A/N: ...Je suis actuellement au bord des larmes et de la crise de nerf, car je venais de répondre à toutes les reviews, et de faire ma petite note d'auteur habituelle, lorsque ce merveilleux site qu'est ffnet a planté, et m'a donc perdu tout ce que je venais de taper. Ô joie. -.-' Non, non, je n'ai pas du tout envie de me rouler par terre en m'arrachant les cheveux. Enfin, le cri de désespoir que j'ai lancé lorsque c'est arrivé m'a déjà valu un regard inquiet de la part du pote assis à côté de moi. Je crois qu'il n'est pas nécessaire d'en rajouter.

Alors, comme je le disais auparavant avec que ce p***** de site m**** décide de faire grève, j'ai longtemps hésité à publier ce chapitre, parce que je ne trouvais pas la deuxième partie très bonne, et que j'avais un doute sur le comportement des personnages, et s'il était oui ou non logique et restait bien dans leur personnalité. Bref, gros doute, et envie de réécrire. J'ai fini par faire lire le chapitre à une amie qui m'a conseillé de le publier, et qu'il n'y avait absolument pas de problème avec celui-ci. Donc, si vous avez des plaintes, je vous passerai son adresse mail, hein. (non, non, je ne fuis pas du tout la responsabilité)

Sinon, j'espère avoir fini un one-shot Hotaru x Yuya spécial Halloween pour demain, mais je ne suis pas sûre qu'il sera fini à temps. N'hésitez néanmoins pas à surveiller vos écrans demain ! x)

Chibi-yuya: Ha, quel beau compliment ! Je suis imprévisible ! \o/ Yuya a au moins droit à une victoire à son actif contre le diabolique Yukimura ! C'est l'héroïne, tout de même~ Je suis contente que tu trouves la jalousie de Kyo drôle, vu que je crains toujours un jet de tomate de la part des fans du Kyo x Yuya lorsque les sentiments de Kyo ressortent, vu qu'on sait très bien qu'il ne finira pas avec l'adorable Yuya. Je crois que je vais préparer le bouclier pour ce chapitre-ci, d'ailleurs. x)

Bloody Kyo: Eh oui, il m'arrive de me bouger les fesses pour mettre un jour cette fanfiction~ Je suis rassurée de voir que ça te fait autant rire, parce que j'avoue avoir toujours l'impression de pas mettre assez d'humour dans mes fics, et je suis terrifiée à l'idée que cela devienne ennuyeux. Merci pour tes encouragements, fan super accro ! o/

Tsume-en-force: Tu as trouvé que ce chapitre était une mise à mort à cause des sentiments de Kyo! Attends de voir ce chapitre-ci ! x) Non, repose cette tomate ! Pose-là lentement à terre- pose-là-non, non, NOOON ! ...Hem. Je vais arrête de partir en délire toute seule. Une (grande?) avancée dans la relation Hotaru x Yuya dans ce chapitre-ci, bien que rien de concret. Il faudra attendre encore un peu pour cela au vu des caractères de nos deux petits chasseurs de primes favoris~

Yachiru-chan92: Eh oui, Yuya reste fidèlement dans son personnage en étant la plus forte~ ;)

Ayaka Kurenai: Ah, je suis contente que tu aies aimé la scène du cimetière, et que Ho-chan soit dans son personnage, parce que j'avais quelques doutes concernant ce fait lorsque je l'ai écrite~ Me voilà donc rassurée ! o/ Et voilà un chapitre de plus pour que tu continues de te plonger dans cette histoire~

Lauwwene: Merci, voilà la suite ! :)

Bonne lecture ! :)


Yuya Shiina commençait sérieusement à détester les jours de pluie. La haine qui s'installait lentement mais sûrement face aux jours pluvieux n'avait en fait rien à voir avec ladite pluie. A vrai dire, même s'il était vrai que la pluie était incommodante et pas vraiment agréable, elle n'y avait jamais réellement voué de sentiment négatif.

Ce qui n'était pas le cas de son partenaire.

Son foutu partenaire, Hotaru.

Il avait boudé (vraiment, il n'y avait pas de meilleur mot pour décrire son attitude) toute la journée, s'enfermant dans le silence tout en dégageant une aura meurtrière. Non pas que cela changeait réellement de d'habitude, mais le fait de vivre avec lui et de le supporter quasiment chaque heure de sa triste vie lui avait appris à discerner ses nuances d'humeur. Chose qu'elle regrettait amèrement ces derniers temps, et plus particulièrement aujourd'hui.

Et, bien sûr, comme si cela ne suffisait pas, il n'avait rien trouvé de mieux que de se venger sur les criminels qu'ils avaient joyeusement poursuivis dans la journée. Certes, cela n'était pas forcément un mal en soi. Sauf que devoir sauver lesdits criminels d'une mort lente et douloureuse n'était pas vraiment la manière dont elle voyait son travail. Elle avait été à deux doigts d'étrangler son partenaire, l'agacement qui la parcourait l'encourageant à imaginer son visage envahi par la souffrance tandis que ses doigts se resserraient autour de son cou fin—

Mais cela ne resterait qu'un scénario ô combien jouissif qui devrait se contenter de se terrer dans les recoins sombres de sa tortueuse imagination. Apparemment, le fait d'avoir un partenaire incluait le fait que ledit partenaire était supposé rester en bonne santé.

Quel dommage.

Les actions irréfléchies d'Hotaru avaient rendus la rédaction des rapports de la journée plus longue, ce qui expliquait pourquoi elle était actuellement enfermée dans son bureau dans la compagnie au lieu d'être tranquillement affalée sur son canapé avec une tasse fumante de thé à la main tout en regardant d'un œil bovin et inintéressé les inepties qu'affichait non-stop la télévision. Elle avait donc conseillé— d'accord, ordonné – à son cher partenaire de rentrer chez eux sans elle. Il fallait dire que la pensée d'inciter Hotaru à l'aider lui avait traversé l'esprit, mais elle avait l'étrange intuition que ses tentatives de l'aider, au vu de son temps d'attention ô combien limité, ne résulterait qu'à l'envie de lui faire avaler la paperasse tout en espérant qu'il s'étouffe avec. Ce ne serait donc qu'une perte de temps qui augmenterait sa tension déjà trop élevée ces dernières semaines, et risquer sa santé dans le vain espoir que ce sombre imbécile se rende utile.

Autant dire que lorsqu'elle eut fini, l'obscurité était déjà tombée.

Pour ne rien gâcher, il pleuvait toujours.

Elle sortit de l'immeuble en ravalant un soupir, et ouvrit son parapluie d'un geste sec. Elle ne fit que quelques mètres avant qu'un léger, léger détail attire son attention. Quelqu'un était accroupi devant ce qui semblait être une boîte en carton. Elle ne mit que quelques secondes de plus à réaliser que, oui, c'était bien Hotaru. Et, bien sûr, étant une personne très logique qui apparemment détestait la pluie, il n'avait pas de parapluie. Elle s'approcha à pas lents, l'agacement qui s'était effacé sous l'effet soporifique de la paperasse refaisant surface.

« Qu'est-ce que tu fais ? »

Il leva la tête vers elle, ses cheveux collés à son visage sous l'effet de la pluie battante. Ses vêtements étaient également trempés.

« Tu es déjà sortie ? »

Elle leva les yeux au ciel.

« Déjà ? Je te signale que cela fait au moins deux bonnes heures que je t'ai dit de rentrer ! »

Il sembla vaguement surpris.

« Ah oui… ? »

Oui, crétin incapable ! Elle s'apprêtait à lui formuler de manière délicate le fond de sa pensée, notamment sur le fait de rester sous la pluie pendant deux heures en n'ayant rien pour se protéger, mais un aboiement faible la coupa dans son élan. Qu'est-ce que… ? Elle baissa les yeux vers le carton qu'elle avait auparavant ignoré. Dedans se trouvait un chiot blanc, tremblant dans le froid ambiant. Hotaru remarqua sur quoi son attention s'était portée.

« Il a été abandonné. »

Oh, vraiment ? Elle ne s'en doutait absolument pas. Après tout, c'était une pratique tout à fait courante de laisser son chien geler dans le froid avec pour seule protection un carton !

« …Et tu comptais le regarder encore longtemps ?

-Je lui tenais compagnie.

-C'est vraiment irresponsable de ta part. Soit tu le prends avec toi, soit tu continues ton chemin. Si ce n'est que pour t'amuser avec quelques heures et le laisser dépérir après, tu ne vaux pas mieux que ses propriétaires. »

Il l'observa quelques minutes, et elle attendit patiemment qu'il lui réponde.

« Pourquoi l'ont-ils abandonnés ? »

Sa question soudaine la surprit.

« Peut-être n'avaient-ils pas assez d'argent pour s'en occuper, ou peut-être n'en avaient-ils tout simplement pas envie. Qui sait ? »

Elle le dévisagea, et s'aperçut que sa réponse ne lui apportait pas vraiment satisfaction. Elle se rendit également compte qu'il avait l'air étrangement perdu, comme s'il se retrouvait devant un problème auquel il n'y avait pas de solution. Elle soupira.

« Tiens-moi ça. »

Il prit par réflexe le parapluie qu'elle lui fourra dans la main, examinant curieusement le moindre de ses gestes. Elle saisit le chiot, et ouvrit son manteau afin de le caler à l'intérieur, espérant ainsi réchauffer son petit corps grelottant. Elle sentit la question silencieuse de son partenaire.

« Avec toutes les personnes que je connais, il serait fort étonnant qu'il n'y en ait pas une qui ait envie d'un petit compagnon à quatre pattes. En attendant, il vient avec nous. »

Hotaru se releva, et elle se mit à ses côtés sous le parapluie. Ils commencèrent à marcher, leurs pas se synchronisant presque automatiquement.

« Pourquoi ? »

Elle pouvait probablement lui donner un tas de raisons : le fait qu'elle ne pouvait pas laisser un animal ainsi, que c'était mal d'abandonner un petit être qui avait visiblement besoin d'aide, qu'elle savait déjà que Sasuke se ferait une joie d'accueillir un chien, lui qui aimait tant les animaux—

Elle se contenta de dire une simple vérité.

« Parce qu'on aurait dit que tu étais celui qui avait été abandonné. »

Il sembla soudainement pensif.

« Ah. Ça veut dire que si tu m'avais trouvé dans un carton, tu m'aurais ramené chez toi ? »

Elle esquissa un sourire face à l'image que ses mots évoquèrent.

« Je ne suis pas certaine que tu aurais trouvé un carton assez grand pour toi.

-Hmm, je suis sûr que si.

-Vraiment ?

-Vraiment. »

Elle retint un rire devant son air déterminé, et se dit que, si elle l'avait trouvé dans un carton et l'avait ramené chez elle, peut-être que cela n'aurait pas été une mauvaise chose.

[&-((Y&H))-&]

Alors que Yuya et Hotaru étaient dans le couloir de l'immeuble où se trouvait leur appartement, ils entendirent des rires joyeux. La jeune femme mit cela sur le compte d'un de ses voisins qui avait probablement organisé une soirée sans avertir personne au préalable. Pratique agaçant, mais ô combien courante. C'était vrai, pourquoi prévenir l'étage qu'on allait leur pourrir la vie en chantant faux sur des musiques qu'on allait se faire une joie de mettre anormalement fort ? Cela gâchait tout le fun, vraiment.

Elle soupira, et se contenta de se dépêcher, avec pour seule envie de se changer, et de prendre une douche. Bien sûr, il faudrait qu'elle s'occupe du chiot avant tout cela— attendez. Pourquoi les rires crétins venaient de son appartement ? Elle n'avait absolument rien prévu ce soir, et elle doutait sincèrement qu'Hotaru avait assez d'intérêt dans les relations sociales pour que la simple idée d'organiser un tel événement lui traverse l'esprit. Elle lui lança néanmoins un regard interrogateur, et il haussa les épaules. Apparemment, il était tout autant dans l'ignorance qu'elle.

Et puis, à part elle et son partenaire crétin, qui avait les clés de chez eux ? Ce n'était pas comme si elle avait une distribution des doubles de ses clés, et personne ne serait assez suicidaire pour se risquer à crocheter sa serrure pour lui faire ce genre de plan douteux. Ah, il était vrai que Kyo avait un double des clés, vu son statut de squatteur officiel—

…Kyo.

Non, il n'aurait pas osé.

Il n'aurait pas osé.

On parlait de Kyo, l'alcoolique invétéré qui passait son temps à l'appeler par ce surnom stupide et ô combien rageant, qui lui vidait ses réserves de saké avec une joie apparente, qui lui avait déjà pourri la vie en invitant toute la populace qu'il connaissait alors qu'elle rendait visite à la tombe de son frère—

Elle réalisa qu'il en était parfaitement capable.

« Je vais le tuer ! »

Elle ignora le regard curieux d'Hotaru, et ouvrit avec fracas la porte d'entrée, ses pas rageurs la menant au salon avec une rapidité qui en aurait impressionné plus d'un.

« Ah, le doux son de l'arrivée d'une jeune femme délicate !

-Ce n'est vraiment pas le moment pour tes plaisanteries douteuses, Yukimura-san ! »

Bien sûr que Yukimura était là. Une beuverie sans lui n'était tout simplement pas imaginable. Elle parcourut des yeux la pièce, cherchant l'instigateur de cette soirée improvisée chez elle tout en imaginant le meilleur scénario afin de lui infliger la punition la plus douloureuse possible. Tigre Rouge semblait apparemment heureux de la voir, Sasuke leva les yeux quelques secondes de sa console de jeu pour la dévisager, Akari la salua d'un signe de la main joyeux, Akira se plaqua un peu plus contre le mur, comme s'il tentait de ne faire plus qu'un avec celui-ci, Bonten était apparemment très amusé par son expression de colère car il s'empressa de rire, et Kyo était à moitié allongé sur le canapé, une bouteille de saké à la main, comme s'il en avait le droit.

Elle s'approcha de lui, saisit son bras et le traîna jusqu'à sa chambre, non sans claquer la porte.

« Je peux savoir ce que ça signifie ? »

Il l'observa de ses yeux écarlates, un sourire moqueur étirant ses lèvres.

« Tu rentres bien tard, planche à pain.

-Oui, et je découvre que mon appartement a été envahi par des ivrognes ! Quelle surprise, n'est-ce pas ?

-Tu n'as qu'à boire et te détendre. Tu en as probablement besoin—

-Oui, exactement ! J'en ai besoin ! A vrai dire, c'était exactement ce que je comptais faire ! Mais voilà, je rentre tranquillement chez moi, et au lieu de me retrouver au calme, tout le monde est ici comme si c'était la chose la plus naturelle au monde ! C'est quoi, ton problème ? Tu ne pouvais pas faire ça chez toi ?

-Ton appartement était plus proche.

-La belle affaire ! Mais comme tu l'as si bien fait remarquer, c'est mon appartement !

-Ne sois pas si coincée, planche à pain. Ce n'est pas comme si c'était la première fois—

-Justement ! C'est le problème ! Je te laisse déjà venir ici quand tu veux ! Ce n'est pas suffisant, c'est ça ? Tu te sens obligé de ramener tous les gens que tu trouves en plus ? Ce n'est pas un hôtel, bon sang !

-Calme-toi—

-Non ! Je n'ai pas envie de me calmer ! Pourquoi je devrai me calmer alors que— »

Avant qu'elle n'ait le temps de réagir, elle était plaquée contre le mur, ses poignets emprisonnés par ses mains.

« Je t'ai dit de te calmer, Yuya. »

Sa voix était basse, un simple murmure.

« Oh, tu peux prendre ton air sérieux autant que tu le veux, cela ne change pas le fait que tu es en to— »

Un jappement interrompit la tirade coléreuse qui allait s'échapper de ses lèvres. Il baissa les yeux lentement, et l'une de ses mains lâcha la prise que celle-ci maintenait sur son poignet pour saisir la boule de poils qui venait de rappeler sa présence.

« …Ne me dis pas que tu en as encore ramassé un.

-Je ne l'ai pas exactement ramassé. Il est…euh, venu à moi ? »

Puis elle se ressaisit.

« Et ne change pas de sujet ! Je suis toujours en colère contre toi ! »

Il haussa un sourcil.

« Comme c'est terrifiant. »

La porte s'ouvrit, laissant apparaître la tête d'Hotaru. Il les fixa quelques instants sans ciller, et elle haussa un sourcil, se demandant ce qu'il y avait de si intéressant à regarder. Elle était simplement en train de discuter avec Kyo, leurs corps quasiment plaqués l'un contre l'autre, tandis qu'une de ses mains bloquait son poignet contre le mur, et qu'il tenait de l'autre un chiot qui remuait joyeusement la queue.

Vraiment, c'était une situation tout à fait normale.

Alors qu'elle s'apprêtait à faire remarquer à son partenaire que dévisager les gens aussi longtemps était particulièrement malpoli, sans parler du fait d'interrompre une dispute—hem, une conversation civilisée entre deux personnes matures, Sasuke apparut à son tour, et s'empressa de saisir le chiot, tout en prenant soin de ne pas paraître trop impatient. Bien sûr, il échoua lamentablement.

« Je suppose qu'il est pour moi, Nee-san ? »

Elle hocha la tête, un sourire involontaire étirant ses lèvres face à l'attitude froide qu'il essayait de maintenir.

« Mais comment as-tu su que—

-Je l'ai entendu. Du coup, je suis venu voir. »

Et avant qu'elle n'ait le temps de réagir, il était reparti dans la pièce d'à côté, serrant contre son torse l'animal et grommelant à propos des grelottements qui secouaient le petit être.

Son attention se porta de nouveau sur Hotaru, qui s'était avancé dans la pièce, affichant clairement une mine renfrognée. Elle pencha légèrement la tête, curieuse quant à la raison de cette réaction. Après tout, son partenaire avait pour habitude de ne montrer ses émotions qu'au compte-goutte, et de manière plutôt subtile. Pourtant, il avait les sourcils froncés et ne cachait nullement sa contrariété. Mon Dieu, elle espérait qu'il n'allait pas avoir une crampe, à ainsi utiliser les muscles de son visage alors qu'il n'en avait pas l'habitude ! Il s'approcha, et saisit brusquement le poignet que Kyo avait libéré quelques instants auparavant pour saisir le chiot.

Maintenant, elle n'avait plus un imbécile qui la bloquait contre un mur, mais bien deux.

« Qu'est-ce que tu—

-Il a le droit, lui. »

Elle resta bouche bée, complètement effarée. Mais qu'est-ce qu'il disait, cet abruti fini ? Kyo émit un ricanement amusé.

« Qu'est-ce qui te prends, l'alcoolique de service ? »

En réponse à ses mots emplis de gentillesse, il se pencha vers elle, son sourire amusé ne quittant pas ses lèvres. Elle frissonna en sentant son souffle chaud contre son oreille.

« Tu ne comprends pas, planche à pain ? »

Elle ne rétorqua pas face à son insulte, la manière dont il l'avait dit de sa voix grave court-circuitant momentanément le fonctionnement de son cerveau.

« Ton partenaire est jaloux— »

Elle sentit l'emprise d'Hotaru se resserrer sur son poignet innocent.

« —de moi. »

Il se releva lentement, prenant bien soin d'effleurer sa joue de ses lèvres. Elle le dévisagea, ses joues prenant une teinte rosée. Ses deux mains n'auraient-elles pas été bloquées, elle aurait probablement porté ses doigts à l'endroit qu'il venait de toucher, trop surprise pour réellement croire ce qu'il venait de se passer. Kyo lâcha son poignet, apparemment satisfait de sa réaction, et quitta la chambre, non sans adresser un regard dédaigneux à son partenaire avant de partir. Hotaru se fit une joie de lui rendre, d'ailleurs.

« Je n'aime pas ça. »

Yuya ne réagit pas. Le choc de voir Kyo, l'ivrogne de service, le crétin qui lui pourrissait la vie, celui pour qui son malheur était une source de bonheur, soudainement se comporter comme un gigolo dont la seule envie était qu'elle lui saute dessus pour qu'il ait droit à son pourboire était un brin trop perturbant pour elle. Elle avait vu beaucoup de choses étranges, mais là… C'était trop. Et depuis quand était-il capable d'avoir une voix comme cela, qui l'empêchait de réfléchir correctement ? C'était complètement invraisemblable ! Elle n'avait jamais faibli face à lui, et il ne lui avait jamais fait peur, alors pourquoi n'avait-elle pu s'empêcher de trembler lorsqu'il n'avait fait que l'effleurer ? Cela n'avait pas de sens ! Elle était complètement perdue—

Hotaru abattit brusquement sa main juste à côté de sa tête, et elle sursauta.

« Je suis là. »

Elle l'observa distraitement.

« Je vois bien que tu es là, crétin.

-Ne fais pas comme si ce n'était pas le cas. Je n'aime pas ça. »

Oh. Monsieur piquait une crise parce qu'elle l'ignorait.

« Écoute, Hotaru. Je suis actuellement en état de choc et en pleine remise en question existentielle. Aurais-tu l'amabilité d'éviter de choisir de faire ta crise d'égocentrisme au même moment ? C'est particulièrement contreproductif. »

Il ne cilla pas face à sa réplique cinglante, et elle se dit que s'il continuait à froncer les sourcils de cette manière, cette expression allait s'inscrire de manière permanente sur son visage.

« Je n'aime pas ça. »

Elle eut la nette impression qu'il crachait ses mots, avant de se dire qu'il devrait vraiment changer de disque. Elle soupira.

« Qu'est-ce qui te déplaît tant que cela ?

-Lui. Ce qu'il a fait. »

Elle leva les yeux au ciel.

« C'est Kyo. Il plaisantait ! »

…Probablement.

Puis elle s'adoucit, songeant au fait qu'Hotaru était particulièrement maladroit avec ses émotions. Elle ne connaissait pas son passé, mais elle avait compris que rester avec des personnes était un concept étrange pour lui, et qu'il en avait très peu l'habitude. Ses interactions avec les autres étaient limitées, et elle était celle dont il s'était le plus rapproché. Il réagissait sans doute de cette manière parce qu'il n'avait pas l'habitude de partager, et qu'il avait peur d'être perdant si jamais elle favorisait Kyo par rapport à lui.

Elle songea de nouveau au chiot, et l'expression qu'Hotaru avait affichée lors de leur discussion. Elle porta sa main libre au visage de son partenaire.

« Je ne t'abandonnerai pas, Hotaru. »

Il sembla surpris, et sa prise sur elle se relâcha considérablement.

« Tu es important pour moi, comme Kyo. »

Elle préféra ignorer le fait que les actions de Kyo avaient été un peu plus qu'amicales, et que cela la troublait plus qu'elle ne daignait l'admettre.

« Il n'y a pas de raison que tu te sentes délaissé, d'accord ? »

Il ferma les yeux, se concentrant sur le contact de sa peau contre la sienne. C'était étrange, cette sérénité qui s'installait, et cette chaleur qui l'envahissait de plus en plus souvent en présence de la chasseuse de prime. Comment faisait-elle pour toujours prononcer ces mots qu'il n'était même pas conscient de vouloir entendre ? Quel était son secret ?

Il était important pour elle. Elle reconnaissait son existence, lui affirmait qu'il lui était nécessaire. Elle le disait si simplement, comme si c'était une évidence. Personne n'avait jamais énoncé de tels dires le concernant. Jamais. Il ne savait pas quoi faire, quoi dire face à cette femme déroutante qui semblait toujours être là pour lui affirmer des faits qui lui semblaient évidents avec honnêteté. Elle ne lui mentait pas, affichait toujours clairement ses sentiments. Elle n'avait pas d'arrière-pensée elle ne le trahirait pas, ne l'abandonnerait pas.

Il ignorait pourquoi, mais il en était convaincu.

Lui qui avait toujours douté de ceux qu'il rencontré, lui qui avait vécu avec la méfiance comme seule maîtresse de sa vie, lui qui avait été toujours indifférent au monde qui l'entourait, il réalisait soudainement que cette femme était en train de le changer. Sans même s'en rendre compte, elle s'infiltrait dans son esprit, et l'encourageait à lui faire confiance.

La confiance. Un mot banni, méprisé, mensonger. Mais avec elle, c'était différent. Pourquoi ? En quoi était-elle différente ? Qu'avait-elle de plus que ces autres ?

Il ouvrit les yeux, dévisagea ce visage plein de sincérité.

Il ne comprenait pas, et la frustration l'envahit.

« Pourquoi est-ce que je te croirai ? »

Il avait toujours été déçu. Il n'avait pas de raison de—

« Pourquoi ? »

Elle répéta le mot, visiblement pensive.

« Tu as besoin d'une raison pour me croire ? »

Il ne bougea pas d'un pouce, et réalisa dans un éclair de lucidité qu'il était extrêmement attentif au moindre mot qui pourrait s'échapper de ses lèvres. Il voulait savoir sa réponse, voulait savoir si ses mots lui apporteraient satisfaction, si elle était capable de continuer à nourrir cette chaleur dans sa poitrine qu'elle avait été capable de faire naître.

« Je ne t'abandonnerai pas, parce que tu es mon partenaire. Celui qui surveille mes arrières, mais surtout… »

Elle lui offrit un sourire.

« Celui à qui je confierai ma vie. »

Sept petits mots, une simple phrase, prononcés d'une voix calme et assurée.

Et juste comme cela, il la crut.