A/N: Lectrices du soir, bonsoir ! Me revoilà avec un peu de retard, mais sachez rester patientes: après tout, qu'est-ce qu'une semaine dans toute une vie, hein ? Et puis, c'est un art de se faire attendre~ [art que je maîtrise d'ailleurs un peu trop bien pour mon propre bien-être et celui des autres...] Mais trêve d'excuses (ou de non excuses dans le cas présent) !

Ce chapitre est un peu particulier, notamment à cause de sa structure; structure tellement spéciale que j'ai failli retaper tous les chapitres précédents lorsque j'ai écrit celui-ci, tellement je l'appréciais. Et puis ma flemme légendaire s'est manifestée et tout est resté tel quel. Oui, je sais, c'est lamentable.

Deuxième petit point sur ce chapitre, c'est qu'il est un peu moins drôle. Bah oui, tout n'est pas toujours tout rose (fort heureusement pour moi, sinon je risquerais l'allergie). Vous êtes donc prévenues ! :3

Bloody Kyo: Eh oui, je l'ai dit, Yukimura est un fauteur de troubles tout en subtilité. Un point terriblement important, la subtilité. On ne l'apprécie pas assez, la manière dont il gère les choses subtilement. Ah, ça fait toujours plaisir de lire que quelqu'un aime ce que j'écris~ Tant de franchise, je vais finir par rougir ! En parlant de fraîcheur, on en a terriblement besoin ces derniers temps. La chaleur est insupportable. Je sais, ce que je dis n'a absolument rien à voir, mais il fallait que je me plaigne. Je hais la chaleur (ce qui est au final assez étrange pour une fan d'Ho-chan, au vu de l'élément qu'il maîtrise). BREF. Eh oui, à défaut de résoudre les problèmes à coup de parpaing, on peut aussi opter pour la solution de ne PAS réfléchir ! On ne dit pas assez à quel point c'est pratique ! Eh bien, tu peux tenter, mais je ne suis pas responsable des conséquences d'une telle décision, hein. ;) Ah, et j'espère que tu n'as pas mis ta menace à exécution, je ne voudrais pas perdre une fidèle lectrice. Ça me fendrait le cœur, vraiment. Et puis ce serait dommage de louper la récompense que tu attends depuis si longtemps: COOKIE TIME ! \o/

Ayaka: Rassuré de voir que le coup du placard bis, comme tu l'as si bien nommé, n'a pas paru trop lourd. ^.^ Les réactions d'Ho-chan sont toujours radicales, c'est ce qui fait son charme~ Hmm, il faudra attendre un peu avant de voir cela~ ^.^

Yuki: J'avoue, je le fais exprès. En fait, je t'espionne, et dès que je te vois lancer un regard plein d'envie vers ton lit-PAF! Je publie un chapitre. Terrible, hein ? Ah, j'avoue ne pas commenter tant que cela, mais j'ai en effet un certain don pour écrire des pavés qui auraient pu être résumés en quelques lignes. Mais voilà, j'ai besoin de m'exprimer et de faire concurrence à Proust en faisant des phrases à rallonge. Le côté littéraire qui est en moi ne peut s'empêcher de se déchaîner, je suppose. On peut aussi mettre cela sur le compte de mon manque d'attention et de ma tendance à m'égarer très facilement. Mais passons. Muramasa fait concurrence à Bouddha, en fait. ._. Eh oui, il faut bien un peu de romantisme. Après tout le but de cette histoire est qu'ils finissent ensemble ! [non, non, contrairement aux apparences, ce n'est pas de faire en sorte que Yuya parvienne finalement à ratatiner Ho-chan pour sa stupidité, ni de tuer Tigre Rouge dans les circonstances les plus stupides qui soient (quoique...)] Ah, Yuya et la violence, une grande histoire d'amouuur ! Au moins, celle-là, on sait qu'elle n'est pas prête de se terminer ! x) Concernant les céréales en forme de tête de chat, j'ai tout simplement pensé à Hello Kitty, mais ne voulant pas citer de marque, c'est resté les céréales en forme de tête de chat (ce qui est atrocement long, d'ailleurs). Je voulais ajouter un élément mignon chez Yuya, et cela me permettait également de faire une clin d'œil à une amie qui est fan~ D'une pierre deux coups ! :3 J'avoue, on va finir par faire une sacrée collection de pavés ! xD


HELLISH PARADISE

Chapitre 7

Il est accroupi, observant le corps calciné. On ne le reconnait plus vraiment, ce cadavre. Ses traits ont disparus sous les assauts brûlants, et cette carcasse n'a plus rien d'humain. Non, maintenant, ce n'est plus qu'une chose sans nom ni identité, qui n'esquissera plus jamais le moindre mouvement. Il pourrait se dire qu'il le méritait, cet homme. Il pourrait penser qu'il a fait quelque chose de bien, en commettant cet acte irréparable. Oui, il pourrait sans doute trouver un tas d'excuses pour justifier son geste. Il n'en cherche pas. Il n'en a pas vraiment besoin. Tout ce qu'il se dit, c'est à quel point prendre une vie est aisé. Il n'a besoin que de quelques minutes de concentration, et il peut faire disparaître un être, effacer complètement son existence. C'est tellement, tellement simple. Il n'y a ni remords, ni regrets dans son regard. Juste cette constatation.

L'homme est mort, pas lui. Il a gagné. Il est le plus fort d'eux deux. Il se demande s'il y a quelqu'un qui peut le vaincre, si lui aussi finira comme celui qui gît à ses pieds. Peut-être y a-t-il une personne en ce monde qui peut le battre, réduire son existence au néant. Peut-être y a-t-il aussi des personnes comme lui, avec le même pouvoir. Peut-être n'est-il pas le seul capable de détruire ainsi une vie, sans beaucoup d'efforts. Il continue de contempler le cadavre, et songe aux possibilités.

Il s'appelle Hotaru. Il vient de commettre son premier meurtre. Il n'a que huit ans.

[&-((Y&H))-&]

Yuya était surprise. Pour une fois, sa surprise n'avait absolument rien à voir avec son partenaire, mais avec une certaine informatrice, qui se trouvait actuellement sur le palier de sa porte. Elle la dévisagea quelques instants, avant de finalement se décider à parler.

« Si tu es ici, soit Kyo est mort et tu viens me l'annoncer, soit tu as vraiment quelque chose d'important à me dire. »

Vu qu'elle doutait fortement de la probabilité de la première, la deuxième était sans doute la vérité. La femme en face d'elle esquissa un sourire amusé.

« Est-ce que je peux entrer, Yuya ? »

Elle hocha la tête, ayant du mal à se dire qu'Okuni, cette femme si difficile à trouver et qui errait ici et là en quête d'information, était venue lui rendre visite. Ce n'était pas la première fois, mais elle devait avouer être toujours aussi étonnée lorsque celle-ci daignait venir la voir.

Quelques minutes plus tard, elles étaient assises à la table de la cuisine, deux tasses brûlantes de thé devant elles. Elle dévisagea l'informatrice, qui semblait étrangement sérieuse. Elle était habituée à ses piques acerbes, pas à cet air presque inquiet – imaginez ! Okuni, inquiète ! Elle n'avait même pas parlé de Kyo, ce qui était d'autant plus surprenant. Après tout, c'était son sujet favori. Personne n'était en mesure d'ignorer l'amour qu'elle portait à l'homme, et qu'elle exhibait comme une bannière.

« C'est un tueur, tu sais. »

Les premiers mots qui s'échappèrent de ses lèvres rouges n'étaient pas exactement ce à quoi s'attendait la chasseuse de prime. Elle pencha légèrement la tête sur le côté, le regard interrogateur.

« Ton partenaire. Hotaru-san. »

Oh.

« Je savais déjà que c'était un criminel, Okuni. »

L'autre femme secoua légèrement la tête.

« Tu ne sais pas tout ce qu'il a fait. Tu es très loin d'imaginer le nombre de cadavres qu'il a laissé derrière lui.

-Tu as fouillé son dossier ? »

L'incrédulité se percevait aisément dans la voix de Yuya.

« Oh, je n'ai pas fait que cela. Après tout, se contenter d'une seule source d'information est une erreur de débutant.

-Okuni…

-Ne me regarde pas comme cela, Yuya. C'est ton partenaire. Celui à qui tu es censée porter une confiance aveugle. C'est bien normal que je me renseigne, non ?

-Tu fais partie de l'organisation, Okuni. Tu sais aussi bien que moi que fouiller le passé des membres est strictement interdit.

-Et alors ? Regarde avec qui ils t'ont mis. Je ne comprends même pas que Kyo n'ait pas réagi ! »

La chasseuse de prime eut un sourire un brin amer.

« Détrompe-toi. Il était plutôt…mécontent de la situation.

-C'est tout ? »

C'est tout ? Elle avait bien cru qu'elle allait y passer !

« Eh bien, après que les présentations aient eu lieu de manière relativement correcte, il a semblé plus amusé par la situation qu'autre chose. »

Elle entendit le murmure de son interlocutrice, bien malgré elle.

« Si on ne peut même plus compter sur Kyo… »

Elle porta sa tasse à ses lèvres, attendant patiemment qu'Okuni reprenne la parole.

« Pour en revenir à ce que je disais, tu devrais t'en méfier.

-Écoute, Okuni. Si je dois faire attention à ma cible, et aussi celui qui censé garder mes arrières, cela compliquerait la situation inutilement.

-Oui, et cela pourrait aussi te sauver la vie. »

Yuya soupira devant l'air têtu qu'affichait l'informatrice.

« Il est peut-être un peu tôt pour dire que je lui fais entièrement confiance, mais de là à être sur mes gardes à chaque fois qu'il est avec moi…

-Yuya, ne le sous-estime— »

Elles furent interrompues par l'arrivée de l'objet de leur conversation. Il se dirigea vers le réfrigérateur et l'ouvrit, avant de saisir une brique de lait. Alors qu'il allait la porter à ses lèvres, il saisit par pur réflexe le verre envoyé dans sa direction.

« Je t'ai déjà dit de ne pas boire à la bouteille ! »

Il se tourna vers Yuya, et au vu du vide présent dans ses yeux, elle savait qu'il n'était actuellement pas assez réveillé pour comprendre totalement ce qu'on lui disait. Elle soupira, avant de se diriger vers lui. Elle mit une main dans son dos – il se tendit mais n'évita pas le contact – et le guida jusqu'à la chaise située à côté d'elle. Elle lui prit la brique des mains tandis qu'il s'asseyait et lui versa le lait. Puis elle reprit place en face d'Okuni, comme si la scène qui venait de se passer était tout à fait normale. Et au vu de la façon dont l'informatrice avait failli s'étrangler, cela ne devait pas être si normal que cela.

« Je te le présenterai bien, mais vu qu'il vient juste de se lever, il n'est pas encore en mesure d'utiliser le peu de neurones qu'il possède. »

Okuni jeta un œil au jeune homme, qui fixait son verre sans vraiment le voir.

« C'est vraiment lui ? »

Elle hocha la tête de manière presque absente.

« Attends, tu habites avec lui ? »

Ah, il semblerait qu'Okuni ne connaissait pas cette information avant de venir. Voilà qui était pour le moins inattendu.

« Non, il vient tous les jours dans mon appartement simplement pour le plaisir de boire ma brique de lait alors que je déteste qu'on boive à la bouteille chez moi.

-Ce n'est pas le moment de plaisanter ! Qu'est-ce qui t'as pris de—

-C'est qui, elle ? »

Il semblerait qu'Hotaru se soit finalement décidé à prendre part à la conversation. Son temps d'éveil était particulièrement rapide, aujourd'hui !

« Je te présente Okuni. C'est une des informatrices de l'organisation. »

Elle ne précisa pas le fait qu'elle possédait un Gift. Le connaissant, il voudrait probablement se battre avec elle, et elle n'avait pas particulièrement envie de passer encore un quart d'heure à lui dire que, non, il ne pouvait pas.

« On ne t'a jamais appris que couper la parole à quelqu'un était particulièrement impoli, Hotaru-san ? »

Uh oh. Okuni n'était pas contente. Elle pouvait le comprendre; elle avait été aussi particulièrement agacée par le manque de politesse de son partenaire lors de leur première rencontre. Cependant, elle supposait que c'était comme tout: on s'y habituait.

« Parler des gens dans leur dos n'est pas mieux. »

Elle s'immobilisa en entendant ses mots, avant de l'observer. Il les avait donc entendues. Depuis combien de temps ?

« Oh, je ne savais pas que parler des actes passés d'un vulgaire assassin était si criminel. Après tout, Yuya est en droit de savoir avec quel genre de personne elle fait équipe.

-Okuni !

-Il y a un problème ? Je ne fais que dire la vérité. »

Elle savait parfaitement que c'était une manière de l'informatrice d'exprimer son affection pour elle, mais elle allait trop loin. Elle pouvait voir la manière dont Hotaru s'était tendu, et elle était consciente que provoquer ainsi son partenaire ne pouvait rien amener de bon. Elle tenait à son appartement, voyez-vous.

« Ton inquiétude est notée, mais Hotaru n'a rien fait jusqu'ici qui pourrait le condamner. Ce n'est pas parce que tu t'es permise de fouiller son passé que tu connais tout de lui. »

Elle le défendait. Mon Dieu, elle n'aurait jamais cru voir le jour où elle en viendrait à ce point.

« Ah oui ? Vous êtes partenaires depuis combien de temps, une semaine ? Tu crois vraiment que c'est suffisant pour affirmer qu'il ne te fera pas de mal ?

-Je suis sûre que—

-Je ne le ferai pas. »

L'attention des deux femmes se tourna vers lui.

« Pardon ? »

Il jeta un coup d'œil à Yuya avant de clarifier sa déclaration.

« Je ne lui ferai pas de mal. »

Le silence s'égrena quelques instants, et la chasseuse de prime profita de ce temps pour se remettre de sa surprise, avant de s'exclamer d'un ton triomphant :

« Ha ! Tu vois ! »

Okuni haussa un sourcil.

« Ce n'est pas parce qu'il le dit que c'est vrai.

-Oh, je t'assure qu'il est dans l'incapacité totale de mentir. Celui lui demanderait trop de réflexion. »

L'informatrice croisa les bras sur son imposante poitrine, peu convaincue.

« Je n'aime pas cela, Yuya.

-C'est ce que j'ai cru comprendre. »

Okuni ne manqua pas la lueur d'amusement présente dans les yeux émeraude de la jeune femme.

« Sois un peu sérieuse !

-Pourquoi ? Tu t'inquiètes inutilement. Et puis, au pire, s'il en vient vraiment à me tuer, je suis certaine qu'il y aura énormément de personnes prêtes à me venger !

-Yuya ! Tu es trop désinvolte ! Tu as pensé ce que Kyo ressentirait, si jamais il t'arrivait quelque chose ?

-Kyo ? Quel est le rapport ? »

Mon Dieu, son manque de perspicacité était vraiment terrifiant ! Pourtant, Kyo était loin d'être la personne la plus subtile qu'elle connaisse… Elle soupira.

« Oublie, ce n'est pas grave. »

Puis elle reprit :

« Je vais te le dire une dernière fois : sois prudente, d'accord ?

-Oui maman ! »

Elle essaya tant bien que mal d'effacer son sourire moqueur en voyant le regard assassin d'Okuni, mais sa tentative se solda par un échec lamentable.

L'informatrice se décida finalement à partir, sachant parfaitement que Yuya n'avait pas vraiment pris sa mise en garde au sérieux. Ce n'était pas parce que cet Hotaru avait l'air d'un imbécile qu'il était incapable de lui faire le moindre mal ! Il suffisait de voir les réflexes qu'il possédait, ou même le regard glacial qu'il lui avait envoyé pour comprendre qu'il était dangereux ! Elle ne l'aimait pas, n'aimait pas le fait qu'il soit le partenaire de la chasseuse de prime et encore moins le fait qu'ils vivent ensemble ! Elle connaissait la jeune femme, savait que malgré tout ce qu'elle pouvait dire, elle accordait encore bien trop facilement sa confiance aux gens. Un peu plus de méfiance ne lui ferait pas de mal, mais apparemment, c'était trop lui demander. Puisqu'elle ne voulait pas suivre ses conseils, elle n'avait plus qu'à choisir habilement quelqu'un qui se chargerait d'être assez méfiant pour deux. Et puisque Kyo n'avait apparemment pas saisi le danger que représentait ce soit disant partenaire, elle trouverait quelqu'un d'autre.

Izumo no Okuni se dirigea d'un pas décidé vers sa cible.

[&-((Y&H))-&]

Elle est assise à la fenêtre, et contemple les lumières de la ville. Son regard est vide, complètement éteint. Son visage est appuyé contre sa main, et elle n'esquisse pas un geste. La journée passe lentement, et l'obscurité finit par tomber. Elle voit le monde continuer à tourner, tandis que le sien vient de s'écrouler. Elle sait qu'elle devrait être couchée à cette heure-ci, mais il n'y a plus personne pour le lui dire. Elle se demande ce qu'elle fait ici, dans cet appartement vide, observant cette agitation sans y accorder la moindre attention. Elle se rend compte qu'elle guette le moindre bruit qui pourrait signaler l'arrivée de quelqu'un. Mais il n'y a personne à guetter. Elle est toute seule.

Ses yeux sont secs, son esprit vide. Elle se dit que c'est mieux ainsi. Elle ne veut pas de cette douleur, ne veut pas songer au visage de celui qui est sa seule famille. Elle veut oublier le visage désolé de cet homme qui est venu frapper à sa porte, et qui lui a annoncé la nouvelle tristement. Elle n'a pas besoin de cette compassion qu'on lui offre, ni de ces regards apitoyés. Ce dont elle a réellement besoin, c'est qu'on lui rende ce qu'on lui a volé.

Elle sait le nom de l'homme qui lui a tout pris, sait que c'est un criminel. Elle a également conscience que c'était la cible de son grand frère Nozomu, chasseur de prime. Elle sait aussi qu'elle ne lui pardonnera pas. Comme à tous les autres criminels. Pour la première fois depuis qu'elle a appris la nouvelle du décès de son être le plus cher, elle ressent quelque chose.

Cela ressemble étrangement à de la haine.

Elle s'appelle Yuya Shiina. Elle vient d'apprendre qu'elle est désormais seule au monde. Elle n'a que treize ans.