Bonjour à tous !

Ah la la, c'est quand même bien les "reposts pour correction de fautes" non ? Ça évite aux lecteurs de poireauter des plombes avant de connaître la suite d'une histoire ! Oui, parce qu'en fait, lorsque j'ai posté cette fiction la première fois, (bourrée de fautes ignobles), il m'a fallu quelques semaines… (mois ?) avant de poster ce chapitre. Niark niark niark ! Vous pourriez dire "C'est juste ton sadisme naturel qui ressort". Non. Oui. Peut-être, je n'en sais rien.

Bref, quoi qu'il en soit, j'avais pris mon temps pour ce chapitre, car je ne voulais pas donner trop d'informations trop rapidement sur la créature. Je voulais que les indices vous permettent vous aussi de réfléchir à ce que pourrait être la créature.

Bref, je voulais faire ça bien.

Ah, petite note : ce chapitre ce déroule après le prologue ! :)

Je vous souhaite une bonne lecture ! Et si vous avez des hypothèses, n'hésitez pas à nous les faire partager. (Oui, nous sommes plusieurs dans ma tête. La bisounours et la sadique).

Azyline.


Chapitre 6


L'agent Frickers sortit complètement furibond de la salle où il gardait Dean Winchester menotté. Ses coéquipiers le suivirent, en retrait. Si Tom Frickers était connu comme étant l'un des meilleurs agents du FBI, il était aussi connu pour ses colères mémorables. Et dans ces cas là, mieux valait ne pas se trouver dans sa ligne de mire.

— Ce petit enfoiré se fout complètement de ma gueule ! Il a tué cette fille, tout comme ces pauvres femmes de Saint Louis. Et ce fils de pute continue de tout nier ! éructa-t-il.

— Calme-toi Tom. Il faut garder la tête froide. Ce type nous mène en bateau c'est évident. Mais si on continue à le faire mariner, il nous dira tout ce qu'on veut savoir. Et puis, s'il s'évertue à rester aussi peu coopératif, on saura bien lui délier la langue... lui répondit Marty Ross avec un sourire sadique.

— Tu as raison. On le réinterrogera tout à l'heure. En attendant, je veux que vous me sortiez toutes les photos que l'on peut avoir sur les crimes auxquels on le soupçonne d'être relié. Et je veux du très lourd. Je veux que lorsqu'il jette un oeil sur ces clichés, il ne puisse que se dégouter de lui-même.

Les deux autres agents hochèrent de la tête. Tom Frickers leur tourna le dos et observa l'aîné des Winchester à travers la vitre teintée.

— Ah, et j'allais oublier. Demandez au commissariat d'envoyer une équipe en patrouille. Il faut que l'on retrouve Sam Winchester !


Sam ouvrit péniblement les yeux et grimaça. Sa tête semblait être passée à travers un étau.

Il tenta de porter une main à son visage, mais ses mouvements étaient entravés. Sam baissa les yeux et ce qu'il vit ne le réjouit pas. Il était assis à même le sol, et solidement accroché à... un truc en bois. Il se tortilla pour essayer de voir derrière lui, et il aperçut de nombreuses chaises couvertes de poussière, alignées devant ce qui semblait être une longue console du style renaissance.

En somme, il était tout bonnement et simplement ficelé au pied d'une table.

Le cadet des Winchester soupira. Mais comment faisait-il pour toujours se retrouver dans ce genre de situation ? Il appuya la tête contre le large morceau de bois auquel il était accroché et réfléchit à ce qu'il s'était passé. La créature avait sérieusement blessé son frère, avant de le projeter à terre. Puis il s'était senti voler à travers la ruelle...

Et c'était tout.

Sam soupira de plus belle. Il n'était absolument pas plus avancé. Le jeune homme ferma les yeux et se concentra sur sa respiration, afin de retrouver un semblant de calme. Lorsqu'il souleva les paupières, il avait fait le vide dans sa tête, et se trouvait prêt à réfléchir.

Tout d'abord, il repensa aux paroles de son frère, avant qu'ils ne soient surpris par la créature. Dean avait trouvé qui était la personne qu'ils traquaient, et avait visiblement obtenu des informations capitales sur la toute première victime qui auraient pu leur apporter des réponses.

Il avait beau retourner encore et encore les informations à sa disposition dans sa tête, Sam ne parvenait pas à deviner qui pouvait être derrière tous ces meurtres. Mais il semblait évident qu'il s'agissait de quelqu'un que Dean et lui avait déjà rencontré, car lorsqu'il en avait parlé, son frère avait l'air de le connaitre. Tout du moins, il ne donnait pas l'impression d'avoir découvert pour la première fois le nom de la personne. Si ça avait été le cas, il n'aurait pas parlé de manière si catégorique. Ou alors il aurait fait des recherches sur l'individu, mais connaissant l'aisance de son frère avec les ordinateurs...

L'idée que Catherine puisse être à l'origine de tout ça lui avait traversé l'esprit. Mais plus il y réfléchissait, moins il trouvait cette supposition convaincante. Elle lui paraissait beaucoup trop... innocente. ... Non, Catherine n'était qu'une jeune femme découvrant la vie, même si elle était très étonnante.

Sam repensa à tous ceux que son frère et lui avaient rencontrés, comme la mère de Catherine, le docteur Matchoui, l'épicier peut-être... Mais rien ne lui permettait de trouver le tueur. Il lui aurait fallu un lien, un indice supplémentaire ! Un indice que Dean possédait...

Le cadet des Winchester interrompit sa réflexion pour essayer une nouvelle fois de se dégager. Mais les liens étaient fichtrement bien serrés ! Il ne réussit qu'à ressentir de désagréables fourmillements le long de ses bras. Sam plia et détendit successivement ses membres inférieurs pour éviter d'éprouver ces horribles picotements dans les jambes.

Le jeune chasseur retourna ensuite à ses pensées.

Bon, puisque l'identité de la créature était difficile à cerner, il fallait autant se concentrer sur autre chose. La toute première victime. Maria Dillings. Elle avait des choses à lui apprendre, Sam en était sûr. Il fit revenir à la surface de sa mémoire toutes les informations qu'ils avaient récoltées, même les plus insignifiantes.

Le cadet des Winchester médita longuement.

Et soudain, comme une illumination subite, la vérité lui éclata en plein visage.

Oui. Tout concordait. La beauté irréelle et intemporelle de la première proie, la demeure immense et magnifique. Et même la probable raison du meurtre.

Sam ne se crut pas lui-même.

— Maria Dillings était un vampire ! souffla-t-il.


Dean fulminait. Il se débattait comme un beau diable sur sa chaise, tirant sur les menottes qui lui meurtrissaient les poignets. Mais rien à faire, il ne parviendrait pas à se défaire de ses entraves comme ça. Il fit bouger sa mâchoire, pour dissiper l'engourdissement qui s'était emparé de sa joue après le coup de poing de l'agent Frickers.

L'aîné des Winchester était terriblement inquiet pour son frère. Car comme les agents du FBI l'avaient précisé, il avait été le seul arrêté. Donc Sam avait sûrement dû, connaissant sa chance légendaire, se faire capturer par la créature.

Les blessures de Dean avaient été sommairement pansées, avant que les agents ne commencent leur interminable interrogatoire. Mais le chasseur se savait en position de faiblesse. Il avait perdu une quantité de sang importante, il lui faudrait certainement quelques points de suture, une ou deux de ses côtes paraissaient fêlées, et toutes ses armes avaient été confisquées par le FBI.

Génial. Quelle chasse merveilleuse !

Dean cessa de tirer sur les menottes. Il essaya de se détendre un peu, pour oublier la douleur lancinante qu'il ressentait.

Dean souffla. Il avait complètement sous-estimé la créature. Elle savait exactement ce qu'elle faisait. Lors de leur première confrontation, devant l'ancienne maison de Maria Dillings, la créature savait déjà que son frère et lui avaient été recherchés activement par le FBI. Elle avait donc fait en sorte de les leur apporter sur un plateau d'argent, avec dessus marqué «servez-vous !».

Avant de s'enfuir dans la ruelle la première nuit, la créature avait réussi à s'emparer du pistolet chargé en gros sel de l'aîné des Winchester. Elle avait ensuite remplacé les cartouches de gros sel par de vraies balles. Puis elle avait «conservé» sa dernière victime, pour attirer les deux frères la nuit suivante et leur faire ensuite porter le chapeau, en camouflant la morsure par l'impact de balle.

Non, vraiment, la créature était très maligne. Dean se devait de l'avouer, il s'était complètement fait rouler dans la farine. Mais il ne ferait plus la même erreur. Il savait désormais à quoi s'en tenir. Mieux valait imaginer que la créature avait un ou deux coups d'avance. A lui de les deviner et de les retourner contre elle.

Plus déterminé que jamais, Dean s'acharna de plus belle sur ses menottes.


Le cadet des Winchester cessa de gigoter. De toute façon, cela ne servait à rien de se débattre. Qu'est ce qu'il espérait ? Se défaire de ses liens sans pouvoir bouger ne serait-ce qu'une main ? Avec les kilomètres de corde qui l'enserraient à la table, il ne pouvait rien faire. Et même si on lui avait gracieusement mis un couteau dans une main, il lui aurait fallu des heures pour les trancher.

Soudain, Sam tendit l'oreille. Il lui semblait avoir entendu un bruit. Tous les sens aux aguets, le cadet des Winchester ne relâcha pas son attention. Quelques instants plus tard, il put clairement distinguer des voix de femme. Sam discerna deux personnes, la première qui gémissait, et la seconde, râlant et forçant l'autre à monter les escaliers qui craquaient sous leurs pas.

Puis la porte de la pièce s'ouvrit, et Catherine fut violemment projetée à terre, à quelques pas de Sam. La jeune fille pleurait à chaudes larmes, effrayée, et ne comprenant certainement pas ce qui lui arrivait. Du sang maculait son tee-shirt. Sam releva les yeux, qui s'arrondirent sous la surprise.

Il avait envisagé chaque situation, chaque coupable potentiel. Il s'attendait à tout.

Sauf à elle.

— Et bien, surpris de me voir Sam ? Je pensais pourtant que c'était toi l'intello de la famille. Ton dossier au FBI mentionne tes années d'études à Stanford.

— S... Sam ? Tu la connais ? demanda Catherine d'une voix tremblotante.

— Pas exactement.

La femme arborait un sourire triomphal, et n'eut aucun mal à attacher Catherine en face du cadet Winchester. Sam lui lança son regard le plus haineux, et si la créature ne se savait pas en train de dominer la situation, elle en aurait frissonné.

— Pourquoi vous en prenez-vous à Catherine ? Laissez-là en dehors de ça !

— Oh, comme c'est mignon. Désolée mon chou, mais je compte bien sucer son sang jusqu'à la moelle. Et le tien aussi par la même occasion. ... Je ne sais pas pourquoi, mais ton sang a l'air... délicieux.

Sam déglutit bruyamment. Il ne manquait plus que la créature se retrouve avec du sang de démon dans la gorge. Qui savait ce que cela engendrerait comme mauvaise surprise ?

— Pourquoi faites-vous ça ? Seulement pour vous venger ? demanda le chasseur en évitant soigneusement de penser à ce que venait de dire la jeune femme.

La créature posa sur lui un regard intéressé :

— Finalement je retire ce que j'ai dit. Je suis bluffée. Bonne déduction !

Le «vampire» finit de nouer les cordes qui maintenaient Catherine, tremblante et choquée. Puis elle se tourna vers Sam et reprit :

— C'est vrai. Je voulais me venger. Comme quoi, les humains ne sont pas les seuls à être jaloux... Mais j'ai maintenant un tout nouvel objectif. Et grâce à vous deux, il sera bientôt atteint !

— Et quel est ce but ? cracha Sam.

La créature s'accroupit en face de lui et lui adressa une moue moqueuse :

— Oh, mais je ne vais pas te le dire.

Elle se remit debout et s'approcha de la porte. Alors qu'elle allait la franchir, elle se tourna une dernière fois vers Sam :

— Ou en fait si. Je cherche Caïn.

Elle passa ensuite le seuil de la porte et ses pas s'estompèrent peu à peu.

Les larmes encore ruisselantes sur les joues, Catherine se tourna vers le chasseur, dans l'espoir de comprendre ce que la jeune femme avait bien voulu dire. Elle fixa ses yeux sur lui et hésita. Il avait le teint livide.

— Sam ? chuchota-t-elle.


Dean tourna la tête vers la porte lorsqu'il entendit la poignée tourner. L'agent Frickers entra, un gros dossier entre les mains. Il semblait beaucoup plus calme qu'au moment où il l'avait laissé. Il paraissait presque... jubiler.

L'agent du FBI lanca sans ménagement le dossier sur la table et de nombreuses photos s'en échapèrent. Les mâchoires de Dean se serrèrent. Tom Frickers vint tranquillement s'installer en face de son prisonnier, fier de son petit effet. Il ouvrit le document avec lenteur avant de placer sous les yeux de Dean d'autres clichés.

Sur chacune des photos se trouvait un corps mutilé, ou brulé, défiguré, décapité, démembré... L'aîné des Winchester pinça les lèvres. Il reconnaissait chacune des personnes. Toutes des victimes des créatures que son frère et lui chassaient. Il n'eut aucun mal à imaginer les pensées de l'homme en face de lui. Il était persuadé que Dean était le responsable de tous ces massacres.

— C'est vraiment immonde n'est-ce pas ? déclara posément l'agent Frickers. Néanmoins, il y a parmi toutes ces horreurs une image que j'aime. Beaucoup.

Tom Frickers sortit une nouvelle photo qu'il posa sur toutes les autres. Dean eut un petit rictus. Le cliché était celui d'un homme, aux cheveux blonds et aux yeux d'un vert magnifique, sans vie. Il y avait deux trous dans sa poitrine.

Le polymorphe de Saint Louis.

Le chasseur releva les yeux vers son interlocuteur qui le regardait intensément.

— Je suis plutôt d'accord avec vous, la photo est très bien prise. On voit tout de suite que cette... personne avait bon goût, répondit effrontément Dean.

Hors de lui, l'agent le saisit par les épaules et le plaqua violemment au mur d'en face. Dean grogna, la douleur se diffusant dans ses côtes.

— Tu n'es vraiment qu'une sale ordure ! Si ça ne tenait qu'à moi, j'aurais déjà fait en sorte que ce cliché soit vrai.

— Tom, l'interrompit une voix dans son dos. Calme-toi. Et viens par ici. Il y a quelqu'un qui veut te voir.

L'agent Frickers ne répondit pas mais lâcha l'aîné des Winchester, et sa chaise claqua le sol dans un bruit sourd. Puis il se tourna vers l'agent Ross et sortit de la pièce à ses côtés.

TBC...