Adrenaline
Il y a ce moment de bonheur qui se produit entre le sommeil et la conscience, juste à l'instant où vous vous réveillez mais avant d'ouvrir les yeux, lorsque vous ne pouvez vous rappeler de faits arbitraires tels que la date, la saison, ou même la ville dans laquelle vous vous êtes endormi. Ce moment passa rapidement et le cerveau agité de John fut assailli de visions de la nuit passée, des souvenirs faisant irruption dans son cerveau embrouillé et endormi en une file ininterrompue. Ça avait été… eh bien, fantastique était le premier mot qui lui venait à l'esprit. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres et ses yeux papillonnèrent. Sherlock était étendu à ses côtés, aussi nu qu'il pouvait l'être, dormant à poings fermés, et John permit aux souvenirs de la veille d'envahir sa tête.
Aucun mot n'avait été prononcé. Un cas, très intéressant selon les normes de Sherlock, sévèrement morbide selon celles de John ou de toute autre personne. Adrénaline dans leurs veines, le frisson de la chasse finie et bien finie, se tombant dans les bras contre un des murs de l'appartement. Des baisers brulants et des mains passionnées parcourant le corps de l'autre. Juste incroyable. Hallucinant. Avant même qu'ils n'atteignent la chambre John savait où tout cela les menait. Des mois de tension sexuelle étaient destinés à aboutir quelque part éventuellement, résultant en l'agréable réveil de John dans le lit du détective. Ses doigts écrivaient distraitement sur le torse de Sherlock alors qu'il se demandait ce qui viendrait ensuite.
Ils n'en avaient pas du tout discuté et même si John se souvenait de la sensation de la langue de Sherlock contre la sienne, le doute commençait à s'insinuer de tous côtés. Il avait été si facile de voir le détective comme un être asexué et ce point de vue avait été brisé la nuit dernière. Une baise sous le coup de l'adrénaline était une chose, mais il était difficile d'imaginer Sherlock voulant une relation stable, voulant de l'engagement et des promesses. Maintenant, le feu de l'action avait disparu – que dirait-il quand il se réveillerait ? 'Merci pour le sexe, je m'ennuie maintenant, des nouveaux cas ?' Fort probable. La bouche de John trouva son chemin jusqu'au cou de Sherlock et il déposa de légers baisers sur les vilaines marques violettes qu'il lui avait faites la nuit dernière. Ça n'avait pas été particulièrement brutal, mais tout de même très intense. Le regard de John n'avait pas quitté Sherlock une seule fois.
Ses lèvres tracèrent un chemin familier sur la gorge de Sherlock, beaucoup plus doucement cette fois. Des baisers doux, tendres et caressants contre la peau qu'il ne connaissait que dans la ferveur et le désespoir. Bien qu'il détestait l'admettre, John aimait cet homme dingue, désaxé et impossible, de tout son cœur. Et la pensée que la nuit dernière soit unique, qu'elle pourrait ne jamais se reproduire, était une pensée terrorisante. John n'avait aucun doute sur le fait que Sherlock serait en mesure de passer outre ce petit "écart", de l'ignorer (le supprimer ?) et prétendre qu'il ne s'était jamais produit s'il le voulait. John ne voulait pas du tout ça, mais si la nuit dernière était tout ce qu'il allait jamais avoir, il ne voulait pas que la nuit se termine. Pas encore. Il fit passer sa langue sur le cou de Sherlock alors que ce dernier dormait encore, caressant de la main l'épaule osseuse du détective.
Une fraction de seconde avant que son compagnon ne se réveille, John remarqua qu'il n'avait jamais vu le détective endormi. Et que jamais il n'avait vu le jeune homme à ce point en paix, si calme et tranquille. Puis il commença à remuer, réveillé par les soins que John réservait à son cou, et le docteur sentit une douleur dans la poitrine. Ça ne pouvait pas se terminer maintenant.
"Mmm" murmura vaguement Sherlock, alors qu'il prenait son temps pour émerger, pour s'extirper du sommeil et retourner dans le monde des gens éveillés. Les doigts de John firent leur chemin jusqu'au biceps de Sherlock, et il déplaça son corps un peu plus près de la chaleur de ce dernier.
"Ne le fait pas" marmonna John tout contre l'épaule de Sherlock, cessant ses baisers et résistant à l'envie de le renifler à la place, alors que Sherlock baillait considérablement.
"Ne fait pas quoi ?" murmura le génie, de toute évidence encore à moitié endormi si l'on en jugeait par la cadence paresseuse de sa voix.
"Juste, ne le fait pas" lui dit fermement John. "Quel que soit le discours que tu as prévu, quelle que soit la variante à 'marié à mon travail' ou 'flatté par l'intérêt que tu me portes' que tu as dans ta manche, ne dit rien." John ne bougea pas, sa poitrine plaquée contre le dos de Sherlock alors qu'ils respiraient ensemble – peut-être pour la dernière fois.
"Je ne veux pas entendre que c'était une erreur, je ne veux pas entendre que tu ne ressens pas la même chose, d'accord. Juste… donne-moi seulement cinq minutes…." La voix de John ne sonnait pas résignée, et il s'en félicitait. "Juste cinq minutes pour prétendre que ça pourrait fonctionner."
"Il est beaucoup trop tôt pour ton radotage sentimental" grogna Sherlock dans l'oreiller, et John soupira. Que pouvait-il attendre d'autre de la part de ce rabat-joie, vraiment ? "Mais pour ton information je n'allais rien dire de la sorte." Après ce commentaire il resta silencieux un long moment, juste assez pour que John ressente de l'inconfort à l'idée d'être pressé contre un homme qui ne voulait probablement pas de lui. Sentant que John était sur le point de s'éloigner, Sherlock parla à nouveau.
"J'allais juste dire que la manière dont tu m'as réveillé…. la sensation était plutôt agréable." Ses paroles étaient douces, comme si Sherlock envisageait sérieusement l'idée de se rendormir. John ne savait pas trop comment réagir à ça, avec quelqu'un d'autre il aurait tout de suite sauté sur l'idée – mais il était question de Sherlock, Sherlock qui ne pensait pas toujours ce qu'il disait et qui ne disait pas toujours ce qu'il pensait. Il avait aimé, mais cela voulait-il dire qu'il en voulait plus ? John continua de faire courir ses doigts sur le bras de Sherlock, hésitant seulement lorsque le détective émit un soupir de frustration.
"Je sais que tu es lent le matin, mais pour l'amour de Dieu, essaye de suivre. Je n'étais, en aucune façon, en train d'indiquer que tu devais arrêter." Sherlock grogna, frustré, et John baissa la tête une fois de plus, continuant de déposer de doux baisers dans le cou de Sherlock. John appréciait les ronronnements de contentement qui s'échappaient du détective alors que sa langue balayait ses zones érogènes – cela avait réellement surpris John la veille, Sherlock se montrait très vocal dans ses gémissements, ses soupirs et ses grognements. Peut-être que l'excitation et l'énergie du moment lui étaient montés à la tête, mais chaque grognement et chaque gémissement que le détective avait émis avaient aidé John à se dévoiler, l'avaient aidé à se transformer en un être frémissant et implorant la nuit dernière. Même maintenant, alors que Sherlock penchait sa tête vers le haut, exposant une plus grande part de sa gorge à l'attention de John, il pourrait si facilement retomber dans l'état de la veille.
Non. John ne serait pas aspiré dans ce piège à nouveau. S'ils devaient renouveler cette expérience, ils avaient besoin d'en parler d'abord – comme des adultes… si John arrivait à détacher ses lèvres de la saveur enivrante de Sherlock assez longtemps pour parler bien sûr.
"Alors…" marmonna-t-il contre la peau de Sherlock, glissant son bras autour de la taille du détective et le rapprochant de lui, de façon à ce que son dos soit pressé contre la poitrine nue de John. Sherlock était beaucoup trop grand pour avoir le rôle de la petite cuillère, vraiment. "On va vraiment le faire alors ?" Il mordit très doucement et sentit la forme de Sherlock frissonner, ce qui eut un double effet concernant John (était-il sur le point de se faire abattre pour l'avoir suggéré ?) et provoqua un frissonnement de son sexe dans le bas du dos de Sherlock.
"Tu vas devoir élaborer, faire quoi ?" John était presque sûr que Sherlock n'avait pas eu l'intention de baisser la voix de manière si séduisante sur le dernier mot de sa phrase, et l'accrédita mentalement à l'effet que sa langue produisait en léchant langoureusement l'épaule du détective.
"Toi et moi" confirma John, ses doigts donnant de légères impulsions au niveau de l'abdomen de Sherlock pour tenter de déterminer si ce dernier était à moitié aussi dur que l'était devenu le docteur.
Sherlock poussa un soupir dramatique.
"Je te l'ai dit, il est bien trop tôt pour du sentim…"
"Sherlock" le coupa John avec un ton d'avertissement.
"J'aurais dû me douter que tu voudrais en parler." Son ton était si boudeur qu'il agaça John, qui mordit littéralement son compagnon en représailles (ce qui n'eut pas l'effet désiré d'agacer Sherlock, tout le contraire en fait, puisqu'il s'abandonna sans vergogne dans l'action, frottant ses fesses contre la semi-érection de John de manière taquine).
"Oui, curieusement je n'ai généralement pas l'habitude de m'envoyer en l'air avec mon meilleur ami et de ne pas lui parler par la suite" dit John avec arrogance. "Que faisons-nous Sherlock ?"
"Deuxième round ?" suggéra un Sherlock plein d'espoir.
"Je voulais dire… à long terme ? Est-ce que cela va devenir une chose établie ? Sommes-nous…." Il s'arrêta, réalisant qu'il ressemblait à une ex petite amie collante ou quelque chose s'en approchant.
Notant le soupir déçu de John (évidemment, John voulait vraiment parler de ça), Sherlock se déplaça rapidement – avec une force que John ne lui soupçonnait pas – et les renversa de façon à se retrouver au-dessus du docteur en le clouant au lit, ses mains de chaque côté de sa tête, leurs corps collés l'un contre l'autre.
Oh. Eh bien, cela répondait à la question de savoir si Sherlock était excité ou pas. Définitivement oui. Sherlock pressa sa silhouette mince contre John et, veillant à faire frotter son érection contre celle de l'ancien soldat, il abaissa ses lèvres juste au-dessus de celles de John. "Ecoute moi et écoute moi attentivement" murmura-t-il, laissant son souffle jouer contre la bouche de John. "Si tu penses un seul instant que j'ai l'intention d'abandonner volontairement des nuits comme la nuit dernière, alors j'ai gravement surestimé ton intelligence." La langue du docteur sortit instinctivement pour humidifier ses lèvres et Sherlock suivit le mouvement avec faim, et pendant un furtif instant John fut convaincu que Sherlock allait l'embrasser. Il se tenait là pour l'amour de Dieu, à seulement quelques millimètres.
Puis l'estomac de Sherlock grogna de mécontentement et le détective rejeta sa tête en arrière, baissant les yeux avec un air légèrement choqué. "Oh" remarqua-t-il "apparemment les rapports sexuels stimulent mes besoins les plus fondamentaux tels que dormir ou manger." John ne put s'en empêcher, le moment venait d'être entièrement et totalement ruiné mais il ne put s'empêcher de rire. Sherlock avait l'air tellement surpris d'avoir faim, comme si c'était une nouvelle découverte fascinante, que la poitrine de John fut remplie d'un rire qui s'échappa totalement contre son gré. Les joues de Sherlock prirent une légère tinte rosée avant qu'il ne s'écarte de John.
"Allons donc, je ne voulais pas…" dit John, riant toujours alors que le détective traversait la pièce et récupérait sa robe de chambre rouge.
"Thé. Toasts. Une ennuyeuse mais apparemment obligatoire conversation. Ensuite, retour au lit" dit Sherlock de façon décisive. Il décrocha la robe de chambre bleue et la jeta à John, couvrant son excitation, avant d'ajouter "Tu peux prendre une minute pour… te calmer." Il quitta la pièce.
Se calmer s'avéra être une tâche beaucoup plus difficile qu'elle n'aurait dû l'être. Le corps de John voulait se calmer, mais son esprit continuait à déverser des images du flirt de la nuit passée. La façon dont les doigts de Sherlock s'étaient accrochés à lui désespérément, les sons qu'il faisait constamment, ce corps souple pressé contre le sien, la sensation de s'introduire en lui pour la première fois. John gémit doucement, cela ne l'aidait pas et il était bien tenté de prendre l'affaire en main – il ne faudrait pas longtemps à ce stade, mais non. Sherlock avait presque promis qu'ils seraient de retour dans ce lit sous peu, et sa main gauche semblait beaucoup moins attrayante en comparaison. Son cœur battait la chamade, peut-être même plus fort que la nuit précédente. L'adrénaline était une chose, l'anticipation en était une autre.
"Pour l'amour de Dieu John, tu n'as plus dix-sept ans" grogna-t-il, se mettant en position assise et utilisant toute la puissance de sa volonté pour couper son envie pendant une courte période.
Lorsqu'il émergea finalement dans la cuisine, la deuxième meilleure robe de chambre de Sherlock sur le dos, il s'était bel et bien maitrisé. Sherlock faisait des allers-retours dans la cuisine, un morceau de pain dans la bouche. Tout était un peu bizarre, vraiment, si John n'avait pas su que la nuit dernière était réellement arrivée, cette scène aurait été tout à fait ordinaire. Sherlock gesticulait vaguement en direction du grille-pain qui, après une inspection plus minutieuse de la part de John, semblait griller plus de pain alors que le détective allumait la bouilloire avant de s'élancer pour intercepter Madame Hudson dans l'escalier (oui, il voulait le journal, non, elle n'était actuellement pas la bienvenue dans l'appartement). John s'assit avec son thé et ses toasts, s'émerveillant de la normalité même de la situation.
En l'absence d'adrénaline, sans la pression dans leurs veines et leur sang se précipitant vers le sud – y avait-t-il quelque chose là-bas ? La réponse était évidemment oui, oui il y avait quelque chose là-bas, sous la surface. Il avait été caché depuis longtemps, juste hors de vue, devenant de plus en plus fort chaque jour. Ce n'était pas vraiment une surprise pour John, le fait que tout ce soit passé de cette façon, sa seule crainte immédiate était que - quoi que cette chose soit – ce soit à sens unique. Une possibilité distincte. Sherlock revint journal en main et s'installa en face de John, jeta la gazette grande ouverte sur la table et commença à y surligner des choses importantes. Alors que John réfléchissait sur l'endroit où Sherlock avait bien pu trouver un surligneur, alors que lui-même n'arrivait jamais à trouver un putain de stylo à bille lorsqu'il fallait prendre un message, Sherlock prit la parole.
"Tu peux parler, je t'écoute."
"Ah… ok, bon, à propos de la nuit dernière…" commença John, se demandant comment débuter.
"Le regrettes-tu ?" demanda Sherlock, ne levant pas les yeux du journal.
"Non" fut sa réponse immédiate. Il n'avait pas besoin de réfléchir pour celle-là. "Attends… toi oui ?"
"Non." Simple, concis, précis. Très Sherlock. John grignotait son toast alors qu'il réfléchissait à la situation dans sa tête.
"Et tu as été très clair sur le fait que tu voulais que ça se reproduise…." commença-t-il avec prudence.
"Excellente déduction John. Comment t'es venue cette idée ? L'érection matinale ou le fait que j'aie promis de te ramener droit dans ce lit dès que tu as fini de manger… dépêche-toi d'ailleurs" ajouta-t-il avec impatience, sélectionnant un paragraphe sur une escroquerie particulièrement macabre impliquant un hôpital local déclarant à des femmes que leur nouveau-né avait trouvé la mort, de façon à les vendre pour une adoption scandaleuse.
John rougit légèrement, mais il ne laisserait pas Sherlock passer ça à la trappe.
"Oui, eh bien… que sommes-nous Sherlock ?" Il parla aussi clairement que possible malgré sa bouche pleine.
"Dans le large éventail des choses ? Humains. Plus spécifique ? Hommes. Encore plus spécifique ? Anglais…"
"Sherlock !" Ce dernier leva les yeux à cette réprimande, ayant apparemment dit la mauvaise chose.
"Tu vas devoir être un peu plus précis, John. Ceci… n'est pas vraiment mon domaine." Ses paroles étaient repentantes mais son ton ne l'était pas, optant pour une manière quelque peu distante, froide, analytique, laissant John incertain sur ce qu'il fallait en penser. Il soupira légèrement.
"D'accord. Je voulais dire…. sommes-nous un couple… ou est-ce purement sexuel ?" Eh bien, en voilà une drôle de question. John n'aimât pas l'aspect de profonde réflexion qui traversa les traits de Sherlock, alors qu'il posait le surligneur et croisait les doigts sous son menton.
"Honnêtement ?" demanda le détective, ses yeux pâles scannant John avec précaution. Ce dernier fronça légèrement les sourcils, 'Honnêtement ?' n'était jamais une bonne réponse de la part de Sherlock, c'était inévitablement suivi par quelque chose de brusque et cinglant. "Je ne sais pas." Et voilà. Les mots les plus brutalement honnêtes que Sherlock pourrait jamais prononcer. Parce que si le détective ne savait pas quelque chose, vous aviez des putains de gros ennuis.
"Je n'avais jamais envisagé la possibilité avant la nuit dernière." Il continuait, quelque peu maladroit dans ses paroles. Sherlock détestait l'admettre lorsqu'il ne savait pas quelque chose, citant généralement que ce n'était pas qu'il 'ne savait pas' mais plutôt qu'il 'ne savait pas encore'. "Je… ne l'avait pas prévu."
"Vraiment ?" demanda John, un peu incrédule. Le docteur l'avait vu venir, bon sang, le monde entier l'avait vu… et pourtant Sherlock l'avait loupé. Sherlock lui fit un hochement de tête stupéfait, ayant l'air toujours assez tendu.
"Tout ça est plutôt… nouveau. J'hésite à mettre une étiquette sur l'aspect émotionnel avant d'en être certain. Le sexe, cependant, est un certitude." John expira légèrement. A vrai dire, il n'aimait pas trop l'idée d'une situation "amis avec avantages", mais si c'était tout ce que Sherlock était capable d'offrir…. John était-il disposé à se contenter de la deuxième place ?
"Alors…. Juste quelque chose de purement sexuel ?" Il devait demander, pour confirmation, car il savait que même si ce n'était pas ce qu'il voulait, il prendrait tout ce que Sherlock pourrait lui donner. Il n'allait pas accepter dans l'illusion que Sherlock change un jour, non, il savait que c'était une chose qu'il ne pouvait espérer, mais il accepterait volontiers tout ce qu'il pouvait avoir – parce que l'amour vous fait faire des choses stupides.
"Tu ne m'as pas compris" dit dédaigneusement Sherlock. "Cet… arrangement… relation si tu veux, n'est pas purement sexuelle. Il y a un élément de romance – des deux côtés si je ne me trompe ?" Ce fut au tour de John d'hocher maladroitement la tête, quelque peu abasourdi. "Oui, c'est ce que j'avais déduit. Je veux continuer, mais je ne veux pas…. je suis incapable de le considérer comme de l' "amour" pour l'instant… ce que tu veux entendre. Ça ne veut pas dire que je ne suis pas amoureux de toi, c'est juste que je n'ai pas d'expérience avec laquelle comparer, donc cela va peut-être prendre un certain avant que je ne me sente à l'aise avec la tournure de phrase." John réfléchit à toute cette déclaration, essayant d'y donner un sens.
"Donc, ce que tu dis, d'une manière interminable et terriblement compliquée… c'est que je te plais ?"
Il ne put cacher le sourire qui illumina son visage, et encore moins lorsque les joues de Sherlock se teintèrent de rose sous l'accusation.
Il avait l'air un peu dégouté lorsqu'il déclara finalement "si tu insistes à le décrire en des termes qui conviendraient à une jeune fille de treize ans alors oui. Tu me plait." Il poussa un soupir d'exaspération.
"Donc nous SOMMES un couple alors ?" insista John.
"Un couple de quoi ?" commença Sherlock, mais il fut coupé par un regard noir de la part du médecin. John n'était pas d'humeur pour 'oui, nous sommes un couple d'homo sapiens, un couple d'êtres humains avec leurs chromosomes arrangés d'une façon X ou Y, etc…' "Oui, nous sommes un couple. Content ?"
"Extatique" répondit John, souriant alors qu'il avalait le reste de son thé avant de se lever. "Aussi longtemps que nous savons tous les deux où nous en sommes. Maintenant… on avait parlé d'un deuxième round non ?"
Sherlock lui retourna son sourire diabolique alors qu'il abandonnait derrière lui les dernières gouttes de son thé, suivant son amant vers le lit.
Et voilà le deuxième chapitre ! J'espère que la traduction vous a plu :)
L'histoire est confirmée par l'auteur pour être un "5+1", alors je vous dis à bientôt pour la suite ;)
Merci pour tous vos commentaires, ça fait plaisir de voir son travail apprécié :D
Note de l'auteur: Le prochain chapitre sera intitulé "Need" et sera probablement un peu angst (mais ne vous en faites pas, le chapitre d'après sera intitulé "Want" et sera plus fluffy qu'un bébé lapin ^^)
Malgré le niveau élevé d'implication sexuelle dans ce chapitre, il n'y aura probablement pas de réelle scène de sexe avant le dernier chapitre (le +1) – mais je me réserve le droit de changer d'avis sur le sujet !
