Salut tout le monde !

Voici le chapitre 13 version corrigée !
Un très grand merci à MissLJ71 pour son aide et sa correction !

Je rappel que je répond à toutes les reviews signées par MP, n'hésitez pas à me poser vos questions !

Sur ce, je vous souhaite une très bonne lecture !


Mon Unique Univers Chapitre 13 : Heures Sombres

Le Souaffle fila à travers le stade à une vitesse folle. L'équipe quadricolore verte-bleu-jaune-rouge fonça vers la zone adverse en un clin d'œil.
D'un geste souple, le possesseur du ballon esquiva un défenseur malhabile avant de faire une passe vers sa coéquipière rousse.

La rouquine attrapa la balle avec agilité et fit piquer son balai vers le sol. Elle rasa la terre gelée en relevant brusquement le manche tout en équilibrant sa trajectoire. Son regard se perdit vers la gauche : une balle noire, un Cognard, fonçait dans sa direction. Elle bifurqua brusquement, coupant la trajectoire d'un joueur au couleur pourpre et fit tomber la balle sous elle.

Le Souaffle chuta de deux mètres avant d'être rattrapé par un membre de l'équipe de la jeune fille. Il agrippa le ballon contre sa poitrine et augmenta la puissance de son balai. Les trois anneaux adverses étaient en vue. Il arma son bras pour tirer tout en se positionnant au niveau du but central.

Le gardien aux couleurs pourpres banda ses muscles et se prépara à bondir vers le ballon. Ses cheveux grisonnant flottaient dans les airs.

L'attaquant était prêt à tirer, le ballon dans sa paume. Il entama le geste de tire, quand il changea de direction au dernier moment pour faire une passe à la rouquine qui arriva en trombe juste à côté de lui. La rousse attrapa le Souaffle sans même le regarder. Elle fit tournoyer son balai pour changer d'angle et tira instantanément.

La balle traversa l'anneau dorée avant même que le Gardien ait pu entamer un mouvement défensif.

« Dix points de plus pour l'équipe inter maisons ! » s'exclama une voix qui retentit dans tout le stade. Les gradins remplis d'élèves tremblèrent sous les applaudissements et des cris fusaient de toute part. Le garçon qui avait sa baguette collée contre sa gorge et une écharpe multicolore autour des épaules reprit la parole. « L'équipe des quatre maisons réunies mène maintenant par le score de cinquante à zéro ! C'est un véritable défilé que nous propose cette équipe menée de main de fer par la brillante Ginny Weasley ! »

La foule gronda sa joie de nouveau.

Un peu plus haut, sa cape pourpre flottant dans le vent, Harry Potter tournoyait autour de ses coéquipiers qui se replaçaient.

« Professeur Bermatus, essayez d'anticiper les mouvements du Souaffle, un batteur doit pouvoir envoyer le Cognard là ou se trouvera le joueur visé trois seconde plus tard ! » Il se retourna. « Professeurs McGonagall, Flitwick et Gobe-Planche, il va falloir mettre plus de cœur en attaque et ne plus rester sur la défensive ! Si nous voulons marquer, il va falloir prendre des risques ! »

Il vit les professeurs cités se retourner vers lui et lui jeter un regard désolé. Il voyait bien qu'ils faisaient de leur mieux, mais il leur manquait la fougue de la jeunesse que les élèves qu'ils affrontaient semblaient avoir en surplus.

Le Souaffle fut remis en jeu, c'était l'équipe pourpre, l'équipe d'Harry, qui avait l'initiative.

« On y va ! »reprit Harry en se replaçant à hauteur des professeurs. « Formation 1-2-2, Professeur McGonagall en attaque, Flitwick et Gobe-Blanche en soutient. Derrière, Professeurs Bermatus assurera vos défenses avec les Cognards, tandis que le Professeurs Sinistra se chargera d'empêcher les Batteurs adverse de faire de même ! «

Bermatus se positionna derrière Harry et grogna.

« Je crois, monsieur Majes, que vous pouvez arrêter avec les « professeurs », on ne va jamais s'en sortir sinon ! »

Harry le regarda un instant surpris. Son équipe, extrêmement tendu jusqu'à maintenant, se relaxa un peu. Il sourit.

« Je ferais en sorte de gagner un peu de temps sur cette attaque, on marque cette fois-ci, quoiqu'il arrive ! Allez ! »

L'équipe se dispersa et prit la formation convenue. En face, l'équipe de Ginny se mit en position d'interception pour empêcher l'avancée des pourpres.

« En défense ! » cria la rouquine en direction de Thomas Field, un Serdaigle qui s'avançait un peu trop à son goût. « Thomas, même si on a l'avantage, ne tentons rien d'impossible et consolidons notre avance ! »

Le Serdaigle retourna à sa place à contre cœur.

« Ils sont nuls, c'est le moment de s'amuser un peu et d'amuser la galerie… »

Ginny lui lança un regard noir. Elle s'adressa à toute l'équipe.

« Ce n'est pas le moment de se relâcher ! Combien de match de Quidditch avez vous vu se retourner parce qu'une équipe pensait avoir gagné ? On se concentre et on y va ! »

Le sifflet de remise en jeu retenti dans le stade. McGonagall, le Souaffle sous le bras fonça vers l'équipe inter maisons avec une motivation redoublée.

« Jim ! Mark ! » cria Ginny en se positionnant derrière les deux autres poursuiveurs.

Les deux batteurs échangèrent un regard entendu avant de se mettre en position. Jim fila vers le Cognard qui volait à l'extrémité du terrain et lui donna un violent coup de batte.

La balle grogna sous le choc et fila en direction opposée. Elle croisa le chemin des poursuiveurs adverse, sans pour autant faire de dégât, et se retrouva à portée de Mark, le deuxième batteur de l'équipe. Armant son tire, il se préparait à frapper la balle quand le bruit d'un objet fonçant dans sa direction stoppa net son mouvement.
Il esquiva au dernier moment le Cognard adverse qui le manqua de peu et pesta sur son manque d'attention. Le Cognard qu'il visait était déjà loin, il avait perdu du temps !

Ginny se plaça au centre de la défense. Face à elle, le professeur McGonagall s'avançait sans ralentir. La rouquine fit signe à ses équipiers de la prendre en tenaille et elle força son balai à accélérer.

Le professeur de métamorphose serra plus fort le ballon contre elle. Elle tira sur le manche de son balai pour remonter et tenter de passer au-dessus de la défense de l'équipe adverse.

Un poursuiveur multicolore lui tomba dessus. Instinctivement, elle lança le ballon derrière elle qui fut recueilli par une Gobe-Planche aussi surprise que ravie d'avoir attrapé la balle sans la faire tomber. Le professeur des créatures magiques dépassa McGonagall en passant par le dessous tout en priant Merlin pour que personne ne se mette sur son chemin.

Le deuxième poursuiveur étudiant arriva à sa rencontre. Sa prière n'avait pas duré très longtemps, apparemment.
Par chance, ou parce que Merlin ne l'avait peut-être pas abandonnée tout compte fait, un Cognard bien lancé bloqua la progression du poursuiveur et le déstabilisa suffisamment pour qu'elle puisse passer sans encombre.

Ginny remonta en trombe. Arrivant par le dessous, elle surprit le professeur Gobe-planche qui ne l'avait pas vu venir et lui attrapa le Souaffle des mains sans que celle-ci ne puisse rien faire. Elle souffla pour faire partir la tension de ses muscles et se prépara et relancer la balle à son équipier placé un peu plus loin.

Son corps se stoppa net.

Harry Majes, haut dans le ciel, venait de foncer en piqué à toute vitesse vers le sol. Elle chercha du regard Tod Wormz, l'attrapeur de l'équipe qu'elle avait accepté de prendre après des heures de réflexions, sans le trouver. Le temps sembla se figer, et elle, qui normalement n'entendait pas les commentaires durant le match, pouvait ici parfaitement comprendre ce qu'il se disait.

« C'est incroyable ! Le professeur Harry Majes, Capitaine de l'équipe des profs semble avoir vu le vif d'or ! Il fonce vers le sol à toute vitesse, je ne pensais même pas qu'un Brossdur pouvait aller aussi vite ! Mais que fait Wormz ? »

Oui Wormz, ou étais-tu par Merlin ? Ginny le repéra enfin. Il fonçait dans la même direction qu'Harry mais avait plusieurs mètres de retard. C'était trop tôt, si Harry Majes attrapait le Vif maintenant, ils avaient perdus….

« Il continue de descendre ! Jusqu'où va-t-il aller ?! »

Le cœur de Ginny s'accéléra, il allait beaucoup trop vite. Les balais n'étaient pas conçus pour les mouvements secs, il fallait faire des mouvements amples pour pouvoir les diriger facilement. A cette vitesse, il fallait qu'il entame sa remonter au moins à dix mètres du sol s'il ne voulait pas s'écraser.

Elle ne pouvait plus quitter du regard le jeune homme qui fonçait vers le sol. Tout comme une grande partie du Stade, son souffle était coupé.

Harry ne s'arrêtait plus. Dix mètres du Sol, cinq mètres, trois mètres…

La rouquine ferma les yeux, elle ne pouvait pas voir ça.

« Wouuuuuuuh ! C'est incroyable quelle remontée en flèche ! Harry Majes vient de montrer une maitrise exceptionnelle de son balai ! Ne tentez pas ça chez vous, c'est un conseil ! Et… Il a le poing fermé ! Il tient quelque chose !

Ginny rouvrit brusquement les yeux. Non, ce n'était pas possible ! Il avait réussi à attraper le vif d'or ? C'était fini pour eux ?
Elle vit le professeur remonter dans les airs, le bras droit levé devant lui, le poing fermé. Son visage se retourna vers celui de la jeune fille et Ginny le vit parfaitement sourire.

Lentement il ouvrit sa main.

« Vide ! Sa main est vide, c'était une feinte ! » hurla le commentateur dans sa baguette-micro alors que le stade poussait un soupir de soulagement.

Ginny, la bouche ouverte, ne détachait pas son regard de la paume vide du professeur de défense. C'était… C'était une feinte ? Elle s'était fait avoir !

Reprenant ses esprits, elle voulut crier à son équipe de se remettre en position mais elle se figea une nouvelle fois dans les airs. Son Souaffle avait disparu.

« Whoouuu ! Le professeur Flitwick à réussit à prendre le Souaffle des mains du capitaine Ginny Weasley ! Une erreur d'attention impardonnable ! Il fonce maintenant vers les buts ! »

Ginny pesta. Elle s'était tellement concentrée sur Harry qu'elle n'avait plus du tout fait attention à la balle. Elle était en colère contre elle-même. Ce n'était pas la première fois qu'une feinte du genre était utilisée… Elle aurait dû le savoir ! Mais Harry avait bien joué. Sa prise de vitesse, attirant l'attention de tout le monde, son assurance, sa maitrise du balai. Il avait réussi à berner tout le stade, pas seulement elle.

Flitwick assura la stabilité de son balai et s'arrêta face au gardien qui gardait les trois anneaux. Soutenant le regard imperturbable du gardien il agrippa le manche et fonça de toutes ses forces vers l'avant.

Tel un boulet de canon, le professeur filait tout droit en direction même du défenseur.

Le Poufsouffle en charge des buts en plein sur sa trajectoire se prépara au choc alors que Flitwick accélérait de plus en plus, protégeant de son corps le Souaffle rouge.

Il était interdit de percuter le gardien sous peine de sanction voir d'expulsion, le professeur allait s'arrêter, s'était sûr.

Le gardien durcit le regard, campant sur ses positions, il acceptait le défi : il ne bougerait pas.

Cinq mètres… Quatre… trois… Deux…

Le professeur lâcha son balai qui s'envola dans les airs et se laissa tomber juste devant le Poufsouffle. Un peu plus bas, le maitre des potions Bermatus rattrapa le petit homme et fila vers l'anneau le plus proche.
Flitwick lança le Souffla qui traversa le but sans résistance.

« Dix points pour l'équipe des professeurs ! » s'exclama le commentateur alors que le stade criait. « Une action incroyable que nous ont proposés les Professeur Majes, Flitwick et Bermatus ! »

Ginny soupira en ralentissant son balai. Elle s'était fait avoir comme une bleue. Elle sourit en regardant Harry se faire féliciter par ses équipiers. Un plan qui sort de l'ordinaire… Par quelqu'un de tout aussi mystérieux.
Elle se retourna vers son équipe et ordonna un rassemblement.

De l'autre côté du stade, Harry faisait la même chose avec son équipe.

« J'ai appelé cette technique la triple feinte feinté ! » expliqua Harry à un Flitwick ravi d'avoir marqué le premier but de l'histoire de l'équipe professorale.

« Un nom idiot, par un capitaine idiot » lança Bermatus en souriant.

Harry haussa des épaules.

« Du moment que ça marche et que c'est dans les règles, qui s'en soucie ? »

Le reste de l'équipe lui rendit son sourire.

« Bon, on a un match à gagner maintenant ! On y va »


Cent vingt à Dix. Une vingtaine de minutes plus tard le score était sans appel pour l'équipe des quatre maisons. Les professeurs n'avaient pas réussi l'exploit de marquer un second but malgré de belles tentatives.

D'un mouvement de main, Ginny demanda à l'un de ses poursuiveurs de la couvrir et elle fila vers les anneaux opposés. Elle esquiva les deux défenseurs, remonta en chandelle pour semer un cognard un peu trop collant et tira…

« Cent trente à dix pour l'équipe inter maison qui prend la large niveau points ! Ils auront bientôt la marge de sécurité idéale pour pouvoir attraper le vif d'or sans peur ! »

La rouquine épongea son front à l'aide de sa manche. Son équipe commençait à fatiguer, il allait bientôt falloir écourter cette rencontre. Un peu plus haut, Wormz était toujours à la recherche du Vif, sans résultat.

Elle avait du mal à l'admettre, mais Tod Wormz était le meilleur attrapeur actuel. Ne pas le prendre aurait été une bêtise et il fallait au moins un représentant des Serpentard dans l'équipe inter-maison.
Un rapide coup d'œil de l'autre côté du terrain l'informa que les professeurs était dans un état pire qu'eux. S'ils étaient fatigués, alors les professeurs étaient déjà complétement extenués.

C'était presque fini, ils allaient gagner cette rencontre symbolique !

Le Souaffle fut remis en jeu et son équipe le récupéra à nouveau rapidement. Les professeurs n'arrivaient plus à coordonner leurs mouvements malgré toutes les tentatives d'Harry et ils perdaient systématiquement la balle.
Tout ce qu'il restait à faire c'était de surveiller l'attrapeur Harry Majes pour ne pas le laisser libre de ses mouvements. Des Cognards lui étaient envoyés régulièrement pour lui faire perdre son attention et un batteur restait toujours à proximité de lui pour bloquer ses déplacements. Tout se jouait sur Tod Wormz maintenant.

Le Serpentard fonça.

Le cœur de Ginny s'accéléra quand elle comprit que cette fois-ci, ce n'était pas une feinte. Wormz avait bel et bien repéré le Vif d'or qui luisait un peu plus loin.

Harry se jeta à sa poursuite. Immédiatement, deux Cognards furent envoyés pour bloquer son avancé. Il vira pour les esquiver mais perdit du temps à reprendre la bonne direction.

Wormz se rapprochait de plus en plus de la petite balle, la victoire allait bientôt être à portée de main.

Harry poussa son balai dans son extrême limite. Les Brossdur étaient des balais d'entrainement et il regrettait son éclair de feu si puissant.

Le vif d'or tournoyait au ras du sol. Par expérience, Harry savait que la petite balle était programmée pour s'enfuir lorsqu'un joueur arrivait à sa portée. Lorsque Wormz rentrera dans sa zone d'activité, le vif filera dans une direction aléatoire.

Bon, il fallait qu'il prenne le risque.

« Qu'est-ce que… Harry Majes semble avoir abandonné le Vif d'or, il part de l'autre côté du terrain ! »

Wormz arriva à quelques mètres de la balle et le vif s'activa. Ses petites ailes battirent à toutes vitesses et il fonça vers les gradins opposés, en direction d'Harry.

Parfait ! Le professeur de défense fonça vers la petite balle qui se dirigea maintenant vers lui, Wormz à ses trousses. De la chance ? Pas vraiment, plutôt de l'observation. Le côté « aléatoire » du vif était dicté par plusieurs règles dont les deux principales étaient : « Ne pas aller vers un mur » et « ne pas aller vers d'autres joueurs ».

Ces règles étaient utilisées afin de préserver la sécurité des attrapeurs et les protéger des collisions.
Lorsque Wormz était entré dans la zone d'activation de la petite balle dorée, celle-ci se trouvait contre les gradins. Devant elle, deux poursuiveurs étaient en position défensive. Ne restait alors plus que deux choix : monter en chandelle ou fuir en direction opposée.

Bon… Peut-être qu'il y avait un peu de chance la dedans, mais seulement un petit peu alors !

La balle remonta en flèche lorsqu'Harry rentra dans sa zone et les deux attrapeurs se retrouvèrent au coude à coude.
Sans hésitation, Wormz donna un violent coup de balai dans celui d'Harry qui vacilla sous le choc. Le Serpentard lui lança un sourire mauvais avant de retourner se concentrer sur la balle qui montait toujours de plus en plus haut.

Il fallait trouver un moyen pour se débarrasser de ce gêneur… Harry regarda autour de lui à toute vitesse. Ses yeux s'arrêtèrent sur Jim, l'un des deux batteurs de l'équipe de Ginny qui se préparait à envoyer un Cognard dans sa direction.

Il tenait là son opportunité.

Jim frappa de toutes ses forces dans le Cognard qui fonça vers les deux attrapeurs. La balle grogna dans les airs.

Saisissant sa chance, Harry rapprocha son balai de celui de Wormz et lui attrapa un bout de sa robe de Quidditch.

« Qu'est-ce que tu fous, Majes ? » grogna Wormz en essayant de se dégager.

« Ça ! »

Prenant appui sur le dos du Serpentard, il passa par-dessus lui et effectua une sorte de roulade pour se retrouve à la droite de Wormz.
Les deux attrapeurs avaient maintenant échangé leur place.

« Et ça t'avances à quoi ? »

Harry ne répondit pas, Wormz allait bientôt comprendre.

Le grognement du Cognard se rapprocha et Wormz écarquilla les yeux. Il était en plein dans la trajectoire de la balle !
Poussant un jurons, il cabra son balai pour pouvoir esquiver la balle et dû piquer sur la gauche. Le Cognard frappa l'arrière de son balai et le fit tournoyer plusieurs fois avant qu'il ne puisse se stabiliser.

Wormz n'était plus dans la course, Harry avait pris trop d'avance pour qu'il puisse espérer revenir. C'était fini, il poussa son balai à fond pour se rapprocher de la petite balle et tendit le bras.

Ses doigts effleurèrent la reliure dorée du petit vif quand un choc lui fit perdre l'équilibre. Il vit tout d'abord une sorte de langue de feu avant de comprendre ce qui lui était arrivé.

« Ce n'est pas encore terminée, professeur Majes ! »

Ginny Weasley venait de le rejoindre ! La poursuiveuse et capitaine de l'équipe des quatre maisons se tenait à ses côtés, prête à bondir pour attraper la petite balle.

« C'est de la triche ça Weasley ! » rétorqua Harry en se repositionnant prêt d'elle.

La rouquine lui sourit. Son regard de braise de lâchait pas la petit balle devant elle.

« Rien n'interdit à la capitaine de l'équipe d'attraper le vif si son attrapeur n'est plus en jeu ! »

Harry grogna. Dans son monde, il était interdit à un autre membre de l'équipe de tenter d'attraper le Vif suite à divers problème qu'il y avait eu vers le XVIIIe siècle... Une nouvelle différence entre ce monde et le sien ?

Son balai était à la limite de vitesse et il sentait que celui de Ginny était un poil meilleur.
La rouquine prenait de plus en plus d'avance sur lui, seulement de quelques centimètres, mais c'était suffisant au bout du compte pour pouvoir attraper la balle avant lui.

Le sourire d'Harry s'élargit. Il allait lui montrer ce que c'était, un véritable attrapeur.

Le vif d'or remonta de nouveau en chandelle.

Profitant de la montée, Harry stabilisa son balai et s'avança sur le manche. Vérifiant que tout était bien stable, il grimpa au niveau de la tête de la monture et lâcha le bois.

Un pied sur l'avant du balai, l'autre prêt à le rejoindre, il s'apprêtait à se tenir debout en équilibre sur la pointe du véhicule volant.

Ginny le regardait faire, les yeux ronds. Harry réussit à se lever sur la pointe du balai. Il dépassait maintenant Ginny de plusieurs centimètres, son bras tendu et les doigts prêt à s'accrocher sur la petite balle.

« Et c'est vous qui me parlez de tricherie ?! » s'exaspéra Ginny en poussant au maximum son balai, le bras elle aussi tendu vers le Vif d'Or.

« Faut ce qui faut » dit Harry entre ses dents tout en économisant ses gestes de peur de perdre l'équilibre.

Ils dépassaient maintenant les premières couches de nuages et étaient hors de portée de la vision des gradins.

L'instant suivant il gagna les derniers centimètres qui lui manquaient pour attraper la balle. Le vif d'or était maintenant au niveau de sa main. Il lui suffisait de fermer ses doigts pour gagner.

Il sourit en pensant au visage de Dumbledore, ses yeux pétillants de malice.

Le vif d'or vira brusquement de bord et s'échappa de la paume d'Harry avant que celui-ci ne referme ses doigts. La petit balle fonça en piquer à travers les nuages alors qu'Harry continuait de monter.

Dans cette position il lui était impossible de manœuvrer son balai rapidement, et Ginny fut largement plus rapide que lui pour virer à son tour.

Sautant sur son balai pour revenir à une position normale il redescendit vers le stade.

Les cris de joie des spectateurs furent la première chose qu'il entendit avant de voir la rouquine brandir devant elle la petite balle dorée. Ses équipiers arrivaient à ses cotés à toute vitesse, l'entourant de leurs bras tout en lui faisant faire un tour d'honneur.

La foule, qui depuis le début était clairement partit prenante pour l'équipe des maisons unifiées, acclamait le passage de la rouquine. Les gradins des professeurs applaudissaient aussi à tout rompre et Harry pu capter le sourire satisfait du directeur.

McGonagall vola dans sa direction et s'arrêta à sa hauteur.

« Pas trop déçu, Harry ? »

Le professeur de défense sourit.

« Je pense que c'est une belle réussite. »


Ginny sortit des vestiaires après s'être douché. Une serviette sur la tête, elle enfila une robe propre et referma son casier en soufflant.

Le match s'était terminé par une victoire de 280 points à 10. Autant dire que l'équipe des quatre maisons avait mis une belle raclée à celle des professeurs.

Elle pouvait entendre à l'extérieur la fête qui battait son plein. En plus de célébrer la victoire de leur équipe, les élèves fêtaient aussi le début des vacances d'octobre.
Ginny sourit en pensant au lendemain. Elle allait rentrer au Terrier retrouver sa famille, et si elle adorait Poudlard, elle aimait ces moments de retrouvailles.

Les vestiaires étaient vides. Toute l'équipe s'était dépêchée de se changer pour pouvoir prendre part à la fête. C'était vrai que Ginny avait pris un peu plus de temps dans la douche et profité de l'eau chaude perlée contre son corps.
Le match l'avait éreinté. On pouvait croire à une victoire facile, mais ce n'étais pas le cas. S'ils avaient du mal en défense, les professeurs redoublaient d'ingéniosité en attaque, et Ginny avait dû intensifier ses efforts pour pouvoir défendre ardemment ses buts.

Et puis il y avait eu ce dernier duel. Il lui avait laissé un goût amer au fond de la gorge. Cette victoire, Harry Majes l'avait laissé filer entre ses doigts. Et même si Ginny connaissait la réponse, elle se demandait ce qui était passé par la tête du professeur à ce moment-là.

La rouquine termina de se sécher les cheveux, dompta une mèche récalcitrante et ouvrit la porte des vestiaires.

« T'en as mis du temps pour sortir, Gin' »

Ginny se retourna pour voir Jim s'avancer dans sa direction. Le garçon qui était appuyé contre le mur l'instant d'avant semblait l'avoir attendu tout ce temps.
La jeune fille lui lança un clin d'œil.

« Je me faisait belle pour profiter de la fête, qu'est-ce que tu crois ? »

Jim haussa un sourcil.

« Je vois ça, tu veux plaire à quelqu'un comme ça ? »

« Peut-être, tu penses à qui ? »

Jim ne répondit pas. Il regarda vers le sol un instant avant de reprendre.

« Bon, on y va ? »

Ginny lui emboita le pas.

L'entrée extérieure du château, d'habitude si sobre, était aujourd'hui décorée aux couleurs des quatre maisons. Des tentes avaient étés placées une peu partout, proposant spécialités culinaires et différentes boissons pendant qu'une musique sorcière terminait de donner l'ambiance.
Si Ginny ne s'y connaissait que moyennement en musique, elle savait que le morceau joué était le dernier album à la mode chez les sorciers.

Une piste de danse improvisée était placée au centre et plusieurs dizaines d'élèves s'y donnait déjà à cœur joies.

Un élève remarqua l'arrivée de Ginny, il leva son verre et lança un « Pour Ginny ! » rapidement suivit d'un « hip hip hip, hourra ! » reprit par bon nombres d'élèves. Si la rouquine semblait gênée par tout ça, il ne semblait rien en être pour Jim qui s'amusait de la situation.

« Ça y est, c'est la célébrité pour toi ! Tu veux boire quelque chose ? » demanda-t-il en voyant que la jeune fille ne savait plus trop où donner de la tête.

« Je… ah ! Je reviens Jim ! » s'écria-t-elle brusquement avant de s'échapper en courant.

Elle se lança à travers la foule, esquivant les élèves sur son passage, pour se diriger vers l'entrée principale. Le professeur Majes venait de rentrer dans le château et elle savait que c'était peut-être sa dernière occasion de lui parler avant les vacances scolaires.

Plusieurs élèves tentèrent de l'arrêter pour la féliciter, elle répondit uniquement d'un mouvement de tête ou d'un sourire avant de poursuivre sa course.
Elle passa enfin la grande porte qui se referma derrière elle, coupant par la même occasion la musique et le bruit venant de l'extérieur.

Harry Majes n'était plus dans l'entrée, il avait dû partir rejoindre ses appartements. Elle se jeta dans le couloir principale, passa devant la grande salle et s'arrêta net devant l'escalier menant au premier étage.

Le professeur montait les marches tranquillement. Ce n'était pas la direction des appartements des professeurs, mais Ginny n'y prit pas plus que ça attention.

« Professeur Majes ! » appela-t-elle, légèrement essoufflée.

Harry se retourna à l'entente de son nom. L'escalier sur lequel il se trouvait s'ébranla soudainement pour changer de direction et il soupira en réalisant que ce n'était plus l'endroit où il voulait aller.

« Oui, miss Weasley ? » demanda-t-il en redescendant.

Il arriva et sa hauteur et vit que Ginny reprenait son souffle. La rouquine prit une profonde aspiration.

« Vous… Votre façon de voler, c'était très impressionnant, tout à l'heure. »

Harry ouvrit la bouche de surprise qu'il transforma en sourire amicale.

« C'est très aimable à vous de dire ça, et je peux vous retourner le compliment. Mais je doute que vous êtes venu ici uniquement pour me faire des éloges, n'est-ce pas miss Weasley ? » En disant cela il repositionna ses lunettes sur son nez de la même manière que le faisait Eliott.

Ginny avala sa salive.

« C'est vrai… Pourquoi nous avoir laissé gagner ? Je veux dire, vous auriez pu attraper le vif d'or, non ? »

Harry haussa ses épaules et s'assit sur la premier marche de l'escalier. Il fit signe à Ginny de le rejoindre à côté de lui. La jeune fille obtempéra.
En s'asseyant, Ginny remarqua qu'Harry avait les yeux perdu dans le vide. Un peu plus haut devant eux, une fenêtre laissait échapper une fontaine de lumière qui venait tomber sur le sol. Le professeur sortit sa baguette et d'un geste souple, lança un sortilège informulé.

La vitre de la fenêtre disparut et les bruits de la fête gagnèrent leurs oreilles.

« La fête aurait été gâchée si les professeurs avaient remporté le match, non ? » demanda-t-il à Ginny sans la regarder.

La rouquine pinça ses lèvres.

« Alors, tout était prévu depuis le début ? Vous vouliez nous laisser gagner ? »

Harry ne répondit pas tout de suite.

« Non. Je l'ai décidé au dernier moment. En fait, les professeurs ne s'étaient même pas posé la question, pour eux, il était évident qu'ils allaient perdre ! »

Ginny sourit.

« Sauf que vous étiez là, et que vous étiez à un doigt de gagner le match. »

Harry hocha de la tête. Il remit la vitre en place et rangea sa baguette dans sa cape.

« Personne n'aurait été satisfait d'une telle victoire. Certain match doivent être gagnés, mais je pense qu'il est parfois bon de laisser la victoire, qu'en pensez-vous ? »

Ginny fit la mou et se tortilla sur la marche.

« J'ai… J'ai toujours pensé qu'il fallait gagner coûte que coûte. »

« Même avec un tricheur en face de vous ? »

Ginny se retourna brusquement et l'interrogea du regard. Harry prit un air innocent alors que son sourire s'élargissait.

« J'ai utilisé un sortilège de stabilité lorsque je suis monté sur le balai. » avoua-t-il simplement.

Ginny se leva d'un coup et pointa un doigt accusateur devant elle.

« Vous avez osez ! »

Harry leva ses bras en l'air tout en riant.

« Ahah, je ne suis pas fou non plus, je n'allais pas risquer ma vie pour le plaisir d'arracher le vif d'or juste devant vos yeux !»

Ginny s'empourpra.

« Et moi qui pensais que vous étiez un génie… » dit-elle en grommelant presque pour elle-même.

Harry se leva à son tour, épousseta sa robe et s'étira.

« Je compte sur vous pour votre discrétion miss Weasley, déjà que je n'ai pas une très bonne réputation par ici, si tricheur s'ajoute à la liste je crois que je perdrais vraiment en crédibilité… »

Ginny détourna le regard d'un mouvement de tête tout en émettant un rire satisfait.

«Mmh pourquoi pas ? Je me demande si vous ne le méritez pas, en fin de compte ! »

Harry prit une mine catastrophée.

« Quoi ?! Vous n'allez pas me faire ça ?! »

Les yeux de Ginny pétillèrent de malice et un sourire victorieux illumina son visage.

« Le grand professeur Majes obligé de tricher pour se mettre à niveau d'une simple élève de Poudlard, c'est vrai que ça rendrait bien ! »

Harry soupira.

« Vous êtes une sacré enquiquineuse vous savez ? » dit-il et se passant la main derrière la nuque.

« On insinue même qu'il aurait dit des propos déplacés à cette même élève… » continua Ginny qui s'amusait de la situation.

« D'accord, d'accord, » capitula Harry en levant ses mains devant lui. « Je m'avoue vaincu devant un acte si Gryffondorien, miss Weasley. »

Ginny lui tira la langue.

« Je ne dirais rien. De toute façon ma simple parole n'aurait aucune valeur si je n'ai pas de preuve. Par contre, je me demande si vous aller pouvoir répondre à une autre de mes questions. »

Harry fronça des sourcils. Devant son manque de réaction, Ginny poursuivit, elle plaça ses mains derrière et s'avança devant lui. Ses yeux noisette se perdirent dans les siens.

« Pourquoi êtes-vous ici ? Je veux dire, vous êtes tellement différent des autres professeurs, vos agissements… Les rumeurs autour de vous… Qui êtes-vous réellement, professeur Majes ? »

Harry n'arrivait pas à se détacher de ses yeux. Ce regard qu'il connaissait par cœur. Le même, exactement le même que celui de son monde. Elle lui ressemblait tellement. Ces deux Ginny qui n'avaient pas vécu la même chose étaient si proches qu'Harry n'aurait jamais pu faire la différence entre les deux. Nos expériences forgent nos caractères. C'est ce qu'il avait toujours cru. Mais si cela allait plus loin que ça ? Peut-être qu'en fin de compte ce que nous vivons, ce que nous subissons ne nous change pas fondamentalement. En fin de compte, nous restons nous même, quoi qu'il arrive.

« Je… » commença Harry avec hésitation. « Tout à l'heure, je vous ai dit qu'il y avait des matchs qui devaient être gagnés. J'en ai un… que je n'ai pas le droit de perdre. »

Ginny pinça ses lèvres. Sa question était sortie toute seule, elle n'y avait pas vraiment réfléchit mais elle savait maintenant que c'était quelque chose d'important.

« Quel est… Ce match ? » demanda doucement Ginny. Elle vit le professeur détourner le visage et se mordre la joue. Son regard était soucieux et presque apeuré. On aurait dit un petit garçon qui ne voulait pas avouer une bêtise qu'il avait commis.

Harry se retourna en remonta les marches de l'escalier.

« Je crois que la fête continue sans vous miss Weasley, il serait dommage de la rater, vous ne croyez pas ? » dit-il en sans se retourner et en continuant de monter.

Ginny le regarda gravir l'escalier et disparaître un peu plus haut. Elle se mordit les lèvres.


Harry traversa le couloir du deuxième étage en direction du bureau du directeur. Cette discussion avec Ginny l'avait perturbé, et il était à deux doigts de tout raconter à la jeune fille. Comme s'il avait oublié que ce n'était pas son monde, qu'en face de lui n'était pas sa Ginny.
Cela lui faisait peur. Et s'il craquait ? Voldemort était déjà apparu dans ce monde, il s'en était déjà pris à Ginny.
Il ne pouvait pas se permettre de montrer une telle faiblesse. Sinon, il n'aurait aucune chance face à lui.
Ginny… S'il devait lui arriver quelque chose dans ce monde. Si par sa faute, elle devait encore…

Merde !

Ses pensées s'embrouillèrent et il remercia Merlin de voir apparaitre la statue en forme de gargouille qui représentait l'entrée du bureau du directeur.

« Confit de citron » dit-il en arriva à sa hauteur.

La gargouille tourna sur elle-même et ouvrit le passage vers le petit escalier au colimaçon qui menait vers le bureau directorial. Il toqua à la porte et l'ouvrit en entendant le vieux sorcier lui demander d'entrée.

« Eh bien monsieur Majes, vous êtes en retard » remarqua le directeur à peine eut-il franchit le seuil de la salle.

Harry s'excusa, invoquant un léger contre temps et le directeur leva les bras.

« Passons, le match c'est très bien déroulé, je vous félicite. Même si j'aurais apprécié que notre équipe marque un peu plus de points… Pour montrer notre crédibilité en tant qu'enseignant, je veux dire ! »

Le survivant acquiesça.

« L'équipe inter maison était vraiment très forte. Plus que prévu. »

Dumbledore hocha de la tête et lui tendit la petite coupole remplit de bonbon au citron. Harry savait que c'était le signe qu'il était temps de parler des choses sérieuses. Il prit une petite pastille qu'il jeta dans sa bouche.

« Monsieur Majes…. Vous êtes venu hier dans mon bureau pour m'avertir d'une possible attaque contre le ministère. »

Harry ne répondit pas. Depuis deux semaines, il passait la plupart de son temps libre à sillonner les zones sorcière pour guetter la présence de Voldemort. Sa disparition l'ennuyait et il savait que le sorcier noir n'allait pas tarder à agir. Le ministère était la cible idéale dans ce monde. Il savait l'endroit peu protégé dû au faite qu'aucun mage noir majeur n'était apparu depuis plus d'un demi-siècle.

« J'ai joué de mes contacts pour me tenir informer, » continua Dumbledore en gardant un air sérieux. « Il n'y a pas lieu d'être inquiété et sans preuve directe, je ne peux rien faire pour renforcer la sécurité. »

Le regard de Dumbledore s'enfonça dans les yeux d'Harry.

« Monsieur Majes, êtes-vous sûr de ne pas avoir plus d'information à me fournir ? »

Harry soutint du mieux qu'il put le regard perçant du directeur. Il savait qu'il en demandait beaucoup au vieux sorcier qui devait uniquement le croire sur parole.

« Vous n'avez que ma parole, professeur Dumbledore. »

Le vieux sorcier soupira.

« Alors nous ne pouvons rien faire. Tant qu'aucune attaque physique n'est déclarée alors le ministère n'agira pas… La politique de l'Autruche est présente depuis maintenant de nombreuses années : nos politiciens pensent que tant qu'il ne se passe rien de concret alors il n'y a pas lieu de s'inquiéter. »

Harry s'attendait à cette réaction. Mais savoir Dumbledore sur le qui-vive et plus au moins au courant de la situation le rassurait.
Le directeur croisa ses bas devant lui.

« Dans une semaine aura lieu pour la cinquantième année consécutive le carnaval du chemin de Traverse. Une grande partie de la communauté magique sera présente. Il a été créé suite à la chute de Grindelwald pour célébrer la période de paix et de prospérité, mais je suppose que vous êtes déjà au courant de tout cela, monsieur Majes. »

Harry ne répondit pas, il n'était pas au courant, non.

« Si j'étais un mage noir… C'est ici que je frapperai » termina Dumbledore, le visage fermé.


« Maman, j'ai déjà dix-sept ans ! Je suis majeure ! »

Ginny termina de passer les assiettes sales à sa mère alors que celle-ci activait les différents outils magiques. Elle portait de simples habits moldus, un jean et un gilet rouge qui contrastait avec son habituel robe d'école.

La brosse commença à récurer la vaisselle alors que le jet d'eau passait juste derrière.

« Ginny… On a toujours passé le carnaval tous ensembles, même Ron et Bill reviennent pour l'occasion ! Je comprends que tu veuilles être avec tes amis, mais… »

Ginny soupira et posant ses mains sur ses hanches.

« Mais je passerais toute la matinée avec vous, maman ! C'est juste pour l'après-midi ! »

Molly Weasley arrêta de faire valser sa baguette dans tous les sens et se retourna vers sa fille. Elle soupira.

« Tu verras avec ton père alors… »

Ginny enlaça aussitôt sa mère et courut jusqu'à sa chambre écrire une lettre à ses amis. Elle savait que son père n'y verrait aucun inconvénient. Sa mère disait toujours ça quand elle ne voulait pas accepter d'elle-même quelque chose.

Cela faisait quelques jours que Ginny était rentrée au terrier, et elle avait pour habitude de discuter avec ses amis par chouette ou par cheminée.
Le Carnaval de cette année s'annonçait grandiose. Pour les cinquante ans, le ministère semblait avoir mis les grands moyens et Jim leur avait proposé qu'ils assistent tous ensemble au défilé. Aux dernières rumeurs, des Dragon et des Sirènes seraient de la partie, un spectacle à ne manquer pour rien au monde.

La famille Weasley participait au Carnaval d'aussi loin que la rouquine pouvait se souvenir. Elle se souvient de son émerveillement alors qu'elle n'était que toute petite lorsque des immenses marionnettes montées sur des échasses l'avaient survolée.

Et même si elle voulait passer du temps avec ses amis, elle était aussi impatiente de retrouver ses frères.
Cela lui faisait bizarre d'être seule à la maison. Ron était parti au début de l'année, Fred et George avaient montés leur propre boutique de farces et attrapes et Percy, Bill et Charlie étaient partis du cocon familial depuis plusieurs années déjà. Le Carnaval était un moyen de tous se retrouver, même si sa mère n'hésitait pas à réunir toute la famille pour n'importe quelle autre raison.

« Salut les Weasley ! »

Ginny sauta hors de son lit. Dévalant l'escalier, elle pouvait reconnaitre cette voix entre mille, le premier de ses frères était arrivé.

« Ron ! » dit-elle en l'enlaçant une fois arrivée dans l'entrée.

Ginny se dégagea rapidement tout en se bouchant le nez.

« Pouah tu renardes ! Sans Maman pour te le dire tu oublies de te doucher ou quoi ? »

Ron ria franchement.

« Moi aussi je suis content de te voir Gin' ! Et non, je n'oublie pas mais Neville m'a fait rester dans ce marécage jusqu'au dernier moment, je sors tout juste du boulot ! »

Habillé de sa tenue de pêcheur, il ôta son chapeau qu'il lança vers le porte manteau présent dans l'entrée. Il manqua sa cible de quelques centimètres, mais le porte manteau agrandit l'une de ses branches pour rattraper le chapeau avant qu'il ne touche le sol. Il se retourna vers la cuisine où sa mère l'attendait en souriant.

« On mange quoi ce soir ? » demanda-t-il directement en guise de salutation.


L'immense pied en bois passa au-dessus de Ginny dans un bruissement semblable à un coup de vent. La marionnette géante montée sur des échasses de plus de quinze mètres
semblait flotter dans les airs tellement facilement que la rouquine se demandait comment cela était possible. Même si elle avait toujours vécu dans le monde de la magie, ces marionnettes étaient pour elle ce qu'elle avait vu de plus impressionnant au monde.

Devant elle se trouvait l'allée centrale du Chemin de Traverse. Remplie d'une foule compacte, plusieurs marionnettes de même type survolait la foule, évitant habilement d'écraser qui que ce soit avec leur longue pattes articulées.

Un pétard explosa à quelques mètres de Ginny et elle ne fut pas surprise de voir Fred et George, deux de ses frères, faire exploser des pétards magiques au sol.
Déjà une foule se formait autour d'eux alors que les pétards de leur invention se transformaient en dragon, licorne, calmar géant et bien d'autres créatures magique juste après avoir fait partir en fumée leur poudre.
Fred sourit devant les mines impressionnées des enfants au premier rang.

« Les pétards magiques sont en vente exclusivement au magasin Weasley, Farces pour sorciers facétieux 26 Chemin de Traverse quartier Sud exposition Est ! »

Ginny ria de bon cœur. Les jumeaux avaient le sens du commerce et ils ne rataient pas une occasion pour attirer de nouveau clients. Pour peu qu'elle en savait, leur boutique marchait aussi bien voir plus qu'un sortilège lancé par Merlin en personne, c'était peu dire !

Elle se retourna brusquement quand quelqu'un lui frotta la joue.

« Alors, on est perdu dans ses pensée Gin' ? » lui demanda Ron en lui tendant une brochette au réglisse sortant tout juste du four du Paradis de la sucrerie Magique. La boutique avait ouvert un stand non loin d'eux et une odeur attirante de bonbon et de sucre enivrait l'air.
La rouquine attrapa la brochette et la fourra dans sa bouche.

« Ch'étais pas perdu dans mes penchées ! » répliqua-t-elle, le bonbon en bouche.

Ron lui proposa de s'asseoir un peu plus loin alors que leurs parents revenaient les bras chargés des sandwichs préparés la veille.

« Raconte un peu Poudlard alors ! Ça se passe comment là-bas maintenant que je n'y suis plus pour faire régner l'ordre ? »

Ginny pouffa en terminant son réglisse.

« Toi l'ordre ? Au contraire, je dirais justement que tout va pour le mieux maintenant que tu n'es plus là ! »

Ron se refrogna et prit une mine outrée.

« Sympa, la petite sœur… »

Ginny lui lança un clin d'œil et un tirage de langue dont elle avait la spécialité. Elle haussa des épaules.

« Franchement pas grand-chose… Malefoy est partit en même temps que toi, et Wormz est bien moins agaçant que lui… Il paraitrait même gentil par moment, tu sais qu'il a joué dans mon équipe de Quidditch ? »

Ron s'étouffa avec la première bouchée du Sandwich que venait de lui tendre sa mère. Il frappa sa poitrine de son poing plusieurs fois et Ginny fut même obligé de lui tapoter le dos pour que la toux passe, un sourire amusé sur les lèvres.
Le rouquin essuya sa salive d'un revers de main.

« Tu peux répéter, j'ai peur de ne pas avoir bien comprit… »

« Que Wormz était pas si bête et méchant que ça ? »

Ron plaqua sa main contre son sœur et mima une crise cardiaque exagérée.

« Argh je me meurs ! Ma propre sœur… Argh ! »

Ginny lui donna une tape sur l'arrière du crâne. Ron retint de justesse un cri, plus de surprise que de douleur, et se massa le dos de la tête. Il marmonna des paroles incompréhensibles, mais Ginny put tout de même capter des mots comme « humour » et « Serpentard ».

« Et alors, c'était quoi cette histoire de match où tu as eu l'immense plaisir de jouer avec Wormz ? » Il appuya sur le mot « plaisir » tout en faisant une grimace de dégout.

« Les professeurs avait organisé un match élèves toutes maisons contre l'équipe professorale… Devine qui était la capitaine des élèves ? »

Ron lui lança un grand sourire.

« La classe ! En même temps vu les pâtées que tu me mettais déjà alors que tu n'étais qu'en quatrième année, j'en attendais pas moi de toi ! Alors le résultat ? »

Ginny fit le V de la victoire avec ses doigts tout en dévoilant toute ses dents.

« Victoire totale ! On les a écrasés ! »

Ron rigola franchement.

« Pas étonnant, est-ce qu'il y avait au moins un joueur ayant un minimum de niveau dans leur équipe ? »

Ginny ne répondit pas tout de suite. Elle se mordit les lèvres un instant.


« Eh bien Gin', t'en as mis du temps ! »

Ginny arriva en courant sur la place centrale du chemin de Traverse. Jim l'attendait, les bras croisés. Anny, Jessica et Eliott se trouvaient un peu plus loin.

Elle joua des coudes pour passer à travers la foule dense qui s'était formée partout et arriva à hauteur de son ami.

« J'avais oublié que tant de monde serait là, impossible de se déplacer rapidement, Jim ! »

Le garçon lui donna une tape amicale sur la tête.

« Eh bien il fallait anticiper et partir plus tôt ! »

Ginny lui tira la langue tout en lui lançant un regard accusateur.

« Ce n'est pas toi qui doit quitter six grands frère au cœur déchiré de te voir partir ! Comment va ta petite sœur d'ailleurs ? »

Jim lui sourit en l'entrainant vers le reste du groupe.

« Bien, c'est sa première fois au Carnaval et mes parents doivent la surveiller sans cesse ! Je crois qu'ils sont partis aux sculptures sur glace tout en bas… »

Le Carnaval était divisé en plusieurs niveau selon l'emplacement sur le chemin de traverse. Tout en bas de l'avenue se trouvait les musées et concerts. La place centrale se préparait à accueillir le défilé tandis que la partie haute présentait les activités passagères.

Ginny salua le reste du groupe et souffla d'avoir enfin un peu d'espace pour respirer.

« C'est dingue le monde qu'il y a ! » s'exclama Jessica en regardant autour d'elle. « Cette année va vraiment battre des records de visiteurs.»

Eliott haussa des épaules.

« Ils ont vraiment promis un spectacle extraordinaire cette année, ça à du attirer du monde, même de l'étranger. »

Il était vrai que Ginny avait entendu quelques personnes parler des langues qu'elle ne connaissait pas.

Le brouhaha ambiant se tue d'un seul coup et la lumière du jour s'estompa pour laisser apparaitre un ciel crépusculaire. Parsemé de quelques nuages aussi blancs que la neige, le ciel avait viré en un orange apaisant et majestueux.

« Un faux ciel comme à Poudlard ? » demanda Anny impressionnée. « En extérieur ? C'est possible ? »

Jim regarda autour de lui et siffla.

« Apparemment, c'est possible oui, on s'y croirait vraiment ! »

Quelques « ooh » et « aah » retentirent et le mouvement de foule se mit à grandir. Le défilé allait bientôt commencer et les gens commençaient à s'exciter.

Une brusque avancée de la foule sépara Jim et Ginny au reste du groupe. Alors que la rouquine voulu tenter de se frayer un chemin vers ses amis, Jim attrapa le bras de la jeune fille.

« C'est pas grave, on les rattrapera après ! »

Ginny acquiesça en voyant Jessica et les autres s'éloigner de plus en plus d'eux.

« Zut, on est vraiment mal placé ici… viens ! » dit Jim à Ginny en l'attirant vers lui.

Entrainant Ginny avec lui, Jim se faufila à travers la foule sans se soucier des protestations indignées.

« Essayons de trouver un endroit un peu plus en hauteur ! »

Ils s'échappèrent de la foule en quittant l'axe principale et déboulèrent sur les rues parallèles. Le jeune sorcier semblait connaître le Chemin de Traverse comme sa poche puisqu'il avançait avec aisance sans s'arrêter une seconde.
Ginny sourit en pensant au Jim timide qu'elle avait connu plus jeune. Jamais il n'aurait voulu faire ça.

Ils tournèrent derrière une énième boutique pour se retrouver face à un escalier dont Ginny ignorait l'existence. Ils grimpèrent les marches quatre à quatre et se retrouvèrent sur le toit d'un petit bâtiment.
D'ici, ils avaient une vue complète du défilée qui allait avoir lieu.

« Waouh ! Tu savais qu'on pouvait tout voir d'ici ? » demanda Ginny, impressionnée. Jim passa sa main derrière sa tête.

« Je suis venu en repérage hier, mais je n'étais pas sûr que l'entrée ne soit pas bloquée aujourd'hui donc j'avais un peu peur...»

Décidemment, Jim la surprendrait toujours. Elle s'appuya sur la rambarde et laissa fuir son regard vers la foule.

« Je ne vois pas Anny ni personne… J'espère qu'ils vont pouvoir voir quelque chose. »

Jim se rapprocha d'elle et s'appuya à son tour contre la barre de fer.

« Eliott va probablement les amener vers un endroit semblable, tu le connais… Jessica va faire une scène pour pouvoir tout voir de toute façon. »

Ginny rigola. Oui, c'était bien leur genre.

Quelque chose explosa.

Ginny se retourna vivement vers la source du bruit pour déterminer ce qu'il se passait. Une fusée de lumière fila dans le ciel et explosa en une gerbe multicolore, illuminant le faux ciel crépusculaire par mille feux.

D'autre fusées suivirent et explosèrent à leurs tours. Rouge, Or, Argent. Les couleurs pétillèrent dans le ciel, éclairant un dôme magique qui reflétait à son tour la lumière.

C'était magique. Un simple feu d'artifice pouvait procurer tellement d'émotions.
Un Dragon de lumière s'éleva dans le ciel avant d'exploser en centaines de petits lutins, retombant sur la foule en flottant à l'aide de petits parapluies.

Nouvelle fusée, nouvelle explosion. Différente cette fois-ci. Le puissant bruit qui était censé accompagner les jais de lumière se transforma en une note de musique. Une ribambelle de nouvelles explosions transforma cette unique note et une véritable musique à la fois douce et chaleureuse.

Puis l'odorat vint s'en mêler. Les explosions avaient maintenant une senteur particulière ! Une pluie de lumières dorées répandait une douce odeur de vanille alors qu'un arc-en-ciel multicolore chatouillât les narines de Ginny dans des senteurs sucrées et fruitées.

Tous les sens de la jeune fille étaient accaparés par le spectacle qui se déroulait devant elle. Ses yeux se régalaient de la beauté des feux, alors que ses oreilles frémissaient au tintement harmonieux de la musique. Et que dire de ces odeurs allant et venant au grès du vent, s'alliant parfaitement avec les deux autres sens ?

Ginny n'arrivait plus à détourner le regard du spectacle. Jim se rapprocha d'elle. Il prit doucement sa main. La rouquine sentit une immense douceur dans ce geste à la fois simple et délicat.

La rouquine se retourna, interrogeant son ami du regard. Le jeune homme la regardait, le regard déterminé.

« Jim tu… »

« Ginny, » coupa Jim d'une façon un peu brusque. « Tu sais, ça fait plus de six ans qu'on se connait. »

Ginny referma ses lèvres. Sa respiration se coupa.

« On a vécu des tas de choses, toi et moi… A Poudlard, on ne peut que vivre des tas de choses de toute façon. »

Il ria. Son rire était diffèrent de d'habitude. Il était, gêné, intimidé.

« Je sais que j'ai parfois dit des choses un peu déplacées et que je suis loin d'être parfait mais… »

La Weasley avala sa salive. Elle savait ce qu'allait dire Jim. En fait, elle croyait l'avoir toujours su.

« Cette année, c'est notre dernière année à Poudlard. Et j'ai peur que si je ne fais rien maintenant… Je ne le ferais jamais. »

Le feu d'artifice continuait derrière eux, mais Ginny n'en avait que faire. Tout son esprit était focalisé vers le jeune homme qu'elle connaissait si bien.

« Je… Je suis tombé amoureux de toi, Ginny. »

Voilà, c'était dit. Jim venait de lui faire une déclaration en bonne et due forme. Ginny avait l'esprit embrouillé. Tellement de chose lui passait par la tête qu'elle n'arrivait pas à remettre de l'ordre dans ses pensées.

Elle voyait dans les yeux de Jim que le garçon attendait quelque chose d'elle, qu'elle prenne la parole… C'était à elle de lui répondre.

Un nouveau feu d'artifice illumina le visage du jeune homme. Ginny avait l'impression de le voir pour la première fois. De découvrir qui il était vraiment.

Sa main s'échappa de celle de Jim.

« Jim… Je suis…. »

Elle avait la gorge nouée. Devant elle, le garçon reculait légèrement, son regard se remplit de tristesse.

« Je suis…. »

Une explosion bruyante la fit sursauter malgré elle. Un feu d'artifice avait raté ?

Les yeux de Jim s'écarquillèrent et il se précipita vers la rambarde. Ginny suivit le mouvement et se retourna. Une colonne de fumée s'élevait du fond du Chemin de Traverse et des flammes s'échappaient du sol.

Une autre explosion, une autre colonne de fumée. Des cris leur parvinrent et un mouvement de foule incontrôlable se propagea au sol en direction de l'entrée du chemin.

« C'est… Ça vient de la partie basse ! » s'exclama Jim, la voix enroué de surprise et de terreur. « C'est là ou se trouves mes parents ! »

Il se jeta au sol et couru vers l'escalier.

« Jim ! »

Ginny se jeta à sa poursuite, dévalant quatre à quatre les marches. Elle se retrouva vite nez à nez avec une foule compacte qui courrait vers la sortie. Si elle pénétrait là-dedans à contre sens, elle allait…

Ses jambes décidèrent pour elle. La rouquine se jeta dans la foule et tenta dans percer un passage à contrecourant.

« Jim ! Jim ! » hurla-t-elle aussi fort qu'elle le pouvait.

Une explosion retentit non loin de là et les gens autour d'elle accélérèrent le pas. Elle fut brutalement propulsée au sol et manqua de se faire écraser le visage par une botte qui passa à quelques centimètres. Tentant de se relever, son ventre fut écrasé et elle plaqua ses mains en protection devant elle pour se protéger.

Son supplice sembla durer une éternité même si à peine quelques secondes s'étaient réellement passées. La foule passait au-dessus d'elle sans se soucier de sa présence. Elle sentit sa jambe droite se coincer et un nouveau choc la propulsa sur le côté. Quelqu'un la souleva enfin et l'entraina en dehors de la foule. Lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle était allongée sur le côté, à l'abri de la panique incontrôlable.

Elle vit dans un premier temps une silhouette inidentifiable, puis tout s'éclaircit. Des cheveux bruns en batailles, une cicatrice en forme d'éclair…

« Ginny, Ginny ! Tu m'entends ? »

Le son lui revenait, Harry Majes était penché vers elle, paniqué.

« Ginny tu es blessée ? » demanda-t-il en l'aidant à s'assoir.

Une légère douleur au ventre, un gout de sang amer dans la gorge mais ça avait l'air d'aller.

« Pro… Professeur Majes… » commença t'elle doucement. « Jim… Il est... Partit….Il faut »

Harry hocha de la tête.

« Ca va aller, je vais le chercher, Ginny ! Dès que tu es en sécurité j'y vais ! »

Ginny secoua la tête de droite à gauche.

« Je viens… C'est ma faute si… »

Un pop sonore résonna à leur côté et un homme transplana à coté eux.

« Ginny ! »

La jeune fille reconnut la voix de son père et elle se laissa attirer vers lui. Arthur Weasley prit sa fille dans ses bras et se retourna vers Harry qui se leva.
La jeune fille se retourna vers son professeur.

Il était habillé d'une robe rouge sang, flottant tout autour de lui. Son expression, si protectrice d'habitude, était rongée par la haine et la colère.

Noir.


Harry sauta du toit sur lequel il se trouvait pour retourner sur la rue parallèle et redescendre le Chemin de Traverse. L'attaque avait eu lieu dans la zone Sud, et bien sûr, il se trouvait au nord quand cela s'était passé.

Il entendait la foule remonter l'avenue dans la rue à côté de lui et il savait que des blessés se trouvaient parmi eux… Mais Il n'avait pas le temps.

Il avait eu de la chance de tomber sur Ginny. Il l'avait vu trébucher dans la foule et s'écrouler au sol… Ce n'était pas si difficile de voir quelqu'un essayer de descendre une avenue que tout le monde fuyait. Si elle était restée ici, elle aurait pu être très gravement blessée, voire pire. Il avait immédiatement envoyé un Patronus chercher quelqu'un de sa famille. Il ne savait pas si son Patronus aller pouvoir trouver Arthur Weasley, étant donné qu'il ne connaissait pas celui de ce monde, mais fut rassuré de le voir arriver si vite.

Il regagna l'axe principal lorsque le bruit de la foule fut plus calme et tourna vers la zone sud du Chemin de Traverse.

Une massue s'abattit sur lui qu'il esquiva d'un roulé boulé non contrôlé. Le grognement qui suivit lui fit relever la tête.

Un géant arma sa main droite et abaissa le bras vers lui.

Levant sa baguette, il créa un dôme protecteur qui amortit le coup. La violence du choc le força à tomber à genou et ses épaules craquèrent.

Grogna à son tour, il repoussa la massue d'un mouvement de baguette et fit claquer le bois dans le vent.

Une langue de feu s'échappa de son arme, d'un geste précis, il lança la langue vers la jambe du géant, tira de toute ses forces et lui fit perdre l'équilibre.

Le géant tomba à la renverse.

Sans demander son reste, Harry se releva et fila vers l'entrée sud. Tout était en ruine autour de lui. Plusieurs géants frappaient les maisons et boutiques alors que le feu se propageait à une vitesse folle. Le faux ciel était teinté de rouge et des corps sans vie jonchaient le sol.

Un hurlement lui glaça le sang.

Sortit de nulle part, la tête d'un dragon traversa la vitrine d'une boutique dans une explosion de verre brisée, rapidement suivit par le reste d'un corps imposant.

Ses yeux perçant tombèrent sur Harry et une colonne de flamme s'envola dans sa direction.

Roulant sur le sol, le survivant esquiva une grande partie des flammes. Sa cape ignifugée le protégeait des brûlures mais certaines zones de son corps n'étaient, elles, pas protégées.

Autour de lui, il vit des sorciers habillés en uniforme d'Auror et de police magique arriver. Ils se jetèrent aussitôt dans la bataille.

Se retournant vers son adversaire, Harry tira deux sortilèges de découpe qui touchèrent le dragon aux yeux. Fou de rage, la bête donna un coup de queue surpuissant qui propulsa Harry sur plusieurs mètres.

Le souffle coupé, Harry se releva difficilement, une main contre son ventre. Il passa sa manche contre bouche, nettoya une goutte de sang volatile et serra sa baguette plus fort.

Fendant l'air avec le bois d'if, il lança une gerbe de vent déstabilisant la créature magique qui replia ses ailes contre elle. Profitant de ce moment de surprise, il se rapprocha de la créature, sa main zigzaguant dans l'air.

Des chaînes s'échappèrent du sol et s'enroulèrent tout autour du dragon, bloquant ses pattes et sa queue.
Poussant un cri de rage, le dragon ouvrit sa bouche pour cracher ses flammes, mais les chaines terminèrent de s'enrouler autour de sa gueule.

Immobilisé, le dragon commença à gémir.

Harry passa sa main contre sa nuque et fit craquer son dos. Le choc avait été rude et il devait accuser le coup.
Sans prendre plus de repos, il continua sa route vers le sud. Il atteindrait bientôt le bout du Chemin de Traverse.
Le vent fouettait son visage avec force alors qu'il traversait l'arche située au bout de l'allée. Il déboula dans la petite place secondaire.

Son sang se glaça.

Une dizaine de paires d'yeux se retournèrent vers lui. Cinq trolls et un dragon foncèrent dans sa direction.

Harry serra les dents assura sa prise sur sa baguette.

Derrière les créatures magiques, il pouvait distinguer des sorciers, repliés sur eux même, terrorisés.

Il souffla et se jeta dans la bataille.


Ginny ouvrit les yeux. Son esprit était encore plongé dans le sommeil, luttant pour ne pas retomber dans les ténèbres.

« Elle se réveille. »

« Ne la brusquez pas ! »

Quelqu'un se rapprocha d'elle.

« Hey, Ginny, ça va ? »

Elle distingua le visage de Ron tout prêt du sien.

« J'ai l'impression de m'être prit un camion moldu » marmonna-t-elle entre ses dents.

Ron ria et se retourna vers les personnes à côté de lui.

« Ahah, elle va bien ! » dit-il dans un sourire. Il revint vers la jeune fille.

« Ou sommes-nous ? » demanda Ginny qui avait toujours du mal à remettre de l'ordre dans ses pensées.

« A la maison, au Terrier, » répondit Ron en se reculant pour lui laisser un champ de vision plus grand. C'est vrai, elle pouvait reconnaitre sa chambre… Peut-être.

« Un médicomage est venu tout de suite t'ausculter, » précisa Ron dans la foulée « Tu avais une jambe cassée et quelques blessures bénignes. Il t'a donné une potion pour dormir, le temps que ça se soigne, ça fait deux jours que tu dors. »

Ginny se releva d'un bond et sembla retrouver toutes ses capacités mentales d'un seul coup. Jim qui lui fait une déclaration, le Chemin de Traverse en flamme, Harry Majes qui vient la secourir.

« Le Chemin de Traverse, que s'est-il passé ? » demanda-t-elle précipitamment.

Derrière Ron, elle vit Fred et George un peu plus loin dans la chambre. Fred s'avança.

« Une attaque… On ne sait pas exactement ce qu'il s'est passé, mais il y avait des trolls et des dragons en libertés… »

« Tout le monde va bien ? » Ginny avait le cœur qui battait à la chamade.

« Chez nous oui, à part toi personne n'est blessé. Par contre… » Il marqua une courte pause. « L'attaque à fait quelques morts, c'était inévitable… »

Le bruit de la porte d'entrée se fit entendre et elle entendit sa mère se précipiter vers la porte.

« Papa vient de rentrer.» dit Ron « Allons les prévenir que tu es réveillée. »

Ses frères quittèrent sa chambre et George lui donna une petite caresse sur la tête avant de sortir. Il lui faisait toujours ça, depuis qu'elle était toute petite.
Elle attrapa sa baguette une fois qu'ils furent partie, grimaça en sentant une douleur aigu provenir de sa jambe et lança un sortilège de sonorité sur le sol.

La voix de ses frères et de ses parents s'échappèrent dans la chambre.

« Elle est réveillée ? Vraiment ? »

« Toujours sous le choc, mais elle semble aller bien. Elle pose des questions sur ce qu'il s'est passé… »

« Tu reviens du ministère alors ? »

« Impossible d'y accéder, toutes les entrées sont bouchées, je ne comprends rien à ce qu'il se passe ! J'ai aussi fait un saut à l'hôpital voir Stan, il va s'en remettre, par contre… »

Le sortilège s'affaiblit et Ginny dû le relancer pour pouvoir entendre la suite.

« Ses parents sont effondrés... Je ne sais pas comment annoncer la nouvelle à Ginny… »

Ginny se paralysa à l'entente de son nom, elle tendit l'oreille un peu plus.

« Merlin, on ne peut pas lui faire subir ça, pas maintenant… »

« Il faudra bien la mettre au courant tôt ou tard. »

La connexion fut coupée et Ginny ne trouva pas le courage de relancer le sortilège de nouveau. Elle s'allongea sur son lit et ferma les yeux. Ce dont ses parents parlaient… Elle avait peur… Peur de comprendre… Peur de savoir ce qu'il s'était passé.


Le directeur prit sa tête dans ses mains. Face à lui, Harry avait le regard fermé et les traits tirés. Il portait toujours sa robe rouge, déchirées à de nombreux endroits et des traces de sang luisaient sur son visage.

« Le ministre est injoignable, impossible de contacter qui que ce soit au ministère. »

Harry hocha de la tête.

Depuis l'attaque, le ministère était fermé de l'intérieur, personne ne rentrait ou ne sortait. Cela ne pouvait signifier qu'une chose pour lui… Voldemort y était.

Quelqu'un frappa à la porte et la masse imposante du garde-chasse se dévoila dans l'entrée avant même que Dumbledore ne lui ordonne d'entrée.

« Professeur Dumbledore… J'ai… je… »

Ne trouvant pas ses mots, il se décala sur la gauche pour dévoiler une femme derrière lui. Une femme qu'Harry connaissait très bien. Habillée de la tenue traditionnelle des Langues de Plomb la jeune femme avait le visage égratigné et la robe boueuse. Elle releva la tête, regarda un instant Harry avant de s'en détacher brusquement et de se tourner vers le Directeur de l'école.

« Le ministère est tombé » annonça Hermione Granger en entrant dans le bureau du directeur Dumbledore.


Chapitre 13 Fin, préparez vous pour les révélations du chapitre 14 : La clé !