Bonjour à tous et à toutes !
Les vacances sont terminées, il est temps pour moi de reprendre le travail ! Pour ceux allant à l'école, j'espere que votre rentrée s'est bien passée ! Pour les autres, bon courage au boulot !
Je reprend pour ma part un rythme soutenu de publication, et les prochains chapitres devront s'enchainer rapidemment !
Version corigée en ligne !
Bref, je vous souhaite une :
Bonne lecture !
Chapitre 07 : La folie d'Harry Majes
Le regard déterminé et ses cheveux mi- longs flottant au vent, Ginny traversait le parc de Poudlard à vive allure, un sac en bandoulière posé sur son épaule.
La semaine était passée plus rapidement que prévue pour la rouquine. Rien d'étrange n'était venu perturber sa vie, si ce n'est les amoncellements de devoirs que les professeurs leurs avaient déjà donnés : une explication de potion pour Bermatus, quatre parchemins à remplir en Histoire de la magie pour Binns et même une théorie composée en métamorphose.
McGonagall leur avait bien fait comprendre qu'ils étaient maintenant en septième année, que les Aspic allaient arriver plus vite qu'ils ne se l'imaginaient et qu'il fallait dès le début de l'année se mettre dans une ambiance studieuse de travail.
Ginny salua d'un mouvement de tête et d'un sourire un groupe de cinquième année de Gryffondor qui s'était placé au soleil pour travailler – ou plutôt discuter – tranquillement. L'un d'eux leva son poing en signe d'encouragement.
A bien y penser, il n'y avait que le professeur Majes qui n'avait pas "trop" donné de travail. La première semaine venait de se terminer et Ginny avait encore eu deux cours de Défense Contre les Forces du Mal. Elle cernait désormais un peu mieux le jeune professeur qu'ils avaient cette année. Jim avait réussi à persuader Jessica qu'Harry Majes était un professeur carrément louche, et qu'il ne fallait pas s'approcher de lui.
Ginny rigola intérieurement en se remémorant le visage crispé et concentré de Jim durant les deux cours de DFCM, essayant de percer à jour le professeur et de noter le moindre faux pas. Le professeur Majes l'avait remarqué et avait rétorqué que, s'il voulait l'observer de plus près, il pouvait venir sur l'estrade pour faire la démonstration du sort qu'il était en train d'expliquer. Les joues de Jim étaient passées dans un rouge si vif qu'il aurait paru normal que de la fumée sorte de ses oreilles.
Au final, le cours de défense était plutôt agréable. Si Harry Majes n'apparaissait pas sur la carte du Maraudeur, il ne manquait pas de présence et d'énergie durant les cours : expliquant des sortilèges à grand renfort de démonstrations et d'anecdotes, il réussissait l'exploit d'intéressé une classe de septièmes années qui ne demandait qu'à sortir s'amuser.
Enfin, "intéressé" était un bien grand mot, disons que son cours était bien moins soporifique que celui d'Histoire de la magie et qu'il ne méprisait pas ses élèves comme un certain Bermatus.
Le groupe de Ginny n'avait rien pu trouver au sujet de Harry suite à leur étrange découverte le concernant. Jim, plus motivé que jamais, avait osé mettre les pieds dans un endroit où il ne mettait jamais un orteil : la Bibliothèque. L'antre sacré ne fut pourtant pas à la hauteur de sa réputation, et même le livre internationale des naissances sorcières, qui se mettait à jour automatiquement à chaque nouveau-né, n'avait rien donné.
Les pensées de la rouquine s'interrompirent d'elles-mêmes à la vue des premiers piliers du stade de Quidditch. Ginny remplit sa poitrine d'un grand bol d'air frais et souffla pour relâcher la pression. Cela faisait maintenant 3 ans qu'elle faisait partit de l'équipe de Quidditch en tant que poursuiveuse. Si elle devait quelque chose à ses frères, c'était bien son goût pour ce sport. Aussi loin qu'elle puisse se souvenir, ses frères l'avait toujours assise sur un balai. A cinq ans, elle réclamait sans cesse de jouer à la course avec eux. À sept ans elle apprenait les règles du Quidditch et ne rêvait plus que d'une chose : attendre que tous ses frères rentre pour les vacances afin de jouer avec eux !
Elle dû néanmoins attendre la cinquième année pour être acceptée en tant que joueuse de l'équipe de Gryffondor, et elle conservait le souvenir de sa première sélection comme un trésor.
Aujourd'hui, elle était devenue une personne différente. En entrant dans le stade et en se dirigeant vers les vestiaires, elle savait qu'elle avait parcouru un long chemin pour en arriver là. Pour certains ce n'était peut-être pas grand-chose, mais pour elle, cela signifiait beaucoup. La rouquine déposa son sac dans le vestiaire et entreprit de se changer.
"Salut Ginny ! Prête ?" demanda une voix féminine à l'entrée du vestiaire.
Demelza Robins venait de la rejoindre. La jeune fille blonde, 6eme année de Gryffondor, était sa partenaire poursuiveuse. Avec Ginny, elle était la seule fille qui restait de l'équipe après le départ des anciennes septièmes années.
"Un peu nerveuse..." répondit Ginny en terminant d'enfiler sa cape.
"Normale, c'est ton premier jour... Tout va bien se passer !" Demelza passa une main amicale sur l'épaule de Ginny et ouvrit à son tour son sac de rechange.
C'est vrai, il n'y avait aucune raison que cela ne se passe mal. Pour se motiver, elle claqua ses joues d'un mouvement sec et se leva d'un bond.
"On se retrouve sur le terrain dans cinq minutes, Demelza !" dit-elle d'un ton un peu trop autoritaire.
Demelza gloussa gentiment.
"A vos ordres, Capitaine !"
Voilà, c'était dit. Ginny Weasley était la nouvelle capitaine de l'équipe de Quidditch de Gryffondor. En ce début de nouvelle année, elle avait la lourde tâche de gérer son équipe, trouver les nouveaux joueurs qui remplaceraient les ex-septièmes années et mener sa maison jusqu'à la victoire finale.
Elle frissonna en se dirigeant vers le stade. Depuis qu'elle avait rejoint l'équipe, elle voulait être Capitaine. Et maintenant qu'elle l'était devenue, elle commençait à douter de ses capacités.
"Yo ! Capitaine ! Alors on part sans moi ?"
Une nouvelle claque dans le dos, plus fort cette fois-ci, la sortit définitivement de ses doutes.
"Jim... La prochaine fois que tu me surprends comme ça, je te fais vomir ton petit déj' !" menaça-t-elle en lui lançant un regard de tueuse.
"Ah ? On ne serait pas un peu stressée Gin' ?
Ginny ne put cacher un début de rougissement, ravissant Jim qui avait un sourire jusqu'aux oreilles.
"Pas du tout... Juste un peu nerveuse..."
L'œil de Jim brilla une fraction de seconde. Cela ne pouvait signifier qu'une chose : il avait un moyen de faire craquer la Rouquine.
"Ah vraiment ? Et si je te dis que Scott Ashwing est dans les gradins pour assister à ta première performance en tant que Capitaine ?"
Ginny faillit s'étouffer en entendant la remarque, à tel point que Jim fut obligé de lui tapoter le dos pour lui faire passer sa toux.
"C'est une plaisanterie, j'espère...?" demanda-t-elle, le regard suppliant.
"Ca dépend si je suis automatiquement renommé en tant que batteur sans passer les tests ou non ? " répondit Jim le regard malin.
Ginny rétorqua d'un simple "Pfff" avant de se détourner de son ami et de reprendre sa marche vers le centre du terrain de Quidditch.
Jim était, depuis l'année dernière, batteur de l'équipe. Plutôt bon d'ailleurs. Malgré sa carrure qui semblait être d'un premier abord plutôt fragile, il maniait la batte avec agilité et rapidité. Un avantage face à des batteurs bien plus musclés que lui. Certes, il manquait juste d'un peu de puissance.
De leur groupe, ils étaient les seuls à jouer. Anny et Jessica préféraient les encourager depuis les gradins tandis qu'Eliott détester carrément voler. Lorsque Ginny avait appris ça en deuxième année, elle s'était demandé comment elle allait pouvoir être ami avec ce type... Maintenant, elle pouvait dire que ce défaut était compensé par de nombreuses autres qualités.
Aujourd'hui était juste une journée d'évaluation des anciens joueurs et la prise des candidatures pour les nouveaux. L'entrée du stade se dessina enfin devant eux et ils pénétrèrent tout deux sur le terrain extérieur.
Quelques élèves étaient déjà rassemblés au centre de la zone de jeu, des balais posés à leur pied.
Le premier réflexe de Ginny fut de regarder furtivement vers les gradins. Elle repéra sans mal Anny et Jessica venues l'encourager qui discutaient entre elle. Quelques élèves étaient éparpillés un peu partout, et il y avait même...
"Non mais je rêve !" laissa échapper Ginny tout haut, les yeux écarquillés de surprise.
"Qu'est-ce qu'il y a ?" demanda Jim en regardant autour de lui.
La rouquine pointa du doigt une zone des gradins située un peu plus loin. Un jeune homme était allongé sur le banc, une main pendante au sol, l'autre callée derrière sa tête. A bien y regarder, il semblait être profondément endormi.
"Hey, ne serait-ce pas notre cher professeur de Défense, Harry Majes, ça ? Il se serait trompé de chambre ?" remarqua finement Jim en retenant un ricanement.
"Qu'est ce qui se passe, on commence ?" demanda un cinquième année qui s'était approché d'eux, son balai posé sur son épaule.
Ginny se détourna du spectacle qu'offrait son professeur endormi, faisant voler ses cheveux roux autour de sa nuque.
"Allons-y !".
Un vrombissement passa près des mèches de cheveux brunes du survivant. Encore au pays des rêves, le jeune homme passa une main discrète devant lui comme pour chasser un moustique tenace. D'ailleurs, savez-vous qu'il existe des moustiques magiques ? Ces sales bêtes, au lieu de vous pomper le sang, vous glane un peu de magie. Harry en avait fait les frais lors de son dernier séjour dans la forêt interdite qui datait de la nuit même.
Un nouveau bruit sourd s'approcha de lui. Il fut cette fois-ci suffisamment fort pour réveiller le sorcier qui se releva d'un bond.
Le cognard lancé dans sa direction arrivait en grognant telle une bombe. D'instinct, Harry plaça ses bras en avant pour repousser l'assaillant... Assaillant qui passa à côté de lui sans même lui porter attention.
Le jeune professeur soupira et chercha à calmer son rythme cardiaque. Il avait l'habitude d'être réveillé brusquement, mais voir un cognard vous foncer dessus à pleine vitesse avait le mérite de vous surprendre.
Encore ensommeillé, il balaya du regard le terrain. Une dizaine d'élèves volaient dans les airs, plus ou moins efficacement. Il reconnut la poursuiveuse Robins qui agissait comme tel dans son monde aussi. Quelques autres têtes connues attirèrent son attention, mais son regard fut soudainement focalisé vers le centre du terrain.
Un peu plus élevée que les autres, donnant conseils et ordres de façon efficace, Ginny prenait son rôle de capitaine très à cœur.
Harry l'observa un moment, un pincement au cœur. Il n'avait jamais pu voir sa Ginny agir de la sorte... Enfin, il était vrai que lorsqu'il avait été capitaine de l'équipe, elle avait fait bien plus que le seconder.
La rouquine volait de groupe en groupe, parlait quelques instants avec un batteur ou avec l'attrapeur avant de relancer le jeu.
Remarquant qu'il était toujours debout, Harry se rassit précipitamment en espérant que personne n'avait prêté attention à son air qu'il imaginait éberlué.
Il s'étira un instant et se remémora la nuit passé. Une semaine s'était déroulée depuis le début de la rentrée, et après l'accident "Licorne", rien de grave n'était arrivé. Par précaution, il effectuait des rondes régulières dans la forêt interdite, à la recherche d'indices ou même de preuves. Malgré cela, il était chaque soir rentré bredouille.
La nuit dernière, à la lisière de la forêt, son esprit avait vagabondé sur les derniers évènements et avait repensé à sa rencontre avec l'Elfe Piégeur Dramung durant son passage dans l'Inter-Monde. L'Elfe lui avait remis un petit vif d'or qui, d'après ses mots, était le symbole de sa détermination.
Harry sortit de sa poche la petite balle dorée. Celle-ci déploya ses ailes et se mit à voleter tout autour de lui. Il était allé la chercher avant de venir ici. C'est vrai que voir voler cette petite chose lui apportait plus que n'importe quoi d'autre. La balle lui inspirait tout ce qu'il voulait être ; une personne libre. Pouvoir voler ou bon lui semble.
D'un geste précis il attrapa le vif. Un être libre, mais que tout le monde voulait attraper. Il sourit lorsqu'il se rendit compte que c'est ce qu'il avait été contre Voldemort. Un gamin qui essayait sans cesse de ne pas se faire attraper par le mage noir. Il pouvait donc résumer sa vie à celle d'un vif d'or ? Un peu tiré par les cheveux, mais il aimait bien cette image.
"Jim ! Il faut que tes Cognards aillent plus vite ! Dan, si tu veux attraper ce vif d'or, c'est maintenant ! "
Ginny venait de se placer non loin d'Harry, à tel point qu'il pouvait maintenant entendre ce qu'elle disait. De dos, la rousse ressemblait à une lionne qui observait son clan ; fière, mais aussi inquiète et soucieuse.
Du coin de l'œil, il aperçut deux attrapeurs qui se faisaient concurrence pour attraper la balle. L'un des deux gamins deviendrait surement titulaire du poste.
"Qu'est-ce que vous faisiez, endormi ici ?"
Harry releva la tête et croisa le regard de Ginny. Droite sur son balai, la rouquine l'observait mi- intriguée, mi- suspicieuse.
"Je suis venu réfléchir, et je me suis bêtement endormi sans m'en rendre compte", répondit-il sincèrement.
Ginny hocha de la tête.
"Vous avez un Vif dans la main. Vous jouez au Quidditch ?"
Harry sentit une légère goutte de sueur perler le long de son dos. Perspicace la rouquine, fidèle à l'originale... Si elle est aussi têtue...
Il resserra son emprise sur la petite balle dorée.
"Pas vraiment, c'est le souvenir d'un ami..."
La jeune fille fronça les sourcils sans rien ajouter de plus qu'un "Mmh". Ils restèrent un instant tout deux sans rien dire, jusqu'à ce qu'un élève appelle Ginny pour lui demander un conseil. Agrippant son balai, elle voltigea en demi-cercle et s'éloigna d'Harry sans un regard.
Le survivant l'observa un instant avant de se lever, jugeant qu'il était temps pour lui aussi de s'éloigner. Il s'étira en gémissant, faisant craquer le bas de son dos et quitta les gradins le plus discrètement possible.
Le reste de la journée se passa sans incident. Le fait notable suivant se déroula en effet le lendemain. En ce doux dimanche de septembre, à la lisière de la forêt interdite, Hagrid et Harry accompagnait la jeune Licorne remit d'aplomb.
Jugeant que l'animal était apte à retrouver la vie naturelle, Hagrid avait proposé à Harry de l'accompagner.
"Les licornes ont un instinct hors du commun", avait expliqué Hagrid. "Même les plus jeunes sont capable de retrouver leurs parents extrêmement rapidement."
La licorne s'avançait doucement, craintive, vers la forêt.
"Dans ce cas, ses parents auraient pu venir la récupérer ?" demanda un Harry intéressé par le sujet.
Le demi-géant haussa ses lourdes épaules.
"Les licornes sont des êtres prudents avant tout. Leur pureté n'a d'égale que leur égoïsme. Il est possible qu'ils aient jugés que leur progéniture était perdue."
Les oreilles de la licorne se dressèrent sur sa tête et elle se jeta à vive allure dans la forêt. Hagrid lui emboita le pas à raison de grandes enjambées et Harry fut surprit de voir que le géant semblait mieux tenir le rythme que lui malgré sa carrure importante. Il semblait même à peine trottiner alors qu'Harry courrait aussi vite qu'il le pouvait.
La course dans la forêt n'était pas une mince affaire. Il fallait éviter bon nombre d'obstacles qui ne cherchaient qu'une seule chose : vous ralentir. Aussi, Harry fut rapidement couvert d'écorchures diverses, teintant son visage d'une couleur rouge sang, attirant par la même occasion quelques insectes hémitropes.
Ils traversèrent ainsi la forêt durant plusieurs minutes, à tel point qu'Harry n'arrivait plus à reconnaître les lieux. Plus ou moins habitué à la géographie locale, il ne semblait jamais s'être aventuré dans cette zone.
Les arbres et plantes étaient tellement fournis en feuilles que peu de rayons solaires parvenaient jusqu'au sol à tel point qu'on avait l'impression que la nuit était tombée en plein après-midi.
Enfin, le rythme du cheval blanc cornu ralentit. La licorne huma l'air à plusieurs reprise, cherchant semblait-il la bonne route.
Hagrid en profita pour essuyer la sueur qui lui coulait sur le front tandis qu'Harry tomba plus qu'il ne s'assit contre un arbre.
"Rapide la bête..." soupira Harry en reprenant son souffle.
Hagrid se passa un doigt sous son nez et renifla.
"Pourquoi crois-tu que les Licornes sont dîtes insaisissables ? On dit que, une fois l'âge adulte atteint, ce sont les animaux les plus rapides de la forêt interdite."
Harry leva un sourcil. Une chance que les animaux les plus rapides de la forêt sont si inoffensifs. Même s'il doutait de la véracité des mots du géant : si une créature de la forêt interdite avait faim, nul doute qu'elle pouvait courir très très vite.
"C'est bizarre", marmonna Hagrid dans sa barbe. Il poursuivi en voyant le regard interrogateur du jeune professeur. "La Licorne s'est mise à brouter des feuilles d'arbres."
En effet, la licorne était maintenant tranquillement en train d'attraper les feuilles situées à sa portée.
Harry se leva et s'approcha de l'animal. Habitué à sa présence depuis maintenant une semaine, la licorne lui lança un regard en coin avant de se laisser approcher.
"Elle n'aurait pas retrouvé la trace de ses parents ?" se demanda Hagrid tout haut, sa main enfouie profondément dans sa barbe hirsute.
Harry avala sa salive.
"Si... Elle les a retrouvés."
A quelques mètres de l'animal sacré était allongés sur le sol deux cadavres de licornes. La couleur pure avait laissé place à un gris presque noirâtre et de profondes entailles laceraient de part en part
les deux bêtes. Des morceaux de chairs découpés jonchaient le sol et la décomposition semblait être bien avancée. Une odeur âcre et nauséabonde s'échappait des corps tandis ce que des hordes d'insectes se dirigeaient dans toutes les directions.
Hagrid arriva l'instant d'après. Il plaça sa main devant sa bouche et retint tout juste un haut le cœur.
"Merlin..." réussit-il à dire après plusieurs secondes.
Les yeux d'Harry se plissèrent. Il observa avec avidité ce qu'il restait des deux bêtes. Inconsciente face à ce qu'il y avait devant eux, la jeune Licorne ne semblait pas prêter attention à l'état de ses géniteurs.
"Ces blessures sont similaires à celles de notre jeune licorne?"
Hagrid passa sa main dans ses cheveux. Il les caressa un long moment comme un automate.
"Difficile à dire, vu leur état... Je pense que oui."
Harry hocha de la tête. Pour lui il n'y avait pas de doute ; ces Licornes avaient été tuées par la même personne qui avait attaqué la plus jeune.
"Quoiqu'il en soit," se reprit Hagrid, "on ne peut pas laisser la Licorne seule ici, elle ne pourra pas se débrouiller sans ses parents. Il va falloir s'en occuper."
Il s'approcha de l'animal inconscient et entreprit de lui attraper l'encolure. A peine l'eut-il effleurée que la bête se cabra et se détacha de l'entreprise du géant.
"Eh bien ma belle qu'est ce qui t'arrives ? Viens..."
Plusieurs fois de suite, la Licorne se dégagea dès qu'Hagrid essayait de l'attraper. Observant la scène avec attention, Harry se passa une main contre son front, comprenant ce qui était en train de se produire.
"Hagrid... Je pense qu'elle ne comprend pas... Ce qui est arrivé à ses parents. Elle veut rester ici, avec eux."
Le demi-géant soupira.
Une heure plus tard, Harry s'affala lourdement sur le fauteuil de sa chambre. Il avait finalement dû utiliser un sortilège de sommeil sur la Licorne et la transporter par lévitation. Une bonne heure de marche avait été nécessaire pour retrouver leur chemin et, une fois de retour au château, il avait eu droit à des sourires moqueurs de la part des élèves qu'il avait croisé. C'est en se regardant la glace qu'il avait compris : son visage était couvert de fines entailles rouge sang. Cela aurait pu donner un coté dramatique et chevaleresque à son image si le sang séché ne ressemblait pas à de grosses pustules ayant poussé sur ses joues et son front.
Bref, la situation n'avait pas, ou plutôt peu changé. Des Licornes avaient été tuées, c'était maintenant sûr et certain. Restait maintenant à comprendre qui, et pourquoi.
"Tu es sûre que ça va Ginny ?" demanda Anny à son ami alors que la rousse ne touchait que très peu à son assiette.
"Oui oui, ça va... Je suis juste un peu patraque, c'est tout." expliqua-t-elle en posant sa fourchette sur la table et repoussant une assiette à peine entamée.
"Peine d'amour ? Rejetée par ton Scotty adoré ?" tenta Jim, la bouche pleine d'un mélange peu ragoutant.
La rouquine soupira.
"T'es lourd à force de rester sur le même disque, tu sais ?" répliqua Jessica avant que Ginny n'esquisse la moindre réponse.
Au début, Ginny avait simplement un petit mal de tête. Mais depuis quelques minutes, sa migraine semblait empirer de plus en plus. Elle sentit une goutte de sueur glacée lui traverser le dos, passant entre ses omoplates, lui procurant un frisson incontrôlé.
"Tu veux qu'on appelle l'infirmière ?" s'enquit Anny qui voyait que son amie n'allait pas bien.
Ginny avala sa salive pour pouvoir parler.
"Non non... C'est juste que... Je suis fatiguée, il faut que j'aille me coucher... Je vais y aller."
"Je t'accompagne !" s'exclama Jim en se levant précipitamment, manquant de renverser sa chaise.
"Non !" s'écria Ginny plus fort que ce qu'elle avait voulu. "Je veux dire, ça va, vraiment... Je vais juste aller me coucher."
Son visage se fendit d'un sourire qu'elle espérait suffisamment rassurant. C'est vrai qu'elle n'allait pas bien, mais elle ne voulait pas que Jim vienne avec elle. Elle ne savait pas trop pourquoi, elle voulait être seule, tranquille...
Elle sentait les regards de ses amis plantés sur elle lorsqu'elle quitta la grande salle. C'était un sentiment si étrange. Elle se sentait, distante, à l'écart... Différente.
Instinctivement elle marchait sans réfléchir vers la salle commune des Gryffondor. Elle savait qu'une fois là-bas elle pourrait se reposer et s'endormir comme une souche. Encore deux ou trois couloirs et...
Une silhouette se trouvait devant elle. La rouquine eut beau plisser des yeux elle ne réussissait pas à voir qui s'était. La silhouette se rapprocha d'elle. Ce n'était pas méchant, ça ne lui voulait pas de mal. Elle aperçut une bouche, souriante. Puis des bras l'entourèrent. Quelqu'un l'enlaçait.
Puis plus rien...
Et enfin, une lumière blanche.
Ginny ouvrit difficilement les yeux. Elle était toujours dans le couloir du château. Sa migraine, et même toutes ses douleurs avaient disparu.
Elle soupira d'aise en redécouvrant ses sens et le bonheur d'être là, sans rien sentir.
Mais elle se rendit vite compte que quelque chose clochait. Le couloir dans lequel elle se trouvait était terne. Les murs semblaient enveloppés d'une couche de brume et il semblait manquer des couleurs. Où était-elle ?
Un bruit de pas lui glaça le sang. Elle se retourna brusquement et aperçut deux personnes tournant à l'angle du couloir et qui allaient venir dans sa direction. Sans perdre de temps, elle se plaça derrière une statue et attendit.
Dans un sursaut de surprise elle reconnut la jeune fille. Ce n'était pas bien difficile, puisque c'était elle même. En effet, elle, en un peu différente. La copie avait des cheveux longs, lui arrivant jusqu'a la moitié de son dos. Elle semblait un tout petit peu plus jeune aussi.
La personne qui se tenait à ses côtés était... Merlin ! C'était Harry Majes, son professeur de DCFM ! Plus jeune lui aussi. C'était lui, elle en était sûre. Ses lunettes, ses cheveux, sa... Cicatrice. Il portait la tenue des Gryffondor. Il était Gryffondor ?
Ginny n'y comprenait rien, qu'est ce qui était en train de se passer ? Etait-elle en train de rêver ?
"Harry, tu te rend comptes de ce que tu veux faire ? Affronter Tu-Sais-Qui ? Seul ?"
Son double venait de prendre la parole. A son ton, elle semblait reprocher quelque chose au jeune homme. Celui-ci s'arrêta et se retourna en direction de la rousse.
"Et que veux-tu que je fasse d'autre ? Que j'attende qu'il vienne me tuer ? Que je vive dans la peur ? C'est aujourd'hui que je dois..."
"Des gens sont là pour te protéger ! L'Ordre ne le laissera pas..."
"L'Ordre n'a plus aucun pouvoir ! Sirius est mort ! Dumbledore est mort lui aussi ! Et d'autres vont suivre... Je dois..."
Ginny, la respiration presque coupée pour ne pas rater une bribe de la conversation manqua de s'étouffer en entendant les dernières paroles d'Harry, Dumbledore, mort ? Qu'est-ce qu'il racontait ? Elle venait de le voir dans la Grande Salle.
"Harry James Potter !" gronda la Ginny en face du survivant. Harry sursauta devant le brusque haussement de voix de la rousse. "Tu sais dans quel état tu te trouves ? Tu crois que te livrer va tout résoudre ? Par merlin Harry, ne laisse pas ta colère te contrôler ! Tu vas devenir comme lui !"
Des larmes commencèrent à perler le long de ses joues avant de tomber lourdement sur le sol.
Le survivant amorça un mouvement vers la jeune fille quand un bruit d'une explosion retentit au loin, étouffé par la distance. Reprenant ses esprits, Harry allait se précipiter vers le bruit lorsque des mains lui agrippèrent le bras.
"Gin'... Je dois y aller."
La rouquine lâcha le bras du survivant qui se précipita vers le bout du couloir. Elle tomba à genoux au sol, secouée par des sanglots qui ne semblaient pas vouloir s'arrêter.
Ne sachant comment réagir, la véritable Ginny, toujours cachée derrière la statue, tremblait comme une feuille. Prenant une grande respiration, elle osa sortir de sa cachette et de s'approcher vers son double.
"Hey..." murmura-t-elle en arrivant à sa hauteur.
N'ayant pas de réponse, elle avança son bras qui, au lieu d'effleurer l'épaule de la jeune fille, passa au travers de celle-ci.
Flash.
La rouquine fut enrobée de lumière. Elle ouvrit brusquement les yeux, en sueur. Rapidement, elle regarda autour d'elle. Elle était de retour dans son dortoir, dans son lit. A côté d'elle se trouvaient Anny et Jessica qui dormaient tranquillement. Tout ça, n'était qu'un rêve ? Elle soupira de soulagement. Le rêve n'avait pas été particulièrement effrayant, mais il semblait si réel.
Elle posa sa tête contre son oreiller, les yeux semi-ouvert rivés vers le plafond. Elle était donc rentrée dans sa chambre hier soir, elle s'était ensuite endormie directement. Oui c'était ça, la fièvre l'avait faite délirer. Comme en ce moment on parlait beaucoup du nouveau professeur de défense, probablement que son cerveau avait un peu tout mélangé.
Passant son bras contre son front, elle remarqua qu'elle n'avait plus du tout mal à la tête. Au moins une chose qui allait bien. En tendant l'oreille, elle pouvait entendre le chant des oiseaux qui lui indiquait que le petit matin s'était levé.
"Harry... James...Potter..." chuchota-t-elle pour elle-même.
"...Les trois types de boucliers décrit page 15 ne sont qu'une infimes partie de tous les types de protection qu'un sorcier peut utiliser. Quelqu'un aurait des exemples à donner ?"
Une fille de Poufsouffle leva la main.
"Oui Miss Branstone ?"
"Les boucliers élémentaires"
"Tout à fait" répondit Harry en s'asseyant sur le coin de son bureau. "Un bouclier élémentaire sera particulièrement puissant contre une attaque élémentaire mais reste fragile contre des sorts offensifs basiques. Ils sont donc à utiliser avec précaution et uniquement dans des cas particulier. N'oubliez pas non plus que vous n'êtes pas immunisés contre vos propres sorts, imaginez que Dumbledore utilise un bouclier élémentaire de feu, disons qu'il a de forte chance de se brûler la barbe."
La salle ria franchement devant l'exemple de leur professeur. Harry aimait bien le cours des troisièmes années Poufsouffle – Serdaigle ; pas encore dans l'âge rebelle, les élèves était sympathiques et plutôt studieux. Leur maison devait probablement y être pour quelque chose aussi quand on voyait les mêmes troisièmes années Gryffondor/Serpentard.
"Un autre type de bouclier ?" demanda-t-il alors que la classe reprenait son sérieux.
Le silence lui répondit mieux que quiconque. Il se leva et d'un geste de la main fit voler la craie blanche vers le tableau.
"Bouclier physique, bouclier de repousse, bouclier temporelle..." Le tableau se remplissait au fur et à mesure qu'il énonçait les différents types de défense. "... bouclier runique aussi. Vous n'êtes pas démunit face à un sortilège offensif, et tous ces sorts ne sont pas compliqués à réaliser.
Une nouvelle main se leva vers le centre de la classe.
"Monsieur McPhail ?"
"Je me demandais quel était le bouclier le plus puissant ?"
Harry leva un sourcil en entendant la question. Le bouclier le plus puissant ? Cela dépendant de la situation et du sortilège lancé. Mais il n'avait qu'une seule réponse en tête.
"Plus l'envie de protéger est forte, plus le bouclier sera fort. Ce n'est donc pas le sortilège qui est puissant, mais le sorcier lui-même qui est fort."
"Pourtant, on dit qu'un sorcier est puissant sur son habilité à lancer des sortilèges et sur ses réserves de magie, et non sur caractère."
Un brouhaha sonore s'éleva dans la classe, voilà qui portait sujet à débat. Harry les laissa un temps discuter entre eux de la question.
"Je pense..." commença-t-il alors que le calme revenait. "Je pense que la puissance d'un sorcier ne se limite pas au nombre de sortilèges qu'il connait, à la force de ses sorts ou à ses réserves magiques. Je pense aussi que, par exemple, la sorcière qui veut protéger son enfant sera toujours plus puissante que n'importe quel mage noir leur voulant du mal."
Quelques élèves ricanèrent devant cette vision un peu simpliste tandis que d'autre acquiescèrent vivement.
"Dans ce cas pourquoi l l'histoire nous montre les mages noires comme des monstres de magie imbattables s'ils sont si faibles que vous le dites ?" demanda perspicacement un élève au premier rang.
Harry se permit quelques secondes de réflexion.
"Les idéaux des mages noirs leur font faire de grandes choses. Parfois, les gens perdent la raison face à de tels idéaux. Je vous poserais donc une question, est-ce que la force des mots peut-elle être plus forte que la magie elle-même ?"
La sonnerie indiquant la fin des cours libéra les élèves l'instant suivant. Harry soupira en voyant les élèves se jeter dans le couloir, oubliant tout de son cours à l'instant même où ils quittaient la salle. "Pourquoi les mages noirs sont-ils y si puissant ?" Harry ne connaissait que trop bien la réponse. Parce qu'ils provoquent la peur. Une peur telle que les gens cessent de se battre, qu'ils abandonnent tout espoir de victoire.
Harry sauta du bureau lorsque tous ses élèves furent sortis. Il effaça d'un mouvement de main le tableau et rangea les différentes feuilles qu'il avait sorties pour son cours. Il prenait de plus en plus goût à l'enseignement.
Sortant de sa salle de cours, et sachant que sa prochaine heure de classe était dans deux heures, il décida de retourner dans ses appartements avec, il l'espérait, un petit en-cas.
Traversant l'allée est du château, il croisa un groupe de septième année Serdaigle qu'il salua d'un mouvement de tête avant de tourner à l'angle du couloir.
Sa respiration se coupa lorsqu'il aperçut la fine silhouette allongée sur le sol.
Ses yeux s'agrandirent sous la surprise et ses pupilles se dilatèrent. Les cheveux roux tombant contre le sol ne laissaient aucun doute sur l'identité de la personne étendue devant lui.
"Gin' !" hurla-t-il en se précipitant à sa rencontre.
Attirés par le cri, quelques élèves de différentes maisons et années pointèrent leur nez aux angles du couloir.
En une seconde, Harry arrivait à hauteur de l'inconsciente. Ne sachant ce qu'il s'était passé, il s'accroupi près d'elle et approcha les mains pour la relever précautionneusement. Avant même qu'il n'atteigne le corps de la jeune fille, une vive douleur lui traversa la nuque et il fut brutalement repoussé au sol.
Sa cicatrice lui brûlait le front aussi fortement qu'à l'apogée de Voldemort. Plaquant sa main contre son front, il retint un cri de douleur et se concentra sur Ginny. Elle ne bougeait toujours pas, il ne savait pas ce qui se passait. Pourquoi personne ne réagissait et ne venait les aider ?
Il distingua enfin des pieds près du corps de la rouquine. Voulant savoir son identité, il releva la tête et tenta de distinguer le visage du nouvel arrivant.
Entouré d'un épais brouillard de fumée opaque, l'homme, -ou la femme-, était indéfinissable. On aurait dit une sorte de fantôme noirâtre, aux contours flous et imprécis.
La douleur qui se propageait à partir de la cicatrice du survivant devenait de plus en plus insupportable.
Sentant le danger, Harry se releva, le regard déterminé, la baguette en avant.
"Harry, harry..." prononça simplement l'homme devant lui d'une voix douce, trop gentille.
L'ombre leva elle aussi sa baguette, et se fut le signal.
Personne ne pouvait dire qui avait lancé le premier sortilège, mais le combat était bel et bien là.
Des éclats de lumières s'entrechoquaient toutes les demi-secondes et les murs du château tremblaient à chaque assaut.
Harry voyait flou, il avait du mal à tenir debout alors que son adversaire semblait en pleine forme. Il comptait néanmoins sur son expérience, ses réflexes, et sa chance pour se sortir de ce pétrin. Et quelqu'un allait surement venir les aider, il fallait sortir Ginny de là... Venez la sortir de là !
Dans un élan de rage il lança un sortilège en l'air qui alla s'écraser au plafond. Des pierres grossièrement coupées se détachèrent et tombèrent au sol dans un fracas épouvantable. L'ombre esquiva les débris avec agilité, Harry cru même qu'une roche lui était tout simplement passé à travers.
Un sortilège de filet fonça vers lui à une vitesse telle qu'il ne put l'esquiver. Il se retrouva entouré de minces fils magiques, se serrant à chaque seconde. Perdant l'équilibre, il tomba à la renverse. Le choc qui se propagea dans tout son corps lui rappela la puissance de la gravité, encore une chose qu'il avait de nombreuse fois sous-estimé dans sa vie.
Son esprit, malgré la douleur, fonctionnait à plein régime. Les possibilités et solutions passaient devant ses yeux à toutes vitesse, cherchant la meilleure des choses à faire.
"Harry Potter."
L'inconnu venait de prononcer son vrai nom. Ce n'était pas possible !
"Le survivant."
Noir.
Harry rouvrit brutalement les yeux. Ses neurones se connectèrent au même moment et il tenta de capter toutes les informations qui s'offraient à lui. Il était dans une pièce blanche, dans un lit. Une odeur d'Alcool et de potion flottait dans l'air. Quelqu'un était assis à côté de lui. C'était... Dumbledore.
"Bonjour Harry, vous allez bien ?" demanda le vieux sorcier en regardant par-dessus ses lunettes en demi-lune. Il avait un sourire rassurant sur le visage.
Harry se releva contre la bordure du lit. Sa cicatrice chauffait encore, mais rien à voir avec ce qu'il avait ressenti lors de son combat.
"Je... Je suis à l'infirmerie ?" marmonna-t-il en comprenant lui-même ou il était. "Que s'est-il passé ?"
Le sourire du directeur s'élargit un peu plus.
"Oh, mais ça, c'est à vous de me le dire, vous ne pensez pas ?" demanda le vieil homme en s'installant plus confortablement sur sa chaise, comme s'il s'apprêtait à écouter une histoire.
"Et Ginny !" demanda brusquement Harry "Elle va bien qu'est ce..."
"Ginny ?" coupa Dumbledore en fronçant les sourcils. "Vous parlez de Ginny Weasley ?"
Harry avala sa salive.
"Oui, elle était au sol lorsque je suis arrivé, j'ai voulu..."
"Il n'y avait personne au sol, Harry. Vous étiez seul au milieu du couloir." dit calmement Dumbledore.
Harry ferma les yeux, il tenta de reprendre une respiration normale.
"Ginny était..."
"Ginny était dans la grande salle avec ses camarades de Gryffondor."
Harry pinça ses lèvres. Il savait ce qu'il avait vu.
"L'homme que j'ai affronté..."
Dumbledore hocha la tête.
"Nous y voilà. L'homme que vous avez combattu. Qui était-ce ?"
Harry regarda le sol. Il n'avait pas pu voir le visage de l'homme et n'avait aucune idée précise en tête. Il était sûr d'une chose, ce n'était pas Voldemort, ça n'avait rien à voir avec sa façon de combattre.
Voyant Harry perdu dans ses reflexion, Dumbledore prit les devants.
"L'homme que vous avez combattu, c'était moi." ennonça-il simplement.
"Vous ?"
"Attirés pas vos cris, des élèves se sont attroupés autour de vous. J'ai été appelé quelques instants plus tard, où je vous ai trouvé en train de vous tordre de douleur."
Ce n'était pas possible. Que s'était-il passé ? S'était-il vraiment battu contre Dumbledore ? Non, il n'avait pas reconnu son style... En plus il l'avait appelé Harry Potter, il ne pouvait pas savoir.
"Une chance que j'ai renvoyé les élèves avant votre brusque agressivité, s'il avait assisté à ça... Les rumeurs vont, par contre, courir un bon moment..." continua le directeur dans la foulée.
Harry se redressa.
"Qu'avez-vous dit ?"
'Pardon ?"
'Durant le combat, que m'avez-vous dit ?"
Dumbledore passa une main près de sa bouche. Il frotta sa barbe un moment, pensivement.
"J'ai tenté de vous raisonner, de faire arrêter ce combat avant que l'un de nous deux ne soit blessé."
"Vous m'avez appelé ? Avez-vous prononcé mon nom ?"
De nouveau, le directeur de Poudlard prit quelques instants de réflexion.
"Mis à part "professeur Majes", je n'ai rien dit d'autre."
Harry resta muet. Il regardait dans le vide pensivement, tendant de résoudre cet épineux casse-tête. Il aurait été victime d'un sortilège de confusion ? Qui serait assez fort pour le faire sans qu'il ne s'en rende compte ? Ou alors une potion ? Mais à quel moment ?
"Nous en venons à un problème sérieux, professeur Majes." continua Dumbledore "Vous comprenez que je ne peux pas laisser un individu susceptible d'être dangereux continuer à enseigner dans cette école."
Le cœur d'Harry s'accéléra.
"Il va falloir me dire toute la vérité, monsieur Majes."
"Et là, il est devenu complètement fou et se met à courir comme un dératé dans le couloir ! On dit même qu'il se serait battu contre Dumbledore en personne ! "
"Tu racontes ça comme si tu y étais, Jim !" critiqua Jessica pendant que Jim racontait sa propre version de la rumeur du jour : "La folie d'Harry Majes".
Jim bomba le torse.
"Des quatrièmes années qui étaient sur place m'ont tout raconté en détail, c'est un peu comme si j'y étais ! Je vous l'avais dit qu'il était super louche ! "
Jessica leva les yeux au ciel et retourna à son assiette.
La Grande Salle était, comme à son habitude, plutôt bruyante. D'autant que les évènements de la journée étaient plutôt marquants. Ce n'était pas tous les jours qu'un professeur était pris de folie.
"Tu ne dis rien Ginny, tu as toujours mal à la tête ?"
La rousse releva les yeux de surprise et rougit brièvement.
"Non non, ça va beaucoup mieux !" assura-t-elle en bougeant ses mains en signe de négation.
Elle sourit une nouvelle fois pour dissiper les derniers doutes et retourna avec un entrain exacerbé sur sa cuisse de poulet.
C'était étrange, elle qui avait rêvé de son professeur... D'un professeur qui part au combat, qui semble partir à la mort... Voilà que, quelques heures plus tard, ce professeur sombre dans une étrange folie. Ce n'était pas la première fois, d'ailleurs. Lors de leur premier cours de défense contre les forces du mal, le professeur Majes avait été pris d'une soudaine migraine.
Un murmure pressé s'éleva dans la Grande Salle, et Ginny put apercevoir le directeur Dumbledore entrer dans la Grande Salle et se diriger vers le pupitre centrale. Il s'installa au centre et racla sa gorge. Le silence ce fit automatiquement.
"Chers élèves, inutile de vous le cacher, vous savez tous qu'un évènement particulier s'est déroulé aujourd'hui concernant le professeur Majes."
Seul le silence lui répondit, prouvant l'impatience certaine des élèves voulant savoir le fin mot de l'histoire.
"Aussi," poursuivit Dumbledore "je vous informe que le professeur est aujourd'hui complétement rétablit... Et qu'il a été victime d'un sortilège de confusion particulièrement puissant."
Un brouhaha sonore accompagna cette annonce.
"Une enquête sera effectuée pour comprendre ce qu'il s'est passé, nous vous rappelons que l'utilisation d'un tel sortilège est formellement interdit. Si quelqu'un a des informations à nous communiquer, qu'il vienne en faire part au corps professoral dans les plus bref délais."
Dumbledore alla conclure lorsqu'il sembla se rappeler d'un détail.
"Ah, sachez que les prochains cours de défense ne sont pas annulés et aurons lieu normalement."
Un "ooohh" plaintif s'éleva dans la salle. Probablement que bon nombre d'élève s'imaginait déjà avoir une heure de libre le lendemain.
Dumbledore conclu rapidement, et le repas repris son cours, les rumeurs toujours amplifiées, appuyées cette fois par la déclaration de Dumbledore.
Ginny ne savait pas trop comment réagir à cette annonce. Qu'était-il arrivé au professeur Majes ? Pourquoi maintenant ? D'autres questions tourbillonnaient dans sa tête. Qui était-il réellement ? Et surtout, qu'était-elle pour lui ?
Chapitre 07 fin ! Je vous dit à très vite pour le chapitre 08 : La décision de Ginny.
