Chapitre 3: Enfance
1981...Une tornade sombre transplana dans le manoir, scruta fébrilement les alentours, puis, de toute la puissance de sa voix, hurla: « ANTOOOOON! » en se mettant de suite en route vers le bureau de son mari. Elle le rencontra au détour du couloir suivant, et bouleversée, son visage transfiguré par le trop plein d'émotions, elle se jeta dans ses bras, pleurant, et répétant sans fin: « Mort, il est mort...nous sommes libres...anéanti...ne reviendra plus jamais...un gamin...libres, nous sommes libres ! »
1986...
Pansy grimpa sur le lit de ses parents, qu'elle avait rejoint sitôt qu'elle avait entendu son père prononcer distinctement: « Ministère de la Magie » depuis la cheminée. Elle avança à quatre pattes, voulant surprendre sa mère endormie, dont elle ne percevait pour l'instant que la chevelure ébène. Normalement, quand elle venait la voir, sa mère était déjà habillée, en train de démêler longuement ses cheveux, et Pansy s'asseyait à ses pieds, la laissant la coiffer à son tour. Sa mère devait être très fatiguée pour s'être rendormie, se disait Pansy en progressant lentement vers elle. Elle lui tournait le dos, et quand Pansy fut suffisamment proche, elle vit sur son bras nu un symbole étrange, une sorte de serpent sortant d'un crâne. Surprise, ne comprenant pas pourquoi sa mère était marquée ainsi, elle posa délicatement son index sur la marque, effleurant la peau meurtrie. Ce geste ténu réveilla sa mère en sursaut. Elle se redressa d'un coup, alerte, le regard affolé, et, apercevant sa fille, se couvrit rapidement du drap. Les deux se fixèrent un instant, silencieuses, puis Pansy demanda d'une petite voix: « Qu'est-ce que c'est, maman ? ».
1991...
On disait que Celui-qui-a-survécu allait faire sa rentrée à Poudlard en même temps qu'eux, qu'il était très puissant, qu'il était un héros, et surtout, qu'il était dans ce train. Pansy regardait pensivement par la fenêtre en attendant que Draco revienne dans son excursion à travers les wagons pour trouver Potter. Il s'était vanté un peu plus tôt de l'avoir déjà rencontré, au magasin de Mme Guipure, et avait dit qu'il semblait plus perdu que puissant. Elle pensait qu'il avait surtout dit cela par jalousie, pour elle il ne pouvait qu'être un héros. Après tout il avait défait Voldemort, celui qui, à cause de sa stupide guerre, avait décimé sa famille et meurtri ses parents...Elle se rappellerait toujours du jour ou elle avait vu pour la première fois la marque de sa mère, et ou elle lui avait expliqué qui étaient Voldemort et ses mangemorts, les trompeuses promesses qu'il faisait aux sangs purs, et la fatale erreur de ses parents et de leur famille de se joindre à lui. La mort de ses oncles et tantes lors des attaques, le retour à la normale impossible, et, enfin, Harry Potter, ce petit humain d'à peine un an, qui avait mit fin au règne du Lord. Il était donc proprement impossible qu'un tel héros soit timide ou chétif !
Pourtant, quand Draco, furieux, revint dans leur wagon, il leur annonça que le survivant ne voulait rester qu'avec un Weasley, pur produit Gryffondor, qui lui conseillait de ne pas se lier d'amitié avec un Malfoy, cette « famille des ténèbres ». Pansy, même n'ayant jamais rencontré le survivant, se sentit trahie dans l'admiration qu'elle lui portait. Ainsi, sans les connaitre, il ne voulait pas avoir affaire aux familles sombres ? Grand bien lui fasse, elle avait Draco, ce petit prétentieux n'aurait qu'à se trouver d'autres amis !
1994...
Elle allait entrer dans la grande salle, plus que quelques secondes et il la verrai. Bien sûr, la pièce était comble, mais il fallait qu'il la remarque. Elle était certaine qu'il allait être sélectionné. Après tout, c'était le garçon le plus intelligent qu'elle connaissait ! Elle voulait pouvoir lui adresser un sourire, un signe de tête, n'importe quoi pour qu'il comprenne qu'elle ne souhaitait qu'une chose ce soir: qu'il soit le champion de Poudlard. Après tout, cela faisait des mois qu'elle rêvait de Cédric, et ce soir, elle savait au fond d'elle que son champion allait être sélectionné.
