mais avant qu'il n'ait pu en faire quoi que ce soit, une lumière se braqua sur lui, et il se protéga les yeux, agressés par la lueur trop vive. Quand il put soulever ses paupières sans risquer de se brûler la rétine, le chasseur vit en face de lui trois hommes, qui braquaient chacun une lampe et un glock vers lui.
L'agent Tom Frickers s'avança.
— Tiens, tiens. Quelle bonne surprise ! Dean Winchester !
TBC...
