Bonsoir chers lecteurs !
Let's go pour le chapitre 14, version corrigée s'il vous plait ! Merci à MissLJ71 pour tout son travail de correction sans quoi cette fic ne serait que l'ombre d'elle même !
Je rappel que je répond à toutes les Reviews signées par MP, n'hésitez pas à me poser vos questions !
Bonne lecture !
Chapitre 14 : La clé
« Le ministère est tombé » annonça Hermione Granger en entrant dans le bureau du directeur de Poudlard.
Bien loin de l'agitation qui allait avoir lieu sur le Chemin de Traverse quelques minutes plus tard, Hermione Granger était penchée sur son bureau.
Le front plissé et une plume lui grattant la boite crânienne, elle réfléchissait au tout dernier rapport que lui avait rendu Henry.
Ses yeux parcouraient la feuille noircie d'écritures imprimées à toute allure sans prendre la peine de faire une pause. Arrivant au bout du rapport, elle souleva sans la regarder une nouvelle page imprimée qu'elle posa à côté d'elle et enchaîna dans la foulée sur la lecture de celle-ci.
Rien. Elle ne comprenait vraiment rien à ce qu'il se passait. Depuis plusieurs semaines, les cas de disparitions s'était multipliés comme jamais et tous avaient le même dénouement : la personne disparu, un enfant dans plus de 60% des cas, réapparaissait comme par… Magie ?
Hermione ne put s'empêcher de ricaner devant une pensée aussi bête. Elle vivait depuis une décennie maintenant dans un monde où la magie était partout. Où les loups garous, vampires, goules et dragons n'étaient pas une invention des livres de contes de fées. Un monde où, pendant sept ans, elle avait appris le rudiment de la magie, appris à concocter des potions ou faire se transformer un verre à pied en souris des champs.
Et pourtant, tout l'étonnait encore. Maintenant qu'elle connaissait les limites de la magie, elle savait ce qui était réalisable et ce qui ne l'était pas.
Or, ce phénomène, à savoir faire disparaitre un homme, lui enlever son « âme » et le renvoyer chez lui, la laissait perplexe.
De quelle magie cela pouvait-il venir ?
Après avoir rendu visite à une demi-douzaine de victimes, elle avait rapidement conclut que les symptômes étaient identiques pour chacun et ce malgré la distance qui séparait chaque cas. Les disparitions pouvaient avoir lieu n'importe où : que ce soit en ville ou en campagne. Il y avait même eu un cas qui s'était produit sur un voilier.
Néanmoins, certaines constantes pouvaient se dégager. Premièrement, les disparitions n'avaient eu lieu pour le moment qu'uniquement au Royaume-Uni et nul part ailleurs.
Henry avait envoyé une lettre à ses confrères de France et d'Allemagne qui lui avait répondu qu'aucun sujet similaire n'avait été détecté dans leur pays.
Hermione passa sa main près de ses yeux et frotta ses lobes oculaire cernés par la fatigue avant de reprendre le cours de ses pensées.
Deuxièmement, toutes les personnes frappées par ce phénomène étaient des sorciers. A la connaissance de la jeune fille, aucun moldu n'avait été touché.
La conclusion s'imposait d'elle-même. Quelque chose qui se trouvait au Royaume Uni provoquait ces disparitions. Quelque chose qui visait uniquement des personnes pouvant user de la magie. Or, ne s'était-il pas produit un phénomène particulier il y avait seulement quelques mois de ça ?
La tempête magique du Nord de l'Angleterre.
Hermione était certaine que cette tempête avait un rapport avec le phénomène de disparition. Malheureusement, et ce après des heures et des heures de recherches, elle n'avait rien trouvé pouvant lier les deux faits entre eux.
La Langue de Plomb en formation se redressa sur son siège et étira son dos endolori par la position assise qu'elle avait depuis plusieurs heures. Elle attrapa au passage un dossier contenant les rapports des médicomages.
Ceux-ci avaient pris en charge les victimes et tenté de les sortir de leur mutisme. Pour le moment, les résultats étaient peu probants et le ministère s'inquiétait de voir là un nouveau virus magique déferler sur la population comme ce fut le cas plus de 100 ans auparavant pour la Grippe Sorcière.
Un terrible virus doté de particules magiques qui s'attaquait au système nerveux que ce soit sur les moldu ou les sorciers.
Le virus, particulièrement virulent, était d'autant plus féroce contre les sorciers car pompant leur réserve magique constamment. La mort venait indubitablement, lente et douloureuse.
Contre toute attente, la solution était venue du monde moldu qui avait trouvé une parade efficace à cet étrange virus : un vaccin.
Bien entendu, il était hors de question que les sorciers de cette époque acceptent de subir un traitement archaïque moldu. De ce fait, très peu de sorciers avaient accepté de se faire vacciner. Néanmoins, les moldus étant alors bien plus protégés, la propagation de la maladie fut fortement freinée, profitant au sorcier, avant de disparaitre complètement.
Hermione soupira. En aucun cas ce phénomène était lié à un virus, mais les politiciens étaient ce qu'ils étaient, et il ne leur fallait pas plus pour les persuader du contraire.
La jeune femme regarda machinalement le bureau en face du sien. Son collègue et mentor était partit faire son rapport au président du conseil des Langues de Plombs depuis plus d'une heure maintenant, et Hermione commençait à se demander ce qui le retardait tant.
Non pas qu'un peu de solitude au bureau ne lui plaisait pas Henry était tout le temps en train de la critiquer et de la remettre à sa place, mais il fallait bien avouer qu'elle s'était habituée à sa présence et à ses conseils toujours pertinents.
Un cliquetis détourna son attention. Au bout de son bureau, une de ses plumes se cognait par à-coup contre son encrier.
Hermione fronça des sourcils en posant sa main contre son bureau : une légère secousse faisait trembler celui-ci de façon régulière, provoquant le mouvement de la plume contre l'encrier. Par instinct, elle lança un coup d'œil vers le sol. Un tremblement de terre ? En plein Londres ?
Une violente secousse coupa court à ses pensées. Hermione se retrouva propulsée contre le mur d'en face et son bureau se renversa brutalement.
Le choc contre le mur fut rude et elle ne put retenir un cri de douleur avant de retomber lourdement sur le sol.
La terre se mit à trembler de nouveau alors qu'elle sentait le goût du sang se propager dans sa bouche. Ouvrant les yeux de surprise, elle esquiva d'une roulade maladroite le bureau qui glissait à toute vitesse dans sa direction et qui se fracassa contre le mur.
Le sol vibrant toujours de plus en plus fort, Hermione s'aida de la table d'Henry pour se remettre sur pied et s'agrippa à elle comme à une bouée de sauvetage. Au-dessus d'elle, la lampe magique qui émettait une douce lumière se balançait dangereusement, menaçant de tomber à tout moment.
Nouvelle grosse secousse. Le casier dans lequel Hermione rangeait ses papiers les plus importants fut propulsé dans les airs, répandant avec lui une flopée de documents qui planèrent dans la pièce.
Puis tout se calma d'un seul coup. Les feuilles de papiers retombèrent au sol alors qu'Hermione respirait de grandes bouffées d'air. Toujours accrochée au bureau d'Henry, elle s'étonna que celui-ci ne se fût pas envolé comme les autres meubles. Un coup d'œil vers les pieds de la table lui apprit qu'ils étaient cloués au sol.
Haussant un sourcil, elle se demanda pourquoi son bureau n'était pas lui aussi ancré solidement dans la pièce, cela lui aurait évité un bon vol plané… Peut-être.
Passant sa langue contre ses lèvres, elle remarqua que le goût du sang qu'elle avait ressenti n'était pas qu'une simple impression et grimaça en avalant le liquide rougeâtre.
Se déplaçant lentement vers ce qu'il restait de son bureau, elle ouvrit un des tiroirs qui pointait maintenant vers le ciel et en sortit sa baguette magique. Henry lui avait imposé de ne pas utiliser sa baguette lorsqu'elle était au bureau. Ecrire soi-même ses rapports avec ses doigts stimulait l'imagination et le travail n'en devenait que meilleur, disait-il. Baguette qu'elle aurait bien aimé avoir en main quelques minutes plus tôt, histoire d'amortir un peu les coups.
La jeune femme passa une main dans son dos et voulu s'étirer pour le soulager avant d'être frappé par une vive douleur qui stoppa son geste. Tentant de garder son calme, elle se rappela des paroles de ses précédents formateurs, ferma les yeux et bougea lentement ses muscles. Rien de cassé, mais une légère luxation au niveau des omoplates… Rien de grave, mais il allait falloir éviter les gestes trop brusques.
La jeune femme serra sa baguette un peu plus fort. Un simple geste qui la réconfortait. Elle n'était pas seule, son bois de Vigne et sa Ventricule de Dragon étaient là, avec elle, pour la protéger. Fermant les yeux, elle analysa la situation : le ministère de la magie se trouvait sous terre en plein centre de Londres.
La distance qui séparait le bâtiment de la surface était inconnue, mais on pouvait déjà penser que celui-ci se trouvait en dessous du Métro Londoniens déjà situé à une profondeur maximale de dix-huit mètre.
Il fallait aussi prendre en compte que la voute du hall principal du ministère dépassait bien les dix mètres. Ces données étant posées, on pouvait facilement imaginer que le plafond du ministère se trouvait entre trente et quarante mètres en dessous de la surface du sol et que son étage le plus bas pouvait descendre à plus de soixante mètres de la surface !
Une activité tectonique avait donc secoué cette zone ? Hermione tenta de rassembler ses connaissances en la matière. La grande faille tectonique la plus proche se trouvait à des centaines de kilomètre au Sud de l'Europe, et l'Angleterre n'était pas une zone propice aux séismes. La question était donc de savoir si ce tremblement était de cause naturelle ou humaine ?
En cas d'attaque, le ministère était doté d'un système d'alarme ainsi que d'une ouverture automatique des cheminées de secours afin de sortir les employés le plus rapidement possible. Or, rien ne s'était déclenché dans l'enceinte du ministère. Un tremblement de terre naturel, donc ?
Avalant sa salive, Hermione se dirigea vers la porte de son bureau et l'ouvrit vers l'extérieur. Le couloir sans lumière visible du Département des Mystère était désert, comme à son habitude.
Même encore plus que d'habitude : aujourd'hui était le jour du Carnaval du Chemin de Traverse et bon nombre d'employés du ministère avait pris leur journées.
Seul restaient les personnes indispensable au bon fonctionnement du ministère.
Un pas sur le sol glacé du couloir menant vers l'atrium lui appris qu'elle était bien seule à cet étage : le son qu'avait provoqué son pied sur le sol s'était répandu en écho pendant plusieurs secondes et aucun autre son ne vint la déranger.
Epuré de tout ameublement, le Département des Mystères ne semblait pas avoir été touché par le séisme. Prudemment, la jeune femme nouvellement diplômée traversa les dizaines de mètres qui la séparaient de la zone circulaire principale.
Pour le grand public, le Département des Mystères était un lieu hautement secret où se déroulaient des recherches tout aussi secrètes. Travaillant maintenant dans ce secteur, Hermione avait appris que la vérité était tout autre.
S'il était vrai que le Département contenait plusieurs salles expérimentales, comme la salle de l'amour ou la salle du futur dont Hermione n'avait absolument pas accès, il y avait aussi une zone consacrée uniquement au travaille de bureau zone dans laquelle Hermione et Henry, son mentor, passaient le plus clair de leur temps. C'est d'ici qu'ils faisaient leurs recherches et rédigeaient leur rapport lorsqu'ils n'étaient pas sur le terrain.
Les Langues de Plombs étaient organisées par castes, chacun ayant une spécificité particulière. Henry, et par conséquent Hermione, travaillait dans la recherche en sortilèges anciens et oubliés. De ce fait, elle avait entièrement accès à la bibliothèque du ministère, chose qui faisait son bonheur.
Bien que travaillant presque tous les jours dans ce lieu, elle n'avait eu quasiment aucun contact avec des sorciers d'une autre caste que la sienne. A se demander s'il y avait vraiment des sorciers qui consacraient leur vie à l'étude de la pensée humaine… Des philosophes version sorcier, en somme.
Un bruit sourd détourna la jeune femme de ses pensées. Une sorte d'explosion étouffée qui venait du plafond. Hermione leva un sourcil. Le ministère était magiquement insonorisé et aucun bruit extérieur n'était censé parvenir jusqu'au Département des Mystères.
Sa curiosité piquée à vif, elle se lança dans l'axe principal pour atteindre l'unique ascenseur qui permettait de rentrer ou de sortir du Département. Sans surprise, elle retrouva le monte-charge déjà stationné à son niveau : si cela voulait dire que personne n'était remonté, elle ne savait pas par contre si des sorciers étaient descendus.
L'ascenseur se mit en marche automatiquement lorsqu'elle fût dessus et commença sa lente ascension. Étrangement, le bruit étouffé qu'elle avait entendu un peu plus tôt se fit plus clair… Et plus nombreux aussi.
Pinçant ses lèvres, Hermione serra sa baguette à en faire blanchir ses phalanges. Quelque chose n'allait vraiment pas dans le ministère, et elle allait bientôt savoir quoi.
La réponse arriva brutalement, au moment même où les portes de l'ascenseur s'ouvrirent au niveau de l'Atrium principal.
Un chaos totale régnait dans l'immense pièce : des sorciers et sorcières criaient, courraient et fuyaient de toute part. Des lambeaux de mur déchirés s'écroulaient avec fracas contre le sol et des pics glacés semblaient fouetter l'air.
Le sang d'Hermione se glaça. Un géant à dix pas d'elle, où plutôt un troll, frappa le sol de son immense massue, formant un trou dans le sol là où était un sorcier d'âge moyen quelques instants plus tôt. Un peu partout, des ombres à forme humaine enlaçaient des sorciers qui se paralysaient, tentant de crier quelque chose avant de tomber au sol, inertes.
Une flamme passant juste devant elle termina de réveiller Hermione. Agrippé contre la voûte, un immense dragon aux écailles pourpres calcinait et étripait toutes les personnes passant à sa portée.
La jeune femme s'extirpa de l'ascenseur et se lança dans la salle en jetant un premier sortilège de protection autour d'elle. Galvanisée par la peur et aidée par une montée d'adrénaline soudaine, elle enjamba les corps inertes au sol et se rua vers la salle des cheminées.
Elle devait savoir ce qu'il se passait, mais si elle restait une minute de plus dans cet enfer elle mourrait sans l'ombre d'un doute. Son esprit avait rapidement analysé la situation. Au sol se trouvaient plus d'une centaines de corps, et moins d'une cinquantaine de sorciers se tenait encore debout. Seule, elle ne pourrait rien faire, il fallait de l'aide.
Une pluie de glace ravagea son bouclier qui fut troué de part en part. Sans perdre un instant, le bras d'Hermione dansa autour d'elle et la protection bleutée se remit en place.
Son cœur s'accéléra quand elle aperçût la première cheminée de sortie. Fonçant vers elle, la sorcière n'anticipa pas le mouvement d'un homme qui lui barra soudainement la route et le percuta.
Hermione tomba un sol lourdement et son dos lui rappela qu'il était déjà blessé. Retenant un cri de douleur, elle tenta de distinguer la personne qui l'avait fait chuter.
Son cœur manqua un battement.
Elle avait croisé une fois ce sorcier dans les couloirs mais ne lui avait jamais adressé la parole. La jeune femme avait pourtant déjà remarqué ses yeux d'un bleu si clair qu'ils semblaient presque irréels. Mais aujourd'hui, les yeux du sorcier n'étaient plus bleus. Les iris blancs comme neige de l'homme la firent tressaillir alors que derrière lui une ombre semblait l'enlacer.
Dans un mouvement brusque, l'homme leva sa baguette et un éclair rouge fonça dans sa direction. Par chance, le bouclier qu'avait mis en place Hermione repoussa le sortilège sans qu'elle n'eut rien à faire, mais un deuxième sort n'allait pas tarder à arriver.
Les secondes qu'elle avait gagnées avec son bouclier ne fut pas vaines. De nouveau sur pied, elle lança un sortilège de ligotage qui empêcha l'homme de parachever son mouvement de baguette. Mais Hermione n'eut pas le temps de souffler.
Une onde de choc propulsa la jeune Langue de Plomb une nouvelle fois au sol et elle put entendre, malgré le fracas ambiant, deux grognements sinistres et puissants.
La poussière levée par l'onde de choc se dissipa et Hermione put distinguer deux trolls à quelques pas d'elle. Le premier frappait dans le vide de sa longue massue, ses yeux sanguinolents d'un liquide verdâtre.
Le deuxième, plus gros, frappa avec fureur le bouclier qu'une bande de sorciers avaient dressé autour d'eux.
Hermione comprit que le premier géant avait dû recevoir des sortilèges de coupe au niveau du visage, et cette bande d'employés du ministère ne semblait pas y être pour rien. Par chance, les géants ne lui prêtèrent aucune attention et elle voulut en profiter pour s'éloigner le plus rapidement possible.
Mais ses espoirs s'envolèrent dès qu'elle se retourna.
Une horde d'Inferis sortirent du sol. Ces êtres à la fois morts et vivants hurlèrent leur colère à peine sortis de terre et se jetèrent avidement sur tous les êtres humains encore vivants dans la salle.
Un Inferis pris Hermione en chasse alors que la jeune femme courrait en direction opposée. Si les cheminées étaient inaccessibles, alors il allait falloir trouver une autre sortie… L'entrée publique, par exemple.
Le dragon perchée sur sa voûte cracha une nouvelle gerbe de flamme qui enflamma tout une partie de la salle, allant même jusqu'à faucher une dizaine d'Inferis… Et un nombre égal de sorciers.
Par chance, le feu ne fit qu'effleurer la jeune femme qui en profita pour échapper à son poursuivant. Mais déjà, deux nouveaux Inferis se lançaient à sa poursuite et les Ombres, parfois mouvantes parfois immobiles, étaient toujours une menace à ne pas prendre à la légère.
Des sortilèges fusaient de toute part malgré le nombre de sorciers qui diminuait drastiquement. Les survivants luttaient pour leur vie de toutes leurs forces et Hermione ne put s'empêcher de crier lorsqu'elle vit la dernière lueur d'une sorcière s'éteindre à quelque pas d'elle, un trou béant au niveau de la poitrine.
Des larmes commencèrent à couler sur ses joues et un sentiment de désespoir l'envahit si soudainement que ses jambes s'affaissèrent sous elle, la faisant tomber à genou.
Coup d'œil à sa droite.
Un géant empalait un sorcier qui criait à s'en crever les poumons. Un cri si inhumain et emplit d'une telle douleur qu'on aurait cru venir d'une bête tout droit venue des enfers.
Coup d'œil à sa gauche.
Un Inferis attrapait une sorcière, aussitôt capturée par une ombre. Ses yeux se révulsèrent et de la bave s'échappait de sa bouche avant qu'elle ne s'écroule au sol.
Coup d'œil derrière elle.
Le dragon tomba sur le sol de L'atrium, écrasant au passage sorciers, sorcières et Inferis. Il cracha une flamme si brûlante qu'il ne resta pas un seul grain de poussière du sorcier qui se trouvait malencontreusement sur sa trajectoire.
Coup d'œil devant elle.
Elle écarquilla ses yeux de surprise alors que des bras puissant la relevèrent d'un seul coup.
« Qu'est-ce que tu fiches, Hermione ? Il faut se casser d'ici ! »
Henry avait parlé de sa voix autoritaire, confiante et puissante. Henry… Que faisait-il là ? Etait-il vraiment-là ? Hermione regardait son mentor sans réellement le voir. C'était elle qui n'était plus là. Pourquoi lutter ? Pourquoi combattre des forces qui les dépassent ?
Une gifle claqua contre sa joue et lui réveilla ses synapses. Ses neurones se remirent en marche et ses muscles supportèrent de nouveau son poids.
« Atteinte physique, c'est très grave Henry, vous savez ? » demanda-t-elle avec un demi sourire, comme si rien ne semblait exister autour d'eux. Henry la lâcha et ils se remirent aussitôt en mouvement.
Son mentor lui répondit par un « Humpf » alors qu'il courrait tous deux à travers la salle. Voilà qu'elle faisait de l'humour maintenant, la peur révélait des capacités insoupçonnées.
Deux Inferis leurs barrèrent la route, mais Henry les brûla d'un geste si vif qu'Hermione vit à peine son bras bouger.
« Le ministère a été attaqué d'un seul coup ! » expliqua Henry tout en courant aussi rapidement que ses jambes le permettaient.
Hermione lança un éclair bleuté juste au-dessus d'une barrière de flamme qui allait barrer leur route quelques mètres plus loin. Un petit nuage gris se forma dans les airs et une brusque pluie déferla sur les flammes.
« Ça s'est passé lorsque je suis allé rendre mon rapport à Jack Krone au deuxième sous-sol, les Inferis ont débarqués et nous ont fait fuir vers les étages supérieurs... Vers ici... »
Tout en parlant, Henry fouettait l'air avec sa baguette, lançant sortilège sur sortilège. Aller d'un bout à l'autre de l'Atrium semblait prendre un temps fou : la salle était immense, plus de 4 000m², soit les trois quart d'un terrain de football. S'il fallait en plus slalomer entre les flammes, repousser les ombres et les Inferis tout en esquivant les sortilèges perdu, Hermione estimait qu'ils allaient mettre plusieurs minutes à atteindre la zone de Transplanage libre.
Du moins, si c'était bien là qu'Henry l'entraînait.
Hermione jeta un coup d'œil autour d'elle. Le chaos régnait partout où elle posait les yeux et, si la situation semblait catastrophique, c'était aussi une chance pour eux.
Leurs assaillants n'étaient pas du tout organiser. Que ce soit le dragon, les trolls, les Inferis ou les Ombres, aucun ne travaillaient avec coordination et tous attaquaient uniquement à vue.
Dans ce bazar incontrôlé, la jeune sorcière et Henry arrivaient tant bien que mal à se déplacer sans subir de lourd dégât... Du moins, tant qu'il n'y avait pas plus d'un seul assaillant à leur poursuite.
Un autre coup d'œil appris à Hermione que les survivants n'étaient pas plus organisés que les trolls. Seul ou en petits groupes, les sorciers essayaient de protéger leur vie jusqu'à leur ultime limite. Mais Hermione ne pouvait rien y faire. Elle savait qu'elle se ferait faucher par le dragon si elle courrait vers cette sorcière blonde aux prises avec un groupe d'Inferis. Et ce groupe de sorciers qui était en charge d'assister les Ministres lors des conférences, comment les rejoindre alors que plus d'une dizaine de ces étranges Ombres bloquaient le passage ?
Hermione lança au dernier moment un sortilège de jambencoton juste avant qu'un troll qui l'avait repéré ne lui lance sa lourde massue. La bête hideuse trébucha et se rattrapa de justesse en posant la pointe de son gourdin au sol. Cette légère diversion fut suffisante : ayant déjà oublié Hermione, il balaya d'un geste vif un Inferis devant lui, happant au passage une jeune sorcière déjà mal en point.
Hermione détourna le regard et vérifia qu'Henry avait réussi à mettre en déroute une bande d'Ombres un peu trop collantes.
La jeune femme n'avait pas le temps de s'occuper des autres, elle ne pouvait tout simplement pas. Il fallait qu'elle lutte pour sa survie et rien d'autre, ce qui était déjà une tâche suffisamment difficile.
Débarrassé des Ombre, Henry attrapa Hermione par le bras et l'entraîna vers l'avant avec lui.
« Tu viens du Département des Mystères ? » cria-t-il pour couvrir le fracas d'un mur s'effondrant à quelques mètres d'eux.
En guise de réponse, Hermione hocha simplement de la tête. Elle ne comprenait pas comment Henry arriva à parler dans cette situation, elle qui avait déjà du mal à ne pas se faire tuer en focalisant 100% de ses pensées à sa survie.
« Bon » continua Henry en prenant brusquement un angle à 90° afin d'éviter une horde d'Inferis droit devant eux. « Ça veut dire que tous les sous-sols ne sont pas encore atteint, même si le premier, deuxième et troisième sous-sol sont détruits, il faut réussir à retourner tout en bas. »
Hermione manqua de s'étouffer.
« On ne va pas vers la zone de Transplanage ? » demanda-t-elle d'une voix aiguë qui frôlait la panique.
La destruction d'un nouveau mur à quelques pas d'elle empêcha Henry de répondre. Des pierres tombèrent avec fracas au sol et Hermione blêmit en entendant un cri rauque sortir du trou tout juste formé.
La tête d'un dragon à crête traversa l'ouverture et cracha aussitôt une volée de flammes qui alla s'écraser contre le mur de face, grillant au passage tout être se trouvant sur son chemin.
Le dragon termina d'élargir l'ouverture d'un mouvement de nuque avant de rentrer complètement dans l'Atrium, déployant ses ailes comme s'il s'étirait après un long sommeil.
Son hurlement, puissant et terrifiant, arrêta même les trolls pendant un instant qui se regardèrent avec stupeur avant de retourner à leur massacre.
Si Hermione n'arrivait pas à détacher son regard de la bête majestueuse, ce n'était pas le cas d'Henry qui avait déjà élevé un bouclier refroidissant autour d'eux censé « refroidir » suffisamment toutes flammes qui le traversaient.
« On ne s'arrête pas, gamine ! »
Hermione reprit ses esprits et se lança à la suite d'Henry qui l'entraîna vers ce qui semblait être un cul de sac.
« Henry... Je ne crois pas que... »
Mais sa phrase fut coupée par le cri étouffé de son supérieur qui s'écroula au sol. Attaché à l'une de ses chevilles, un Inferis encore à moitié enterré dans le sol tenait fermement la jambe d'Henry, enfonçant profondément ses griffes dans sa chair.
Henry cria de rage et découpa d'un geste vif le bras de la créature qui resta attacher à sa jambe même lorsqu'il se fut relevé.
D'instinct, Hermione voulu terminer le travail en levant sa baguette et s'apprêta à lancer un sortilège de premier soin que lui avait appris l'une de ses formatrices lorsque le bras levé d'Henry l'en empêcha et la força à courir vers le cul de sac.
« Gamine, il va falloir m'écouter et faire ce que je te dis ! » ordonna-t-il de sa voix autoritaire, appuyé par un regard perçant qu'Hermione n'avait pas vu une seule fois depuis qu'elle travaillait avec lui.
Son mentor la plaqua contre le mur et il appuya de sa baguette contre une pierre taillée dans la roche qui s'enfonça de quelques centimètres.
Un grondement suivit cette manipulation et le mur contre lequel Hermione était appuyée disparu pour laisser place à une petite cavité dans laquelle la jeune femme s'étala de tout son long.
Hermione se retourna brusquement pour faire face à Henry qui la regardait, le visage fermé.
Pour la première fois depuis qu'ils s'étaient retrouvés dans l'Atrium, Hermione put distinguer complètement son mentor.
Une longue coupure lui barrait totalement la joue, et elle ne pouvait dire si son œil était encore fonctionnel. Le haut de son front était rougit par du sang séché qui pouvait, ou non, lui appartenir. Enfin, de son cou s'échappait une large entaille qui semblait descendre sous sa robe, laissant deviné une blessure à l'origine et à la gravité inconnu.
« Un ascenseur de secours secret, qui mène directement vers une salle protégée... Où doit actuellement se trouver le Ministre et ses conseillers. Tu vas descendre et les retrouver et vous aller tous immédiatement prévenir Dumbledore de ce qu'il se passe ici en empruntant les souterrains. Je te laisse trouver les mots pour convaincre le Ministre, je sais que tu es du genre à savoir parler aux hauts placés. »
Hermione voulu répliquer mais Henry la coupa sans lui lancer le temps de prononcer le moindre son.
«Dis-lui que David Kirk est mort tout comme Hector Ironfall. »
Hermione hocha la tête sans y penser. Le chef du conseil sorcier Anglais et le chef des Auror, soit les deux autorités les plus compétentes en cas d'attaque n'étaient plus de ce monde.
« Et ça c'est pour toi. »
Il sortit de sa poche une petite liasse de feuilles noircies d'écriture qu'il tendit à sa protégée. S'en saisissant machinalement, Hermione put lire le titre « Récit d'un voyageur de Mondes » avant qu'Henry ne lui ordonne de ranger ça et de remettre sa lecture pour plus tard.
« Henry ! » s'écria la jeune femme qui semblait prendre conscience de quelque chose. « Mais vous venez avec moi, non ? » Sa voix se termina dans un étranglement alors qu'elle redoutait la réponse.
De là où elle était elle ne voyait plus les combats qui se déroulaient à l'intérieur de la salle, tout comme les sons qui semblaient comme coupés par le petit ascenseur.
Elle était dans une bulle protégée alors que des sorciers mourraient à ne pas en douter à seulement quelques mètres d'elles.
Henry lui sourit et posa sa main contre sa poitrine. Doucement, il fit non de la tête.
« Je crois que j'ai mieux à faire ici, ce fut un véritable plaisir de travailler avec toi, Hermione Granger. Brillante, comme me l'avait dit Dumbledore lorsqu'il est venu avec toi pour te présenter au bureau du Département des Mystères. »
Hermione se leva brusquement et tenta de se rapprocher d'Henry mais une membrane invisible l'empêcha de poursuivre son geste.
« C'est un ascenseur prévu pour sauver un Ministre en cas d'extrême urgence. Il ne peut contenir qu'une personne à la fois et uniquement si celle-ci possède une autorisation spéciale »
« Mais je n'ai pas... »
Le sourire bienveillant d'Henry l'empêcha de terminer sa phrase. Ou alors était-ce sa gorge serrée qui l'empêcha de poursuivre ?
« A bientôt, Hermione. »
Joignant le geste à la parole, Henry appuya de nouveau sur la pierre qui s'enfonça plus profondément encore dans le mur. Les parois de l'ascenseur commencèrent à se refermer alors que l'homme se retournait pour faire face à l'Atrium.
Juste avant que les deux battants ne se referment, Hermione put voir pendant une fraction de seconde ce qu'il se passait dans la salle. Troll, Ombre, Inferis semblaient tous s'élancer dans la même direction. Vers Henry.
Lorsque la porte ne laissa plus passer qu'un liserait de lumière, la jeune femme aurait pu jurer avoir aperçu le regard scintillant de son mentor, puis ce fut le noir.
Hermione laissa échapper un cri de détresse enfoui depuis longtemps au plus profond de son être, laissant ressortir toute sa peur, sa tristesse et sa douleur sur ce qu'il venait de se passer... Sur tout ce qu'il venait de se passer.
Au bout de longues secondes où elle avait perdu la notion de sensation et de temps, elle sentit le grondement rassurant d'un ascenseur en déplacement. Elle sentait la machine s'enfoncer dans la terre, provoquant une légère vibration qui se répercuta dans son corps.
Plongée dans le noir, elle revit des scènes qu'elle venait de vivre. La mort atroce de sorciers et sorcières qu'elle ne connaissait pas. Dragons, troll, Inferis... Et ces Ombres dont elle ignorait l'existence même quelques minutes plus tôt.
Tout ceci était-il vraiment réel ? Pourquoi ne pouvait-elle pas se réveiller tout simplement dans son lit ?
Mais la douleur était bien là. Ses muscles la faisaient souffrir énormément, lui rappelant la douloureuse réalité.
Dire qu'Henry lui avait proposé de prendre sa journée pour assister au Carnaval du Chemin de Traverse.
Elle repoussa cette pensée dans les profondeurs de son cerveau. Qu'est-ce que cela aurait changé ? Elle aurait survécu, oui, mais tous ces sorciers seraient tout de même morts sans qu'elle ne puisse rien y faire.
Un léger chatouillis au ventre l'informa que l'ascenseur s'était stoppé. Elle attendit un instant, sans savoir que faire, lorsque les portes s'ouvrirent d'elles même, la libérant de l'obscurité pour faire rentrer une lumière blanche presque aveuglante.
Fermant les yeux pour ne pas être éblouit, elle sortit de l'habitacle et tenta de distinguer l'endroit où elle avait atterrit.
Devant elle s'étendait une sorte de couloir au mur blanc réfléchissant la lumière de façon agressive.
La blancheur immaculée empêchait Hermione de distinguer les distances et d'apercevoir ne serait-ce que le bout de cette étrange couloir.
Elle s'avança d'une façon mal assurée. Aucun son ne lui parvenait, même le bruit de ses pas semblait étouffé par les parois de la salle.
Avançant prudemment, elle laissa une de ses mains appuyer contre le mur pour ne pas perdre l'équilibre : ses sens désorientés menaçaient sans cesse de lui faire perdre l'équilibre.
Avec sa propre respiration comme seule compagnie auditive elle mit un certain temps avant d'atteindre le bout de la salle. Une porte invisible à peine un instant plus tôt apparut soudainement en face d'elle.
Grise, elle se détachait de l'unique couleur blanche qui régnait en maître jusqu'alors.
La sorcière chercha en vain ce qui pourrait s'apparenter à une poignée avant de comprendre qu'une simple pression suffisait à faire basculer le battant.
Prenant une grande respiration pour se donner du courage, Hermione poussa l'ouverture et rentra dans une nouvelle pièce avec méfiance.
Elle n'avait pas oublié la découverte macabre qu'elle avait faite en entrant dans l'Atrium et s'attendait à tout moment à pouvoir se retrouver dans une situation semblable.
Pourtant, la pièce était ici tout à faire commune. De forme ronde, elle était d'un gris si foncé qu'elle paraissait presque noire.
Une table de même forme que la pièce se trouvait en son centre, avec cinq chaises placées tout autour d'elle, et se trouvait être le seul meuble de la salle.
Hermione avisa qu'aucune fenêtre ou porte n'ouvrait vers une nouvelle salle ce qui, en d'autre termes, signifiait c'était un cul-de-sac. Elle regarda derrière elle avant de s'avancer un peu plus profondément. Plutôt grande, la table semblait avoir tenu une réunion qui s'était terminée de façon hâtive. Il restait encore à certaines places des bloc-notes, plumes ainsi que plusieurs dossiers disposés un peu partout.
Une tasse de café encore remplit fumait même à l'une des extrémités.
Hermione fronça des sourcils en vérifiant le contenu du récipient : il reste encore une bonne dose d'un liquide noirâtre au parfum à la fois doux et épicé.
Attrapant d'une main l'anse, elle souleva la tasse qu'elle amena jusqu'à hauteur de ses yeux et l'examina plus en détail.
Si une tasse fumante se trouvait ici, cela ne voulait dire qu'une seule chose au moins une personne était venue dans cette pièce... Et l'avait quittée peu de temps avant qu'elle n'arrive.
La sorcière regarda une nouvelle fois autour d'elle. Elle n'avait vu personne dans le couloir et il ne semblait y avoir aucune sortie ici. Du moins, aucune sortie visible. Elle balaya la salle de sa baguette et murmura un sortilège de révélation.
Rien ne sembla se produire. Aucune trappe ou porte n'apparut à aucun endroit. Hermione fit une moue de déception et s'apprêta à quitter la salle, certaine d'avoir manqué quelque chose dans le couloir quand un bruit détourna son attention.
Une sorte de goutte de pluie tombant dans une flaque d'eau.
Plouf.
Nouvelle goutte. Cette fois-ci, Hermione avait réussi à identifier du coin de l'œil une goutte tombant dans la tasse qu'elle avait reposée sur la table.
Lentement, elle leva sa tête vers le plafond et ses yeux s'écarquillèrent d'horreur.
Trois corps étaient plantés dans le mur, une griffe enfoncée dans leurs abdomens. Hermione détourna le regard à l'instant même où elle aperçut les cadavres, mais l'image de la découverte resta gravée dans son esprit.
Le corps de gauche dont les bras se balançaient vers le sol laissait couler de fine gouttes de sang et qui terminaient leur course dans la tasse que la jeune femme avait déplacée. Au centre se trouvait une femme, les yeux grands ouverts et à la bouche figée dans un cri de douleur.
Si Hermione ne connaissait pas les identités de ces deux personnes, elle ne pouvait pas dire qu'elle ne connaissait celle de la troisième.
Empalée de la plus horrible des façons, le corps du Ministre de la magie Scrimgeour semblait déchiqueté de toute part. Seul son visage intact avait permis à la sorcière d'identifier si rapidement le ministre.
Hermione ravala la bile qui remontait dans sa gorge tout en s'appuyant contre l'une des chaises. Maintenant que le sortilège de camouflage ne faisait plus effet, une odeur répugnante commençait à se répandre dans la pièce.
« Vous vous sentez mal, miss Granger ? »
La jeune femme releva la tête. Se tenant droit dans l'encadrement de la porte, le Ministre de la magie Scrimgeour habillé de son plus bel ensemble lui souriait.
« Je... vous... »
Cette brusque prise de parole incontrôlée permit à l'air d'envahir la trachée de la jeune sorcière, provoquant cette fois-ci une nausée qu'elle ne put retenir.
« En effet, vous semblez malade miss... » dit Scrimgeour en s'avançant, un mouchoir à la main.
Hermione s'effondra au sol et des larmes commencèrent à couler le long de ses joues. Sa gorge était en feu et ses pensées n'étaient plus qu'une ébullition d'images macabres et de désespoir.
Scrimgeour se pencha vers elle. Il essuya sa bouche et son visage avant de l'aider à s'asseoir sur l'une des chaises.
D'un mouvement de main, il remit en place le sortilège d'illusion et fit disparaître à la fois les corps et l'odeur.
Le Ministre laissa le temps à Hermione de se calmer et de reprendre son souffle.
« Vous allez mieux ? » demanda-t-il d'une voix douce alors qu'il s'asseyait juste à côté d'elle.
Hermione lui jeta un regard en coin tout en essayant de remettre de l'ordre dans ses pensées, ce qui n'était pas une mince affaire. Serrant sa main droite, elle remarqua que sa baguette avait disparu, provoquant un frisson qui lui traversa le dos.
Pression, force, puissance, terreur. Voici ce que ressentait Hermione à côté de cet homme.
« Qui... êtes-vous ? » arriva-t-elle à articuler sans pour autant tourner son visage vers l'homme.
Elle entendit d'abord un long soupir avant de sentir deux yeux posés contre sa nuque.
« Allons miss Granger, vous savez très bien qui je suis n'est-ce pas ? Je ne vous veux aucun mal, détendez-vous. »
Hermione ne comprenait pas ce que l'homme essayait de faire. Il l'avait clairement surpris dans la pièce après qu'elle eut utilisé un sortilège de détection, rendant les corps visible... Y compris celui du Ministre de la Magie... Pourquoi prenait-il donc la forme de Scrimgeour alors qu'il savait qu'elle l'avait vu ? Qu'attendait-il d'elle ?
L'homme balaya la table de sa main comme s'il voulait enlever une poussière invisible. Puis, dans un geste parfaitement serein, il y déposa une fine baguette.
Hermione tressaillit en la reconnaissant, c'était tout simplement la sienne.
« Un homme politique n'est en fin de compte qu'un pantin manipulé par des dirigeants qui ne se montrent pas en public, qu'en pensez-vous miss ? »
Encore une question étrange. Que voulait-il? Par Merlin, que voulait-il ?
« Je... Je ne sais pas. »
En temps normal, un million d'idées aurait dû fourmiller dans sa tête. Des réponses pour gagner du temps, des solutions pour se sortir d'ici. Mais là, sa tête était tout simplement vide, paralysée par la pression invisible du sorcier.
Nouveau soupir du Ministre.
« Je vous ai connu plus intelligente et réactive, miss Granger. »
Hermione n'avait pas réagi lorsqu'il l'avait appelé la première fois par son nom, mais elle était certaine maintenant que l'homme la connaissait.
Ses tremblements se firent de moins en moins forts et elle sentait la panique la quitter peu à peu. Il n'allait apparemment pas la tuer tout de suite, elle pouvait encore s'en sortir.
Sa bouche s'entrouvrit lorsqu'elle sentit un contacte familier dans sa main droite. Scrimgeour venait de lui glisser sa baguette et la forçait à refermer ses doigts dessus.
« Là, ça va mieux ? Bien... »
Il s'écarta de la jeune sorcière pour se placer à l'autre bout de la table. Levant le bras, il fit apparaître une coupe dont il but une bonne partie du contenu avant de se retourner vers Hermione.
« Vous savez, je suis le premier désolé de ce qu'il s'est passé aujourd'hui... Mais c'était un mal nécessaire. »
Hermione sentit son cœur s'accélérer alors que de nouvelles images déferlaient dans son esprit.
« Beaucoup de sorciers sont morts... » dit-elle d'une voix qu'elle aurait voulu plus forte.
L'homme acquiesça d'un mouvement de tête.
«Un ministère n'est pas aussi facile que cela à conquérir, vous savez, j'ai appris à faire les choses de façon à ce que personne ne puisse m'arrêter » répondit simplement Scrimgeour d'une voix las.
Le ministre posa sa coupe sur la table et fit glisser un instant son doigt sur la surface cristalline, provoquant une note musicale qui résonna dans la pièce.
« Que voulez-vous de moi ? » demanda finalement Hermione après un temps.
Le visage de Scrimgeour s'illumina et un sourire fendit ses lèvres.
« Nous y voilà, il était temps de poser les bonnes question miss. » D'un mouvement de main vertical il fit apparaître une petite porte qui se matérialisa dans le mur vierge.
Hermione sentit les rouages de son esprit se mettre en marche. Pourquoi la porte n'était-elle pas apparue lorsqu'elle avait utilisé son sort de détection. Parce que la protection de celle-ci était plus forte que celle qui protégeait les corps ? Dans ce cas, pourquoi ne pas avoir utilisé un sortilège semblable pour faire disparaître les cadavres et se faire passer pour Scrimgeour sans qu'elle ne sache la vérité ?
Parce qu'il voulait qu'elle voit.
C'était la seule explication logique, mais la jeune femme de comprenait pas pourquoi.
« Je veux que vous sortiez d'ici et que vous transmettez un petit message de ma part pour Harry Majes. »
Hermione avala sa salive. Peut-être qu'elle allait s'en sortir, qu'elle allait pouvoir rejoindre l'extérieur et être en sécurité.
« Il est l'heure pour lui de prendre ses responsabilités et d'accepter ses fautes. Les portes du Ministère lui sont ouverte, qu'il vienne à moi s'il souhaite que ses souffrances cesses. »
Scrimgeour parlait d'une voix neutre, sans élever ni même modifier son timbre de voix. D'un geste du bras il poussa Hermione magiquement vers la porte qui s'ouvrit à la volée.
Sa dernière phrase fut comme murmurée à l'oreille de la sorcière.
« S'il fuit une nouvelle fois, je détruirais devant lui tous ce qui peut être cher à ses yeux. Autant de fois que nécessaire. »
Hermione fut brutalement propulsée dans l'ouverture. Si elle croyait tomber dans un simple couloir, ce ne fut pas le cas. Aucun sol n'amortit sa chute et elle tomba durant de longue seconde avant de plonger dans une masse d'eau froide qui manqua de lui faire rater plusieurs battements de cœur.
Le courant la propulsa vers la surface où elle reprit une grande bouffée d'air avant d'être entraînée vers une destination inconnu.
Son corps frappa plusieurs fois des formations rocailleuses, l'égratignant à de nombreux endroits, et elle fut plus d'une fois plongée de longues secondes sous l'eau.
Ce n'est qu'au bout de plusieurs minutes que le courant diminua et qu'un semblant de berge se distingua dans la pénombre.
Trop faible pour nager dans une masse d'eau qui demeurait encore trop forte, elle se laissa porter jusqu'à ce qu'un sol praticable n'arrive à sa portée.
Hermione jeta ses bras vers les dalles froides et agrippa de toutes ses forces ce qui semblait être une petite fissure dans le sol. Avec difficulté, elle se hissa hors de l'eau et s'étala de tout son long, essoufflée.
Elle resta un moment allongée, uniquement à prendre conscience du sol contre elle et de l'eau qui ruisselait de tout son corps.
Lorsqu'elle réussit à se mettre debout, elle s'étonna du fait que ses jambes ne tremblaient pas. Pourtant le froid lui provoquait un terrible mal de tête et ses dents claquaient si fort qu'elles lui faisaient mal.
Avancer.
Tout ce qui comptait maintenant, c'était d'avancer le plus loin possible. Rejoindre un lieu où elle serait en sécurité. Elle avait pensé à transplaner pour aller plus vite, mais au vu de son état de fatigue, ses chances de réussite lui semblaient vraiment trop faibles.
Elle marcha pendant plusieurs minutes... Où bien était-ce plusieurs heures ? Elle ne savait plus trop, elle n'avait plus la notion de temps. Tout ce qu'elle savait, c'était qu'elle venait d'entendre une voix. Une voix qui pouvait peut-être la sauver.
« Aller, tout le monde avance ! Il faut rejoindre la prochaine sortie à un kilomètre, mon frère vous y attend ! Allez toujours tout droit ! »
La voix était clair, cela voulait dire que la personne qui parlait n'était pas si loin. Hermione ne comprenait pas vraiment la signification des mots, mais elle savait inconsciemment que cette personne allait l'aider... Il fallait qu'il l'aide !
Elle distingua enfin une petite lumière. Une lueur qui s'échappait d'une baguette magique. Son propriétaire sembla se retourner lorsqu'il entendit un bruit derrière lui. Il pointa sa baguette vers l'avant et éblouit Hermione de sa vive lumière.
« Tu... Hermione ?! »
Aveugler par la baguette, Hermione ne put distinguer à qui appartenait la baguette, mais il semblait la connaître. A croire que tout le monde la connaissait, aujourd'hui. Elle sentit qu'on l'enlaçait, un contact qui aurait été doux s'il n'avait pas à l'heure actuelle fait mal à chaque centimètre de son corps.
« Hermione... Que t'est-il arrivé ? Tu étais dans le Chemin de Traverse ? »
Dans le Chemin de Traverse ? Non juste au ministère, censé être l'endroit le plus sûr de l'Angleterre avec Poudlard.
La lumière se dégagea de son visage et elle put reconnaître la personne qui lui parlait. Un roux qu'elle avait côtoyé de nombreuses années.
« Ron... »
Son nom s'était échappé de ses lèvres avant même qu'il n'atteigne son cerveau. Elle sentit la fatigue endormir ses muscles et ses oreilles cessèrent de capter les sons environnants. Les bras de Ron se renfermèrent dans son dos au moment même où ses yeux se fermèrent.
La douce lumière de la chambre fut la première chose qu'Hermione vit à son réveille. Ou bien était-ce le chant des oiseaux qui avait atteint le premier ses sens ? Elle s'en fichait, en fait.
Tout ce qu'elle savait, c'est qu'elle était au chaud et confortablement installée.
Sa tête tomba sur le côté. La chambre dans laquelle elle se trouvait était remplie de peluches et les murs aux bois rougit avait un effet apaisant.
Au loin, elle entendait un groupe de personne discuter sans qu'elle ne puisse comprendre le moindre mot. Puis des pas se rapprochèrent de là où elle se trouvait et quelqu'un ouvrit la porte doucement.
La tête de Ron passa dans l'entrebâillement avant que le reste du corps ne suive. Le garçon voulu avancer le plus silencieusement possible avant de se rendre compte que la jeune femme avait les yeux entre ouverts.
« Tu es réveillée, Hermione ? »
Les derniers synapses du cerveau de la sorcière terminèrent de se mettre en place et elle put ouvrir les yeux complètement.
« Il semblerait. » dit-elle d'une voix encore endormie. « Que s'est-il passé ? Ou sommes-nous... »
Ron posa un plateau qui contenait un verre de lait, un bol de céréales et des tartines de confitures sur la table de chevet avant de répondre.
« On est chez moi... Enfin, chez mes parents. Je t'ai amené ici après t'avoir... Trouvée. »
Hermione réussit à se mettre en position assise et put distinguer un peu mieux son interlocuteur.
« Trouvée ? » Elle ne se souvenait plus de rien, mis à part ses recherches au ministère tous ses souvenirs étaient confus.
Ron hocha de la tête et lui tendit le verre de lait qu'il lui força presque à boire. En temps normal, le garçon n'aurait pas hésité à lui lancer une remarque assassine et à se moquer d'elle. Il avait aujourd'hui un air plus soucieux que jamais.
« Ouais... Avec l'attaque du Chemin de Traverse, ça a été la panique... Mes frères travaillent là-bas donc ils savaient qu'il était possible de passer par les égouts et on a essayé de faire passer par là un maximum de monde. » Il marqua une pause. « C'est là que je t'ai trouvé. »
L'attaque du... ?
Tout lui revient d'un seul coup en mémoire. L'attaque du ministère, les trolls, les dragon, les morts... Henry qui lui demande d'aller voir Dumbledore, le ministre Scrimgeour...
Hermione se leva d'un bond avant que Ron ne puisse continuer.
« Il faut que j'aille voir Dumbledore ! » s'écria-t-elle d'un ton sec. « Où est ma baguette ? »
Le rouquin vira au rouge vif.
« Dumbledore ? Mainten... ? »
Il se retourna avant de terminer sa phrase tout en se raclant la gorge.
Ce n'est qu'à ce moment-là qu'Hermione avisa qu'elle était en petite tenue, uniquement vêtue d'une culotte et d'en haut le corps.
La sorcière poussa un petit cri de surprise et attrapa le drap du lit.
« Ce n'est pas ce que... C'est ma mère qui... » balbutia Ron avant de courir vers la porte et de la refermer derrière lui.
Hermione l'avait regardé s'enfuir, les yeux ronds avant d'éclater de rire. Rire lui fit étrangement énormément du bien. Elle prit enfin conscience qu'elle était toujours en vie et que rien n'était encore perdu. Henry avait sûrement survécu et Dumbledore était l'homme de la situation, il allait forcément avoir une solution.
« Tes affaires sont sur le fauteuil, au fond de la chambre.» La voix de Ron lui parvenait légèrement étouffée par la porte.
Elle repéra ses vêtements ainsi que sa baguette là où Ron venait de lui indiquer et elle s'habilla avec hâte, le sourire aux lèvres.
Se rappelant soudain de quelque chose, elle palpa la poche intérieur de sa robe : les robes des Langues de Plombs était fourni avec une poche sans fond qui leur permettait de pouvoir y ranger tout et n'importe quoi.
Elle y repéra rapidement la liasse de parchemins que lui avait remis Henry avant qu'elle ne prenne l'ascenseur.
Une fois habillée et sa baguette rangée dans sa poche avant, elle ouvrit la porte où Ron l'attendait derrière.
Toujours aussi rouge que ses cheveux il observa un moment la fille qui avait été quelques temps plus tôt sa camarade de classe.
« Désolé, ma mère n'a pas eu le temps de nettoyer tes affaires... »
Elle était en effet en peu boueuse, mais rien de grave et il y avait bien plus important. Au pire, un simple sortilège enlèverait le plus gros de la saleté.
« Peut-on transplaner depuis ta maison ? » demanda-t-elle tout en haussant des épaules.
Légèrement surpris, Ron lui fit oui de la tête.
« Alors j'y vais, merci ! »
Elle tourna sur elle-même et disparut, laissant un Ron interloqué.
« Voilà, vous savez tout. »
Harry ne s'arrêta pas de dévisager Hermione, et ce depuis qu'elle avait commencé à raconter son histoire.
Ainsi donc, voilà ce qu'il s'était passé au ministère. Cet homme, Scrimgeour, il ne faisait aucun doute que c'était Voldemort.
Il ferma les yeux pour prendre conscience de ce qu'il venait d'entendre. Voldemort l'avait menacé. Il devait se rendre au ministère pour le combattre où il mettra ses menaces à exécution...
« S'il fuit une nouvelle fois, je détruirais devant lui tous ce qui peut être cher à ses yeux. Autant de fois que nécessaire. »
Autant de fois que nécessaire.
Le survivant frissonna et ses pensées se dirigèrent vers Ginny. Sa Ginny. Celle de son monde, morte dans ses bras. Ce jour-là, son cœur avait été déchiré, réduit en miette et jeté en pâture à une horde de loup qui l'avait dévoré des jours durant. Pendant des mois il n'avait pu penser à autre chose. A ce qu'il aurait dû faire pour la sauver.
Pourtant, depuis qu'il était ici son esprit était plus serein et la blessure de son cœur se soignait petit à petit.
Que ressentirait-il, si Voldemort arrivait à lui refaire vivre cette mort ? Il préférerait ne pas y penser et probablement que le baiser d'un Détraqueur serait une mort plus appréciable.
Hermione leur avait tout raconté. Elle avait d'abord été surprise de le trouver ici, mais elle avait ensuite commencer son récit sans reprendre son souffle. De l'attaque du ministère jusqu'à sa confrontation avec le « faux » ministre de la magie.
Étrangement, Harry se demandait si elle n'avait pas omis de leur dire quelque chose, mais il ne pourrait le savoir qu'en se servant de la Légilimancie et il se refusait de s'en servir contre elle. Il voulait lui faire entièrement confiance, comme dans son monde.
Quoi qu'il en soit il n'avait plus le choix maintenant.
« Je vais y aller. »
Son ton était sans appel. Il se refusait de blesser qui que ce soit et il serait le seul à en payer le prix. Ça lui allait.
Hermione lui lança un regard indéchiffrable alors que Dumbledore caressait sa barbe. Le vieux sorcier sourit alors qu'il attrapait une plume et commença à griffonner un mot. Au coin de la porte, Hagrid n'avait pas bougé depuis qu'Hermione était là.
« Libre à toi de tomber dans un piège aussi grotesque. »
Harry ne réagit pas. Il savait pertinemment que Voldemort ne voulait pas le voir pour prendre le thé, mais il devait arrêter maintenant la catastrophe.
« Je sais à quoi tu penses, Harry. Mais croit tu réellement que te rendre, te battre avec lui, va solutionner tous nos problèmes ? Que le ministère sera libéré et que tout redeviendra comme avant ? »
Harry lui lança un regard noir.
« Vous ne savez pas de quoi il est capable, ça vous laissera le temps de préparer vos défenses ! »
Dumbledore secoua la tête de droite à gauche alors qu'Hermione ne bougeait pas, elle semblait essayer de ranger toutes les pièces d'un puzzle dont elle n'avait pas toutes les formes.
« Et perdre un atout qui pourrait nous être précieux en rentrant dans le jeu qu'il veut créer ? Allons Harry, ne laisse pas tes sentiments prendre le dessus. Réfléchit. Pour une raison que j'ignore tu en sais plus que quiconque sur ce mage noir. Et pour une autre raison, sans que je le sache moi-même pourquoi, j'ai confiance en toi et en tes secrets. »
Le directeur se leva de son bureau, il se dirigea vers la fenêtre qu'il ouvrit en grand et siffla.
« Cela ne veut pas dire que nous allons rester les bras croisés à ne rien faire. »
Trois hiboux se posèrent sur le rebord de la fenêtre. D'un geste de la main, le directeur tripla le nombre du petit parchemin qu'il venait d'écrire et tendit les papiers aux oiseaux nocturnes.
« J'ai affronté Grindelwald, je ne suis pas si démuni face à un mage noir. »
Il regarda les hiboux se disperser dans les airs avant de se retourner vers Harry, Hermione et Hagrid.
« Je proclame aujourd'hui la création de l'Ordre du Phénix. »
Hermione monta les marches qui la menaient vers le dortoir des Gryffondor. Dumbledore leur avait expliqué qu'une réunion réunissant toute les personnes compétentes aurait lieu dans la Grande Salle d'ici une heure et qu'elle, tout comme Harry, devait aller se reposer en attendant.
La jeune femme avait protesté, elle voulait tout de suite partir au ministère pour sauver les sorciers encore vivant... Mais un regard de Dumbledore suffit à lui faire comprendre que ce n'était pas le moment. Seule, elle ne pouvait rien faire et elle devait se plier aux ordres du Directeur. Elle avait confiance en lui, il ferait ce qui était juste...
Elle l'espérait en tout cas.
Harry était partie tout de suite, sans un mot. Elle ne savait pas où il était allé et ne s'en était pas plus intéressée que ça. Ce jeune homme lui paraissait étrange. Elle l'avait croisé une seule fois et déjà il lui avait laissé un étrange sentiment. Maintenant qu'elle le savait lié à ce qu'il venait de se passer au ministère, elle ne savait que penser.
Hermione donna le mot de passe à la Grosse Dame qui s'étonna de voir une ancienne élève en période de vacance. La jeune femme avait voulu revenir ici pour se reposer et avait demandé au Directeur de lui donner le code.
La Salle Commune n'avait pas changé depuis sa dernière année à Poudlard et revenir ici lui provoqua une étrange boule au ventre.
Mais par-dessus tout, c'était pour être tranquille et à l'abri des regards qu'elle était là.
Elle avait omit une seule chose lors de son récit. Une toute petite chose : ce que lui avait remis Henry avant de lui faire prendre l'ascenseur. Le Récit d'un voyageur de Mondes.
Hermione s'installa dans son fauteuil préféré, non loin de la cheminée et sortie la liasse de parchemins de sa poche.
Elle se plongea aussitôt dans la lecture.
Récit d'un Voyageur de Monde.
A Ginny Potter
A Hermione Weasley
A Ron Weasley
Je me nomme Harry Potter. C'est du moins ce que je crois. J'ai aujourd'hui plus d'une centaine d'année et je sens que mon voyage touche à sa fin.
Je suis un Voyageur de Monde.
J'ai, durant ma vie, voyagé dans des milliers d'Univers différents, dans des milliers de réalités différentes.
J'ai appris à comprendre les lois qui régissent l'Univers et à redéfinir ce que l'homme appel « la vérité. »
Si j'écris ce livre, c'est pour vous offrir ce savoir. Vous offrir ce que j'ai de plus cher au monde : ma mémoire.
Le reste de la première page était effacée, comme beaucoup d'autres feuilles. Pourtant un bon nombre d'entre elles demeuraient lisibles et Hermione se jura d'en décrypter un maximum.
A la lecture de ces premières lignes elle comprit que ce qu'elle avait en main était peut-être la clé de toute cette histoire.
Chapitre 14 fin.
Le chapitre 15, L'Ordre du Phénix, sera posté le samedi 09 mars 2013 !
A bientôt !
