A/N: ...Hm. Je suis en retard. Cette phrase fait un peu trop partie de mon vocabulaire, et je le crains, va y rester encore un bout de temps. Le chapitre 10 est encore en cours d'écriture, et j'ignore quand il sera fini, et donc quand je vais le publier. Je m'excuse donc à l'avance pour celles qui l'attendront avec impatience.

Angy: Merci beaucoup ! Cela me fait extrêmement plaisir de retrouver une de mes anciennes lectrices ! ^.^ Qui plus est, fan du Ho-chan x Yuya ! Tu as tout pour me plaire~ =w= Je suis contente que tu aies vu mes progrès ! o/ (parce que Dieu sait que j'en ai fait; ces cinq ans d'attente n'auront pas été inutiles ! ;) ) Et je l'avoue, je ne suis pas peu fière du coup du chat (qui est maintenant le nom officiel de ce passage, je crois). :D Oh, il n'est jamais trop tard pour laisser un commentaire ! Et puis, rien que de savoir que j'ai une lectrice, même si elle ne laisse pas forcément de commentaire, me fait toujours plaisir~ Et une review n'est jamais trop longue. Jamais. Merci pour tes encouragements; j'espère ne pas te décevoir pour la suite ! :)

Yuki: Tu es la première revieweuse qui parvient à péter le cota de mots prévus, et je me suis donc vue dans l'obligation d'aller sur pour voir la suite de ton commentaire, parce que le mail n'était pas complet. Je suis impressionnée. x) Vie privée ? Que signifie donc cette expression ? :D Je vis dans le monde des Bisounours où j'ai des lectrices innocentes et où mon esprit n'est pas déplacé~ ;) Je te rassure, je ne suis pas encore en mesure d'écrire du Ho-chan x Yuya version S&M. Donc oui, elle finira bien par délaisser la violence pour notre adorable Hotaru~ Ah oui ? Tu n'avais jamais entendu cette expression ? Perso, je l'utilise extrêmement souvent. Normal, vu les personnages que je préfère, qui, en général, font partie intégrante de cette merveilleuse catégorie d'êtres constipés sentimentalement parlant. Ho-chan est choupidou, hein ? Réclamant l'attention de Yuya à coup de blessure~ Je pense que l'instinct de survie d'Ho-chan est assez développé pour qu'il vérifie les alentours. Pas fou, le petit. Eh oui, Akari est finalement là ! En même temps, quoi de mieux qu'une commère pour rendre la situation d'autant plus compliquée ! Bah oui, faut bien que Yuya finisse par s'attacher à lui; lentement, mais sûrement ! o/

Yachiru-chan92: Hmm, concernant le passé de Ho-chan, je ne sais pas encore s'il sera vraiment détaillé, ou si je laisserais soin à mes lectrices de l'imaginer. Cependant, je considère qu'il doit quand même être particulièrement sombre, surtout au vu du manga. Il faut aussi prendre en compte le fait, que contrairement au manga, il n'a pas eu de véritables amis, puisqu'il n'a pas vécu cette période où il faisait partie des Quatre Sacrés du Ciel. Bref, on peut comprendre la méfiance que tous arborent comme une bannière face à Ho-chan~

Chibi Yuya: Merci beaucoup ! Même si cette fic est écrite dans un esprit humoristique, je pense qu'il est important d'approfondir la vision que l'on a des différents personnages, ainsi que les relations qu'ils ont entre eux, histoire de mieux comprendre leurs diverses réactions et faire quelque chose de (vaguement) cohérent. Quant à la question du nom de Ho-chan, eh bien... la raison est beaucoup, beaucoup plus stupide que cela (d'ailleurs, ton idée est plus qu'intéressante, et je n'y avais absolument pas pensé~). A vrai dire, j'ai préféré m'en tenir au prénom japonais à cause des honorifiques. Cela me semblait plus naturel, tout simplement. Et là vient la question 'Mais pourquoi avoir gardé Tigre Rouge dans ce cas?'. En fait je ne me souvenais plus de l'équivalent japonais, j'avais la flemme de chercher, et je me suis dit que Tigre Rouge était tellement un crétin, et si peu respecté que personne n'ajouterait d'additif à son prénom. ;)

Bloody Kyo: Contente de voir que je t'aide à être en forme ! ;D J'ai particulièrement aimé écrire ce passage, et je suis donc très heureuse de voir que tu l'as apprécié ! Lucky you ! Moi aussi je veux aller me baigner ! T.T

Ayaka: Je suis tout à fait d'accord avec toi~ Sasuke est plus choupidou ! Et puis franchement, si je mets trop de Tigre Rouge, j'ai peur que ça devienne lourd. u.u'

Bonne lecture !


HELLISH PARADISE

Chapitre 9

Hotaru attendait. Il était accroupi dans le couloir qui menait au bureau de celui-qui-pouvait-manipuler-les-pensées-des-gens-mais-qu'il-n'avait-pas-le-droit-d'attaquer-parce-que-ce-n'était-pas-bien, et observait le mur en face de lui. Celui-ci n'avait rien d'intéressant. C'était un mur blanc, tout ce qu'il y avait de plus banal. Il n'aimait pas la couleur; cela lui rappelait les hôpitaux. Il se demanda si la fille allait crier, s'il le brûlait. Après tout, il n'allait blesser personne. Juste ajouter un peu de couleur. Il ferait attention. Enfin, un peu.

Cependant, il n'eut pas le temps de mettre son plan à exécution; la fille brune était arrivée. Au début, il pensa qu'elle attendait pour rentrer dans le bureau, mais vu qu'elle le regardait, et s'était placée devant lui, ce n'était probablement pas le cas. Peut-être que s'il l'ignorait assez longtemps, elle allait partir. Encore une fois, il n'eut pas le temps de tester sa théorie, car elle décida de lui adresser la parole.

« Yuya-san est ici pour ses journées de congé officiel, n'est-ce pas ? »

Il leva les yeux vers elle. A vrai dire, il n'en savait strictement rien. Elle lui avait juste dit qu'elle avait besoin d'aller voir celui-qu'il-ne-fallait-pas-attaquer-parce-que-c'était-son-supérieur-et-attaquer-son-supérieur-c'était-très-mal. Elle interpréta son silence comme une question silencieuse.

« Oh, c'est vrai, vous êtes nouveau dans l'organisation ! Vous ne connaissez sans doute pas le système ! »

Et, à vrai dire, il s'en moquait complètement.

« Lorsque les chasseurs de prime prennent plusieurs jours de congé, ils sont dans l'obligation de signaler où ils comptent passer leurs journées libres, et doivent téléphoner à l'organisation une fois par jour lors de ceux-ci. Question de sécurité, voyez-vous. »

L'image de chiens tenus en laisse fut celle qui lui traversa l'esprit lorsqu'il écouta son explication.

« Mais pour en revenir à Yuya-san, elle les prend toujours à la même date. Est-ce que vous savez pourquoi, Hotaru-san ? »

Elle souriait en lui disant cela, mais elle n'était pas contente. Non, cela ressemblait à autre chose. Une sorte de calme qui ressemblait à de l'acceptation, mélangé à… de la tristesse. Il repensa à l'attitude de la fille lorsqu'elle lui avait parlé, ce matin. Son expression ressemblait étrangement à celle-ci. Elle avait été différente de d'habitude, mais il n'y avait pas prêté attention. Il se demanda si cela avait un rapport avec ce que la brune essayait de lui dire.

« C'est bientôt l'anniversaire de la mort de Nii-sama. »

Pourquoi lui parlait-elle de son frère, d'un coup ? Quel était le rapport avec la fille ? Elle l'embrouillait, avec ses dires sans queue ni tête. Elle sembla percevoir sa confusion, et lui adressa un sourire presque amusé.

« Yuya-san a été adoptée par mon grand frère Nozomu lorsqu'elle était petite. »

Ah.

« Ils ont habités ensemble pendant un certain temps. Je vivais déjà avec Kyoshiro, à cette époque. Oh, bien sûr, je leur rendais quelquefois visite. Mais la relation que Yuya-san avait avec Nii-sama était spéciale. Pour elle, j'étais la sœur de Nii-sama, mais pas la sienne. Je relevais plus de la cousine lointaine. »

Elle eut un rire amusé en songeant à cela, et il la laissa continuer à divaguer sur le passé. Puis ses traits s'assombrirent soudainement.

« Alors, quand Nii-sama est mort… cela a été un choc pour elle. Elle a eu le sentiment de se retrouver seule au monde. »

Pourquoi lui disait-elle tout cela ? Il ne comprenait pas son objectif.

« Mais je suppose que vous comprenez cela mieux que personne, n'est-ce pas ? »

Au-delà de cette lueur qu'il avait associée à la tristesse, une étincelle malicieuse s'était mise à briller dans le regard de la fille brune. Il eut l'impression qu'elle cherchait à le piéger. Il n'aimait pas cela.

« Hotaru, j'ai fini. On peut y— Ah, bonjour Sakuya-san.

-Bonjour Yuya-san.

-Vous vouliez voir Muramasa-san ? Je suis désolée, j'ai été un peu longue.

-Non, je discutais simplement avec votre partenaire. »

La fille lui lança un regard incrédule.

« Parler ? Avec Hotaru ? »

Il se demanda s'il devait se sentir offusqué devant sa réaction.

« Disons simplement qu'il m'a écouté divaguer. »

La fille semblait toujours aussi dubitative, mais finit par hausser les épaules. Elle lui fit un léger signe de la tête en passant à côté de lui, et il se releva pour emboîter son pas. Il n'adressa pas un regard ni une salutation à la brune, mais celle-ci ne lui fit aucune remarque. Alors qu'il continuait à s'éloigner, il sentit son regard lui brûler le dos, et tourna imperceptiblement la tête. Elle lui adressa un léger hochement de tête, son sourire ne quittant jamais ses lèvres. Il se demanda une nouvelle fois ce qu'elle attendait de lui, pour se comporter de cette manière avec lui. Être aussi aimable cachait forcément quelque chose.

« Sakuya-san ne cache rien, Hotaru. C'est juste quelqu'un de bien. »

Son attention se centra sur sa partenaire. Elle continuait à regarder devant elle, et il se demanda soudainement si elle lisait les pensées. Cela devait être pratique. Mais son Gift était celui de la nullification, non ? Peut-être en avait-elle deux ? Non, cela se saurait. Quoique, il avait ignoré l'existence des Gifted jusqu'à ce qu'il entre dans l'organisation. Il avait même pensé être le seul en possession d'un pouvoir. Alors, peut-être que ce n'était pas si impossible que cela. Ah, elle l'embrouillait ! Il fronça les sourcils, contrarié à l'idée de réfléchir autant. Hotaru ne réfléchissait pas. Il agissait. A la limite, il agissait, et réfléchissait plus tard. Mais c'était lors de grandes occasions.

« Je pars demain. »

Il fut tiré de ses pensées par l'affirmation tranquille de la fille, et réalisa qu'ils étaient maintenant dans l'ascenseur.

« Hmm ? Où ça ? »

Elle ignora sa question.

« Je serai revenue d'ici trois jours. Si cela te tente, Muramasa-san acceptera probablement que tu prennes quelques missions en solo pour passer le temps.

-Tu vas visiter la tombe de ton frère ? »

Elle se tourna brusquement vers lui, visiblement surprise.

« Comment est-ce que tu—Ah. C'est de cela que t'as parlé Sakuya-san, n'est-ce pas ? »

Il hocha la tête de manière absente.

« J'aurais dû m'en douter. Vraiment, parler de Nii-chan à toi, de toutes les personnes à choisir ? »

Il ne voyait vraiment pas le problème. Et il avait même pris le temps d'écouter tout ce qu'elle lui avait dit. Ce qui relevait de l'exploit, au vu de son temps d'attention ne dépassant pas les trente secondes.

« Bref, tout cela pour dire que je vais te confier l'appartement pendant trois petites journées. Tu te sens capable de le garder en bon état pendant mon absence ? »

Rester seul. Pendant trois jours. Il se demanda pourquoi sa déclaration ne l'enchantait pas autant qu'avant.

« Peut-être devrais-je demander à Kyo de rester avec toi… Non, Akira-san sera sans doute mieux. Il est plus responsable. Et son Gift devrait t'empêcher de—

-Je n'ai besoin de personne. »

Elle haussa un sourcil face à son air contrarié.

« Écoute, Hotaru. Ce n'est pas que je ne te fais pas confiance… »

Elle s'interrompit un instant, à la recherche de ses mots, avant de reprendre avec un sourire.

« Non, en fait, je ne te fais absolument pas confiance en ce qui concerne mon appartement que j'ai acheté avec mon argent. Argent que j'ai économisé pendant un certain temps et que j'ai travaillé dur pour gagner. Alors, ne fais pas l'enfant, d'accord ?

-Je ne veux pas. »

Le sourire de la fille devint éblouissant.

« Pardon ?

-J'ai dit que je ne voulais pas.

-Hotaru… »

Ah. Son ton était devenu menaçant. Malheureusement, il était aussi têtu qu'elle.

« Je. Ne. Veux. Pas. »

Il crut entendre les doigts de la fille craquer.

« Et je ne veux pas te laisser tout seul chez nous.

-Je n'ai qu'à venir, alors.

-Quoi ? »

Il n'élabora pas.

« Tu veux venir avec moi ? Visiter la tombe de Nii-chan ? Tu plaisantes ? »

Elle se demanda ce qui la retenait de le frapper. Oh, c'était vrai. Il esquiverait, ce sombre imbécile.

« Donne-moi une seule bonne raison de t'emmener, Hotaru. »

Il tourna légèrement la tête vers elle, et lui sortit un argument de taille avec un certain aplomb.

« L'appartement combiné à mon Gift. »

Il n'était quand même pas en train de lui faire du chantage ? Et au vu de la manière dont il se tenait un peu plus droit, il était fier de ce qu'il venait de dire ! Elle inspira profondément. Se calmer, il fallait se calmer, son imbécile de partenaire ne venait pas de découvrir qu'il avait assez de neurones pour être capable de faire une telle chose que du chantage, tout allait bien, le ciel était bleu, elle n'était absolument en train de céder audit chantage, compter jusqu'à dix, énumérer les différentes façons de le descendre et de cacher le corps, ne pas accepter—

« D'accord. Tu as gagné. Tu viens avec moi. »

Elle fit semblant de ne pas voir son expression devenir triomphante, et le maudit intérieurement. Les quelques jours paisibles où elle comptait se recueillir semblaient maintenant tellement, tellement lointains.

[&-((Y&H))-&]

« Tu vas vider la réserve de saké que je garde pour tes visites, si tu continues ainsi. »

Il l'ignora, et porta de nouveau le verre à ses lèvres. Yuya était assise en face de lui, ses doigts tapant de manière absente contre le verre de la table basse.

« Tu bois trop, Kyo. »

Toujours pas de réponse.

« Est-ce que tu es au moins conscient du prix de la bouteille, et du joyeux trou que cela fait dans mes économies ? »

Il daigna finalement porter son attention sur elle, plus amusé par son agacement qu'autre chose.

« Tu n'as qu'à arrêter d'en acheter, dans ce cas.

-Pour que tu piques une crise lorsque tu viens t'imposer chez moi ? J'ai déjà donné, merci bien. »

Elle disait cela comme si elle craignait ses critiques. Si elle ressentait réellement cela comme une obligation, elle ne prendrait jamais le temps de choisir du saké d'aussi bonne qualité, ni de prendre celui qu'elle savait être son préféré. Cependant, elle ressentait le besoin de sauver les apparences, et il la laissait faire. Après tout, tout le monde avait sa fierté.

« Tu pars demain… ?

-Aww, Kyo, je sais que je vais te manquer ! Tu devrais vraiment être plus franc ! »

Son ton était léger, mais il n'était pas dupe.

« Ça ira ? »

Elle ne répondit pas tout de suite, et le silence lui parut terriblement long.

« Je… suppose, oui. »

Ses grands yeux verts s'étaient assombris, et il regretta presque d'avoir amené un tel sujet. Il se demanda combien de temps cela prendrait, avant qu'elle ne guérisse complètement de cette vieille blessure.

« Ne sois pas si hésitante. Cela ne te ressemble pas, planche à pain. »

Comme prévu, l'explosion de colère arriva.

« Kyo ! Je t'ai déjà d'arrêter de m'appeler ainsi ! C'est vrai que je ne peux pas faire concurrence à Okuni, ou Mahiro—

-C'est sûr, tu en es très loin.

-Vas-y, rajoutes-en une couche ! Mais qu'est-ce que vous avez tous ? Vous avez décidé de me pourrir la journée ? Entre l'un qui ne peut pas s'empêcher de faire des réflexions sur ma poitrine – tout à fait normale, soit dit en passant – et l'autre qui a décidé de se taper l'incruste en me menaçant, cela devient vraiment insupportable ! Vous n'êtes qu'une bande de—

-Qui t'a menacé ? »

Ah. Elle n'aurait peut-être pas dû parler de cela. En même temps, ce n'était pas non plus comme si elle devait le cacher. Et puis, de toute façon, elle était trop en colère pour vraiment prêter attention au fait que la voix de Kyo était soudainement devenue menaçante, ou même que sa forme s'était visiblement tendue, ou que— bref, qu'il était en phase de devenir dangereux. Parce qu'elle s'appelait Yuya Shiina, que l'homme en face d'elle pouvait péter les plombs autant qu'il voulait, cela restait un fait établi qu'elle était celle qui criait le plus fort. Ha !

« Oh, ne change pas le sujet ! Déjà que ta sale habitude de m'appeler par ce stupide surnom – totalement injustifié, d'ailleurs – m'agace profondément, tu ne vas pas en plus m'empêcher de te passer un savon ! C'est quoi, ce monde de fous où on peut même plus—

-Je t'ai posé une question, planche à pain.

-Et je t'ai dit de me laisser t'engueuler comme il se doi— Hey ! Tu recommences ! Je te jure que je vais finir par—

-Tu cries trop fort. »

Qu'est-ce que… ? Elle se retourna pour voir le nouvel arrivant, appuyé nonchalamment contre l'embrasure de sa chambre. Quand est-ce qu'il était arrivé là, celui-là ?

« Hotaru, ce n'est vraiment pas le moment ! Tu en as déjà fait assez aujourd'hui ! »

Il fit un mouvement imperceptible de la tête, et elle savait très bien ce que cela signifiait. Il ne voyait pas à quoi elle faisait référence. Elle saisit brusquement une des bouteilles vides de saké (grâce aux efforts de ce cher Kyo), et s'apprêta à la lancer—

« Je vais la rattraper, tu sais. »

Elle stoppa son geste. Il marquait un point. Décidément, il avait vraiment décidé de détruire sa vie. Si on ne lui laissait même plus le plaisir de balancer des objets à la figure de ceux qui l'agaçaient, que lui restait-il pour rendre sa journée meilleure ? Le monde était décidément bien cruel avec elle. Elle reposa la bouteille en un mouvement brusque.

« Je vous déteste. Tous les deux. Malheur à vous et votre maison ! »

Un court silence.

« J'habite avec toi.

-Vu le temps que je passe ici, on peut presque dire que c'est ma maison.

-… Vous êtes des monstres. »

Les deux l'ignorèrent superbement, et Hotaru se décida à venir s'asseoir à la table basse, aux côtés de la jeune femme. Elle se servit un verre de saké (avec la troisième bouteille qu'elle avait sorti d'avance), tandis que Kyo dévisageait le nouveau venu d'un œil désintéressé.

« Tu ne retournes pas te coucher ?

-Je n'y arriverai plus, maintenant. »

Merveilleux ! Elle avait non plus un, mais deux idiots horripilants ! Elle ravala un soupir.

« Alors ? Qui t'a menacé ? »

Et bien sûr, Kyo n'avait pas la décence d'oublier ce détail insignifiant. Ce qu'il pouvait être agaçant ! Elle désigna de son pouce l'homme qui se trouvait à ses côtés, qui sembla surpris. Du moins, aussi surpris qu'un Hotaru à moitié réveillé pouvait avoir l'air.

« …Je t'ai menacé ?

-Oui, Hotaru. Tu m'as fait du chantage, plus exactement.

-Ah. »

Cela ne sembla pas le choquer tant que cela.

« Oui, et grâce à cette merveilleuse initiative de ta part, j'ai dû me taper la paperasse supplémentaire concernant tes congés ! Sachant que c'est pour demain, je trouve cela—

-Il vient avec toi ?

-Ça te tuerait de me laisser finir mes phrases, pour changer ? Tout le monde ne fait pas d'économie de mots, tu sa—

-Tu y as toujours été seule.

-Oui, merci, je suis au cou—

-Pourquoi lui ?

-Peut-être que si tu me laissais finir mes—

-Parce que je lui ai demandé.

-Comment ça, demander ? Tu m'as carrément forcé la mai—

-C'est vrai, planche à pain ?

-Non mais je rêve ! Tu préfères sa version à lui ! Et c'est si dur que cela de m'écouter jusqu'au bout sans m'interrom—

-Réponds aux questions au lieu de t'indigner inutilement. »

Apparemment oui. Écouter ses phrases jusqu'au bout nécessitait plus d'efforts à Kyo qu'il ne daignait en fournir. Elle inspira profondément, tentant désespérément de ne pas laisser la colère la submerger. Ce qui était particulièrement difficile en cet instant. Elle allait vraiment finir par croire que les deux hommes en sa compagnie ne vivaient que pour la tourmenter !

« Bien, reprenons. Hotaru vient avec moi visiter la tombe de mon frère, suite à certaines circonstances. Fin de la discussion. »

Mon Dieu, elle avait réussi à placer trois phrases entières sans être interrompue ! Miracle !

« …Je vois. »

Kyo semblait étrangement calme après sa déclaration. Elle ignorait pourquoi, mais elle s'attendait à une réaction plus…explosive. Ce fut alors qu'elle s'aperçut de ce qu'il avait sorti de la poche de son jean.

« Kyo, qu'est-ce que tu fais avec ce portable ? »

Un sourire carnassier vint étirer ses lèvres.

« J'appelle Sanada. »

Le nom maudit !

« Et je peux savoir pourquoi… ?

-Voyons, planche à pain. Tu l'as autorisé lui à venir, pourquoi pas d'autres personnes ?

-Mais enfin, tu n'y penses pas ! On ne va pas tous poser nos congés en même temps ! Et le délai est trop court, Muramasa-san ne voudra jamais—

-Oh, ne t'inquiète pas. Je suis persuadé qu'il encouragera une telle initiative de notre part. Après tout, resserrer les liens entres les chasseurs de prime ne fait jamais de mal, n'est-ce pas ? »

Kyo était donc en mesure de parler aussi longtemps ! Puis elle réalisa toute l'implication de ses dires. Il voulait que le joyeux groupe d'amis qui s'était formé pendant toutes ces années se rende avec elle sur la tombe de son frère ? Cette bande d'alcooliques bourrins ? Cela ne pouvait que virer au drame ! Pourquoi elle ? Pourquoi ? N'avait-elle pas fait assez de bonnes choses dans sa vie ?

« Allô, Sanada ? »

C'était officiel. Yuya Shiina était maudite.