A/N: Bien le bonjour à la populace ! o/ Comment cela, je ne suis aucunement autorisée à vous saluer aussi joyeusement ? Non, vous ne m'en voudriez tout de même pas d'être aussi en retard dans la publication de cette fic? Non, vous n'êtes pas si rancunières que cela ? Je, je, je plaide l'innocence ! Ce n'est pas de ma fauuute ! A vrai dire, la première partie de ce chapitre était écrite depuis belle lurette, mais il s'avère que je manquais d'inspiration concernant la scène suivante, qui devait être bien plus drôle, histoire de ramener de l'humour. Heureusement que je passe mon temps à la machine à café lorsque je suis à la fac, ou cette scène n'aurait jamais vu le jour ! :'D

Donc, comme je le disais, une première partie plus sérieuse (l'amie à qui je fais lire mes chapitres avant de publier m'a regardé, la larme à l'oeil "Mais, mais, mais, c'est sérieux ?!"), car oui, un minimum d'histoire était déjà prévue depuis le début. A vrai dire, je n'ai pris le temps de songer à un semblant d'histoire que pour nourrir la relation Ho-chan x Yuya. u.u' Sinon, je m'en serait bien passé. Surtout que ça me complique la tache, vu qu'il va falloir que je ressasse un peu mes mangas pour vérifier les personnalités des "méchants", tout ça. Encore du boulot en perspective... ._.

Ah, et très franchement, Ho-chan ne sert que de figurant dans ce chapitre. :'D Heureusement que c'est l'un des protagonistes principaux !

Et merci à ceux/celles qui mettent en favori/alert, et également à celles qui prennent le temps de me laisser une review (et elles ont augmenté, j'en suis moi-même très surprise !)! C'est extrêmement gentil ! ^_^

Naliin: Hahaha, je te pardonne aisément maintenant que tu m'en as laissé une ! Cela fait chaud au cœur de voir que quelqu'un apprécie autant mes écrits, et jamais je ne te traiterais d'hystérique (après tout, je sais ce que c'est. ;D). Hmm, très franchement, je ne peux absolument pas garantir quand je prendrais le temps de me réattaquer à Chronique d'une Ninja, ou même quand Hellish Paradise sera fini, mais ce sont des encouragements comme les tiens qui m'aident à continuer ! ^_^ Merci beaucoup pour tes compliments, je suis heureuse que tu trouves tout cela réaliste et que les personnages soient respectés. Cela me fait extrêmement plaisir ! ^w^ Je sais bien que je suis un peu (beaucoup) en retard, mais voilà le chapitre que tu réclamais. Et s'il te tarde encore de lire la suite de cette histoire, tu peux toujours patienter en lisant Sweet Dreams, qui est une fic terminée que j'ai écrit dans l'univers d'Alice aux Pays des Merveilles (COUP DE PUB POWAAA !). ;D

Sheerley37: Merci beaucouuup ! =w= Je pense d'ailleurs que le fait que ce soit un si grand pas dans la relation des deux est ce qui m'a un peu coupé mon inspiration, car c'était justement un passage que j'avais énormément attendu et que je mourrais d'envie d'écrire. Et donc, une fois qu'il était écrit, c'était un peu "Mais que faire ensuite ?". Il est vrai que même si j'ai les grandes lignes de l'histoire, je peux me retrouver bloquée assez aisément si je n'ai pas la scène suivante en tête. Et c'est ce qui s'est un peu passé ces derniers temps. u_u' La prochaine rencontre entre Ho-chan et Shinrei n'est pas encore programmée, vu que j'hésite encore sur quelques points dans leur relation, et surtout quant à la réaction d'Ho-chan. Donc bon, j'y réfléchis et je verrais. ;D Ho-chan ? Interagir avec les autres ? Parlons-nous toujours de la même personne ? :'D Plus sérieusement, j'avoue que je ne m'embête pas trop avec ce côté-là, car pour l'instant, il est un peu limité à une seule personne, et c'est notre adorable Yuya. Il a des difficultés à s'ouvrir aux autres de manière générale, et je pense plus logique qu'il soit déjà trop occupé avec une personne pour songer à s'intéresser au reste de la bande. Concernant Yuya, il est vrai que j'ai exagéré son "mauvais" caractère principalement pour des raisons humoristiques. Du moins, au départ. Puis j'ai songé à son passé, au fait qu'elle est plus vieille dans cet univers que dans celui du manga (elle a à peine 16 ans dans le manga), et que s'entraîner afin de devenir une chasseuse de prime lui a également apporté une confiance en elle qu'elle n'a probablement pas dans l'univers original. Dans mon univers, elle sait d'où elle vient, ce qu'elle fait là, et pourquoi elle en est là. Je pense simplement qu'elle a une approche différente de celle du manga. Hmm, à vrai dire, je suis loin de détester la Yuya du manga, mais il est vrai que c'est un shonen, et que les rôles féminins sont toujours un peu mis au second plan... Mais il faut également songer qu'elle apporte quelque chose de différent, et qu'elle est un des liens principaux dans la bande. Donc voilà pour la réponse à ta review (je l'admets, je me suis un peu enflammée et la réponse est devenue plus longue que prévue). ^_^'

Fallonne54: Merchii ! Ah, il fallait bien qu'ils se séparent un peu pour que le rapprochement devienne un poil plus aisé. Mais très franchement, au vu du caractère d'Ho-chan, je pense que cela ne s'est pas si mal passé que cela. ;D Une psychologie particulière, tu trouves ? Oh, je ne sais pas. Il n'est pas si étrange que cela, quand on y songe vraiment. Ou alors, c'est moi qui devient de plus en plus bizarre à force de me mettre à sa place, ce qui est également possible. :'D Sinon, en relisant ta review, cela m'a rappelé que j'ai publié un nouveau one-shot dans Another Day in Wonderland, et que je n'ai eu aucune review. Je me sens abandonnée. T_T Et une bonne année 2013 à toi aussi (même s'il est un peu tard pour moi de te le souhaiter...) !

Bloody Kyo: Ho-chan ? Naïf ? Pff, je n'y crois point ! IL NOUS TROMPE AVEC SON AIR DE CRÉTIN, MAIS JE SAIS CE QU'IL EN EST ! Je suis certaine qu'il peut avoir l'esprit aussi déplacé que Yukimura, s'il a envie. C'est juste qu'il ne serait sans doute pas en mesure de faire des sous-entendus. Non, monsieur n'est pas assez subtil pour cela. :'D Encore merci d'avoir demandé de mes nouvelles, cela m'avait réellement touché. :) Et NON, Dieu n'est pas trop mégalomane. C'est parfait pour moi. ;D

Yachiru-chan92: Ah, je suis contente que cela t'ait fait rire ! ^_^ Si en plus, tu es d'accord avec Yuya, tout va pour le mieux ! ;D

Jinx: Merci beaucoup ! Eh bien, voilà la suite avec un peu de retard, mais elle est bien là ! o/

Lauwwene: Merci, et je dois avouer que c'est également l'un de mes préférés, sans doute celui que j'ai le plus travaillé pour l'instant. :) Ah, je suis contente que tu apprécies le changement de point de vue; je pense que c'était essentiel pour bien comprendre la situation et ce qui a poussé Ho-chan et Yuya à agir ainsi. Et bien sûr, terminer sur une bonne chute commence à devenir ma spécialité ! ;D

Tsume-en-force: Hahahaha, j'me sens super fière de provoquer des mini crises d'hystérie avec les répliques bien choisies d'Ho-chan ! x) Ah, je suis contente que tu aies pu imaginer convenablement la scène, cela veut dire que je n'ai point fait un trop mauvais travail. ;) Hmm, je pense qu'ils ont tous plus ou moins un passé peu sympathique, car malgré tout l'humour de la fic, je pense que se retrouver à risquer sa vie en courant après des criminels n'est pas vraiment une décision des plus facile (surtout quand on songe que ce n'est pas vraiment un choix pour les anciens criminels, puisque c'est cela ou se faire exécuter). Hmm, j'hésite encore sur le fait que Shinrei ait eu ou non un rôle à jouer quant à l'arrêt des tentatives d'assassinat contre Ho-chan. Dans cet univers-là, Hotaru a toujours été seul, et il n'a pas connu Yuan et sa famille. Je voulais vraiment que Yuya soit son premier véritable contact humain, celle qui lui ouvre les yeux sur tout ce qu'il peut partager avec les autres sans être pour autant blessé. D'ailleurs, en parlant de Yuan, il fait une apparition, mais absolument personne ne l'a remarqué. Si tu le trouves, je te dirai ce qu'il symbolise dans l'histoire. ;D

Ayaka Kurenai: C'est sûr que c'est une sacrée évolution ! Mais au risque de te décevoir, c'est plus d'un point de vue extérieur au deux, plus le vague développement d'une histoire. o/

Bonne lecture !


HELLISH PARADISE

Chapitre 15

Muramasa était en train de lire les divers rapports des chasseurs de prime lorsqu'elle arriva. Même plongé dans sa lecture, il détecta sa présence. Pourtant, elle n'avait quasiment fait aucun bruit, si ce n'est le claquement presque inaudible de la porte. C'était presque terrifiant, cette manière qu'elle avait de se faire passer pour un simple courant d'air. Il releva la tête et lui offrit un sourire.

« Okuni-san. »

Elle répondit à son salut par un hochement de tête gracieux.

« Comme c'est rare de vous voir en ces lieux. »

Elle prit appui contre l'une des armoires qui ornait son bureau, à mi-chemin entre la fenêtre et la porte, les deux seules issues de la pièce. Sa prudence (ou sa méfiance, selon le point de vue) était véritablement à toute épreuve. Il supposait que c'était grâce à cela qu'elle était encore en vie.

« Au vu de mon statut ces derniers temps, il ne serait pas vraiment apprécié que je sois aperçue ici. »

Les mots presque anodins et le ton badin qu'elle employait contredisaient sa posture crispée. Elle avait pris des risques en venant jusqu'ici, et tous deux le savaient.

« Quelles sont les nouvelles ?

-Oh, je crains qu'elles ne soient guère réjouissantes. »

Elle croisa les bras sur sa poitrine en un geste de protection, fait qu'il ne manqua pas. Elle n'était pas aussi sûre d'elle qu'elle souhaitait le faire croire.

« Ils ont commencé à bouger. »

Ses traits s'assombrirent.

« Il est en train de réunir ses partisans. »

En effet, ce n'était pas le genre d'informations qu'il désirait entendre.

« Une attaque est-elle planifiée contre nous ?

-Probablement. Cependant, j'ignore s'il compte s'en prendre directement aux chasseurs de prime, ou s'il préfèrera faire quelque chose de plus extrême en impliquant des civils. »

Elle eut un sourire amusé.

« Après tout, je ne suis pas encore dans ses petits papiers. Il est méfiant à mon égard. »

Ce qui était tout à fait compréhensible, en un sens. Avec le Gift qu'elle possédait, elle était bien souvent mise à part. Côtoyer quelqu'un capable de disséquer votre esprit n'était pas la démarche la plus rassurante qui soit.

« Je ne serai pas étonnée qu'il me fasse surveiller. Cependant, j'ignore s'il connaît mon affiliation avec la compagnie ou non. »

Même s'il était vrai que ce n'était pas un fait si connu que cela, ce n'était pas non plus un secret. Il y avait des chances qu'il le sache. Et si jamais c'était le cas, il n'était pas sûr de revoir l'informatrice en vie. Il était d'ailleurs relativement surpris qu'elle ait décidé de prendre de tels risques avec cette mission, alors que quelques années auparavant, elle n'aurait jamais pris une telle décision. Elle aurait simplement vendu ses informations au plus offrant, restant résolument neutre. Peut-être que côtoyer Kyo, Yuya et ceux réunis autour d'eux l'avait véritablement changée.

« Merci, Okuni-san.

-Oh, ne me remerciez pas; je n'ai quasiment rien à vous offrir. Je profite du fait que je ne suis pas encore trop impliquée; mon absence ne sera pas remarquée. Je ne suis pas certaine que je serai en mesure de vous communiquer ce que j'apprendrai plus tard. »

Il hocha la tête. Elle était dans une position délicate, devant évaluer d'elle-même les options qui s'offraient à elle, tout en espérant que les objectifs de sa mission ne viennent pas à l'encontre de son désir de rester en vie. Elle savait garder la tête froide, et il espérait que ses nerfs d'acier seraient véritablement capables de supporter la pression à laquelle elle était soumise. Elle n'avait pas choisi un chemin facile, et il savait parfaitement qu'elle prenait le risque d'une confrontation avec les chasseurs de prime, alors qu'elle serait délibérément dans le camp adverse. C'était une femme forte. Cependant, les regards accusateurs auxquels elle aurait probablement droit seront sans doute la plus difficile épreuve qu'elle aurait à affronter.

Il ferma les yeux, et pria pour que tout se déroule pour le mieux. Il n'aimait pas le fait qu'un affrontement s'annonçait, et encore moins qu'il perdrait probablement certains de ses éléments dans cette guérilla sanglante. Cependant, il n'avait d'autre choix que de les diriger, tout en restant en dehors des combats. Sa place était au commandement, et il savait pertinemment que mettre sa vie en danger ne ferait que porter un coup fatal au moral de la compagnie. Ses épaules s'affaissèrent légèrement, le poids de ses responsabilités l'écrasant.

Lorsqu'il rouvrit les yeux, Izumo no Okuni avait disparu.

[&-((Y&H))-&]

Yukimura Sanada était en chemin vers la machine à café. Bien sûr, c'était un fait qui n'avait rien d'exceptionnel en soi. Après tout, même si c'était un chasseur de prime, anciennement chef de mafia contrôlant une bonne partie de la ville, il restait un employé tout à fait normal pouvant avoir envie de caféine afin de se motiver à accomplir une journée où ses cibles semblaient n'avoir que pour seul objectif d'attenter à sa vie de manière plus ou moins inventive. Mais il fallait aussi dire qu'il préférait largement le thé au café, et qu'il visitait d'habitude Sakuya afin d'assouvir son besoin de ce délicieux liquide dont la jeune femme semblait avoir le secret. Cependant, celle-ci avait pris une journée de congé maladie; quelque chose en rapport avec un bureau ayant apparemment décidé de se mettre sur son chemin et de l'attaquer violemment, avant que l'agrafeuse ne se décide à lui tomber dessus afin de l'achever. Rien à voir avec sa maladresse légendaire, bien entendu. Cette suite d'événements relativement banals expliquant le pourquoi de son envie soudaine de café.

Cependant, il avait été surpris d'y trouver Yuya (encore une fois, rien d'exceptionnel à cela; elle pouvait être de fort méchante humeur sans ce précieux liquide, même s'il avait songé plus d'une fois qu'en boire autant ne pouvait que nuire à sa santé), Hotaru (rien de vraiment étonnant; trouver Yuya et Hotaru au même endroit en même temps ne semblait plus être une possibilité mais un fait) et Kyo (à vrai dire, l'homme ne semblait pas supporter autre chose que le saké, mais passer à la machine à café était devenu une habitude à partir du moment où il avait appris qu'une certaine chasseuse de prime y passait au moins cinq fois par jour; le pire dans l'histoire était sans doute qu'il se croyait subtil). Au risque de se répéter, la situation en elle-même était étrangement banale.

Du moins, jusqu'à ce qu'il remarque qu'Hotaru enlaçait la jeune femme (était avachi sur elle était sans doute un terme plus approprié; cependant, il restait un grand sensible et sa version était, il fallait l'avouer, un brin plus romantique et plaisante), et grande surprise, la chasseuse de prime ne semblait guère en colère (depuis combien de temps ne l'avait-il pas vu sans ses sourcils froncés ? Il avait d'ailleurs sérieusement commencé à songer que son expression était désormais figée de cette manière peu alléchante). Elle avait les pieds fermement plantés au sol, son gobelet en plastique entre les mains, visiblement dans l'espoir de les réchauffer, et pas la moindre gêne ne venait ternir son visage. Non, elle était aussi calme qu'un sage en pleine méditation. Ce qui relevait de l'exploit, au vu de l'aura meurtrière de Kyo, qui se tenait juste en face d'elle (c'était presque terrifiant, la manière dont elle était tellement habituée à le gérer dans ses crises de colère qu'il ne lui inspirait pas le moindre frisson, même lorsqu'il était furieux et qu'un être humain normalement constitué semblait perdre le contrôle de sa vessie en face de lui). Ses yeux étaient tellement plissés que seule une once de ses yeux rouges étaient visibles, et si la manière dont son gobelet était maintenu entre son poing quasiment fermé était un indicateur de ce qu'il aimerait faire à Hotaru, celui-ci serait sans doute réduit à l'état d'une bien sympathique crêpe.

Yukimura fut tenté d'arriver en demandant à l'ex numéro un du classement des chasseurs de prime s'il savait que le café était actuellement en train de couler sur ses doigts (cela devait être douloureux; les machines produisaient toujours un café brûlant, allez savoir pourquoi) et également sur le sol – si Muramasa apprenait que son adorable protégé était en train de ruiner la propriété de sa chère entreprise en salissant ainsi la précieuse moquette unie qu'il avait soigneusement choisi, celui-ci aurait le droit à un sermon très impressionnant. Et peut-être même battrait-il le record qu'il avait établi, qui était de quatre heures et cinquante-trois minutes, exactement. Il le savait, il avait été présent. Tout cela à cause d'une malheureuse farce incluant un placard, ainsi que Yuya et Akira à l'intérieur. Était-ce vraiment sa faute si le premier réflexe de Bonten et Kyo avait été de vouloir balancer ledit placard de la fenêtre en songeant que si c'était des intrus, ils résoudraient aisément le problème ? Même lui n'aurait pu prévoir une telle réaction ! –, mais il se retint, craignant que le rire qui menaçait de s'échapper de ses lèvres casse sa réplique, et son entrée théâtrale par le même coup.

Ce fut donc avec un sourire ravageur qu'il salua les trois personnes présentes, avant de se tourner vers la machine à café. Un silence de mort régnait, seul le bruit de la machine à café reprenant vie venant troubler l'insoutenable tension. Il ne pensait pas voir un jour un endroit normalement social et terriblement banal comme l'espace autour d'une machine à café se transformer en champ de bataille où les adversaires semblaient prêts à en découdre à la moindre provocation (enfin, surtout un, mais sa manière de voir les choses rendaient tout cela tellement plus excitant).

Devant tant de sentiments négatifs réprimés, il ne put faire que ce que toute personne censée et en pleine capacité de ses facultés mentales ferait.

« Oh, Yuya-san ! Je vois que ton partenaire et toi vous êtes terriblement rapprochés~ »

En rajouter une couche, bien entendu.

La jeune femme se contenta d'hausser un sourcil devant sa réplique, et il fit une mine boudeuse. Puis il entendit le bruit du gobelet dont la durée de vie semblait avoir d'autant plus rétrécie avec la phrase qu'il venait de prononcer, et il posa son regard sur Kyo, qui le dévisageait maintenant avec hargne. Ah, voilà ! Cela, c'était une réaction digne de ce nom !

« Qu'y a-t-il, Kyo ? »

Il prit son air le plus innocent, et eut même l'indécence de battre des cils. Cela n'eut pas tout à fait l'effet escompté (quoique…), les yeux de Kyo se plissant un peu plus (mon Dieu, voyait-il encore quelque chose ?).

« Des envies suicidaires, Sanada ? »

Oh, il savait encore s'exprimer ! Et il avait aligné quatre mots ! Ah, il se sentait presque ému devant tant de progrès de la part de l'asocial qu'était Kyo.

« Pas particulièrement, je le crains~ »

Il lui offrit un grand sourire, trop heureux de voir l'autre homme en être d'autant plus contrarié.

« Ne sois pas si inquiet pour Yuya-san, Kyo ! Après tout, elle est majeure et vaccinée, et tout à fait capable de choisir son partenaire~ Tes tendances surprotectrices de grand frère ne doivent pas l'empêcher d'avoir une vie amoureuse complète, n'est-ce pas ? »

Souligner l'impuissance de Kyo quant à la situation actuelle et lui rappeler qu'elle ne le considérait pas différemment de la joyeuse bande d'amis qui relevaient de la famille pour elle était terriblement amusant. C'était presque trop facile, dans la situation actuelle. Cependant, la jeune femme décida de ruiner son plaisir.

« …Quelle vie amoureuse ? »

Il eut envie de souligner qu'elle avait un homme appuyé contre elle, l'entourant de ses bras, la tête fourrée dans son cou et apparemment très satisfait d'être dans cette position.

« Tu n'as pas besoin de nous le cacher, Yuya-san ! Nous sommes comme une famille, n'est-ce pas ? »

Malheureusement, l'intervention précédente de la chasseuse de prime avait détendu quelque peu Kyo, même si son aura semblait toujours envoyer des ondes négatives.

« Dans ce cas, j'espère que tu relèves du cousin très, très lointain, Yukimura-san. Ou peut-être plus de la tante qui aime les ragots, et s'empresse de les partager avec qui veut bien les entendre. »

Il afficha un air blessé, un mouchoir apparaissant magiquement dans ses mains afin de tamponner ses yeux faussement larmoyants.

« Oh, tu étais une si gentille fille auparavant ! D'abord les sarcasmes, puis ce sera la révolte adolescente, la fugue, les mauvaises fréquentations, la drogue ! Ce n'est pas ainsi que nous t'avons élevé ! »

Le silence se fit après sa grande déclaration, les regards consternés de Yuya et Kyo étant bien plus forts que n'importe quelle parole qu'ils auraient pu prononcer.

Un grognement se fit entendre, et la prise d'Hotaru se resserra sur la jeune femme.

Au vu du retour des sourcils froncés de Kyo, celui-ci avait oublié sa présence, tout comme Yuya, qui sembla vaguement surprise par son action.

« Regarde-moi cela ! S'afficher ainsi en public alors que tu ne nous as même pas annoncé que c'était ton petit ami ! Vraiment, tu me déçois !

-…Tu joues terriblement bien la mère outrée. »

Il lui offrit un sourire éblouissant.

« Merci, Yuya-san.

-C'est fort dommage que ce genre de réplique date plus des années cinquante que de notre époque. C'est le choc des générations, je suppose. »

Yukimura manqua de s'étouffer avec le café qu'il avait finalement décidé de goûter, tandis qu'il entendit Kyo ricaner ouvertement. Il n'y avait pas à dire, la jeune femme traînait bien trop avec le petit Sasuke ! Elle le traitait de vieux (bien que plus subtilement que le garçon), aussi naturellement que si elle lui parlait du temps dehors ! Elle eut même le culot de lui offrir un léger sourire lorsqu'il la dévisagea, véritablement vexé.

Avant qu'il n'ait le temps de répliquer et de venger son égo bafoué par une jeune femme ayant apparemment développé son sens de la répartie sans qu'il ne le réalise, elle jeta un coup d'œil à sa montre.

« Bien que ce petit interlude ait été fort intéressant, je crains qu'Hotaru et moi ayons du travail devant nous. »

Elle jeta son gobelet désormais vide à la poubelle, et leur fit un preste signe de la main avant de les quitter. Ils l'observèrent tandis qu'Hotaru changea sa position et plaça seulement un bras autour de ses épaules, leurs corps restant terriblement proches. Pas un instant elle ne protesta, et ce fait n'échappa à aucun des deux hommes. Ils disparurent de leur vue lorsqu'ils tournèrent au bout du couloir, et le silence s'installa pendant quelques minutes.

« Je donnerai cher pour savoir ce qu'il s'est passé entre ces deux-là~ »

L'autre l'observa du coin de l'œil, avant d'également jeter ce qui restait de son gobelet.

« Elle pardonne trop facilement. Il l'a abandonné. »

Yukimura haussa les épaules.

« Nous avons déjà tous essayé de nous enfuir au moins une fois avant de revenir. Ce n'est ni le premier, ni le dernier.

-C'est son partenaire. Celui qui est censé protéger ses arrières. Pendant qu'il était occupé à jouer au touriste en ville, elle a été blessée. »

Il marquait un point.

« Même si nous aimerions tous qu'elle reste éternellement saine et sauve, cela fait partie du métier, et elle le sait. Elle ne lui en voudra jamais, et tu le sais aussi bien que moi. »

Le poing de Kyo s'abattit sur l'innocente machine à café.

« Cela ne veut pas dire que nous devons en faire de même.

-Serais-tu en train de réclamer vengeance, Kyo aux yeux de démons ? »

Les deux hommes se dévisagèrent, un sourire sadique commençant à s'inscrire sur leurs lèvres.

Pour la première fois, Kyo et Yukimura envisagèrent de faire équipe. Pour la première fois depuis bien longtemps, quelqu'un participa volontairement au plan machiavélique de Yukimura Sanada. Pour la première fois, Yukimura mit un plan au point pour une cause un peu plus noble que son amusement personnel.

Non loin de là, Hotaru éternua.