Bonjour tout le monde !

Voici donc le chapitre 15 en version corrigée ! Un grand merci à MissLJ71 pour son travail !

Bonne Lecture !


Mon Unique Univers chapitre 15 : L'Ordre du Phénix

Extrait du Récit d'un Voyageur de Mondes

Le sang de Licorne.

La stabilité temporelle est une chose à la fois simple et complexe. Si un sujet d'un Univers A se retrouve propulsé dans un Univers B, alors ce sujet sera considéré par l'Univers B comme une anomalie.
Le passage par l'intra-monde facilite l'acceptation de cet individu par l'univers hôte mais la stabilité restera fragile et ne devra pas être perturbée.
Si l'individu voyage d'une manière non conventionnelle, il devra alors trouver le moyen de stabiliser son corps dans ce nouvel Univers sous peine d'un rejet total. Cela met en danger à la fois le sujet mais aussi l'Univers qui s'en trouvera fragilisé, créant des perturbations temporelles de façon aléatoire – ou non ? - pouvant toucher des individus propres à cet Univers.

Un des moyens que j'ai découvert afin de stabiliser un sujet dans un monde est l'utilisation du sang de Licorne. En plus de ses grandes capacités de soin, le sang de Licorne agira comme une ancre dans votre organisme qui accrochera votre corps à ce nouveau monde tout en l'empêchant de se faire expulser.
Bien entendu la consommation du sang de Licorne reste dangereuse et – n'ayant moi-même pas essayé ce procédé – je ne garantis pas le résultat.

Harry Potter – Récit d'un Voyageur de Mondes, chapitre 2, page 37.


Ginny posa doucement son pied à terre et décala lentement son poids dessus. La douleur lui provoqua une grimace qui déforma son visage mais qui restait largement supportable.

Cela faisait maintenant plusieurs minutes qu'elle s'était réveillée dans sa chambre et les nouvelles étaient loin d'être réjouissantes. L'attaque du Chemin de Traverse était un drame national, et la rouquine en était ressortie avec une jambe cassée qui lui avait valu deux bons jours de sommeils.

Ron, Fred et George, qui étaient à son chevet lorsqu'elle avait ouvert les yeux, lui apprirent que le Chemin avait été attaqué par des Trolls et Dragons et que, par chance, leur famille n'avait pas subi de perte. Ce qui n'était pas le cas de nombreux autres sorciers.

Lorsque ses parents étaient rentrés, Ginny avait utilisé un sortilège d'écoute qui lui permit d'entendre à demi-mot ce qu'il se racontait à l'étage en dessous avant que son père ne monte la voir dans sa chambre. Le ministère semblait être inaccessible et personne ne savait ce qu'il se passait à l'intérieur. Mais l'information la plus importante allait arriver quelques instants plus tard.

« Ses parents sont effondrés... Je ne sais pas comment annoncer la nouvelle à Ginny… »

La rouquine s'était paralysée à l'entente de cette simple phrase. De quelle nouvelle voulait parler son père ? Que s'était-il passé ?

L'imagination de Ginny n'avait pas tardé à faire le tour de la question… Quelqu'un était blessé, ou pire, quelqu'un était mort. Une personne qu'elle connaissait forcement, et cette nouvelle lui faisait terriblement peur.

La sorcière convalescente sursauta lorsque la porte de sa chambre s'ouvrit, laissant entrer sa mère et son père.

Molly Weasley se précipita vers le lit de la jeune fille, obligea Ginny à s'allonger et l'embrassa sur les deux joues tout en lui demandant s'il elle avait mal quelque part. Enlacée comme elle l'était par sa mère, elle avait bien du mal à lui répondre tellement celle-ci lui posait de questions.

« On a eu si peur lorsque ton père t'as ramené inconsciente ! Tu n'as pas mal à la tête ? Une chance que Stan ai pu passer rapidement ! Ta jambe va bien ? »

Ginny avait beau lui répéter que tout allait bien, sa mère ne semblait pas entendre le moins du monde et continuait à s'inquiéter pour chaque partie de son corps. Elle la lâcha finalement à contre cœur au bout de plusieurs longues minutes, laissant enfin son père l'approcher.

Arthur, aussi roux que tous les autres membres de sa famille, l'air fatigué et la robe un peu crasseuse, se pencha vers sa fille et l'embrassa sur le front.

« Bon, je crois que ta mère t'as fait un diagnostic complet, je ne vais pas te faire l'affront de te demander si tout va bien ? »

Ginny se força à rire. Voir ses parents lui faisait chaud au cœur, mais son esprit était focalisé sur ce que son père avait dit lorsqu'il était en bas sans que celui-ci ne sache que la rouquine écoutait.

Ses yeux marrons clair s'enfoncèrent dans le regard de son père avant qu'Arthur ne détourne la tête. Il se frotta les genoux et fit mine d'examiner la chambre.

« Bon... Il va falloir que tu restes un peu au lit le temps que tes os se ressoudent complétement. Une chance que ce soit les vacances, tu seras d'aplomb pile pour la rentrée ! » dit-il d'un ton un peu trop enjoué.

Ginny grommela pour la forme avant de mordre ses lèvres. Elle voulait savoir.

« Papa, que s'est-il passé sur le Chemin ? Je veux dire… Il y a eu quelque chose ? »

Arthur lança un coup d'œil vers sa femme qui s'était reculée dans l'encadrement de la porte. Molly lui fit un petit signe de la tête presque invisible que Ginny remarqua pourtant sans peine. Prenant une profonde inspiration, Arthur sembla se lancer.

« Ecoute, Ginny…. »

« Papa ! Maman ! On a reçu un hibou et ça semble important ! »

La voix de Ron qui venait des premières marches de l'escalier en colimaçon semblait à la fois excitée et impatiente.
Arthur ferma ses lèvres et dodelina de la tête comme s'il pesait le pour et le contre. Ginny, dont le cœur battait à la chamade, le regardait avec inquiétude.

« Bon ma chérie, on en parlera plus tard, je vais voir ce qu'il se passe, repose toi en attendant. »

Il déposa un nouveau baiser sur son front et quitta la pièce avec sa femme, laissant Ginny dans l'ignorance.
La rouquine fulminait. Elle n'était plus une gamine et avait le droit de savoir !

Galvanisée par son besoin de connaissance, Ginny se leva avec la ferme intention de savoir enfin ce qu'il se passait. Faisant fi de la douleur, elle enfila sa robe de chambre accrochée comme à son habitude sur le côté droit de son armoire et passa la porte.

Sa chambre était située au plus haut point de la maison. Le Terrier était construit de façon verticale, et Ginny avait donc vu sur la plupart des étages en dessous d'elle. Tout en bas, le carrelage carré de la cuisine apparaissait juste à côté de la moquette rouge du salon et, d'après les bruits étouffés qu'elle pouvait entendre, c'était ici que le reste de sa famille se trouvait.
La descente fut plus difficile que prévu : plier le genou lui faisait un mal d'hypogriffe et elle dû faire plusieurs pauses avant d'attendre le rez-de chaussé.

D'ici, les voix de ses parents et de ses frères se faisaient beaucoup plus claires.

« Pas de doute, ça vient de Dumbledore et ça semble sérieux » dit son père d'une voix sombre que Ginny n'avait jamais entendu jusqu'alors.

Elle s'approcha d'un peu plus près, persuadée qu'ils allaient s'arrêter de parler lorsqu'ils l'auraient vu. Merlin elle était majeure ! Pourquoi la mettaient-ils toujours à l'écart ?

« Quoi qu'il en soit il va falloir prendre une décision, la mienne est prise en tout cas ! » dit Ron en élevant sa voix comme s'il avait peur que personne ne l'écoute.

La rouquine entendit les jumeaux rigoler.

« Evidemment qu'on y va, je n'aurais jamais pensé que Dumby fasse appel à nous, après tout ce qu'on a fait à cette école ! » s'écria Fred, ou peut-être était-ce George, d'une voix bourrée d'excitation.

Molly les rappela vite à l'ordre.

« Ce n'est pas une décision à prendre à la légère ! S'il y a un moyen que ma famille ne se mêle pas de sa et que personne ne soit blessé alors ça vaudrait mieux pour tout le monde. »

Un silence suivit cette déclaration, comme si tout le monde semblait prendre conscience de la gravité d'une situation.
C'est à ce moment-là que Ginny choisit de faire son apparition dans la cuisine.

« Ginny ! » s'indigna sa mère en courant vers elle. « Tu es blessée, tu devrais rester au lit ! »

Sachant pertinemment ce qu'elle devait faire, Ginny se dégagea en douceur de l'étreinte de sa mère..

« Ca va maman, je t'assure. » Elle regarda un à un les membres présent de sa famille. Son visage semblait plus déterminé que jamais. « Je suis majeure, j'ai le droit de savoir ce qu'il se passe. »

Ses frères avaient passés ces dernières années à la protéger de tout, il était temps qu'elle se montre forte face à eux.

Son père la regarda d'un air triste avant d'acquiescer et de lui tendre un parchemin.

« C'est ce que nous venons de recevoir, de la part de Dumbledore. »

Ginny s'empara de la feuille noircie d'écriture et entama la lecture à voix haute. Contrairement à une lettre venant de l'école, le parchemin ne commençait pas par les armoiries de Poudlard, mais par ceux de la famille de Dumbledore.

Famille Weasley,

je m'adresse à vous non pas en tant que directeur de Poudlard, et encore moins en tant que

Manitou suprême de la Confédération internationale des mages et sorciers, mais en tant que votre sincère allié.

A l'heure où j'écris ces lignes, le monde sorcier semble connaître une crise semblable à celle de 1945.
L'attaque du Chemin de Traverse n'était qu'une simple diversion pour un acte d'une tout autre envergure.
Le ministère est sous contrôle d'un puissant mage noir et les sorciers en qui nous pouvons avoir entièrement confiance se font rare.

Je souhaite réunir tous ces sorciers en qui je confierais ma vie sans hésitation pour faire front face à cette crise et lutter avant qu'il ne soit trop tard.

Je vous attends aujourd'hui à Poudlard où aura lieu une réunion extraordinaire dès 15h, visant à comprendre la situation et mettre en place nos priorités absolues.

Notre Ordre se tiendra prêt à se battre si nécessaire.

Nous sommes l'Ordre du Phénix,

Albus Dumbledore.

Ginny replia en deux la lettre et se tourna vers sa famille. Tous avaient le visage fermé. Elle ouvrit la bouche mais se retint au dernier moment de faire un commentaire.

« Personne n'a rien vu venir.» commença son père qui était à demi-assis sur la table de la cuisine. « Notre famille a toujours été du côté de Dumbledore et il est évident que nous allons répondre à cette demande. »

Ginny acquiesça. Une guerre allait-elle vraiment débuter ? Molly se rapprocha de sa fille.

« Je sais que tu veux venir avec nous, et nous ne t'en empêcherons pas si c'est ce que tu désires… Mais le temps que tu sois rétablie, acceptes tu de rester en dehors de ça ? »

Le ton de sa mère semblait sans appel. Il n'était pas suppliant ni dramatique, juste réaliste. Ginny fit doucement oui de la tête. Après tout, c'était une occasion de découvrir par elle-même ce qu'il se tramait.

« D'accord… Pour aujourd'hui du moins je crois que j'ai besoin de repos… Mais je veux que vous me racontiez tout ce qui a été dit à votre retour ! » Son regard flamboyant était remplit de volonté et elle crut pouvoir lire de la fierté dans les yeux de son père.

Sa mère l'embrassa une nouvelle fois.

« Je peux rester avec toi et laisser les garçon y aller, ça serait plus… »

« Et qui les tiendrait en laisse, les empêchant de faire la plus grosse bêtise de tous les temps ? Maman, il faut que tu y ailles toi aussi ! » rétorqua Ginny avant même que sa mère n'eut terminé sa phrase.

Elle sentit la main de sa mère la serrer un peu plus fort, mais Ginny savait qu'elle avait fait mouche. Ils discutèrent pendant encore quelques minutes sur les récents évènements avant que la famille Weasley ne transplane vers Pré-au-lard pour se rendre à l'école de sorcellerie.

Ginny sauta de sa chaise lorsque plus personne ne fut dans la pièce, s'arrachant au passage un petit cri de douleur, et se précipita vers le salon.

La rouquine sortie sa baguette et enflamma l'antre de la cheminée avant de se mettre à genou devant l'ouverture. Faisant tournoyer une nouvelle fois sa main, elle prononça de façon intelligible le nom de la personne qu'elle voulait contacter : « Jessica Spring »

Les braises de la cheminée s'enflammèrent dans un rouge lumineux, presque aveuglant, et une douce chaleur se répandit dans la pièce.
Ginny attendit plusieurs secondes avant que le visage de son amie n'apparaisse enfin dans les flammes.

« Ginny ! Tout va bien ? Merlin j'ai eu si peur, on n'arrivait pas à avoir de nouvelles avec Anny ! »

La voix de Jessica était légèrement couverte par le crépitement des braises mais était largement compréhensible. Si une chose était pratique chez elle, c'était qu'elle possédait une cheminée personnel dans sa chambre, ce qui la rendait joignable la plupart des cas !

« Ça va, » répondit Ginny en souriant « Presque rien de cassé ! Et toi ? »

Ginny pu voir un poing enflammé passer devant le visage de Jessica.

« En pleine forme ! » dit-elle d'un ton enjoué.

« Et les autres ? Tout le monde va bien ? » demanda Ginny précipitamment sans laisser le temps à Jessica de continuer.

Le visage radieux de Jessica se transforma en une moue beaucoup moins joyeuse.

« Eh bien Anny va bien et elle a eu des nouvelles d'Eliott plutôt bonnes, mais… »

Le cœur de Ginny frappa dans sa poitrine comme jamais. La pause qui suivit le « mais » de Jessica lui sembla durer une éternité.

« Jim est à l'hôpital St Mangouste, je ne sais pas quel est son état. »

Ginny acquiesça. Son père revenant de l'hôpital tout à l'heure, avait-il vu Jim ?

« Tu sais ce qui se passe ? » continua Jessica, ses cheveux blonds dansant dans les flammes. « Mes parents sont paniqués et le ministère ne donne aucun renseignement, j'ai peur qu'on soit attaqué…. »

La rouquine comprit que la famille de son amie n'avait pas dû recevoir la lettre de Dumbledore et, si elle voulait mettre son amie au courant, elle avait d'autres priorités.

« Je n'en sais rien… je vais faire un tour à l'hôpital pour voir comment va Jim, tu peux venir ? »

Dans les flammes, Ginny vit son amie bouger la tête de façon négative.

« Je ne peux pas sortir de chez moi tant qu'on en sait pas plus, mes parents sont terrorisés ! »

« D'accord, je te rappelle alors ! »

Sans prévenir, elle coupa la communication. Ginny avait peut-être était un peu abrupte avec son amie, mais elle s'inquiétait tellement pour Jim qui rien ne lui importait plus que de partir immédiatement à l'hôpital. Courant aussi vite que possible dans sa chambre, elle enfila une robe sorcière présentable et retourna dans le salon.
Ginny attrapa une poignée de poudre de cheminette qu'elle lança dans les flammes qui virèrent au vert émeraude.
Avec appréhension elle grimpa dans la cheminée et caressa les flammes de la main avant de prendre une nouvelle pincée de poudre.

« Hôpital st mangouste ! » cria-t-elle d'une voix inquiète tout en lâchant la poussière magique.

Aussitôt, elle sentit son corps s'envoler dans le conduit de cheminée et traverser plusieurs pâtés de maison. Chaque virage lui procurait un mal de chien au niveau de sa jambe blessée, lui arrachant plusieurs gémissements de douleur, mais sa volonté de savoir la vérité sur l'état de son ami semblait plus forte.

Son agonie termina brutalement alors qu'elle était éjectée dans une salle à l'odeur de potions calmantes et de sortilèges de nettoyages.

Agenouillée au sol, elle regarda avec hébétude la foule passer devant elle, remplissant l'immense salle d'accueil de l'hôpital.
Elle n'était venue ici qu'une seule fois lorsqu'elle était plus jeune et, dans ses souvenirs, la salle dans laquelle elle se trouvait était plutôt…vide.
Blanche comme tout hôpital qui se respectait, trois guichets d'accueil servaient à renseigner les visiteurs et à les guider vers les étages adéquats. Un peu plus en arrière se trouvait les escaliers menant vers les différentes zones de l'hôpital, allant des blessures liées aux créatures magiques jusqu'aux malédictions.

Pourtant, rien ne ressemblait plus à ça aujourd'hui. Partout la foule courait dans tous les sens, criant des demandes d'explication où hurlant des noms à tue-tête. Des sorciers en cape blanche tentaient de se frayer un chemin pour rejoindre les zones médicales alors que des lits de fortune était placés dans des coins et dans lesquelles des personnes allongées gémissaient à intervalle régulier.

Un homme manqua de la faire tomber en courant sans regarder devant lui et Ginny du se rattraper tant bien que mal sur sa jambe valide.
Les guichets semblaient être pris d'assaut et les médicomages, complétement débordés, n'étaient pas assez nombreux pour pouvoir renseigner tout le monde.

Ginny avala sa salive. Les dégâts de l'attaque du Chemin de Traverse apparaissaient ici devant elle. Partout des sorciers et sorcières au visage fermé, semblait demander de l'aide pour qu'on s'occupe d'un membre de leur famille blessé. Un peu plus loin, un enfant d'à peine 5 ou 6 ans pleurait au milieu du chaos sa mère le tirant par le bras sans prendre la peine de s'occuper de lui.

Comment faire pour obtenir le renseignement qu'elle cherchait ? Dans quelle zone médicale Jim se trouvait-il ?

« Ginny ? Ginny Weasley ? »

La rouquine se retourna, surprise que quelqu'un la reconnaisse ici. Un homme d'une quarantaine d'année habillé de la traditionnelle robe blanche des médicomages et un bras en bandoulière la regardait en souriant.

« Mais oui c'est bien toi ! Merlin que tu as changé, comme ton père me l'ai dit ! Facilement reconnaissable néanmoins, peu de sorcier peuvent se vanter d'avoir votre… Rousseur !» continua-t-il en s'approchant.

Ginny sentit le rouge lui monter aux joues sans trop savoir pourquoi. Si le médicomage lui semblait familier elle ne semblait pas réussir à mettre un nom sur son visage.

« Excusez-moi, qui…. »

Voyant que Ginny ne le reconnaissait pas le médicomage sourit de plus belle.

« Stan, Stan Rock, comme la pierre ! Tu ne te souviens pas de moi ? C'est vrai que ça fait un moment que je ne suis pas passé au Terrier, bien que je vois ton père assez régulièrement. C'est moi qui m'occupe de la couverture médical du ministère et notamment du département de ton père ! »

Stan Rock ! Ça lui revenait maintenant, un sorcier qui partageait la passion de son père pour les objets moldus ! Avant qu'elle ne parte pour Poudlard c'était lui qui avait apporté la première prise électrique au Terrier dont son père raffolait tant maintenant, cherchant à augmenter sa collection par tous les moyens.

Sans prévenir Stan attrapa le bras de Ginny et l'entraîna avec lui à travers la pièce. Ils esquivèrent habilement la foule et il la fit entrer dans une zone réservée au personnel.
Le couloir, bien que plus petit, était beaucoup plus calme que la salle d'accueil.

« Ouf, on sera plus tranquille comme ça ! Qu'est ce qui t'amène alors ? Je viens de croiser ton père ici y a pas une heure de ça ! »

Le médicomage bougeait son bras valide de façon grandiloquente. Ginny avait le vague souvenir d'un homme joyeux au franc parlé et au langage corporel très… expressif.
Avoir un bras blessé semblait le gêner plus que de raison au vu de ses grimaces incontrôlées qui trahissait sa douleur à chaque fois qu'il bougeait le bras.

« Eh bien » commença Ginny en profitant de l'occasion pour en apprendre plus. « Je voudrais savoir comment mon ami se porte… Il s'appelle Jim Railway. »

Stan se gratta la barbe de trois jours tout en réfléchissant. D'un coup de baguette il fit apparaitre une liste dont les pages se tournaient toutes seules et l'examina attentivement.

« Je l'ai. » dit-il au bout d'un moment d'une voix sans émotion. « Il est tout en haut. »

Ginny sentit son pouls s'accélérer et ses mains devenir moites.

« Quelle zone ? Il va bien ? Je peux le voir ? »

Le médicomage avait les lèvres pincées et le regard fuyant. D'un geste, il fit disparaitre la liste et lui demanda de le suivre.
Au bout du couloir se trouvait trois escaliers. Les deux premiers menant à des zones de soin spécifique (Sortilèges de feu/ de glace / de découpe ainsi qu'empoisonnement par potion) tandis que le troisième avait un accès réservé.
Stan l'entraina vers l'accès réservé et Ginny s'inquiéta de plus en plus. Le silence de Stan lorsqu'elle lui avait demandé l'état de Jim ne l'avait pas rassurée et plus elle montait plus elle imaginait le pire.

Ils traversèrent une nouvelle porte réservée au personnel avant de monter d'encore un étage.

« Il est ici » dit-il en montrant une ultime entrée au battant double.

A côté se trouvait un panneau indiquant l'intitulé du lieu : Zone de quarantaine, entrée interdite, sortilèges inconnus, maladies inconnues, infections inconnues.

Ginny prit une grande bouffée d'air.

« Il est vraiment… là-dedans ? Que lui est-il arrivé ? On peut le voir ? »

Stan hocha de la tête, sortie sa baguette et la passa devant la porte qui s'ouvrit à la volée.

« Ne t'inquiète pas, il n'y a pas de risque de contagion tout simplement parce qu'il n'y a qu'un seul type de malade dans cette pièce en ce moment. Tu as entendu parler de ces disparitions bizarres ? Des sorciers qui disparaissent et qui ré apparaissent quelques jours plus tard ? »

Sans être capable de faire plus, Ginny fit simplement oui de la tête. Jim avait été victime de cette… De cette quoi d'ailleurs ? Personne ne le savait.

Jim aurait… ?

Les deux sorciers passèrent une nouvelle porte avant d'arriver dans une salle tout en longueur et où une dizaine de lit se trouvaient alignés contre le mur.

Dans chaque lit se trouvait une personne au regard vide, allongée où assise, homme ou femme. Il n'y eut aucune réaction lorsque Ginny entra dans la salle, et la rouquine se sentit mal à l'aise.

« Personne ne sait ce qu'il s'est passé dans le Chemin de Traverse, mais Jim ainsi que deux autres patients ont été diagnostiqués comme étant positif à la maladie imaginaire. »

« La maladie imaginaire ? » demanda Ginny en redoutant ce qu'elle allait apprendre.

Stan lui montra de son bras valide le lit situé à l'extrémité de la salle. De là où elle était, Ginny reconnu immédiatement la silhouette de son ami, le corps raide et les yeux sans vie.
En se rapprochant, Ginny mit sa main devant sa bouche et retint ses larmes.

« C'est le nom que nous avons donné à cet état. Personne ne sait rien de la maladie imaginaire. D'où vient-elle ? Comment agit-elle ? Des langues de plombs ont examinés des malades avec des méthodes que seuls eux peuvent utiliser, mais sans résultat pour le moment. »

Ginny s'approcha du lit et, d'un geste lent, posa sa main sur celle de Jim. Le garçon était encore chaud mais aucun mouvement n'indiqua à la jeune fille qu'il avait perçu ce geste.

« Jim… ? »

Le garçon resta figé dans sa position. Lentement, Ginny retira sa main et ferma les yeux. Elle revit Jim disparaitre dans la foule pour retrouver ses parents et sa vaine course pour le poursuivre.

Elle n'avait rien pu faire pour le rattraper ni pour l'aider. C'était en partie sa faute s'il était dans cet état. Si elle seulement elle avait pu être avec lui…

Soudain elle se rappela de quelqu'un chose. D'une discussion. Alors qu'elle était blessée, sonnée, quelqu'un était venu la secourir.

« Pro… Professeur Majes… » commença t'elle doucement. « Jim… Il est... Partit….Il faut »

« Ca va aller, je vais le chercher, Ginny ! Dès que tu es en sécurité j'y vais ! »

Ginny releva la tête et se leva. Une larme coula le long de sa joue mais aucune autre ne vint la rejoindre.

Quelqu'un savait ce qu'il s'était passé. Harry Majes le savait.


Le vif d'or passa devant le visage d'Harry dans un petit scintillement. Il fila dans la chambre à toute vitesse, passa sous le lit avant de remonter en chandelle vers le plafond et de se mettre en position stationnaire.

Harry regardait la petite boule dorée sans vraiment la voir. Le cadeau de Dramung, l'elfe piégeur, lui permettait de se rappeler sans cesse qui il était vraiment. De se souvenir d'où il venait.

Il n'appartenait pas à ce monde. Mais par sa faute, cet Univers était en danger.

Le survivant ferma les yeux et se passa le bras sur son front.

Il allait se battre. Il n'allait pas laisser Voldemort prendre à ce monde ce qu'il avait pris au sien. Il ne le laissera jamais faire ça.
Il bouillonnait de rage suite à ce qu'Hermione lui avait appris. Déjà tant de sorcier étaient morts par sa faute, par son unique présence ici !

Ce monde aurait continué à vivre dans la paix s'il n'était pas venu perturber son équilibre !

Son poing frappa la table de nuit d'un geste rageur. Le vif d'or recula de quelques centimètres, comme s'il avait été effrayé par ce brusque accès de colère avant de revenir voler juste à côté du visage de son maitre.

Voldemort l'avait provoqué et il aurait voulu pouvoir y répondre. Mais Dumbledore avait raison, comme toujours. Partir l'affronter tout de suite, sans un plan, était du pur suicide. Il lui fallait du temps pour mettre son attaque au point… Et Dumbledore allait lui offrir ce temps, en plus d'un nouvel Ordre du Phénix.

Des sorciers qui allaient encore devoir se battre. Pour lui ? Sûrement. Sans qu'ils le sachent, ces sorciers allaient devoir lutter contre la mort pour lui permettre de l'emporter une nouvelle fois, n'est-ce pas ?

Ce n'était pas vraiment de l'égocentrisme, Harry avait vu de quoi ce Voldemort était capable. Il était puissant, extrêmement puissant et il doutait que quiconque puisse le vaincre. Si Dumbledore était encore le sorcier le plus puissant du monde, son âge lui faisait défaut et, malgré tous ses dires, il ne serait pas capable de supporter cette tâche.

Harry lui en serait peut-être capable. En y donnant sa vie, peut-être qu'il pourrait gagner.

Sans pouvoir se contrôler, le survivant ricana.

Mais à quoi pensait-il ? Il était terrorisé comme tout le monde ! Il avait vaincu Voldemort la première fois grâce à un coup de chance extraordinaire et des amis pour le soutenir ! Cette fois-ci, ça ne serait pas pareil. Pas pareil du tout.

L'horloge de la chambre chanta brusquement. Un hululement de chouette résonna dans la pièce alors que les aiguilles affichaient 15h.

Harry se leva et s'étira : c'était l'heure de la réunion de l'Ordre.
Par-dessus sa cape noire il enfila son long manteau rouge, symbole de sa détermination lors de la première bataille contre le seigneur des ténèbres.
Il remit en place ses gants et ses bottes de combat avant d'attrapa d'un geste souple le Vif d'Or qu'il rangea dans sa poche avant et vérifia que sa baguette était bien dans son fourreau.

Avant de sortir de la chambre, il rabattit sa capuche, tout aussi rouge que le reste, sur sa tête, cachant sa cicatrice. Il ne savait pas qui serait présent à la réunion et, s'il voulait qu'on le remarque, il ne voulait pas dévoiler sa cicatrice en forme d'éclair tout de suite.

Il marcha d'un pas rapide à travers les allées du château et mit quelques minutes pour atteindre la Grande Salle.
Lorsqu'il entra dans la pièce emblématique, seul Dumbledore l'attendait, debout devant son traditionnel pupitre.
Le vieux sorcier le salua d'un geste de la tête et lui fit signe de se positionner à ses côtés.
Un instant plus tard ce fut Hermione qui rentra dans la salle.

La jeune femme lança un regard indéchiffrable à Harry qu'il prit comme de la méfiance avant de se placer juste sa droite.
La bouche d'Hermione s'entrouvrit comme si elle voulait dire quelque chose mais elle fut stoppée par la grande porte qu'Hagrid poussait vers l'intérieur.

Une trentaine de Sorciers marchaient derrière lui et vinrent s'installer dans la salle, faisant face au directeur de Poudlard.

Harry reconnut la famille Weasley, presque au complet, avec Ron qui avançait fièrement à leur tête. Derrière lui se trouvait ses parents, mais aussi Bill, Charlie et Percy qui avait dû faire le déplacement. Un peu plus en retrait se tenait les jumeaux, le sourire aux lèvres et à l'œil malicieux. Au grand soulagement d'Harry, Ginny n'était pas présente. Il voulait la tenir éloignée le plus possible de la guerre.
Lorsqu'il le remarqua, Arthur Weasley envoya à Harry un signe de tête avant de se retourner vers sa femme.

Neville Londubat s'avançait également, la robe crasseuse et boueuse, comme s'il sortait d'un marécage. Son regard était fuyant et il semblait impressionné au vu de ses nombreux coups d'œil furtif qu'il lançait à droite et à gauche.
Harry ne les avait jamais vus mais il reconnut les parents du jeune homme. Leur ressemblance avec Neville était frappante et il était honoré de les voir ici, quand on savait ce qu'ils leurs étaient arrivés dans son monde.

Son cœur manqua un battement lorsqu'il reconnut la personne derrière eux. Le visage fatigué et la barbe de quelques jours rendait le visage de Remus Lupin tout aussi reconnaissable. Merlin il ressemblait comme deux gouttes d'eau à l'homme qu'il avait toujours connu et qui lui avait enseigné l'un de ses sortilèges les plus précieux, le Patronus.
Il eut soudain peur de voir apparaitre des têtes qu'il redoutait encore plus de voir. Et si Sirius Black était ici ? Pire encore, son père ou sa mère ?

Il recula d'un pas et il sentit qu'Hermione lui lança un regard remplit d'interrogation.

Sirius n'était pas ici et encore moins son père. Mais il la reconnu du premier coup d'œil, et ce même s'il n'avait aucun souvenirs d'elle.

Lily Evans Potter était là.

Ses cheveux d'un roux si clair, qui la différenciait totalement de la famille Weasley, dansaient derrière elle. Elle avançait avec grâce parmi les rangs de sorcier et elle semblait plus magnifique que jamais aux yeux d'Harry.
Il l'a vit saluer un sorcier que le survivant ne connaissait pas d'un geste de la main avant qu'elle ne se tourne vers Dumbledore… Et par conséquent vers lui.

D'instinct il tira sa capuche vers le bas. Une bonne intuition, tiens, cette capuche ! Il voulait à tout prix éviter de croiser son regard, il n'était tout simplement pas prêt pour ça.

Merlin sa mère était là !

Lorsqu'il releva la tête, Lily ne regardait plus dans sa direction, mais son cœur rata encore un battement. Lucius Malefoy ainsi que son fils Drago avançaient eux aussi la tête haute, remplis d'une assurance que l'on pouvait qualifier de « Malfoyenne ».

Plusieurs autres sorcier entrèrent encore dont Harry ne connaissait ni les noms ni les visages. Des personnes qui, dans son monde, n'avaient probablement pas survécu à la première guerre.
Enfin, les professeurs de Poudlard fermèrent la marche et se positionnèrent tout autour de la salle.

Hagrid renferma les portes derrières lui lorsque tout le monde fut rentré dans la grande pièce habituellement remplie d'élève. Et, si le silence régnait déjà dans la salle, Dumbledore leva ses mains pour indiquer qu'il allait prendre la parole, comme s'il se trouvait face à des enfants.

« Mes amis, merci d'être venus aussi rapidement. »

Des mouvements de têtes et des sourires lui répondirent.

« Au lendemain de l'attaque du Chemin de Traverse, la communauté Sorcière est ébranlée et je ne doute pas que certains d'entre vous pleurent déjà la mort ou la blessure d'un être cher. Mais j'ai la douloureuse tâche de vous demander de remettre à plus tard votre tristesse.»

D'un geste de la main il présenta Hermione qui s'avança, gênée.

« Miss Granger, que certains d'entre vous connaissent pour avoir été une brillante élève à Poudlard, travaille désormais au ministère. Je ne vous cache pas qu'elle revient parmi nous avec de terribles nouvelles. Le ministère a été attaqué de l'intérieur par des Trolls, Dragons et d'autres créatures magiques aux services d'un mage noir. Mage noir qui, aujourd'hui, semble avoir l'emprise total sur le ministère.»

Alors qu'une grande partie de l'Ordre commencèrent à commenter cette première information, une voix s'éleva dans l'assemblée, plus forte que toutes les autres.

« Le ministère est l'un des endroit les plus protégé d'Angleterre ! Pouvons-nous être sûrs de ce que nous rapporte miss Granger ? N'a-t-elle pas pu être manipulée ? »

La sorcière qui venait de parler était d'âge mûr et Harry ne connaissait pas son nom. Elle attira néanmoins bon nombre de regards noirs qui fusaient dans sa direction, notamment de la part d'un certain roux qu'Harry connaissait très bien.

« Miss Granger est d'une confiance absolue, sa parole est égale à la mienne ! » affirma Dumbledore d'une voix neutre.

«Je n'ai pas de nouvelle de ma femme qui travaillait au ministère » dit soudain un homme au chapeau pointu et à l'allure patibulaire. « Peut-être que miss Granger l'a vu ? Une grande femme, blonde qui travaille au troisième en tant que communicatrice ? »

Hermione, un peu surprise, bougea les lèvres de façon à lui répondre par la négative mais déjà d'autres voix s'élevaient parmi les sorciers, réclament des nouvelles de personnes portées disparu.

Harry vit la famille Weasley regarder autour d'eux, désolé, et lui-même ne savait comment réagir.

Dumbledore imposa le silence d'un simple mouvement de bras.

« Le ministère est actuellement injoignable et inaccessible, et nous n'avons aucun moyen de savoir ce qu'il se passe à l'intérieur. Deux jours se sont passés depuis l'attaque, et j'ai peur que les chances de survie des personnes présentes soit…»

« Alors allons-y ! » lança l'homme patibulaire de tout à l'heure. « Pourquoi discuter alors que les vies de sorciers et sorcières sont menacés ? Si les Aurors ne font pas leur travail, c'est à nous de le faire, allons forcer les portes du ministère ! »

Des cris d'approbation et d'enthousiasme suivirent cette soudaine déclaration. Ça n'allait pas, Dumbledore ne pouvait pas contenir autant de Sorciers. Dans le monde d'Harry, l'Ordre était constitué de bien moins de membres.

« Et te jeter la tête la première dans le piège de notre ennemi, Bruklestonn ? » demanda le directeur en haussant cette fois-ci légèrement la voix. « Le ministère est aujourd'hui inattaquable et je vous demande de faire preuve de bon sens ! Nous devrons mettre au point des défenses efficaces pour pouvoir nous protéger en cas d'attaque… »

« Toujours sur la défensive, Dumbledore ! » contre-attaqua un vieux sorcier, sa barbe aussi blanche que celle du directeur de Poudlard. « Combien de temps a tu mis avant de te décider à attaquer Grindelwald en 1945 ? Combien de mort y a-t-il eu avant que tu te décides, Dumbledore ? »

D'autres sorciers se joignirent au vieil homme et bientôt la salle se divisa en deux partie. Les pro-Dumbledore soutenaient le directeur dans ses choix et tentaient de résonner les sorcier qui voulait partir à l'assaut.

« Vous ne comprenez pas notre douleur ! » cria une sorcière aux cheveux aussi noirs que les plumes d'un corbeau. « Mon fils est dans le ministère ! Je dois le sortir de là ! »

« Allez-y et faite vous tuer inutilement ! » répondit un homme de l'autre côté. « Vous ne comprenez pas que cela ne servirait à rien d'y aller maintenant ? »

« Toujours plus utile que de rester ici à attendre que tout le monde soit mort ! »

La salle devenait incontrôlable et Harry voyait bien que Dumbledore aurait du mal à rassembler tout le monde. Le vieux sorcier n'avait plus sa fougue d'antan et il ne pouvait unir sous son drapeau autant de sorcier que 50 ans plus tôt.

Harry leva sa main au niveau de sa poitrine. Il comprima un peu de magie qu'il condensa au niveau de sa paume avant de tout relâcher vers le sol.
La magie heurta l'estrade sur lequel il se trouvait, provoquant une onde de choc qui fit trembler le bâtiment tout en provoquant un son semblable à mille coups de feu.

Tous les sorciers présents dans la salle manquèrent de tomber au sol et durent plaquer leurs mains contre leurs oreilles.

Harry sentit les regards se tourner vers lui alors qu'il jetait sa capuche en arrière, dévoilant son visage et par conséquent, sa cicatrice en forme d'éclair. Bientôt tout le monde avait la tête tournée dans sa direction. Quand la dernière réverbération de l'onde de choc se termina, le survivant prit la parole.

« Voldemort. Voici le nom du mage noir qui est actuellement au ministère. Ce sorcier ne connaît pas de limite, il est prêt à tout pour atteindre son but et ne reculera devant rien. Son niveau en magie surpasse actuellement toutes nos réserves cumulées et il connaît plus de sortilèges qu'en contiennent les livres de Poudlard ! »

Sa voix était forte et assurée. Il avait déjà parlé à l'Ordre dans son monde. A la mort de Dumbledore, c'était lui qui avait dû prendre le commandement. Enfin, lui, aidé de Ginny, Ron, Hermione et de tous ses amis.

« L'Ordre du Phénix a aujourd'hui besoin de sorciers prêt à donner leur vie pour l'affronter, prêt à mourir pour assurer à leurs enfants un futur moins sombre ! Mais pas de fous ! Pas des sorciers suicidaires que certains d'entre vous êtes ! Pas d'assoiffés de sang, prêts à jeter leur corps en pâtures sans aucune préparation ! L'Ordre du phénix protège. L'Ordre du Phénix défend. L'Ordre du Phénix ne mène pas ses membres à une mort certaine et inutile ! »

Il marqua une pause, conscient de l'importance de ses mots.

« Peu d'entre vous connaissent mon nom. Je suis Harry Majes, et je suivrais les décisions de Dumbledore. » D'un geste il présenta son front. « Face à Voldemort, peu d'entre vous auront la chance de n'en ressortir qu'avec une simple cicatrice. Sans nous unir sous la bannière de Dumbledore je n'aperçois qu'un voile de ténèbres dans une nuit éternelle ! Faites votre choix maintenant. Restez fidèle à Dumbledore où sortez d'ici ! Partez-vous faire tuer ! »

Il termina son discours d'un mouvement de bras qui ouvrit les portes de la Grande Salle en grand. Un peu grandiloquent, certes, mais il fallait que ça marque les esprits.

Un murmure parcouru l'assemblée. Le vieux Bruklestonn se leva, soutint le regard d'Harry et quitta la salle en silence. Il fut suivit par une quinzaine d'autres sorciers et sorcières puis plus personne ne bougea.

D'un geste, Harry referma la porte puis, d'un coup de baguette, il scella l'entrée qui fut enveloppée d'une douce lumière bleutée.
Il regarda avec fierté tous les membres de la famille Weasley qui n'avaient pas bougés, tout comme la famille Londubat. Les professeurs de Poudlard étaient tous restés et, à sa grande surprise, la famille Malefoy n'avait pas bougé d'un poil.
Sa mère, souriante, lui lançait un regard énigmatique tout comme Remus Lupin qui paraissait interloqué. Au fond de la salle, Hagrid le regardait, les yeux pétillants.

« Vous allez vraiment les laissez partir se faire tuer ? » lui demanda Percy alors que tout le monde semblait attendre qu'il continue son discours.

Cela lui fit bizarre de voir ce garçon qu'il connaissait si bien le vouvoyer. Après tout, dans ce monde, ils avaient quasiment le même âge.
Harry lui sourit.

« Ils ne courent aucun risque, jamais ils n'arriveront à rentrer dans le ministère en perçant les défenses de Voldemort et nous auront trouvé un moyen de les franchir avant eux. Maintenant que nous sommes débarrassés des brebis galeuses, je crois que nous allons pouvoir passer au plat principal, professeur Dumbledore. »

Le vieux sorcier le regardait à travers ses lunettes en demi-lune en souriant. Levant son bras, il poussa Harry vers l'avant et lui posa une main sur l'épaule.

« Moi qui pensait garder les présentations pour la fin, je pense qu'il est temps de vous parler de monsieur Majes. »

Cette fois-ci plus personne ne semblait vouloir intervenir pour contredire le directeur.

« Tout comme miss Granger, monsieur Majes possède ma plus totale confiance. C'est lui qui à repousser les derniers Trolls et Dragons du Chemin de Traverse, sauvant pas la même occasion de nombreuses vies et, dans un registre un peu moins glorieux, c'est aussi notre actuel professeur de Défense Contre les Forces du Mal à Poudlard. »

Harry évita de regarder les personnes qui lui faisait face. Bien qu'habitué, il détestait qu'on le présente ainsi. Dumbledore semblait persuadé qu'il était quelqu'un d'exceptionnel, or, tout ce qu'il essayait de faire, c'était de réparer tous les problèmes qu'il amenait sans cesse.

Le vieux sorcier se racla la gorge et poursuivit.

« Tant que Voldemort, puisque c'est son nom, se trouve au ministère il nous est impossible de mener une offensive contre lui. Nous devons donc nous préparer à notre manière, nous tenir prêt à nous défendre. »

D'une main il montra la salle.

« Notre priorité numéro une sera l'accueil des élèves de Poudlard qui aura lieu dans quelques jours et assurer la protection des enfants ! Les défenses du château seront renforcées et nous allons mettre en place plusieurs patrouilles de surveillance à pré-au-lard, sur le Chemin de Traverse et aux alentours du ministère ! »

Ron dansait d'un pied sur l'autre, écoutant les consignes de Dumbledore avec avidité. A côté de lui, les jumeaux semblaient plus studieux que lors de toutes leurs années passées sur les bancs du château.

Lily avait les sourcils froncés, regardant à tour de rôle Dumbledore et Harry. A chaque fois, Harry essayait de tourner la tête au moment où sa mère essayait de capter ses yeux.
A côté d'elle Remus avait le visage fermé et les rides tirés sur son front.

Un peu plus loin, la famille Malefoy semblait n'écouter que d'une oreille tellement Lucius semblait donner des consignes à Drago. Si Harry se demandait si s'était vraiment une bonne idée de les avoir invités, il ne voulait pas remettre en cause les choix de Dumbledore maintenant que tout le monde l'écoutait. Néanmoins, des vérifications s'imposaient. La famille Malefoy de ce monde faisait-elle vraiment partie du côté du bien ? Dans son propre univers, Drago s'était finalement rangé à ses côtés, et s'était rendu indispensable lors des batailles contre le mage noir. Mais il ne pouvait pas en dire autant de son père.

Tout autour, les professeurs semblaient encadrer l'assemblée, acquiesçant aux dires de Dumbledore. Enfin Neville, juste devant ses parents, semblait boire les paroles du vieux sorcier, la bouche entrouverte de surprise.

Dumbledore marqua une pause dans son discours, laissant le soin à Harry de continuer.

« J'ai déjà affronté une fois ce sorcier, et j'ai peur que sa force dépasse l'entendement. Il va falloir être très prudent et ne pas se déplacer seul. Poudlard sera notre forteresse et Voldemort sait qu'il doit la prendre s'il veut asseoir son pouvoir. »

Ce fût Lily qui osa la première à poser la question qui brûlait les lèvres de tous les sorciers de la salle.

« Comment se fait-il que tu connaisse si bien ce sorcier ? Où l'a tu affronté ? » Demanda t-elle en regardant Harry dans les yeux pour la première fois.

Ouf, sa mère ne l'avait pas vouvoyé. Étrangement, ce simple fait réchauffa le cœur du survivant.
La question était délicate et il s'était préparé à y répondre.

« Avant de devenir professeur à Poudlard j'ai beaucoup voyagé. Je ne vous cache pas avoir été intéressé par la magie d'Europe de l'Est et c'est ici que j'ai croisé la route de Voldemort. »

Sans en dire beaucoup, cela lui permettait de gagner du temps et de mettre en place une histoire convenable. L'Europe de l'Est était réputée pour sa magie peu commune et il n'était pas rare que des sorciers excentriques arrivent de ces pays-là.

Par chance, ou bien était-ce prémédité, Hermione lui vint en aide de façon surprenante.

« Je pense l'avoir rencontré au ministère. » dit la jeune femme d'une voix timide. « Lorsque j'ai… fuit les combats, je pensais pouvoir retrouver le ministre mais… »

Hermione raconta avec précision ce qu'il s'était passé dans la salle secrète. Les sorciers de l'Ordre passèrent plusieurs minutes à commenter et analyser ce qu'il s'était passé. Selon Hermione, Voldemort dégageait une pression si forte qu'elle avait été incapable de faire quoi que ce soit contre lui. Il ne l'avait pas menacée, mais elle avait senti à quel point le sorcier était puissant.

Bientôt les tâches furent attribuées. Remus et les jumeaux Weasley s'occuperaient de surveiller pré-au-lard alors que Bill, Charlie ainsi que la famille Malefoy allait effectuer des rondes près du ministère.

De ce qu'Harry pu apprendre, Lucius Malefoy était devenu un célèbre vendeur de Chaudron à la richesse inégalée jusqu'alors. Ses contacts dans le milieu du business magique allaient lui permettre d'avoir des yeux et des oreilles un peu partout au Royaume Uni.

Sans grande surprise, Harry remarqua plusieurs fois Ron lancer des regards noirs vers un Drago qui ne fut pas avare en gestes outrageux. Il entendit même Ron murmurer que c'était fou d'avoir laissé des Serpentard comme eux assister à cette réunion, même s'il ne voulait pas directement faire part de cette remarque à Dumbledore.

Lucius proposa d'utiliser son manoir comme point de rendez-vous pour les rencontres de l'Ordre, mais ce fut finalement le Terrier qui fut choisis pour plus de discrétion.
Remus et Lily assurèrent qu'ils allaient faire des recherches de leurs côté afin de trouver un moyen de neutraliser ce mage noir.

Une nouvelle fois, Dumbledore géra les débats. Selon lui, ils ne pouvaient rien faire tant que Voldemort ne faisait pas son premier pas à l'extérieur. Voldemort allait probablement rester caché le temps que l'affaire de l'attaque du Chemin de Traverse et du ministère ne s'ébruite avant de faire une apparition sous les traits de Scrimgeour.

« Pourquoi ne prend-il pas tout de suite le contrôle de la communauté Sorcière ? »

Dumbledore sourit à cette question.

« Les mages noires se ressemblent. Il veut nous faire peur, nous faire savoir qu'il a tout son temps pour nous éliminer, et ce, quand bon lui semble. Harry semble dire qu'il est intelligent, et s'il est aussi intelligent que moi, alors c'est comme ça que je ferais. »

Il passa plusieurs minutes à expliquer le cheminement de sa pensée tout en continuant à donner des postes à chacun.
Les professeurs étaient logiquement en charges de la protection des élèves et la sécurité du château.

« Par ailleurs, je vais renforcer les défenses de Poudlard à son plus haut niveau de sécurité. Je veux que chaque pierre soit magiquement protégée contre une attaque ! »

McGonagall, Hagrid, Bermatus et Binns furent désignés pour assister Dumbledore à la mise en place de ces défenses.

Harry tiqua lorsqu'il comprit qu'il ne serait pas de la partie.

« Excusez-moi professeur, mais je souhaiterais mettre en place certaines défenses moi aussi. »

A sa grande surprise Harry vit Dumbledore échanger un regard avec Hermione avant de se retourner vers lui, le visage malicieux.

« Molly ? » appela Dumbledore d'une voix douce. La mère de Ron s'approcha et le vieux sorcier désigna Harry et Hermione d'un bras. « Le professeur Majes ainsi que miss Granger auront besoin d'un toit pour les prochain jours, serait-il possible de les héberger au Terrier ? »

La mère de famille regarda un instant Harry avant de sourire à Dumbledore.

« Evidemment il n'y a pas d'inconvénient bien sûr…. »

Harry était interloqué, pourquoi devait-il être loger chez les Weasley ? Il s'apprêta à refuser lorsqu'Hermione lui donna un coup sur la tête.

« Ne fais pas ton enfants et tu suis les ordres ! »

Le regard de la jeune femme choqua Harry au plus haut point. C'était le même, exactement le même que celui de l'Hermione de son monde lorsque Ron et lui s'apprêtait à faire une bêtise que la jeune femme n'approuvait pas.

Merlin mais qu'est-ce qu'il se passait ici ?

« Bon c'est décidé alors ! » conclut Dumbledore en frappant dans ses mains et en partant s'occuper d'une autre affaire.

Harry interrogea Hermione du regard, mais la jeune femme se détourna et engagea une discussion avec Bill Weasley sur la façon de mettre en place un sortilège sur de longue distance.

Presque chaque sorcier savait ce qu'il aurait à faire durant les prochains jours, si bien qu'ils s'étaient placés en groupe afin d'affiner leurs stratégies.

« Harry Majes, c'est ça ? »

Harry se retourna dans un bond. D'à peu près de la même taille que lui, les cheveux roux clair tombant contre ses épaules et des yeux verts reconnaissable entre mille, sa mère était juste devant lui.

Harry sentit le rouge lui monter aux joues.

« C'est ça oui. » répondit-il maladroitement.

Lily rigola. Un rire cristallin qui fit fondre le cœur du survivant. Bon sang c'était sa mère ! Devant lui !

« J'ai l'impression de te connaître… On ne s'est jamais rencontré ? »

Sans avoir vraiment la force de parler, Harry fit juste non de la tête. Il mourrait d'envie de lui poser des centaines de questions. Était-elle mariée à James Potter ? Pourquoi n'était-il pas ici ? Que faisait-elle dans la vie ?

Il vit la femme froncer des sourcils.

« Vraiment ? C'est bizarre, j'ai vraiment un sentiment de familiarité avec toi ! »

Son sourire était doux et Harry sentit les battements de son cœur s'accélérer. Dire qu'il avait souhaité plus que tout que ce moment arrive un jour voilà qu'il était complètement bloqué face à elle. Mais que pouvait-il dire ? Salut maman, je suis ton fils qui vient d'un autre monde du futur où tu es morte lors de mes 1 ans, ce qui m'a permis de terrasser un mage noir au passage. Oh et d'ailleurs c'est le même mage noir qui est ici par ma faute et qui est en train de tuer tout le monde, voilà. Un câlin ?

C'était juste totalement ridicule.

Sans s'en rendre compte, il s'était perdu dans le regard de la femme. Celle-ci semblait lire en lui comme dans un livre alors qu'Harry lui, n'arrivait pas à imaginer ce qu'elle pouvait penser.

« Remus aussi a l'impression de t'avoir déjà rencontré, c'est étrange non ? »

En disant cela, elle s'était tourné vers l'homme qu'elle venait de nommer. Un peu plus loin, Remus Lupin, Dumbledore ainsi que les jumeaux Weasley semblaient mettre en place les rondes autour du ministère de la magie.
En voyant le visage de son ancien mentor si concentré, Harry se demanda s'il était un lycan dans ce monde. Greyback était au service de Voldemort, mais qui sait ce qu'il s'était passé ?

« Mais on peut se tromper tous les deux, n'est-ce pas ? »

Lily lui fit un clin d'œil qui perturba le survivant au point qu'il n'eut même pas la force de lui répondre. La femme partit rejoindre le professeur McGonagall qui expliqua la répartition des sortilèges de défenses dans le château.

Un instant, Harry voulu les rejoindre. Une bataille à Poudlard s'était déroulé dans son monde et il savait quels points stratégiques étaient à protéger mais une main tira sur sa robe avant qu'il n'entame le moindre mouvement.

Hermione Granger lâcha son vêtement et se figea devant le survivant.

« Viens, » dit-elle simplement.

Elle l'entraîna un peu à l'écart et croisa ses bras au niveau de sa poitrine. La jeune femme resta sans rien dire un instant, créant ainsi un silence gênant, avant de se décider à prendre la parole.

« Au ministère, j'ai vu mourir des sorciers devant mes yeux… La souffrance, leur douleur… C'était atroce. »

Harry avala sa salive. Il savait ce qu'Hermione avait vécu, il connaissait la manière de procédé de Voldemort.
Il vit les iris d'Hermione plonger dans ses yeux, ce regard interrogateur qu'elle avait lorsqu'elle soupçonnait quelque chose.

« Pourquoi Voldemort te cherche ? Qu'as-tu as voir dans cette histoire, Harry Majes ? »

Harry tourna sa tête, ne laissait voir que son profil à la jeune femme. Hermione était la sorcière la plus intelligente qu'il connaissait et, s'il y avait bien quelqu'un en qui il pouvait avoir confiance, c'était elle. Pourtant, il ne voulait toujours rien révéler quant à sa véritable nature. Il avait peur… Peur de la réaction de tous. Il se considérait responsable de ce qu'il se passait, mais il pouvait en supporter la culpabilité tant que ses proches n'étaient pas au courant. S'ils le repoussaient, allait-il pouvoir seul vaincre Voldemort ? Il en doutait, et il ne voulait pas prendre le risque.

« Je crois…. Je pense pouvoir le battre. Je l'ai déjà affronté et je le vaincrais avec votre aide, Hermione »

C'est tout ce qu'il avait trouvé à répondre. La jeune femme attrapa le manteau rouge d'Harry et le tira vers elle. De surprise, Harry se laissa entraîner vers l'avant et ils étaient maintenant joue contre joue.

« Harry… » murmura Hermione. « Je veux croire Dumbledore lorsqu'il dit qu'il a entièrement confiance en toi, mais au fond de moi, je sais que tu nous caches des choses. Si tu ne veux rien dire, je finirais par le découvrir seule, quelle qu'en soit les conséquences. Es-tu vraiment sûr de ne rien vouloir me dire ? »

Une boule se forma dans le ventre d'Harry. Il avait envie, tellement envie, de tout lui raconter.

« Professeur Majes, Miss Granger ? Nous allons retourner au Terrier et commencer les préparations des tours de gardes. »

Harry sursauta lorsque Molly Weasley avait pris la parole. Il ne l'avait pas entendu arriver et il semblait en être de même pour Hermione à en juger par son visage rougit de surprise.

« Vous pouvez m'appeler Hermione, Madame Weasley » dit Hermione avec un sourire sur le visage.

« Et Harry ira très bien ! » enchaîna le survivant, sautant sur l'occasion d'une façon un peu trop brusque.

Molly Weasley leur souri à son tour.

« Dans ce cas Molly ira très bien. »

La mère de Ron leur fit signe de la suivre et Hermione lui emboîta le pas. Elle se retourna une fraction de secondes pour lancer à Harry un coup d'œil remplit de contradiction. Avait-il pu y lire de la compassion ? De la colère ou de la peur ?

Il n'en savait rien.


Dans une explosion de poussière, le survivant fut propulsé dans l'âtre de la cheminée. Peu habitué à ce moyen de transport, il glissa sur le petit promontoire devant la grille métallique et s'effondra au sol.

Le rire joyeux de Ron se répandit dans la pièce alors qu'il aidait Harry à se relever.

« Bienvenue au Terrier, Harry ! »

Ron avait pris Harry à part avant qu'il ne prenne la poudre de cheminette pour rentrer chez lui. Son père lui avait appris qu'Harry était le sorcier qui avait sorti Ginny du Chemin de Traverse et l'avait évité de se faire piétiner par le mouvement de foule.

S'ils ne discutèrent que quelques minutes, il n'en fallut pas plus à Ron pour se familiariser avec le jeune professeur qui accepta cette nouvelle amitié avec plaisir.

« Il paraît que t'étais le capitaine de l'équipe de Quidditch des profs ? Le seul à savoir monter sur un balais en gros, non ? »

De par leur âge proche, Ron ne semblait pas considérer Harry comme un réel « professeur » lui qui était encore élève à Poudlard un an plus tôt.

Leur échange fut écourté par le départ pour le Terrier, la maison familiale des Weasley. Si Harry ne comprenait pas vraiment la manœuvre de Dumbledore, ou alors était-ce celle d'Hermione, remettre les pieds dans cette maison lui fit chaud au cœur.

A peine arrivé, si on oubliait la chute de bienvenue, un tsunami de souvenirs avait envahi le survivant. La maison était l'exacte identique de celle qu'il connaissait. Le même sol, les mêmes meubles. La fameuse horloge magique qui indiquait 24h sur 24h la position des membres de la famille Weasley était bien à son poste.

La ressemblance ne fut pas que visuelle, mais aussi odorante. Une seule respiration permit à Harry de retrouver des odeurs qu'il connaissait si bien. Ce mélange d'air de campagne, d'herbe, de terre mais aussi de propre et de chaleur réconfortante envahit ses narines comme s'il les découvrait pour la première fois.

Derrière lui, la cheminée s'enflamma de nouveau dans une lueur verte et Hermione Granger apparut à son tour. La jeune femme fut plus inspirée qu'Harry vu qu'elle réussit à maintenir son équilibre, évitant ainsi une nouvelle chute ridicule.

Du coin de l'œil, Harry vu Ron regarder la sorcière enjamber la petite marche et s'épousseter la robe. Les choses ne changeaient pas en fin de compte.

« Professeur Majes ? »

Ginny Weasley se tenait dans l'encadrement de la porte qui menait à la cuisine. Une main contre le battant, elle semblait s'être arrêtée dans un mouvement de surprise et elle regardait Harry, une expression d'étonnement sur le visage.

Un frisson parcourut le dos du survivant. Quelques minutes plus tôt il l'avait complètement oublié. C'était aussi la maison de Ginny Weasley.


Mon Unique Univers chapitre 15 Fin. A bientôt pour le suivant : Souvenirs impardonnables