A/N: La la la, bonsoir ! Ou bonjour, d'ailleurs. Mais vu que je poste le soir (enfin, certains ou certaines diraient la nuit, mais ne nous attardons pas sur ce genre de détail), je préfère le bonsoir~
Voici mon chapitre favori ! Il est un peu plus long que ce que j'ai l'habitude de poster, et je me suis beaucoup amusée à l'écrire. Ce qui pourrait expliquer pourquoi c'est mon petit préféré. Cela pourrait aussi s'expliquer par le fait que la relation entre Ho-chan et Yuya commence à s'améliorer quelque peu~ Tout ceci est une précision tout à fait inutile, mais j'avais envie de le dire (ou de l'écrire, dans le cas présent).
Pas de monologue rébarbatif pour aujourd'hui; je vais donc répondre tout de suite à ces petites choses fort sympathiques que sont les reviews~
Bloody Kyo: Ah, mais les cookies, il faut les mériter ! Fais-moi une review bien longue, et je verrai ce que je peux faire~ ;) J'admire ta prudence, car, en effet, rencontrer Alucard n'est en général pas bon signe. Si cela t'intéresse, regarde Hellsing Ultimate, qui sont les OAV merveilleusement bien adaptées du manga. Le sang gicle partout, les personnages sont tous un peu barrés, mais l'histoire est franchement pas mal. Une fois qu'on s'est habitué au gore, ça passe tout seul. On peut même dire qu'on prend un certain plaisir sadique à voir Alucard exploser ses adversaires-qui-pensaient-être-plus-forts-que-lui-mais-en-fin-de-compte-non. Eh bien, apparemment, tu n'es pas la seule à apprécier le fait qu'Ho-chan se fasse complètement couper par Yuya comme un enfant récalcitrant ! Et je dois dire que cela m'amuse beaucoup aussi, et je suis donc très contente de voir que c'est aussi le cas pour mes très chère lectrices ! Tu vas voir ce que cet adorable Yukimura a préparé pour Yuya; j'espère qu'il ne te décevra pas~ Bonne lecture !
Chibi-Yuya: Eh oui, qui l'eut cru de la part de 'l'innocent' Yukimura ? ;) Eh bien, devant tant d'impatience, voilà la suite~ ^.^
Ayaka: Une super équipe, comme tu le dis ! Pour l'instant, ils sont surtout excellents en tant que duo comique ! x) Et la suite n'attends que toi ! :3
Yuki: Oui, j'ai des réactions un poil excessives. u.u' Mon Dieu, si cette review est petite, j'ai hâte de voir ce que donne un grand commentaire ! O.O Limite je suis en train de trembler. Reste à savoir si c'est d'impatience ou d'une pointe de peur devant quelqu'un qui est de taille à me faire concurrence ! ;) Ah, il FALLAIT que j'arrive à caser la phrase culte d'Ho-chan ! Et je suis d'ailleurs bien contente d'être parvenue à le faire ! Oui, j'avoue, Muramasa est l'homme fort dans cette histoire, celui que rien ne perturbe. En même temps, il faut bien cela pour cadrer la bande de bras cassés que sont les chasseurs de prime... u.u Ne parle pas de malheur, Ho-chan serait bien foutu de le faire ! Pourquoi n'y ai-je pas pensé, d'ailleurs ? Ah oui, c'est vrai. Parce que je suis une merde concernant les scènes d'action (et que, léger détail, cette fic est censée être humoristique). Si, je peux te dire pourquoi Ho-chan regardait fixement Yuya, parce que je n'ai malheureusement pas pu caser l'explication ! Je suis donc bien contente que quelqu'un me le demande ! o/ Eh bien, en fait, c'est tout bête. Parce que, vraiment Ho-chan n'est pas une personne qui réfléchit énormément. Il se demandait tout simplement pourquoi Yuya agissait aussi différemment avec Yukimura, et trouvait son comportement étrange. Du coup, il est parti en live sur les raisons qui expliqueraient son attitude (toutes les plus farfelues les unes que les autres), et vu que monsieur s'en va joyeusement dans son monde imaginaire, il continue à fixer ce qu'il regardait avant de commencer son sympathique voyage. Et voilà ! Ha ha, il y en a une qui a trouvé le moyen de me faire plaisir ! ;) Sur ce, bonne lecture ! o/
HELLISH PARADISE
Chapitre 6
Yuya Shiina pouvait affirmer non sans une certaine fierté qu'elle s'était tirée de nombre de situations difficiles grâce à son talent, sa chance, et beaucoup d'audace. Malheureusement, la situation actuelle dépassait de loin ses compétences, et sa chance ne semblait pas vraiment être au rendez-vous ce soir. Pour tout dire, elle n'était même pas sûre de savoir comment une telle situation avait pu se produire. Ce qu'elle savait, c'était que venir à une soirée organisée par Yukimura était une erreur dans laquelle elle s'était embourbée avec un certain entrain. Elle s'était dit que, tant qu'à faire, autant courir à sa perte avec joie. Décision qu'elle regrettait amèrement dans la situation actuelle. Situation qui consistait en une Yuya profondément agacée et légèrement paniquée et un Hotaru qui somnolait à moitié.
Ce qui n'était pas si étonnant que cela, au vu de tout l'alcool qu'il avait ingurgité. Il n'avait rien trouvé de mieux que d'essayer de suivre les plus rodés d'entre eux, à savoir Kyo et Yukimura. Elle était d'ailleurs surprise qu'il n'ait pas encore rejeté tout ce saké, vu à quel point il ne semblait pas y être habitué. Mieux valait ne pas y penser, la situation était déjà assez compliquée comme cela. Alors, considérer en plus la possibilité de l'odeur acide du vomi qui emplirait le petit espace dans lequel ils étaient coincés… Beurk. Elle tenta d'effacer cette pensée, dégoûtée plus que de raison. Ne pas y penser, ne pas y penser, ne pas y penser—
Hotaru émit un léger grognement, et elle crut un instant que cette fameuse pensée n'était en fait qu'une sombre prémonition. Non, non, non, elle n'était pas d'accord ! Cependant, il se contenta simplement de s'installer un peu plus confortablement. Elle retint un soupir de soulagement. Apparemment, toute sa chance n'avait pas décidé de se faire la malle avec Yukimura. La colère l'envahit en songeant au fauteur de troubles. Elle commençait sérieusement à penser qu'il avait une fixation avec les placards, parce que se retrouver pour la seconde fois de sa vie dans un espace étroit avec un membre du sexe opposé par un heureux hasard semblait un peu gros. Et elle n'était pas vraiment prête à appeler cela le destin. Qui voudrait d'un destin qui la condamnait à se retrouver enfermée dans un placard à chaque fois qu'elle avait le malheur d'en croiser un ?
Elle n'avait qu'à espérer que cette fois-ci, il n'ait pas la merveilleuse idée d'appeler le trio de crétins de la dernière fois. Mourir de manière aussi ridicule n'était pas dans sa liste de choses à faire. Quoique connaissant Yukimura, il ne ferait sans doute pas la même chose deux fois. Lui qui se pâmait toujours en disant à qui voulait l'entendre que son inventivité et son originalité étaient à toutes épreuves, elle doutait sincèrement qu'il s'amuse à exécuter le même plan deux fois.
Elle avait déjà essayé de sortir à coups d'épaules, mais vu la manière dont l'armoire avait vacillé, elle n'avait pas insisté. Nul besoin de renverser la dite armoire, et eux avec. Elle avait été tentée de demander de l'aide à son partenaire, mais au vu de son état lamentable, elle doutait qu'il soit en mesure d'utiliser son Gift correctement. Au mieux, il parviendrait sans doute à faire brûler le placard, et eux avec. Elle aurait bien appelé à l'aide, mais cela signifiait aussi expliquer au premier crétin venu ce qu'elle faisait dans ce placard avec un homme. Et elle ne doutait pas un instant du genre de rumeurs qui circuleraient après cela. Même elle, elle n'était pas tout à fait prête à affronter ce genre d'événement. Peut-être lorsqu'elle serait un peu plus désespérée.
Heureusement qu'elle n'était pas claustrophobe. Elle pariait que Yukimura n'y avait jamais pensé, à celle-là.
Elle soupira. Au moins, la fois avec Akira, elle pouvait parler avec lui pour faire passer le temps. Difficile de faire de même avec un certain imbécile qui ne connaissait pas ses propres limites et qui avait probablement un quota de mots à dire par jour qu'il s'était mis en tête de ne jamais dépasser. Elle se demanda s'il était encore vivant, d'ailleurs. Depuis tout à l'heure, il n'avait pas bougé, malgré la position précaire dans laquelle il était assis. Etait-ce vraiment possible de dormir ainsi ? Voilà qui était une bonne question afin de tuer le temps.
Elle poussa légèrement sa jambe à l'aide de son pied. Pas de réaction. Comme c'était ennuyeux ! Deuxième tentative. Non, toujours rien. Au bout de la troisième, elle eut droit à un grognement. Mouais, apparemment, il dormait vraiment. Quelle chance il avait, d'être capable de s'adapter à n'importe quelle situation sans sourciller ! Pendant qu'elle, elle était occupée à se creuser la tête pour trouver une situation afin de les sortir du pétrin. Cela devait être bien, de ne jamais réfléchir.
… Le fait d'être enfermée devait être en train de lui tuer le peu de neurones qui lui restait. Comment pouvait-elle envier l'imbécile qui était assis en face d'elle, sous prétexte qu'il n'avait rien dans la tête ? Mon Dieu, elle n'avait plus qu'à prier que quelqu'un les trouve rapidement. Sinon, elle n'osait imaginer la tournure qu'allait prendre ses pensées. Bientôt, elle allait en venir à l'apprécier, aussi ! C'était le troisième jour depuis leur rencontre, et elle devait supporter sa présence plus que le strict nécessaire à cause d'un plaisantin qui avait trouvé cela amusant ! Elle maudit le jour où elle avait eu le malheur de rencontrer Yukimura.
Elle fut tirée de ses pensées meurtrières par un mouvement en direction de son partenaire. Il n'était pas censé dormir, celui-là ? Il releva la tête, ses yeux hagards se posant sur elle. On ne pouvait pas dire qu'il était vraiment réveillé, en tout cas. Il ressemblait plus à un zombie qu'autre chose. Ce qui faisait assez peur, en fait. Il esquissa un mouvement dans sa direction, et elle s'aperçut qu'il était en train d'envahir son espace vital par la même occasion. Elle crut d'abord qu'il tentait de se réinstaller afin de continuer sa sieste tranquillement, mais elle réalisa bien vite qu'il venait vers elle. Elle fut surprise par ce fait, notamment parce qu'elle avait remarqué qu'il avait une certaine tendance à fuir le contact physique comme la peste. Alors, le fait qu'il ne trouve rien de mieux que de s'installer sur elle comme si c'était la chose la plus naturelle au monde la laissa bouche bée et dans l'incapacité totale de faire quoi que ce soit. Il entoura sa taille de ses bras, posa sa tête sur sa poitrine, et ferma les yeux.
Elle resta quelques minutes de plus dans la stupéfaction la plus totale, avant de se rendre compte que, oui, son partenaire venait officiellement de la désigner comme nounours géant afin de tranquillement piquer un roupillon dans un placard où ils étaient enfermés. Normal.
Elle songea à le frapper, avant de réaliser l'énergie que cela gaspillerait et la difficulté qu'il y avait à se battre dans un placard. Elle soupira. Elle ne pouvait pas y faire grand-chose, après tout. De toute façon, il était à moitié ivre, et ne se souviendrait de rien le lendemain. Elle pouvait bien lui laisser un peu de liberté. Elle écouta le bruit tranquille de sa respiration, le son paisible calmant ses nerfs à vif. Apparemment, cet idiot avait donc une utilité. Dommage qu'elle ne le découvre que lorsqu'elle se retrouve coincé dans un placard avec ledit idiot. Elle soupira de nouveau. Elle n'avait même plus la force d'être en colère contre Yukimura. La fatigue de la journée commençait à lui tomber dessus, l'usage non négligeable qu'elle avait fait de son Gift à cause d'un imbécile qui ne trouvait rien de mieux que de dormir sur elle additionné à l'alcool qu'elle avait ingurgité la plongeant dans une douce torpeur.
Quelques minutes plus tard, elle dormait paisiblement.
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Yuya s'éveilla à l'entente d'un léger son. Ou plus exactement, elle émit un léger grognement et tourna la tête sur le côté, peu désireuse de savoir d'où provenait ce fameux son. Elle voulait dormir un peu plus longtemps, et la couverture sur elle lui tenait bien chaud. Couverture qui semblait du même avis qu'elle, et qui la serra un peu plus.
… Une couverture était-elle en mesure de bouger par elle-même ? Elle resserra un peu plus sa prise sur celle-ci, et décida que cela n'avait pas d'importance. Elle était fatiguée, bien au chaud, et voulait dormir. S'il y avait un problème, qu'il revienne frapper à la porte plus tard. Elle était occupée.
Un nouveau bruit, qui ressemblait étrangement à un rire. Rire malicieux et masculin, qui lui fit vaguement penser à Yukimura. Yukimura… Elle était censée être en colère contre lui, non ? Oui, il avait fait quelque chose qui l'avait énervé. Quelque chose à propos d'un placard… Un placard ? Pourtant, elle les évitait, depuis l'histoire avec Akira. Elle n'aimait pas les placards. Hmm, tout ceci semblait bien compliqué. Elle n'avait pas envie de penser à des choses compliquées. Dormir était bien plus important à l'heure actuelle. Un nouveau grognement. Elle réalisa dans un éclair de lucidité qu'il ne provenait pas d'elle. De qui, alors ? Elle ouvrit un œil, curieuse malgré elle. Au début, elle ne vit qu'un intérieur sombre, d'où pendait quelques ustensiles. Elle n'était pas dans son lit ? Comme c'était étrange.
Elle tourna la tête sur la droite, et vit Yukimura accroupi, un objet pendant de ses doigts agiles. Qu'est-ce que… ? Elle le regarda fixement, et il lui offrit un sourire enjôleur. Elle n'aimait pas cela. C'était le genre de sourire qu'il offrait après avoir en général réussi à vous piéger sans que vous n'ayez eu le temps de l'en empêcher. Elle remarqua qu'il n'était pas dans la même pièce qu'elle. Attendez… Ce n'était pas une pièce. C'était un placard. Elle sentit la nervosité l'envahir. Quelque chose ne tournait vraiment pas rond. Lentement, très lentement, elle baissa les yeux. Ce n'était pas une couverture qui était sur elle. Non, cela n'avait absolument rien d'une couverture.
C'était Hotaru.
Hotaru, qui somnolait paisiblement. Hotaru, qui avait apparemment décidé qu'elle était l'oreiller parfait. Hotaru, qui venait de la fourrer dans le pétrin sans même en avoir l'intention. Elle se tourna de nouveau vers Yukimura, et s'aperçut que l'objet qu'il tenait et qu'elle n'avait pas identifié auparavant était un appareil photo. Elle avait comme une petite idée de ce qu'était le son qui l'avait réveillé. Une sonnette d'alarme résonna dans son crâne. Attention, danger ! Elle tenta de se calmer et de ne pas laisser la panique l'envahir. Yukimura ne venait pas de prendre une (ou plusieurs, le connaissant) photo compromettante d'elle et Hotaru grâce à une habile manipulation qui avait consisté à les jeter (subtilement, bien entendu) dans un innocent placard qui se trouvait là. Il n'était pas non plus en train de l'observer de ses yeux moqueurs tandis qu'elle réalisait toute l'étendue de ce qu'il pouvait faire grâce à ce qui était sauvegardé dans une petite, minuscule carte mémoire.
Elle paniqua.
Hotaru sembla percevoir l'agitation grandissante de son oreiller et daigna finalement ouvrir un œil. Et en vint à se questionner quant à la situation dans laquelle il se trouvait. Le fait qu'il soit dans un placard ne le déstabilisa pas tant que cela (après tout, il avait déjà été amené à se cacher dans une armoire pour fuir les forces de l'ordre), la réalisation qu'il dormait sur la fille le perturba quelque peu (c'était bien la première fois qu'il se retrouvait dans les bras de quelqu'un au réveil), et la présence d'un homme (qu'il se souvenait vaguement avoir vu auparavant) qui le dévisageait, lui et la fille, de manière un brin psychotique, l'amena à faire la seule chose qu'il savait faire lorsqu'il se sentait menacé : il utilisa son Gift.
Autant dire que le cri de surprise de l'homme en valait la peine. Yuya profita de la diversion pour saisir l'appareil photo que Yukimura avait laissé s'échapper en un geste preste.
Et s'empressa de l'exploser par terre en un geste rageur.
Un cri de victoire s'échappa de ses lèvres, et elle se dit que, peut-être, le travail d'équipe avait son utilité. Surtout contre un Yukimura diabolique qui n'avait sans nul doute l'intention de la faire chanter avec ces photos un brin compromettantes, ou même de les montrer à l'entière organisation juste pour le plaisir qu'elle soit au centre des rumeurs. Ce qui pouvait très vite devenir problématique lorsque l'on s'appelait Yuya Shiina et qu'on avait des amis surprotecteurs aux tendances violentes. Elle ne tenait pas particulièrement à avoir un handicapé comme partenaire, aussi agaçant soit-il.
Hotaru se releva, ce qui lui permit d'en faire de même. Elle s'empressa de quitter le placard maudit, avant de s'apercevoir que Yukimura était maintenant en train de se rouler par terre. Alors qu'elle allait se questionner quant à la raison de ce comportement pour le moins étrange, elle réalisa que son pantalon était encore en feu. Ah. Ceci pourrait expliquer cela. Elle fut tentée de le laisser ainsi, simplement pour son plaisir personnel, mais elle se dit que Muramasa ne serait pas très content d'apprendre qu'elle avait laissé son partenaire brûler un de ses chasseurs de prime sous prétexte qu'il avait pris des photos volées d'eux. Elle utilisa donc son Gift, et le feu disparut tout aussi rapidement qu'il était apparu. Ce qui n'empêcha pas Yukimura de continuer à se rouler par terre encore quelques minutes de plus.
Elle se tourna vers son partenaire, encore assis dans le placard, bien que ses jambes en dépassent. Elle lui tendit la main. Il l'observa quelques longs instants, avant de se décider à la prendre. Elle lui offrit un sourire (elle prétendit que l'alcool était encore en partie responsable de ses actes), avant de s'abaisser pour prendre l'arme du crime. Il haussa un sourcil, n'ayant apparemment pas compris ce que l'appareil photo (ou du moins, ce qu'il en restait) avait à voir avec les événements précédents. Cet imbécile avait apparemment simplement agi par pur réflexe. Non pas qu'elle s'attendait réellement à autre chose, mais passons.
« Brûle-le, s'il te plaît. »
Avec Yukimura comme adversaire, mieux valait ne pas prendre de risque, et tout effacer. Il pencha la tête sur le côté, visiblement pensif. Enfin, si pensées il y avait dans son cerveau. Puis, à sa grande surprise, l'objet prit feu. Elle le lâcha, et attendit qu'il ne reste que des cendres. Elle était quelque peu étonnée qu'Hotaru ait exécuté sa requête sans rechigner, mais ne dit rien. Après tout, elle n'allait tout de même pas se plaindre !
Ils se décidèrent finalement à rentrer chez eux.
Chez eux. Elle avait été tellement habituée au fait d'habiter seule, tellement prise dans la routine, qu'elle avait tout de suite considéré le fait d'avoir un colocataire comme une gêne. Il fallait avouer que la première impression qu'elle avait eue d'Hotaru n'était pas vraiment la meilleure qui soit. Comment supporter le fait qu'un être aussi stupide et imprévisible allait maintenant partager son quotidien ? Elle n'avait pensé qu'aux problèmes qu'il engendrerait, qu'aux défauts qu'il possédait sans nul doute.
Elle avait également remarqué que c'était un solitaire, sans doute pire qu'elle. Pourtant, jamais une fois ne s'était-il plaint de sa présence. Il s'était contenté de suivre son rythme, tout en y apposant son propre tempo (qui était bien souvent un poil trop lent pour elle). Il était là, sans pour autant demander son attention; il ne passait pas son temps sur son dos, comme l'avaient faits nombre de ses partenaires précédents. Tous deux avaient été forcés dans cette situation, mais il semblait être le seul à faire quelques efforts. Rien que le fait qu'il ait accepté de prendre sa main alors qu'elle lui tendait était un signe de confiance. Oh, bien sûr, ce n'était presque rien, et sans doute un détail qu'il avait déjà oublié. Pourtant, tout au fond d'elle, elle savait que ce simple geste était déjà un grand pas dans l'hésitante relation qu'ils commençaient à construire. C'était vraiment étrange, comme le fait de songer à un petit, minuscule geste qui avait duré à peine quelques secondes pouvait à ce point la pousser à se questionner sur la vision qu'elle avait de son partenaire.
Elle se dit que, décidément, la fatigue lui faisait avoir de bien curieuses pensées.
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« Il faut t'acheter un lit. »
Ses céréales étaient en forme de tête de chat. Pourquoi étaient-elles ainsi ? Était-ce parce que les gens aimaient bien manger des chats ? Il fronça les sourcils. C'était mal. Il aimait bien les chats. Les manger, c'était…criminel. Oui, criminel. Les gens qui faisaient cela méritaient de brûler. Son regard s'éclaircit. Oh, il n'aurait qu'à brûler ceux qui mangeaient les chats. Le problème était résolu.
« Tu m'écoutes, Hotaru ? »
Il plongea sa petite cuillère dans son bol, avant de s'immobiliser. Mais s'il mangeait les céréales en forme de tête de chat, cela ne voulait-il pas dire qu'il faisait partie de ces affreuses personnes ?
« Hotaru. »
Il ne savait plus que penser. Il fronça les sourcils, contrarié. Il n'aimait pas être dans le doute. Il ne doutait jamais. Il aimait ce qu'il aimait, et il détestait ce qu'il détestait. Alors, est-ce qu'il devait détester les céréales en forme de tête de chat ?
« Je n'ai pas envie de m'habiller aujourd'hui. Je crois que je vais aller courir après nos cibles complètement nue, histoire de les distraire et de les capturer plus facilement. Qu'est-ce que tu en penses ? »
Il leva les yeux vers le paquet de céréales. Tout cela, c'était de sa faute. Il n'avait qu'à—
Il fut tiré de ses pensées ô combien profondes par un couteau lancé dans sa direction, qu'il rattrapa tranquillement. Il s'aperçut que la fille, assise en face de lui, le dévisageait, l'air plutôt mécontente. Il se demanda ce qui avait pu l'amener à une telle expression, alors qu'il devrait être celui en colère. Après tout, sa source actuelle d'ennuis – cette stupide boîte de céréales – n'avait pas encore été brûlée, comme elle devrait l'être.
« Je sais à quel point tes céréales peuvent être intéressantes, mais j'aimerai que tu m'écoutes lorsque je te parle. Notamment lorsque cela te concerne directement.
-Pourquoi ? »
Elle retint un soupir exaspéré.
« Parce que la communication – tu sais, cette chose étrange qui consiste à parler avec les autres et les écouter – peut être fort utile dans certaines situations. Et cela peut aussi éviter de me forcer à te balancer des choses à la figure pour attirer ton attention, aussi. Impressionnant, n'est-ce pas ? »
Il resta de marbre face à son sarcasme.
« Donc, comme je te le disais, il faut t'acheter un lit.
-Pourquoi ?
-… Pour dormir ? Quoi d'autre ? »
Son attention glissa vers le canapé, et elle suivit la direction qu'avait prise son regard, avant de se tourner de nouveau vers lui.
« Tu ne vas pas passer toute ta vie à dormir sur le canapé, tout de même ! »
Il haussa les épaules, et elle fronça les sourcils.
« Écoute, on va aller t'acheter un lit, parce que je n'ai pas pris le temps de déblayer la pièce inoccupée pour le plaisir. »
Oh. C'était donc cela qu'elle faisait, hier soir.
« …J'aime bien le canapé.
-Et tu vas adorer ton lit. Allez, dépêche-toi de finir, on ne va pas tarder à y aller. »
Il vit ses yeux déterminés et réalisa qu'aller à son encontre alors qu'elle était ainsi allait être difficile, voire impossible. Il n'avait pas vraiment envie de gaspiller son énergie à refuser quelque chose qu'il finirait quand même par avoir. Hotaru baissa les yeux vers son bol, et commença à manger, oubliant complètement son dilemme d'il y a quelques minutes.
[&-((Y&H))-&]
Hotaru était perdu. Oh, bien sûr, cela n'avait rien de nouveau, et il ne détestait pas particulièrement cela. Cependant, le fait qu'il était censé être avec la fille et qu'il l'avait perdue dans la foule était problématique. Elle allait être en colère. C'était le cinquième jour qu'ils vivaient ensemble, et s'il avait appris une chose, c'était qu'une partenaire en colère était en général mauvais signe. Elle avait une tendance plutôt malsaine à lui balancer ce qui lui tombait sous la main dans ces moments-là. Et, bien qu'ils puissent les esquiver ou les rattraper plutôt facilement, l'effort inutile qui en découlait lui déplaisait quelque peu. Il s'était d'ailleurs déjà demandé plusieurs fois s'il était vraiment nécessaire d'éviter les divers projectiles. Après tout, ce qu'elle lui envoyait ne devait pas faire si mal que cela. Il se souvint soudainement de sa menace de lui envoyer l'écran d'ordinateur de la fille brune.
Hm, peut-être pas en fait.
Il continua à scruter la foule, à la recherche d'une tête blonde familière. Non, il ne la voyait vraiment pas. Il entendit les gens râler en le contournant, apparemment agacés par le fait qu'il ne bougeait pas. Il les ignora, sachant parfaitement que cela n'avait aucune importance. Au pire, il pourrait toujours les—
« Hotaru ! »
Ah. Il tourna la tête, et la vit. Contrairement à ce qu'il pensait, elle n'était pas vraiment en colère. Non, c'était autre chose. Ses sourcils étaient froncés, mais il y avait quelque chose dans ses yeux. Il chercha dans sa tête à quelle émotion cela pouvait bien correspondre. Il fallait dire que sa connaissance des émotions était quelque peu limitée. Il savait reconnaître la colère, l'agacement et tout ce qui allait avec; il avait une vague idée de ce à quoi ressemblait les gens contents, et il pouvait sentir la peur à des kilomètres à la ronde. Mais cela, c'était plus subtil…
« J'ai vraiment cru que je t'avais perdu ! »
Maintenant qu'elle était plus proche, il remarqua qu'elle était essoufflée. Elle avait couru pour le chercher… ? Quelle fille étrange.
« Ne t'avise plus de disparaître comme cela ! »
Il hocha la tête de manière absente.
« Je me suis inquiétée, tu sais ! »
Ah. De l'inquiétude. C'était donc cela. Puis il pencha légèrement la tête sur le côté, avant de se désigner du doigt. Elle leva les yeux au ciel devant son interrogation silencieuse.
« Bien sûr, que je me suis inquiétée pour toi ! Te connaissant, tu aurais été capable d'atterrir n'importe où ! »
Il l'observa, pensif. Est-ce que quelqu'un avait déjà pris le temps de s'inquiéter pour lui ? Non, bien sûr que non. Il avait toujours été indépendant, et les personnes de l'orphelinat étaient assez occupées avec tous les enfants pour prendre en plus le temps de se tracasser à son propos. Et puis, il avait toujours été tout seul. Il n'y avait personne pour s'inquiéter de ce qu'il faisait. Il avait toujours pensé que c'était une bonne chose; il n'avait pas besoin de s'embarrasser de quelqu'un qui l'empêcherait de faire ce qu'il voulait sous le prétexte qu'il 's'inquiétait' pour lui. En un sens, c'était toujours ce qu'il croyait. Après tout, il n'était plus aussi libre qu'avant, avec cette nouvelle vie.
Mais il avait un endroit où rentrer. Une personne qui s'inquiétait pour lui.
« Qu'est-ce que tu as, à sourire bêtement ?
-Je crois que je suis content. »
Elle lui lança un regard abasourdi.
« Tu crois ? Tu ne le sais même pas toi-même ? »
Il haussa les épaules. Ce n'était pas comme s'il avait un moment auquel se référer dans le passé. C'était différent de ce qu'il ressentait lorsqu'il se battait. Ce n'était pas aussi puissant, ne lui faisait pas bouillir les veines d'excitation. Non, c'était plus doux. Chaud, mais pas brûlant. Comme si une sorte de calme venait de l'envahir, comme si tout allait bien. C'était étrange, mais pas malvenu.
« Allez, suis-moi. On y va. Et fais plus attention, cette fois-ci ! »
Il hocha la tête, bien qu'il se demanda si se perdre de nouveau était si mal que cela, surtout au vu des efforts qu'elle ferait pour le retrouver. Il se rendit compte qu'il souriait de nouveau, et se dit que, décidément, la fille avait un effet curieux sur lui.
