Bonjour tout le monde !
C'est avec plaisir que je vous propose aujourd'hui le dernier chapitre de cette histoire avant l'épilogue !
La version corrigée est en ligne ! Un très grand merci à MissLJJ71 !
Comme d'habitude, n'hésitez pas non plus à me faire part de vos commentaires, je répond à toutes les reviews signées !
Bonne lecture !
Mon Unique Univers chapitre 17 : Mon Unique Univers
Extrait du journal d'un voyageur de mondes : Les damnés
A) Particularités
Un Damné est l'une des créatures les plus étranges et dangereuses que j'ai pu rencontrer et ce dans tous les mondes que j'ai pu visiter. Etrangement, il ne m'a pas fallu longtemps pour me rendre compte de sa dangerosité, étant donné que son habitat naturel est lui-même des plus menaçants : L'intra-monde.
L'intra-monde (cf. chapitre 4, page 58) est, je vous le rappelle, l'interstice, ou le couloir, qui sépare les univers les uns des autres. C'est par ce chemin que passent tous les voyageurs voulant passer d'un monde à l'autre et il n'y a aucun autre moyen que de passer par celui-ci.
Les Damnés sont les protecteurs de ce monde. Ils sont en charge de gérer sa sécurité tout comme la stabilité des mondes hôtes que peut contenir l'intra-monde. J'aime les comparer avec nos propres défenses immunitaires : ce sont des globules blancs en charge d'éliminer tout être non conforme à la stabilité de son monde. Pour un voyageur, ils sont le danger numéro un lorsqu'ils se promènent dans l'intra-monde sans l'accompagnement d'un Elfe Piégeur (cf. : chapitre 6, page 102).
La forme d'un Damné varie d'un bout à l'autre de l'intra-monde mais ils sont communément assimilés à des sortes "d'ombres" à l'apparence changeante et à la masse instable.
Lorsqu'il attaque, le Damné, souvent accompagné d'acolytes, enveloppe sa cible et tente d'en prendre le contrôle de l'intérieur. De ce que j'ai vu, une fois qu'un Damné à entouré sa cible il est impossible de s'en débarrasser.
Etrangement, ce système de défense n'a pas pour rôle de nourrir le Damné qui semble utiliser l'énergie (ou la magie) de l'intra-monde pour vivre. En effet, l'intra-monde absorbe la magie pour pouvoir exister et, par ce fait, produit des Damnés pour se défendre qui eux même utilisent cette magie pour vivre. C'est ce qu'on peut appeler un cercle vicieux. L'intra monde pompe la magie pour exister, les Damné protègent l'intra-monde, l'intra monde fournit la magie aux Damnés. Un écosystème presque parfait.
B) Instabilité
Nous y reviendrons plus en profondeur un peu plus loin dans le livre, j'ai néanmoins une théorie sur les Damnés et l'instabilité temporelle d'un monde.
Lorsqu'un monde subit une instabilité, la cause de cet effet sera expulsée vers l'intra monde et soumise aux Damnés. Les créatures vont alors analyser cette cause pour identifier si oui, ou non, elle est relative à l'instabilité du monde précité.
Si c'est le cas, les Damnés élimineront simplement la menace. S'il s'avère que l'objet en question n'est pas la cause principale alors il sera renvoyé dans son monde initial sans management supplémentaire.
Par mesure de protection, et plus particulièrement si la cible est un être vivant, voire un être humain, un verrou psychique sera apposé à son esprit pour l'empêcher de révéler l'existence de l'intra-monde et en menacer son existence. Le verrou prend la forme d'une masse gélatineuse collée au cortex mémorielle proche de l'Hippocampe (arrière du cerveau). Une opération chirurgicale est nécessaire pour s'en débarrasser.
Journal d'un voyageur de monde, chapitre 7, page 135
" Un Damné ?"
Hermione avait ses mains appuyées contre sa table de chambre. Ses doigts tapotaient en rythme le bois, provoquant une vague sonore répétitive.
Assise sur le lit aux couvertures claires, Ginny regardait d'un bout à l'autre de la chambre, passant d'Hermione vers le jeune homme devant la fenêtre.
Harry Majes, ou plutôt Harry Potter, observait sans ciller les champs qui s'étendaient derrière le Terrier. Les mains croisées dans le dos, une fine goutte de sueur, ou était-ce plutôt de stress, coulait le long de sa joue.
Il hocha la tête sans pour autant se retourner.
"J'en ai vu un dans l'intra monde, et après m'avoir raconté ce que tu as vu dans les souvenirs de cet enfant... Je pense que c'est là qu'il se trouvait."
Hermione pinça ses lèvres, se plongeant physiquement et mentalement dans une profonde réflexion.
Ginny de son côté comprit rapidement la situation.
"Alors, ce qui est arrivé à Jim... Cette sorte de trou noir, c'était un passage vers ce...Vers cet Intra-monde ?"
Harry ne répondit pas tout de suite. Il soupira tout en replaçant ses lunettes sur son nez.
"Ce que je comprends pas" dit-il d'une voix sèche. Il avala sa salive avant de poursuivre. "C'est pourquoi, si ce monde est instable, la cause n'a pas encore été éliminée par l'intra-monde ? Je veux dire, si un voyageur cause cette instabilité, c'est probablement moi ou Voldemort... Alors pourquoi l'Intra-monde ne nous cible pas directement ?"
Cette fois-ci, Hermione se leva et commença à marcher dans la chambre. Elle marmonna des mots pour elle-même avant de parler plus fort.
"Et s'il y avait un troisième voyageur dans ce monde ? Ça pourrait provoquer ce déséquilibre non ?"
Ginny ouvrit la bouche avant de la refermer sans rien dire. Quant à Harry, il ne sembla même pas réagir et ne bougea pas d'un pouce.
Voyant qu'ils ne prendraient pas la parole, Hermione continua.
"Quoiqu'il en soit, il faut mettre au courant l'hôpital Ste-Mangouste et faire des analyses. Si une masse se trouve dans le cerveau d'un malade, alors nous pouvons être sûr qu'il s'agisse des Damnés."
Harry se tourna enfin, dévoilant un visage fatigué et tiré par la fatigue. De longs cernes creusaient ses yeux et une barbe de quelques jours noircissait son visage.
"Nous ne pouvons pas nous permettre de nous montrer à Ste Mangouste tant que Voldemort détient le ministère." D'un geste de la main, il se massa le bas de la nuque et fit tourner sa tête de droite à gauche. "Peut-être faudrait envoyer un lettre pour demander le transfert des malades vers Poudlard et les soins seront désormais pris en charge là-bas."
Ginny fronça ses sourcils. L'hôpital n'était pas au courant de la mort du ministre et obéirait donc aveuglement à Voldemort.
"Harry, je ne vois pas comment nous allons pouvoir faire ce transfert sans nous faire remarquer... Je vous dire, Voldemort n'attend que ça et... "
La jeune fille remarqua qu'un mince sourire se formait sur le visage du survivant. Troublée, Ginny ne termina pas sa phrase.
"C'est parce que nous allons pouvoir passer à l'attaque." dit Harry tout en sortant une feuille de parchemin et une plume du bureau. "Nous allons nous servir de la persécution des nés-Moldu pour établir un réseaux contre le régime du ministère. Poudlard va désormais accueillir non seulement les malades mais aussi tous les sorciers se sentant menacés par le régime, et ce, sans nous cacher du ministère."
Tout en parlant, Harry griffonnait des mots sur son parchemin avant de le rouler et de le sceller à l'aide d'une ficelle argentée.
"Un message sera envoyé à toutes les familles Sorcières. Poudlard va accueillir toute personne voulant s'y réfugier."
Hermione s'avança vers Harry et le prit par les épaules.
"Harry, je ne sais pas ce que tu as en tête mais c'est complètement fou ! Jamais Voldemort ne va permettre ça !"
Harry se détacha de l'étreinte d'Hermione d'un geste sec. Ouvrant un pan de sa robe, il rangea le parchemin dans une poche intérieure.
"Voldemort n'aura d'autre choix que d'accepter. Je vais voir Dumbledore pour mettre en place un faux départ du Poudlard Express et nous allons aussi nous servir du manoir des Malefoy. Ginny, tu connais la plupart des passages secrets de Poudlard ?"
Ginny releva la tête à l'entente de son nom. Elle ne savait que penser devant un tel plan et s'était laisser perdre dans ses réflexions.
"Les sept passages ? Si ce sont ceux inscrits sur la carte alors oui, je les connais."
Harry ouvrit les yeux de surprise. Alors qu'il se dirigeait déjà vers la porte de la pièce, la main prête à appuyer sur la poignée, il stoppa son geste et se tint immobile pendant un instant.
"La carte ?" dit-il entre ses dents. "Tu veux dire la carte des Maraudeurs ? Tu l'a en ta possession ?"
Pour toute réponse, la rouquine quitta la salle en trombe et revint quelques minutes plus tard avec un parchemin entre ses mains.
"C'était Fred et George qui l'avaient avant que Ron ne la récupère... J'ai réussi à la prendre uniquement cette année..."
Harry arracha la carte des mains de la jeune fille, obtenant pour le coup en regard désapprobateur, et prononça l'incantation : "Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises"
La carte prit vie devant les trois occupants de la chambre. Sous les yeux d'Harry s'afficha la traditionnelle phrase de bienvenue : Messieurs Lunard, Queudver, Patmol et Cornedrue spécialistes en assistance, aux Maniganceurs de Mauvais Coups, sont fiers de vous présenter LA CARTE DU MARAUDEUR.
Harry se paralysa, n'arrivant plus à se détacher de ces quelques mots.
"Cornedrue..." murmura-t-il pour lui-même.
Ginny le regarda étrangement alors qu'Hermione ne semblait pas comprendre ce qu'il se passait.
Sans un mot, le survivant rendit la carte à Ginny.
"Quand doit arriver le sorcier chercheur, Hermione ?"
Après avoir répondu à la lettre d'Hermione, le sorcier Français Jean Chapeau avait demandé une rencontre avec la jeune femme pour pouvoir discuter plus tranquillement. Jean devait arriver par transplanage dans la zone autorisée proche du Terrier.
"Demain en début d'après-midi." répondit Hermione par automatisme.
Harry hocha la tête de haut en bas et attrapa sa veste qu'il enfila dans la foulée.
"Nous terminerons de mettre au point le plan en compagnie du chercheur. Ginny, toi et Hermione allez avertir les membres de l'Ordre de la préparation d'un faux Poudlard Express, je verrais avec Dumbledore pour les détails. Assurez-vous de l'ouverture de tous les passages secrets de Poudlard, en particulier ceux menant à Pré-au-Lard."
Ginny s'approcha d'Harry et le prit dans ses bras. Le serrant contre elle, elle put sentir toute la tension du survivant.
"Qu'est-ce que tu vas faire ?" demanda-t-elle doucement.
Harry prit les mains de Ginny dans les siennes, les serra un bref instant avant de les relâcher. Il sourit à la jeune fille.
"Je dois vérifier quelque chose..."
En se retournant, Ginny était persuadée d'avoir entendu une phrase supplémentaire, mais elle ne pouvait pas dire s'il ne s'était pas juste agit de son imagination.
Ces mots disaient :
"Et montrer à Voldemort comment combat le chef de l'Ordre du Phénix".
Soulevant la poussière autour de lui, Harry apparut non loin du ministère. L'Ordre avait décidé d'utiliser le toit d'un immeuble pour pouvoir transplaner en toute sécurité. Du haut du bâtiment, Harry avait une vue sur les trois entrées principales du ministère de la magie, il pouvait ainsi contrôler le va et vient des employés et des sbires de Voldemort.
Depuis deux jours, les employés qui avaient eu la bonne idée de prendre leur journée de repos lors du carnaval du Chemin de Traverse avaient pour la plupart repris leur travail. D'après les dires des sorciers en charge de la surveillance du Ministère, aucune chose étrange ne s'était produite. La rafle des nés-moldu n'avait pas encore commencée, mais Harry savait que ce n'était plus qu'une question de temps.
Du coin de l'œil, Harry repéra du mouvement. Sans se retourner il salua l'homme d'un mouvement de tête tout en demandant s'il y avait du nouveau.
"Rien de spécial..." répondit Ron en entrant dans le champ de vision du survivant. Le rouquin se cala contre la grille de l'escalier de secours. " Tout est calme, comme on pouvait s'y attendre Voldemort cherche à éviter tout mouvement de panique... Après deux attaques, la communauté sorcière est affaiblie et ils sont prêts à accepter les nés-moldu comme responsable."
Harry rejoignit son ami, il posa ses mains contre les grilles et serra le fer. En silence, ils observèrent tous deux la cabine téléphonique qui permettait aux sorciers d'accéder à l'atrium du ministère.
A cet instant justement, un sorcier ouvrit la porte de la cabine et composa le numéro codé. Par précaution, il vérifia les sortilèges de repousse-Moldu avant de s'enfoncer dans le sol.
Ron soupira avant de demander à Harry comment ça se passait de son côté. Le jeune homme plissa ses yeux tout en se frottant sa courte barbe.
"Je commence à entrevoir des solutions, mais c'est pas encore ça..."
"Hermione va bien ?"
Ron avait soudainement posé la question. Elle aurait pu passer pour une interrogation banale si la voix du rouquin n'avait pas tendu vers les aigus.
Harry retint un rire mais ne put empêcher le rictus qui naissait sur ses lèvres. Malgré la gravité de la situation, Ron arrivait toujours à le faire rire et à lui faire oublier à quel point il était désespéré.
"Hermione ?" dit Harry en feintant la surprise. "Elle se remet plutôt bien... C'est une fille forte."
"Ouais hein..." répondit Ron dans un demi-soupir. Il ne quittait pas des yeux la petite cabine en contre bas.
Harry se détacha de la grille et donna une tape sur l'épaule de son ami.
"Tu sembles bien curieux pour quelqu'un qui se moquait sans cesse d'Hermione durant ses études à Poudlard."
Ron toussa à la limite de l'étranglement. Frappant sa poitrine de sa main, il aspira une grande bouffée d'air tout en jetant un regard mauvais à Harry.
"Qui... Qui t'as dit ça ? dit-il entre deux halètements.
Harry leva les mains au ciel en signe d'innocence.
"Ginny m'en a peut-être parlé récemment..."
Ron grommela et, si Harry ne comprit pas une grande partie de la phrase de Ron l'instant suivant, il devina qu'elle contenait des mots peu recommandables.
Ron leva sa tête brusquement, comme s'il venait de se rendre compte de quelque chose.
"Je trouve que Ginny parle de beaucoup de chose à son professeur, tout de même..."
Sentant le terrain glissant, Harry s'éloigna un peu plus.
"Tu te fais des idées vieux..."
Deux jours plus tôt, Ginny l'avait embrassé. S'ils avaient passé une grande partie de la soirée ensemble, leur relation n'avait pas plus évoluée que ça et il était hors de question pour la jeune fille comme pour lui d'en parler aux membres de la famille Weasley. Seule Hermione était au courant, et vu qu'elle connaissait la précédente vie d'Harry, elle ne sembla pas plus surprise que ça.
Pendant plusieurs heures, le survivant et Ginny avaient parlé. De leur vie respective, principalement. Ginny avait écouté Harry aborder son enfance et l'histoire de son monde plus en détail. Si elle connaissait déjà les grandes lignes grâce au sortilège de souvenirs, elle apprécia l'entendre aussi de la bouche d'Harry.
Pour le survivant, c'était aussi une libération. Il avait même ressortis les quelques photos qu'il avait amenées avec lui dans ce monde. A son grand étonnement, Ginny éclata de rire face à une photo de Ron et d'Hermione, affirmant sans broncher que les deux ne pouvaient pas se voir en peinture dans cet univers.
De son côté, Ginny lui avait raconté ce qu'elle avait vécu à Poudlard. La Weasley était si différente de la Ginny de son monde, si innocente. La rouquine était malicieuse, courageuse et fidèle. En une soirée, Harry en appris bien plus qu'en deux mois.
Ginny Weasley. Harry savait qu'il n'oublierait jamais Ginny, sa Ginny. Celle qui lui avait donné cette chance de pouvoir continuer à vivre. Pour sa mémoire, il ne voulait pas tout gâcher, il ne voulait pas que son sacrifice soit inutile.
Dans ce monde, il avait trouvé la réponse qu'il cherchait. Qu'il n'existe pas deux Ginny identiques et que l'une ne pourra jamais remplacer l'autre.
La Ginny qu'il avait aimée n'était pas celle qu'il aimait maintenant, c'était tout simplement deux personnes différentes et Harry appréciait leurs qualités, tout comme leurs défauts... Tout comme cette fichu manie de tirer la langue à tout bout de champ !
De retour à la réalité, Harry ouvrit la porte menant vers les étages inférieurs.
"Où vas-tu ?" interrogea Ron en redevenant sérieux.
Ce n'était pas simplement de la curiosité, un membre de l'Ordre devait savoir sans cesse ou se trouvait ses coéquipiers pour intervenir en cas de besoin.
"Il faut que j'aille voir Remus et Lily..." répondit Harry en entamant sa descente et en fermant la porte derrière lui.
Vingt mètres plus bas, Harry déboula dans une petite ruelle, juste derrière l'avenue où se trouvait l'entrée du ministère. Le survivant transforma sa cape en une veste basique et un pantalon assortis. Par précaution, il lança un sortilège de désillusion pour passer inaperçu et s'engagea dans la rue.
Situé de l'autre côté de la route, un homme à l'aspect rondouillard et au teint pâle ouvrait la porte aux clients d'un grand hôtel. Il était vêtu d'un style groom, typique des portiers d'Angleterre.
Harry s'approcha de l'homme et leva son sortilège.
" Un bonbon au citron ?" proposa Harry en fouillant dans ses poches.
L'homme leva sa main pour refuser.
"Non merci, je préfère un caramel goût citrouille." répondit-il tout en ouvrant la porte à un couple.
Un mot de passe digne du grand Dumbledore. Les membres de l'Ordre pouvaient ainsi s'identifier sans pour autant révéler leur identité. Harry se cala contre le mur pour laisser l'entrée bien en vue et fourra ses mains dans ses poches à la façon d'un jeune citadin.
"Que me vaut ta visite, Harry ? Tu n'es pas avec Dumbledore ?"
Harry fit non de la tête. L'homme parlait à voix basse sans le regarder, pourtant le survivant comprenait parfaitement ce qu'il disait.
"Je viens vérifier que tout va bien ici, Remus... Et j'aimerais te poser une question."
Remus, qui avait donc prit comme couverture un portier bien en chair leva un sourcil tout en saluant d'un mouvement de tête la femme qui sortait de l'hôtel.
"Il n'y a pas eu de mouvement depuis hier" dit-il en regardant la rue. "Que veux-tu savoir ?"
Harry souffla tout en se dégageant du mur. Il racla le sol de son pied comme s'il voulait enlever une saleté avant de s'accroupir et de nettoyer sa chaussure.
"La carte du maraudeur, tu l'a bien fabriquée à Poudlard n'est-ce pas ?"
Remus se racla la gorge de surprise. Il frappa de sa main sa poitrine pour stopper sa toux et avala sa salive.
"C'est bien ça, qui t'en a parlé ?"
Harry se releva, épousseta sa veste et remit en place son col.
"Avec qui l'as-tu fabriqué ? Black ? Pettigrow ?" dit Harry en évitant la précédente question du lycan.
Le portier vérifia que personne ne voulait entrer dans l'hôtel avant de répondre.
"Je ne sais pas qui t'as mis au courant de ça, Harry, mais oui c'est bien avec Sirius Black et Pettigrow que je l'ai mise au point... Merlin, mais pourquoi toutes ces questions ?
"Est-ce que James Potter était avec vous ?" coupant Remus dans son élan, Harry avait parlé sèchement.
Du coin de l'œil, il vit Remus danser d'un pied sur l'autre pendant qu'il réfléchissait à la question.
"James ? Qui est-ce ? Nous n'étions que trois lors de la création de la carte..."
Harry ne réagit pas physiquement, mais intérieurement son cœur avait fait bond. Si James n'était pas à Poudlard avec eux, pourquoi son nom était-il inscrit sur la carte ? Qu'est-ce que tout cela signifiait bon sang ?
Ses deux autres questions portaient sur l'actualité de Sirius et de Peter. Selon Remus ils étaient tous deux à l'étranger pour leur travail et cela faisait plus d'un an qu'il ne les avait pas vus... deux personnes qu'Harry ne pourra probablement pas interroger sur James, donc... Il restait tout de même une dernière sorcière à aller voir.
S'inclinant pour disposer, Harry retourna à la zone de transplanage à la hâte et transplana dans la foulée.
Tournoyant sur lui-même, il apparut dans un Pré-au-Lard vide de toute vie. Sans perdre de temps il emprunta le passage secret de la Cabane Hurlante pour rejoindre le château. Prendre ce passage fit remonter bon nombre de souvenirs au survivant, qui ne prit même pas la peine de les analyser.
Révélant son identité au garde de Poudlard, il gagna rapidement les appartements des professeurs et toqua à la dernière porte du couloir.
Un faible "entrez !" étouffé par les épais murs du château lui donna l'autorisation d'ouvrir la porte.
La pièce que l'ouverture révéla était l'un des appartements non occupés par un professeur de Poudlard. C'était un espace vaquant que le château utilisait s'il devait recevoir des invités supplémentaires.
La salle, grise et peu meublée, était dénudée de toute décoration, laissant libre à son occupant du moment de choisir ce qui lui convenait le plus. Apparemment, la personne qui utilisait la salle actuellement n'avait que faire du décorum.
"Harry ?"
La voix mature et féminine fit frissonner le garçon. A chaque fois qu'il devait lui parler il avait l'impression d'être redevenu un enfant.
Assise devant le bureau de la chambre, Lily Evans ferma le livre qu'elle était en train de lire et sourit au nouveau venu.
"Que me vaut ta visite ?" demanda-t-elle tout en se levant.
Ses cheveux roux clairs tombaient contre ses épaules, et Harry ne put s'empêcher de se noyer dans les yeux verts de la femme.
Reprenant ses esprits, il s'avança dans la pièce.
"Désolé de te déranger dans tes recherches Lily, j'aurais quelques question à te poser..."
La femme invita Harry à prendre place sur le canapé et s'excusa de ne pas pouvoir le recevoir dans un lieu moins... triste.
"Aucun problème," la rassura Harry en souriant avant de reprendre un air sérieux.
Lily prit place aux côtés du survivant. Voyant que le garçon ne semblait pas trouver ses mots, elle l'invita à poursuivre d'un geste de la main.
"Lily... J'aimerais que tu prennes le temps de réfléchir, c'est une question importante. As-tu déjà entendu parler de James Potter ?"
La femme plissa ses yeux à l'entente de ce nom. Jouant avec une mèche de ses cheveux, elle se concentra.
"Rien ne me vient à l'esprit, non ça ne me dit vraiment rien..."
Harry avala sa salive. Il était persuadé qu'il y avait quelque chose derrière tout ça.
"Je sais que ça va te paraitre étrange" continua-t-il. "Il est possible que ta mémoire ai été modifiée... J'aimerais m'en assurer, tu veux bien ?"
Utiliser un sortilège mémorielle sur une personne que l'on venait tout juste de rencontrer n'était pas une mince affaire. Par automatisme, le cerveau protège ses pensées en permanence en cas d'intrusion non autorisée et Harry savait ô combien la légilimancie pouvait être éprouvant.
"Bien sûr, aucun soucis !" répondit-il elle à la grande surprise d'Harry
La femme cala ses cheveux derrière son dos pour dégager son cou et se mit face à son "fils". Qu'elle ait accepté aussi facilement perturba quelque peu Harry, mais par la même occasion il ne put ressentir que de l'admiration pour sa mère. Elle ne le connaissait qu'à peine et pourtant il semblerait qu'elle lui fasse déjà confiance. Pouvait-il en faire autant ? Accepterait-il qu'elle utilise un tel sortilège sur lui ? Il en doutait.
Levant sa baguette il lança son sort en même temps que son esprit vers Lily. Le sortilège était simple : lorsqu'on prononce un mot devant quelqu'un, le cerveau de cette personne visualise automatiquement l'objet, la personne ou le thème qui avait été évoqué. En entrant dans l'esprit de Lily, Harry aurait accès à cette information brute qui ne serait bridée pas aucun sortilège de mémoire.
"James Potter"
Son esprit envoya l'information directement au cœur de celui de Lily. Un flash lumineux lui répondit et il s'attendait à voir le visage de son père apparaître d'un moment à l'autre. Pourtant, au bout de plusieurs secondes il dû de rendre à l'évidence. Si aucune image ne venait s'incruster dans son esprit, cela ne pouvait signifier qu'une seule chose : James Potter n'existait vraiment pas pour Lily Evans.
"Alors ?" demanda Lily une fois qu'Harry ouvrit de nouveau les yeux sur le canapé.
Le survivant fit simplement non de la tête et se leva dans la foulée. Cela ne servait à rien de ressasser cette idée, à part perdre du temps il n'obtiendrait rien de bon.
Il s'excusa une nouvelle d'avoir déranger la femme dans son travail et ouvrit la porte pour s'éclipser.
"Attends !"
A peine eut-il entendu ces mots que deux bras l'enlacèrent. Lily serra doucement Harry contre elle, ses mains contre la poitrine du survivant.
Harry sentait battre le cœur de sa mère contre son dos et cela lui procura un sentiment de réconfort qu'il n'avait jusqu'alors jamais ressenti.
Au bout d'une minute, Lily laissa tomber ses bras et se dégagea.
"Excuse-moi, je ne sais pas si... il fallait que je le fasse !" s'exclama-t-elle en se reculant.
Sans un mot, Harry quitta la chambre.
"La tempête magique, l'attaque du ministère... Tout cela à avoir avec un voyageur de monde, n'est-ce pas ?"
Jean Chapeau, chercheur français titré d'un doctorat en Magie gratta sa barbichette tout en grognant sa réflexion.
Dans l'espace étroit où se donnait une réunion très spéciale, Ginny Weasley regardait un à un les différents protagonistes avec un certain malaise.
S'ajoutant à l'atmosphère tendue, une hélice en ferraille imposante grattait le dos de la rouquine alors que ses pieds s'emmêlaient en peu plus de seconde en seconde dans des câbles électriques.
A sa droite, Dumbledore, le regard à demi caché par des lunettes en forme d'une Lune du premier cycle observait avec insistance le sorcier Français. Devant elle, Hermione Grange avait le visage rougit par la chaleur. Regardant avec insistance ses pieds, elle semblait attendre sans vouloir s'interposer, la suite de la discussion.
Juste à côté d'elle se trouvait donc Jean Chapeau. Toujours plongé dans ses pensées, le chercheur était vêtu de sa traditionnelle cape blanche et, s'il avait pour l'heure un visage concentré, il avait tout l'air d'être un homme d'une compagnie agréable.
Enfin, juste à la gauche de Ginny, Harry Potter tapotait de son doigt la table sur laquelle il était appuyé en évitant tout de même de toucher une prise électrique mal placée.
Dans ce lieu insolite, tous ce beau monde était entassé sur seulement à peine plus de deux mètres carré. C'était l'espace vital laissé par Arthur Weasley dans son sanctuaire : le garage. Où comme le père de la rouquine aimait l'appeler :sSa caverne Moldu.
Car c'était bien là qu'avait lieu la rencontre entre quatre membres de l'Ordre du Phénix des plus influant avec le sorcier chercheur français qui semblait détenir des informations capitales.
Arrivé quelques minutes avant le chercheur, Dumbledore avait émis le souhait de visiter le célèbre garage Moldu d'Arthur. Harry n'avait pas vraiment expliqué sa situation à Dumbledore mais avait tout de même évoqué le fait que Voldemort semblait venir d'un autre monde que le leur. Le vieux sorcier avait étudié toute la nuit précédente le fameux livre qu'avait ramené Hermione et avait montré tout son intérêt à suivre la rencontre avec le chercheur.
Fou de joie, le père de Ginny les avait accompagné jusqu'à sa planque et avait commencé à expliquer en détails divers collections aussi saugrenues qu'inattendues. S'il avait commencé de façon tranquille avec sa collection de prises électriques, au creux de son oreille, Harry avait d'ailleurs chuchoté à Ginny qu'Arthur avait un hobby similaire dans son propre monde, mais qu'elle était bien loin d'égaler celle-ci, la situation avait vite dérivé vers les différents canards en plastiques qu'Arthur semblait apprécier tout particulièrement.
Hermione, devenu plus rouge que jamais, n'avait d'ailleurs presque plus parlé depuis ce moment-là. Quant à Dumbledore, il semblait totalement subjugué par toutes les découvertes extraordinaires qu'il semblait faire dans ce lieu.
Bien entendu, Jean Chapeau était arrivé pendant leur visite et le vieux directeur de Poudlard avait décidé avec un certain amusement de commencer la discussion dans le garage.
Si Hermione avait voulu protesté, Harry avait tout de suite lancé le sujet en demandant au sorcier comment il s'était procuré la copie du Récit d'un voyageur de Mondes. Prise dans la discussion, Ginny en était rapidement arrivée à la conclusion qu'Harry, Dumbledore et Jean avaient totalement oublié le lieu dans lequel ils se trouvaient et débattaient avec ferveur.
Le sorcier Français avait récupéré le document fin 1975 durant une vente aux enchères. Travaillant déjà sur la théorie des Mondes multiples, il avait était intrigué par le titre du document et l'avait acheté pour une miche de pain.
D'abord peu convaincu par les propos tenus par l'ouvrage, il avait rapidement croisé ses idées avec celles du livre. Bon nombre de ses théories, comme l'existence de portes temporelles, étaient parfaitement décrites dans divers chapitres.
S'aidant du livre, Jean avait alors élaboré de nombreuses nouvelles théories sur les mondes parallèles mais n'avait presque jamais été pris au sérieux par ses compères.
Lorsqu'Hermione lui demanda comme Henry, son mentor, se trouvait en possession de l'ouvrage, Jean haussa ses épaules.
Henry lui avait envoyé une lettre quelques jours avant l'attaque du ministère anglais (qui avait été à la une dans la plupart des journaux magiques français), expliquant qu'il souhaitait en apprendre d'avantage sur les mondes parallèles et qu'il souhaitait organiser une rencontre dès que possible. Etant en conférence à l'étranger, Jean avait décidé d'envoyer une copie de l'ouvrage en expliquant qu'une grande partie de ses théories se basait sur les dires de ce livre et qu'il ne pouvait se déplacer pour le moment.
Hermione acquiesça tout en baissant la tête et Ginny se rendit compte qu'elle n'avait jamais vu la jeune femme souffrir publiquement de la mort de son mentor. Depuis qu'elle était au Terrier, Hermione avait toujours l'apparence d'une sorcière forte et déterminée, bien loin des horreurs qui lui était arrivées.
Ce document était la dernière chose qu'elle détenait d'Henry, et Ginny comprit qu'il signifiait désormais bien plus pour l'ancienne apprentie que pour le sorcier Français.
La discussion avait ensuite continué vers la maladie imaginaire. Jean avait surpris tout le monde en expliquant qu'il était au courant de ce qui se passait en Angleterre et qu'il était en train d'écrire une théorie sur cette maladie, mettant en cause les hypothétiques créatures de l'intra-monde : les Damnés.
Lorsqu'Harry confirma l'existence de l'intra-monde au sorcier, celui-ci ne manqua pas de marmonner un "j'avais raison" avant de reprendre un peu plus fort.
"La tempête magique, l'attaque du ministère... Tout cela à avoir avec un voyageur de monde, n'est-ce pas ?"
Au ton du sorcier, ce n'était pas vraiment une question qu'il posait, mais plus une affirmation qu'il se faisait à lui-même.
Dumbledore acquiesça d'un mouvement de tête avant que le vieux sorcier ne se tourne vers Ginny.
"Miss Weasley... Et Miss Granger, "se reprit-il en se tournant vers Hermione. "Serait-il possible de nous laisser seul avec monsieur Chapeau ? J'aimerais m'entretenir par la même occasion en privé avec le professeur Majes..."
Ginny laissa s'échapper un gémissement de surprise alors que les sourcils d'Hermione ridaient son front.
"Mais, Professeur Dumbl..."
Hermione attrapa la main de la rouquine avant qu'elle ne puisse terminer sa phrase et l'entraina vers la sortie du garage.
Trop étonnée pour pouvoir se défendre, Ginny se laisser tirer vers l'extérieur et les deux femmes parcoururent plusieurs mètres dans le jardin avant que Ginny n'arrive à se détacher de la poigne de son amie.
"Hermione... Pourquoi n'as-tu pas protesté ? Je veux dire, on fait partie de l'Ordre aussi !"
De là où elle était, elle ne voyait que le dos de la jeune femme. Marchant à une allure soutenue, les cheveux châtain d'Hermione se balançaient d'une épaule à l'autre.
"Dumbledore ne sait pas..." répondit finalement Hermione en s'arrêtant brutalement.
Ginny manqua de percuter son amie et elle dû faire un écart pour ne pas la renverser. Sans faire mine d'avoir vu l'esquive malhabile de la rouquine, Hermione continua.
"Dumbledore ne sait pas qu'Harry vient lui aussi d'un autre monde et je ne pense pas qu'il veuille le lui dire maintenant... A vrai dire, quand j'ai su que le directeur serait avec nous aujourd'hui j'ai cherché un moyen pour ne pas à l'affronter... Et c'est lui-même qui m'a donné l'occasion de partir."
Ginny la regarda avec un air interrogateur sur le visage.
"Je ne comprends pas..." dit-elle en vérifiant par reflexe que personne ne les écoutait.
Un peu plus loin, une fumée grise s'échappa de la cheminée du Terrier. Un moldu aurait simplement dit qu'un feu commençait à naitre dans l'âtre, mais pour un sorcier, plusieurs autres explications étaient possibles.
Hermione éleva légèrement la voix, agacée.
"Il peut y avoir une tonne de retombé suite à cette découverte Ginny ! En cas de doute, Dumbledore peut écarter Harry de l'Ordre le temps que des vérifications soient faites, pire encore, le considérer comme un ennemi... J'ai fait une erreur en demandant à Dumbledore de nous autoriser à rester chez toi, Ginny, et maintenant qu'il sait pour le Récit d'un Voyageur de Monde il va forcément faire le lien avec Harry..."
Ginny remit une mèche de ses cheveux derrière son oreille pour lui laisser le temps de réfléchir.
"En les laissant seul, nous laissons à Harry gérer ce problème sans craindre une erreur de notre part Ginny. Je pense que, comme moi, ton niveau en Occlumencie n'est pas suffisant pour empêcher un sorcier comme Dumbledore de rentrer dans ton esprit, n'est-ce pas ?"
Ginny ouvrit la bouche pour rétorquer avant de s'avouer à elle-même qu'Hermione avait parfaitement raison.
"Alors il faut laisser Harry décider c'est ça ?"
Hermione fit oui de la tête avant de reprendre sa route vers le Terrier. Le panache de fumée disparut, écartant la possibilité qu'elle ne fût due qu'au départ d'un feu dans la cheminée.
En entrant dans la maison, Ginny constata que sa famille n'était plus seule et qu'un blond qu'elle connaissait relativement bien occupait son canapé.
Drago Malefoy ainsi que son père semblaient en grande discussion avec les parents de la rouquine. Non loin de là, le regard hagard de Ron semblait en dire long sur son consentement quant au fait que deux Malefoy foulent du pied son territoire.
"Que se passe-t-il ?" demanda directement Hermione en entrant dans la pièce.
Ginny avisa des visages graves que tous portaient (mis à part Ron bien sûr !) et en déduisit rapidement que la situation était sérieuse.
"La chasse aux nés-Moldu a été lancée par le ministère et des Aurors ont commencés leur travail." répondit Arthur. "En réponse, le Manoir Malefoy a ouvert ses portes pour accueillir à la fois les nés-moldu ainsi que certains hospitalisés de Ste-Mangouste."
Ginny acquiesça en silence. Ainsi ça avait commencé... Dans ses connaissances, Eliott était un né Moldu et elle n'avait plus eu de nouvelle de lui depuis l'attaque du Chemin de Traverse.
"Demain aura lieu la rentrée à Poudlard." annonça Drago à la surprise de Ginny. Le garçon semblait bien différent du Serpentard qu'elle avait connu un an plus tôt. Plus calme, moins méprisant, il était juste... Différent. "Et après-demain, on réutilisera le Poudlard Express pour mettre en place un faux départ avec des nés-Moldu."
Du coin de l'œil, la rouquine vit son père hocher de la tête et s'avancer dans le salon.
"Les ordres de Dumbledore sont clairs, pendant que nous concentrons l'attention du ministère à la gare de King Cross, il va falloir amener les nés-moldu jusqu'au Manoir Malefoy pour ensuite les faire transplaner à Pré-au-Lard, puis les emmener jusqu'au château."
Hermione intervint juste après.
"Pourquoi ne pas leur demander de transplaner directement à Pré-au-Lard ?" demanda-t-elle en se tournant vers le père de Ginny. Ce fut Lucius Malefoy qui répondit.
"Des Aurors sont déjà sur place et nous allons devoir transplaner dans des lieux que nous aurons protégés."
"Voldemort ne sera pas dupe, on peut redouter une attaque du château à ce moment-là," remarqua une voix reconnaissable entre mille.
Dans l'encadrement de la porte, Dumbledore observait la petite réunion de toute sa hauteur. Son regard s'arrêta un peu plus de temps sur Lucius avant de continuer.
"Un grand nombre d'élève ne rentrera pas à Poudlard demain, et nous allons devoir faire tout notre possible pour protéger ceux qui le feront. A partir de demain, nous allons donc reconcentrer nos forces au château et nous préparer à nous défendre," continua le vieux sorcier en se dirigeant vers la cheminée.
"Drago, Ronald, Hermione et Ginny, vous serez dans le Poudlard Express demain pour accompagner les élèves. Lucius a préparé du polynectar, ne dévoilez votre identité sous aucun prétexte."
Pour confirmer ses dires, le patriarche des Malefoy sortit de sa poche une fiole argentée qu'il posa sur la table du salon. A l'intérieur, le liquide ne faisait aucun doute : c'était du polynectar.
"Le lendemain, tous l'Ordre du Phénix sera rassemblé à Poudlard, et il va falloir s'attendre à une attaque massive émanant du ministère."
Rentrant dans l'âtre de la cheminée, il fut rejoint par Lucius Malefoy ainsi que son fils.
"Une dernière chose. Dorénavant, Harry Majes ne fait plus parti de l'Ordre du Phénix et est désormais considéré comme un élément à risque, aucun contact avec lui ne vous est conseillé. Harry Majes à déserté."
L'instant suivant, les trois hommes disparurent dans le conduit de la cheminée.
La dernière phrase de Dumbledore avait eu l'effet d'une bombe pour Ginny. Dès que la dernière flamme verte se fut éteinte, Ginny courut vers le garage pour espérer y retrouver Harry. Son cœur battait à la chamade et elle redoutait le pire. Que c'était-il passé avec le directeur pour qu'il prenne une telle décision ?
La rouquine se maudit. Elle aurait dû insister pour rester avec Harry et ne pas se laisser embarquer par Hermione.
Lorsqu'elle arriva au garage, aucune personne ne s'y trouvait, que ce soit Harry ou même le sorcier chercheur français.
L'endroit était vide de toute âme. Elle avait ensuite retourné la maison, le jardin et les champs, en vain. Harry n'était plus au Terrier et elle n'avait aucune idée d'où il se trouvait.
Pour Hermione, Harry n'avait pas voulu se justifier face à Dumbledore et avait délibérément pris la fuite. Une idée juste impensable pour la rouquine qui refusa tout autre contact avec Hermione.
Son dernier espoir résidait à Poudlard. S'il y avait un endroit où Harry pourrait se trouver, c'était bel et bien au château.
Heureusement, le moyen le plus simple pour la jeune fille d'y accéder était simplement d'obéir aux ordres.
Déguisée en une jeune fille blonde à l'aide du polynectar, Ginny rentra au château par le Poudlard Express. Comme elle s'y était attendu, des Auror postés à chaque bout du quai vérifiaient l'identité de chaque passager. Par chance, le plan était bien rodé et Ginny, tout comme Hermione, Ron et Drago n'eurent aucun problème à passer le contrôle. Les Aurors vérifiant uniquement la provenance du sang de chacun, le fait qu'il empruntait des apparences différentes ne fut pas remarqué. S'ils attirèrent l'attention de plusieurs élèves, quelques regards noirs avaient suffi à les faire fuir.
Leur présence au sein du train était purement informative. Ils devaient ensuite faire un rapport sur tout ce qu'il avaient vu et, s'il y avait eu un incident à bord, envoyer un Patronus chercher du secours.
Fort heureusement, rien de tel ne se produisit et ils purent arriver à bon port sans plus de soucis que cela.
En sécurité dans ces murs que la rouquine connaissait par cœur, la potion de polynectar cessa de faire effet lorsqu'elle monta dans son dortoir.
Arrivée au château, Ginny remarqua qu'il était particulièrement vide. Trois quarts des élèves n'y étaient pas revenus, sans compter les nés-moldu qui ne s'étaient bien entendu pas présentés à la gare. Aucuns de ses amis n'étaient présent, y compris Jessica et Anny. Elle préférait néanmoins les savoir en sécurité, plutôt que dans un endroit où elles pourraient risquer leurs vies.
Une autre personne manquait pourtant cruellement à l'appel. Que ce soit dans ses appartements, dans les passages secrets, sur le terrain de Quidditch ou simplement dans les couloirs du château, Harry était introuvable.
Ce fut McGonagall qui fit le discours du soir. Elle insista sur les temps sombres et informa les élèves qu'un emploi du temps modifié allait être mis en place.
Si elle donna d'autres informations, Ginny ne les entendit pas. Prise dans ses réflexions, elle fouillait dans les recoins de son esprit un endroit où Harry pouvait se cacher. Pourtant, le puzzle ne se mettait pas en place.
Pourquoi partir maintenant ? Un simple ordre de Dumbledore avait-il été suffisant pour le faire fuir ? Et s'il était parti de lui-même ?
Tant de questions et si peu de réponses.
Refusant de partager sa chambre avec Hermione, la seule fois où Ginny rentra en contact avec elle fut lors de son rapport avec Dumbledore. Ginny laissa Hermione parler pour deux et n'ouvrit la bouche qu'une fois seule avec le directeur.
"Professeur Dumbledore je ne comprends pas, ou est Harry ? Que s'est-il passé ?"
Le visage fermé de Dumbledore fut la seule réponse qu'elle put obtenir avant qu'elle ne soit renvoyée dans sa chambre.
La situation s'accéléra le lendemain et prit une tournure affolante. Des élèves nés-Moldu ainsi que des adultes arrivaient les uns après les autres au château sans que Ginny ne sache comment l'Ordre s'y prenait réellement.
La une du journal affichait clairement les intentions de Dumbledore et son parti-pris pour les nés-Moldu. Poudlard accueillait les ennemis du Ministère et les forces de la police magique ne comptaient pas rester les bras croisés sans rien faire. Un ultimatum fut donné à Dumbledore : "Livrez les nés-Moldu, ou nous viendrons les chercher de force". Rufus Scrimgeour, Ministre de la magie.
Les élèves de Poudlard, toutes maisons confondues, furent descendus au cachot lorsqu'une troupe d'Aurors se présenta aux portes du château. Et si Ginny fut obligée de suivre le mouvement, elle n'hésiterait pas à remonter dès que l'occasion se présenterait. De ce qu'elle savait, les nés-moldu étaient eux aussi transporté en sureté.
L'assaut fut lancé le soir même. A l'intérieur des cachots, le sol tremblait à chaque fois qu'un sortilège tentait de percer le bouclier magique de Poudlard. Parmi les élèves, une grande partie soutenait les nés-Moldu et seulement quelques-uns osaient proposer à voix haute de les rendre aux autorités.
"Tu crois que c'est juste toi ?" dit un garçon de quatrième année. "Tu crois vraiment que Jack, dans notre classe, a quelque chose à voir avec tout ça ? Et qu'il mérite d'être jugé ?"
"Les attaques ne se sont pas faite toutes seules !" rétorqua une fille à côté de lui sans élever la voix. "C'est ce que dit le ministère en tout cas, pourquoi cacheraient-ils la vérité ?"
"Dumbledore aurait dû rester en dehors de tout ça," continua un autre garçon. "Je suis revenu au château parce que j'avais pas d'autre choix, mais je refuse d'être considéré comme un complice..."
Le garçon juste à côté lui donna un coup de poing dans les côtes.
"T'es bêtes ou quoi ? On a rien à voir avec tout ça et il le savent..."
Pour Ginny, la situation était bien différente et, pendant un instant, elle aurait apprécié un peu de leur insouciance. Savoir que le ministre actuel était en fait un mage noir ayant déjà ravagé des centaines de mondes n'était pas rassurant et elle douta un instant de la réussite de l'Ordre. Mais une chose maintenait son espoir vivant.
Malgré ce que Dumbledore avait dit, elle savait qu'Harry ne les avait pas abandonnés. Quelque chose lui échappait, elle en était persuadée, il y avait probablement une explication toute simple.
Une secousse plus forte fit trembler le sol si violement qu'on aurait dit qu'un tremblement de terre secouait le château.
Un murmure de panique monta dans l'assemblée des élèves alors qu'une voix inaudible semblait crier des ordres.
Un éclair magique frappa soudainement la pièce et les torches magique s'éteignirent. L'obscurité régna sur la salle pendant un instant avant qu'une lueur bleutée n'apparaisse en son centre.
Grossissant à vue d'œil, la lueur prit bientôt la forme d'un homme translucide doté d'une canne. Lorsque l'image se stabilisa, tous purent reconnaitre le ministre de la magie : Rufus Scrimgeour.
Le ministre regarda autour de lui. Il s'arrêtait parfois sur un élève avant de reprendre sa route. Par moment, ses yeux fixait un endroit de la salle complétement vide et Ginny n'y voyait qu'une seule explication ; le ministre était apparu partout dans le château, cette image ne se trouvait pas seulement dans les cachots mais partout où un sorcier se trouvait..
Cette image était issue de leur propre esprit.
Ginny savait que le mage noir en était capable. Après l'avoir vu à l'œuvre et connaissant ses antécédents, Ginny avait peur qu'il n'y ait aucune limite à sa magie.
"Chers élèves, professeurs et occupants de Poudlard."
Le ministre venait de parler et, comme la rouquine s'en doutait, la voix résonnait directement depuis son cerveau. Autour d'elle, certains élèves bouchèrent leurs oreilles avec leurs mains alors que d'autres se regardaient, effarés.
"Mon armée aura bientôt détruit votre bouclier et nous n'hésiterons pas à utiliser la force s'il le faut pour récupérer ce que nous sommes venu chercher ; les nés-moldu."
Le ministre marque une pause, vérifiant que tout le monde le comprenait bien. Appuyé contre sa canne, il avait l'air plus vrai que nature et personne ne pouvait dire qu'il était un imposteur.
"Il va de soi que quiconque cherchant à les protéger sera considéré comme un ennemi du ministère... Qu'il nous faudra donc éliminer..."
Il fit quelque pas en avant, tournant sa tête de droit à gauche comme s'il se sentait désolé de ce qu'il venait de dire.
Pendant un instant, le corps du ministre disparut dans un mur du cachot avant de réapparaitre à l'opposé de la salle.
"Je suis aussi à la recherche d'un homme qui se trouve probablement dans ce château... Je veux bien entendu parler d'Harry Majes. Aussi, et par soucis de gains de temps, vous allez me faire le plaisir de m'indiquer où il se trouve... Maintenant !
Ginny sentit son esprit s'engourdir alors des images défilèrent devant ses yeux; elle revit ses derniers instants dans le garage avec le professeur de Défense Contre les Forces du Mal avant d'entendre une nouvelle fois la sentence de Dumbledore : " Dorénavant, Harry Majes ne fait plus partie de l'Ordre du Phénix, il à déserté."
Avec effarement, Ginny comprit que Voldemort fouillait dans son esprit. Pas seulement le sien, l'esprit de toutes les personnes de Poudlard. A côté d'elle, plusieurs élèves se tenaient la tête alors que certains criaient à s'en perdre la voix.
Lorsqu'Harry était rentré dans son esprit, c'était un moment doux, timide et intime. Ce qu'elle ressentait maintenant n'était que pure horreur. Ses souvenirs étaient tous simplement arrachés de son cerveau pour être servis en plateau. Pas seulement ses souvenirs, c'était comme-ci tout son être était mis à nu.
Le ministre éclata de rire. Un rire sadique, presque animal. Il ne s'arrêta pas pendant plusieurs secondes et, se tenant les côtes, il dû essuyer une larme qui perlait le long de sa joue.
"Harry, Harry... Même dans ce monde il semblerait que tu sois incompris ! Bien... Puisque tu n'es pas ici, je vais te faire venir, alors !"
L'image de Scrimgeour disparut du cachot et Ginny crut que s'en était terminé pour le moment. Rien ne l'avait préparé à ce qui allait suivre.
Dans un fracas sonore, une partie du mur du cachot explosa et de la pierre vola dans la pièce. Les élèves crièrent et coururent vers la sortie alors que deux masses géantes entraient par l'ouverture qui venait de se former.
Ecarquillant les yeux, Ginny vit deux Trolls tenant dans leurs mains leurs armes favorites : deux grosses massues terminées par des piques pointues.
La bave aux lèvres, l'un des Trolls remarqua une troupe d'élève et jeta son arme vers eux. D'instinct, la rouquine éleva une barrière de repousse qui para difficilement le coup. En tombant au sol, la massue créa un profond cratère, révélant ainsi son poids exceptionnel.
Ne sachant pas s'il elle serait capable de renouveler l'exploit, Ginny se jeta à la suite des autres élèves de Poudlard et courut jusqu'aux escaliers.
Derrière elle, les bruits de pas des géants se firent plus lourds, lui indiquant qu'ils les avaient pris en chasse.
Lorsque Ginny déboula dans la partie inférieure du château, c'était pour tomber de Charybde en Scylla. Après les deux Géants, c'était ces étranges ombres qui rôdaient dans les murs de Poudlard.
'N'APPROCHEZ PAS LES OMBRES !" hurla-t-elle aussi fort qu'elle le put aux personnes juste devant elle.
La prenant au mot, tous prirent la direction opposée aux créatures qui se mouvaient lentement. Pour Ginny, le salut se trouvait dans les étages supérieurs, là où les autres membres de l'Ordre devaient se trouver et combattre.
"Il faut aller faire la Grande Salle !" ordonna-t-elle aux élèves de tête qui donnaient le rythme aux autres.
Elle fut rassurer de voir qu'ils ne protestaient pas et qu'ils prenaient en effet la direction de la Grande Salle.
Derrière eux, un hurlement beaucoup plus proche que prévu glaça le sang de la rouquine. Un Troll les avait rattrapés et s'apprêtait à fermer son immense main sur une pauvre élève qui n'avait pas plus de douze ou treize ans.
En prenant sa baguette dans sa main, Ginny sut qu'elle ne serait jamais assez rapide pour protéger la jeune fille et jura intérieurement. Levant tout de même sa baguette, elle s'apprêtait à viser le troll lorsqu'un mur de flamme se dressa entre l'écolière et son agresseur.
"Montez ! Vite !"
Hermione ouvrit en grand la porte qui menait vers le rez-de-chaussée du château. En croisant le regard de la jeune femme, Ginny comprit qu'elle était descendue à leur rencontre juste après la disparition du ministre. Cela signifiait qu'ils avaient parcouru la moitié du chemin jusqu'à la Grande Salle.
Un mur s'écroula derrière Hermione et un nouveau Géant sortit de nulle part. Cette fois-ci, Ginny fut plus rapide et lança un sortilège bien avant que le Géant ne passe à l'attaque. Avec le sien, une dizaine d'autres sortilèges volèrent au même instant vers le Géant.
Des élèves de Poudlard avait eux aussi ripostés et attaquer le géants sans attendre.
Frappé de tous les côtés, le monstre recula de quelques pas et trébucha. Profitant de ce temps libre, Hermione lança le pas de course et mena le groupe vers le bout du couloir.
La Grande Salle n'était plus très loin, et avec elle, tout un groupe de sorciers prêts à les protéger. Ginny accéléra le pas pour rejoindre son amie. Rasant le mur, elle dépassa un groupe d'élève et ne fut plus qu'à quelques pas de la jeune femme.
Alors qu'elle croyait enfin la rattraper, une ombre humanoïde sortit du mur et rentra de plein fouet en contact avec la rouquine.
Aussitôt, son esprit s'embrouilla et elle fut emprisonnée dans un monde vide de sens. Du blanc se trouvait partout où elle regardait et elle n'avait plus conscience ni de son corps, ni de ce qui se passait autour d'elle. En une seconde, elle était passée d'un couloir de Poudlard vers un lieu où elle était totalement coupée du monde.
Presque plus rien n'avait d'importance. Après tout, c'était fini. Elle était là, et maintenant elle n'était plus. C'était tout, il n'y avait rien à redire.
Une secousse perturba son esprit et le décor changea. Le blanc se transforma en rouge et des murs réapparurent autour d'elle.
Tirant de toutes ses forces sur son bras, Hermione dégagea Ginny de la créature translucide. Reprenant ses esprits, Ginny se rendit compte qu'elle s'était remise à courir. Derrière elle, une des ombres qu'elle avait vu quelques instants auparavant semblait la regarder avec déception.
"Qu'est-ce que.." commença-t-elle, à moitié essoufflée avant qu'Hermione ne la coupe.
"Plus tard, dépêchons nous !"
Toujours tirée par Hermione, Ginny reprit totalement conscience. La porte devant elle était la dernière à franchir avant la Grande Salle. Enfin tout allait s'arranger.
Hermione leva son bras et fit exploser la porte à l'aide d'un sortilège et les élèves entrèrent dans l'une des pièces les plus populaire du château.
Lorsque Ginny pénétrai dans la salle, c'était bien pour retrouver les membres de l'Ordre, accompagnés de nombreux nés-moldu, mais aussi pour se retrouver dans l'épicentre de ce qu'on appellerait plus tard : l'enfer.
Si Hermione avait parlé à la jeune fille de ce qu'il s'était passé au sein du ministère, elle ne doutait pas un instant que ce qu'il se passait à Poudlard en était l'équivalence... Voire pire.
Sur le toit de la Grande Salle arraché, deux Dragons enflammaient leurs gueules à intervalles régulier ou déployaient leurs immenses ailes en provoquant des bourrasques dévastatrices.
Inferis, Ombres, Trolls et Géants combattaient dans et à l'extérieur de la Grande Salle. En fait, il n'y avait plus de Grande Salle. Trois murs sur quatre étaient éventrés, donnant soit vers la cours extérieure du château, soit vers l'un des couloirs de l'aile Ouest.
Etrangement, avec le plafond magique détaché, des parties de pierres continuaient à diffuser un semblant de nuages et de ciel. Sur le sol se répandait une brume opaque qui handicapait à la fois les défenseurs et les attaquants.
Sans s'en rendre compte, Ginny se trouva au centre même de l'affrontement. Lançant des sortilèges à tour de bras, elle luttait pour sa survie autant que pour protéger les autres. Non loin d'elle, elle savait qu'Hermione et Ron combattaient côte à côte. Un peu plus loin, Fred et Georges luttaient courageusement tous deux contre plusieurs Géants. Encore derrière, son père et sa mère se soutenaient pour faire front face à une horde d'Inferis qui avançaient inlassablement.
Sans les voir, Ginny entendait les cris hargneux de ses autres frères et des professeurs à l'extérieur. Entendre leurs voix la rassura, car cela prouvait qu'ils étaient toujours en vie. Un sort barra la route d'un Géant qui élançait son bras vers la rouquine. Un deuxième arracha une partie de la main de ce même monstre. Du coin de l'œil, Ginny identifia son sauveur : Drago Malefoy.
Contre toute attente, les Malefoy se révélait être d'une aide toute particulière, et si ses relations n'étaient pas au beau fixe avec le Serpentard, il était tout de même de son côté.
Un sort frôla son épaule, la rappelant à l'ordre. Devant Ginny, cinq Aurors se battaient en groupe. Pendant un instant, la jeune fille se demanda la raison qui faisait que des sorciers se battaient côte à côte avec des Géants. Ne comprenaient-ils toujours pas la situation ?
Une brume s'échappant du corps des Auror donna une toute nouvelle vérité à Ginny. En y regardant de plus près, des Ombres avaient pris possession de leurs corps et de leurs mouvements. Un terrible sort qui serait peut-être arrivé à la jeune fille si Hermione n'avait pas réussi à la dégager de l'emprise de la créature.
Comment s'y était-elle prise, d'ailleurs ?
Sans réfléchir, Ginny se fraya un chemin pour se rapprocher des Aurors. Visant autant que possible, elle tira une slave de Stupefix vers les Ombres. Les sortilèges passèrent au travers des créatures sans pour autant faire le moindre dégât.
Voulant retourner à la charge, elle fut brutalement propulsée à terre lorsqu'un Géant frappa le sol non loin de là. L'onde de choc fut si violente qu'une dizaine de sorciers perdirent l'équilibre, laissant la voie libre aux Inferis pour attaquer les blessés.
Mais l'Ordre du Phénix, tout comme les nés-moldu ainsi que les élèves de Poudlard ne se laissaient pas faire. Une farouche résistance arriva à repousser tout une ligne d'Inferis qui s'avançait lentement mais surement vers eux.
Rentrant de nouveau en scènes, les Dragons balancèrent des boules de feu dans des directions hasardeuses, touchant à la fois sorciers et créatures magiques.
Rapidement, des protections de glaces s'élevèrent au-dessus des résistants, repoussant avec efficacité les jets de flammes suivant.
L'expérience d'Hermione fut une bonne chose pour l'Ordre. Dumbledore avait formé les sorciers à se défendre contre tous les types de monstres que Voldemort pouvait employé durant la bataille. Ainsi, Dragons, Trolls, Géants, Inferis et Ombres n'arrivaient pas à faire autant de dégâts qu'ils auraient pu en faire.
Un Inferis attrapa le bras de Ginny. Sursautant brusquement, la rouquine arracha le bras de la créature morte avec un sort de découpe avant d'utiliser ses propres poings pour la repousser au loin. A côté d'elle, un sorcier qu'elle ne connaissait pas, probablement un nés-moldu, se fit stupéfixer par l'un des Aurors contrôlé par une ombre.
Pour une raison inconnue, les Aurors n'utilisaient pas de sortilèges mortels, mais des sorts paralysant comme le Stupefix. Si c'était une chance, il fallait ensuite rapidement désenchanter les blessés pour ne pas qu'ils se fassent écraser par des Trolls ou dévorer par les Inferis.
Ginny tenta une nouvelle fois sa chance avec un sortilège de feu vers les ombres. Une nouvelle fois, son sort passa au travers de la créature. Merlin, mais comment Hermione s'y était-elle prise pour la libérer ?
Dans un flash, elle se revit sortir du monde blanc, la main d'Hermione lui tenant le bras.
La volonté de la rouquine s'enflamma. Depuis le début du combat, elle n'avait jamais eu peur. Ou plutôt, elle n'avait pas encore eut le temps de penser à avoir peur. Courant à toute vitesse, Ginny esquiva un double sortilège d'un pas chassé sur le côté avant de foncer en direction de l'un des Aurors possédé.
D'une main, elle agrippa ce qui semblait être l'épaule de l'ombre, ou était-ce sa jambe, et tira de toute ses forces. L'ombre n'opposa aucune résistance et se laissa tomber en arrière. Clignant des yeux, le sorcier sembla revenir à lui-même.
"Agrippez les Ombres avec vos mains pour dégager les possédés ! Les sort magique ne marchent pas sur elles !" Ginny avait crié de toute ses forces, mais elle doutait que quiconque ai pu l'entendre dans le chaos ambiant.
Pourtant, un nés-moldu agrippa un peu plus loin une ombre et dégagea cette fois-ci une sorcière. Galvanisée par cette réussite, Ginny se sentit invincible.
Autour d'elle, l'Ordre gagnait de plus en plus de terrain. Les Trolls tombaient et les Inferis n'arrivaient pas à passer les murs de flammes. Haut dans le ciel, les Dragons ne pouvaient plus envoyer leurs boules de feu et se limitèrent à des attaques fulgurantes en piqué qui ne faisaient que peu de dégâts.
"Allez, allez, on attaque !"
Devant la grande porte, un groupe mené par Bill Weasley repoussa trois Géants qui furent mis hors d'état en une vitesse record.
Dans la cour de Poudlard, l'un des Dragons s'écroula au sol, son corps entièrement enchainé. En reconnaissant la technique d'Harry, le cœur de Ginny avait bondit dans sa poitrine. Mais la jeune fille comprit rapidement que l'origine des chaines venait de Remus Lupin. Si Dumbledore avait formé bon nombre de sorcier avant la bataille, Harry avait lui aussi eut le temps de donner des conseils avant de disparaître.
Dos à dos contre le sorcier aux chaines, Lily Evans repoussait toutes créatures ou sorciers s'approchant de trop près. Elle lançait ses sorts avec une vitesse et une agilité qui n'avait rien à envier aux sorciers entrainés pour le combat.
Le deuxième Dragon s'effondra au sol et une clameur s'éleva parmi les sorciers. Partout les batailles étaient gagnées ; les ombres étaient repoussés, les Trolls lacérés.
Une lumière qui transperce les Ténèbres. C'était un peu ce qui se passait dans le cœur de Ginny. L'espoir de la victoire grandissait à vive allure, et elle ne semblait pas être la seule.
Les combats s'arrêtèrent d'un seul coup. Les Géants laissèrent tomber leur massue au sol alors que les ombres disparaissaient dans la nature. Un premier Inferis s'enfonça dans le sol, rapidement suivit par des dizaines et des dizaines d'autres.
Le silence se fit dans la salle ouverte sur l'extérieur avant qu'une clameur de joie n'explose. Les sorciers levèrent leurs baguettes en l'air et envoyèrent des éclairs pour symboliser leur victoire.
Puis les cris diminuèrent progressivement. Arrivant d'on ne sait où, le Ministre de la magie Scrimgeour s'avançait en boitant, frappant le sol de sa canne à intervalle régulier. Il marchait sans se soucier des regards qui se tournaient vers lui, appartenant à la fois aux membres de l'Ordre du Phénix et aux nés-moldus.
Le ministre avait le sourire aux lèvres et il semblait prendre du plaisir à être au centre des attentions. D'un coup de pied, il dégagea la tête d'un des Trolls qui se trouvait sur son passage et s'arrêta au milieu de ce qui était quelques heures plus tôt, la Grande Salle de Poudlard.
Doucement, il leva sa tête vers la grande porte. Détruite de moitié, la porte avait le haut de sa construction totalement ouverte. Et, sur les pierres à moitié détruites, se tenait un vieux sorcier.
La barbe volant au vent, Dumbledore regardait le désastre de la bataille d'un air désolé. Sur son épaule, son Phénix observait lui aussi en silence. L'oiseau au plumage rouge avait son bec noirci de sang séché.
"Pensais réellement tu qu'un Basilic me tiendrait à l'écart suffisamment longtemps, Voldemort ?"
Dumbledore avant parlé calmement. Levant sa main droite, il lâcha un croc difforme que Ginny reconnu sans difficulté. Il s'agissait d'un croc de Basilic, le Serpent Géant qui régnait sans partage sur la Chambre des Secrets.
"Suffisamment pour m'amuser, professeur Dumbledore" répondit Voldemort en souriant un peu plus.
Le corps du mage noir fut soudainement pris de soubresauts. Sa peau s'étira alors qu'il grandissait de seconde en seconde. Les cheveux gris du ministre disparurent, tout comme ses sourcils et sa barbe naissante.
Il ne resta plus qu'une tête pâle et déformée ainsi des yeux semblables à ceux d'un serpent. Sur sa peau visible, des veines ressortaient, battant au rythme de ses pulsations. Pour la première devant une partie de la communauté sorcière, le véritable visage de Voldemort se dévoila.
Ginny se paralysa. Le souvenir de la puissance du mage était si fort qu'il l'empêchait de détourner son regard.
Lorsqu'une main frôla son dos, elle sursauta intérieurement.
"Ginny ?"
Reconnaissant la voix, la rouquine se tourna difficilement. Eliott, son ami de toujours se tenait face à elle. Sautant dans ses bras, elle ne fit pas attention aux éventuelles blessures du garçon et le serra contre elle.
Pour la première fois depuis le début de l'attaque, elle se rendit compte qu'elle avait peur. Maintenant que les combats avaient cessés, elle avait peur que tout finisse par disparaitre.
"Hey, ne me serre pas trop, je crois que j'ai l'épaule luxée..."
Une blessure ridicule, en somme, face à l'ampleur de l'attaque.
Dans la Grande Salle, Voldemort respira une grande bouffée d'air avant de sourire, satisfait. Dans sa main, la canne qu'il avait héritée du ministre tomba au sol. Bougeant sa tête de droit à gauche, il fit craquer son cou et remit en place ses vertèbres.
"Bon, et si nous commencions la vrai bataille cette-fois ci ? Vous..." Il pointa du doigt l'assemblée qui lui faisait face, englobant tous les sorciers sur place. "Contre moi..." Il termina sa phrase en laissant pendre sa langue, de la salive coulant contre son menton et tombant ensuite au sol.
"Tant qu'Harry Majes ne se montre pas, je vais vous tuer un par un." Ses yeux se plissaient dans une grimace qui pouvait à la fois signifier la jouissance et l'envie. "Je vais arracher vos tête et les garder en souvenirs. Tachez de garder une expression amusante, je suis sûr que cela fera très plaisir à Harry quand je lui montrerais !"
Du haut de son perchoir, Dumbledore semblait regarder le mage noir de haut. Son visage n'exprimait ni la peur, ni la confiance, juste de la détermination.
"Tu ne comprends donc pas que tu as perdu, Voldemort ?" demanda Dumbledore dans un ton neutre de tout sentiment.
Voldemort éclata de rire. Son corps se courba dans ses spasmes et ses épaules tremblèrent d'excitation.
"Tu ne cesseras jamais de me faire rire, Dumby ! Très bien, je vais donc commencer par toi."
Dans un geste décomposé, aussi lent qu'un mouvement démonstratif d'art martial, Voldemort leva sa baguette à hauteur de son visage.
Sans se laisser impressionner, Dumbledore leva simplement sa main gantée, et lança un petit objet dans les airs.
L'objet tournoya durant sa course, filant dans une chute rapide vers Voldemort. Durant sa descente, Ginny put reconnaitre le petit objet. Reflétant la lumière lorsque celle-ci traversait l'objet, il s'agissait simplement d'un petit couteau.
Voldemort regarda le couteau tomber dans sa direction. Au moment où la lame allait rentrer en contact avec son corps, il la repoussa d'un mouvement de baguette.
Faisant léviter sa nouvelle arme dans les airs, il la propulsa vers le vieux sorcier qui sauta pour l'esquiver.
Dumbledore atterrit au sol et amortit sa chute à l'aide d'un sortilège de coussin. Mais Voldemort était déjà à ses côtés.
Au-dessus de lui, le couteau retomba vers le mage noir. Seule la folie pouvait se lire dans ses yeux ensanglantés et Ginny comprit au dernier moment ce qu'il comptait faire.
Le manche du couteau allait bientôt à portée de main. Levant le bras pour l'attraper, Voldemort voulait tuer Dumbledore sans utiliser la magie. Il voulait l'humilier en plantant la lame du sorcier dans son corps.
A l'instant même où le manche du couteau rentra en contact avec la peau de Voldemort, son corps se disloqua et il disparut dans un tourbillon de poussière.
Clignant les yeux de surprise, Ginny regarda autour d'elle, s'attendant à voir réapparaitre le mage n'importe où. Pourtant rien ne se produisit, et un murmure parcouru les sorciers. Une rumeur se répandit parmi les Aurors et les nés-moldu sur la mort du ministre et sur une manipulation.
Dumbledore sauta de son perchoir, atterrissant souplement sur le sol.
Levant le bras, il invita les membres de l''Ordre du Phénix à se rapprocher.
Hermione fut la première à rejoindre le vieux sorcier, suivit rapidement par les frères de Ginny, ses parents, la famille Malefoy.
Remus et Lily arrivèrent tous deux en même tandis que Ginny n'avait toujours pas bougé.
De leur côté, les professeurs s'occupaient des blessés et remettaient en place les défenses de Poudlard.
Avalant sa salive, Ginny jeta un dernier regard à Eliott avant d'avancer vers Dumbledore. Le vieux sorcier n'avait pas ouvert la bouche depuis la disparition de Voldemort. Le visage fermé, il attendait que la rouquine se décide.
Autour d'elle, la rumeur gagnait du terrain et tous se demandaient ce qu'il se passait exactement. Ginny, elle, sentait que quelque chose qui la dépassait venait de se produire, et que peut-être enfin, elle allait finir par tout comprendre.
Sans un mot, elle s'avança vers le vieux sorcier. Elle sentit les regards se tourner vers elle et savait qu'Eliott faisait partie des sorciers qui la regardait marcher.
Lorsqu'elle arriva aux côtés des autres membres de l'Ordre du Phénix, Dumbledore présenta son bras. Tous y posèrent leurs mains et, une nouvelle fois, Ginny fut la dernière à passer à l'acte.
Lorsque sa chair rentra en contact avec le vêtement du directeur, la rouquine sentit son corps s'enrouler autour de lui-même et une pince lui arracher le nombril. Elle n'avait jamais vraiment aimé transplaner.
En une seconde, la vision du château en ruine disparut pour laisser place à une plaine à l'herbe coupée. D'un côté, une colline cachait le reste du paysage tandis que de l'autre une forêt aux arbres imposants semblait s'étendre jusqu'à perte de vue.
Mais son esprit était bien loin de penser au décor. Au centre de la plaine, deux hommes se faisaient face. Le premier était le mage noir qui était la cause de tous les désastres qu'elle connaissait actuellement. Son visage était tiré dans une expression de joie intense.
Face à lui... Harry Majes. Harry Potter, se tenait fièrement debout, baguette à la main. Sans quitter le mage noir du regard, il remit en place la monture de ses lunettes sur son nez et releva sa tête, dévoilant des yeux verts remplis de détermination. Sur ses épaules, sa cape rouge battait au vent et claquait derrière lui.
"Harry..." murmura Ginny.
Voldemort se mit soudainement en mouvement. Il hurla le nom du survivant et s'élança dans sa direction, la baguette levée.
De là où elle était, Ginny ne vit qu'un éclair partir vers le survivant. Rapide comme le vent, Harry leva un bouclier autour de lui et repoussa aisément le sort. Voldemort ne laissa pas un instant de répit à son adversaire et attaqua en chaîne. Si tous ses sortilèges heurtaient la défense d'Harry, il était clair que celle-ci faiblissait.
Sur un dernier sortilège, le dôme de défense explosa dans une gerbe de lumière et d'étincelles. Voldemort éclata de rire.
Ginny voulu crier, courir dans la direction d'Harry, mais le bras puissant de Dumbledore l'en empêcha au dernier moment.
Reprenant ses esprits, la rouquine sentit la terre trembler légèrement.
Comme dans un rêve, l'espace entre Harry et Voldemort se fissura. Le temps se craquela et un trou noir se forma dans l'épicentre du combat des deux duellistes.
Grandissant à une vitesse monstre, la faille engloutit bientôt les deux sorciers et les dévora.
Lorsque le trou noir disparut, il ne reste plus rien. Ni de Voldemort.
Ni d'Harry Potter.
"Voilà, nous somme seul comme tu l'as demandé, Harry."
Dumbledore se tourna vers le professeur de Défense une fois que Ginny et Hermione furent parties. A côté d'eux, Jean Chapeau les regardait le visage fermé.
Deux jours plutôt, Harry mettait en place son ultime stratégie pour vaincre le Seigneur des Ténèbres. Jouant avec l'une des prises électrique de la collection du père des Weasley, Harry se tourna vers Jean.
"Monsieur Chapeau, pensez-vous qu'il est possible de calculer l'apparition d'une distorsion temporelle ? De ce qui est décrit dans le livre comme une instabilité temporelle ?"
Le sorcier chercheur se gratta le bas du cou avant de répondre.
"Mmh, j'ai une théorie sur la formation de ces trous, mais sans connaitre ce qui perturbe l'espace-temps, je ne crains de ne rien pouvoir faire."
Harry sourit en pointant son pouce sur son torse.
"Et si je vous dit qu'il est probable que j'en sois l'origine ?"
Jean regarda Harry avec étonnement, la bouche entrouverte. Lorsque ses lèvres se furent closes de nouveau, ce fut pour former un rire.
"Vous êtes aussi un voyageur c'est ça ?"
A côté d'eux, derrière ses lunettes en demi-lune, le vieux directeur de Poudlard semblait plus malicieux que jamais.
"Est-ce possible, monsieur Chapeau ?" insista Dumbledore un peu plus fermement.
Jean acquiesça en frottant ses mains l'une contre l'autre.
"Il me falloir du temps, au moins une semaine avant d'avoir un premier résultat... Et j'aurais besoin qu'Harry m'accompagne pour que je puisse l'étudier..."
Harry frappa le sol avec son pied.
"Deux jours plus aujourd'hui, c'est le maximum que je puisse vous donner !"
Le visage de Jean perdit de ses couleurs.
"Deux jours ?" balbutia-t-il en s'épongeant le front. "Vous vous rendez compte des calculs que je vais devoir faire ?"
"Non." répondit Harry au tac-au-tac "Mais si vous n'y arrivez pas, je peux vous affirmer que ce monde sera détruit tout comme des centaines d'univers avant lui."
Le chercheur chercha du soutien en direction du directeur de Poudlard. Le vieux sorcier acquiesça et confirma les dire d'Harry. Si Jean était déjà pâle, la confirmation de Dumbledore le transforma en un véritable cachet d'aspirine.
Si Harry avait l'appui de Dumbledore, alors il était fort probable que tout cela fusse vrai...
"Admettons que nous y arrivons, comment comptes-tu y attirer Voldemort, Harry ?" questionna Dumbledore en croisant ses bras autour de sa taille.
Harry reprit un air sérieux, il passa sa langue contre ses lèvres.
"Il va falloir jouer un jeu très fin. Je connais Voldemort mieux que quiquonque sur cette terre et je pense connaitre son mode de fonctionnement."
Il n'arrêtait pas de jouer avec le câble électrique comme s'il doutait lui-même de ce qu'il était en train de dire.
"Premièrement, tant que je ne me serais pas montré, Voldemort n'entrera pas sur le champ de bataille. Son but est de se divertir et pour lui, je suis son jouet favori."
Harry commença à marcher dans le garage. Dans le petit espace restreint il ne put faire que quelques pas avant de revenir à son point de départ.
"Deuxièmement, ses talent de Légilimancie sont bien supérieurs à tous les sorciers de l'Ordre, il va donc falloir cacher notre stratagème à tous nos alliés."
"Sans vouloir me vanter, je pense être suffisamment puissant pour l'empêcher de lire dans mon esprit, Harry," remarqua Dumbledore, une pointe d'ironie dans sa voix.
Harry acquiesça.
"Mais vous ne serez probablement pas sur le champ de bataille à ce moment-là" dit-il en passant une main dans ses cheveux en bataille. "Voldemort trouvera un moyen de vous retenir. Il veut faire des morts dans notre camp sans que quelqu'un comme vous puisse intervenir. Dans ce monde, l'arme la plus puissante qu'il possède à part lui-même, ça doit être le Basilic."
Dumbledore grogna tout en se refrognant.
"Je n'ai jamais aimé les serpents..." dit-il dans sa barbe pour lui-même.
"Ce n'est que lorsqu'il comprendra que je ne suis vraiment pas à Poudlard qu'il va montrer son vrai visage. Il va falloir à ce moment précis que tout concorde. Lorsqu'il se montrera il faudra avoir le bon timing pour transporter le corps de Voldemort au moment opportun. Je vous enverrais un Portoloin au dernier moment."
Dumbledore se tourna vers le sorcier Français qui écoutait sans ciller la préparation du plan du survivant.
"Combien de trous temporels peuvent s'ouvrir par jour ?" demanda-t-il sérieusement.
Jean fit tourner sa tête de droit à gauche.
"Trois ou quatre si on a de la chance... Mais il peut très bien n'y avoir aucune faille ce jour-là..."
"Alors nous gagnerons du temps jusqu'à la suivante si c'est le cas," dit simplement Dumbledore.
Harry fit apparaitre un parchemin et d'un mouvement de baguette il commença à le remplir magiquement.
"Reprenons, dès que vous sortez de ce garage, professeur, vous dites à tous les membres de l'Ordre que je n'en fais plus partis et que je suis désormais considéré comme un déserteur ou un ennemi."
"Peu de monde le croiront," indiqua judicieusement Dumbledore en s'approchant du parchemin d'Harry.
"L'important est qu'il l'entende de votre bouche. Si Voldemort utilise un sortilège de masse pour fouiller dans les mémoires, il n'aura pas la capacité de rentrer en profondeur et de déterminer si le sorcier croit ou non vos dires. S'il entend des mots comme "Pas à Poudlard, traitre, désertion" il comprendra au moins que je ne suis pas au château."
Des lettres s'inscrivaient sur le parchemin puis le croquis d'une carte commença à se dessiner.
"Une fois qu'on aura déterminé les failles utilisable, j'irais moi-même transporter des nés-moldu vers Poudlard. En utilisant notre faux Poudlard Express et en faisant courir la rumeur que nous hébergeons des ennemis du ministère, Voldemort sera obligé d'agir et de lancer l'attaque. Il va falloir qu'on se tienne réciproquement au courant de l'avancé du combat par Patronus professeur Dumbledore, cela-vous va ?"
Le directeur de Poudlard acquiesça, l'air grave.
Sur le plan d'Harry, on pouvait désormais y voir distinctement Poudlard.
"Dans mon ancien monde, Voldemort a déjà lancé un assaut sur le château. Les principaux combats ont eu lieu ici, ici et ici." En même temps qu'il parlait, des étoiles apparaissaient sur le plan. "Et j'imagine que le gros du combat aura lieu dans la Grande Salle."
"Il y aurait un intérêt que cela se déroule là-bas ?" demanda Dumbledore dans la foulée.
"Si les murs sont détruits, cela permettrait aux sorcier de se déplacer plus librement car l'espace sera plus grand. Avec la cour de Poudlard dans le dos, les blessés pourront rapidement être évacué"
"Bien, je ferais en sorte que Remus et Lucius détruisent les murs dès que l'attaque sera lancée."
"Tant que Voldemort n'apparait pas, les combats seront à notre avantage car nous savons déjà quelles forces il utilise. Poudlard est prêt à se défendre contre les Trolls, les Dragons et les Inferis."
"J'ai déjà informé nos alliés sur les techniques que Voldemort utilise, s'il ne fait pas de coup de folie, toutes les clés seront entre nos mains."
Harry ferma ses yeux aussi fort qu'il le put, tachant de remettre ses idées en place.
"Il faudra éviter toute confrontation avec Voldemort lui-même, il est bien trop fort pour qu'on puisse lui tenir tête... C'est pourquoi il faudra être parfaitement coordonné. Je vais préparer autant de Portoloin que nécessaires. Ils seront à sens unique, pas de retour, reste à le lui faire toucher..."
Harry se tourna vers Dumbledore et soutint son regard un instant.
"Voldemort aime les défis..." dit finalement le survivant au bout d'un moment. "Il voudra probablement vous attaquer en premier..."
Dumbledore leva sa main pour arrêter Harry dans sa lancée et sourit.
"Je m'occupe du portoloin, Harry, mettons-nous au travail."
Harry ne répondit pas tout de suite, appréciant que le directeur prenne en charge lui-même l'une des parties du plan. Ce n'était peut-être qu'une simple responsabilité en moins pour Harry, mais c'était comme si un poids s'était envolé de sa poitrine.
Ils terminèrent de mettre au point les derniers détails, puis Dumbledore annonça qu'ils ne devaient plus perdre de temps et qu'il était temps pour Harry et Jean de commencer à chercher l'apparition de la prochaine faille.
En transplanant avec Jean, Harry espérait que Ginny comprendrait sa décision... S'il devait maintenir Voldemort proche de l'ouverture de la faille, il sera probablement happé lui aussi à l'intérieur.
Une fois que les Damnés ont capturé la cause de l'instabilité temporelle, ils la détruisent sans laisser la moindre trace.
La faille s'ouvrit devant Harry et son corps bondit d'excitation. Les calculs de Jean étaient parfaits ! En seulement deux jours il avait réussi à calculer avec précision l'apparition de deux failles qui étaient utilisables !
Le premier jour de recherche fut laborieux. Jean Chapeau ne comprenait pas pourquoi les trous temporels n'apparaissaient pas d'une façon identique à la théorie... C'est comme s'ils n'arrivaient pas à trouver ce qui causait l'instabilité du monde.
Le chercheur dû revoir ses calculs plusieurs fois avant de former une nouvelle théorie. Les deux voyageurs semblaient interférer avec l'apparition des failles, provoquant une marge d'erreur qui était calculable.
Si l'erreur était inconnue, elle permit néanmoins d'établir deux zones d'ouverture.
Devant Harry s'ouvrait la faille du Nord de L'Angleterre... Dans cette même plaine où avait eu lieu la dernière bataille contre Voldemort dans son monde. La plaine du sacrifice de Ginny.
"Ginny..."
Ce fut le dernier nom qu'il prononça avant de se faire engloutir par la masse noire. Son corps fut transporté comme lors d'un transplanage, sans aucune douleur. A ses côté, il sentait la présence de Voldemort et sa colère qui empestait l'air.
Lorsqu'il atterrit au sol, il reconnut en un instant l'intra-monde et ses roches si particulières. Aussitôt les ombres des murs se murent vers les deux sorciers.
Tout se passa très vite. Voldemort fut touché le premier. Il hurla. Un cri inhumain, puissant qui se répercuta contre les murs de l'intra-monde. Il fût entièrement englouti par les Damnés.
Puis ce fut au tour d'Harry. Une ombre toucha son pied et le survivant comprit que cette fois-ci, c'était la fin.
Pourtant, le Damné ne monta pas plus haut que le pied d'Harry et aucun autre Damné n'approcha le garçon. Regardant autour de lui, Harry se demanda ce qu'il se passait avant de se rendre compte que quelque chose bougeait dans la poche intérieure de sa robe.
Ouvrant l'un des pans, le Vif d'Or qu'il portait toujours sur lui s'envola en trombe. Ce Vif d'Or... Symbole de sa détermination... Il lui avait été donné par Dramung, l'Elfe Piégeur de l'intra-Monde... C'était un objet de l'intra-monde ! Le Vif d'Or le protégeait ?!
La petite boule dorée s'éleva un peu plus dans les airs avant de briller d'un éclat beaucoup plus fort. Ébloui par la lumière, Harry fut obligé de se protéger les yeux à l'aide d'un de ses bras. Lorsqu'il put de nouveau ouvrir un œil, ce fut pour découvrir un monde d'une blancheur immaculée.
"Bonjour, Harry."
Derrière lui, un homme venait de parler. Se retournant brusquement, Harry mit quelques secondes avant de voir clairement qui lui faisait face.
D'à peu près la même taille que lui, l'homme avait le visage entièrement ridé et des cheveux d'une blancheur semblable à ceux de Dumbledore.
Seuls ses yeux verts semblaient garder une certaine jeunesse.
"Qui... Qui êtes-vous ?" articula le survivant en se mettant sur pied.
Le vieil homme haussa un sourcil.
"Voyons, tu ne me reconnais pas ?"
Levant sa main, il enleva une mèche blanche de son front, dévoilant une cicatrice en forme d'éclair.
Harry écarquilla les yeux de surprises.
"Vous êtes moi... Vous êtes le Harry Potter du livre ! L'auteur du Journal d'un Voyageur de Monde !"
L'homme sourit. Un sourire rayonnant, sans une once de méchanceté.
"Bonne réponse," dit-il. Sa voix était à peine plus grave que celle d'Harry. Juste un peu plus mûr...
Le survivant regarda autour de lui. Tout ce qu'il ne voyait n'était que le blanc à l'infini.
"Où sommes-nous ?"
Pour toute réponse, l'homologue d'Harry pointa son doigt sur son propre crâne.
"Dans ma tête !" s'exclama le jeune, surpris.
L'homme éclata de rire.
"Mauvaise réponse, dans la mienne !"
Comme pour confirmer ses dires, le petit Vif d'Or apparut de nulle part. Il voleta autour de l'homme avant de se poser sur l'épaule d'Harry.
"Ce Vif... C'était le vôtre n'est-ce pas ? Le Harry Potter qui avait confié l'objet a Dramung, l'Elfe piégeur, et qui me l'a ensuite donné… C'était vous ?"
Le vieil homme acquiesça. D'un geste de la main il fit apparaitre un banc et s'y installa. Tapotant la place à côté de lui, il invita Harry à en faire de même.
"Je suis désolé, Harry, je t'ai causé bien des soucis. Je crois que je dois te dire ce qu'il s'est vraiment passé..."
Harry s'assit avec méfiance, ne sachant comment interpréter les dernières paroles de l'homme.
"Vois-tu,» continua-t-il "Je suis mort depuis maintenant bien des années et je ne suis aujourd'hui plus qu'un souvenir, survivant uniquement grâce à ce petit Vif."
Comprenant qu'on parlait de lui, le Vif d'Or fit bouger ses petites ailes.
"Voldemort, celui que tu viens d'envoyer en pâtures aux damné, a été mon plus grand ennemi… Et il a fini par me battre."
Un silence s'installa entre les deux hommes. Harry laissa à son homologue le temps de réfléchir à ses mots.
"Je savais qu'il allait gagner et me tuer, alors j'ai commencé à piéger des mondes..."
"Piéger des mondes ?" répéta Harry assez bêtement.
"Oui" répondit-il en hochant de la tête " Comme tu l'as compris, un des moyens de le combattre est de l'envoyer dans l'intra monde... Alors j'ai fait en sorte de perturber l'espace-temps de certains mondes qu'il pourrait visiter pour qu'un jour une faille temporelle l'emporte dans la tombe."
Harry ferma ses yeux et tendra de résoudre le puzzle.
"Je ne comprends pas," avoua-t-il finalement."
Le vieil homme sourit.
"Juste avant de mourir je suis allé dans le monde d'où tu viens comme dans beaucoup d'autres. J'ai d'abord perturbé son espace-temps pour qu'il réagisse au sang des Potter. Pour ce monde, c'était en 1975. Pour se déplacer, Voldemort ne passait plus par l'intra monde, il utilisait une technique qui lui était propre : transférer son esprit par sa propre magie pour ensuite recréer son corps en utilisant le sang d'un voyageur de monde. Ainsi il pensait ne pas créer d'instabilité avec deux voyageurs, le monde le considérant lui et le voyageur comme une seule et même personne."
"C'est pour ça qu'il à utiliser cette potion," comprit Harry. "Il a pris mon identité, mon ADN"
"Il s'est emparé de tout. Il est actuellement TOI. Dès lors j'ai décidé de piéger les mondes qui pourrait intéresser un voyageur d'y rentrer. J'ai délibérément augmenté ma puissance magique pour créer une perturbation. Si le sang d'un Potter foulait de ses pieds ce monde, il serait tôt au tard rattrapé par les Damnés."
Harry se leva d'un seul coup.
"Le sang d'un Potter ? Pas seulement le mien ?"
Le vieux sorcier fit non de la tête.
"L'intra-monde n'est pas d'une précision infaillible. Par sécurité, et comme tu l'as deviné, j'ai transféré tous les Potter de ce monde vers un autre Univers. Ton père James et ses parents en faisaient partis."
Harry prit sa tête entre ses mains, comprenant enfin ce qu'il s'était réellement passé.
"J'ai ensuite supprimé toute trace de leur passage sur ce monde dans la mémoire des gens qui les ont connus, en particulier James qui était populaire à Poudlard. Je n'ai pas juste modifié la mémoire Harry, je l'ai complétement supprimée. "
Ce qui expliquait pourquoi il n'avait pas trouvé de trace de James Potter dans la mémoire de Lily.
"Il fallait qu'ensuite un Harry Potter viennent dans ce monde. J'en ai piégé des centaines et il était certains que ce jour arrive tôt ou tard... Par caprice, j'ai caché dans chaque mondes mon livre, en espérant qu'un voyageur le trouve et s'en serve pour lutter, comme tu l'as fait, Harry."
Harry se tourna vers son homologue.
"Et le Vif d'Or?"
Le vieil homme tendit le bras et attrapa la petite balle.
"Un sortilège à la fois simple et complexe. Il émet une sorte d'onde parasite qui repousse la détection de l'intra monde. Grace à ce petit Vif, tu as pu rester deux mois dans cet Univers sans te faire dévorer... Ce qui a laissé le temps à Voldemort de t'y poursuivre."
Harry se refrogna. Regardant le sol il continua.
"Pourquoi Dramung ne m'en a pas parlé ? Il existe plusieurs Vif ? Il sort son numéro à chaque fois qu'un Harry Potter rentre dans l'un de tes mondes ?"
Le sorcier soupira.
"Il faut me comprendre Harry... C'était le seul moyen de l'arrêter. Aurais-tu accepté de rentrer dans ce monde si tu avais su ce qui allait se passer ?"
"Au moins il n'y aurait pas eu tous ces morts !" éclata brusquement Harry. "Combien de personnes crois-tu avoir tuées ? "
"Et combien d'autres seraient encore mortes si Voldemort continuait à s'aventurer de monde en monde ? C'était des sacrifices nécessaires... Ton stratagème était brillant et il est probable que d'autres morts aurait eu lieu dans ce monde si tu n'avais pas agi... Au final ce n'était qu'une question de temps. Le Vif d'Or protège son porteur pendant trois ou quatre mois. Ensuite l'intra monde détecte les deux voyageurs et finit par les engloutir. Voilà, tu sais tout."
Harry accusa le coup.
Il avait été complétement manipulé. Son père, envoyé dans un autre monde n'avait pas pu se marier avec sa mère.
En venant dans ce monde, il avait ouvert la porte à Voldemort et causé un nombre effroyable de morts sur son chemin. Et pourquoi ? Pour un mort de plus. Pour éliminer le plus terrible des mages noirs.
Est-ce que tout cela en valait vraiment le coût ? N'y avait-il pas un autre moyen ?
"Que va-t-il se passer, maintenant ?" demanda Harry.
Mais déjà, le vieux sorcier commençait à disparaitre. Son corps, devenu translucide, se mêlait de plus en plus avec la blancheur des lieux.
"Tu le sais, non ?" dit-il simplement. "Ton corps va être rejeté vers le monde d'où tu viens et ensuite...Sans le Vif d'Or pour te protéger..." il marqua une pause. "Merci Harry. Merci d'avoir terminé le combat de ma vie."
Il disparut.
Ginny tomba au sol. Autour d'elle, il ne restait plus aucune trace ni d'Harry, ni de Voldemort. Le survivant avait été totalement avalé par la sphère noire et il n'en restait pas un grain de poussière.
Des larmes commencèrent à lui piquer les yeux alors qu'elle se rendit compte qu'elle n'avait même pas pu lui dire au revoir. Quels avaient été ses derniers mots ? Elle ne s'en souvenait même plus... A quoi bon, puisqu'il n'était plus là ?
Une main se posa sur son épaule, et elle accepta le touché réconfortant d'Hermione.
"C'est fini, ils sont partis," lui dit son amie d'une voix réconfortante.
Un peu plus loin, Ron et la famille Weasley semblaient écouter attentivement les explications et directives de Dumbledore. Ginny n'en avait que faire, elle ne voulait plus rien, rien du tout.
Une brise vint lui caresser la joue.
Comme dans un rêve, un trou de lumière s'ouvrit juste devant elle et un jeune homme en sortit aussi simplement que cela.
Tombant à genou, il semblait extenué.
"Har...Ry..." Les mots de Ginny se noyèrent dans sa gorge. L'instant suivant, elle se jeta au cou du survivant.
Le garçon reprit peu à peu ses esprits et lorsque son regard croisa celui de la jeune fille, il l'embrassa.
"Euh, j'ai raté quelque chose, là ?" demanda Ron à Hermione, sa main contre sa bouche pour qu'on ne l'entende pas.
Pour toute réponse, Hermione lui donna un coup dans les côtes. Retenant un cri de douleur, il marmonna quelque chose dont les mots "humour" et "femme" faisaient partis.
Derrière lui, Dumbledore regardait Harry avec un étonnement à peine dissimulé.
"Ecoute Ginny je..." Harry avait tenté de parler en se relevant, mais déjà la rouquine s'était de nouveau emparée de sa bouche.
Lorsqu'elle se dégagea, des larmes coulaient sur les joues de Ginny.
"Plus jamais tu ne pars sans rien me dire ! Désormais tu es à moi et à moi seule !"
Doucement, Harry l'éloigna de lui et la regarda tristement.
"Harry ?" la gorge de Ginny se noua une nouvelle fois, comprenant qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas.
Le survivant ouvrit la bouche, mais un bruit de déchirure l'empêcha de parler. A quelques mètres d'eux, un bras déchirait l'espace, suivit bientôt d'un corps et d'une tête.
Voldemort hurla en déchirant l'espace et en forçant l'ouverture d'un passage vers ce monde.
Avec effarement, Harry se raidit et agrippa sa baguette. Derrière lui, Ginny attrapa la main du survivant alors que Dumbledore s'avançait.
Dans un ultime cri, Voldemort déchira complétement l'espace et sortit de l'ouverture.
Respirant de grandes bouffées d'air, il avait le visage en lambeaux, tout comme chaque partie de sa peau visible.
"Ça a fait mal Harry, TRES MAL !" grogna-t-il d'une voix rauque, presque inaudible.
Le survivant serra un peu plus fort sa main qui tenait celle de Ginny.
"Tu n'as pas encore compris, Tom ? C'est terminé ! Regarde toi, tu n'es plus que l'ombre de toi même !"
Le mage noir chancela sur ses pied et ses pupilles disparurent presque de ses orbites. D'un geste tremblant il sortit sa baguette et la pointa vers Harry.
"Pas encore, Harry... C'est suffisant pour... te la prendre, encore !"
Changeant d'angle, il visa la personne juste à côté du survivant. En plein dans sa ligne de mire, Ginny ouvrit les yeux de terreur.
"Avada Kedavra !"
L'attira vers lui, Harry protégea de son corps la rouquine et se prépara à recevoir le sortilège. Il sentit la femme qu'il aimait le serrer plus fort que jamais et sa dernière volonté fut pour elle.
Puisse-tu vivre heureuse malgré ça, Ginny.
Mais la mort ne vint pas chercher le survivant cette fois-ci non plus. Le sortilège n'atteignit jamais son but, et en se retournant, Harry avisa Voldemort qui s'était écroulé au sol, sans vie.
En silence, Dumbledore s'approcha du corps et murmura une incantation avant de se relever.
"Epuisement magique. Il n'y avait plus une seule once de magie dans son corps et ce dernier effort l'a définitivement achevé... Il est mort," expliqua-t-il aux membres de son Ordre.
Aucun cri de joie ne vint compléter ses dires et tous se regardèrent, assommés. Et voilà, c'était réellement finit.
Enfin non, pas tout à fait.
Toujours dans les bras d'Harry, Ginny avait sa tête appuyée contre sa poitrine. Le survivant berça la jeune femme doucement avant de la prendre par les épaules.
"Ginny... Ce monde ne veut pas de moi."
Une boule se forma dans la gorge du survivant et ce qu'il vit dans le les yeux de Ginny lui chavira le cœur.
Comme pour compléter ce qu'il venait de dire, une faille temporelle explosa à quelques mètre de là, ouvrant un passage vers l'intra-monde.
Un peu plus loin un deuxième passage s'ouvrit, puis un autre et encore un autre.
"Je suis venu ici pour trouver une raison de vivre. Ma raison de vivre."
Harry vit Ginny faire non de la tête alors qu'un sourire triste naissait sur son visage.
"Désormais je le sais, l'important ce n'est pas l'endroit où l'on se trouve, ce n'est pas le monde que l'on visite mais ce qu'on y laisse derrière soi."
Dans son champ de vision s'englobait à la fois Ginny, mais aussi Ron, Dumbledore, la famille Weasley, Lily, Remus et Hermione. Si l'on pouvait entrer dans l'esprit d'Harry, on aurait aussi pu y voir les professeurs de Poudlard, mais aussi les élèves d'Harry et toutes les personnes qu'il avait pu rencontrer jusque-là.
"Mon unique univers, c'est vous. C'est tout ce que vous avez fait pour moi, ce sont ces souvenirs si précieux que j'ai."
Il effleura une dernière fois l'épaule de Ginny avant de lâcher complétement la rouquine. Il sentit quelque chose tomber de sa poche, mais il n'en n'avait que faire. Tout ce qui lui importait, maintenant, c'était de graver à jamais cette image dans sa mémoire. Celle de Ginny, de Ron, d'Hermione. Celle de sa famille.
"Adieu."
Harry Potter, connu dans ce monde comme Harry Majes, fut englouti dans les ténèbres une dernière fois.
Mon Unique Univers chapitre 17 fin.
Prochain chapitre : Mon Unique Univers Epilogue.
A très bientôt !
