Crédits:
Les personnages et les lieux de cette histoire appartiennent à l'anime Vision d'Escaflowne à part ceux que j'aurais crées.
Chapitre 27, Douceurs et douleurs…
Elles se rendirent donc dans la chambre de Mirana, et passèrent le reste de la journée avec elle et Allen, mais aussi avec Dryden et Serena qui étaient venus admirer la princesse d'Astria, la petite Illena.
Van n'était pas présent car il était retenu par les affaires du pays, qui ne pouvaient attendre plus longtemps. Il put cependant rejoindre ses amis pour le souper, qui se déroula sans Allen et Mirana car cette dernière devait rester alitée au moins jusqu'au lendemain, et Allen ne souhaitait pas se séparer de sa femme et de sa fille plus de quelques minutes.
Le repas se passa dans la bonne humeur, les conversations revenaient bien sûr souvent sur la naissance de la petite Illena. Une fois le repas terminé, Serena annonça que, fatiguée, elle allait se coucher, et Dryden ne tarda pas non plus à rejoindre ses appartements. Van s'excusa auprès de Merle et Hitomi, car il devait encore signer quelques papiers. La Terrienne et la fille chat se retrouvèrent de nouveau seules toutes les deux et continuèrent à parler de tout et de rien, profitant juste d'être ensembles. Au bout d'un certain temps, Merle s'excusa auprès d'Hitomi, elle devait aller voir le cuisinier du château pour parler avec lui des plats qui seraient servis à la table royale.
Hitomi se retrouvant seule et, n'ayant pas sommeil, décida d'aller se promener un peu dans les jardins du château. Elle déambula un bon moment parmi les plantes, arbustes et massifs de fleurs, admirant le travail des jardiniers du palais. Elle commençait à songer à rentrer quand elle aperçu une silhouette. Tout d'abord elle prit peur, mais elle reconnu rapidement Van, assis sur un banc, le visage tourné vers le ciel. Il lui semblait qu'il contemplait la Lune et la Terre. Elle hésita un instant à le déranger, mais l'envie de passer un moment avec lui l'emporta. Elle s'avança donc vers l'endroit où il était assis, prenant soin de faire un peu de bruit afin qu'il remarque sa présence.
Quand il entendit un bruis de pas se rapprocher de lui, Van tourna la tête vers la source de ce bruit, et quand il reconnu Hitomi, son visage se fendit d'un immense sourire, ce qui emplis le cœur de la jeune fille de joie. Hitomi rejoignit rapidement Van, et, sans un mot, elle vint s'asseoir à coté de lui. Ils restèrent silencieux un bon moment. Ce n'était pas un silence gênant, ce n'était pas non plus qu'ils n'avaient rien à se dire. Ils savouraient juste ce moment, pouvoir être assis là, profitant simplement de la présence de l'autre.
Au bout d'un moment, Van pris la parole :
- Tu n'as pas froid ?
- Non ça va, merci. Il fait doux.
- C'est vrai que c'est agréable.
- C'est si calme, si tranquille… Comparé à l'effusion qu'il y a toute la journée, quelle différence !
- Oui !
- Ca fait longtemps que tu es là ?
- Un petit moment. Je n'ai pas trouvé mon conseiller qui voulait que je signe des papiers. Il devait être en train de diner avec sa famille et je n'ai pas voulu les déranger.
- Tu aurais du venir nous rejoindre, on est restée un bon moment à discuter avec Merle.
- Oui, je sais, je vous ais vues. Mais je préférais vous laisser seules. Tu sais, Merle est si heureuse de t'avoir retrouvée ! Elle ne te le montrait pas il y a trois ans, mais elle tenait, et tient beaucoup à toi. Elle te considère comme sa meilleure amie, comme sa sœur. Bien qu'elle se soit rapprochée de Mirana et Serena, ce n'est pas pareil. Et il y a certaines choses dont elle ne peut pas parler avec moi. C'est pour ça que je n'ai pas voulu vous déranger.
- C'est gentil à toi. Elle aussi m'a beaucoup manqué… vous m'avez tous énormément manqués…
Rougissant dans le noir, et espérant que Van ne le verrait pas sur son visage, Hitomi s'enhardi et pris doucement la main de Van dans la sienne. Elle eu peur un instant qu'il ne la rejette, et cru ses craintes fondées en sentant la main de Van se retirer de la sienne… avant de se rendre compte que c'était pour entrelacer leurs doigts, serrant un peu plus fort leurs paumes l'une contre l'autre. A cet instant, Hitomi eu l'impression que des centaines de papillons s'envolaient dans son ventre. Elle se traita mentalement d'idiote, se trouvant bête d'avoir une telle réaction. Elle avait l'impression d'être une gamine découvrant son premier amoureux… Mais Van n'était-il pas son premier et unique amour ? Il est vrai qu'elle avait cru être amoureuse d'Amano puis d'Allen, mais elle avait fini par se rendre compte qu'elle se cachait les yeux, et que celui qu'elle aimait réellement, c'était Van. Elle le lui avait dit, et elle savait qu'à ce moment là, il en était de même pour lui. Même s'il ne lui avait jamais exprimé avec des mots… Il est vrai qu'à l'époque, avant de repartir sur Terre, elle ne savait pas vraiment comment se comporter avec lui, n'étant jamais sortie avec des garçons avant de le rencontrer, elle ne savait pas quelle attitude adopter… Et c'était la même chose aujourd'hui, car elle n'avait jamais connu d'hommes après son départ de Gaïa, son cœur étant resté ici… Mais en était-il de même pour Van ? L'avait-il, comme elle, attendue ? Ou était-il passé à autre chose ? Il est vrai qu'il l'avait crue morte pendant plus d'un an, alors pourquoi attendre quelqu'un dont il savait pertinemment qu'elle ne reviendrait pas ? Et puis, il fallait voir les choses en face : Van était roi, il devait avoir des dizaines de femmes à ses pieds… A cette pensée, un frisson la parcourue de la tête aux pieds. Van s'en aperçu.
- Ne me dis pas que tu n'as pas froid, tu trembles.
- Non ça va, je t'assure…
Sa voix était triste, Van s'en aperçu également.
- Hitomi…
- …
- Viens là.
Alors, tout doucement, il dégagea sa main, passa son bras autour de la taille d'Hitomi, et l'attira contre lui, la tête de la jeune fille reposant au creux de son cou. A ce moment là, elle oublia tout, ses inquiétudes, ses doutes et jusqu'à l'endroit où elle se trouvait. Elle ne pensa plus qu'a lui. A cet homme qui la tenait dans ses bras et qu'elle aimait toujours autant, si ce n'est plus, et ce malgré les années de séparation. Elle noua ses bras autour de la taille de Van et s'enivra de son odeur et de sa chaleur, souhaitant que ce moment ne s'arrête jamais.
Malgré tout, au bout d'un certain temps, elle se sentie gênée et elle prit la parole afin de briser le silence qui les entouraient. Cependant, elle ne bougea pas, et resta blottie contre lui.
- Tu regardais la Lune quand je suis arrivée ?
- Oui, c'est une habitude que j'ai prise. Souvent, quand tout le monde dors et que tout est calme, je viens ici, ou sur les toits, et j'observe la Lune… et la Lune des Illusions.
- Vraiment ?
- Oui, je… Je me demandais souvent ce que tu faisais, j'essayais de t'imaginer chez toi… Et puis quand j'ai cru… t'avoir perdue pour toujours, c'était ma façon à moi de me rapprocher de toi.
Hitomi était émue par ce que Van venait de lui dire. Ce pourrait-il finalement qu'il ne l'ait pas oubliée ? Et ce malgré cette année qu'il avait passée, persuadé qu'elle était morte ? Le fait qu'il la tienne à ce moment contre lui, si proche, ne voulait-il pas dire quelque chose ?
- Hitomi, il faut que je te dise quelque…
- Van, tu sais je…
Ils se mirent à rire, ils avaient parlé en même temps. Hitomi se redressa un peu afin de pouvoir regarder Van. Cependant, il laissa son bras autour de la taille de la jeune fille.
- Je t'écoute.
- Non, honneur aux dames. Que voulais-tu me dire ?
- Eh bien…
A ce moment, Hitomi se troubla car elle venait d'apercevoir la lèvre fendue de Van, et se souvint par la même occasion que Merle lui avait dit que c'était elle qui lui avait fait ça.
- Je suis désolée…
- Mais de quoi ?
Hitomi leva sa main, et toucha tout doucement la lèvre de Van.
- De ça…
- … Oh, je vois que Merle à parlé !
- Ne lui en veux pas, je l'ai torturée ! Puis redevenant sérieuse. Vraiment Van, je suis désolée.
Hitomi baissa sa main et la posa sur le torse de Van. De sa main libre, l'autre étant toujours autour de la taille de la jeune fille, Van pris le menton d'Hitomi et lui releva doucement le visage, puis il posa sa main sur sa joue.
- S'il te plaît Hitomi, cesse de t'en vouloir. Ce n'est rien.
Hitomi avait du mal à se concentrer, elle avait l'impression que la main de Van lui brulait le visage.
- Si. Je t'ai fait du mal. Je n'aurais pas du…
- Tu n'étais pas toi-même.
- Arrêtez de me dire tout le temps ça et de me trouver des excuses ! C'est moi qui ai commis ces actes, c'est moi qui vous ai fait du mal !
- Non Hitomi, ce n'était pas toi, nous en sommes tous conscients.
- C'est la même chose.
- Non, pas du tout. Toi tu es douce, gentille, aimante… Tu es à l'opposé de cette personne qu'ils avaient crées de toutes pièces. Et puis… peut-être que je l'avais mérité !
- Ah ! Voilà maintenant que tu endosse la responsabilité de mes actes ! C'est pire que de me trouver des excuses ! Quand arrêteras-tu de me surprotéger ?
- Jamais… Et puis, ça n'est pas la première fois que tu me gifle !
- Bravo ! Maintenant je te bats ! Tout ça me réconforte !
- Hitomi, s'il te plaît, soit sérieuse et arrête de penser à tout ça. Tu es en sécurité maintenant, tout va bien. Je veille sur toi.
Hitomi releva les yeux et rencontra le regard de Van. Elle cru un instant se perdre dans ses grands yeux emplis de douceur. La main de Van caressa doucement sa joue et elle eu l'impression qu'il creusait de sillons de feu sur sa peau. Sa prise sur sa taille se raffermit et il l'attira tout doucement à lui. Pas un instant ils ne se quittèrent des yeux, leurs regards étant comme soudés. A présent, leurs visages n'étaient plus qu'à quelque centimètre l'un de l'autre, ils pouvaient sentir le souffle chaud de l'autre… Pendant une seconde, Hitomi eu une pensée fugace, cela allait être leur tout premier baiser… Puis ses pensées s'envolèrent et elle plongea de nouveau dans les prunelles de Van. A présent, leurs lèvres allaient se toucher, ils fermèrent les yeux quand…
- Maitre Van ?
Ils sursautèrent tout les deux et s'éloignèrent aussitôt, comme deux enfants pris en faute.
- Maitre Van ?
Van s'éclaircit la gorge et dit :
- Oui, je suis ici.
Un domestique apparu, quand il aperçu Hitomi, son visage prit un air confus et il bredouilla :
- Je, hum, je… Je suis désolé de vous déranger Majesté…
- Ce n'est rien, qu'y à t'il ?
- Eh bien… Le conseiller Parni vous cherche Majesté. Il souhaite vous faire signer d'importants documents.
- Oui, bien sûr. J'y vais de ce pas.
- Bien Majesté. Bonne soirée Majesté. Mademoiselle.
- Attendez-moi un instant s'il vous plaît.
- Oui Majesté.
Le jeune domestique s'éloigna de quelques pas et tourna le dos à Van et Hitomi. Van se leva et pris la main d'Hitomi pour l'aider à se lever.
- Je suis désolé, je dois vraiment y aller.
- Tu n'as pas à t'excuser Van, tu as des devoirs envers ton peuple et je le comprends tout à fait.
- Oui… Finalement j'aurais peut-être du le déranger tout à l'heure. Dit-il avec un sourire en coin.
- Mais non ! De toute façon tu ne pense pas ce que tu dis. Tu es quelqu'un de bien Van, ne change jamais. Et puis… On aura tout le temps de passer des moments ensembles maintenant…
Van lui répondit par un sourire et serra sa main un peu plus fort.
- Tu veux rester encore un peu ?
- Non, je crois que je vais rentrer. Je suis fatiguée
- D'accord, Guilo va te raccompagner.
- Merci.
Van se pencha vers Hitomi et déposa un léger baiser sur sa joue, juste au coin des lèvres.
- Bonne nuit Hitomi, fais de doux rêves.
- Merci, bonne nuit à toi aussi.
Sur ce, Van se retourna et interpela le domestique.
- Guilo ? Voulez-vous bien raccompagner cette demoiselle jusqu'à ses appartements s'il vous plaît ?
- Bien sûr Majesté.
- Merci bien.
Puis, après un dernier sourire pour Hitomi, il s'en fut vers le château. Hitomi resta un petit moment à regarder l'endroit où Van avait disparu. Il lui semblait sentir encore la chaleur de sa main sur sa joue…
- Mademoiselle ? Souhaitez-vous rentrer maintenant ou rester encore un peu ?
- Hitomi sortit de sa rêverie.
- Je vais rentrer, merci.
- Bien. Si vous voulez bien me suivre.
Comme promis, Guilo la raccompagna jusqu'à sa chambre. Une fois seule, Hitomi s'adossa contre la porte et, les yeux dans le vague, elle repensa à cette journée riche en émotions. Puis au bout de quelques minutes, elle se ressaisit et se prépara à se mettre au lit. Une fois étendue dans les draps frais, elle s'endormi rapidement en ayant l'impression de sentir une caresse sur son visage.
Le lendemain matin, Hitomi se réveilla tard. Elle s'éveilla en sursaut, le corps en sueur et le visage baigné de larmes. Comme lorsque l'on s'éveille après un cauchemar… Mais elle savait que le « cauchemar » qu'elle avait fait n'en était pas vraiment un… Ca y est, c'était fini, tout était revenu, tout ses souvenirs. Les plus éprouvants, tout ce qu'elle avait vécu à Mharr. Mais tout ça n'était rien face à ce dont elle se souvenait à présent : son arrivée à Fanélia. A cette pensée, Hitomi fondit en larmes. Elle savait à présent que Van était fiancé à une autre, qu'il aimait surement cette princesse et allait passer sa vie avec elle. Pour la deuxième fois, la première étant quand elle avait vu Van annoncer ses fiançailles au peuple de Fanélia, Hitomi compris l'expression « avoir le cœur brisé ». Elle n'y avait jamais vraiment cru, mais en cet instant elle avait l'impression qu'on lui avait broyée le cœur en mille morceaux. Pourquoi, pourquoi, pourquoi ? Cette question tournait en boucle dans sa tête. Pourquoi lui avoir mentit quant à la raison de son envie de partir ? Pourquoi ne lui avoir rien dit ? Elle se sentait trahie, flouée. Merle lui avait menti, Van lui avait menti, ils lui avaient tous menti ! Mais pourquoi ? Que leurs avait elle fait de mal pour qu'ils se comportent ainsi avec elle ? Ils affichaient tous de grands sourires et lui assuraient leurs soutient et leur amitié et ils l'avaient poignardée dans le dos en lui mentant sur quelque chose qu'ils savaient plus important que tout pour elle : son amour pour Van. Elle en avait parlé avec Merle, cette dernière savait tout sur les sentiments qu'elle portait à Van, alors pourquoi lui avoir mentis ? Qu'en retiraient-ils ? Ils savaient pertinemment que ses souvenirs allaient lui revenir rapidement alors pourquoi n'avoir rien dit ? Pour qu'elle se sente encore plus mal quand elle découvrirait la vérité par elle-même ? Eh bien, c'était réussi ! Hitomi se souvint avoir vu la princesse Riya, une douce et belle jeune fille… Une princesse ! Bien sûr, comment avait-elle pu croire une seconde que Van avait pu vouloir faire sa vie avec elle ? Elle n'était rien, elle n'était personne, alors face à une princesse… Mais pourquoi ? Pourquoi Van s'était-il comporté ainsi avec elle ? Depuis son réveil, pourquoi avait-il été si doux, si gentil et si prévenant ? Etait-ce sincère ou était-ce pour qu'elle souffre plus lorsqu'elle apprendrait la vérité ? Il n'y avait aucune logique, aucunes raisons au fait qu'ils lui avaient tous caché la vérité, sachant qu'elle finirait par se souvenir. Pourtant, elle n'avait jamais imaginé ses amis capables d'un tel acte, lui en voulaient-ils de la façon dont elle s'était comportée quand elle était Kaïna Otara ? Alors pourquoi lui répéter que rien n'était de sa faute ? Et cette soirée de la veille, Van avait-il vraiment joué la comédie ? Il avait eu l'air si sincère… Mensonges ! Mais pour quelles raisons s'étai-il comporté ainsi avec elle ? Elle se souvenait que dans certains pays, sur Terre, au moyen âge les souverains avaient coutume d'avoir une épouse et bon nombre de maitresses, en était-il de même sur Gaïa ? Etais-ce cela que Van cherchais ? Voulait-il l'avoir en plus de la princesse Riya ? Elle avait beaucoup de mal à imaginer Van ainsi, elle ne le connaissait pas comme tel. Elle avait toujours connu un jeune homme pouvant être certes dur et froid dans certaines situations, mais étant surtout doux, gentil et sûr de ses valeurs… Mais le problème était bien là, elle avait quitté un jeune homme et avait retrouvé un homme. Il avait changé, ils avaient tous changés, elle la première. Mais les faits étaient là, et elle ne pouvait les nier : ils lui avaient mentis, Van était fiancé et en aimait une autre… Tout ça avait donc été vain ? Tout ce qu'elle avait vécu, ou plutôt enduré, depuis son retour sur Gaïa avait donc été vain ? Elle avait accepté de tout quitter pour lui, de sacrifier sa vie sur Terre, et tout ça pour quoi ? Pour qu'on se fiche d'elle, pour qu'on lui mente. Elle avait été si bien la veille au soir, elle avait même pu, un instant, imaginer un avenir avec celui qu'elle aimait… Maintenant, tout ça lui paraissait bien loin.
Tout à coup, la peine, l'horreur, les doutes et les questions s'envolèrent pour finalement ne laisser place qu'à une froide détermination. Elle allait rentrer chez elle, essayer de tout oublier et de panser ses blessures. Elle aurait alors tout le loisir de pleurer et de s'apitoyer à son aise. Mais avant, elle avait deux mots à leurs dire, à lui dire ! Cette fois-ci, elle ne s'en irait pas sans un mot, elle avait bien l'intention de lui dire ses quatre vérités avant de s'en aller.
Forte de cette décision, elle s'habilla rapidement d'une tenue simple et pratique et descendit rapidement à la salle à manger où elle était pratiquement sûre de le trouver. Et elle ne s'était pas trompée, ils étaient tous là, même Mirana qui ait eu l'autorisation de se lever.
Quand elle entra dans la pièce, Van tourna la tête vers elle et eu un grand sourire à son intention. Mensonges ! Il se leva aussitôt et se dirigea vers elle.
- Bonjour, tu as bien dormi ?
Hitomi ne répondit pas, dès qu'il fut à sa hauteur, elle leva la main, et le gifla de toutes ses forces. Elle eu l'impression que le claquement résonna un long moment dans la pièce devenue silencieuse. Tous avaient un air plus qu'étonné. Merle s'était levé d'un bond. Et dire que la veille, elle s'était confondu en excuse pour l'avoir frappé ! Aujourd'hui, cela lui avait fait un bien fou ! Merle fut la première à reprendre ses esprits.
Merle - Non mais ça ne va pas la tête ? Qu'est-ce qui te prends ?
Van - Hitomi, mais qu'est-ce qu'il t'arrive ?
Il s'avança et tenta de lui prendre la main, elle recula d'un pas en le toisant toujours.
Van - Hitomi…
Hitomi - Pas la peine de te fatiguer, ça ne sert à rien de faire ton cinémas, j'ai compris.
Van - Quoi ?
Allen - Hitomi, mais de quoi parles-tu ? Qu'est-ce qui te prend ?
Merle - Oh non, elle est redevenue Kaïna !
Hitomi - Non Merle, pas de soucis de ce côté-là, je suis bien moi-même.
Mirana - Mais alors qu'est-ce qu'il t'arrive ?
Hitomi - Ce qui m'arrive ? Ah ! Vous allez me dire que vous avez eu un trou de mémoire collectif en omettant de me dire que toi (elle pointât un index accusateur vers Van) tu étais fiancé et que allait te marier ?
Un lourd silence accueillit sa déclaration.
Hitomi - Alors ça y est ? A vous aussi la mémoire vous revient ?
Merle - Hitomi…
Hitomi - NON ! Tu m'as menti, je vous faisais confiance et vous m'avez tous menti !
Van - Hitomi, s'il te plaît, écoute…
Hitomi - Non ! C'est toi qui va m'écouter ! Alors maintenant c'est bon ? Tu t'es bien joué de moi ? Vous vous êtes bien amusés à mes dépends ? J'avais confiance en toi Van ! Je t'aim… J'ai tout quitté pour revenir ici, mon travail, mes amis, ma maison, les tombes de mes parents et de mon frère… ma vie ! Et quand j'arrive ici j'apprends que tu es fiancé… soit, tu as refait ta vie et tu en as le droit. Mais pourquoi me mener en bateau ? Pourquoi me mentir ? Et le pire dans tout ça, c'est que quand je souhaite rentrer chez moi, on m'enlève, et pour quelle raisons ? Comme un simple objet, un moyen de t'atteindre. Tu parles ! Ils se sont bien trompés, tu te fiche de moi ! Quelle idiote je fais… Je me demande même pourquoi tu m'as sauvée, tu aurais du me laisser comme ça, j'aurais peut-être moins souffert.
Van - Hitomi, s'il te plaît…
Hitomi - Non Van ! Tu voulais savoir ce que j'ai vécu à Mharr ? Ce que l'on m'a fait ? Eh bien apprécie cela : Sache que j'ai été frappée, on ne me donnait qu'un infect repas par jour et la nourriture était droguée pour m'endormir afin que je ne tente pas de m'échapper. Je ne mangeais qu'un jour sur deux, afin de tenter de créer une colonne de lumière, mais je n'y parvenais jamais tellement j'étais faible !
Les traitresses de larmes recommençaient à couler sans qu'elle ne puisse les arrêter.
- Je ne voyais jamais la lumière du jour, on m'emmenait dans une pièce sombre bien avant le lever du jour. On ne me ramenait dans ma chambre, si on peut appeler ce cachot insalubre une chambre, qu'en pleine nuit. Et c'est dans la pièce sombre qu'ils tentaient de m'effacer la mémoire. Ils m'injectaient je ne sais quels produits, me forçaient à raconter ma vie depuis mes premiers souvenirs. Ils me faisaient inlassablement répéter les mêmes choses. Quand je tentais de résister, ils me frappaient afin que je cède, et si je ne cédais pas et que les coups ne me faisaient plus mal tellement la douleur physique était forte, alors ils me menaçaient. « Tu sais jeune fille, nous savons comment nous introduire discrètement dans le château de Pallas. Il serait vraiment dommage qu'il arrive malheur à la reine Mirana… et à l'enfant qu'elle porte ! » Alors je cédais, je consentais à faire ce qu'ils me demandaient… pour vous protéger, pour ne pas que vous subissiez les mêmes horreurs que moi.
Les larmes continuaient à couler, mais elle ne pouvait plus s'arrêter, il fallait qu'elle termine, qu'elle dise ce qu'elle avait sur le cœur.
- Mais le pire, c'était Perkis, le bras droit du roi. Il suivait aveuglément son roi, et je suis sûre qu'il aurait tué père et mère si Mharra le lui avait demandé. Il me vouait une haine sans limites, car il me savait proche de toi. Mais en même temps il me convoitait, il me… il me désirait. C'était toujours lui qui me ramenais à ma chambre, et un soir, il à réussi à s'introduire dans ma chambre à l'insu des gardes. Il m'a plaquée contre le mur et il a… il a tenté de…
Elle ne put terminer sa phrase, formuler cela avec des mots était trop dur.
- Je n'ai été sauvée que grâce à l'intervention des gardes. Ils en ont parlé au roi Mharra qui à dit à Perkis que, pour le moment, il fallait préserver mon corps au maximum, et préserver ma raison autant que faire ce peux. Mais il a aussi ajouté que, quand Fanélia serait à lui, Perkis pourrait disposer de moi à son aise… Dès lors, il n'a eu de cesse de me faire des coups bas, me frapper, me faire tomber, empoisonner ma nourriture afin que je tombe malade… Et enfin, petit à petit, ils réussissaient à m'enlever mes souvenirs, les moments passés avec ma famille, mes parents, mon frère… Tous ceux que je chérissais… A la fin, j'étais comme une coquille vide…
Et c'est un peu comme cela qu'elle se sentait à présent, vidée… Pas en mal, non. Au contraire, elle se sentait bien, cela lui avait fait un bien fou de parler, de sortir enfin tout ce qu'elle gardait pour elle seule et qui la rongeait. A présent, elle se sentait presque sereine, elle était calme. Elle savait qu'elle ne pourrait jamais oublier tout ce qu'elle avait enduré, mais maintenant elle pourrait peut-être essayer de vivre avec.
Elle observa les personnes présentes dans la pièce, Mirana et Serena avaient un regard horrifié, une main placée devant la bouche. Allen avait les yeux baissés et serrait les points. Dryden s'était pris la tête entre les mains. Merle lui tournait le dos et ses épaules se secouaient, comme si elle pleurait. Et Van… Il avait les yeux fermés, une expression d'intense souffrance mêlée de rage s'étalait sur son visage. Ses points étaient serrés si fort que ses jointures étaient toutes blanches. Tout son corps était tendu. Tout à coup, elle eu envi de s'approcher de lui, de le calmer et de se lover dans ses bras afin de ne plus penser à tout ça, elle avait envi de retrouver le bonheur et la sérénité qu'elle avait éprouvé la veille auprès de lui. Mais elle ne devait pas, elle savait que cela ne servirait à rien, ou peut être juste à la faire souffrir un peu plus. Car à présent, son amour perdu ne lui appartenait plus, le cœur de Van appartenait à une autre. A cette pensée, son cœur à elle se serra, et il lui sembla qu'il se déchirait un peu plus. Avait-elle rêvé cette lueur de tendresse qu'elle avait cru voir dans les yeux de Van la veille ? S'était-elle fait des idées ou bien Van s'était-il tout simplement fichu d'elle ? Et puis, à quoi bon penser à tout cela maintenant ? C'était fini. Certes, elle leurs en voulaient toujours de lui avoir menti, mais à présent, toute trace de haine et de rage l'avait désertée. Pour ne laisser place qu'à une immense peine, à un profond malheur…
Il fallait qu'elle parte, il fallait qu'elle parte tout de suite, car elle sentait de nouveau les larmes affluer et elle savait qu'elle tenterait de trouver des raisons de rester, et c'était malsain. Elle baissa la tête, pour ne pas les voir, pour ne pas le voir. Puis au prix d'un énorme effort, elle commença à reculer.
- Je vais partir maintenant, je vais rentrer chez moi… J'ai déjà réussi à créer une colonne de lumière, j'y arriverais une nouvelle fois, je vais me débrouiller.
Elle savait qu'elle tentait plus de se convaincre elle-même que les autres.
- Je… Je suis désolée si je vous aie blessés… Prenez soins de vous et… soyez heureux.
Puis elle se retourna et fit difficilement un pas, puis un autre, et finit par sortir de la pièce. Elle marcha comme un automate jusqu'à l'entrée du château, puis elle se mit à courir, à courir en y mettant toutes ses forces. Elle n'avait pas couru depuis ce terrible accident qui avait couté la vie à sa famille, et en cet instant, elle se rendit compte à quel point cela lui avait manqué.
A présent, elle courrait pour tenter d'oublier sa peine, pour tenter de semer son malheur derrière elle. Elle savait qu'à un moment ou à un autre il finirait par la rattraper, et qu'à ce moment là elle serait écrasée par le poids de sa peine, mais elle ne voulait pas y penser tout de suite. Elle finit par ne plus penser à rien, se concentrant uniquement sur ses foulées, sur sa respiration… Elle couru ainsi un long moment, sortit de la ville et s'enfonça dans la forêt, elle couru ainsi jusqu'à en tomber d'épuisement. Et comme elle l'avait prévu, la douleur qui lui enserrait le cœur la rattrapa, elle fut plus violente qu'elle ne l'avait imaginée. Elle ne put que tomber à genoux, serrant sa poitrine entre ses bras, comme si cela pouvait l'empêcher de souffrir. Elle leva ses yeux embués de larmes vers le ciel, une trouée dans les arbres lui permettait de voir sa planète natale. Au désespoir, les yeux toujours braqués sur le Terre, elle adressa une unique prière silencieuse : Je veux rentrer chez moi…
Sa prière fut exaucée, et une colonne de lumière s'abattit sur elle afin de l'emmener vers les cieux.
