Je vous remerci tous pour vos reviews. Pour ce chapitre, nous retrouvons enfin Harry, 5 ans après son arrivée à Butterfly City. Pour ceux à qui j'ai donné un mal au crâne terrible, voyez m'en profondément navrée. J'admet que l'histoire peut-être difficile à suivre, tout autant que j'avoue qu'elle manque pour l'instant cruellement d'action. Aussi, merci à tous de vous accrocher ! C'est gentil.
// Chapitre 3 : "Bienvenue à la maison, mes enfants."
- Est-ce que je n'ai pas un accent anglais ?"
Harry sourit au vieux Joe et lui resservit un verre. Whisky, comme toujours.
- Si Joe, mais je crois bien y déceler un peu de cet accent français..."
- Moi, un Parigo frenchees ?!" S'insurgea Joe, faisant rire tous les habitués. Les conversations Joe/Harry avaient quelque chose d'habituel et pas mal de bons spectateurs. Harry ne s'en plaignait pas, cela rendait le lieu plus convivial et donc plus attrayant. Une merveille pour les finances.
- Je te parle des Français du Sud, leur accent est déjà beaucoup plus charmant." Corrigea le jeune homme en adressant un geste de la main aux nouvels arrivés.
- DONC mon accent est charmant. Merci le môme, mais je ne suis pas d'ton bord."
Harry leva les yeux au ciel.
- Ne t'inquiètes pas, je ne fais pas dans la chasse aux fossiles."
Un léger rire se mêla aux autres, attirant l'attention d'Harry sur le môme de huit ans qui venait de faire son entrée. Des cheveux gris/bleus caractéristiques, une adorable moue coquine, des vêtements au top mal fagotés... et définitivement de genre médiévaux.
- Jey, bonne journée ?"
L'enfant vint déposer un petit bisou mouillé sur sa joue et l'étouffa dans une étreinte.
- Que c'est mignon." S'extasia une jeune femme aux cheveux noirs, lisses et coupés au carré. Ses yeux bleus rieurs et doux se posèrent sur le duo tandis qu'Harry grommelait quelque chose à propos de ces 'insupportables femmes aux commentaires déplacés et tellement mièvres'. "Moi aussi, je t'aime, Harry !"
- Maéra, au lieu de dire des sottises, aide moi à le décrocher."
La jeune femme rit doucement, accompagnée par toute la salle.
- Jey, lâche le, il va devenir tout vert ton papa adoré." Se décida enfin la jeune femme.
Jemmy consentit à l'exaucer à moitié, lâchant le cou de son père mais capturant aussitôt sa main.
- Je peux avoir mon goûter ?" Quémanda le garçon avec un grand sourire. "Avec des croissants s'il te plait papa !"
Harry leva les yeux au ciel -pour la forme- et passa derrière le comptoir pour préparer le bol de chocolat chaud de son fils. Quelques femmes ne purent s'empêcher de glousser en constatant la difficulté du jeune père à exécuter une tâche aussi simple. Pour cause, l'enfant n'avait pas lâché sa main.
- Lindiana m'a fait ma tenue, qu'est-ce que tu en penses ?" Questionna Maéra.
Harry l'ignora, s'occupant exclusivement du bol chaud de son fils. Il indiqua à celui-ci les croissants d'un signe du menton. Jemmy s'en saisit, lâcha sa main et grimpa souplement sur l'une des chaises du comptoir. Haute, en bois, ornée de symboles dont la signification propre lui échappait. Mais confortable, en tous cas.
- Merci."
Harry lui ébouriffa les cheveux et tourna un regard contemplatif sur Maéra, laquelle attendait patiemment qu'il ait terminé son manège. La jeune femme, constata t-il, portait une tunique noir parsemée ça et là de fils argentés. L'habit tombait sur une sorte de pantalon marron serré débouchant sur de fins botillons noirs et argentés eux aussi. Maéra fit un tour sur elle-même, lui montrant la cape finement ouvragée qu'elle portait avec le tout. Une cape serrée dans le dos grâce à de fins fils de coutures, au centre de laquelle apparaissait l'emblème de leur dynastie, de leur monde, une ébauche de papillon.
- C'est magnifique. Complimente Lindiana pour moi."
Maéra eut un sourire heureux (et indéniablement idiot) et consentit enfin à s'assoir aux côtés de Jemmy, lui piquant dans la foulée un croissant.
Harry secoua la tête et retourna s'occuper de ses clients. Sa propre cape, sur laquelle le dessin d'un papillon argenté flirtait avec un éclair, traîna sur le sol au rythme de ses gracieuses foulées.
Ici, à Butterfly City, tout était si différent. Les mentalités. Les tenues vestimentaires. Les priorités. Le rapport à la magie, la vision de l'autorité et l'amour qu'on lui portait.
Même la représentante des Snape était différente de la vision qu'il avait eut de cette famille. Maéra semblait être l'antithèse de Severus Snape.
- Harry, tu m'écoutes ?" Siffla Maéra, agacée.
Bon. Peut-être pas si différente que ça, en fin de compte. Le jeune homme lui décrocha un sourire innocent et essaya, en vain, de deviner de quoi la jeune femme pouvait bien lui parler.
- J'en étais sûre, tu n'écoutes pas un traitre mot de ce que je te dis !" Fulmina Maéra. Un autre sourire innocent eut raison de son semblant de colère. "Alors, qu'est-ce qui peut bien te travailler, pauvre petit survivant ?"
L'air canaille de la femme l'incita à ne pas tiquer. L'habitude aussi, sûrement...
- Je pensais à la cité. A mon arrivée. A l'accueil de Marghan. A... tout ce bordel dont tu m'as extirpé." Avoua Harry, rêveur et soucieux à la fois. "Au fait que nous ayons ouvert les portes aussi..."
Maéra lui sourit d'un air tranquil.
- Il fallait bien que la cité s'ouvre un jour au reste du monde." Raisonna Maéra. "Et puis, même si nous aimons tous les deux ce monde, je trouverais injuste que nous ayons à nous couper totalement de nos anciens amis, de notre famille."
Harry fit la grimace.
- Voyons, ça n'est pas ce que nous avons fait ?" Ses mots ressemblaient tant à un grognement que Maéra faillit en rire.
- Non. Harry, nous avons été mis à l'abris. C'est différent. Ma mère m'a mise à l'abris ici et je t'ai mis à l'abris ici ensuite. Et tu sais quoi ? Tu as protégé Jey, toi. Et un jour Jey protégera à son tour quelqu'un s'il le faut. Non, en fait, la vérité c'est que Jey protégera toute la cité." Maéra reprit sa respiration et fit un geste en direction des fenêtres. Le soleil se couchait et Jey dormait. "J'ai envie que mon frère voit la beauté de tout cela."
Harry acquiesça mais se crispa un peu plus.
- Marghan Kohrm est un homme bon qui fait des choix censés." Lui rappela Maéra. "Que Butterfly soit plus accessible ne signifie pas que nous ferons entrer n'importe qui. Notre cité est encore protégée. Elle est juste trouvable. Nous porterons encore des..."
- Nous ?" La coupa Harry d'un air sceptique.
- Oui, nous. Toi, Jey et moi. Et tous les habitants de cette cité. Et tous les futurs habitants." Maéra plongea ses yeux bleus dans les verts de son vis à vis. "Jey continuera à porter ses horribles chapeaux fantasques et hauts en couleur. Marghan continuera à donner des dîners grandioses dans la salle à manger de son château. Nous persisterons à porter des tuniques et des pantalons bien plus pratiques que les horribles robes sorcières. Nous ferons encore voler nos châles et nos capes lors des bals des quatre saisons. Joe fera encore courir son étalon autour de la fontaine et les enfants continueront à applaudir le spectacle. Marcus persistera à jouer au taxi-man avec sa calèche. Et nous inculquerons cette façons de vivre à tous nos futurs invités, comme nous l'avons toujours fait. Parce que c'est nous, maintenant. Nous. C'est notre maison, et un jour, ce sera celle de nos amis, parce que nous nous sommes débarrassé de Voldemort. Nos choix nous appartiennent encore plus qu'avant, maintenant."
La jeune fille stoppa enfin, avisant le regard halluciné d'Harry.
- Joli débit." Remarqua t-il.
- C'était convainquant au moins ?"
- Très convainquant. Merci Maéra."
- De rien, petit frère. Enfin... tu m'as compris." Corrigea t'elle avec un sourire.
Harry lui sourit en retour. Il était toujours émerveillé par la foi de la jeune femme. Il espérait que Snape chercherait bien à la retrouver désormais que la guerre était terminée. Il ne savait cependant ce que lui ferait à ce moment là. Probablement s'effacerait il un temps, observant simplement le bonheur de Maéra.
La guerre leur avait tant enlevé. Leur famille. Leurs amis. Harry se remémora son arrivée à Butterfly City, le moment le plus décisif de sa vie, quelque part.
Jemmy s'accrochait fermement à sa main. L'enfant était si petit qu'Harry eut un énième pincement au cœur. C'était tellement injuste. Le survivant prit l'enfant dans les bras et celui-ci enfouit automatiquement sa petite bouille dans le cou de son aîné.
Le bus était arrivé à destination mais Harry n'avait pas l'impression d'être à proximité d'une quelconque ville. De la forêt, partout. Juste une putain de forêt blanchie par la neige et un arrêt de bus vide et perdu au milieu de nulle part.
Ça n'était pas le moment de flipper. Une main soutenant Jemmy et l'autre tirant leur valise commune, Harry avança dans la neige, gardant en mémoire tous les pas qu'il enchaînait. Mieux valait qu'il sache comment revenir à l'arrêt de bus.
Il n'eut pas à le faire. Une jeune femme aux cheveux noirs et lisses sortit de la forêt d'un pas rapide, emmitouflée dans une cape chaude, un châle sur les épaules.
Maéra Snape.
Il l'avait immédiatement aimé. Elle était alors la bouée qui le sortait d'un pétrin sans limites. Elle devint sa confidente, sa meilleure amie, l'un des doigts de sa main droite (celle qui tient sa baguette, c'est vous dire l'importance de cette peste au sourire doux !).
D'abord, elle lui avait présenté son chez elle. Et sa cité. Harry en avait gardé un air ahuri pendant des heures, immédiatement sous le charme d'un tel lieu. Les rues pavées qu'il foulait, les bâtisses aux façades à la fois claires et anciennes. La forêt qui bordait la cité. La fontaine, gardée par un papillon argenté sur lequel ruisselait une eau venue d'il-ne-savait-où. La calèche et le grand homme brun qui la conduisait, criant à qui mieux-mieux qu'il pouvait vous déposer aux portes de n'importe quel paradis, pourvu qu'il se trouve à Butterfly City.
Ils avaient discuté au coin du feu, se réchauffant. Jey avait bu un chocolat chaud et Harry pris soin de lui essuyer la bouche, attendri. Une chouette blanche avait fait irruption dans la pièce, l'air de rien, et pris place sur le dossier de fauteuil du survivant.
C'est ça qui avait fait comprendre à la jeune femme qu'Harry Potter ne devait être nulle part ailleurs que parmi les siens. Parce qu'il était bon et humain et qu'il était de son devoir à elle de sauvegarder ces valeurs-ci. Elle avait fait le bon choix.
Sa rencontre avec Marghan Kohrm lui avait semblé tout aussi magique. Le château où vivait l'homme, le seigneur, était constitué de pierres blanches éblouissantes se fondant avec la pureté de la neige. Des papillons argentés gardaient les portes, statues imposantes et tellement sublimes qu'aujourd'hui encore Harry pouvait passer des heures à les contempler.
- C'est notre emblème." Lui avait dit Maéra. "Des papillons de lumière."
Puis il l'avait rencontré.
Marghan Kohrm.
Il s'agissait d'un homme de grande carrure au sourire enjoliveur. Il devait avoir entre 60 et 70 ans et une barbe grisonnante coupée court qui lui donna, pour Jey, le statut de grand-père.
L'homme, entouré d'une cape argentée bien rembourrée, avait posé un regard bienveillant sur chacun de ses visiteurs. Il avait alors prononcé une phrase qu'Harry n'oublierait probablement jamais tant elle l'avait pris au cœur.
- Bienvenue à la maison, mes enfants."
Marghan Kohrm était, sans aucun doute, un personnage hors du commun. Sa compréhension et ses connaissances dépassaient l'entendement.
- Je sais qui tu es, Harry Potter." Lui avait-il dit. "Le survivant. Quelles balivernes. L'espoir du monde sorcier. Si ça n'est pas ridicule. Oh, bien sûr, il y a cette histoire de prophétie, n'est-ce pas ? Il y a toujours de grandes prophéties là pour immobiliser les individus. C'est à peine s'ils se battent convenablement pour défendre leurs vies, parce qu'ils se répètent qu'ils ne sont pas des héros, eux. Balivernes, encore. Je n'aime pas les prophéties."
Harry en avait été estomaqué, et le mot est faible.
- Les individus invités à Butterfly City entrent mais repartent rarement. En général ils y viennent pour être à l'abri, parce que le monde attends d'eux des choses qui les dépasse. A des degrés différents, évidemment. Mon royaume ne se mêle jamais des affaires extérieures. Nous ne prenons pas part à la guerre. Tant qu'elle ne nous touche pas. Cependant..." L'homme lui avait ébouriffé les cheveux d'un air joueur. "Je déteste que mes enfants souffrent Harry, et tout me cri que je dois veiller sur toi, que c'est mon rôle. Et ce n'est pas une prophétie qui me le dit, c'est mon instinct. Reste ici Harry, je m'occupe de tout désormais."
Juste surréaliste. Mais si réconfortant qu'Harry s'était abandonné à Butterfly City. Et il avait eut raison : Voldemort avait été éliminé. Le monde était sauvé.
Agacée. Maéra Snape était juste profondément agacée. Elle sentait son self-contrôle la quitter.
- Helwon, taisez vous avant que je ne vous fasse taire à ma façon." Sa voix claqua et l'enfant pris en faute se mordit la lèvre. Maéra soupira et croisa le regard choqué de Jemmy.
Bien. Ces mômes avaient huit ans. Peut-être y était-elle allé un peu fort. Harry s'étonnait qu'elle soit aussi stressée, jugeant qu'elle était aussi tendue que le string d'un troll. Par merlin, depuis quand les trolls portaient des strings ?!
- Bien..." La jeune femme serra les dents. "Sortez vos sceptres."
Les enfants s'exécutèrent dans un silence de mort. Maéra ne prit pas la peine de s'en vouloir. Harry, quand il donnait des cours (ce qui arrivait à hauteur de deux jours par semaine), semblait beaucoup plus dur qu'elle. En fait, le survivant était presque un monstre avec ces gamins. Oh, bien sûr, il était calme et expliquait plutôt bien... Mais ses méthodes étaient parfois un peu mesquines, voir traumatisantes.
La dernière frasque en date du brun avait été de paralyser ses élèves pour "les mettre en condition" et de leur demander de trouver un moyen de retrouver leur mobilité. Il avait fallut trente foutues minutes avant qu'une des élèves ne demande simplement à son charmant professeur de la libérer. Ce qu'il avait fait. Maéra avait beau se creuser, elle ne parvenait toujours pas à comprendre la morale de cette histoire...
Mais après tout, avec Harry, plus personne ne s'étonnait. Plus personne ne râlait. Tout le monde semblait parfaitement saisir en quoi de telles expériences devaient être enrichissantes.
Quelles foutaises !
La jeune femme grogna et les enfants écarquillèrent les yeux, peu confiants. Maéra faisait peur, dans l'immédiat, elle semblait prête à plonger le monde dans la désolation. Elle stressait. Cela faisait si longtemps qu'elle n'avait pas revu son frère ! Évidemment, elle doutait qu'il la cherche encore. Mais -hé bien- il cherchait Harry Potter. Marghan l'avait prévenu plus tôt dans la journée. Albus Dumbledore avait envoyé une demande d'autorisation au seigneur, quémandant le droit de pénétrer à Butterfly City. Maéra n'était pas peu fière d'avoir insisté pour que l'ouverture de la cité se fasse de manière réglementée.
D'accord, on ouvre, mais n'exagérons pas, non aux touristes idiots. Avant, Butterfly était pratiquement inaccessible. Au moins, désormais, des autorisations étaient distribuées. Maéra trouvait cela suffisant et Harry partageait son opinion. Même s'ils savaient tous deux combien Marghan pouvait se révéler trop... charitable.
Bref. Marghan l'avait prévenu. Severus venait en compagnie de deux de ses amis. Les portes s'ouvriraient donc devant eux.
Oui, Lundi, Severus pénètrera à Butterfly City. Maéra avala sa salive de travers. Harry n'était pas au courant. Maéra ne le lui dirait pas. Et on était vendredi...
