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Epilogue
— Faites attention en reprenant la route, et n'oubliez pas de faire des pauses toutes les deux heures ! sourit la gérante du motel, un sourire maternel sur les lèvres.
Dean et Sam, le bras en écharpe, se tournèrent vers Catherine et sa mère. Ils venaient de quitter l'hôpital, après deux journées passées là-bas, jugées trop longues par les deux frères. Le médecin chargé de s'occuper d'eux avait glapi comme une fillette, en voyant l'aîné se lever de son lit après avoir retiré ses perfusions, grommelant qu'il devait se trouver dans la même chambre que son frère. Comment pouvait-il se mettre debout, après la dose impressionnante de tranquilisants qu'on lui avait administrée ?
Finalement, après des regards noirs à répétition et un ensemble d'insultes plus senties les unes que les autres - agrémentées de jolis noms d'oiseux - de la part de Dean, le médecin avait été forcé de reconnaitre que les deux frères pouvaient quitter l'hôpital, puisque visiblement, leur état n'était pas si grave, selon ses propres termes.
A peine avaient-ils franchi le seuil du bâtiment qu'ils avaient aperçu Victor, appuyé contre un muret et profitant des rayons bientôt mourants du soleil. L'agent s'était approché d'eux et avait pris de leurs nouvelles, avant de leur annoncer que les agents Frickers, Ross et Broos s'en étaient retournés à leurs bureaux.
Sam n'avait manqué de s'étonner de l'absence d'acharnement de leur part, et l'agent Henricksen avait répondu, un sourire mystérieux sur les lèvres, qu'il s'était occupé de tout. Puis Victor les avait raccompagnés jusqu'à leur motel.
Il avait salué poliment les deux femmes avant de regagner son véhicule. Il devait se rendre dans l'Illinois, ayant obtenu des informations sur une affaire de poltergeist. «Si le coeur vous en dit !» avait-il proposé aux deux frères. Ils avaient déclinés, précisant qu'ils devaient rendre visite à «un vieux grincheux qui leur avait sauvé les miches».
L'agent Henricksen avait souri, puis avait mis le contact.
Catherine s'approcha des Winchester, et sembla hésiter quelque peu avant de leur adresser un de ses sourires timides :
— Je suis vraiment contente de vous avoir rencontrés. Merci. Pour tout.
Sam et Dean plongèrent leurs regards dans les billes bleues de la jeune femme, conscients qu'elle avait découvert une part de la réalité qu'elle aurait préféré ne jamais connaître.
— J'espère que vous ne m'oublierez pas hein ! reprit-elle plus joyeusement. Je veux que vous gardiez toujours une petite place pour moi dans votre coeur, même si je sais que vous préfèreriez roucouler tranquillement sans qu'une folle dingue ne s'immisce entre vous !
Les deux frères se regardèrent, un sourire aux lèvres. Ils ne cherchèrent pas à enlever l'idée qui s'était bigrement bien fixée dans l'esprit des deux femmes.
— Allez, on y va mon amour ! s'exclama Dean avec un clin d'œil complice.
L'aîné des Winchester s'installa au volant de son Impala chérie, tandis que Sam prenait place à côté de lui. Après un dernier au-revoir à Catherine et sa mère, - qui gloussaient maintenant comme de parfaites dindes - Dean mit le lecteur cassette en marche, et les sons tant appréciés de Metallica rugirent dans l'habitacle.
Sam appuya sa tête contre la vitre, regardant la route qui commençait à défiler devant ses yeux d'un air rêveur. La ville de Rawlins n'était pas si désagréable en fin de compte - si l'on ôtait de l'équation un soucounyan particulièrement agressif et trois agents du FBI, dont l'unique but semblait être de les voir croupir dans une misérable geôle.
Il avait apprécié cette ambiance joyeuse qui se faisait sentir dans les rues, et surtout, il avait rencontré une jeune femme courageuse. Sam ne put s'empêcher de sourire, en repensant aux situations «gênantes» dans lesquelles la jeune femme les avait vus...
Ou imaginés.
Finalement, il était content que Bobby ait demandé à son frère et lui de s'occuper de cette affaire, même s'ils s'en étaient sortis avec quelques os de cassés et un passage à l'hôpital. Il commençait à avoir l'habitude, soit dit en passant.
Il rirait plus tard de l'imagination très fertile de Catherine et de sa mère, autour d'un bon feu, une bonne bière à la main. Ou accoudé à un autre de ces bars enfumés, une queue de billard dans une main et un verre d'alcool dans l'autre, pour oublier les horreurs qui se seraient accumulées à toutes les précédentes.
Pour oublier que, bientôt, Dean ne serait plus là...
FIN
Voilà, c'est ici que se termine la Chasse de Rawlins, sur une note un peu négative...
Je vous remercie d'avoir suivi cette aventure avec moi. N'hésitez pas à me laisser votre avis sur cette histoire.
Je vous dit à bientôt !
Azyline.
