A/N: La la la~ Et je continue mon bonhomme de chemin avec la réécriture de cette histoire. Mon plus grand défi actuellement? Réussir à recaser cette histoire de poêle ! Une grande pensée pour Taahoma à ce sujet, d'ailleurs~ Après tout, c'est d'elle que vient l'idée. :3 Mais je vais y arriver, JE VAIS VAINCRE ! La poêle réapparaîtra. J'y crois. \o/
Bonne lecture !
HELLISH PARADISE
Chapitre 3
« Je trouve que tu bois un peu trop, ce soir… »
La voix de la raison venait de parler en la personne de sa meilleure amie. Malheureusement, elle n'était pas tout à fait en état d'approuver.
« Il s'est passé quelque chose ? »
Elle songea à un imbécile blond qu'elle avait laissé à l'appartement. Avec un peu de chance, il s'étoufferait accidentellement avec son oreiller pendant son absence. Il avait certainement l'air assez stupide pour le faire.
« …Je n'ai pas envie d'en parler. »
Elle appuya sa joue contre la paume de sa main, et fit tournoyer le liquide dans son verre.
« A ce point-là ? »
Son regard verdoyant se posa sur la jeune femme à ses côtés, et elle s'aperçut de l'inquiétude qui s'était inscrite sur son visage. Elle s'empressa de rectifier la situation.
« Ce n'est pas grave, Mahiro. Tu me connais, j'exagère toujours tout, n'est-ce pas ? »
Et pourtant, elle ne pourrait jamais assez exagérer en parlant de l'imbécile qui était censé être son partenaire. Rien que de repenser à lui lui flanquait déjà la migraine. Son amie hocha la tête, bien que de manière hésitante.
« Et ton nouveau partenaire alors ? Tu l'as déjà rencontré ? »
Elle manqua de s'étouffer avec sa liqueur. Elle mit quelques minutes à reprendre son souffle, se demandant comment expliquer calmement la situation à Mahiro. Elle se contenta de dire la vérité.
« Malheureusement, oui.
-On dirait bien qu'il a réussi à te déplaire encore plus que les précédents ! Que s'est-il passé ?
-Oh, pas grand-chose. J'ai juste pu admirer la profondeur de sa stupidité en le voyant faire un concours stupide avec un chat stupide devant ma stupide porte !
-…Cela fait beaucoup de 'stupide'.
-N'est-ce pas ? »
Elle avala une nouvelle gorgée, ravie de sentir les effets de l'alcool.
« J'ai entendu dire qu'il faisait partie des…reconvertis. Il ne t'a pas fait de mal ?
-Non. Je ne pense pas qu'il soit méchant ou quoi que ce soit. Juste… bizarre.
-Je croyais que tu détestais les criminels plus que tout, même les reconvertis. »
Elle pouvait aisément penser à un exemple précis pour contredire cette théorie. Elle préféra ignorer l'image qui s'était imposée à son esprit.
« Ce n'est pas aussi simple. Il est vrai que j'ai tendance à me méfier d'eux, mais je ne m'amuse plus à classer les gens en catégorie. Personne n'est tout blanc ou tout noir.
-Tu tiens des propos particulièrement censés, même après autant de verres ! Et ton partenaire, alors ?
-Lui, il est juste stupide. »
Sa réplique sonna comme une finalité, ce qui ne fit qu'égayer d'avantage la jeune femme. Elle n'eut pas le temps d'exprimer son amusement face à l'air convaincu de sa meilleure amie, une personne pas forcément bienvenue se joignant aux deux chasseuses de prime. Un bras vint entourer les épaules de Yuya en un geste familier, et elle n'eut pas besoin de tourner la tête pour savoir qui était l'un des seuls hommes assez intrépides pour agir avec elle de la sorte.
« Yuya-han ! Quelle coïncidence ! »
Sa réplique ne fit que confirmer la personne qui était à ses côtés. Elle but une longue gorgée, avant de se décider à lui répondre.
« Tigre Rouge, si tu tiens vraiment à ta main, je te conseille vivement de la retirer de mon épaule. Dans le cas contraire, une main brisée sera la dernière de tes inquiétudes une fois que j'en aurais fini avec toi.
-Mais, Yuya-han—
-Il y a beaucoup d'os dans une main, Tigre Rouge. »
Une fois n'étant pas coutume, le jeune homme eut la décence de choisir la prudence. Elle étouffa un soupir. Une occasion de se défouler qui s'envolait ! Pourquoi l'avait-elle prévenue ? Ah, elle pouvait être si bête quelquefois ! Elle regarda une nouvelle fois son verre, et décida que c'était la faute de l'alcool. C'était l'explication la plus plausible.
« Au fait, Mahiro… »
La brunette grimaça en voyant son amie froncer les sourcils.
« Je croyais que c'était soirée entre filles, ce soir ?
-Puisque je te dis que c'est une coïncidence, Yuya-han !
-Bien que tes habitudes de stalker soient tout à fait impressionnantes, je doute fortement que tu sois tombé sur nous, dans un bar complètement plein où nous n'avons jamais mis les pieds avant ce soir, par hasard. C'est un peu gros, tu ne trouves pas ? »
Mahiro décida de rattraper la situation avant que la jolie demoiselle ne laisse son tempérament la dominer. Une Yuya ayant bue pouvait se révéler tout à fait dangereuse; elle avait une légère tendance à ne plus maîtriser sa force. Bien que Tigre Rouge soit quelquefois— d'accord, la plupart du temps, plutôt lourdaud, ce n'était pas un mauvais bougre, et l'envoyer une nouvelle fois à l'hôpital ne l'enchantait pas plus que cela. Elle prit un air étonné.
« Tigre Rouge compte comme un homme ?
-… Certes.
-Hey ! Ce n'est vraiment pas gentil, ça !
-Et mon poing dans ta figure, c'est gentil ?
-Voyons, Yuya, frapper une fille au visage, c'est criminel !
-… Tu marques un point. »
Tigre Rouge ne protesta pas, à la grande surprise de Mahiro. Son instinct de survie aurait-il donc finalement refait surface, après tant d'années à prendre un plaisir presque masochiste à se faire frapper par Yuya ?
« Yuya-han, frappe-moi ! »
Ou pas.
« Je suis un homme, un vrai ! Frappe-moi, je vais te le prouver ! »
Mon Dieu, elle qui croyait qu'il avait déjà atteint un niveau de stupidité particulièrement profond, elle remarqua non sans une certaine incrédulité qu'il pouvait toujours, toujours faire pire. Elle ne savait plus si elle devait être impressionnée ou simplement écœurée. Elle se tourna vers Yuya, désirant jauger sa réaction et le nombre de chance qu'elle réponde à la provocation de l'imbécile qui proclamait être amoureux d'elle. Quelle ne fut pas sa surprise de voir les yeux verdoyants de la jeune femme complètement vides ! Il semblerait que tout l'alcool qu'elle avait absorbé avait eu plus d'effet qu'elles n'avaient remarqué. Elle jeta un coup d'œil à tous les verres alignés sur la table. Même avec sa tolérance élevée, son amie n'était pas non plus immunisée contre les effets dudit alcool. Elle étouffa un soupir. Elle n'avait plus qu'à la ramener chez elle. Le seul bon point de la situation était que la soirée s'était terminée sans contusions ni fractures. Ce qui était assez exceptionnel, sachant que Tigre Rouge et Yuya étaient restés à proximité l'un de l'autre pendant au moins une dizaine de minutes. Voilà un record qui serait difficile à battre !
Elle se rapprocha de la chasseuse de prime, et l'aida à se lever. Celle-ci la laissa faire, s'appuyant nonchalamment contre elle.
« Vous partez déjà ?
-Tu crois vraiment que rester avec Yuya dans cet état est une bonne idée ?
-Si tu veux, je peux la ramener— »
Et découvrir qu'elle habitait maintenant avec un homme ? Mauvaise idée.
« Je m'en charge, Tigre Rouge.
-Laisse-moi au moins aider ! La porter jusque chez elle—
-Mon Gift. Tu oublies mon Gift. »
Il resta un instant silencieux, avant de réaliser l'implication de ses dires. Il frappa la paume de sa main avec son poing.
« C'est vrai ! Tu peux te télétransporter, n'est-ce pas ? »
Elle hocha la tête.
« Sur ce… »
Avant qu'il n'ait le temps de répondre, elles avaient déjà disparues.
[&-((Y&H))-&]
Il était allongé sur le canapé, fixant le plafond. Un plafond blanc, terriblement normal. Comme cet appartement. Normal. Il se demanda un instant ce qu'il faisait ici. L'homme aux cheveux blancs lui avait dit que c'était sa nouvelle maison. Maison. Un mot étranger, dont la consonance n'évoquait rien en lui, sinon ce vide auquel il était habitué. On lui avait parlé de seconde chance, de nouvelle vie, d'effacer le passé. Comme si tout ce qu'il avait fait jusque-là n'existait pas. Cela semblait si simple, dans leur bouche. Effacer des années d'errance sans but, de bataille pour rester vivant. Il n'aimait pas cela. Il n'aimait pas leur proposition, n'aimait pas la normalité de cet appartement. Mais il n'avait pas eu vraiment le choix. C'était cela ou… Il secoua légèrement la tête. Il n'avait pas envie d'y penser. Réfléchir autant ne lui ressemblait pas, de toute façon. Il n'aimait pas tout cela, c'était tout.
Quant à la fille… A vrai dire, il ne savait pas vraiment. Il avait été surpris par son attitude, cette manière qu'elle avait d'exprimer ses émotions sans retenue. Il n'y avait pas eu de peur, juste une pointe d'appréhension lorsqu'elle s'était aperçue de sa rapidité. Cela ne le préoccupait pas, à vrai dire. Il n'était simplement pas habitué à ce quelqu'un le critique de manière aussi directe. Il fallait dire que cela faisait longtemps qu'il n'avait pas parlé à quelqu'un. Il fut tiré de ses pensées par le bruit du verrou de la porte. Il y avait l'aura de la fille…et quelqu'un d'autre. Il se tendit, mais resta néanmoins immobile.
Les lumières furent allumées, et ses yeux mirent quelques secondes à s'ajuster au changement. Il entendit quelques grommellements, ainsi que des gloussements. Il se décida finalement à s'asseoir, et tourna la tête vers la, ou plutôt les sources du bruit. Elles étaient bien deux, une brune qu'il ne connaissait pas portant en partie la fille. Celle qu'il n'avait jamais vu dû l'apercevoir, car elle lui ordonna non sans une certaine irritation :
« Qu'est-ce que tu attends pour m'aider ? Dépêche-toi ! »
Il n'aimait pas les ordres. Ce qui expliquait parfaitement pourquoi il ne bougea pas d'un muscle. Elle sembla comprendre qu'il n'avait pas la moindre intention d'aider, au vu du regard furieux qu'elle lui lança.
« Pire que ce qu'elle m'avait dit… »
A son grand mécontentement, elle amena la fille vers le canapé, et il dû bouger pour éviter d'entrer en contact avec le fardeau qu'elle déposa avec une certaine douceur.
« Je ne te remercie pas. »
Il regarda la fille, dont les yeux étaient mi-clos. Un demi-sourire étirait ses lèvres, et ses joues étaient légèrement rouges. Puis l'odeur lui parvint. De l'alcool. Ah.
« Elle a un peu trop bue, je l'ai donc ramenée. »
Elle semblait vraiment contente, et un gloussement s'échappa de ses lèvres. Elle était complètement affalée, pas une once de dignité restante. Il lui fit une pichenette sur le front, et elle gloussa de nouveau. Il pencha la tête sur le côté. Était-ce une réaction normale ?
« En tant que partenaire, tu vas t'occuper d'elle, n'est-ce pas ? »
Il tenta une nouvelle approche, mais sa main fut soudainement frappée. Il tourna la tête vers celle qui venait de l'empêcher d'étudier les réactions de la fille. Il fronça les sourcils, légèrement contrarié.
« Ce n'est pas un jouet, bon sang ! Je peux compter sur toi ? »
Il n'avait pas envie. Pourquoi devrait-il s'occuper de cette fille qu'il ne connaissait pas ? Elle prit son silence comme un assentiment, et un soupir de soulagement s'échappa de ses lèvres.
« Bien, je vais y aller, alors. Et si jamais tu lui fais quoi que ce soit… »
Elle laissa sa menace en suspense, mais son visage impassible trahissait toute l'indifférence que lui inspirait sa réplique. Puis elle disparut. Comme cela. Il fixa l'endroit où elle se trouvait quelques secondes auparavant, avant d'hausser les épaules. Il s'en fichait.
Il tourna de nouveau son attention vers la fille, qui avait commencé à déboutonner sa chemise. Il crut entendre un marmonnement qui ressemblait à « Trop chaud… », mais il n'était pas sûr. Etait-il censé l'aider ? Elle semblait en avoir besoin, en tout cas. Parce qu'à ce rythme-là, elle y serait encore demain matin.
« Pourquoi… ? Pourquoi je n'y arrive pas ? »
Sa voix était toute petite, terriblement faible. Ses mèches blondes cachaient en partie son visage, mais il était quasiment sûr que c'étaient des sanglots qui la secouaient. Elle pleurait. Parce qu'elle n'arrivait pas à déboutonner son chemisier.
…Il ne savait pas que les filles étaient aussi sensibles.
Il l'observa encore quelques instants. S'il l'aidait, il fallait la toucher. Il n'aimait pas beaucoup toucher les autres, et l'inverse était également vrai. Avoir des contacts avec les gens rendaient toujours les choses plus compliquées. Il n'aimait pas les choses compliquées. Elle tourna soudainement la tête vers lui, et il fut surpris qu'elle se souvienne de sa présence.
« Hotaru… J'ai besoin de toi. »
Il pencha la tête sur le côté. Elle avait besoin de lui ? Comme c'était étrange. Il n'était pas sûr que quiconque ait jamais eu besoin de lui. C'était plutôt l'inverse, s'il se souvenait bien. Il était celui dont on voulait se débarrasser, pas celui dont on avait besoin. Avant qu'il ne l'ait vraiment réalisé, il était déjà en train de défaire les boutons. La tâche lui parut terriblement simple, et il se demanda pourquoi il avait autant hésité. Lorsqu'il eut fini, il tourna son regard vers elle, et fut surpris de la retrouver endormie. Sa respiration était profonde, tranquille, sans nul signe de son agitation précédente. Qu'était-il censé faire, maintenant ? Elle n'avait plus besoin de lui, n'est-ce pas ?
… Elle le faisait trop réfléchir. Il n'aimait pas cela. Ses sourcils se froncèrent. En plus, il ne pouvait plus dormir sur le canapé, maintenant qu'elle en occupait une partie. Ah, il y avait sa chambre. Il lui jeta un coup d'œil. Vu la manière dont elle dormait, elle ne risquait pas de s'aventurer jusque sa chambre. Il se leva tranquillement, et l'observa quelques minutes de plus. Était-ce si confortable que cela, de dormir ainsi ? Elle émit un grognement, et bougea quelque peu, comme pour répondre à sa question. Elle ressemblait à un petit animal, tellement vulnérable que c'en devenait écœurant. Peut-être que ce fut la raison qui le poussa à l'allonger correctement dans le canapé, ou peut-être sa réplique précédente l'avait plus touché qu'il ne le pensait.
Puis il partit s'allonger dans le lit de la fille, ce qui s'avéra être une expérience plutôt nouvelle. Être entouré d'une odeur autre que la sienne, terriblement féminine et pourtant discrète était étrange. Étrange, mais pas déplaisant. Il s'endormit tranquillement. La normalité n'était peut-être pas si mal, après tout.
[&-((Y&H))-&]
Le ciel était bleu, les oiseaux chantaient, et tout le monde semblait être d'accord pour dire que c'était un jour merveilleux. Yuya Shiina n'était pas tout à fait d'accord sur ce point. Elle était devant son sacrosaint café, massant ses tempes dans le vain espoir que son mal de tête disparaisse. Elle n'avait qu'une envie : que le soleil arrête de briller pour qu'enfin, ses yeux arrêtent de souffrir à cause de cette lumière atrocement violente, que les oiseaux arrêtent de chanter, parce que les piaillements qui résonnaient dans sa tête n'étaient pas des plus plaisants, et que ces foutus animateurs arrêtent de dire à quel point cette journée allait être magnifique. Yuya le savait, cela allait être une très, très mauvaise journée. Après un réveil difficile, il ne pouvait en être autrement.
Elle ne se souvenait même plus comment elle avait fait pour atterrir sur son canapé avec son chemisier ouvert ! Vu l'absence de présence masculine, elle doutait fortement qu'elle ait pu faire quoi que ce soit. Ce qui était une bonne chose, vraiment. Elle marmonna, se demandant si cela valait le coup de prendre un jour de congé. Non payé, bien sûr. Pas de compensation pour ceux qui n'étaient pas occupés à risquer leur vie sur le terrain. La seule pensée de tout l'argent qu'elle pourrait perdre en une journée suffit à éliminer cette idée. L'argent était bien plus important que n'importe quel mal de crâne, aussi violent soit-il ! Et maintenant qu'elle avait un partenaire—attendez. Où était-il, cet imbécile fini ? Elle observa l'appartement, et son regard se posa sur la porte de sa chambre. Elle était fermée. Aurait-elle été en forme, elle aurait probablement surgi dans sa chambre en hurlant à la mort et en le frappant jusqu'à ce que le mot intimité soit gravé en lui. Littéralement. Cependant, son état lamentable lui permit seulement de lancer un regard assassin à ladite porte, comme si cela ferait un quelconque effet à l'occupant actuel de la pièce, qui n'avait d'ailleurs rien à y faire. Elle abandonna sa lutte acharnée, ses yeux lui faisant trop mal. Elle jura entre ses dents, avant de continuer à siroter son café en espérant que les cachets qu'elle avait un pris face un jour effet contre son mal de tête. Elle se fit la promesse qu'elle se faisait après chaque gueule de bois : elle ne toucherait plus jamais une goutte d'alcool. Elle pensait tenir au moins une semaine, cette fois-ci.
Ce ne fut qu'un quart d'heure plus tard qu'elle se décida finalement à se diriger vers la salle de bain. Elle savoura particulièrement sa douche, l'eau chaude l'aidant à se détendre et retrouver ses esprits. Maintenant, elle pensait être capable de s'exprimer clairement sans pour autant agresser les gens qu'elle rencontrerait aujourd'hui. Elle eut le fol espoir que cette journée n'allait pas être si mauvaise que cela. Après tout, un mauvais début ne voulait rien dire. Peut-être que si le reste du monde s'acharnait à lui souffler que c'était une journée magnifique, c'était peut-être le cas. Ce fut donc en chantonnant qu'elle commença à se sécher les cheveux. Même son mal de tête semblait se dissiper quelque peu.
Puis la sonnette retentit.
Elle hésita un instant. Ouvrir la porte avec seulement une serviette n'était probablement pas la chose la plus intelligente à faire. Elle était peut-être intrépide et parfaitement capable de se défendre, mais cela ne voulait pas dire qu'elle souhaitait tenter le diable. Soudain, elle entendit un pas un peu lourd et réalisa que son 'partenaire' s'était apparemment décidé à répondre à sa place. Il avait peut-être son utilité, finalement. Elle décida donc de finir tranquillement son travail, et ouvrit la porte avec pour destination sa chambre afin de chercher de quoi se couvrir. Du moins, c'était ce qu'elle avait l'intention de faire. Jusqu'à ce qu'elle lève les yeux, et voit deux regards fixés sur elle. Elle s'immobilisa immédiatement.
Quelqu'un pouvait-il lui expliquer ce que faisait un très, très mécontent Kyo au milieu de son salon, en compagnie de l'imbécile ?
Elle eut un léger mouvement de recul, qui n'échappa pas aux deux hommes présents. L'un haussa un sourcil, tandis que la forme de l'autre se tendit un peu plus. Ce fut alors qu'elle remarqua un léger détail, qui lui avait échappé auparavant. Hotaru était nu. Le pourquoi du comment, elle ne voulait pas savoir. S'il avait des tendances nudistes, c'était son problème. Le véritable problème, c'était l'accumulation de ce genre de petits détails, comme le fait qu'elle venait de sortir de la douche, qu'un homme était nu dans son appartement, et que Kyo était présent. Et elle avait une petite idée du genre de malentendu que cela pouvait créer. Vraiment, elle ne put se résoudre à paraître surprise lorsque la voix grave de Kyo résonna dans la pièce.
« Tu n'as pas quelque chose à m'expliquer, Yuya ? »
Il avait utilisé son prénom. Son prénom. La fin du monde était programmée pour aujourd'hui, et au vu de son regard assassin, elle allait en être la première victime. Pourquoi n'était-elle pas restée sagement dans la salle de bain, là où elle se savait en sécurité, où la journée avait presque semblé démarrer normalement ? Que ne donnerait-elle pour un petit, minuscule retour en arrière ? Où était sa télécommande magique, où elle n'aurait qu'à presser un petit bouton pour revenir quelques minutes en arrière et éviter cette situation pour le moins embarrassante ? Kyo continuait à la foudroyer du regard, et toutes les petites pensées paniquées s'effacèrent pour laisser place à une conclusion, qu'elle avait déjà tirée à peine une demi-heure auparavant.
Cela allait être une très, très mauvaise journée.
