A/N: Bonsoir ! Eh bien, pour changer, j'ai du retard. Oui, je sais, quel énooorme changement ! J'ai été pas mal occupée, et je n'ai pas pu prendre le temps de poster ce chapitre, et je m'en excuse. Surtout que le chapitre était déjà prêt et que j'aurais dû le faire. u.u
Katae: Oui, oui, ne t'inquiète pas, il y a bien une suite ! Après tout, ce serait fort dommage de s'arrêter en si bon chemin ! ;) Concernant la relation Kyo x Yuya, il est vrai qu'elle est quelque peu ambigüe. Il faut dire que j'aime pas mal ce couple-là (ou du moins, je suis loin de le détester), et au vu du manga, il me parait difficile de faire comme s'il n'y avait rien entre eux. Cependant, je pense que c'est pour l'instant clairement à sens unique, dans le sens que Yuya n'a jamais considéré Kyo ainsi. A vrai dire, je pense qu'elle n'a jamais considéré personne en tant que petit ami potentiel dans cet univers-là, pour la simple raison qu'elle a autre chose à penser. Quant à tes inquiétudes, à savoir si il y aurait un soudain retournement de situation et que Yuya finira en fait avec Kyo, eh bien... ce n'est pas près d'arriver. Je reste après tout une grande fan du Hotaru x Yuya, qui n'est pas assez exploité à mon goût. Donc, c'est du Hotaru x Yuya, et ça restera du Hotaru x Yuya. C'est garanti~ :D
Soja: Je pense que tu viens de battre le record de la review la plus petite ! Fait qui m'a amusé, mais cela n'ôte rien au fait que ça fait toujours plaisir de voir une nouvelle petite review dans sa boîte mail, et que quelqu'un prenne le temps de me dire qu'il aime. ^.^ Donc, merci ! :3
Layacaldin: Hmm, dois-je te désigner par Laya, ou Layacaldin ? C'est une question assez stupide, et qui relève vraiment du détail, mais cela m'a fait hésiter pendant quelques minutes. Je sais, il faut un rien pour me perturber. u.u' Sinon, je suis très contente que tu aies apprécié le dernier chapitre, et son format particulier. :)
Bloody Kyo: Ah, contente de voir que les rétrospectives respectives t'aient plus (pas pu m'empêcher de reprendre cette merveilleuse association de mots~)! Je suis certaine qu'à l'heure qu'il est, même la Bretagne a été atteinte par la chaleur qui règne actuellement ! Ou peut-être que tu es condamnée à subir un microclimat pluvieux. :D (oui, il est tellement facile de jouer sur ce cliché de la Bretagne où il pleut tout le temps) Hmm, concernant l'inquiétude d'Okuni, j'avoue que même pour moi, cela me paraissait étrange. Mais je ne savais pas quel autre personnage aurait pu jouer celui qui s'inquiète ouvertement, et qui en profite pour balancer des piques à Ho-chan~
Yuki: Oui, je passe mon temps à espionner mes lectrices innocentes. Que veux-tu, on tue le temps comme on peut~ S'égarer est chez moi plus qu'une passion; c'est une mode de vie, voire un art. Mais après, ça fait des monologues de fou à l'oral, et on arrive pas toujours à me suivre, vu que je passe du coq à l'âne. Enfin, pour les autres; personnellement, c'est très clair dans ma tête (malgré les différentes voix qui s'élèvent dans celle-ci !). Ho-chan n'est vraiment pas de taille à faire concurrence à la violence. Yuya l'aime vraiment trop. u.u' Je sais, je sais, cela ne correspond pas bien au caractère d'Okuni ! T^T Mais bon, il me fallait quelqu'un... Elle a été le sacrifice. x) C'est sûr que niveau 'j'ai l'air d'un dangereux psychopathe aux tendances violentes et meurtrières', on a déjà vu mieux qu'Ho-chan. Il faut se dire que Kyo remplit déjà ce rôle~ ;) En même temps, quand on y pense bien, Ho-chan amoureux, ça fait un peu peur (dit la fille qui s'acharne à écrire une fic où c'est le cas). Pour l'instant, il est au stade 'j'ai un vague sentiment qu'elle est importante'. Ce qui n'est pas si mal, en fait, vu le constipé sentimentalement parlant qu'est Ho-chan. Qui Okuni va aller voir est un secret~ :3 Pas grave, j'aime tes réponses à mes réponses. Elles me font bien rire !
Ayaka: Eh bien, je suis rassurée de voir que les souvenirs de début et de fin sont populaires ! =w= Tu as pensé à Tigre Rouge ? J'avoue être assez surprise. Il faut dire que dans ma tête, je le considère comme un personnage plutôt faible (alors que je sais pertinemment que ce n'est pas le cas... u.u'). Mais non, raté ! ;)
Bonne lecture ! o/
HELLISH PARADISE
Chapitre 8
Hotaru avait remarqué une chose à propos de sa partenaire. C'était sûrement quelque chose que beaucoup jugeaient naturel, mais pour lui, c'était assez surprenant. A chaque fois qu'il était blessé lors d'une de leur mission, que ce soit une petite coupure ou une blessure un peu plus conséquente, elle s'occupait de lui. Elle nettoyait la plaie, la désinfectait et lui mettait un pansement ou des bandages selon les circonstances. En général, cela allait très vite; elle était visiblement habituée à soigner ainsi les autres. Elle avait toujours ce qu'il fallait sur elle. Il ignorait où elle cachait tous ces objets, mais très franchement, s'en moquait. Non, ce qui était important, c'était qu'elle prenait soin de lui. Son attention était focalisée sur lui, et il pouvait voir cette lueur dans ses yeux qu'il avait associée à 'l'inquiétude'. Et il aimait cela. Encore une fois, il se fichait du pourquoi. Tout ce qu'il savait, c'était que lorsqu'elle s'employait à panser ses blessures, le sentiment qu'il avait eu lorsqu'elle l'avait retrouvé parmi cette foule d'inconnus ressurgissait.
Alors Hotaru, étant une personne qui pouvait être extrêmement têtue lorsqu'il avait un but en tête, décida de se laisser blesser à chaque fois que l'occasion se présentait. Oh, bien sûr, il faisait attention à ce que cela ne soit pas trop grave; après tout, son objectif n'était pas de finir à l'hôpital. Il détestait les hôpitaux. Non, ce qu'il voulait, c'était les mains douces de la fille et cette inquiétude qu'il pouvait sentir dans l'air.
Cependant, il avait aujourd'hui manqué de vigilance, et leur cible lui avait causé beaucoup plus de dégâts que prévu. Ils l'avaient ramené à l'agence, et seulement après sa partenaire s'était-elle inquiétée de sa condition. Avant de s'apercevoir que son bras gauche était plié à un angle particulièrement bizarre. Autant dire que sa réaction ne se fit pas attendre.
« Tu n'aurais pas pu le dire avant, imbécile ? »
Ah. Elle était vraiment en colère, cette fois-ci. Il observa les alentours, vérifiant qu'il n'y avait pas d'objet qui pourrait lui causer de dégâts irréparables si jamais elle se décidait à lui lancer à la figure.
« Ce n'était pas important. »
Au vu de la manière dont ses grands yeux verts étincelèrent, ce n'était pas la bonne réponse. Elle saisit brusquement son bras endommagé, et ne manqua pas la manière dont il se tendit, ni la façon dont sa mâchoire se crispa. Pourtant, il n'émit pas un son.
« Si ça, ce n'était pas important, qu'est-ce qui pouvait bien l'être ? »
Il attendit quelques minutes avant de répliquer, ayant l'étrange intuition que sa réponse n'allait pas lui plaire.
« La cible. »
Et, en effet, elle n'était pas très heureuse en entendant ces mots.
« Tu sais, rien que pour la stupidité dont tu fais preuve, je devrais te laisser avec le bras dans cet état lamentable pendant au moins deux jours ! »
Il fut tenté d'hausser les épaules. Après tout, il avait déjà vu pire. Cependant, quelque chose en lui l'en empêcha. Peut-être son instinct de survie ?
« Ton bien-être passe avant la cible ! On aurait pu la poursuivre une autre fois ! »
Comme on pouvait s'occuper de sa blessure seulement après. Il ne voyait vraiment pas le problème. Elle dû également s'en rendre compte, car elle poussa un soupir exaspéré, avant de lâcher son bras.
« Allez, viens. On n'a plus qu'à faire un détour par l'infirmerie. »
Il la suivit tranquillement, bien qu'un brin contrarié. Ce n'était pas elle qui allait s'occuper de lui. Il avait vraiment été trop imprudent, cette fois-ci. Peut-être avait-il un peu trop sous-estimé leur cible. En même temps, l'homme lui avait paru tellement faible… Il n'aurait jamais pu deviner qu'il avait un Gift aussi utile, qui lui permettait d'augmenter la gravité à des endroits précis. Mais voilà, le mal était fait, et il ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même.
Quelques minutes et beaucoup de couloirs plus tard, ils se trouvaient devant une porte blanche. La fille se tourna vers lui, l'air terriblement sérieuse.
« Ecoute-moi bien, Hotaru. Pour une fois dans ta vie, sois poli, et obéis-lui, d'accord ? Elle peut faire des miracles, mais elle est plutôt capricieuse. Alors, ne la contrarie pas. »
Il se demanda à quoi pouvait bien ressembler la femme derrière la porte, pour que sa partenaire prenne ainsi le temps de le mettre en garde. Elle ouvrit la porte, et ils entrèrent. La personne était de dos, assise à son bureau. Elle tourna la tête vers eux à leur arrivée, et un sourire étira immédiatement ses lèvres lorsqu'elle les vit entrer. Elle se précipita vers la fille, et s'empressa de la prendre dans ses bras.
« Oooh, Yuya ! Cela fait si longtemps que je ne t'ai pas vu ! »
Elle ne semblait pas si effrayante que cela, au final. Sa partenaire parvint miraculeusement à lui répondre, alors que l'étreinte de l'autre l'étouffait à moitié.
« Bonjour, Akari-san. C'est un plaisir de te voir en si bonne forme. »
Elle finit par la lâcher, ses sourcils se fronçant soudainement.
« Mais dis-moi, quelque chose ne va pas ? Es-tu blessée ?
-Non. J'accompagne mon partenaire. »
L'attention de l'infirmière se tourna finalement vers lui. Il hocha la tête en guise de salutation. Elle le détailla, avant de se tourner de nouveau vers la jeune femme.
« Yuya, petite cachottière ! Depuis quand as-tu un partenaire aussi beau ? »
La chasseuse de prime rougit malgré elle au ton plein de sous-entendu de l'autre femme. Elle s'éclaircit la gorge, avant de répliquer.
« Je te présente donc Hotaru. »
Il nota de manière absente la façon dont les yeux de la femme prirent une lueur inquiétante en remarquant que la fille n'avait pas ajouté d'additif à son prénom.
« Et Hotaru, voici Akari-san. Elle peut guérir n'importe quelle blessure avec son Gift. »
Oh. Cela devait être terriblement utile.
« Tu oublies le plus important, Yuya ! Je ne le fais pas gratuitement ! »
Il pencha la tête sur le côté. Serait-elle intéressée par l'argent ? Il l'observa, et vit de nouveau la lueur inquiétante.
« Ce sont tes secrets qui m'intéressent. »
…Ses secrets ?
« Allez, Yuya, ouste ! Attends-le dehors ! Il n'y a pas d'intérêt si tu apprends également ses secrets ! »
Et avant qu'aucun d'eux n'ait eu le temps de réagir, la chasseuse de prime avait été poussée hors de la pièce, et la porte claqua derrière elle. L'infirmière qu'il commençait à trouver franchement effrayante le tira jusqu'au lit où il n'eut d'autre choix que de s'asseoir. Elle l'examina rapidement, trouvant la raison de sa venue sans difficulté.
« Hmm, un bras cassé. J'espère que tu as quelque chose d'intéressant… »
Il réfléchit quelques instants.
« J'ai déjà vu la fille ivre. »
Elle mit quelques secondes à saisir qu'il parlait de sa partenaire, avant d'émettre un rire amusé.
« Il y a très peu de personnes qui n'ont pas déjà vu Yuya ivre. »
Ah.
« J'ai dû m'occuper d'elle. »
Elle hocha la tête d'un air désintéressé, tout en l'incitant à continuer.
« J'ai enlevé son chemisier. »
La lueur était là.
« Tu lui as enlevé son chemisier… ? »
Un hochement de tête.
« Elle m'a demandé de le faire. Elle a dit qu'elle avait besoin de moi. »
Il entendit le murmure de l'infirmière aussi clairement que si elle l'avait crié.
« Oooh, cette petite Yuya, elle cache si bien son jeu ! »
Elle passa encore quelques minutes à sautiller, apparemment très heureuse de ce qu'elle venait d'apprendre. Elle lui offrit un sourire éblouissant, et il eut la nette impression d'avoir vendu sa partenaire en échange de sa guérison. Pourtant, il n'avait fait que dire la vérité. C'était ce qu'il s'était passé.
« Allez, donne-moi ce bras, qu'on en finisse ! »
[&-((Y&H))-&]
A vrai dire, Yuya ne savait pas vraiment si son partenaire allait ressortir de la pièce guéri ou non. Elle ignorait s'il avait quelques secrets à divulguer qu'Akari jugerait assez intéressant pour accepter de le soigner. Autant dire qu'elle fut particulièrement surprise de voir sortir un Hotaru en parfait état et une Akari resplendissante. Elle ne comprit pas non plus lorsque celle-ci passa un bras autour de ses épaules, et lui dit les mots suivants :
« Mon adorable Yuya, tu es une petite dévergondée ! Tu as de la chance que je garde mes secrets bien gardés, et que je t'apprécie ! Ooh, tout ce que je pourrais faire de cette information !
-J'avoue que je ne te suis pas, Akari-san…
-Pas besoin de le cacher ! Il – elle désigna Hotaru d'un grand geste – m'a tout raconté ! Je dois dire que tu as bon goût; il peut paraître maigrichon, mais il a un torse qui vaut le détour ! »
Elle gloussa, avant de reprendre.
« Enfin, je suppose que tu le sais déjà ! »
C'était officiel, Yuya ne comprenait plus rien. Les sous-entendus douteux d'Akari ne lui évoquait absolument rien, et elle ne voyait pas où elle voulait en venir. Oui, Hotaru était beau. Cela, elle pouvait le reconnaître. Cependant, elle ne saisissait pas bien le rapport que cela avait avec elle. Elle se contenta de sourire et d'hocher la tête, voulant éviter tout problème qui pourrait lui arriver si jamais elle contrariait l'infirmière. Après tout, celle-ci en savait bien plus sur elle qu'elle ne pouvait l'imaginer.
Ce ne fut qu'une dizaine de minutes plus tard, maintenant sûre que l'infirmière ne pouvait pas les entendre, qu'elle décida finalement de satisfaire sa curiosité.
« Qu'est-ce que tu lui as dit, pour qu'elle soit aussi heureuse ?
-La vérité. »
Elle fronça les sourcils devant sa réponse évasive.
« Ça, je m'en doute. Mais quelle vérité, exactement ? »
Elle songea à l'épisode du placard, avant de l'éliminer. Il était à moitié endormi à ce moment-là, et elle doutait fortement qu'il se souvienne réellement du fait qu'il avait joyeusement dormi sur elle. Et puis, très franchement, elle ne pensait pas que quelque chose avec si peu de croustillant ait pu à ce point enflammer Akari.
« Je lui ai juste dit que j'avais enlevé ton chemisier. »
Elle s'arrêta brusquement. Il continua quelque mètre de plus, avant de se tourner vers elle.
« Tu as quoi ? »
Yuya ne voyait absolument pas de quoi il parlait, et ne voulait même pas imaginer qu'une telle scène ait réellement pu exister.
« Ton chemisier. Je l'ai enlevé. »
Il lui dit cela avec un tel aplomb qu'elle avait du mal à en douter. Mais ce n'était pas possible, n'est-ce pas ? Elle se sentit rougir, bien malgré elle.
« Pourquoi aurais-tu fait une telle chose ? »
Il pencha légèrement la tête sur le côté, apparemment surpris qu'elle lui pose cette question.
« Parce que tu me l'as demandé. »
Oh, dans ce cas, tout s'expliqu— Attendez. Elle lui avait demandé ? Et il avait obéit, juste comme cela ?
« Je n'aurais jamais fait une chose pareille ! »
Il revint sur ses pas, et elle s'aperçut dans un éclair de lucidité qu'il était agacé. C'était bien la première fois qu'elle le voyait exprimer une telle émotion. Il se plaça devant elle, la tête relevé fièrement.
« Si. Tu l'as fait. »
Ah, c'était donc cela ! Il n'appréciait pas le fait qu'elle remette sa parole en doute !
« Mais enfin, c'est complètement illogique ! Pourquoi je t'aurais demandé d'enlever mon chemisier ? Je suis encore tout à fait capable de—
-Tu étais ivre.
-Je n'ai jamais été ivre en ta—
-La première nuit, si. »
La première nuit… ? Elle chercha dans les tréfonds de sa mémoire. Soirée entre filles. Beaucoup d'alcool. Incruste de Tigre Rouge. Et après… le trou noir. Oh mon Dieu. Non, non, non, il ne pouvait pas être en train de dire la vérité, tout de même ! Elle réfléchit à toute vitesse, se demandant si elle avait pu faire autre chose. La mortification s'empara d'elle lorsqu'elle songea à toutes les possibilités.
« Et c'est tout ce que j'ai fait… ? »
Elle nota distraitement la manière dont il se détendit lorsqu'elle posa sa question, apparemment satisfait qu'elle ait décidé de le croire.
« Tu t'es endormie juste après. »
Un soupir de soulagement s'échappa de ses lèvres. Si ce n'était que cela… Cependant, malgré son soulagement apparent, elle ne put s'empêcher de penser que ce n'était pas encore assez pour expliquer l'attitude de l'infirmière. Il devait y avoir quelque chose de plus.
« Et c'est ce que tu as dit à Akari-san ?
-Je ne suis pas arrivé jusque-là. Elle m'a arrêtée après que j'ai répété ce que tu avais dit.
-Ce que j'ai dit… ? »
Il hocha la tête. Elle attendit quelques minutes, mais il ne répondit pas à sa question.
« Alors ?
-Hmm ?
-Qu'est-ce que j'ai dit ?
-Qu'est-ce que tu as dit… ? »
Elle hocha la tête vigoureusement, impatiente de savoir quels mots elle avait bien pu proférer pour qu'Akari soit aussi heureuse.
« Je ne sais plus. »
Ses poings se serrèrent, et elle sentit l'impatience ainsi que la colère la gagner. Elle inspira une grande bouffée d'air, tentant de se calmer. Crier sur Hotaru était inutile, et ne l'aiderait pas à avoir les réponses qu'elle désirait tant. Elle expira, et se décida à réattaquer.
« Hotaru. La première nuit que nous avons passé ensemble, qu'est-ce que j'ai dit pour que tu acceptes d'enlever mon chemisier ? »
Avec un peu de chance, c'était assez précis pour qu'il daigne rassembler ses souvenirs et lui offrir une réponse correcte. Ses lèvres s'entrouvrirent, et toute son attention était fixée sur lui, pour qu'enfin—
« Yuya-han ! »
Tigre Rouge avait le timing le plus mauvais du monde. Elle se demanda ce qui la retenait de saisir son arme et de lui tirer une balle dans la jambe. Oh, c'était vrai. Elle était une chasseuse de prime et était censée représenter une certaine forme d'autorité dans la ville. Blesser ses collègues n'était pas compris dans son contrat. Quel dommage.
Elle se tourna vers le nouvel arrivant, un sourire forcé accroché à ses lèvres, avant de remarquer qu'il n'était pas seul. Lorsqu'elle vit le garçon qui accompagnait le boulet qu'était Tigre Rouge, sa colère se dissipa en simple agacement. Elle remarqua non sans un certain amusement qu'il gardait une certaine distance avec Tigre Rouge. Elle approuva mentalement. Après tout, la stupidité était probablement contagieuse.
« Tigre Rouge. Sasuke-kun. »
Son ton se réchauffa considérablement lorsqu'elle prononça le deuxième nom, au grand damne de son éternel prétendant, qui n'avait toujours pas compris que, non, elle n'était pas intéressée.
« Qu'est-ce qui vous amène ici ?
-On vient chercher une mission, Yuya-han ! Mais ne laisse pas l'inquiétude te gagner, je reviendrai sain et sauf de cette mission sans doute périlleuse ! »
Elle lui lança un regard blasé.
« Très sincèrement, si tu pouvais revenir avec quelques côtes cassées, je ne pense pas que cela me posera un quelconque problème. Et je suis persuadée qu'Akari-san sera très heureuse d'entendre tes plus sombres secrets…
-Yuyaaa-han ! Tu es si froide ! »
Elle s'aperçut que le regard du garçon était fixé au-dessus de son épaule. Nul besoin de se demander qui il fixait avec autant d'intérêt, elle avait déjà une idée très claire. Elle lui offrit un sourire, tout en se décalant légèrement. Cependant, il lui coupa l'herbe sous le pied avant qu'elle n'ait le temps d'effectuer les présentations.
« C'est lui, Nee-san ?
-Si ta question est de savoir si c'est mon partenaire, oui. »
Vu comment il le dévisageait, elle se doutait que son cher Sasuke avait une idée plutôt précise de celui qui se trouvait à ses côtés. Ou plutôt, de son passé.
« Tu as un nouveau partenaire ? »
Tigre Rouge, le seul qui semblait ne pas être au courant. Il fut prestement ignoré.
« Yukimura m'a dit que vous étiez plutôt proche. »
L'imbécile de service s'étrangla en entendant cette information.
« Oh, tu connais Yukimura-san. Il exagère toujours tout.
-Et l'informatrice ne l'apprécie pas. »
Okuni avait donc pris le temps d'aller voir Sasuke pour lui parler de son partenaire. Elle se demanda ce qu'elle avait en tête pour faire une telle chose.
« Elle ne lui fait pas confiance.
-En même temps, je ne suis pas sûre que cela soit vraiment son problème. »
Pourquoi devait-elle absolument défendre Hotaru alors qu'elle n'avait rien à voir avec la décision qui avait été prise d'en faire son partenaire ? S'ils n'étaient pas contents, pourquoi ses amis n'allaient-ils pas se plaindre à Muramasa, pour changer ?
« Elle est juste inquiète. Ce qui est plutôt compréhensible, d'ailleurs. »
Elle esquissa un sourire en entendant ses derniers mots. Elle s'avança vers le garçon, avant de lui caresser la tête. Il ne l'en empêcha pas.
« Cela voudrait-il dire que tu es aussi inquiet qu'elle, Sasuke-kun ? »
Il tenta de cacher le rougissement de ses joues.
« Non, c'est juste que— »
Il fut interrompu par un cri de Tigre Rouge. Ils se tournèrent tous deux vers la source du bruit, et le trouvèrent en train de tenter d'éteindre le feu qui commençait à ronger son pantacourt. Yuya haussa un sourcil, se demandant si elle devait vraiment intervenir. Sasuke sembla sentir son dilemme.
« C'est mon partenaire, tu sais. J'en ai besoin. »
Elle soupira, avant d'utiliser son Gift de nullification pour éteindre les flammes. Puis elle se tourna vers Hotaru, attendant une explication.
« Il m'a touché. »
Bien sûr, l'antisocial qu'il était n'avait pu supporter d'être touché par un autre être humain. Elle leva les yeux au ciel.
« Et tu n'as pas trouvé d'autres moyens de le repousser ? »
Il haussa les épaules.
« C'était le plus rapide. »
Et qui ne nécessitait pas de contact physique.
« Yuya-han ! Il est dangereux ! »
Elle allait finir par croire que Tigre Rouge se spécialisait dans le fait de pointer du doigt ce qui relevait de l'évidence.
« Oh, je t'assure que si tu continues à me taper sur le système, je vais être celle qui va devenir dangereuse.
-Mais je suis la victime, là ! Pourquoi est-ce contre moi que tu t'énerves ?
-Un réflexe, je suppose. »
Enfin, il n'avait pas tout à fait tort. Elle devrait s'énerver contre Hotaru. Elle lui jeta un coup d'œil, et nota son air pensif. Il était probablement passé à autre chose, et était en train de réfléchir sur quelque chose qui, pour lui, relevait de la plus grande importance. Lui brailler dessus maintenant serait non seulement une perte de temps, mais aussi d'énergie. Elle soupira.
« Bon, ce n'est pas tout ça, mais nous devrions rentrer.
-Déjà ? Mais enfin, Yuya-han, on vient tout juste de se rencontrer !
-Justement. Autant partir tant que tu es encore en bon état. Je crains que si la situation se prolonge, cela ne sera plus le cas. »
Elle commença à partir, et son partenaire la suivit silencieusement.
« Nee-san ! »
Elle se retourna, et vit à un Sasuke terriblement sérieux la dévisager.
« Sois prudente. »
A l'entendre, on aurait cru qu'elle allait s'embarquer dans une mission terriblement dangereuse, alors qu'elle se contentait de rentrer chez elle. Elle se retint de lever les yeux au ciel, et se contenta d'hocher la tête. Vraiment, ses amis étaient bien trop méfiants à son goût. Combien de temps cela allait-il prendre, avant qu'on arrête de la questionner sur la sûreté de son partenaire ? Contrairement à ce qu'ils pensaient tous, il n'était pas si imprévisible que cela. Il avait une certaine logique, bien que cette logique n'en ait que le nom. Il n'était pas si difficile que cela à comprendre, une fois que l'on savait cela. Enfin, elle supposait qu'il y avait toujours une part d'inconnu dans son comportement, mais c'était bien normal. Être capable de dire tout ce qui se passait dans la tête de son interlocuteur devait être terriblement ennuyeux. En ce sens, elle plaignait quelque peu Okuni. Mais pour en revenir à Hotaru, elle était persuadée que l'informatrice et Sasuke en faisaient trop. En général, il était plutôt calme, ne l'embêtait presque pas, et passait son temps à dormir. Elle avait connu plus difficile à supporter. A part sa manie pour le moins étrange de se faire blesser à chaque mission, elle pouvait presque dire que Muramasa avait fait un meilleur choix qu'elle ne l'avait cru au début.
Mais cela, bien sûr, elle ne risquait pas de le dire.
