Bonsoir tout le monde !

Voilà le chapitre 06 tout chaud, en esperant qu'il vous plaise !Comme d'habitude, un grand merci à MissLJ71 pour ses corrections, ses conseils et sa bonne humeur !

Pas plus de blabla, je vous souhaite un bon chapitre !

...

Chapitre 06 : Spécialistes en assistance et aux Maniganceurs de Mauvais Coups

Ginny attacha la lettre à la patte de la chouette grise. Les différentes espèces de rapaces présentes dans la volière piaffaient dans un capharnaüm assourdissant.
La rousse caressa les plumes tachetées l'animal avant de le pousser légèrement, l'entrainant dans son envol. N'arrivant pas à trouver le sommeil après s'être réveillée de bonne heure, Ginny s'était décidée à envoyer une lettre à ses parents, leur disant qu'elle était bien arrivée à Poudlard. Elle était sortis de son dortoir sur la pointe des pieds, tachant de ne pas réveiller Jessica et Anny.

Après les évènements survenus la veille en cours de Défense Contre le Forces du Mal, Ginny et son groupe avaient passés le reste de l'après-midi à en discuter. Leur jeune professeur ne s'était pas présenté au diner, et déjà des rumeurs plus ou moins incongrues circulaient à son sujet, allant du vampire refoulé jusqu'à l'espion du ministère sous polynectar.

Sortant de la volière, Ginny longea le lac, perdant son regard vers le ciel. Elle observait un instant la masse grise de la chouette effraie qu'elle venait d'envoyer faire sa course jusqu'à ce qu'elle disparaisse. Une petite brise fît voler ses cheveux et elle en profita pour prendre une grande bouffée d'air.
Ayant été élevée à la campagne, elle aimait de temps en temps profiter du calme matinale du parc de Poudlard. D'une nature fougueuse, peu de personnes connaissaient ce secret, même parmi ses amis.
En quatrième année, Anny l'avait suivie un matin, la surprenant en pleine rêverie. Elle se rappela avoir bafouillé des explications hasardeuses avant d'avouer son petit secret. Etrangement, Ginny n'avait aucune envie que cela se sache et elle fut rassurée lorsqu'Anny lui jura qu'elle ne le répèterait pas.
Depuis, les deux filles s'était de plus en plus rapprochées et Ginny considérait Anny comme une confidente en qui elle avait toute confiance.

Réciproquement, Ginny avait écouté les déboires de son amie les années suivantes. En sixième année, Anny avait été prise à parti par des Serpentard ayant appris son état de née-moldu. Folle de rage, Ginny s'était jetée tête baissée à leur rencontre et s'était vaillamment défendue à quatre contre une avant d'être rejoint par Jim et Eliott.
Depuis ce jour, la guerre avait été déclarée entre les deux camps, et leurs différentes escarmouches étaient devenues une sorte de leitmotiv pour l'école. Ron à ses côtés, ses rixes contre le groupe de Malefoy lui valurent bon nombres de retenus. Septième année pour la plupart, ils venaient donc de quitter l'école et Ginny avait estimé que cette nouvelle année allait être moins sportive...

En y repensant, en seulement deux jours elle s'était déjà querellée avec le groupe de Wormz et avait failli blesser un professeur. Une année moins sportive ? On pouvait toujours rêver.

Perdue dans ses pensées et ses souvenirs, le regard dans le vide, Ginny ne vit pas la silhouette qui s'avançait à quelques dizaines de pas de là.

"Tu es bien matinale, Ginny."

La rousse releva brutalement les yeux. Face à elle se trouvait le Serdaigle qui l'avait abordée à la gare de King Cross. On pouvait distinguer la lisière de la forêt interdite un peu plus loin derrière lui. Rougissement légèrement, elle bafouilla une réponse incompréhensible avant de réussir à se reprendre.

"Salut Scott, je peux te retourner la réflexion !" répondit-elle sur la défensive, enroulant une mèche de ses cheveux pour cacher sa gêne.

Scott Ashwing rigola en passant sa main derrière sa nuque. Dépassant Ginny d'une bonne tête, le Serdaigle avait tout l'air d'un athlète accomplit. Le fait que l'emblème du faucon décore sa poitrine laissait penser qu'il savait aussi bien se servir de sa matière grise.

"J'avais envie de prendre l'air" commença-t-il en se rapprochant de la rousse. "On marche un peu ensemble avant de rentrer au château ?"

Ginny acquiesça d'un mouvement de tête. C'était vrai que Scott ne la laissait pas indifférente depuis leur rencontre en quatrième année, mais elle ne savait pas exactement ce qu'elle ressentait pour lui. Oh, bien sûr, elle avait eu des petites amourettes et des flirts avec des garçons, mais jamais rien de sérieux. Avec Scott c'était diffèrent, elle voulait se montrer à son avantage, afin qu'il ne voit pas ses défauts.

Les deux adolescents marchèrent en silence pendant plusieurs minutes. Les hautes tours du château étaient encore loin, promettant une promenade encore longue. Du coin de l'œil, Ginny pouvait observer le Serdaigle : sourire en coin, il fixait droit devant lui d'un regard déterminé, presque irréel.
Elle détourna le regard lorsqu'il la fixa à son tour.

"Tu ne sembles pas très bavarde, aujourd'hui..." remarqua Scott en rompant le silence.

Ginny haussa ses épaules, préférant ne rien répondre.

"Alors, il est comment ce nouveau prof de Défense Contre les Forces du Mal ?" continua le Serdaigle.

La rousse leva un sourcil de surprise. Décidemment en ce moment on entendait parler que de lui, et cela ne lui plaisait pas plus que ça.

"Bof." répondit-elle sans le regarder. "Il a voulu nous tester et Jim estime qu'il a pas un niveau terrible en duel."

A sa grande surprise, Scott éclata d'un rire franc. Son rire se prolongea pendant quelques secondes avant de se terminer dans un soupir.

"Quoi ? J'ai dit quelque chose de drôle ?" demanda la rousse une fois l'hilarité du Serdaigle terminée. Ses joues étaient empourprées et elle pinçait légèrement ses lèvres, se demandant ce qu'elle avait bien pu dire de si hilarant.

Scott lui rendit un sourire énigmatique accompagné d'un petit clin d'œil.

"Pas spécialement," répondit-il finalement. "Je m'attendais que tu me dises que c'était une sorte de goule mixé à un Bernard l'Hermite ! Un peu comme toutes les rumeurs qui circulent depuis hier quoi."

C'était l'heure pour Ginny de sortir son tirage de langue numéro six signifiant : peut-être mais non je dis ce que je veux !

Brisant la glace, les deux adolescents discutèrent alors de tout et de rien et ce durant le reste de leur promenade. Ils arrivèrent finalement devant les grandes portes du château et rejoignirent la Grande Salle où le quatuor composé de Jessica, Anny, Jim et Eliott était déjà attablé, attendant la rouquine.
Scott lui fit un signe de la main avant de partir rejoindre la table des Serdaigle. Du coté des Gryffondor, Jim mimait une embrassade langoureuse en direction de Ginny alors qu'Anny tentait de l'en dissuader.

"Alors Gin' ! Raconte ! Qu'est-ce que tu fichais avec Ashwing ?" attaqua directement Jim lorsque la rousse arriva près de leur table.
Jessica et Anny, toute aussi intéressées se tenaient à l'écoute de ce qu'allait dire la jeune fille.

"Alors rien du tout, ça te regarde pas !" rétorqua-t-elle en s'asseyant près d'Eliott pendant que Jessica bougonnait.

Eliott, comme à son habitude était silencieux et semblait en dehors de la conversation pendant qu'il trempait un morceau de biscotte dans son bol de lait.

"Et vous n'avez rien fait ?" remarqua-t-il sans lever le nez de son petit déjeuner.

Pas finalement en dehors de la conversation tout compte fait. La réponse fusante de Ginny fut interrompue par les cris stridents des chouettes et des hiboux rentrant par les fenêtres afin de distribuer le courrier journalier. Tous les regards du groupe se tournèrent vers un rapace blanc tacheté balançant un journal sur la table qui tomba à quelques centimètres du bol de Jim. Rageur, le garçon renvoya le colis vers Eliott.

"Faut vraiment que tu fasses quelque chose pour ton piaf, en sept ans il a jamais appris à viser !"

Eliott ne répondit pas, préférant lire les nouvelles du jour. Du coin de l'œil, Ginny pouvait voir le grand titre de la couverture : "L'orage magique se dissipe en quelques secondes" avec comme preuve une photo montrant une masse nuageuse noire exploser soudainement en de fines particules de poussières.

"Ça t'intéresses ?" demanda Eliott qui avait remarqué l'attention de Ginny.

La rouquine attrapa un crêpe un peu plus loin sur la table et la dégusta avec appétit.

"Pas spécialement, mais j'en avais entendu parler avant la rentrée."

Pour toute réponse, Eliott plia le journal sur une page précise et le tendit vers Ginny.

"Tien, on a une réunion avec les préfets avant le premier cours de ce matin, je le lirais plus tard."

La jeune fille attrapa le journal et Eliott se leva de table, saluant ses amis au passage d'un petit geste amical et murmurant un "à toute !" avant de disparaitre.
Ginny était déjà plongée dans l'article.

Les Sorciers-Chercheurs dans l'incompréhension.

Le phénomène d'orage magique qui s'était développé près de la région d'Aberdeen, au Nord de l'Angleterre, laisse les sorciers perplexes. L'orage a continué son expansion durant une semaine avant de disparaitre aussi brutalement que lors de son apparition.
Emilien Setou, chercheur en runes anciennes et inventeur du bois imbrûlable, explique que ce phénomène exceptionnel n'a pour le moment aucune explication rationnelle. En effet, il estime qu'un tel orage ne peut se former de façon naturelle et que seule l'utilisation d'une puissance magique inimaginable pouvait le former. Par comparaison, il faudrait que l'ensemble de la communauté sorcière européenne s'unisse pour réussir à faire apparaitre un micro orage.

Le reste de l'article décrivait de façon élogieuse les recherches du professeur Emilien Setou. Ginny posa le journal sur la table et se rendit compte que trois paires d'yeux la fixaient en silence.

"Bin quoi ?" demanda-t-elle sur la défensive.

Ce fut un Jim tout sourire qui lui répondit.

"Ne crois pas pouvoir t'échapper aussi facilement très chère ! Qu'est-ce que tu as fait ce matin avec Scott !"

...

Harry reposa le journal sur le sol.

Il n'était pas sorti de sa salle de classe depuis le cours des septièmes années de Gryffondor et de Serpentard, et avait passé une bonne partie de la nuit à déchiffrer les centaines de journaux d'époques qu'il avait obtenus via les Elfes de Maison de l'école.
Avantagé par son nouveau statut de professeur, Harry avait la permission de faire appel aux Elfes en cas de besoin. Une chance que ceux-ci gardaient précieusement en tant qu'archives et témoignages les différents journaux qu'ils avaient pu récupérer.

Depuis plusieurs heures, Harry arpentait les infirmations de 1945 à nos jours. Plusieurs points différenciaient ce monde du sien : si Dumbledore avait bel et bien repoussé et tué Grindelwald en 1945, Voldemort n'était mentionné nulle part. Le Seigneur des Ténèbres n'avait tout simplement pas existé dans ce monde. Aucun mage noir majeur n'était apparu depuis un quart de siècle, et les sorciers s'y disaient vivre un âge d'or et de paix.
Bien sûr, quelques sorciers tournaient mal, mais n'arrivaient jamais à populariser un mouvement à grande échelle.

Le survivant pu ainsi redécouvrir certaine facette de personnes qu'il avait côtoyées chez lui ; Malefoy père avait fait fortune dans la vente aux enchères et possédait tout une allée proche du Chemin des Embrumes.
En découvrant le nom de Lupin (réputé pour être un sorcier-chercheur renommé) Harry avait caressé l'espoir de voir le nom de Potter dans un de ces journaux. Pourtant aucune mention n'y avait été faite. Peut-être que les Potter, tout comme Voldemort, ne faisaient tout simplement pas partit de ce monde.
Mais qu'en était-il de sa mère ? Des Black ou même de Severus Rogue ?

Jetant un nouveau journal par terre, Harry soupira de dépit. Voldemort n'existait pas dans ce monde, et pourtant la douleur et la sensation qu'il avait ressentis étaient sans appel : c'était le signe de sa présence.
Pourtant beaucoup de chose clochaient. En premier lieu, pouvait-il vraiment être connecté avec un Voldemort venant d'un autre monde ?
Il aurait aimé qu'Hermione soit à ses côtés pour l'aider à résoudre ce nouveau mystère. Avec elle, chaque problème avait ses solutions ou ses théories.

Mais elle n'était pas là et il devait faire avec. Tout d'abord, il devait confirmer sa sensation et prouver ou non la présence de Voldemort dans ce monde. Ensuite...

Passant la main dans ses cheveux, il se caressa doucement le front et contourna la cicatrice en forme d'éclair avec son doigt.

Ensuite, il devait faire en sorte qu'un monde en paix reste en paix.

Le voyageur intra-univers se releva brusquement, manquant de renverser la chaise dans laquelle il était assis. L'horloge indiquait 8h et son premier cours de la journée commençait à 8h30. D'un geste de la main, il fit s'envoler les différents journaux qui jonchaient le sol et les rangea dans une des armoires près du mur.
Pour le moment, il n'avait aucun indice concernant l'arrivée du mage noir et il n'y avait pas lieu de se précipiter bêtement. Son coté Gryffondor à se jeter tête baissé dans l'action lui avait valu bon nombre de problèmes et le rabâchage incessant d'Hermione lui disant de réfléchir posément à un problème avait fini par rentrer dans son crâne. Enfin, c'est ce qu'il avait réussi à lui faire croire.

La journée se passa plus rapidement que prévu. La matinée, qui rassemblait les troisièmes années de Serdaigle et de Serpentard fut consacrée à la présentation basique, à répondre aux questions et à réviser les sortilèges appris « théoriquement » l'année passée. Il avait d'ailleurs remarqué quelques tête qu'il semblait connaître. Probablement des élèves qu'il avait dû croiser dans son monde.
Lorsqu'Harry promit de ramener quelques créatures magiques à étudier lors des prochains cours, un murmure approbateur avait parcouru la salle. La soudaine excitation qui était monté dans les airs avait redonné le sourire au survivant, lui rappelant se qu'il considérait sa meilleurs année en terme de Défense : ses cours avec le professeur Lupin.

En pensant à Lupin, il se jura d'aller lui rendre visite dès qu'il le pourrait, tout en se demandant s'il était ici aussi un lycanthrope.

A midi son ventre grogna son mécontentement. Il n'avait pas mangé depuis la veille et encore moins dormi. Sortant enfin de sa salle de classe il se dirigea d'un pas rapide vers la Grande Salle.

"On ne vous a pas vu au diner hier soir, professeur Majes"

La voix grave et granuleuse le surpris alors qu'il s'engageait dans l'aile gauche du château. Harry reconnut immédiatement le timbre si particulier de la voix du maitre des potions Bermatus. Toujours habillé de son habituel robe bleu claire crasseuse, le professeur s'avançait en claudicant.

"J'ai été pris dans mes recherches et je n'ai pas vu l'heure passer hier soir..." se justifia Harry en attendant que le professeur le rejoigne.

Arrivé à sa hauteur, le vieux sorcier le lorgna comme s'il inspectait un élève préparant un mauvais coup.

"De drôles de rumeurs circulent sur vous en seulement deux jours de prise de fonctions, vous savez ? Tachez de ne pas trop vous faire remarquer si vous voulez un conseil."

Harry lui lança un sourire malicieux.

"Oh, des rumeurs, j'en ai eu droit toute ma vie..." répondit-il mi- blasé, mi- abusé

Le visage de Bermatus ne se dérida pas une seconde, gardant son regard suspicieux, les yeux plissés. Les deux hommes firent route ensemble en direction de la Grande Salle dans un silence de plomb.

Les quatre tables des maisons apparurent devant Harry quelques minutes plus tard. Il ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil vers la table des Gryffondor où se trouvait le groupe de Ginny. Par inadvertance, il croisa le regard d'Eliott, le préfet des Gryffondor. Détournant le regard prudemment, il rejoignit la table des professeurs et engloutit son poulet délicieusement préparé par les Elfes de Maison sans se faire prier. Hagrid, ravi de le retrouver, se lança dans une explication incompréhensible de la reproduction des lucioles explosives qui, d'après lui, était un spectacle à ne pas rater dans sa vie.

Au bout d'un moment, Harry cru enfin pouvoir retourner dans sa classe, préparer son prochain cours et réfléchir tranquillement aux différents problèmes qui n'avaient de cesse d'apparaître, mais c'était sans compter la particularité même du château Poudlard : il se passait toujours quelque chose d'extraordinaire, bon ou mauvais.

Cette fois-ci, l'entrée des quatre élèves de Poufsouffle dans la Grande Salle fit grand bruit. L'élève de tête, un blond qui devait avoir entre 14 et 15 ans percuta la grande porte de plein fouet, l'ouvrant à la volée.
Alors qu'une cinquantaines de paires d'yeux se tournait vers lui, les trois autres arrivèrent, essoufflés.

"Professeur ! Je...". Le jeune Poufsouffle tentait de reprendre son souffle, en vain. "Dans le... Il y a..." Il reprit une grande bouffée d'air. "Une Licorne est blessée dans le parc ! Près de la forêt interdite !"

La déclaration fit l'effet d'une bombe dans la salle. Les élèves des différentes maisons qui connaissaient le caractère pur et sacré des Licorne se précipitèrent vers l'extérieur avant même que les professeurs présents n'aient eu leur mot à dire.
Hagrid s'était levé d'un bond, ébranlant la table devant lui tout en renversant bon nombre de verres et couru jusqu'à la sortie. Harry le suivait de près, soucieux.

Le lieu de l'accident ne fut pas difficile à retrouver une fois dehors : bon nombre d'élèves s'étaient amassés en cercle tout autour de l'animal blessé.
Harry suivit toujours Hagrid quand celui-ci se fraya un chemin vers la Licorne en écartant les élèves sur son passage un peu brusquement. Il s'accroupit près de l'animal magique alors que le directeur Dumbledore et McGonagall arrivaient à leur tour.

Harry à ses côtés, le géant palpa les différentes blessures qui parcouraient le corps blanc immaculé de la bête. A vu d'œil, le survivant estima qu'il devait y avoir une dizaine de traces à travers lesquelles suintait un liquide argenté. Qui plus est, ces blessures n'avaient rien de naturel, et Harry pouvait reconnaitre ces marques les yeux fermés : cette façon d'avoir lacéré la chair était forcément dû à des sortilèges de découpe.

Le brouhaha incessant perturbait la concentration d'Harry qui avait les roues de son cerveau fonctionnant à plein régime. Un tel acte n'avait jamais eu lieu dans son monde, sauf...
Son regard se figea et il perdit la réalité un instant. Sauf lors de sa première année, lorsque Voldemort était venu récupérer des forces avec le sang de Licorne.

"... Harry ! Harry !" Harry retourna brutalement à la réalité alors qu'Hagrid grondait son nom pour la énième fois.

Voyant que le nouveau professeur était prêt à l'écouter, le demi-géant continua.

"Aide-moi à la transporter chez moi !"

Du coin de l'œil il vit Dumbledore et McGonagall lui demandant d'obtempérer d'un mouvement de tête avant de tenter de disperser les élèves présents autour d'eux. Dumbledore qui haussait rarement la voix, ordonnait ici avec fermeté aux élèves de retourner dans leur classe pour assister à leurs cours.
Juste avant de se retourner, Harry croisa le regard de Ginny.
Pour une fois sans perdre son attention, il fit voler sa baguette dans les airs et la masse blanche de la Licorne se souleva comme une simple plume. Harry emboita le pas d'Hagrid et ils se retrouvèrent quelques minutes plus tard dans la maison chaleureuse du garde-chasse. Un désordre sans nom régnait dans la petite pièce qui servait de salon et Harry se demandait comment le géant faisait pour vivre ici sans faire de crise de claustrophobie.
A la vue de ce nouvel intrus Crockdur releva la tête dans un gémissement interrogateur. Le garde-chasse lui posa une main experte sur la truffe et il se recoucha sans demander son reste. Avisant qu'il fallait de la place, Hagrid écarta ses meubles et alla chercher un tapis qu'il posa à même le sol.

"C'est encore un bébé, même pas 5 mois..." précisa Hagrid alors qu'il indiquait à Harry où poser la licorne sur le tapis.

"On dirait que les blessures ne sont pas irréversibles" nota Harry en caressa doucement la tête de l'animal.

La licorne reprenait peu à peu conscience, elle colla son museau sur la main d'Harry et le renifla avant de poser sa tête au sol.
Hagrid revint un instant plus tard avec une fiole remplie d'un liquide rougeâtre.

"Pour des humains oui, mais une Licorne est extrêmement fragile, surtout à cette âge-là," expliqua le demi-géant en s'accroupissant. Il ouvrit sa fiole dans un petit "poc" et la tendit à Harry.

"C'est un cicatrisant extrêmement fort, je m'en servais pour Tou... Mmh, disons que c'est suffisamment fort. Le problème c'est que ce n'est pas très agréable, je vais la maintenir pendant que tu appliqueras le produit sur les entailles."

Harry acquiesça d'un mouvement de tête, une légère goutte de sueur perlant sur son front. Il n'avait jamais été très bon en médicomagie et avait bien plus tendance à se blesser qu'à se soigner. Au signal de son ami, Harry fit couler un peu de liquide sur la blessure la plus ouverte. La réaction de l'animal fut instantanée, la Licorne se cabra sur le sol et tenta de s'échapper. C'était sans compter la force colossale d'Hagrid qui la maintenant plaquée au sol.

"Continue !" grogna-t-il.

Le travail dura un bon quart d'heure avant qu'Harry ne termine de passer le produit sur la dernière blessure. La bête semblait s'être habituée et était maintenant assoupie, respirant lentement et soufflant de l'air chaud par ses narines.

"Bon, il va falloir attendre qu'elle cicatrise." débuta Hagrid en allant ouvrir une bouteille de Whisky à moitié vide qu'il but d'une traite. "J'essayerai de la ramener dans la forêt dans trois ou quatre jours."

Harry avait toujours les yeux posés sur l'animal. Il examina un long moment sa corne frontale avant de se lancer.

"Hagrid... Ces blessures, elles ont été causées par..."

"Un ou des sorciers, oui," coupa le géant en s'asseyant. "Je ne sais pas qui a fait ça mais c'est immonde, pauvre bête."

Harry se posa près de la table et avisa les gâteaux qui trônaient en son centre. Règle numéro 1 : ne jamais manger les gâteaux d'Hagrid. Ayant suivi son regard, Hagrid le questionna.

"Un gâteau fait maison ?" dit-il tout en tendant sa main vers le bol pour le pousser vers Harry.

Règles numéro 2 : ne pas faire en sorte qu'Hagrid vous propose un gâteau. Si c'est le cas, priorité absolue de se rappeler la règle numéro 1 et de trouver une échappatoire.

"Non merci" répondit Harry, poliment. "C'est la première fois qu'une Licorne se retrouve blessée ?"

Hagrid apporta à sa bouche un gâteau qu'il grignota sans se rendre compte de la médiocrité de ceux-ci.

"Non, ce n'est pas la première fois." Le sang d'Harry se glaça et un frisson lui parcouru le dos. "Enfin, pas exactement. Lors de la révolution des centaures, ils avaient blessés une Licorne en signe de protestation. Ça avait jasé à l'époque. Bref, depuis la Licorne était une espèce protégée à la fois des sorciers, mais aussi des créatures magiques intelligentes."

"La révolution des centaures ?" demanda Harry, intrigué.

Hagrid grogna en haussant ses épaules.

"Le ministère avait décidé il y a quelques années qu'une partie de la forêt interdite lui appartenait et s'était mis en tête de chasser les centaures de la zone. Un mouvement de rébellion s'était levé chez les centaures, choses assez extraordinaire quand on connait leur mœurs plutôt solitaire. Un groupe d'élève les avaient d'ailleurs aidé, y avait pas mal de Weasley dans le tas si je me souviens bien."

Harry ne cacha pas sa surprise.

"Des Weasley !"

"Ouais, la bande de rouquin. Ils sont tous partit maintenant, je crois qu'il reste juste la petite dernière. Tu devrais retourner en cours, non ?"

En effet, la vieille horloge indiquait qu'il était 14h30 passé, et que son cours avec les quatrièmes années venait de commencer. Hagrid lui assura qu'il allait s'occuper de la Licorne et qu'il n'avait pas à s'en faire. Il pouvait d'ailleurs rassurer les élèves en leur disant qu'elle devrait pouvoir retrouver sa liberté d'ici quelques jours.
Le remerciant, Harry se dirigea vers la grosse porte en bois.

"Une dernière chose, Harry." dit Hagrid alors qu'il avait déjà tourné la poignée de la porte. Une lueur étrange brillait dans le regard du géant. "Si tu trouves le salopard qui a fait ça à la Licorne, ne le laisse pas s'échapper."

Harry ferma la porte derrière lui sans un mot.

...

Le portrait de la Grosse Dame se referma derrière Ginny alors qu'elle franchissait le petit couloir menant à la salle commune des Gryffondor. Le dernier cours de la journée venait de se terminer et le groupe avait décidé de se retrouver tranquillement dans leur salle commune avant de descendre manger. Comme à leur habitude, Anny et Eliott s'installèrent pour leur partie d'échecs de sorcier hebdomadaire alors que la rouquine s'affalait sur le canapé en soupirant.

La journée avait été plutôt longue. Enfin, surtout après l'incident de la Licorne, ils avaient été forcés d'assister aux deux heures de cours soporifiques d'Histoire de la magie avant d'enchainer avec de la Botanique tout aussi ennuyeuse. Jim et Jessica vinrent se placer à côté d'elle et elle sentait que le garçon aux cheveux courts était encore plus survolté que d'habitude.

"Alors," commença-t-il en glissant ses doigts sur le fauteuil en signe d'impatience. "Qui a fait le coup à votre avis ?"

Jessica haussa les sourcils.

"Quel coup encore ?" demanda-t-elle, habituée des extravagances de son ami.

"Non mais je suis sérieux ! La licorne, quelqu'un lui a fait ces blessures. C'est un sorcier c'est sûr !"

Ginny se redressa sur son siège.

"Qu'est ce qui te fait croire ça ? Il y a pleins de créatures capable de blesser une licorne dans la forêt interdite..." remarqua-t-elle posément.

Jim se leva et se plaça devant les deux filles.

"Vous avez vu la même chose que moi non ? Ces traces ne sont ni des morsures ni quoique ce soit d'autre qu'un sortilège !"

"Pour une fois, je suis d'accord avec Jim" dit Eliott sans sortir son nez du plateau d'échecs et en profitant du moment pour déplacer sa tour vers les forces blanches.

"Ah vous voyez ! Monsieur 'j'ai toujours raison' vient de le confirmer !"

Eliott grogna en entendant son surnom. A chaque qu'il ouvrait la bouche, il avait droit à une remarque du genre de la part de Jim, et ce depuis leur rencontre en première année. Ginny savait qu'Eliott jouait de sa réputation pour leur faire avaler des choses fausses de temps à autres, mais aussi qu'il se dépêchait de rétablir la vérité.

"Et donc, vous pensez à un élève ?" demanda Ginny en passant ses mains derrière la tête.

Jim se retourna vers elle.

"La bande à Wormz ?"

Ginny secoua la tête en signe de négation.

"Wormz est connard, mais pas au point de s'en prendre à une Licorne."

"Je pense comme Ginny" intervient Anny, beaucoup plus attentive à la conversation qu'aux échecs devant elle. "Je ne le crois pas capable d'une telle chose..."

"Je vois pas pourquoi tu prends encore sa défense, après tout ce qu'il nous a fait..." rétorqua Jessica.

Anny rougit, préférant ne pas répondre.

"Alors qui ? Quelqu'un qui se serait introduit dans le château ?" continua Jim sans faire attention aux deux filles.

"C'est impossible de percer les protections de Poudlard sans se faire remarquer par les professeurs" nota Eliott. "Et puis, on a aucun moyen de vérifier."

Les yeux de Ginny pétillèrent soudainement et un sourire espiègle éclaira son visage.

"Si, j'ai un moyen !"

Elle se leva et grimpa l'escalier la menant à sa chambre à toute vitesse. Ouvrant sa valise, elle en sortit un bout de papier à l'aspect vieillot. La relique entre les bras, elle rejoignit ses amis et fut acclamée par Jim qui reconnut immédiatement l'objet.

"Par Merlin ! La carte des maraudeurs !" s'exclama-il les yeux écarquillés. "Ron te l'a finalement laissée ?"

Ginny releva la tête fièrement en plaçant la carte autour d'eux.

"Que tu crois ! J'ai dû la lui subtiliser juste avant de partir ! Je jure que mes intentions sont mauvaises"

La carte magique s'anima devant eux et le message habituel s'inscrivit de lui-même sur la carte : Messieurs Lunard, Queudver, Patmol et Cornedrue spécialistes en assistance et aux Maniganceurs de Mauvais Coups sont fiers de vous présenter LA CARTE DU MARAUDEUR.

Les couloirs du château jusqu'aux pièces cachées apparurent sur le papier jaunit et une ribambelle de noms vint compléter le tableau. La carte entièrement dépliée laissait voir une bonne centaine de personnes se balader dans les dédales du château. Dans sa tour, Dumbledore faisait ses habituels cent pas et les professeurs étaient presque tous retranchés dans leurs quartiers.

"Ça va être plus difficile que prévu" remarqua Jessica en avisant le nombre de personnes présentes.

"C'est comme trouver une aiguille dans une bottes de foin." dit Anny qui venait de terminer sa partie d'échecs, sur une victoire d'Eliott bien entendu. Voyant que ses amis la regardaient bizarrement elle précisa. "C'est une expression moldue..."

"Si c'est un intrus, il faudrait chercher les noms isolés, une personne qui se tiens à l'écart j'imagine" proposa Eliott qui s'installa lui aussi près de la carte.

"Mais on ne connait pas les limites de la cartes non plus. Peut-elle repérer les animagus ou les désillusions ?" remarqua judicieusement Jim.

Ginny le regarda avec des yeux ronds.

"Quoi ?" se défendit-il.

"Rien, c'est tellement rare de t'entendre dire des choses censées...'" expliqua-t-elle en souriant, ce qui lui valut un coup amical sur la tête. Elle répondit par son tirage de langue numéro cinq : ok, je l'avais méritée celle-là...

N'ayant pas vraiment d'indice précis, le groupe se contenait d'observer les noms figurant sur la carte. Ginny s'appliquait à regarder les personnes isolées et fronça les sourcils lorsqu'elle en reconnut un familier.

"Tien, ton Serdaigle d'amour Scott se promène seul Gin', pourquoi n'irais tu pas lui tenir compagnie ?" demanda Jim de la façon la plus innocente possible.

Ginny soupira, préférant garder ses répliques acerbes pour plus tard, quand ils seraient seuls et qu'elle pourrait les accompagner de vrai coup de poings.

"Qu'est-ce qu'il fiche tout seul d'ailleurs ? Il est où ? Au deuxième étage ? Ya rien par là-bas..." continua Jim.

C'est qu'il n'avait pas pour habitude de se déplacer sans son groupe d'amis. Ginny estimait qu'il avait tout de même parfaitement le droit d'aller où bon lui semble.

"En parlant de chose bizarre, je ne vois pas le professeur Majes." nota Anny plus pour elle-même que pour les autres.

"Simplement que tu ne le vois pas, il pourrait être n'importe où la dedans non ?" dit Jessica sur le point d'abandonner les recherches.

Anny s'expliqua. Les professeurs étaient pour la plupart dans le compartiment, et ils étaient plus faciles à repérer que les élèves parce que leur patronyme sur la carte commençait par "Professeur". Pourtant, Harry Majes n'étais ni dans ses quartiers, ni dans ses salles de cours. Après une recherche qui dura une bonne vingtaine de minutes ils en vinrent à la conclusion qu'Anny avait raison. La carte couvrait pourtant tout le château, y compris le parc extérieur. On pouvait d'ailleurs y voir Hagrid dans sa maison accompagné de son chien Crockdur et d'un nouveau venu que la carte nommait "Créature magique".

"Ça s'est vraiment louche. Il n'est nulle part. D'ailleurs depuis le début je vous dis que je ne peux pas le piffer ce type." dit Jim en lâchant des yeux la carte pour la première fois depuis plusieurs minutes.

"Est-ce qu'il aurait quitté le château ?" demanda Ginny en réfléchissant aux différentes possibilités.

"Ou alors il est indétectable par la carte." proposa Jessica.

"Quoi qu'il en soit, rien ne prouve que tout cela est un rapport avec la Licorne."

Ginny allait dire quelque chose, mais se retient au dernier moment. Jim et Jessica qui avait capté son regard l'incitèrent à continuer.

"Non ce n'est rien." commença-t-elle en se brossant ses cheveux courts, gênée. "C'est juste qu'il était un peu bizarre près de la Licorne tout à l'heure. On aurait dit... Qu'il revivait un mauvais souvenir."

Jim claqua des doigts.

"Parce que c'est lui qui l'a blessée ! Logique ! "

Eliott poussa un soupire en lui posant une main sur l'épaule.

"Tu ne vas pas un peu vite en conclusion hâtive, toi par hasard ?"

Jim murmura un "mais non pas du tout" et le groupe resta un moment à énumérer les différentes possibilités, en vain. D'après leurs connaissances, la seule façon de ne pas apparaître sur la carte des maraudeurs était... De ne simplement pas se trouver dans le château.
Le grognement plaintif du ventre de Jim les rappela à l'ordre, il était temps d'aller se remplir la panse !

Ginny retourna rangea sa carte avant de les suivre jusqu'à la Grande Salle. Le groupe se figea lorsqu'ils pénétrèrent dans la pièce.

Le professeur Harry Majes était assis à la table des professeurs.

...

Harry quitta la Grande Salle dès qu'il eut finit de manger. N'ayant pas dormi depuis la veille, il commençait à ressentir la fatigue lui engourdir ses muscles. Il traversa rapidement les ailes du château pour rejoindre le quartier des professeurs et pouvoir profiter d'un peu de repos. En seulement deux jours, il trouvait qu'il avait confirmé sa réputation d'attireur professionnel de problèmes en tout genre.

Un bruit siffla juste au-dessus de lui et il eut le reflexe instinctif de se décaler vers la droite. Il évita ainsi la bombe à sucre qui explosa au sol, répandant de la poudre sucrée sur une bonne partie du sol.
Le rire du fantôme farceur retentit dans le couloir.

"PEEVES !" appela Harry d'une voix autoritaire.

Mais le fantôme était déjà loin. Soupirant, il reprit sa route et se rendit compte qu'il n'était plus qu'à quelques dizaines de mètres de sa porte. D'après Hagrid, la licorne avait été attaquée dans la forêt, et elle s'était trainée jusqu'à la lisière pour une raison inconnue. Ce qui étonnait le plus le géant, c'était que les jeunes Licornes ne quittaient jamais leur parents. Sa conclusion était assez simple, probablement que les parents avaient eux aussi été attaqués. Pour en avoir le cœur net, il avait prévu de faire un tour dans la forêt interdite prochainement et Harry avait accepté de l'accompagner.

Allongé sur son lit le survivant ferma les yeux et se laissa entrainer par le sommeil.

...

Quelques étages plus haut et dans une autre aile de l'école Ginny Weasley faisait de même. Juste avant de s'endormir une image flasha dans son esprit. Elle représentait un garçon aux yeux verts émeraude et des cheveux bruns en bataille combattant avec la force du désespoir le mage noir le plus terrifiant qu'elle eut jamais vu.

...

Chapitre 06 terminé ! ça avance, ça avance...La suite début juillet !