Salut tout le monde !
Let's go pour le chapitre 04 ! Cette fois-ci par contre, je vais être dans l'obligation de faire un peu de blabla non inutile: Un très grand merci à Biichoune pour sa relecture, ses corrections et ses conseils !

Je répond à vos reviews directement par MP ou mail.

Bref, c'est le moment de vous souhaitez une...

BONNE LECTURE !

...

Chapitre 04 : "Les duels de sorcier sont interdits."

"Vous êtes un bon sorcier... Monsieur Majes"

Dumbledore rangea sa baguette près de sa taille et ajusta ses lunettes en demi-lune sur son nez. Il souffla en se tenant les reins, faisant craquer quelques vieux os. Harry le regardait amusé, ce petit duel avec son ancien professeur lui avait fait du bien et cela faisait des années qu'il n'avait pas fait un combat magique sans enjeux.

"Vous savez, monsieur Majes, avec l'expérience il est plus facile de connaître une personne en l'observant se servir de sa magie plutôt qu'en discutant avec lui." expliqua Dumbledore en se rapprochant de lui. Arrivé à sa hauteur, il posa sa main sur son épaule de façon amicale.

"Votre magie est puissante et mystérieuse pour votre âge. Il se détache de vos sorts une pointe de frustration, peut-être aussi un peu de rancœur, mais je doute que vous puissiez vous en servir contre des âmes innocentes. Je me trompe monsieur Majes ?"

Harry resta un instant pantois devant l'analyse du professeur. Etait-ce possible qu'il ait ressenti tout cela seulement en l'espace des quelques minutes qu'avaient duré le duel ? Il sourit en pensant qu'il avait encore des choses à apprendre du vieux sorcier.

"Non, vous semblez me percer à jour, professeur." répondit Harry sans faux semblant.

Dumbledore rigola d'un petit rire franc et sincère. Il dépassa Harry de quelques pas et, voyant que le jeune sorcier ne le suivait pas, se retourna dans sa direction.

"Eh bien, retournons dans mon bureau afin de régler les derniers détails."

Le visage d'Harry s'éclaira.

"Ce qui veux dire que...?"

Dumbledore était déjà de dos et marchait tranquillement. Mais Harry connaissait bien le vieux professeur, et si celui-ci était identique à son monde, il pouvait deviner que son visage était ridé par son sourire le plus énigmatique.

...

Ginny ouvrit les yeux de bonne heure ce matin-là. On était le 31 Août, à une journée de la rentrée scolaire.
Elle s'étira en gémissant avant d'enfiler une paire de pantoufle et d'entamer sa descente vers le rez-de-chaussée où ses parents devaient déjà être en train de prendre leur petit déjeuné. La rouquine caressa au passage le petit chat Moustache que sa famille avait recueilli deux ans auparavant. Le félin gazouilla de plaisir sous les doigts de la jeune fille et essaya d'en réclamer d'avantage avec un miaulement implorant.
Ginny, habituée aux caprices du chaton, ne se laissa pas attendrir par le petit son et continua son chemin. Moustache la regarda un instant disparaitre au bout du couloir, un peu désappointé, avant de monter à l'étage en quête d'une âme plus câline.
La septième née de la famille Weasley débarqua dans le salon d'un pas enjoué et le sourire aux lèvres. Elle fut accueillie un peu plus loin par sa mère occupée aux fourneaux et son père plongé dans le journal du jour.

"Eh bien ma fille, tu sembles de bonne humeur ce matin."

Ginny enlaça brièvement sa mère avant de répondre.

"C'est la rentrée demain, je compte bien passer une excellente dernière journée de vacances !"

Elle s'installa à la table tandis que sa mère lui fit léviter une assiette d'œufs au plat ainsi qu'une tranche de bacon. Une cuillère qui arrivait par la voie des airs lui donna un petit coup sur la tête.

"Tu as bien fait tous tes devoirs au moins ?" lui demanda sa mère en agitant sa baguette, ordonnant à la petite cuillère de tapoter le crâne de sa fille.

Ginny attrapa l'ustensile fauteur de trouble et le plaqua sur la table.

"Oui oui maman..." soupira-t-elle. Son attention fut alors attirée vers son père qui n'avait pas parlé depuis qu'elle était entrée. "Qu'est-ce que tu es en train de lire papa ?"

Arthur Weasley était plongé dans sa lecture, à tel point qu'il n'avait même pas levé les yeux lorsque sa fille lui avait adressé la parole. Lorsque la même cuillère que précédemment vint lui titiller l'oreille, il leva les yeux et regarda sa famille d'un air interrogateur.

"Et bien quoi ?"

La réaction fit pouffer les deux femmes présentent dans la pièce pendant qu'Arthur les regardait tour à tour, perdu. Ses interrogations ne furent pas tout de suite résolues car Fred et Georges débarquèrent à leur tour.

"Salut papa !" s'écria Fred en s'installant sur la table,

"Salut maman !" dit son frère du même ton en passant à côté de sa mère. Il attrapa du lait et deux bols et rejoignit son jumeau près de la table. Ils passèrent tous deux leurs mains sur les épaules de leur petite sœur.

"Salut sœurette !" s'exclamèrent-ils en cœur avant d'entamer leur petit déjeuner sans faire attention à une Ginny qui leur tirait la langue.

"Fred, George !" les interpella leur père. "Vous allez continuer à faire votre manège chaque matin ?"

Les deux jumeaux se regardèrent, amusés.

"Ne t'inquiètes pas mon petit papa" rassura Georges en versant des céréales dans son bol. "On va profiter du départ de Ginny vers Poudlard pour nous rapatrier dans nos appartements personnel, nous avons pas mal de choses à faire avec Fred !"

Leur mère s'alerta d'un seul coup, comme si elle se doutait que ses fils allaient faire une bêtise.

"Des choses ?" reprit Molly en s'installant à son tour à table. "Quel genre de choses ?"

"Oh, tu sais bien ce que c'est !" répondit Fred d'un ton malicieux.

"Fred ! Vous avez 23 ans ! Et toi Arthur tu ne dis rien ?"

Le patriarche de la famille Weasley était de nouveau plongé dans la lecture de son journal. Il avait pourtant cette fois-ci comprit qu'il valait mieux pour lui qu'il réponde.

"Molly... Ils savent ce qu'il font, et leur affaire semble plutôt bien marcher..."

"Et tu prends leur défense !" répondit Molly en élevant la voix, mimant une fausse colère.

"Ma foi, du moment qu'ils s'en sortent..." répondit Arthur, las.

Molly s'avoua vaincu en soupirant tandis qu'un duo de "merci papounet" retentissait dans la pièce.

Ginny, qui avait assisté à la scène d'un œil amusé, se retourna vers son père.

"Tu semblais bien soucieux en lisant le journal tout à l'heure ?" lui demanda-t-elle, les sourcils légèrement froncés.

Arthur haussa des épaules et prit une gorgée de son café. Il fit une grimace en remarquant que celui-ci était froid.

"Rien de bien important, c'est juste qu'il y a eu un orage magique dans le nord de l'Angleterre hier. Je me disais que ça allait donner un boulot fou au ministère, avec tous ces moldus dans le coin..." Il secoua sèchement sa baguette devant sa tasse et de la fumée en sortit. Il soupira d'aise en avalant cette fois-ci un café chaud.

"Un orage magique ? Qu'est-ce que c'est ?" demanda Ginny. Elle attrapa le journal et chercha ladite page.

Les jumeaux se regardèrent comme si la réponse était évidente.

"C'est genre un orage normal tu vois..." commença Georges à côté d'elle.

"Sauf qu'il est magique !" termina Fred.

Ginny leva les yeux au ciel, elle s'était pourtant juré de ne plus écouter toutes les âneries de ses grands frères.

"Merci les génies, mais à quoi c'est dû ?" demanda-t-elle plus sérieusement. Elle avait finalement trouvé la page qui en parlait. Il y avait au centre de l'article une photo animée qui montrait un gros nuage noir au-dessus d'une plaine dont les contours étaient striés de petits éclairs bleus trop lent pour être un simple phénomène électrique.

Ce fût son père qui lui expliqua.

"C'est un phénomène rare qui arrive lorsqu'il y a de fortes pressions magiques concentrées au même endroit. On dit qu'il faut que plusieurs centaines de sorciers s'unissent pour pouvoir en faire apparaître un." Il réfléchît un instant avant de continuer. "On raconte que le dernier orage magique s'était manifesté lors du duel entre Grindelwald et Dumbledore...", murmura-t-il, pensif.

Ginny avait écouté son père attentivement. D'après l'article, personne ne savait pourquoi l'orage était apparu et le journaliste rappelait qu'en 1990 des sorciers savants avaient réussi à créer un micro orage magique en laboratoire. Le phénomène n'était pas jugé dangereux et commençait déjà à disparaitre de l'atmosphère : il restait maintenant à attendre les sorciers qualifiés pour effacer la mémoire des moldus et laisser les Aurors enquêter.
Ginny rendit le journal à son père lorsqu'elle vit que le reste de la page était concentré sur le dernier article en vente des magasins "Chaud chaudrons".

Ce fût le moment que choisit Ron pour entrer dans le salon, rapidement applaudit par les deux jumeaux.

"Monsieur Ronald qui se lève avant qu'on annonce l'heure du déjeuner ? Serait-ce un miracle Georges ?" demanda Fred à son frère qui applaudissait tout autant que lui.

"Ou alors serait-ce l'oblige-réveil que nous avons réglé dans sa chambre hier soir ?" continua Georges en riant.

Le visage de Ron devint aussi rouge qu'une tomate.

"C'ETAIT VOUS ?" s'écria-t-il en pointa son doigt vers les deux jumeaux. "Soyez sûr que vous allez me le payer !"

Voyant Ron sortir sa baguette, les deux sosies ne demandèrent pas leur reste et prirent la fuite en transplanant. Le dernier frère de Ginny bouillonna un moment avant de s'assoir à table.

"Ils vont me rendre fou..."

"Bienvenue au club" lui répondit sa mère en lui lançant un clin d'œil complice.

Arthur qui s'était amusé de la situation claqua soudainement des mains, se rappelant quelque chose.

"Ron, ça tombe bien que tu te sois levé tôt aujourd'hui ! Toi et ta sœur, vous allez pouvoir dégnomer le jardin, ça me serait d'une grande aide." dit-il sous le regard inquisiteur de sa femme. Il avait toujours aimé les petits gnomes et cela lui pinçait le cœur de devoir les chasser.

Ginny et Ron râlèrent pour la forme, mais ils savaient tous deux que plus vite ils s'y mettraient, plus vite ils en auraient terminé. Leur père ne leur avait pas demandé grand-chose durant les vacances, et Ginny était plutôt contente de se retrouver un peu seule avec son frère avant qu'elle ne parte pour l'école.
La rousse se leva de table et demanda à Ron de la rejoindre dès il serait prêt. Elle alla prendre une douche chaude, bien que sachant parfaitement qu'elle allait se salir dans le jardin, et s'habilla d'affaires qu'elle pourrait laisser au Terrier.
Son regard balaya les champs qui entouraient la maison et elle respira l'air campagnard. Une légère brise souleva ses cheveux mi- longs qui semblaient être de couleur rouge feu sous les rayons du soleil. Ses taches de rousseur étaient ressorties durant l'été et si elles étaient une honte lorsqu'elle était plus jeune, elle les considérait maintenant comme une fierté. Au fil des ans, ses rousseurs avait fini par disparaitre petit à petit, n'apparaissant plus que lors des journées les plus ensoleillées.
Cela faisait six ans qu'elle allait à Poudlard, et maintenant que ça dernière année allait commencer elle ne savait plus trop quoi penser. L'école était devenue comme une sorte de deuxième maison pour elle, une deuxième famille où se trouvaient tous ses amis. D'autant plus que cette année était un peu spéciale : elle serait pour la première fois à Poudlard sans ses frères. Et si elle préférait qu'ils ne soient pas dans les parages lorsqu'elle était avec ses amis, elle était aussi rassurée par leur présence sécurisante.
Ginny sourit à cette pensée, se disant que c'était plutôt une réflexion de petite fille et qu'à 16 ans il était temps de se débrouiller par elle-même.

Un gnome passa devant elle en courant, lui permettant de retrouver son esprit. Elle trottina vers le petit être qui se jeta à l'intérieur d'un trou. Pas de chance pour lui, son postérieur se bloqua au rebord du creux et Ginny put l'attraper. Le gnome grogna quelques mots incompréhensibles et tenta de morde la main de sa future tortionnaire. Réactive, Ginny le balança sur son autre bras juste avant de se prendre la morsure. Elle balança le gnome au-dessus de sa tête et le fit tournoyer autour d'elle. Une fois sa vitesse de pointe atteinte elle le jeta par-dessus la clôture. Le gnome fit un vol plané d'une bonne vingtaine de mètres avant de s'écraser dans les hautes herbes.
La rousse se retourna lorsqu'un sifflement couina derrière elle. Elle remarqua Ron qui l'observait devant la porte du jardin.

"Sacré lancé pour une fille" s'exclama-t-il en arrivant près d'elle, un sourire faussement supérieur sur le visage. "J'aimerais pas me retrouver face à toi dans un duel moldu, tu aurais dû faire batteur au lieu d'attrapeur au Quidditch !"

La rousse lui répondit en lui tirant de langue. Elle avait l'impression qu'elle utilisait un peu trop souvent cette mimique avec sa famille et ses amis et se dit qu'elle allait devoir y remédier si elle voulait passer pour une fille sérieuse. Ron attrapa un gnome et le lança à son tour. La créature fit un jolie vol mais elle n'atterrît pas aussi loin que celui lancé par Ginny.

"La honte, se faire battre par une fille !" rétorqua aussitôt Ginny le regard étincelant.

Touché dans sa fierté, Ron chercha rapidement un nouveau candidat au jeu du lancer. Il le trouva à moitié caché derrière une motte de terre. Cette fois-ci, son lancer fut plus réussit et égala, voir dépassa, celui de sa sœur.

"Pff, pas de quoi être fier franchement..." dit Ginny, une pointe de déception dans la voix.

Tous deux furent rapidement en sueur et le dégnomage du jardin dura une bonne partie de la matinée. Le dernier gnome lancé, Ginny s'écroula auprès d'un arbre, s'appuyant sur le tronc et reprenant sa respiration. Ron arriva près d'elle tout en s'épongeant le front.

"Ça rappelle des souvenirs, quand on était gamin et qu'on le faisait tous ensemble."

La jeune fille hocha la tête en signe d'approbation.

"Ouais..." elle marqua un temps avant de continuer. "Tu vas faire quoi, cette année ?"

Ron haussa des épaules.

"Je vais peut-être partir avec Neville étudier la faune et la flore du nord... Cet idiot est persuadé pouvoir me transmettre sa passion des plantes, je demande à voir !"

Ginny rigola en pensant à la passion surprenante de Neville. Le garçon était un des meilleurs amis de Ron et elle savait que, malgré les apparences, Neville était quelqu'un de loyal et courageux.

"Papa voudrais que je travaille au ministère avec lui." continua Ron dans la foulée. "Je n'ai pas très envie de travailler pour le moment, je pense que ça pourrait me faire du bien de partir un peu."

La rousse ne répondit pas, se contentant d'observer le plus jeune de ses frères. C'était de Ron qu'elle avait été le plus proche et ils avaient passé pas mal de temps ensemble à Poudlard. Comme s'il devinait ses pensées, Ron aborda le sujet.

"Tu crois que tu vas pouvoir t'en sortir toute seule, cette année à Poudlard ?" demanda-t-il avec une pointe de provocation dans la voix.

Ginny se retint au dernier moment de lui tirer la langue.

"Tu oublies qui t'as sauvé les miches l'année dernière quand le chaudron du vieux Bermatus a explosé !"

Ron grogna en revivant la scène.

"C'était un concours de circonstances... Et j'ai quand même eu droit à une belle retenue de ce satané prof' de potion !"

"Dire que je vais encore devoir le supporter pendant un an..." râla Ginny, l'idée la faisant grimacer alors que Ron ricanait.

"D'ailleurs, tu en pinces toujours pour cet abruti d'Achewings ?"

Ginny s'empourpra légèrement et détourna le regard.

"Scott ? Ce n'est pas tes affaires !"

Sentant qu'il touchait un point sensible, Ron prit son visage entre ses mains et imita une fille roucoulant d'amour.

"Ouuuh mon petit Scotty comme tu es mignon ! Ouuhh ! Aouch !"

Il ne s'était pas attendu à ce que Ginny lui donne un coup de poing dans l'épaule. Il massa la zone d'impact de son autre main.

"T'as pas d'humour ma vieille, pourtant tu devrais avoir l'habitude avec ton pote Jim..."

"Toi et lui c'est différent..." répliqua-t-elle sèchement.

La discussion fut close lorsque la tête de Molly apparut à la fenêtre donnant sur le jardin, leur indiquant qu'il était temps de venir manger.

...

Harry avala sa salive alors qu'il se préparait dans sa chambre. Trois jours s'étaient passés depuis sa rencontre avec le professeur Dumbledore. Après le duel, ils étaient tous deux remontés dans le bureau du directeur où celui-ci lui annonçait de but en blanc qu'il était accepté en tant que professeur de défense contre les forces du mal.

Le survivant avait pris la nouvelle avec surprise, il ne s'était pas attendu à ce que cela soit si "simple". Enfin, si on pouvait considérer un duel contre le plus grand sorcier encore vivant de "simple".
La question du salaire était rapidement venu sur la table, et Harry s'en était sorti en disant qu'il venait d'arriver et qu'il n'avait pas encore eu le temps d'ouvrir un compte à Gringotts, garantissant qu'il allait le faire d'ici peu. Le directeur lui annonça ensuite qu'il allait pouvoir prendre place dans ses appartements personnels les jours qui allaient suivre.

En effet, deux jours plus tard il retourna au château et fut accueilli par la directrice adjointe Minerva McGonagall. Celle-ci l'accompagna, après s'être présentée, vers l'aile réservée aux professeurs. L'appartement d'Harry était le dernier du couloir : d'une taille moyenne, il comprenait un salon doté d'une belle cheminée, une salle de bain plutôt spacieuse et une chambre.
Voyant qu'il regardait d'un œil plutôt intrigué les couleurs verte et argenté qui ornaient les murs, la directrice adjointe lui indiqua que son prédécesseur avait lui-même choisit ces couleurs et que, bien sûr, il pourrait redécorer la chambre comme il le souhaitait.
Avant de partir, McGonagall avait discuté un peu avec lui. Elle avait semblé surprise que quelqu'un de si jeune soit choisi pour prendre le poste, mais elle faisait confiance aux choix du directeur. Elle quitta l'appartement en lui disant qu'il serait seul avec le directeur jusqu'à demain et qu'elle aurait peut-être quelque chose pour lui prochainement.

A peine fut-elle sortie de la pièce qu'Harry avait grandement redécoré son habitat à renfort de grands gestes de mains et de baguette. Il vira les couleurs lui rappelant trop la maison Serpentard pour les remplacer par des couleurs chaudes, plutôt pourpres et accueillantes.
Il passa le reste de la journée à flâner dans les couloirs, discutant avec quelques portraits et re découvrant certaines pièces de l'école qu'il n'avait pas vu depuis longtemps.
En chemin il croisa Nick-Quasi-Sans-Tête ainsi que le Baron sanglant qui le saluèrent respectueusement : tous deux ne s'étonnèrent pas de sa présence dans le château, ayant probablement été informé de son statut de professeur.
Harry regretta un instant ne pas encore avoir croisé Peeves, mais il se doutait que le fantôme farceur finirait par lui tomber dessus à un moment ou à un autre.

En revenant dans ses appartements en début de soirée, il découvrit une petite pile de livre posée sur la table. Un petit mot lui indiqua que cela venait de McGonagall.

"J'ai pensé que cela pourrait vous aider."

Harry sourit en découvrant les différents intitulés des livres devant lui : il y avait déjà les 7 livres de défense contre les forces du mal que les élèves de chaque année avaient eux aussi achetés. Mais en bas de la pile ce trouvait des œuvres bien différentes : Comment bien préparer ses leçons, Comprendre ses élèves, Etre professeur, une passion ou encore Savoir se faire écouter. Décidemment, son ancien professeur l'étonnerait toujours, songea-t-il, touché par son attention. Après tout, il était un inconnu dans ce monde, elle aurait pu tout simplement l'ignorer.

Il avait passé une bonne partie de la soirée à potasser "Comment bien préparer ses leçons" et se jurait de mettre en application quelques conseils qu'il avait trouvé très juste lorsqu'un Elfe de maison était venu lui apporter à manger. Il avait essayé d'entamer une discussion avec lui, mais l'Elfe s'était rapidement éclipser en se confondant en excuse.

Nous étions finalement le 31 Août, à un jour du départ du Poudlard express qui conduirait les élèves vers le château.
D'après ce qu'Harry avait pu comprendre, les professeurs étaient arrivés dans la matinée et il partagerait le déjeuner avec eux ce midi.
En relevant son col et ré-ajustant ses lunettes, Harry montrait quelques signe d'inquiétudes. Il s'observa dans le miroir un instant, soulevant une de ses mèches pour laisser apparaître sa cicatrice en forme d'éclair.

"Aller..." murmura-t-il pour lui-même "Personne ne te connait ici, personne ne te jugera sur ce que tu as fait..."

Prenant une grande inspiration, il quitta son appartement et se dirigea vers la Grande Salle. Lorsqu'il en ouvrit les portes, une dizaine de paires d'yeux se tournèrent vers lui. Les professeurs étaient presque tous assis à leur table, tout autour du directeur.
Le professeur Dumbledore capta son regard et fit un petit signe de tête, encourageant Harry à s'avancer.

A la droite du professeur Dumbledore se trouvait McGonagall qui était en grande discussion avec le professeur Flitwick. Hagrid, qui était un peu plus loin, lui fit un signe de main amical. Harry reconnut le professeur Bibine qui enseignait le vol, ainsi que madame Chourave, professeur de Botanique.
Un peu à l'écart se trouvaient Rusard et son chat qui le regardait d'un œil mauvais.

Dumbledore imposa le silence en levant le bras.

"Mes amis, je vous présente Harry Majes qui sera le nouveau professeur de défense contre les forces du mal cette année."

Les professeurs le saluèrent de façon polie et chacun se présenta à son tour. Il eut droit à quelques remarques sur son âge mais, mis à part le professeur Chourave qui chercha à en savoir plus sur lui, personne ne semblait lui accorder un crédit très important.
Leur présentation fut écourtée par l'ouverture de la grande porte. Un vieil homme de taille moyenne, plutôt bien en chair et habillé d'une longue robe bleu prête à craquer se dirigea vers eux.

"Professeur Bermatus je vous présente le nouveau professeur de défense contre les forces du mal, Harry Majes." Présenta Dumbledore lorsque l'homme arriva à la table des professeurs.

Un silence de plomb suivit les déclarations du directeur et Bermatus observa Harry d'un œil indifférent. Le vieil homme sentait l'alcool et ne semblait pas très frais au vu de son balancement incessant. Il hoqueta, grogna une phrase incompréhensible et s'installa au bout de la table des professeurs.
Madame Chourave se pencha vers Harry.

"C'est le maitre des potions. Si j'ai un conseil à vous donner, ce serait de ne pas trop vous approcher de lui... Entre nous, je ne sais pas pourquoi le directeur le garde ici."

Harry acquiesça pour lui indiquer qu'il avait compris. Le maitre des potions l'intriguait pour plusieurs raison : tout d'abord, s'il était là, où se trouvait Severus Rogue ? Et si c'était un ivrogne, comment pouvait-il être autorisé à enseigner ?"

"Professeur Bermatus," dit calmement McGonagall, "Vous pourriez saluer votre nouveau collègue d'une façon un peu plus convenable."

Mais le maitre des potions ne semblait pas l'avoir entendu, il se contenta de remplir son pichet d'un liquide rougeâtre qu'il avait apporté lui-même. Le professeur de métamorphose lança un regard désolé à Harry qui lui répondit par un sourire rassurant.

Le reste du repas se passa sans incident majeur et Harry pu regagner ses appartements après avoir récupéré son emploi du temps. Les cours commençaient le surlendemain, et il débuterait son travail par les deuxièmes années de Poufsouffle et de Serdaigle.

Il passa la journée à essayer de mettre au point ce qu'il allait proposer à ses élèves pour ses premiers cours. Harry prenait son nouveau rôle de professeur très au sérieux, et il ne voulait pas se décevoir lui-même.

En début de soirée, on frappa trois coups à sa porte et il fut surpris de découvrir le professeur Dumbledore.

"Bonsoir, professeur Majes," dit-il de sa voix calme et autoritaire. "Je me permet de vous déranger pour vous informer de votre premier travail en tant que professeur."

...

La voie 9 3/4 était bruyante et pleine de monde comme à son habitude. Si certains élèves semblaient être venus seuls, la plupart était accompagnés par leur famille. A l'entrée de la voie, un petit garçon d'à peine onze ans était accroché au bras de sa mère et Ginny ne pouvait s'empêcher de le regarder d'un air attendri.
Toujours avec ses frères, elle n'avait jamais redouté de partir pour Poudlard. Elle regardait le train qu'elle allait prendre pour la dernière fois alors que sa mère s'approchait d'elle et l'enlaçait tendrement.

"Prête pour le dernier voyage, Gin ?" demanda-t-elle doucement. "N'oublie pas que tu vis ici tes meilleurs années, profites en au maximum."

Ginny sourit. Les parents semblaient tous dire la même chose, elle comptait bien en profiter au maximum.

Son père arriva près d'elle en lui tendant sa valise, il lui posa la main sur l'épaule.

"Bonne route, écrit nous pour nous dire que tu es bien arrivée."

Ginny leva les yeux au ciel.

"Papa, je ne suis plus une enfant..."

Arthur ne put répondre à sa fille qui fut interpellé par Jim un peu plus loin. La rousse embrassa rapidement ses parents une dernière fois, attrapa sa valise et rejoignit son ami.

"Pas trop tôt," râla-t-il pour la forme. "Tout le monde t'attend en haut."

La jeune fille lui lança un regard amusé.

"J'avais oublié que j'étais si populaire !"

Jim lui répondit en attrapant sa valise et en présentant l'entrée du wagon.

"Si sa majesté veut bien se donner les peine."

Jouant le jeu, Ginny rentra dans le train en saluant Jim d'une petite courbette. Dans le couloir bondé de monde, tous les élèves étaient mélangés sans distinction d'âge ou de maison. Ginny tenta tant bien que mal de se frayer un chemin.

"Salut Ginny."

Ginny se retourna un peu trop brusquement, bousculant légèrement au passage le petit première année à côté d'elle.

"Salut Scott..."

Au vu de sa robe et de sa taille, Scott Achewings était un Serdaigle de septième année. Le jeune homme était plutôt grand et athlétique, dépassant Ginny d'une bonne tête. Le garçon lui sourit et indiqua qu'il allait entrer dans un compartiment.

"Ça me fait plaisir de te voir, vient me parler de temps en temps cette année."
Il lança un petit signe de main avant de disparaitre dans le compartiment, ne laissant pas à la rousse le temps de lui répondre. Jim lui donna un petit coup de coude, rapidement suivit d'un clin d'œil.

Finalement, les deux amis rejoignirent le compartiment qu'ils avaient l'habitude de prendre depuis des années. Jessica, la blonde, ainsi qu'Anny semblaient être en pleine discussion lorsqu'ils entrèrent. Au fond du compartiment, près de la fenêtre se trouvait Eliott plongé dans la lecture d'un livre de poche. Ginny les salua et s'installa à côté d'Anny alors que Jim tentait de sortir Eliott de son bouquin. Les discussions s'orientèrent rapidement vers la rentrée, et principalement sur les points les plus importants c'est à dire l'emploi du temps et les prochaines vacances.

Le sifflet les avertis que le train allait partir, et effectivement, quelques minutes plus tard la machine se mettait en branle. Eliott se leva à peu près au même moment et attacha son insigne de préfet de Gryffondor.

"Je vais vérifier que tout se passe bien, à toute à l'heure."

Il quitta le compartiment sous le regard amusé de ses amis. C'était le seul de la bande à être devenu préfet et il avait eu droit à bon nombre de moqueries de leur part. D'autant qu'il prenait le rôle très au sérieux.

Une heure plus tard, le compartiment était rempli de friandise.

"Au fait," commença Jim "Vous pensez qu'on va avoir un nouveau professeur de défense contre les forces du mal une fois encore ?"

Le groupe venait tout juste d'acheter des sachets bonbons et chocolat. Jim engouffra une chocogrenouille et contempla un instant la carte qu'il avait obtenu avec avant de la glisser dans sa poche.

"Probablement." répondit Jessica en reluquant une friandise d'un regard envieux "Vu comment la vieille est partie en dépression l'année dernière, je doute qu'elle revienne cette année."

"On n'a jamais su ce qu'il s'était exactement passé d'ailleurs" compléta Ginny en prenant la dragée surprise que Jim lui tendait. "Un coup du groupe Malefoy non ?" La rousse fit une grimace juste après que la dragée eut touché sa langue.

"En parlant de lui, on va enfin pouvoir être tranquille, maintenant qu'il n'est plus là !"

"Tu parles Anny..." répondit Jessica à côté d'elle. "Je suis sûre que son bras droit de Tod Wormz va suivre ses traces à la perfection !

Comme pour confirmer son intuition une voix retentit dans le couloir.

"C'est bon Wormz, laisse le partir maintenant !"

"Quand on parle de la vermine..." enchaina Ginny qui se leva et ouvrit la porte du compartiment, rapidement suivi par les autres.

Dans le couloir se trouvait Eliott, baguette braquée devant lui. Il tenait en joue un garçon juste un peu moins baraqué que lui, ce qui était déjà un exploit en soi. Son adversaire avait des yeux bleus électriques et des cheveux brun plaqués contre sa nuque. Sur sa poitrine était gravé l'insigne des Serpentard et il en était de même des deux acolytes qu'il avait à ses côtés.
Ginny alla se placer près d'Eliott et sortit sa baguette.

"Il se passe quoi ?" demanda-t-elle en fixant Wormz dans les yeux, un air de défi dans son regard.

Eliott ne put s'empêcher d'observer son amie. Lorsqu'elle était face au danger, Ginny faisait preuve d'un sens du courage exceptionnel. Son regard menaçant et ses cheveux roux la faisaient ressembler à une lionne prête à s'abattre sur sa proie.

"Le grand classique, Wormz et ses potes s'en prennent à un première année" expliqua Eliott.

Ginny savait qu'Eliott n'aimait pas se battre, il préférait régler toutes les situations par la parole. Elle aimait le caractère pacifiste de son ami, mais face à Wormz ça ne servait pas à grand-chose.

Celui-ci renifla d'un air dédaigneux.

"Toujours les grands mots..." La voix de Wormz était claire et assurée. "Je dirais plutôt que j'enseigne les valeurs Serpentard aux nouvelles têtes."

Ses acolytes ricanèrent. Probablement "qu'enseigner les valeurs Serpentard" ne se résumait pas à de simples mots.

"Pour enseigner quelque chose il faudrait déjà que tu révises tes cours de première année, Wormz !" provoqua Ginny en s'avançant. Devant l'assurance de la rousse, Jim se plaça à côté d'elle pour la couvrir. Jessica et Anny allèrent rejoindre Eliott.

"Mais c'est la petite Weasley !" Wormz passa sa langue sur ses lèvres. "Alors petite, tu ne vas plus avoir tes frères pour te protéger cette année, que dirais tu d'un tout nouveau masque de beauté ?"

Le visage de Ginny vira au rouge et ses cheveux s'hérissèrent presque sur sa nuque.

"La ferme Wormz !"

Seul le sourire carnassier et satisfait de Wormz lui répondit. Une fraction de seconde plus tard il abattit sa baguette et un éclair doré s'en échappa. La rousse n'était pas en reste et elle avait aussi, bien qu'un peu en retard, lancé son sortilège.
Les deux sort se dépassèrent l'un l'autre et allaient percuter les deux élèves lorsqu'un éclair bleu frappa les deux sortilèges juste avant l'impact.

Le sortilège de Wormz explosa juste devant Ginny, la projetant dans les airs. Elle sentit sa baguette lui échapper des mains alors que le mur se rapprochait de plus en plus vite vers son visage. Par reflexe, elle ferma les yeux, attendant un choc qui tardait à arriver. En ouvrant les yeux une seconde plus tard, elle se rendit compte qu'elle était sur le sol, indemne. Reprenant ses esprits, elle remarqua que ses amis s'étaient eux aussi fait projeter. Tous regardaient autour d'eux pour comprendre ce qui venait de se passer.
Un peu plus loin, elle remarqua Wormz et ses deux singes gardes du corps qui tentaient de se relever. En regarda un peu plus haut, elle comprit un peu mieux la situation.

"Professeur Bermatus...?" dit-elle à la fois surprise et gênée par sa présence.

Le vieux professeur aida Wormz à se relever, il jeta un regard noir à Ginny.

"Vous n'êtes pas sans savoir que les duels de sorciers sont interdits." Il pointa du menton Eliott qui se trouvait un peu plus loin. "Règle qui s'applique d'autant plus à un préfet. Je ne manquerai pas d'en avertir le professeur McGonagall à juste titre."

Le professeur attira Wormz vers lui.

"Réveille tes amis Worms, et retournez dans votre compartiment."

Wormz balaya du regard le couloir et ne put s'empêcher d'afficher un sourire moqueur en remarquant le groupe au sol. Son visage devint l'instant d'après soucieux et il regarda le sol autour de lui.
C'est à ce moment-là que Ginny se rappela avoir perdu sa baguette. Elle lança un regard à Jessica qui montra ses mains vides, signe qu'elle avait aussi perdu la sienne.

Bermatus qui avait suivi la scène fendit ses lèvres d'un sourire mauvais.

"Si vous avez de la chance, vous récupérerez vos baguette ce soir. Demandez au professeur Majes pour ça."

Il les laissa en plan l'instant suivant, entrainant Wormz et ses bras droits avec lui.

...

Harry était assis dans son compartiment. Il regardait vers le sol, sa main droite s'ouvrant et se fermant machinalement. Il tremblait légèrement et une petite goutte de sueur coulait le long de sa nuque.
Il tendit la main vers la banquette où se trouvait posé huit baguettes. Sans hésiter, il attrapa une longue baguette noire qu'il fit tourner entre ses mains.
Le professeur Dumbledore lui avait demandé d'assurer la sécurité du Poudlard Express en partenariat avec le maitre des potions, lui expliquant qu'il y avait eu par le passé quelques mésententes entre les maisons.

Tout s'était bien passé jusque-là. Jusqu'à ce qu'il croise le groupe de Ginny. Lorsqu'il avait vu le sort filer vers Ginny, il avait failli perdre le contrôle. Pendant une fraction de seconde, il avait oublié qu'il n'était pas dans son monde, que cette Ginny n'était pas la sienne. Mais ce Serpentard... S'il ne s'était pas repris, il l'aurait probablement tué...

...

Voilou les amis ! Chapitre 04 terminé ! En esperant que vous l'avez apprécié !
Prochain chapitre la semaine prochaine.

Passez une bonne semaine !

Sky_Madoshi