Avertissement : Pas de scènes choquantes ou sexuelles dans ce chapitre (ça va venir, hein, vous inquiétez pas !).
Bonne Lecture !
~ Chemins de traverses ~
Chapitre 8 : Dos d'âne et autres montagnes russes.
Alors qu'il nageait dans un océan de délicieux ramen sous un soleil radieux en compagnie de Gamakichi qui portait un bikini rose, sa tête heurta violemment une surface dure, réveillant brutalement Naruto. Surpris, il cligna plusieurs fois des yeux pour se resituer. Du noir ! Un truc noir ! Bizarrement familier ! Qu'est-ce que c'était que ce truc ? Tournant légèrement la tête pour mieux voir, il reconnut enfin Sasuke ! Visiblement, le truc noir bizarrement familier n'était autre que le pantalon de Sasuke. Depuis quand était-il aussi grand cet enfoiré ? Le blond lui arrivait à peine aux chevilles…
Un reniflement dédaigneux acheva de le sortir de l'état second dans lequel le jinchuriki nageait encore. Il n'eut que le temps de se redresser sur les coudes que le brun l'enjambait sans un mot et disparaissait dans le couloir. Les souvenirs de la veille lui revinrent en mémoire, expliquant ce qu'il faisait étalé de tout son long sur le pas de la porte de la chambre de son colocataire. Le couteau... la confrontation entre Sasuke et Kyuubi... Le bébé... la porte close et le silence obstiné du brun...
Naruto se releva d'un bond, inquiet. Il se lança à la poursuite du brun et le rejoignit dans la cuisine, trouvant ce dernier en train de mettre de l'eau à bouillir pour se préparer son thé matinal. Le blond écarquilla les yeux et se les frotta pour être bien sûr de ce qu'il voyait. C'était bien la première fois depuis qu'ils avaient emménagés presque un mois auparavant que le brun faisait autre chose que traîner sa carcasse faiblarde, enroulé dans sa couette.
Pendant que l'eau chauffait sur le gaz, Sasuke finit par ouvrir un placard et en sortir une boite de ramen. Lui était bien incapable encore d'avaler quoi que ce soit d'autre que du thé, mais ce n'était pas le cas de l'idiot planté là, les bras ballants... D'ailleurs, s'il pouvait aller les avaler ailleurs, ça lui ferait de l'air ! Surtout que l'odeur qui s'en dégagerait risquait fort de contrarier son estomac et il ne tenait pas particulièrement à rendre visite de si bon matin au sol et à la cuvette des toilettes, qu'il commençait à bien connaître.
Le brun examina la pièce autour de lui, fronçant les sourcils, constatant le désordre qui y régnait. Naruto, voyant l'air contrarié de son colocataire, fit lui aussi le tour du propriétaire. La couette chamarrée était vautrée sur le canapé, la corbeille de linge vide traînait dans un coin, deux tasses usagées était encore sur la table basse, un tas de linge propre en attente d'être plié était entassé sur le kotetsu, sans parler du beau foutoir qui régnait dans la cuisine aux tiroirs et placards ouverts et dont le contenu était partiellement répandu de ci, de là. Effectivement, vu comme ça, c'était franchement pas très engageant, mais bon... Il ne pouvait pas être partout non plus.
S'attendant presque à entendre une remarque cinglante sur l'état de la maison de la part de son ami que Naruto savait être, en temps normal, particulièrement ordonné, le blond attendit, et attendit encore, son regard fixé sur Sasuke. Mais le brun ne dit rien. Pas que cela le choque particulièrement, car après tout il y était habitué. Tout à son attente et à son observation dans l'expectative de ce qui allait venir, Naruto ne manqua pas les traits plus que tirés par la fatigue sur le visage bien pâle aux joues un peu trop creuses et la manière forcée dont son ancien coéquipier s'agrippait des deux mains au rebord, devant les plaques, pour rester debout.
Sasuke laissa tomber son regard sur les instruments de cuisine épars non loin de lui. Il fit un pas lent et presque flageolant, pour s'en rapprocher, se tenant d'une main au plan de travail. Saisissant laborieusement fourchettes, petites cuillères et spatules, il les remit patiemment à leur place avec lenteur tout en attendant que l'eau dans la bouilloire se mette à frémir. Quitte à être là à attendre, autant en profiter pour ranger, au moins un peu, le chantier qui s'étalait sous ses yeux, agressant ses rétines et le dérangeant furieusement.
Naruto fit passer le poids de son corps d'une jambe à l'autre et finit par se gratter l'arrière du crâne, ne sachant trop quoi dire ni quoi faire pendant que Sasuke rangeait petit à petit. Sasuke, d'accord pas très en forme, bougeait enfin, sortant visiblement de son état de larve. Le jinchuriki étouffa un immense soupir soulagé. Au final, Sasuke allait peut être enfin redevenir ce type, certes énervant, polaire et peu bavard, fier et têtu comme une mule, mais qui agissait et faisait face.
Sous le regard bleu allégé et le visage de plus en plus détendu et souriant de Naruto, Sasuke revint vers la bouilloire qui chantonnait doucement. Il fit un effort presque surhumain pour la soulever, et y parvenant, il versa l'eau frémissante dans sa tasse puis récupéra l'objet et se dirigea vers la table où il s'installa avec précaution, un peu chancelant, toujours silencieux. Le shinobi à la chevelure dorée s'avança à son tour vers le plan de travail où le brun s'était précédemment tenu et, récupérant l'eau et ses ramen, se prépara à son tour son petit déjeuner.
Le blond s'installa à cette même table, face au brun qui tenait la grande tasse bleue qu'il lui avait achetée après s'être foutu de sa gueule sur sa manière de lever le petit doigt quand il saisissait les petits gobelets, seuls contenants présents dans la maison quand ils avaient emménagés et que l'autre lui avait balancé que c'était parce qu'ils étaient trop petits. Le silence entre eux était plus épais qu'une muraille. Sasuke buvant son breuvage odorant et Naruto mangeant ses ramen à grands coups de baguettes.
De temps en temps, Naruto levait les yeux et observait l'Uchiwa, concentré sur le liquide entre ses doigts effilés. De temps en temps, Sasuke levait les yeux et observait l'Uzumaki, concentré sur son avalage de nouilles. Le brun finit sa boisson et se releva avec difficulté. Serrant les dents, il se dirigea vers l'évier où il nettoya la tasse et où il continua dans sa grande lancée vertueuse de rangement et de nettoyage, même si chaque geste lui coûtait.
Sasuke fronça les sourcils, jetant un regard torve à l'appareil qui le défiait muettement. Il avait ramassé le linge sale et en avait fait une pile devant la machine, sa couette multicolore trônant sur la petite montagne. Kamisama, ce que ça avait était dur de remettre en état le logis plus ou moins sans dessus dessous, chaque geste le faisant transpirer et presque tourner de l'œil tant il était faible, mais il avait finit par en venir à bout. Tout ce qu'il restait à faire, c'était une lessive.
Une lessive pour lui, ça avait été jusque là plonger ses affaires dans l'eau et frotter avec du savon, l'Akatsuki ou Orochimaru pas vraiment portés sur les avancées technologiques qu'il pouvait y avoir autour de cette tâche anodine. Seulement voilà, à Konoha, le progrès avait frappé, et il se retrouvait maintenant planté devant un espèce de grand cube blanc équipé d'un hublot et orné de boutons sans trop savoir comment utiliser l'engin malgré ses investigations sur la bête.
Naruto arriva derrière lui, les manches de son haut retroussées jusqu'aux coudes, quelques vêtements aux couleurs criardes entre ses bras. Ce dernier avait aidé dans la vaste entreprise de rangement et de nettoyage mais était resté en retrait, s'occupant discrètement des tâches les plus pénibles sans rien dire, laissant le brun s'affairer de son côté. Le blond additionna ses propres effets personnels au petit monticule devant l'objet, qui pour Sasuke relevait d'une énigme, et attendit quelques secondes avant de parler pour la première fois de la journée, sa voix s'élevant, douce et hésitante.
- Je vais te montrer comment ça marche. Sakura m'a expliqué. Tu vas voir, c'est tout simple.
Sasuke lui lança un regard circonspect avant de s'écarter de l'appareil avec précaution, mobilisant ses maigres forces pour rester droit et digne.
- … Hn. se borna t-il à rétorquer.
Naruto leva les yeux au plafond et lui fit un grand sourire, tout en s'assurant du coin de l'œil que son ami ne risquait pas de tomber, bien conscient des efforts qu'il faisait pour masquer la faiblesse de ce corps fatigué qui le trahissait, avant de se pencher en avant et de nourrir la bête de linge, enfournant les tissus par le hublot.
- Tu mets le linge là, ensuite tu ouvres ça, tu mets de la lessive, ici tu mets de ce produit, et puis tu tournes la grosse molette pour choisir la température. Je crois qu'il y a une histoire de délicat ou pas mais bon... ensuite tu appuies là. Et voilà, elle va se mettre en marche dans quelques secondes.
Naruto, tout content de pouvoir pour une fois apprendre quelque chose au si intelligent Uchiwa, se recula. Ils restèrent plantés là, l'un à côté de l'autre, debout devant l'appareil, sans plus rien dire, jusqu'à ce que ce dernier ne se mette en marche, se remplissant d'eau et faisant peu à peu tournoyer le linge visible à travers le hublot.
Sasuke était debout devant la machine, une corbeille de linge humide bien remplie à côté de lui. Entre deux sessions avec l'appareil, il avait pris le temps de se laver et de se changer, Naruto jamais bien loin mais lui laissant un peu plus d'intimité. La couette aux couleurs chatoyantes tournoya dans le tambour sous son regard inexpressif. Ils n'avaient pas échangés trois mots de toute la journée et il serait bientôt l'heure pour Naruto de partir faire son rapport quotidien à la Godaime. L'appareil devant lui se mit à vibrer intensément, entraînant son édredon dans un ballet effréné.
Sasuke sortit le grand carré de tissu moelleux qui s'avéra bien plus lourd qu'il ne l'avait escompté. Luttant avec ses maigres forces, il finit par tirer l'objet humide de l'antre de l'engin qui l'avait lavé et l'empila tant bien que mal dans la corbeille déjà bien pleine. Trucidant du regard le résultat de son élan de rangement et de propreté, il se pencha pour empoigner la grande caisse de plastique, bien décidé à aller étendre tout ça.
Un vertige s'empara de lui quand il parvint à faire prendre quelques centimètres d'altitude à son lourd fardeau, perdant presque l'équilibre. La corbeille claqua sur le sol à grand bruit, Sasuke manquant s'étaler par dessus, instable sur ses jambes et au bord du malaise. Naruto, alerté par le bruit, déboula à ses côtés en deux temps trois mouvements alors qu'il était à deux doigts de tomber sans la moindre grâce sur le parquet, vaincu par son étourdissement.
Un bras puissant se glissa autour de la taille de l'Uchiwa, lui épargnant la honte d'embrasser le sol comme une chiffe molle. Une fois sûr qu'il était à nouveau stabilisé sur ses deux jambes et sur la terre ferme, Naruto le relâcha lentement. Comprenant les intentions du brun, le jinchuriki eut un soupir désabusé.
- Je vais la porter. C'est trop lourd pour toi. Il ne manquerait plus que tu tombes et que tu te casses une jambe, on aurait l'air fin.
Alors qu'ils étendaient le linge dans le jardin, une voix féminine et chaleureuse les salua. Se retournant, ils virent Sakura se diriger vers eux, tout sourire. Après un échange de salutations amicales entre Naruto et la jeune fille, le blond prit la direction de la tour Hokage pour y faire son rapport quotidien, laissant les deux autres seuls, prenant congé d'un signe de la main. Sasuke reprit son occupation, qu'il avait à peine interrompue, aidé par son ancienne coéquipière.
- Tu t'es finalement décidé à te bouger ? C'est bien, mais n'en fais pas trop non plus. Ce serait dommage que tu refasses un malaise, dit-elle d'un ton bienveillant.
Le brun ne répondit pas, se contentant de lui jeter un regard noir, et ramassa la corbeille maintenant vide avant de rentrer dans la maison. Le jeune adolescent s'assit devant le kotetsu couvert de linge propre et commença à plier les vêtements, les posant dans le bac en plastique posé à ses côtés.
- Toujours aussi bavard, hein ?! soupira Sakura. Au moins une chose qui ne change pas !
Sortant une casserole d'un placard, la jeune fille se mit à faire le repas pour ses deux amis, non sans surveiller du coin de l'oeil le séjour où s'activait silencieusement le brun. Rapidement une odeur étrange vint chatouiller les narines délicates du garçon, qui fronça les sourcils avant de porter son regard vers la cuisinière en action.
Qu'est-ce qu'elle leur faisait à manger ? C'était quoi cette odeur, mélange de friture et de brûlé ? Une contraction violente de son estomac le fit porter sa main à sa bouche. Se relevant aussi vite que le lui permit son corps affaibli, il ramassa le bac de linge où il avait posé les vêtements propres et pliés, et parti précipitamment loin de la source de cette odeur nauséabonde. Un soupir de soulagement lui échappa quand il referma derrière lui la porte de sa chambre.
Sakura ne voyant plus son amour de jeunesse se dirigea vers les chambres où elle le trouva en train de ranger les vêtements de Naruto dans les placards de la chambre de ce dernier. Enfin elle supposa que c'était la chambre du blond, vu la couleur des vêtements et le désordre qui régnait dans la pièce. Qu'est-ce que c'était que tout ça ? Pourquoi Naruto avait-il dans sa chambre ce tas de bric-à-brac hétéroclite ? A quoi pouvait bien lui servir la dizaine de balais brosse et le nombre impressionnant de sécateurs ? Et surtout qu'est-ce que ça foutait dans sa chambre ?
- C'est Naruto tout craché ça. C'est bien le roi du capharnaüm. Je n'ai jamais vu son appartement autrement que bourré de désordre... Quand est-ce qu'il va grandir un peu et apprendre à être un peu plus ordonné ! Remarque, entre ses missions pour te ramener et ses entraînements pour devenir plus fort, il n'avait pas vraiment le temps de s'attarder sur ce genre de détails, lâcha t-elle innocemment.
Sasuke se tendit imperceptiblement à la remarque de la jeune fille. Ce n'était pas la première fois qu'elle sortait ce genre de commentaires piquants, toujours d'une voix mielleuse, et ça avait le don de l'énerver prodigieusement. Pas la peine de le répéter en boucle, il avait bien compris que le blond avait passé beaucoup de temps à lui courir après pour le ramener à Konoha et tenir la promesse faite à la rosée quelques années auparavant.
Naruto passa la porte d'entrée, le cœur léger, sa rencontre sur le chemin du retour avec Kiba, Hinata et Shino qui revenaient de mission lui avait fait le plus grand bien. Trouvant ses deux amis dans le salon, Sakura confortablement installée sur le canapé et le brun assis rigidement, dans l'un des fauteuils contiguë, alors que la télé tournait en fond sonore, derrière le monologue de sa coéquipière aux cheveux roses.
-... et Hinata lui a déclaré ses sentiments ! Quelle idée stupide de faire ça à un tel moment ! Et tu aurais du voir sa tête quand elle l'a fait ! Et lui, on aurait dit qu'il avait vu une poule couver un éléphant ! Enfin... Oh Naruto ! Tu es de retour ! dit-elle avec un grand sourire au nouveau venu. Bon, je vous ai préparé à manger. Passez une bonne soirée et à demain ! lança t-elle joyeusement en se levant et sortant de la pièce puis de la maison d'un pas allègre.
Naruto observa l'auguste profil aux traits crispés, et au dos raidi sur l'assise confortable du fauteuil couleur chocolat, assorti au canapé.
- Hein ? De quoi vous parliez, à qui Hinata a déclaré ses sentiments ?
- Tss ! Baka ! fut la réponse de Sasuke qui se détendit subrepticement un peu.
- Me traite pas de Baka, Baka ! répliqua immédiatement le blond.
Le brun se leva péniblement et se dirigea vers la cuisine sous le regard furibond de son camarade. Celui-ci fronça les sourcils, se faisant la remarque que le brun avait semblé tendu à son arrivée, jusqu'au départ de la kunoichi. Que s'était-il donc passé entre eux ? Ce n'était pas la première fois que quand il rentrait il trouvait Sasuke plus renfermé et sombre qu'à son départ. Était-ce de sa faute ? Peut-être devrait-il leur laisser plus de temps ensemble ?
Sasuke s'installa précautionneusement sur la chaise et s'attabla pendant que Naruto posait les couverts sur la table, sortant du four ce que la rosée leur avait préparé. S'installant à son tour tout en découvrant les aliments, Naruto tordit le nez, les plats ayant une odeur plus que suspecte et une allure pas très engageante malgré la bonne volonté de la cuisinière. Il servit néanmoins le brun généreusement avant de remplir son bol à son tour.
Sasuke plissa ses narines, plantant sans entrain ses baguettes dans le met aux couleurs pas très appétissantes. Son ventre se tordit dangereusement alors qu'il triturait l'intérieur de son bol sans grande conviction. Étouffant un soupir fatigué, il releva la tête juste à temps pour voir la grimace qui passa sur les traits de son colocataire qui avalait difficilement la bouchée qu'il venait d'enfourner en toute confiance, s'étouffant à moitié dans le procédé.
Reposant définitivement la paire de bâtonnets sur la table, le brun se rencogna dans sa chaise, prenant une décision qui leur sauverai la vie à tous les deux.
- … ramène-moi un livre de cuisine.
Naruto qui étanchait sa toux et sa soif à grandes gorgées d'eau, recracha partiellement le liquide. Posant son verre avec brusquerie et s'essuyant la bouche dans sa manche, il s'exclama :
- Toi ! Tu sais faire la cuisine ?
- Non... mais ce sera toujours moins risqué que cette chose, lâcha le brun d'un ton réfrigérant.
Naruto ricana, peu convaincu par l'assertion de son vis à vis, ayant beaucoup de peine à imaginer un Uchiwa en tablier aux fourneaux. S'obligeant à ne pas littéralement exploser de rire à cette image vraiment tordante et franchement paradoxale, le blond enchaîna :
- Au fait, Tsunade viendra t'examiner demain matin. Elle veut te parler aussi.
Le brun ne répondit pas, seul un très léger hochement de tête montra qu'il avait entendu.
La soirée se déroula paisiblement, mis à part une dispute sur le programme télévisuel, Naruto voulant voir un film policier et Sasuke ne voulant pas rater l'épisode de sa série préférée. Ils avaient mis à la poubelle le repas préparé par leur coéquipière et le blond était allé leur chercher des ramen chez Ichiraku. Étalés dans le canapé, la couette multicolore recouvrant le brun, les deux garçons avaient regardé l'écran cathodique jusqu'à l'heure du coucher.
Debout devant les portes des chambres, les deux adolescents se livraient un féroce combat de regards. Naruto, la couette bariolée dans les mains, était bien décidé à ne pas lâcher d'une semelle le brun qui lui, ne voulait pas partager sa couche. Arrachant le duvet des bras de son colocataire, Sasuke pénétra fièrement dans sa chambre et tenta de refermer le battant derrière lui. Mais l'Uzumaki ne l'entendit pas de cette oreille et poussant avec force sur la porte, s'introduisit dans la pièce.
- Si tu crois qu'avec ce que tu m'as fait hier, je vais te laisser seul, tu te fourres le doigt dans l'œil jusqu'au coude ! affirma t-il d'un ton sans appel, refermant le battant d'une main ferme dans son dos.
Sous le regard meurtrier de l'Uchiwa, il se laissa lourdement tomber sur le futon au pied du lit et s'y allongea sans plus de cérémonies, laissant le sommeil l'emporter rapidement.
Un frisson de froid tira Naruto de son sommeil, l'obligeant à délaisser une Tsunade en tenue de pompom girl qui l'encourageait vivement alors qu'il faisait avaler à Sakura des boulettes énergétiques, préparées par un Sasuke en tenue de soubrette. Il bailla bruyamment, se décrochant la mâchoire dans la manoeuvre et leva les mains pour se gratter la tête. Enfin, leva une main, l'autre refusant obstinément de bouger, bloquée par un poids lourd et chaud.
Surpris, il tourna la tête pour voir ce qui l'entravait dans ses mouvements, et tomba sur une limace colorée avec une touffe de cheveux noirs, scotchée à lui comme une moule sur un rocher. Un grognement indistinct émana de la dite limace quand il fit une nouvelle tentative pour récupérer son bras et sa couverture que le bébé koala accroché à lui s'était totalement approprié.
Comment diable Sasuke s'était-il retrouvé sur son futon, alors que la veille au soir, il s'était couché dans le lit à quelques mètres de là ? Il soupira, désabusé, écartant d'un geste doux les mèches sombres qui cachaient le visage de son ami, amusé quand celui-ci émit un bruit de contentement proche du ronronnement sous sa caresse. Se recalant comme il pouvait, récupérant subrepticement un coin de sa couverture sans trop bouger, il observa le visage fin de celui qui, visiblement, avait une fâcheuse tendance à le confondre avec un nounours.
Il s'assombrit en voyant les joues creuses et blêmes, les cernes sous les paupières et les lèvres gercées de son ami agrippé de toutes ses maigres forces au devant de son son t-shirt. Il espéra sincèrement que la santé de celui-ci s'arrangerait rapidement, le voir ainsi, si diminué après l'avoir connu si fort lui serrait le cœur dans un étau implacable. Caressant du bout des doigts la peau douce et fraîche de son camarade, Naruto se fit la promesse de tout faire pour l'aider à remonter la pente.
Tsunade acheva son examen minutieux, la lueur verte de son chakra se résorbant dans ses paumes alors que Sasuke n'avait pas esquissé le moindre geste, allongé sur le canapé, sa tête détournée de son corps. La médic-nin prit place dans le fauteuil proche, laissant au brun le temps et l'espace nécessaire pour se rhabiller.
- Tout à l'air d'aller bien, mais il semblerait que le fœtus absorbe une grande partie de ton chakra, comme le font des bracelets inhibiteurs. Ce qui explique ton état de grande fatigue et tes difficultés à récupérer. J'ai bien réfléchi à la question et, étant donné que tu as été sage durant ces trois dernières semaines, je vais t'enlever les bracelets scellés que tu portes, ainsi tu récupéreras plus facilement.
Sasuke tiqua à la mention des trois dernières semaines, ainsi Naruto ne lui avait pas parlé de son geste de l'autre soir. Coulant un regard éloquent vers son colocataire, il le vit qui le fixait sévèrement, lui intimant par là même de se taire.
- Évidement, tu es prié de ne pas en profiter. A la moindre incartade, je te les remets et tu passeras toute ta grossesse à te traîner comme une larve s'il le faut.
Fronçant les sourcils, la princesse des limaces bougea légèrement dans le siège et se pencha en avant, un air beaucoup plus sérieux tirant ses traits.
- Le conseil tient à ce que tu nous communiques toutes les informations que tu possèdes sur l'Akatsuki et Orochimaru. Étant donné ton état, j'ai pu repousser les choses, mais maintenant que tu sembles aller mieux, je ne vais pas pouvoir les tenir à l'écart plus longtemps. C'est pour cela que dès la semaine prochaine, Ibiki passera te voir pour t'interroger, et je te conseille fortement d'être coopérant. Je suppose que tu connais la réputation d'Ibiki Morino.
Naruto se leva d'un bond et s'exclama d'une voix alarmée et furieuse:
- Quoi ?! Déjà ?! Mais non ! Regarde-le, il est encore tout flappy ! Et puis pourquoi Ibiki ?! Vous voulez le tuer ou quoi ?! Obaa-chan ! Fais quelque chose !
Il fut interrompu dans sa tirade affolée par la voix grave et tranchante de Sasuke.
- Tais-toi, Usuratonkachi ! Ça va aller !
Naruto et Sasuke s'affrontèrent du regard dans un silence tendu, puis le blond tourna la tête vers la Godaïme et lui dit d'une voix ferme :
- Je veux être là !
Tsunade soupira profondément avant de répondre :
- D'accord, à la seule condition que tu n'interviennes sous aucun prétexte. Ibiki sait ce qu'il fait, tu n'as pas à t'inquiéter.
~oOo~
Installés dans la cuisine, face à face, Sasuke, dos au mur, avait posé ses coudes sur la table et croisé ses mains devant sa bouche, son regard fermement planté dans celui de son inquisiteur qui était assis légèrement de biais, les jambes croisées, ses doigts pianotant de façon répétée sur la surface de bois. Le regard noir du ninja aguerri se durcit dans son visage balafré.
- Tu ne veux vraiment rien me dire ? dit l'homme.
Le brun ne prit même pas la peine de répondre, prisonnier du genjutsu de l'investigateur du village caché, debout, ses chevilles et ses poignets attachés à des chaînes qui l'écartelaient presque, dans une grande cage, qui l'électrocutait par intermittence, les décharges augmentant en puissance. Sasuke retint une grimace de douleur, son regard toujours aussi ferme et décidé. Il ne céderait pas, le conseil pouvait bien tenter tout ce qu'il voulait, il ne leur dirait rien à cette bande de vautours qui ne perdait rien pour attendre.
Une décharge électrique plus puissante que les précédentes le traversa, l'obligeant à se mordre les lèvres jusqu'au sang pour ne pas crier. Sasuke sentit une vague de chaleur étouffante monter en lui et sa vision se nimba d'un brouillard orangé, ne l'occultant cependant pas mais donnant au décor qui l'entourait des allures de brasier incandescent. Une migraine intense lui vrilla le crâne si fort qu'il craignit que celui-ci n'explose.
Naruto n'avait rien perdu de la scène se déroulant sous ses yeux. Adossé au canapé, les bras croisés sur la poitrine, il fusillait du regard le dos d'Ibiki. Il se doutait bien que les choses n'étaient pas aussi simple qu'elles en avaient l'air et que le ninja spécialisé dans les interrogatoires usait d'une technique quelconque sur Sasuke, qui n'avait pas bougé d'un cil depuis le début de la séance.
Tête de mule d'Uchiwa qui refusait d'ouvrir la bouche ! Pas qu'il soit particulièrement surpris, il fallait s'y attendre, mais il était déçu par l'attitude butée de son ami. Pourquoi ne voulait-il rien dire ? Qu'est-ce qu'il avait dans le crâne pour ne pas divulguer des informations qui pourraient être bien utile pour se débarrasser du fléau qu'était l'Akatsuki ? Avait-il encore l'intention de les rejoindre et de détruire Konoha ? Le blond aurait aimé le savoir, mais les pensées de son ami lui étaient impénétrables.
Ses yeux se froncèrent puis s'agrandirent quand des ondes légères de chakra orangé commencèrent à sourdre du corps du brun, l'enveloppant progressivement tout entier. Peu à peu, le halo teinté s'épaississant, prit la forme, reconnaissable entre toute, du manteau du démon renard. Les yeux noirs virèrent au rouge, la pupille devint plus fine, n'ayant petit à petit, plus rien à voir avec les orbes qu'il connaissait et encore moins ressemblantes au sharingan. Que se passait-il ?
Sasuke se ramassa sur lui-même, sur sa chaise, posant brutalement ses mains sur la table, crispant ses doigts sur le bois. Les ongles devenus griffes creusèrent de fins sillons sur la surface du meuble. Le regard devenu animal se baissa sur ses doigts, le brun ne reconnaissant plus son propre corps. Que lui arrivait-il ? Il sentit deux pointes dures effleurer sa lèvre inférieure, retroussant sa bouche en une expression bestiale.
Ibiki regarda éberlué le nukenin, qui lui faisait face, se transformer petit à petit en un ersatz du démon renard. L'intervention du chakra démoniaque expliquait qu'il ait réussi à se sortir de son genjutsu, mais pourquoi diable le descendant du clan Uchiwa possédait-il ce chakra là ? A sa connaissance, seul Naruto Uzumaki possédait une telle capacité. Coulant un regard vers le concerné qui s'était décollé du dossier du canapé et était prêt à intervenir, se retenant à grand peine de ne pas l'avoir déjà fait, le ninja balafré revint au brun face à lui qui semblait luter contre la transformation dont il était victime.
Un rugissement féroce retentit dans la pièce alors que le brun enveloppé du halo démoniaque tombait de sa chaise et se positionnait à quatre pattes au sol, comme un félin menaçant, prêt à bondir sur sa proie. Surpris,Ibiki se leva et recula de quelques pas, pas particulièrement tenté d'être la proie en question et ne comprenant absolument rien à ce qu'il se passait sous ses yeux.
- Calme-toi Uchiwa ! dit-il d'une voix autoritaire.
Se ramassant encore plus sur lui-même, grondant sourdement, Sasuke s'apprêta à bondir sur le malotru qui avait osé le malmener. Mais il fut arrêté en plein vol dans son élan vengeur et sanguinaire par une masse pesante qui s'abattit sur lui, faisant douloureusement rencontrer son dos avec le sol brut de la cuisine, lui coupant le souffle. Hurlant de rage de se voir ainsi privé de sa liberté de mouvement, le brun devenu bête se débattit férocement contre ce qui l'empêchait de réduire sa proie en charpie alors que ce n'était pas l'envie qui lui en manquait.
- Sas'ke ! Calme-toi ! Reviens ! hurla Naruto tout en maintenant fermement son ami sous lui.
Les orbes rougeoyantes se posèrent sur le blond, les mains griffues saisirent le visage hâlé d'une poigne brutale et le griffèrent sans vergogne. Le blond serra les dents sous le coup de la douleur mais ne relâcha pas sa prise sur la taille fine de son ami qui continuait à se débattre contre lui. Petit à petit, il sentit le chakra démoniaque diminuer en intensité, le manteau flamboyant entourant le corps svelte du brun se résorbant peu à peu.
Les orbes rouges et fendues reprirent leur teinte initiale, clignant plusieurs fois jusqu'à dévoiler un regard hébété et légèrement effrayé. Putain de merde mais qu'est-ce qu'il venait de lui arriver encore ? Sasuke fixa le blond couché sur lui, cherchant à comprendre ce qui venait de se passer. Il se souvenait avoir été pris dans le genjutsu d'Ibiki puis de la bouffée de chaleur qui l'avait envahi, mais la suite était floue, seule une violente envie de tuer lui restait en mémoire.
Naruto, soulagé, lâcha un soupir profond, se laissant tomber de tout son poids sur son ami, le serrant convulsivement dans ses bras.
- Baka ! Tu m'étouffes ! articula difficilement Sasuke, prisonnier de l'étau suffocant dont il était la malheureuse victime impuissante.
Le blond desserra son étreinte et se redressa tout aussi brusquement qu'il avait cédé à sa pulsion première, se grattant la tête, gêné, un sourire mal à l'aise étirant ses lèvres.
- Désolé Sas'ke ! Ça va ? Rien de cassé ?
Le jinchuriki tendit spontanément sa main à son ami pour l'aider à se relever. Ce dernier fronça les sourcils, voyant des traces de griffures sur les joues tannées par le soleil se résorber. Chassant la main tendue d'une tape bien sentie malgré sa faiblesse, il se releva péniblement, chancelant légèrement.
- C'était quoi ça ? Depuis quand tu possèdes le chakra du démon renard, toi aussi ! lança Ibiki, croisant les bras sur son torse.
Les deux adolescents échangèrent un regard plus que gêné, Naruto fourrageant dans ses mèches blondes.
- Si la Hokage n'a pas jugé bon de vous le dire, c'est que cela ne vous concerne pas, claqua la voix polaire de Sasuke.
- Si tu le dis... peu m'importe après tout, moi je suis là pour te soutirer les informations que tu possèdes. Je reviendrais demain, j'espère que tu seras plus bavard.
Le ninja tourna les talons sans crier gare et quitta la pièce puis la maison à grandes enjambées. Effectivement, la Godaime avait omis de lui parler de ce "menu" détail, et il avait bien l'intention de tirer les choses au clair, ne serait-ce que pour éviter de servir de repas à un renardeau affamé.
Naruto poussa un soupir de soulagement quand l'homme au visage marqué s'en fut définitivement, claquant la porte d'entrée derrière lui. Il fourragea dans ses mèches blondes et un sourire fleurit spontanément sur ses lèvres.
- Et bien, il fait vraiment froid dans le dos celui-là ! dit-il tout en se tournant vers Sasuke.
Son sourire mourut instantanément.
Sasuke avait enroulé l'un de ses bras autour de son ventre et se tenait le front avec son autre main. Quelque chose n'allait pas. Définitivement, quelque chose ne tournait pas rond dans son corps. Des fourmillements bizarres rampaient sur sa peau, son estomac se tordait brutalement en tous sens et son cerveau pulsait si fort qu'il avait l'impression qu'il allait lui sortir par les trous de nez. Il ferma les paupières sous les vagues de sensations désagréables qui gagnèrent en intensité.
Naruto vit le teint blêmir alors que son ancien coéquipier resserrait son bras sur sa taille et sa main sur sa tête, une grimace de souffrance déformant ses traits. Il se mit à chanceler dangereusement sur ses jambes flageolantes avant de s'écrouler au sol, se recroquevillant de douleur sur lui même.
- Sas'ke ! Sas'ke, qu'est-que tu as !
En un instant, le jinchuriki fut accroupi auprès de son ami, sa voix résonnant dans la cuisine, angoissée. Cherchant désespérément comment aider le brun, Naruto assista impuissant à un nouveau genre de crise.
- Sas'ke, parle-moi. Dis-moi où tu as mal.
Il n'obtint pour toute réponse qu'un geignement douloureux qui franchit les dents serrées.
Son crâne allait exploser, c'était sûr. Il avait mal, si mal ! Sasuke avait l'impression que des milliers d'aiguilles transperçaient sa tête. Son cerveau pulsait, comme si son cœur s'était mis à battre dedans, comme si sa boite crânienne était devenue trop petite pour lui. Sa cervelle palpitait littéralement d'une manière de plus en plus lancinante, les douleurs aiguës devenant de plus en plus insupportables. Il entendit dans un brouillard déformé les mots inquiets de Naruto alors qu'il plaquait ses deux mains dans ses mèches brunes et plissait les yeux.
-... ma tête, fut tout ce que le brun fut en mesure d'articuler d'une voix basse et grinçante.
- D'accord. Accroche-toi, ok ? Je suis là, je vais pas te lâcher.
Naruto posa ses mains sur le corps recroquevillé qu'il prit tant bien que mal dans ses bras. Le positionnant contre lui, il glissa ses mains sous le brun qu'il saisit et souleva du sol. Il prit le chemin du canapé et y déposa son précieux fardeau.
-... lumière, geignit Sasuke, aplatissant ses paumes sur ses yeux.
Naruto, penché sur lui avec inquiétude, ne comprit pas tout de suite, jusqu'à ce qu'il remarque le rayon de soleil qui s'écrasait sur la figure de son ami, roulé en boule sur l'assise du sofa. Rapidement, il se leva et ferma un à un tous les rideaux de la pièce, la plongeant dans la pénombre, avant de revenir vers le brun qui souffla difficilement.
- … mon crâne... exploser, chuchota le nukenin, la respiration difficile.
Naruto fonça dans la cuisine et prit un torchon qu'il bourra de quelques glaçons avant de revenir vers le malade. Doucement, il obligea le brun à se tourner sur le dos et à s'allonger. Il déposa le carré de tissu frais sur le front pâle couvert de sueur et l'y maintint, glissant son autre main dans les mèches brunes, massant le cuir chevelu, espérant pouvoir soulager le supplicié.
- Essaye de te détendre, d'accord ? Respire calmement.
Sasuke aurait bien aimé l'y voir lui à sa place ! Il avait l'impression que son cœur avait pris la place de son cerveau et battait si fort que son crâne allait exploser et, lui, il lui disait de se détendre et de se calmer ? Le brun pressa ses poings sur ses tempes, sentant la main de Naruto dans ses cheveux. Il se concentra sur la sensation agréable, s'y accrochant de toutes ses forces.
La respiration de Sasuke se ralentit peu à peu et son corps se détendit. Naruto vit avec soulagement une paire de billes noires refaire surface sous les paupières froncées.
- ça va mieux ? demanda le blond, repositionnant la poche de glace.
- … un peu...
La crise de migraine reflua petit à petit, Naruto suspendu à son ami qu'il ne lâcha pas. Quand il fut sûr que le brun souffrait réellement moins, il l'abandonna pour lui ramener l'édredon coloré qu'il étendit sur lui.
Sasuke ne dit rien et se recala confortablement dans le canapé, sa tête encore vrombissante, mais c'était nettement plus supportable qu'il y avait quelques minutes. Naruto resta à ses côtés, aux petits soins pour lui. Il maintenait le torchon remplit de glace sur sa tête, essuyant les gouttes d'eau glacées qui coulaient de ci de là et ne cessait de lui caresser les cheveux et de lui masser le crâne.
Le plus bizarre dans tout ça, songea le brun, c'est que ça marchait. Alors que le shinobi aux cheveux d'or n'utilisait pourtant aucun chakra médical, la douleur continua à décroître lentement, comme apaisée par les massages et les caresses dans ses cheveux que Naruto lui faisait. Le brun soupira de lassitude. Qu'allait-il encore bien pouvoir lui arriver ? Être fatigué et avoir des nausées ce n'était pas suffisant ? Ça allait durer encore longtemps comme ça ?
~oOo~
Sasuke faisait la cuisine, en tout cas, il essayait. Le livre de recettes que Naruto lui avait ramené, accompagné d'un grand tablier jaune orné d'une immense grenouille verte, était ouvert devant lui sur le plan de travail alors qu'il suivait soigneusement, étape par étape, ce qu'il y avait d'écrit. Non, il ne portait pas le fameux tablier qui avait immédiatement reçu un regard meurtrier de son cru. Et non, il n'était pas prêt de le porter, maudissant Naruto et ses idées saugrenues sans parler de son goût immodéré pour les couleurs criardes et les trucs innommables.
Concentré, il tentait tant bien que mal de comprendre les termes techniques utilisés, termes dont il n'avait jamais entendu parler auparavant. C'était quoi "émincer" ? Il lui faudrait presque un dictionnaire pour traduire la recette ! Pourtant petit, il regardait sa mère faire la cuisine et ça avait l'air simple ! Ses premiers essais culinaires s'étaient révélés être sinon totalement catastrophiques, au moins complètement immangeables ! A peine mieux que la cuisine de Sakura ! C'était dire !
A l'évocation de son ancienne coéquipière, ses mains se crispèrent autour du manche du couteau effilé qui lui servait à couper les légumes. Il abattit violemment la lame tranchante sur une innocente carotte, la découpant en rondelles grossières, regrettant amèrement de ne pouvoir faire de même avec la jeune fille aux cheveux roses. Les visites quotidiennes dont elle l'honorait étaient pour lui un véritable calvaire.
Pas que la kunoichi soit particulièrement désagréable mais elle avait l'art et la manière de lui rappeler sans cesse des choses qu'il aurait aimé un tant soit peu oublier. Il n'était pas complètement stupide, il avait bien compris que Naruto lui avait couru après toute ces années pour tenir une promesse qu'il lui avait faite, à elle ! Et ce, dés la première fois qu'elle lui en avait parlé ! Inutile de le lui rappeler tous les jours ou presque !
Sous ses airs candides de gentille fille attentionnée et soucieuse de ses amis, elle ne manquait jamais une occasion de lui faire sentir que lui était parti, abandonnant Naruto derrière lui, et qu'elle, elle était restée au côté de leur ami commun durant tout ce temps. Sans oublier naturellement le chagrin que son départ avait généré chez les membres de son ancienne équipe, un certain blond en particulier ! Oui, il avait bien compris tout ça, mais Sakura semblait croire qu'il avait besoin qu'elle le lui rappelle quotidiennement.
Abandonnant la carotte maintenant plus hachée menue qu'autre chose, il saisit des champignons et poursuivit son dur labeur, ses pensées revenant sans cesse vers son enfer personnel : une certaine demoiselle avec des cheveux abominablement roses. Il détestait le rose ! Mais visiblement, il était le seul ! Naruto, ce Baka, souriait toujours gentiment à la jeune fille qui, quand elle ne le disputait pas pour des broutilles sans intérêt, flirtait outrageusement avec lui, et ce dernier ne semblait y voir que du feu.
Elle minaudait devant lui avec des airs bovins, le touchant plus que de raison, de façon soi-disant innocente, caressant son bras, passant la main dans ses cheveux sous un prétexte quelconque, lorgnant sans vergogne le derrière du jinchuriki quand il avait le dos tourné. Sasuke avait d'ailleurs malencontreusement suivi le regard de la jeune fille, une fois, tout à fait par hasard, hein, et avait pu constater, toujours par hasard hein, que le blond avait un postérieur tout à fait regardable. Mais bon, là n'était pas la question, n'est ce pas ?
Cette attitude l'énervait particulièrement. Il fallait le dire s'il les dérangeait hein ! Il n'avait pas demandé à être là, lui ! Alors si les deux abrutis pouvaient lui épargner leurs scènes dégoulinantes de guimauve, ça l'arrangerait bien, merci ! Constatant que ses champignons étaient réduits en purée, il posa son couteau, sortit une casserole et la posa sur le feu de la gazinière. Se penchant sur le livre de cuisine, il fronça les sourcils cherchant à comprendre ce que pouvait bien vouloir dire "Blanchir".
Assis sur un des tabourets haut du bar qui séparait la cuisine du reste du séjour, Naruto regardait son colocataire qui s'affairait. Les sourcils froncés par la concentration, le jeune brun semblait avoir des difficultés à comprendre les instructions du livre. Les yeux bleus détaillèrent le profil de statue grecque du cuisinier en herbe. Le bruit répétitif du couteau sur la planche à découper attira son attention sur les mains fines qui maniaient la lame, l'abattant avec une telle force que les morceaux de légumes volaient autour de la planche en bois.
A quoi pouvait bien penser son ami pour être ainsi contrarié ? Parce qu'il l'était visiblement, Naruto le connaissait suffisamment bien pour le deviner. Peut-être pensait-il aux séances d'interrogatoire avec Ibiki... où il refusait toujours de prononcer ne serait-ce qu'un seul mot, s'entêtant avec obstination. Comme s'il avait besoin de ça en plus, cet idiot. Le problème commençait d'ailleurs à se corser de ce côté là aussi.
Les séances avec l'investigateur du village caché de la feuille qui se répétaient quotidiennement laissaient Sasuke régulièrement sur le carreau. Il était même intervenu deux ou trois fois déjà pour stopper à temps une nouvelle transformation en mini-Kyuubi. Quand le ninja balafré partait, Sasuke était exsangue, enchaînant juste après ces nouvelles crises bizarres qui variaient du simple mal de tête à la migraine la plus atroce, assaisonnée d'autres symptômes intermittents comme maux de ventre, peau qui démange, mal partout, oreilles sifflantes, vision troublée et autres joyeusetés.
En bref, tout un palmarès de nouveaux problèmes auxquels Naruto devait pallier comme il pouvait, tout ça juste parce que l'autre entêté ne voulait pas ouvrir la bouche. C'était un comble tout de même, après c'était quand même lui qui devait le ramasser à la petite cuillère. Ce qui le chiffonnait le plus là dedans, c'était que sa grand-mère de cœur ne semblait pas affolée outre mesure par le résultat des séances sur Sasuke et visiblement ne ferait rien pour qu'elles s'arrêtent.
Foutu conseil ! C'étaient eux qui voulaient tout savoir, peu importait le prix, mais ils ne connaissaient pas Sasuke, ce n'était certainement pas comme ça qu'ils en tireraient quoique ce soit. Le seul point positif de toute cette affaire était que ça lui permettait de se rapprocher de son ami, celui-ci le battant froid le reste du temps. La seule exception était la nuit, où le brun enclenchait le mode koala, atterrissant systématiquement sur le futon qu'occupait Naruto, au point que celui-ci avait finalement décidé de réintégrer le lit.
Les yeux de Naruto descendirent inconsciemment le long de la silhouette longiligne de son ami, plus si longiligne que ça d'ailleurs. Maintenant qu'il le voyait comme ça, de profil, il était difficile de manquer le petit renflement bien présent au niveau de son ventre. Ce renflement qui signifiait qu'un petit être était en train de croître à cet endroit, dans le corps de Sasuke. Cet enfant à naître qui grandissait en lui... Cet enfant dont lui aussi était le père...
Ils n'en avaient pas reparlé depuis la fameuse dernière tentative en date d'avortement raté de Sasuke quelques semaines auparavant... Si tout se passait bien, ils allaient... ils allaient avoir un bébé... Lui et Sasuke... Ils allaient avoir un bébé... un bébé... Naruto frissonna intérieurement. Qu'est-ce que ça voulait dire être père ? Lui avait toujours été orphelin, la seule personne pour lui se rapprochant le plus de cette définition étant Iruka et Jiraya. Comment pourrait-il élever un enfant alors qu'il n'avait pas la moindre idée de comment on faisait... Une pointe d'angoisse lui broya le cœur qu'il noya bien vite sous tout un tas de résolutions fermes et décidées. Il ferait tout ce qu'il pourrait, pour le bébé, et pour Sasuke.
Sasuke n'avait jamais parlé de sa grossesse avec lui... ni avec personne d'ailleurs. Il n'en parlait pas, point. Quand Tsunade venait l'examiner, il détournait toujours la tête du côté opposé, ne regardant pas son ventre, ni ce que la medic-nin faisait. Même pour s'habiller, il s'acharnait à rentrer dans ses pantalons, quitte à ne pas fermer le bouton du haut. Cette attitude inquiétait Naruto, qui n'osait pas aborder le sujet avec lui, craignant de rompre le fragile équilibre qu'ils avaient instauré.
C'était donc en cachette qu'il se renseignait sur la question, en parlant avec Iruka, celui-ci ayant été informé de la situation par la bouche de la Godaïme, celle-ci estimant qu'en tant que tuteur de Naruto, il pourrait lui apporter un soutien utile. L'instituteur lui avait offert des livres sur le sujet et lui prêtait une oreille attentive, lui parlant de ses parents et de sa propre perception de ce rôle. Il savait bien qu'un jour ou l'autre, il lui faudrait mettre les pieds dans le plat avec le premier concerné, Sasuke, ne serait-ce que pour savoir ce que lui en pensait. Mais il appréhendait beaucoup cette discussion, le brun pouvant être particulièrement blessant et obtus quand il voulait.
Le silence obstiné de l'Uchiwa lors des séances d'interrogatoire n'augurait rien de bon pour la suite. Ce foutu teme était bien capable de se barrer en lui laissant le bébé. Et qu'est-ce qu'il ferait alors ? Élever seul cet enfant ? Lui qui n'avait jamais connu ses propres parents... Comment pourrait-il y arriver ? Seul... Sans Sasuke... Il n'en n'était pas question ! Il ne le laisserait jamais repartir. Il ne savait que trop bien ce que ça faisait d'être orphelin, et n'avoir qu'un parent, pour lui, c'était la même chose.
Et puis il y tenait, l'air de rien, à cet enfoiré ! Même s'il avait le don de le faire tourner en bourrique et de lui retourner le cerveau. Comment expliquer autrement cette tendresse qu'il ressentait quand le brun, profondément endormi, se nichait contre lui la nuit, ses mains agrippées au devant de son tee-shirt, son visage coulé dans son cou, une de ses jambes passée par dessus les siennes. Quand il le voyait ainsi, il avait l'incompréhensible envie de le serrer encore plus fort contre lui et surtout de ne plus jamais le laisser sortir de l'étreinte de ses bras.
Un sifflement douloureux le sorti de ses pensées, ramenant son attention sur le cuisinier qui visiblement venait de se faire brûler par un éclat de friture. Naruto ricana moqueusement.
- Il va falloir que je t'achète des gants aussi ? lança-t-il à la pauvre victime qui le fusilla du regard. Je suis certain de pouvoir en trouver assortis au tablier.
- … Tu l'as fait exprès ! réalisa soudain Sasuke, ne sachant s'il devait laisser couler ou frapper son colocataire en pleine tête avec la poêle qu'il tenait en cet instant entre ses mains.
Naruto avait dressé la table pour eux deux, s'y installant, se préparant psychologiquement à goûter la nouvelle tentative culinaire du brun. Sasuke fusilla du regard le plat entre ses mains. Cela n'avait encore une fois, rien à voir avec la photo particulièrement alléchante et bien présentée du livre. Prenant son courage à deux mains, se convainquant que les apparences ne faisaient pas tout, il posa le met au centre de la table, trucidant d'un regard ombrageux son ancien coéquipier. A la moindre remarque, c'était sûr, il le chidorisait ou à défaut, il lui jetterait la dite préparation à la figure.
Naruto plongea avec crainte ses baguettes dans son bol. Prenant une mini-bouchée, il enfourna le tout dans sa bouche, adressant une prière silencieuse à qui de droit pour sa survie. Ses yeux s'écarquillèrent légèrement. Cette fois, c'était presque mangeable. Se retournant vers le brun, toujours debout à côté de lui, qui guettait du coin de l'œil ses réactions, il lui adressa un sourire encourageant.
- C'est moins pire que ce que je craignais. C'est bien, tu progresses. Bientôt, ce sera vraiment mangeable.
Sasuke vexé rétorqua, piqué au vif.
- Et bien, tu n'as qu'à le faire toi ! On verra si tu fais mieux !
Sur ces paroles bien senties, le brun tourna les talons sans rien ajouter et se cala dans le canapé devant la télé, appuyant d'une main rageuse sur les boutons de la télécommande. Qu'est-ce qu'il y connaissait d'abord l'autre imbécile, lui qui ne bouffait tout le temps que des ramen ! Il se permettait de critiquer mais lui-même n'avait jamais essayé de cuisiner !
Naruto esquissa un léger sourire espiègle. Bon d'accord, il y était peut-être allé un peu fort... quoique. Mais au moins ce buté de brun silencieux et renfermé avait réagit. Naruto rejoignit l'Uchiwa sur le canapé qui zappait furieusement d'une chaîne à l'autre. Les images mouvantes attirèrent le regard du blond alors qu'il s'asseyait à son tour sur le canapé. Le canapé... là aussi toute une stratégie... Jamais trop près de Sasuke, jamais trop loin non plus...
- Oh ! Laisse, c'est un excellent film de samouraïs ! s'exclama soudain le blond, reconnaissant les acteurs de ce film qui retraçait la vie d'un samouraï sans peur et sans reproche.
Son colocataire lui jeta un regard en biais, son visage toujours renfrogné.
- Pas question ! C'est l'heure de cette série bizarre qui tourne autour d'un café, répliqua Sasuke d'un ton sans appel, sa main se resserrant convulsivement autour de la télécommande.
Les yeux de Naruto s'arrondirent de surprise alors qu'il se tournait vers son ami.
- Mais enfin ! C'est un très bon film ! Hyper passionnant, pleins de batailles et tout, tu vas adorer ! En plus, l'acteur est génial ! Je l'ai déjà vu avec Iruka, c'est vraiment chouette.
- … m'en fous.
Ce fut la seule réponse qu'il obtint, le brun continuant son zapping jusqu'à la chaîne qu'il cherchait, son regard rivé sur l'écran.
Le défilement continua jusqu'à stopper sur effectivement une série au générique entraînant.
- Allez, Sas'ke ! Tu ne vas quand même pas regarder ça ! C'est naze, alors que mon film lui...
- NON ! Quelle lettre de ce mot tu ne comprends pas, imbécile !
Le ton sec et sans appel, doublé d'un regard furieux accompagné de discrets tremblements de rage de son vis-à-vis, fit comprendre à Naruto que cette fois il valait mieux qu'il cède. Il se souvenait encore des crises que son ami avait fait à l'hôpital sous le coup de la colère et il n'était pas prêt à remettre le couvert de ce côté là.
Croisant les bras sur son torse, le blond se rencogna dans le canapé avec un soupir de reddition. Sasuke souffla intérieurement. La vie d'un samouraï ? Pavée de combats et de sang ? Non merci, il faisait déjà bien assez de cauchemars la nuit sans en plus se rajouter des facteurs aggravants. A sa grande honte, il s'était rendu compte qu'il supportait de plus en plus mal tout ce qui avait attrait au liquide vermeil et aux histoires d'affrontements, les images du téléviseur s'imprimant irrémédiablement dans son esprit et lui collant des sueurs froides et des montées d'angoisses alors qu'il était pourtant bien tranquillement installé sur le canapé.
Voir des séries innocentes ou des films où tout se finissait toujours bien dans le meilleur des mondes était donc son pain quotidien depuis quelques temps. Pas question que Naruto découvre cette nouvelle faiblesse à accrocher à son palmarès, il y en avait déjà bien assez comme ça ! Et ras-le-bol de se réveiller en sursaut en pleine nuit parce que ce qu'il avait pu voir sur cette stupide télé se mélangeait avec ses propres fantômes, lui collant des rêves horribles.
Sasuke replia ses jambes sous lui et se cala confortablement, le décor du café apparaissant sur l'écran. C'était la vie et ses aléas d'une bande d'amis tout ce qu'il y avait de plus banal, et ça lui convenait très bien. Et puis zut, s'il voulait être tout à fait honnête envers lui-même, ce qu'il n'était pas, il mourrait d'envie de savoir ce qui allait arriver à Monica et Chandler dans cet épisode. Un petit frisson glacé parcourut son échine, cette bicoque était définitivement pleine de courants d'airs.
Naruto renonça à suivre les circonvolutions des personnages, ne comprenant pas un traître mot de ce qu'il se passait et pourquoi donc ils allaient tous au café du coin. Guettant du coin de l'oeil l'Uchiwa rivé à l'écran luminescent, il en vint à la conclusion suivante : Oui, Sasuke, Uchiwa Sasuke, était complètement accro à une bête série télé. Sûrement une addiction développée pendant sa période larvaire qui ne datait pas d'il y a si longtemps.
Il aurait mieux fait de se casser une jambe plutôt que d'avoir fait découvrir au brun les joies de la télé-manie, Sasuke était tellement absorbé par son feuilleton que l'Akatsuki en personne débarquant pour raser le village une nouvelle fois ne le ferait pas décrocher. Le jinchuriki fut alors témoin des gestes involontaires de Sasuke cherchant inconsciemment à se réchauffer. Ses pieds se frottèrent l'un sur l'autre alors que ses bras se posaient sur ses avant bras et les frictionnaient. Levant les yeux au ciel, Naruto se leva et partit vers la chambre.
Une chose douce et molle s'écrasa sur Sasuke, lui bloquant un instant la vue. Un grognement mécontent lui échappa avant qu'il ne se rende compte de ce qu'il tenait entre ses mains.
- Couvre-toi, tu grelottes, commenta Naruto face au regard inquisiteur posé sur lui.
Retenant avec peine un petit soupir de bien être, Sasuke ne répondit pas et revint à son feuilleton télévisé, s'enroulant prestement dans sa couette colorée.
L'épisode de la série était terminé depuis longtemps, suivi d'il ne savait même plus quoi d'autre tellement ça avait été abrutissant. Une chose était sûre, le brun était bel et bien un drogué des feuilletons bien guimauves et innocents. Quelque part en cours de route, ce dernier avait d'ailleurs fini par s'assoupir, empaqueté dans l'étoffe, glissant peu à peu sur le canapé. Son souffle régulier effleurait maintenant le cou de Naruto qui n'avait pas osé le déranger, le poids de son ami à moitié écroulé sur lui, sa tête calée contre épaule.
Les nuits n'étant pas franchement de tout repos ces derniers temps, il était plus que normal, vu son état de fatigue et tout le reste, que Sasuke tombe endormi. Avec mille et une précaution et délicatesse, l'Uzumaki fit glisser la tête de son camarade fourbu sur ses genoux. Observant le visage tranquille et détendu, Naruto aurait souhaité que le brun arbore cette expression même éveillé. Il glissa une main dans les mèches sombres qu'il écarta du visage du dormeur avant de continuer à caresser la chevelure noir de jais qui tranchait sur son pantalon orange.
Comme à son habitude, et tout comme le jinchuriki l'avait remarqué non sans un certain amusement, son colocataire émit un petit grognement grave, proche du ronronnement béat, une ombre de sourire de contentement étirant le coin de la bouche fine et à peine rosée. Naruto sourit avec douceur, ses iris azurées glissant sur le corps allongé sur le flanc sous l'édredon qu'il remonta sur les épaules découvertes. Les pensées du jeune homme à la chevelure dorée en revinrent pour la énième fois au sujet de toutes ses attentions : Sasuke.
Comment aborder avec lui ce que visiblement ce dernier cherchait à tout prix à ignorer ? Comment lui faire comprendre qu'il n'était pas tout seul dans cette galère, et que justement ça pouvait devenir autre chose de bien plus beau qu'une galère ? Ils allaient avoir un bébé... dans quelques mois, ils deviendraient des parents... Ce constat était tellement étrange et encore tellement abstrait pour lui...
Le regard de Naruto descendit tout comme un peu plus tôt vers le ventre de son ancien coéquipier. Tsunade lui avait expliqué que le corps de Sasuke allait changer au fur et à mesure, mais tout ça lui avait paru lointain et incongru. Difficile de rapprocher l'image d'une femme enceinte, épanouie et au ventre bien rond, d'un brun buté et téméraire, fier et fort au combat... Pourtant, il l'avait bien vu tout à l'heure, de ses propres yeux. Le bébé était là et grandissait, donnant toute sa réalité aux paroles de la sannin légendaire.
La main de Naruto qui ne brossait pas les cheveux de son colocataire se leva avec lenteur, puis glissa sur le corps emmitouflé. Elle s'arrêta sur le flanc, au niveau de l'abdomen, aussi légère qu'une plume, presque tremblante. Le jinchuriki déglutit, pas vraiment à l'aise, presque comme s'il risquait de se faire mordre. Lentement, très lentement, sa main, sur le tissu coloré, plongea du flanc vers les abdominaux de Sasuke. L'un de ses doigts s'enfonça petit à petit sous le nombril, dans l'épaisseur de l'édredon qui entourait le dormeur.
C'était dur, pas mou, juste dur. Le ventre du possesseur du Sharingan était juste dur. Si une personne qui ne connaissait pas Sasuke le voyait aujourd'hui, il penserait sûrement que c'était un type ayant pris un poil trop de poids localisé à cet endroit. Rien ne signalait réellement la présence d'un petit être en train de grandir, bien à l'abri dans ce ventre. Naruto retira sa main comme s'il s'était brûlé, la réalité de cet enfant à venir devenant tout à coup un petit peu trop concrète. Il contempla le visage serein et le corps assoupi, tiraillé par tout un tas de pensées.
Sasuke était enceinte, il attendait un enfant, un enfant de lui, un bébé, leur bébé... qui était en train de se développer... là, juste là, très exactement là, dans l'abdomen de son meilleur ami... C'était réel, c'était bel et bien réel, ce n'était plus juste des mots. C'était physiquement là, pour de vrai. Ça commençait à être visible et même tangible... Ils allaient vraiment avoir un enfant, un petit bout de chou... lui et Sasuke... une progéniture, un môme avec des gênes Uchiwa et Uzumaki-Namikaze... Dit comme ça, ça paraissait complètement fou... et pourtant c'était bel et bien ce qui était en train de se produire... sauf si Sasuke décidait encore de faire des siennes.
Sasuke grogna légèrement dans son sommeil, une voix douce l'appelant avec insistance. Il ouvrit vaguement un œil, tombant sur la table basse et son vert criard. Malgré son état semi comateux, il comprit que la voix lui disait d'aller se coucher dans son lit... C'est vrai que ce n'était pas une mauvaise idée... Complètement léthargique, il s'extirpa du canapé et maintenant sa couette enroulée autour de lui, il prit, d'un pas traînant, la direction de sa chambre où il se laissa tomber sans la moindre grâce sur le matelas confortable, se rendormant aussitôt.
Naruto avait suivi, amusé, le brun plus qu'ensommeillé et ne put s'empêcher de ricaner doucement en le voyant s'effondrer comme une masse sur le lit. Cette cohabitation avait du bon, malgré toutes les difficultés, elle lui permettait de découvrir des aspects de la personnalité de son ami, qu'il n'avait jusque là jamais soupçonné. Certains l'énervaient plus qu'autre chose, d'autres l'amusaient fortement mais, au final, tous ces petits travers ne lui rendaient son colocataire que plus attachant.
~oOo~
- Ah ah ah ! Sakuran-chan ! Il ne faut pas exagérer non plus... Naruto, les joues rougies d'embarras, se grattait l'arrière de la nuque en riant.
- Je n'exagère pas du tout... Tu as été extraordinaire ce jour-là, lui répondit la jeune fille d'un ton péremptoire. Elle poursuivit d'une voix plus douce.
- Ce jour-là, je me suis rendue compte à quel point tu étais devenu fort... et tu avais carrément la classe avec ton manteau rouge et noir ! conclu t-elle d'un ton admiratif.
Les deux coéquipiers étaient assis côte à côte sur le canapé et discutaient en buvant un thé pour la jeune fille et un verre de jus de fruit pour le blond, évoquant des souvenirs communs. La kunoichi se pencha vers la table basse, y déposant délicatement sa tasse, puis elle se tourna vers son voisin et le fixa d'un regard tendre.
- J'ai vraiment eu peur de te perdre ce jour là... Pain était tellement fort, murmura t-elle.
Tendant la main, elle caressa du bout des doigts une joue marquées par trois cicatrices parallèles pareilles à des moustaches.
Surpris, Naruto ne réagit pas, appréciant la douceur surprenante de la jeune fille, peu habitué à un tel traitement de la part de celle-ci. Il lui fit un doux sourire, et répondit calmement.
- Mais j'étais plus fort que lui. Tout s'est bien fini, et c'est tout ce qui compte non ?
- Oui, tu as raison. Et puis je n'aurais pas dû être si surprise, tu m'avais déjà prouvé à de nombreuses reprises que tu étais très puissant. Mais c'est plus fort que moi, je m'inquiète pour toi... Je ne veux pas te perdre...
Sakura se mordit la lèvre inférieure, ses yeux verts plantés dans ceux bleus de son ami. Elle se pencha lentement vers lui, voyant le visage de celui-ci passer de la gêne à la surprise, avant de s'embraser comme un coquelicot. Déposant un léger baiser sur le front de Naruto, elle lui souffla :
- Tu comptes beaucoup pour moi... énormément même... Alors fais attention à toi, s'il te plaît.
- …..Promis... murmura le blond, choqué par le geste inattendu de sa coéquipière.
Se ré-engonçant dans le canapé, la jeune médic-nin sourit tendrement et reporta son attention sur sa tasse, alors qu'à ses côtés l'adolescent blond, les yeux écarquillés par la surprise, portait une main hésitante à son front. Il lui adressa un sourire timide quand elle le regarda, puis reprit le fil de la conversation comme si de rien n'était, parlant avec entrain et humour de sa première rencontre avec leur autre coéquipier, Saï.
L'innocente télécommande protesta vivement sous les coups de doigts rageurs qu'elle subissait de la part d'un brun, particulièrement énervé. Elle n'était en rien responsable de la mauvaise humeur du jeune homme qui la maniait, et elle n'appréciait que moyennement de lui servir de défouloir. Elle était fragile, un peu de délicatesse s'il vous plaît ! Mais ses protestations ne furent pas entendues par le concerné qui poursuivit son furieux écrasage de boutons.
Sasuke fulminait intérieurement, assis dans l'un des fauteuils du salon, zappant avec énervement d'une chaîne à l'autre, malmenant la pauvre télécommande, qui n'avait rien demandé à personne. Ce jour là, Naruto était rentré plus tôt que d'habitude de sa visite quotidienne à Tsunade, pour sa plus grande joie. Mais l'espoir de voir son ancienne coéquipière quitter la maison rapidement avait vite été balayé comme un fétu de paille quand ce baka de blond avait invité la jeune fille à prendre un thé, ce qu'elle avait accepté avec entrain.
La scène qui se déroulait sous ses yeux lui donnait la nausée. C'était quoi ça ? Pour qui elle se prenait cette cruche ? Naruto avait toujours été fort... Elle était bien la seule à ne pas s'en être aperçu avant... Même lui le savait, et ce bien avant de quitter le village. Bon il ne l'admettrait jamais à voix haute, mais il savait que le blond était puissant. Un adversaire digne de lui... Il n'y avait bien que cette fille... stupide pour ne pas l'avoir vu.
Et l'autre crétin qui rougissait bêtement ! Tss ! Mais qu'est-ce qu'il lui trouvait à cette fille ? Déjà plus jeune, il ne comprenait pas l'affection du blond pour la rosée. A part pleurnicher et lui courir après, elle ne savait pas faire grand chose. Ah si, il était mauvaise langue... elle savait critiquer le blond quoiqu'il fasse. Visiblement ça, ça avait bien changé durant son absence ! Depuis tout à l'heure, elle ne faisait que chanter les louanges du jinchuriki et énumérait toutes les choses soi-disant extraordinaires qu'il avait faites.
Bon il pouvait comprendre que la kunoichi soit persuadée que Naruto avait éliminé Deidara, il ne parlait toujours pas pendant les séances d'interrogatoires donc, bien évidemment, personne ne savait que le blond maniaque des explosifs était bêtement mort en s'explosant lui-même au terme d'un combat acharné dont lui, oui lui, et pas l'autre crétin,était ressorti vainqueur. Mais quand même !
Ses oreilles ne percevant plus le bruit de la conversation qu'entretenaient les deux autres, Sasuke coula un regard discret vers eux. Son cœur rata un battement alors qu'il voyait la jeune fille se pencher vers le visage du blond. Non, mais qu'est-ce qu'elle croyait faire celle là ?! Elle n'allait quand même pas...! Son cœur repris sa course à un rythme effréné quand les lèvres de la demoiselle se posèrent sur le front de Naruto.
Le brun se détourna rapidement de la scène, fronçant les sourcils face à l'étrange sentiment de soulagement qui l'avait envahi quand il avait vu Sakura embrasser le front du blond. C'était quoi ça ? Depuis quand était-il soulagé pour un truc comme ça ? S'il ne se connaissait pas aussi bien, il aurait presque pû se croire jaloux ! Bien vite, il chassa cette idée absurde... Lui jaloux de Naruto ? Parfaitement ridicule !
Le bruit de verre tapant contre la table attira son attention sur la tasse que venait de reprendre la jeune fille. SA tasse ! Celle dans laquelle il buvait son thé le matin, celle que Naruto lui avait offerte et qui était d'une couleur bleue particulièrement flashy. Bref, sa tasse que son ancienne coéquipière s'était appropriée sans lui demander son avis et avec l'accord du jinchuriki. Sentant l'énervement l'envahir un peu plus, Sasuke reporta son attention sur la télévision et la télécommande qu'il continua de malmener.
-... et Saï qui faisait constamment des remarques sur la taille de ton pénis ! Ah ah ah !
La phrase de la jeune fille, dite sur un ton moqueur, et suivie d'un éclat de rire qui ne couvrait pas complètement les bougonnements de Naruto, résonna aux oreilles Uchiwesques, la surprise manquant de faire s'étouffer avec sa salive le propriétaire des dites oreilles. Qu'est-ce que c'était que cette histoire encore ? Surtout que de ce que lui avait vu, partage de salle de bain oblige, le pénis en question était de taille tout à fait honorable.
Mais c'était quoi ces pensées ? Depuis quand, lui, Sasuke Uchiwa, pensait au pénis de l'usuratonkachi ? Surtout en termes élogieux... C'était officiel, il en avait marre ! Après son chakra et son corps, voilà qu'il perdait le contrôle de son esprit ! Il allait finir par devenir fou... Il ne voyait que ça comme explication... Saleté de truc qui lui bouffait l'organisme... Voilà, c'était ça, c'était la faute du truc...
- Oh, et tu te souviens quand... poursuivit Sakura, son bras se posant avec délicatesse sur le bras de Naruto, ses yeux de jade sur lui, emplis de guimauve.
Sasuke faillit bien casser la télécommande entre ses deux mains. Mais qu'est-ce qu'il avait l'autre débile là, il ne voyait pas qu'elle lui faisait du rentre dedans ? Plus Sasuke les regardait et plus il en était sûr, lui ! Et puis, il avait vu assez de romance à la télé pour savoir comment ça se passait ces trucs là, tous tendres et tous sucrés. Beurk !
Le brun détourna les yeux, son visage impassible troublé par un léger tic nerveux. Naruto, lui ne voyait rien, ne se rendait absolument pas compte ! De toute façon, il ne verrait même pas un éléphant dans un magasin de porcelaine cet imbécile. Il était là, planté comme un abruti, à lui faire des grands sourires et à discuter avec elle, des sourires immenses et lumineux... Sasuke déglutit difficilement. Si ça se trouvait, et après tout, c'était plus que probable, Naruto en pinçait toujours pour le bonbon rose qui se la jouait collante.
Il avait toujours eu une inclinaison particulière pour la jeune fille, déjà du temps où ils étaient tous les trois coéquipiers, alors si ça se trouvait, aujourd'hui, il l'aimait, comme dans tous ces films et ces feuilletons stupides qu'il avait regardé. Sasuke fronça les sourcils. Plus il y pensait et plus cette conclusion semblait être la bonne, la seule explication au fait que le blond supportait sans broncher tout ce cinéma gluant et semblait même heureux, heureux comme ça faisait des jours que le brun ne l'avait pas vu l'être.
Une pression douloureuse qu'il ne chercha pas plus à expliquer lui serra le cœur. En fait, c'était lui qui était de trop. Il avait été absent pendant si longtemps, il était normal qu'au final ces deux-là se soient rapprochés et s'entendent si bien. Lui de toute façon n'aurait jamais dû être là aujourd'hui. C'était un simple concours de circonstances, un malheureux hasard si ce jour là il avait croisé Naruto dans la forêt. Sans ça, il serait en route vers sa vengeance. Il ne serait pas là, il serait même à des kilomètres de là, en train de préparer l'élimination de tous les habitants de ce maudit village.
Le visage de Sasuke se froissa de rancœur. Il était fatigué de toute cette histoire. La séance d'aujourd'hui avec le ninja balafré l'avait laissé avec une migraine furieuse dont Naruto s'était occupé avant de partir, mais il la sentait repointer le bout de son nez. Il avait été si soulagé de voir Naruto rentrer plus tôt mais les voir tous les deux roucouler lui donnait maintenant la nausée. Pris d'une inspiration subite, l'Uchiwa éteignit la télé d'un geste plein de rage, le bruit des conversations des deux tourtereaux le poursuivant alors qu'il quittait péniblement le fauteuil pour se diriger vers la cuisine.
Faire la cuisine, voilà ce qu'il allait faire. Et, après quelques catastrophiques premiers essais, voilà au moins un domaine où il surpassait maintenant allègrement la rosée. Ses plats étaient de plus en plus comestibles, et bien meilleurs que ceux de Sakura. Ça, il en était certain ! Surpris par sa réaction puérile, Sasuke se mordilla la lèvre inférieure alors qu'il ouvrait distraitement son livre de recettes sur un plat quelconque, sortant à grand gestes brutaux ce dont il avait besoin pour la préparation. Se changer les idées, se changer les idées, se répéta t-il comme un mantra, se changer les idées sinon, il était à peu près sûr de se mettre à tout casser.
Il était fatigué de cette situation. Il était fatigué tout court d'ailleurs. Il continuait à mal dormir la nuit, et il en voulait à Naruto pour ça. L'idiot avait insisté pour voir un documentaire sur la protection des baleines, ce qu'il avait finalement accepté. Après tout, le blond se tapait bien son feuilleton sur son histoire de café là, sans rien dire. Alors il avait cédé, histoire de faire un geste exceptionnel. Mais voilà... Qui après, avait rêvé qu'il se retrouvait aussi gros et déformé qu'une baleine, échoué sur une plage, moribond, seul, les tripes à l'air alors que quelque chose qu'il ne distinguait pas vraiment s'éloignait de lui en rampant dans le sable ? Bibi, bien sûr !
Il lui avait fallu des heures pour se calmer et réussir à se rendormir, entre les bras de ce stupide baka en plus ! Sasuke abattit sans ménagement le couteau sur le pauvre champignon qu'il tenait sur la planche à découper. Il en avait marre, tout simplement marre... Marre d'être coincé ici avec ce truc dans le bide, marre d'être aussi faible, marre de tout ça. Il avait une vengeance à accomplir, un honneur à laver, et dans le sang en prime, s'il vous plaît !
Naruto raccompagna Sakura à la porte, se grattant l'arrière du crâne d'un air penaud. Les signes d'énervement du brun étaient si évidents, et il faisait tellement de bruit dans la cuisine que Sakura avait fini par comprendre qu'il était temps pour elle de prendre congé.
- Désolé, Sakura-chan.
- Y a pas de mal Naruto. Je comprends. Je sais comment il est. Ça doit être vraiment difficile pour toi. Tu te retrouves coincé ici à le surveiller comme du lait sur le feu, à lui servir de nourrice et à te plier à ses moindres caprices alors que tu devrais être en mission. Je parie que c'est pas vraiment la vie de ninja dont tu rêvais, hein ? Enfin... C'est comme ça. Allez j'y vais. A demain.
- … A demain.
Ils se séparèrent sur le pas de la porte, non sans un dernier sourire échangé. Naruto referma le battant, étouffant un soupir désabusé. C'est vrai que c'était pas tout à fait comme ça qu'il s'imaginait le retour de Sasuke à Konoha. Et c'était vrai aussi que les missions au grand air commençaient à lui manquer furieusement. Mais Sasuke était de retour, et plus important encore, ils allaient avoir un bébé, et ça, c'était tout ce qui comptait pour l'instant. Sa discussion avec la jeune fille lui avait fait plaisir, mais pour le moment il avait surtout un brun, visiblement à nouveau d'une humeur massacrante et passablement énervé, à calmer.
Naruto arrondit les yeux de surprise quand il arriva dans la cuisine. Sasuke était debout face au plan de travail, débitant avec des mouvements rageurs des morceaux de tofu puis des champignons en bouillie, la planche à découper se couvrant de stries profondes. Fronçant les sourcils, inquiet, il se rapprocha de la silhouette raidie qui abattait sa lame sans aucun merci sur les pauvres légumes.
- Sasuke, est ce que ça va ? demanda t-il à la figure fermée, concentrée sur sa tâche.
Oui, c'était de la faute de Naruto s'il se retrouvait dans cette situation désastreuse ! C'était lui le seul et unique responsable ! Qui avait perdu le contrôle sur cet enfoiré de renard, hein ? Qui ! Et comme par hasard, peu de temps après qu'il se soit débarrassé d'Orochimaru qui voulait faire de lui son réceptacle. Et après ça, il s'était coltiné Madara qui lui aussi mine de rien se servait de lui. Et maintenant, c'était ces vieux cons du conseils qui cherchaient à l'utiliser pour lui soutirer des informations. Et puis quoi encore ! Ah oui, en prime, alors qu'il pensait bien être débarrassé de ces histoires de devenir le réceptacle d'autrui, voilà qu'il était devenu l'incubateur d'une chose qui poussait dans son bide ! Mais merde à la fin ! C'était pas marqué : Hôtel du con sur son front, si ?!
Son couteau s'abattit avec encore plus de force sur le légume, victime de son ire. Son corps était à lui, merde ! Et puis, il en avait marre que tout le monde le croit assez stupide pour pouvoir l'utiliser et le manipuler comme bon leur semblait. Il était certes "enceinte", mais pas sourd ni aveugle, bon sang ! La lame fendit encore l'air avec rage. Une phrase de la Godaime lui revint en mémoire... Ils avaient appris pour Orochimaru, elle avait dépêchée des équipes fouiller les repaires et ils avaient ramené tout ce qu'ils avaient pu trouver, dont les parchemins où Kabuto consignait le fruit de ses expériences et de celles du serpent. C'est comme ça qu'elle avait compris ce qu'il lui arrivait...
Les sourcils du brun se froncèrent. Se pourrait-il... Se pourrait-il que le conseil ait eu vent de ces fâcheux effets secondaires... et se soit servit de cet idiot de blond comme appât, sachant pertinemment ce qui allait se passer ? Et si ça se trouvait... Si ça se trouvait Naruto avait reçu des instructions en ce sens là ? Laissant Kyuubi faire tout le sale boulot à sa place, trop lâche pour s'en charger lui-même ? Oh oui, quel magnifique tableau il formerait avec Sakura, une fois que lui aurait donné naissance à ce... à cette chose...
L'image de Naruto et de Sakura, en couple, pouponnant un bébé dépositaire à la fois des gênes de Naruto, de ceux des Uchiwa et du chakra de Kyuubi s'imposa dans son esprit, lui tordant les entrailles. Comment avait-il pu être aussi stupide, lui, de ne pas l'avoir réalisé plus tôt ! Toutes ces paroles, toutes ces promesses et ces gestes attentionnés ! Tout ça ce n'était que du vent pour le rassurer ! Ils avaient tout prévu depuis le départ ! Les salauds, les enfoirés ! Ils se servaient de lui depuis le début !
Son regard tomba sur sa main qui serrait convulsivement le large manche en bois. Comment avait-il pu être aussi aveugle ! C'était ça la finalité ! L'utiliser et récupérer le sang et les gênes de son clan. Ils ne s'embarrasseraient pas de menus détails et le tueraient s'il survivait à... à la naissance de cette chose qui nichait en lui, et il serait sûrement trop faible pour se défendre. Naruto se mettrait en ménage avec Sakura, récupérant son bien... fin de l'histoire. Il était un nukenin qui avait juré leur perte après tout. Et Konoha récupérerait une nouvelle génération de ninja surpuissant, poursuivant la lignée de la pupille à virgule qui aurait dû s'éteindre avec lui...
Le dos de sa main commença à se couvrir d'une lueur orangée, ses veines se mettant à saillir, les battements de son cœur devenant de plus en plus assourdissants au fur et à mesure que montait sa colère et sa hargne. Il ne se laisserait pas faire. Il ne les laisserait pas faire ! Il en avait marre que tout le monde se serve de lui comme d'une vulgaire poupée sans volonté. Il ne leur ferait pas ce plaisir ! Il les tuerait tous jusqu'au dernier ! Orochimaru, Kabuto et Danzo avaient déjà payé de leur vie le fait d'avoir voulu l'utiliser. Ils payeraient tous le même prix !
Sa fureur sanguinaire et vengeresse s'embrasa comme une torche alors que le chakra flamboyant le recouvrait comme une marée.
- Sasuke ! Sasuke ! Arrête, calme-toi !
Les exclamations inquiètes de Naruto parvinrent à ses oreilles. Un rictus mauvais étira la bouche du brun quand il tourna la tête vers celui-ci, ses crocs frôlant sa lèvre inférieure. Trop tard idiot, il avait tout compris. L'heure de la vengeance avait sonné !
Il ne serait pas un chien en laisse qu'on amène tranquillement à l'abattoir d'une main, tout en le caressant de l'autre, et en l'abreuvant de paroles rassurantes pour qu'il se tienne tranquille. Les autres au moins avaient eu le cran de se servir de lui sans arrières pensées, sans faux semblants trompeurs. Les liens, l'amitié, la tendresse et tout le reste, c'était pour les faibles. Les sentiments, c'était les armes des lâches !
Naruto ouvrit de grands yeux quand le chakra démoniaque commença à sourdre de la main qui s'était enfin arrêtée, abandonnant une bouillie de légumes réduits en charpie et une planche pratiquement fendue en deux. En une dernière enjambée, il fut tout proche de son ami et posa une main apaisante mais ferme sur le bras qui tenait toujours l'arme. Ce qu'il s'était passé dans le réduit revenant dans l'esprit du jinchuriki qui s'inquiéta encore plus de ce que l'Uchiwa avait en tête alors que le manteau du démon renard recouvrait le corps contracté à vitesse grand V.
- Sasuke ! Sasuke ! Arrête, calme-toi !
Le rictus sardonique accompagné de pupilles rouges le glaça. Il n'eut pas le temps de réagir quand Sasuke le repoussa férocement, l'envoyant durement cogner dans les placards. Naruto se redressa un peu sonné, alors qu'un grognement sauvage et furieux résonnait dans la pièce. L'Uchiwa se ramassa sur lui même, en position d'attaque, la lame d'acier, toujours entre ses doigts, pointée sur la cible de sa rage et de sa colère.
Tout était de sa faute ! Il lui avait menti dès le départ ! Naruto était le seul responsable ! Et ils étaient tous complices ! Il les tuerait tous ! Tous ! Jusqu'au dernier ! Il lui briserait d'abord les bras, puis les jambes, ensuite il lui ouvrirait le ventre comme un vulgaire poulet, et enfin, il écraserait sa gorge, il la tordrait et l'arracherait, la faisant sauter comme un vulgaire bouchon de champagne. Il le regarderait se vider de son sang, et quand il serait sûr qu'il était bien mort, il passerait à une autre victime, la première qui se présenterait à lui. Il continuerait, il continuerait encore et encore jusqu'à tous les éliminer un par un ! Jusqu'à vider totalement ce village de tous ces mécréants.
- Sas'ke ! Reprends-toi ! C'est pas toi ça ! Allez ! tenta Naruto en faisant face à son colocataire devenu un adversaire redoutable.
Ses paroles tombèrent dans l'oreille d'un sourd et Sasuke se jeta sur lui, sa lame en avant, ne faisant aucun mystère sur ses intentions. Le blond esquiva de justesse le couteau qui érafla son cou avant de se planter jusqu'à la garde dans le placard derrière lui. Une main griffue s'abattit sur sa gorge et s'empressa de la serrer.
Le blond se débattit avec force, tentant de repousser tant bien que mal son assaillant, réussissant finalement à se dégager de la poigne qui avait bien failli lui broyer les cordes vocales. Il fit un saut rapide sur le côté pour sortir au plus vite de l'espace étriqué de la cuisine, poursuivit par les bonds de son adversaire dans son dos. Mais quelle mouche avait bien pu le piquer celui là ! Qu'est-ce qui lui avait pris tout à coup ! Naruto esquiva une nouvelle attaque, roulant au sol pour ne pas finir poignardé par la lame qui le menaçait, réfléchissant à toute vitesse. Il ne pouvait pas se défendre correctement contre Sasuke, pas sans risquer de le blesser, tout ce qu'il pouvait faire c'était éviter ses coups et tenter de le raisonner.
Il était enceinte merde ! ll portait leur enfant ! Il ne voulait pas risquer de faire du mal au fœtus ni à son porteur. Et dire qu'il se traînait encore comme un vieillard sans force il n'y avait pas dix minutes ! Fais chier ! Là, il était vraiment mal. Visiblement, Sasuke avait la rage et il en avait clairement après lui.
- Sasuke, reprends-toi, bordel ! hurla Naruto.
Il tenta une nouvelle fois d'approcher le brun enragé, mais un coup de main griffue l'arrêta, l'obligeant à se déporter vivement sur le côté. Putain, c'est qu'il était rapide cet abruti ! Et infatigable... Il ne lui laissait pas une seconde de repos ! Le blond leva les mains devant son visage pour se protéger alors que le corps nimbé d'orange lui tombait lourdement dessus, le plaquant au sol sans douceur. Les griffes lui lacérèrent les avant-bras, faisant couler son sang. Poussant sur ses biceps, il réussit à repousser le brun et à se relever prestement, juste à temps pour esquiver une nouvelle fois les ongles acérés.
Sasuke voyait rouge, il avait envie de rouge. Répandre le sang, des litres de sang partout. Il voulait crépir de ce charmant liquide vermeil les murs de cette bicoque ! L'autre ne perdait rien pour attendre, il allait bien finir par l'attraper. Et quand il le tiendrait entre ses griffes, il le déchiquetterait en petits morceaux. La pulsion meurtrière fouetta ses sens et le brun se jeta une fois encore à l'attaque, manquant de peu sa cible alors qu'il brisait le kotetsu en s'écrasant lourdement dessus à quatre pattes, entraîné par son élan.
Naruto atterrit souplement sur le sol et repartit tout aussi tôt. Il s'éleva dans les airs et fit apparaître en quelques signes plusieurs clones qui se jetèrent sur Sasuke pour le plaquer au sol. Ce fut peine perdue. Son ami, mi homme mi renard, se débarrassa d'eux en quelques coups bien sentis, hurlant de rage alors que les clones se débattaient avec lui. L'Uzumaki recommença l'opération tout en esquivant une nouvelle fois un assaut brutal, multipliant cette fois le nombre de copies de lui-même.
C'était quoi ces mouches qui venaient se dresser entre lui et sa proie ? Parce qu'ils croyaient vraiment qu'il ne saurait pas distinguer l'original des copies ? Pour qui le prenait-il ? Il était Sasuke Uchiwa et avait toujours su différencier Naruto de ses clones ! Un cri bestial sorti de sa gorge quand l'une des copies lui attrapa la cheville droite. Se contorsionnant sur lui-même, il fit disparaître le moucheron d'un coup de pied puissant.
Naruto sauta sur le bar de la cuisine, esquivant un de ses clones que Sasuke avait lancé dans sa direction. A la dernière seconde, il vit le brun déchaîné surgir de la fumée provoquée par la dissipation du jutsu, il se laissa tomber de l'autre côté du bar ne posant ses pieds au sol que pour prendre son élan et passer par dessus son adversaire qui s'écrasa sur le meuble, le brisant au passage.
Leur affrontement ravagea l'intérieur douillet, les combattants détruisant tout sur leur passage, concentrés dans leurs stratégies respectives. Naruto s'ingéniait à repousser le brun et à fuir pendant que l'autre continuait à se jeter sur lui sans relâche, multipliant ses tentatives d'agression forcenée.
- Ah ! Merde... Sasuke, arrête !
Naruto chuta au sol sans douceur, son flanc portant la trace de sillons rouges qui transparaissaient à travers son vêtement déchiré. C'était pas passé loin cette fois. Une nouvelle vague de clones essuya un nouvel échec. Mais c'était qu'il était enragé le bestiaux ! Il allait bien finir par l'avoir s'il continuait à ce rythme. Et il restait complètement sourd à ce qu'il lui disait en plus, aussi hermétique qu'un bulot.
Sasuke se ramassa sur le sol sans le moindre effort et se lança à nouveau à l'attaque de l'espèce de zébulon orange, qu'il finirait bien par attraper d'une manière ou d'une autre, l'excitation du combat fouettant ses sens et l'enivrant de son doux parfum grisant. L'adrénaline pulsait, courant dans ses veines, démultipliant ses forces et sa réactivité. Sa hargne n'avait pas de limites, son envie de tuer était sans borne, l'obnubilant, l'hypnotisant totalement.
Tous les efforts de Naruto étaient concentrés en un seul but : trouver le moyen de calmer le brun complètement déchaîné qui lui courait après, visiblement bien décidé à lui faire la peau. Le problème étant que comparativement aux fois suivantes, il avait beau être proche de lui, lui parler, le toucher, pour tenter de juguler la crise, rien n'y faisait. Sasuke ne loupait pas une occasion de tenter de le réduire en bouillie et était loin de se calmer.
L'adresse du brun et son intelligence, qui en temps normal étaient déjà effrayantes et compliquées à gérer, alimentées par un chakra comme celui de Kyuubi étaient tout simplement effarantes. Même si ses mouvements étaient lourds et brutaux, bien loin de la grâce habituelle de combat de l'Uchiwa, ça ne l'empêchait pas pour autant de faire preuve de calcul et d'anticipation, épinglant Naruto dès qu'il commettait la moindre erreur ou relâchait sa vigilance.
- Aaahh ! geignit-il alors que Sasuke avait mis à profit une nouvelle ouverture, labourant sa cuisse de ses griffes.
On aurait presque dit que son adversaire prenait goût à cet échange belliqueux et jouait avec lui, comme un tigre avec sa proie, le griffant de ci de là, entamant sa chair sans lui porter le coup fatal, même s'il menait ses assauts avec violence et férocité.
- Putain, mais c'est pas vrai. Elle va durer encore longtemps cette crise ! Putain de teme ! Tu vas te calmer, oui ! Dans ton état en plus !
- Il ne t'entend plus, Gamin. Il est complètement dominé par la colère. Laisse-moi ta place. Je vais le calmer moi, cet abruti, gronda le démon renard dans la tête de son réceptacle.
- Certainement pas. Tu serais bien capable de l'assommer pour le faire tenir tranquille. Il manquerait plus qu'il ait le crâne fendu grâce à ta délicatesse !
- Ah ah, très drôle. En attendant, si tu ne prends pas très vite une décision un peu plus radicale, c'est toi qui va finir avec la tête comme une pastèque. Et vu sa hargne, ce sera pas beau à voir s'il t'attrape.
Déconcentré par sa petite discussion interne avec sa boule de poil, Naruto ne vit pas Sasuke se jeter sur lui à toute volée, surgissant brusquement de sur le côté. Le poids lourd qui s'abattit dans son estomac l'emporta avec lui vers l'arrière, lui coupant le souffle. Propulsés par la force de l'impact, les deux corps emmêlés traversèrent la fragile barrière de bois coulissante qui donnait sur le jardin, la faisant littéralement exploser en mille morceaux.
Le ninja à la chevelure dorée s'aplatit comme une crêpe sur le sol, le souffle court, un Sasuke bataillant presque immédiatement avec lui pour lui passer ses griffes à travers le corps alors qu'il venait de s'écraser sur lui avec violence. Un tigre de peinture fit son apparition, repoussant Sasuke et détournant son attention en l'attaquant, permettant à Naruto de récupérer et d'être brutalement tiré en arrière.
- Mais qu'est-ce que c'est que ce bordel ! grogna Shikamaru.
- N'intervenez pas ! Vous allez le blesser ! s'écria Naruto alors que l'Uchiwa forcené arrivait à bout de la bête d'encre et repartait à l'assaut de sa proie première.
- Si on ne fait pas très vite quelque chose, c'est toi qui va y passer, Naruto ! lui lança Kakashi alors qu'ils soutenaient la défense du blond et l'aidaient à résister à son assaillant déchaîné.
- Ne vous en mêlez pas. Je ne sais pas ce qu'il lui arrive, mais c'est entre lui et moi ! hurla le jeune shinobi tout en continuant à esquiver et fuir mais jamais bien loin du brun.
- Le problème, c'est que le chakra qui l'entoure ne semble pas prêt de s'épuiser, dit Neji, son Byakugan enclenché.
Perturbé par la présence de ses amis qui le gênaient, tout en maintenant Sasuke à distance, Naruto fit une nouvelle tentative d'approche toute aussi infructueuse que les autres.
- Sasuke ! Reprends-toi !
Les ongles acérés manquèrent de peu de lui labourer le ventre alors qu'il attrapait l'Uchiwa par les épaules. Il avait été sauvé de justesse par Sai et Neji.
- Bon, ça suffit maintenant. Tu as essayé et ça ne marche pas. On va changer d'approche, trancha Kakashi.
Naruto atterrit sur les fesses, passablement furieux. Il se releva d'un bond pour se lancer de nouveau vers son ami mais le capitaine de l'équipe le retint d'une poigne ferme.
- Naruto, ça suffit. Il faut qu'on tente autre chose. Ça ne sert à rien de continuer comme ça.
- Vous allez lui faire du mal ! Vous trouvez pas qu'il est pas assez esquinté comme ça ? s'emporta le concerné.
- Et bien moi, je le trouve plutôt en forme à l'heure actuelle, lâcha Neji.
- Yamato, Shikamaru, Sai, préparez vous. On va l'immobiliser, ça lui permettra de reprendre ses esprits sans risquer quoi que ce soit. Neji et Naruto avec moi, on va détourner son attention. Allez ! lança Kakashi d'un ton ferme.
Le plan de l'argenté fonctionna à merveille, à un détail près, Sasuke en mode mini kyubi n'eut aucun mal à leur tenir tête à tous les trois, poursuivant toujours en priorité Naruto et cherchant à le blesser à tout prix. Il fallut toute la dextérité de Yamato et de ses techniques Doton pour arriver à dompter la bête aveuglée par la haine et l'envie de détruire, et l'immobiliser par une technique d'encre de Sai et la prise de l'ombre de Shikamaru.
Alors que le brun, recouvert du manteau du démon renard, se retrouvait avec ses pieds soudainement encrés dans le sol, un ruban de bois en sortit et grimpa sur lui puis l'enserra, l'immobilisant totalement dans une prise reptilienne. Sasuke hurla de rage alors qu'il tombait lourdement au sol, totalement paralysé par l'emprise solide. Il se débâtit comme un beau diable, mais le bois qui l'encerclait, tournoyant tout autour de son corps, des pieds à la tête, ne bougea pas d'un iota.
- Voilà, maintenant tu vas pouvoir essayer de le calmer, dit calmement Kakashi, tout en posant une main compatissante sur l'épaule de Naruto.
Le ninja copieur observa, soulagé, le chakra du démon renard réparer à toute vitesse le corps du blond qui avait été pas mal malmené dans l'affrontement avec Sasuke. Le mangeur de ramen baissa la tête vers le sol, laissant un petit soupir vaincu lui échapper. Quand il la releva, un petit sourire triste se coula sur ses lèvres alors qu'il remerciait l'homme aguerri et ses amis.
- Je voudrais lui parler... mais, seul à seul... souffla Naruto, d'un air ennuyé.
- On comprend. Maintenant que Yamato le tient, on va t'arranger ça, rétorqua le chef d'équipe tout en ébouriffant les mèches blondes.
Il fit un petit signe de tête au ninja qui maîtrisait les techniques Mokuton comme personne et une multitude de tasseaux de bois mous sortirent du sol sous les gestes de ce dernier, tout autour de Sasuke qui grognait et hurlait toujours de fureur et d'impuissance.
Une toute petite maisonnette sortit du sol, faite d'une seule pièce, cachant Sasuke dans ses entrailles. Naruto regarda un à un les membres de l'équipes tout en se grattant l'arrière du crâne.
- Merci les gars.
- Y'a pas de quoi.
- Courage.
- De toute façon, il n'y a que toi qui peux lui faire reprendre ses esprits.
Puis il ouvrit la porte et entra, refermant derrière lui.
To be continued...
Commentaires des auteurs :
Voilà Sasuke est sorti de sa période larvaire ! Champagne ! Ah ben non, pas pour toi Sasu, t'es enceinte !
Bureau des plaintes et réclamations des personnages martyrisés :
Sasu atterré se tourne vers les deux auteurs, plongées dans un blind test spécial dessins animés.
- Donc les nausées, la fatigue, les migraines, mon goût pour les séries à l'eau de rose, les cauchemars, la transformation en mini-kyuubi, et en plus j'ai pris du bide ! Vous allez arrêter quand de me torturer ?
Sans un mot, ni se retourner, les deux tourmenteuses-de-Sasu-addict montrent leur front du doigt.
Sasu se penche et constate platement
- Il n'y a rien sur vos fronts !
Naru qui passait par là, ricane et lui tend un miroir.
- Pas le leur ! Le tien, Teme !
Après s'être regardé dans la glace, Sasu se retourne et demande d'une voix furibonde:
- Et ça veut dire quoi : VDOV ?
Sans lever le nez de leur écran les deux demoiselles, cause des malheurs de Sasu, répondent en chœur :
- Victime Désignée d'Office Volontaire !
Alors que Naru retient un Sasu furax qui menace de chidoriser les deux innocentes auteurs, Shikamaru arrive, regarde d'un air las la scène qui se joue sous ses yeux et se tourne vers les lecteurs.
- On passe un peu pour des cons nous dans cette fic, alors pour que ça change, et même si c'est galère, reviewez !
Rendez-vous au prochain chapitre, chapitre 9 : Tourner en rond
Un chemin qui semblait tout tracé et qui devient de plus en plus compliqué à suivre, Sasuke saura t-il s'y retrouver ? Et retrouver sa route ?
