Avertissement : Bon, on prévient les non-amateurs : il y a un peu de tripotage... dans une baignoire ! Alors oui, on sait, la baignoire ça peut choquer ! Mais on en avait envie, alors voilà !

Bonne Lecture !

Yzan et Lili.


~ Chemins de traverses ~

Chapitre 12 : … mais la retrouver.

- Je vais partir.

Sasuke fixa son ami qui se tenait face à lui et qui lui serrait le poignet dans une étreinte tremblante. Dans les yeux bleus, il vit passer tellement d'émotions : l'inquiétude, l'incompréhension, la trahison... et le désespoir. Il le savait, il allait lui faire du mal, mais c'était un mal nécessaire. C'était le seul moyen.

- … Qu... Quoi ?

Le murmure à peine audible sortit des lèvres tremblotantes de Naruto. Il avait l'impression que la terre s'ouvrait sous ses pieds. Sasuke allait partir ? Ce n'était pas possible... Il voulait l'abandonner... Comme la dernière fois... Sauf que là, visiblement, il le prévenait. Mais ça ne changeait rien... Il allait partir.

- Pas maintenant... Après la naissance, je partirai. Je te laisse le bébé, je suis sûr que tu t'en occuperas parfaitement. Je demanderai à Tsunade de sceller ses yeux pour qu'il ne développe jamais le sharingan, et je partirai.

Le brun parlait d'une voix calme et posée. Il avait longuement réfléchi et c'était la meilleure solution. Restait à en convaincre Naruto... ou pas. De toute manière, une fois le bébé né, il récupérerait ses facultés et rien ne l'empêcherait de partir, que le blond soit d'accord ou non.

- … Qu... Quoi …? Après... Sceller ses yeux... Je…

Le jinchuriki ne quittait pas du regard le visage pâle et fermé de Sasuke, il entendait les mots de celui-ci mais son esprit refusait de les comprendre. Une seule chose tournait en boucle dans sa tête : Sasuke allait partir... Il allait le laisser seul... Seul avec leur enfant... Il allait partir, encore... Une colère désespérée monta en lui, sa main se referma sur le poignet fin du brun avec plus de force.

Le jeune Uchiwa retint une grimace en sentant les doigts du blond enserrer si fort son articulation qu'il crut qu'elle allait se briser. Le regard océan, qui lui faisait face, passa du désespoir à une fureur qui déchaîna les lagons azurés. Il ne cilla pas, ne bougea pas. Il savait déjà que son ami n'accepterait pas sa décision et que lui faire entendre raison serait difficile. Mais, sa décision était prise... et il comptait s'y tenir. C'était sa vie, la sienne. Il avait fait son choix.

- Je ne te laisserai pas partir... Ni aujourd'hui... Ni demain... Ni jamais !

La voix grave et sourde fut presque un grognement tant la rage qu'elle contenait était grande. Non, il ne le laisserait jamais partir, il ne le laisserait jamais le quitter... encore une fois. Il avait trop souffert la première fois. Face à lui, le visage pâle encadré de cheveux noirs que la pluie avait plaquée sur son profil altier, Sasuke le fixait d'un regard dur et déterminé.

- Et c'est quoi cette connerie de me laisser le bébé et de sceller ses yeux... Donne-moi une raison, rien qu'une raison de faire ça ! Pourquoi ne pourrait-on pas rester tous les trois ? Répond, Teme !

Le cri qui conclut la tirade de l'Uzumaki fut suivi d'un grand silence pendant lequel les deux jeunes hommes se défièrent du regard, des gouttes d'eau s'écrasant sur leurs visages frémissants. Aucun d'eux ne voulait lâcher prise.

Finalement, ce fut le jeune homme à la silhouette arrondie qui prit la parole, tranchant l'espace entre eux de ses mots acerbes, sa voix aussi polaire et détachée qu'un hiver en Sibérie.

- Si tu ne le comprends pas par toi-même, c'est que tu es d'une naïveté affligeante.

Naruto fronça les sourcils et resserra un peu plus sa prise sur le poignet fragile de son camarade. S'il devait lui briser bras et jambes pour qu'il reste, qu'à cela ne tienne ! Il le ferait !

- En quoi est-ce naïf de croire que l'on puisse former une famille, toi et moi avec ce bébé ? En quoi est-ce affligeant de vouloir garder la personne qui compte le plus auprès de soi ? La seule chose que je comprends, c'est que tu veux partir ! Tu veux nous abandonner encore ! Et je ne te laisserai pas faire ! Tu peux comprendre ça, toi qui est si intelligent ?!

La pluie battante sembla redoubler d'ardeur alors que le jinchuriki hurlait sa colère et sa détresse dans le parc noyé d'obscurité.

Le brun ne broncha pas, dévisageant, impassible, le visage déformé par la fureur et le chagrin de son ami. Cet idiot ne savait pas de quoi il parlait ! Pourquoi ne voulait-il pas admettre que ce serai plus simple ainsi ? Avait-il peur à ce point qu'il n'attaque le village et ne massacre tous les habitants ? Si ce n'était que ça... Il allait le soulager de ce soucis.

- Je partirai... Et je te promet de ne pas revenir pour assouvir ma vengeance sur les habitants du village. Seuls les membres du conseil devront répondre de leurs actes envers mon clan et mon frère.

Les mots prononcés d'une voix froide et presque solennelle ne firent qu'augmenter le désespoir du blond. Cet enfoiré buté ne comprenait rien, rien à rien. Un feulement presque bestial retentit, le blond ouvrant la bouche pour faire comprendre son point de vue à celui qui lui déchirait le coeur; un ouragan de fureur, de douleur et d'amertume étreignant sa gorge.

- La seule promesse que j'attends de toi... C'est que tu restes à mes côtés... Pour toujours !

- Ouvre les yeux ! Ce n'est pas possible ! Et le plus tôt tu le comprendras, mieux ce sera, lui rétorqua la voix glaciale et atone, à peine sensible à la détresse de celui qui lui faisait face. L'océan bleu, noyé de peine et d'animosité, luisit d'une ombre orangée.

- Je ne te laisserai pas partir ! Je te briserai les jambes ou les reins s'il le faut ! Tu ne quitteras pas ce village une deuxième fois ! Je ne te laisserai pas t'enfuir ! Je ne te laisserai pas nous tourner le dos ! M'abandonner ! Ni abandonner notre bébé ! Et si c'est vraiment ce que tu comptes faire alors tue-moi ! Tue-moi Sasuke ! Parce que... je n'y survivrai pas...

La fin de la tirade fut un murmure suppliant qui atteignit le jeune Uchiwa en plein cœur. Tuer Naruto ? Il n'avait jamais pu, et certainement qu'il ne le pourrait jamais. Mais il ne pouvait pas rester, pas ici, pas comme ça. C'était impossible. Était-il condamné à faire souffrir tous les gens qui comptaient pour lui ? N'y avait-il donc aucune solution ? Une idée folle, qu'il avait écartée, lui revint à l'esprit, et dans un souffle il osa l'énoncer.

- Alors... viens avec moi…

Les yeux bleus noyés de larmes rageuses et amères s'écarquillèrent de surprise et le fixèrent sans comprendre. Le brun hésita un instant avant d'expliquer.

- On pourrait partir... tous les trois... Toi, moi et le bébé. On s'installerait ailleurs... dans un autre village. On pourrait...

Le souffle fragile s'éteignit dans un ricanement amer. Le brun secoua lentement la tête et reprit d'une voix lugubre, ourlée de dérision et de regrets :

- Non... Même ça, c'est impossible. Tu ne renonceras jamais à ton rêve, tu refuseras toujours de quitter Konoha. Et moi... Moi, je ne peux pas y vivre... Je le sais... Tu le sais aussi... Accepte le ! Laisse-moi partir après la naissance. Si tu m'aimes, laisse-moi partir...

Naruto fixa son ami, si cher à son cœur, perdu. Il voulait partir, mais… Il aurait voulu les emmener avec lui ? Donc s'il ne partait pas à cause de lui... ou du bébé …. Pourquoi ? Sa vengeance ? Il était prêt à lui promettre d'y renoncer... du moins en partie... Alors pourquoi ? Pourquoi ne pourrait-il pas vivre ici ? Avec lui ?

- … Pourquoi ? souffla-t-il en baissant la tête.

- Pourquoi ?

Sa voix était plus forte et assurée. Il releva la tête d'un coup, fixant ses prunelles impérieuses dans celles fatalistes de Sasuke.

- Pourquoi ne pourrais-tu pas rester ici avec moi ? Pourquoi ? Comment veux-tu que j'accepte quelque chose comme ça ? Donne moi une vrai raison de priver NOTRE enfant d'une famille, ici, à Konoha ! POURQUOI ? POURQUOI alors que tu es prêt à vivre ailleurs avec nous ?

La colère commença à bouillir dans les veines du jeune Uchiwa. Cet imbécile têtu et borné ne voulait pas comprendre, il ne voulait rien comprendre. Il ne lui demandait pourtant pas grand chose. Juste de le laisser partir, loin d'ici. Et puis, ce n'était pas comme s'il allait être complètement seul. Ce crétin avait une multitude d'amis tous prêt à tout pour l'aider et le soutenir. Pourquoi refusait-il de comprendre ?

- Répond moi, Sasuke ! Pourquoi ? Si ce n'est pas à cause de moi ou du bébé... Pourquoi ? RÉPOND MOI TEME !

Les hurlements de Naruto finirent par avoir raison du calme du brun. Plantant ses iris noirs dans ceux si bleus de son vis-à-vis, il lui cracha d'une voix où la colère ne suffisait pas à masquer l'affliction inconsolable de l'adolescent.

- Pour vous, Baka ! Je dois partir… pour toi... pour le bébé ! Comment crois-tu que les gens réagiront quand ils sauront que tu as un enfant avec moi, un autre homme... pire... Un nukenin ! Un Uchiwa ! Crois-tu pouvoir devenir Hokage malgré ça ? Jamais ! Les gens ne te regarderont plus comme le héros qui a sauvé leur village, mais comme un traître, un pestiféré, un monstre ! Tout ce que tu auras fait jusque là sera réduit à néant ! Et l'enfant en subira aussi les conséquences !

Surpris par la puissance du désespoir malheureux contenu dans la voix de son ancien coéquipier, Naruto recula d'un pas, ne lâchant pourtant pas le poignet qu'il serrait toujours entre ses doigts.

- Ce bébé. Je ne suis même pas sûr de pouvoir l'aimer. Et pour les autres, il sera l'enfant de deux hommes ! Il sera la risée de tout le village ! Il sera rejeté, humilié ! Tu sais ce que ça fait non ? Tu veux qu'il connaisse ça lui aussi ? Cette solitude ? Cette souffrance ?

Incapable de proférer un seul mot, le jinchuriki ne put que secouer la tête de gauche à droite, ne quittant pas des yeux les orbes sombres qui le clouaient sur place tout en s'embuant de larmes.

- Il sera un Uchiwa ! Le dernier descendant de ce clan maudit et exécré par ce foutu village ! Si je pars, il n'aura pas ce poids à porter. En scellant ses yeux, personne ne saura jamais qu'il est un Uchiwa. Et tu n'aura qu'à inventer une histoire sur une mère imaginaire, morte en couche. Ce sera juste le gosse du jinchuriki, le héros du village. Et ce sera déjà bien assez.

Ne laissant pas le temps au blond de l'interrompre, le brun poursuivit d'un ton plus dur et plus amer.

- Et moi ! J'ai tout perdu à cause des dirigeants de ce village ! Et pourquoi, hein ? Pour la paix ? Parce qu'il n'y avait vraiment aucun moyen d'éviter ça ? Ils n'ont même pas cherché ! Tu sais ce que Danzo cachait sous ses bandages ? DES SHARINGAN ! Et il me l'a dit lui-même, il les a obtenu CE JOUR LA ! Voilà pourquoi ma famille a été massacrée : pour ses yeux ! Ses yeux et la cupidité de vieux séniles ! Pas au nom d'une paix quelconque ! ET TU VEUX QUE JE RESTE ICI ? TU CROIS VRAIMENT QUE JE PEUX RESTER ICI ?

Sasuke ferma les yeux et passa une main lasse dans ses cheveux trempés, frissonnant dans son kimono gorgé d'eau. Il releva les yeux pour les planter dans l'océan bleu plus si décidé ni si colérique de son vis-à-vis.

- J'aurai déjà de la chance si je ressors vivant de l'accouchement... Et le conseil ne laissera pas filer une occasion pareille... Qu'est-ce que tu crois ? Que Tsunade pourra tout régler d'un coup de baguette magique ? Non, Naruto. Il n'y a pas de solution miracle. Je ne peux pas vivre ici, et pour le salut de notre enfant, il vaudrait mieux que personne ne sache jamais qui il est vraiment. Tu sais que j'ai raison. Je ne peux pas rester. Tu dois me laisser partir. Et si je meurs, je veux que tu me promettes de faire sceller ses yeux, ainsi il sera à l'abri.

Naruto fixa un long moment son ami sans rien dire, prenant toute la mesure du discours de celui-ci. Ce n'était pas une décision prise sur un coup de tête, c'était réfléchi. Sasuke avait envisagé des choses auxquelles lui-même n'avait jamais pensé, trop obnubilé par l'idée qu'il allait fonder une famille avec celui qu'il aimait. Pourtant, malgré les arguments implacables du brun, il ne pouvait se résoudre à céder à sa requête.

Il voulait y croire ! Il voulait vivre avec Sasuke et leur bébé à Konoha. Il pouvait faire changer les choses ! Il n'était pas l'hôte de Kyuubi pour rien, il ne s'était pas entraîné comme un acharné pendant toutes ces années pour rien ! Il avait atteint le mode ermite et avait même fusionné avec sa démoniaque boule de poil ! Il était le ninja le plus fort de Konoha, et un jour il serait à la tête du village, forçant le respect de tous les habitants. Il changerait les choses ! Oui, il les changerait pour que Sasuke et leur enfant puisse vivre ici, avec lui ! Pas ailleurs, ici, tous les trois, ensemble ! Et il défiait bien quiconque de toucher à un seul de leurs cheveux !

Fort de cette résolution, il ancra des yeux décidés dans les orbes sombres de son ami, et lui dit d'un ton ferme :

- Je changerai les choses ! Je deviendrai Hokage, j'y arriverai. Je te le promets ! Et je changerai les choses ! Personne ne vous fera de mal, ni à toi, ni au bébé. Je vous protégerai ! Je ferai virer les vieux du conseils, et plus jamais la tragédie que tu as connu ne se renouvellera ! J'y veillerai personnellement ! Mais réussir tout ça... je n'y arriverai pas sans toi ! J'ai besoin que tu sois là, à mes côtés. Parce que tu es la raison pour laquelle je me suis autant entraîné et autant battu. Si je suis si fort aujourd'hui, c'est grâce à toi, Sasuke ! C'est pour toi que j'ai fait tout ça !

Voyant, à travers les iris noirs, que ses mots atteignaient le cœur de ce jeune homme qui était son moteur depuis si longtemps, le blond adoucit sa voix et se rapprocha du corps engoncé dans un kimono blanc, rendu transparent par la pluie que le ciel d'un noir d'encre continuait de déverser sur eux. Sa prise autour du poignet gracile se relâcha, alors que sa main remontait le long du bras fin en une infime caresse jusqu'au cou, où elle se posa doucement.

- Je te le promets ! Et tu sais que je ne reviens jamais sur une promesse ! Je veux qu'on vive ensemble, comme une vraie famille. Et personne, tu entends, personne n'aura aucune raison de se moquer de notre bébé ou de vous faire du mal... Il sera l'enfant le plus heureux et le plus aimé du monde. Je sais que tu feras un excellent père malgré tout. Et je trouverai une solution pour le conseil. On sera heureux, Sas'ke... Ensemble... Fais-moi confiance ! Fais-nous confiance ! Laisse-moi une chance de te prouver que c'est possible... S'il-te-plaît... Sas'ke...

Le blond avait fini sa tirade par un chuchotement suppliant, crispant sa main sur le cou pâle, ses yeux implorants plongés dans ceux troublés du brun. Pouvait-il lui faire confiance ? Arriverait-il vraiment à réaliser son rêve et à changer les choses ? C'était Naruto... Naruto qui tenait toujours ses promesses, même les plus irréalisables. Naruto qui ne renonçait jamais. Naruto qui le regardait avec tellement d'affection. Peut-être... Peut-être pouvait-il … lui donner une chance. Juste une. Peut-être... Peut-être que c'était possible. Mais avait-il, lui, envie d'y croire ?

Naruto sentit la résolution de celui qui représentait tout à ses yeux faiblir. La lueur d'hésitation qui brilla dans les yeux noirs, il s'y accrocha de toutes ses forces. Il devait le convaincre. Le jinchuriki prit l'autre main fine, caressant la peau glacée. Il la posa contre son coeur, la couvrant de la sienne.

- Je t'aime. Je t'aime, Sasuke. Je t'aime plus que tout... Mais t'avoir dans mon cœur ne me suffit plus. Je veux que tu sois là, avec moi, à mes côtés, chaque jour. Je veux te rendre heureux, et je sais que je le peux. Mais je ne peux le faire que si tu es là, avec moi. Et quand je serai devenu Hokage, je déposerai le village à tes pieds, si c'est ce que tu veux. Je t'aime...

Sasuke sentait ce coeur battre sous sa main, la tiédeur de cette peau contre la sienne sur sa joue. Sa vue embuée de larmes et de pluie plongea dans cet océan d'un bleu limpide, chargé de tendresse, de certitude et d'assurance. Il n'avait jamais douté de Naruto. Naruto ne l'avait jamais trahi, ne l'avait jamais laissé tomber, ne lui avait jamais tourné le dos... Il n'avait qu'une parole et avançait toujours, sans jamais rien lâcher, vers son but, quoi qu'il arrive. Naruto lui avait promis... et il croyait en lui... Il avait toujours cru en lui... Il serait Hokage, le plus grand de tous les Hokage ! Mais cela changerait-il vraiment les choses ?

Un fin sourire se dessina sur les lèvres du blond et il rajouta d'un ton un peu plus léger.

- Je veux que toutes les nuits tu me confondes avec un nounours, je veux goûter chaque plat que tu cuisineras, même si ça doit me rendre malade, je veux me disputer avec toi pour des trucs aussi futiles que la couleur d'un mur ou la place d'un canapé, je veux t'entendre râler après notre bébé qui n'aura pas rangé sa chambre. Je veux te voir sourire, t'entendre rire. Et faire que chaque jour de ta vie soit meilleur que le précédent.

Rire ? Sourire ? Il y avait si longtemps que cela ne lui était pas arrivé, qu'il n'était même pas sûr de savoir encore comment faire. Et comment ça, il le confondait avec un nounours ? Pas du tout ! C'était juste qu'il avait froid parce que ce crétin piquait toute la couette ! Et il cuisinait très bien merci beaucoup ! Le bébé... Leur bébé... Non, il ne devait pas se laisser attendrir ! Sa décision était prise ! Et ce n'était pas avec des déclarations enflammées que Naruto le ferait fléchir... n'est-ce pas ? Il était un ninja, un Uchiwa...

Naruto colla son front trempé contre celui tout aussi humide du brun, les yeux noirs sondant les iris bleus si pleins d'assurance et de sentiments profonds.

- Je t'ai promis d'emporter ta haine avec moi dans la tombe... Tu t'en souviens ? Alors toute ta haine, toute ta souffrance, toute tes ténèbres, je les prends avec moi maintenant. Et quand on sera très vieux, tellement vieux qu'on aura plus de dents... on mourra ensemble, comme je te l'ai promis. Et j'emporterai tout ça avec moi. A la place, je te donne tout mon amour, toutes mes joies, toute ma lumière, et quand tu mourras... c'est ça que tu emporteras avec toi. Ça, et rien d'autre.

Prendre sa haine avec lui ? Remplacer ses ténèbres par de la lumière ? C'était vraiment possible ? Il avait confiance en Naruto. Il avait toujours eu confiance en lui. Naruto était quelqu'un sur qui il pouvait compter les yeux fermés, et c'était le seul. Ça avait toujours été comme ça. Toujours... Naruto ne laissait jamais tomber, il était toujours là. C'était comme ça qu'il était et il ne changerait pas. Il pouvait se fier au blond. Même s'ils se battaient, même s'il l'avait trahi... Naruto avait toujours été là, juste derrière lui. Et Sasuke savait qu'il pouvait lui faire confiance. Alors s'il lui promettait que tout s'arrangerait, que tout irait bien dans le meilleur des mondes, il pouvait le croire... Naruto n'avait qu'une parole et allait toujours jusqu'au bout... et Sasuke avait confiance en lui, il avait toujours eu confiance...

Resserrant sa prise sur la main pâle posée sur son cœur, Naruto caressa de son autre main la mâchoire contractée de Sasuke. L'hésitation teintée d'un peu d'envie qu'il voyait dans les si beaux yeux noirs de son brun le poussa à poursuivre son laïus. Il voulait le convaincre que c'était auprès de lui qu'était sa place... et nulle part ailleurs.

- Je sais à quel point ce doit être difficile pour toi de devoir être ici, à Konoha. Mais la vengeance n'est pas la solution. Sas'ke. Ton frère... Itachi... Il s'est sacrifié pour toi. Pour que tu vives et que tu sois heureux. Je le sais. Et tu le sais aussi... Sas'ke, tout ceux qui t'aiment et qui ne sont plus de ce monde... Ils ne veulent qu'une chose : Que tu sois heureux, que tu trouves le bonheur. Tsunade redorera le nom de ton frère, elle le fera reconnaître comme le héros qu'il est.

Sasuke baissa les yeux et mordilla sa lèvre inférieure de plus en plus tremblante. Le coin de ses paupières devint de plus en plus humide. Il savait que le blond avait raison. Oui, tout au fond de lui, il savait qu'Itachi aurait voulu qu'il vive et qu'il trouve le bonheur, la paix, auquel lui n'avait pas eu droit. Ébranlé au plus profond de son être par les paroles si pleines d'adoration, de confiance et de volonté, le descendant de ce clan, qui avait été décimé par ce village honni, vacilla sur ses convictions. Son coeur se serra d'une tristesse mêlée d'espoir.

Le pouce tanné suivit l'angle de la pommette, les yeux bleus brûlants de conviction ne lâchant plus les pupilles noires de plus en plus incertaines.

- Quelle plus belle vengeance pourrais-tu avoir que de poursuivre ta lignée, ici à Konoha... A l'endroit même où elle a failli s'éteindre. Élever un enfant ici, ne serait-ce pas la plus belle des revanches ? Faire en sorte que le clan Uchiwa renaisse de ses cendres, Sas'ke... A nous deux, on peut leur tenir tête et leur faire ravaler leur arrogance. Je vais prendre soin de toi, de notre enfant, de notre famille, et on sera heureux, tellement heureux que ces vieux débris s'étoufferont de jalousie.

Il avait envie d'y croire. Il avait envie de se raccrocher à cette lumière. Naruto avait raison... Naruto avait mille fois raison... Il était fatigué de se battre, il était fatigué de lutter contre ses démons intérieurs. Pourquoi ne pourrait-il pas vivre tout simplement ? Naruto était un rayon de soleil dans ses ténèbres. Saisir cette occasion de tout reconstruire était possible... c'était forcément possible... avec Naruto. Avec lui, tout était possible. Ils pourraient avoir leur enfant et l'élever ici... en famille... tous les deux. C'était une autre forme de vengeance, mais s'en était une quand même... n'est-ce pas ? Et tout irait bien... Tout se passerait bien...

Naruto ne lâchait pas les orbes sombres troublées de celui sans qui il ne s'imaginait plus vivre. Il devait comprendre, il devait céder. Il devait rester... près de lui... Ici à Konoha. Le blond espéra de toutes ses forces que ses mots avaient atteint le coeur du brun. C'était la seule chose qui comptait à l'heure actuelle ! Sa vie était suspendue aux lèvres désespérément closes du futur père de cet enfant à venir... de celui autour duquel toute sa vie tournait depuis des années.

Les esprits tourmentés de sa famille s'apaiseraient... Il cesserait d'avancer sur ce chemin sombre et vide, pavé de sang... Le chemin que Naruto lui ouvrait était lumineux et clair, pavé de chaleur, d'épanouissement et de sourires. Et le blond n'attendait que lui pour l'arpenter... Vivre avec son enfant, élever son enfant à Konoha... avec Naruto... Naruto qui ferait tout pour qu'il ne soit plus triste, qu'il ne soit plus malheureux, qu'il ne soit plus consumé par la vengeance...

Cette attente était insoutenable ! Le trouble dans les yeux noirs grandissait mais aucun mot ne venait, aucune réaction... Naruto aurait tout donné, tout, pour avoir le pouvoir de lire dans l'esprit impénétrable de cet homme qui était si proche de lui et pourtant si inatteignable. Il voulait tellement qu'il puisse voir les choses comme lui. Il lui donnerait ses yeux, son coeur, tout... Mais c'était impossible ! L'esprit du brun lui restait inaccessible.

Être heureux ? Pouvait-il vraiment l'être ? Ne plus être rongé par ce désir de vengeance, ne plus être hanté par les images de ce soir là ? Tous ces corps ensanglantés, les cadavres de ses parents, les mots de son frère... C'était possible ? Le bleu des yeux de celui qui lui broyait toujours le poignet l'aspira dans un tourbillon d'émotions. Naruto... Il était sûr de lui... Il n'avait aucun doute … Et lui, il avait confiance en lui, non ? Tellement confiance... Ce fut à cet instant que Sasuke comprit... Il était perdu...

Dès l'instant où le blond avait plongé ses yeux dans les siens... Il était perdu. Il ne pouvait plus, ne voulait plus, lutter contre ce blond trop sincère et honnête, souvent idiot, constamment impulsif, mais si franc et entier. Les murs derrière lesquels il avait enfermé son âme vulnérable et blessée s'effondrèrent. Il savait que sa paix intérieure, son équilibre, résidaient dans ces yeux là... Il l'avait toujours su, et c'était sans doute ce qui l'avait poussé à partir plus jeune, effrayé par cette idée, cette faiblesse.

Les jambes du futur père faiblirent et finirent par céder alors qu'il se mettait à frissonner violemment de froid. Il manqua chuter au sol, mais le jinchuriki le rattrapa et referma une étreinte puissante autour de lui. Sasuke s'accrocha soudain avec brusquerie au cou bronzé, comme un naufragé, des sanglots libérateurs franchissant enfin la digue qu'il avait dressé entre lui et ses sentiments profonds, et qui venait de se rompre.

Naruto le serra aussi fort qu'il le put contre lui. Petit à petit, il l'entraîna vers la maison, cahin-caha, consolant son amour éperdu à grand renfort de gestes et de mots tendres, tout en l'emmenant avec lui, serré contre son torse. Sasuke était trempé jusqu'aux os, tout comme lui, glacé, et risquait bien d'attraper un bon gros rhume voire pire, et dans son état autant éviter. Il devait se dépêcher de faire très vite quelque chose.

Tant bien que mal, ils pénétrèrent dans la maison éclairée, le jinchuriki n'ayant pas prit le temps d'éteindre les lumières derrière lui lors de sa course effrénée pour retrouver le brun. La douce chaleur qui régnait dans la maison le réchauffa mais ses vêtements trempés lui collaient à la peau, et les tremblements de celui qu'il gardait précieusement dans ses bras n'étaient pas seulement dû aux sanglots qu'il déversait dans son cou. Prenant soin de ne pas se cogner dans le mobilier, l'adolescent se dirigea vers la salle de bain, maintenant toujours contre lui le corps frissonnant de l'élu de son coeur.

Arrivé dans la pièce décorée de carreaux multicolores, Naruto détacha doucement Sasuke de lui, sans pour autant s'éloigner, et saisit une grande serviette de bain qu'il enroula immédiatement autour du corps arrondi du brun.

- Tu es trempé... Il faut te sécher, sinon tu vas attraper froid, lui dit-il doucement. Tu devrais enlever ton kimono aussi.

Sasuke leva les yeux, fixant le blond en silence. L'Uzumaki observa le visage aux traits fins et altiers qui lui faisait face. Les yeux rougis par les larmes qui coulaient encore, silencieuses, sur les joues blêmes, les lèvres finement ourlées qui tremblotaient, légèrement bleuies par le froid, les cheveux noirs plaqués par l'eau autour de sa figure, le menton volontaire, tout ce qui faisait que le blond le trouvait à la fois si fort et si fragile.

Perdu dans sa contemplation, il fut surpris de sentir le bas de son tee-shirt être relevé.

- Toi aussi tu es trempé...

La voix grave et calme lui fit porter son attention sur les mains fines qui s'évertuaient à le déshabiller. C'était vrai qu'il était sorti sans prendre le temps de se couvrir, restant en tenue de nuit, un tee-shirt et un caleçon, et qu'il était complètement trempé.

- Je peux me déshabiller tout seul, tu sais, dit-il avec un sourire alors que le bout de tissu lui passait par dessus la tête.

-... Hmpff...

Naruto rit doucement à la réponse de Sasuke. Une étoffe pelucheuse lui atterrit sur la tête et quand il l'enleva, prêt à protester, ses mots moururent sur ses lèvres.

Debout devant lui, Sasuke se débattait avec le noeud de son obi, ses doigts tremblants peinant à défaire les boucles du lien qui passait sous son ventre protubérant. Le tissu blanc de son kimono, rendu transparent par la pluie, ne cachait rien de l'anatomie du futur père, seul le boxer sombre masquait encore un tant soit peu le corps pâle. Entendant son colocataire jurer, le jinchuriki se précipita à ses côté, chassant les mains fines pour dénouer lui-même la ceinture.

Le obi se relâcha, libérant les pans du vêtements qui s'ouvrirent lentement, alourdis par le poids de l'eau dont ils étaient imbibés, dévoilant la peau blême couverte de chair de poule. Les deux jeunes gens ne se quittaient pas du regard, perdus dans les yeux l'un de l'autre, semblant hésiter sur la suite des évènements. Un frisson fit claquer des dents le plus brun des deux, les sortant de leur état de transe contemplative. Prenant la serviette qu'il avait négligemment posé sur son épaule le blond entreprit de sécher vigoureusement la chevelure noire de son ami, lui conseillant de finir de se déshabiller rapidement pour ne pas choper la mort.

Le brun grimaça sous le traitement imposé à son cuir chevelu et ôta les manches de son kimono qui tomba lourdement au sol. A peine le vêtement eut-il touché le carrelage à ses pieds qu'une grande étoffe pelucheuse enveloppa son corps transi et que de grandes mains puissantes le frictionnèrent sans ménagement. Sasuke fixa un regard curieux et troublé sur le visage de Naruto, notant les joues rougies et les yeux fuyants.

Il avait été surpris du soudain changement d'attitude du jinchuriki. Quelques minutes à peine auparavant, il avait été persuadé que son ami allait l'embrasser. Il avait envie qu'il l'embrasse... Pas un baiser comme celui qu'ils avaient échangé par un malheureux concours de circonstances à l'académie. Non, un baiser, un vrai, un comme il en avait vu dans toutes ces séries romantiques qu'il regardait. Un vrai baiser...Un baiser d'amoureux... Un baiser d'amants... C'était une envie bizarre, subite et … un peu déconcertante.

Debout devant le meuble qui supportait les deux vasques en faïence, enveloppé dans la grande serviette de bain aux couleurs vives, le jeune Uchiwa laissa son regard errer sur la silhouette dénudée de son camarade portant toujours son caleçon. Les muscles bien dessinés du torse athlétique se mouvaient sous la peau hâlée tandis que le jeune homme se séchait vigoureusement les cheveux.

Les yeux noirs suivirent le trajet d'une goutte d'eau, la regardant descendre entre les pectoraux puissants, puis le long des abdominaux parfaitement visibles. Il retint presque son souffle quand la perle cristalline atteignit le nombril, qu'il trouva étrangement beau, et reprit son souffle quand celle-ci le contourna. Il la perdit de vue alors qu'elle disparaissait dans la fine ligne de poils blonds qui sortait de l'élastique du caleçon orange.

L'envie étrange d'arracher ce sous-vêtement, dont la couleur n'était pas du tout à son goût, le tirailla, lui faisant se mordiller la lèvre inférieure. S'obligeant à relever les yeux, et se secouant mentalement, il croisa le regard gêné du blond. Là, soudain, l'envie de connaître la sensation de la bouche de Naruto contre la sienne le prit au tripes. Il en avait envie... Il voulait que le blond lui fasse resentir toute la force de son amour. Il l'aimait n'est-ce pas ? Il voulait plus que des mots, il voulait le sentir ! Il ne savait pas vraiment comment c'était possible, mais… c'était ce qu'il voulait.

- Je… Je vais te chercher de quoi te rhabiller...

La voix, un peu embarrassée du jinchuriki, sortit le brun de ses pensées. Tout à son introspection, il n'avait pas vu son ami se retourner et se diriger vers la porte de la salle de bain.

- … Usuratonkachi...

Ce simple mot, dit sur un ton légèrement moqueur, figea Naruto, sa main posée sur la poignée qui tourna prudemment la tête, posant un regard mi-penaud mi-embarrassé sur Sasuke.

A l'autre bout de la pièce, enroulé dans une serviette de toilette rouge et verte, les cheveux ébouriffés partant dans tous les sens, le brun le fixait avec des yeux brillants de quelque chose que le blond n'était pas sûr de pouvoir nommer. D'un simple hochement de tête, préférant ne pas prononcer un mot de peur que sa voix ne tremble, bouleversé par les événements de cette nuit, il signifia à celui qu'il aimait qu'il avait toute son attention.

- Tu m'aimes ?

Le blond ne pu s'empêcher de craindre le pire, le brun allait-il le rejeter ? Pourtant il le lui avait dit il y a quelques temps maintenant, et rien n'avait changé dans l'attitude de Sasuke. Et s'il était bien certain d'une chose, c'était que si le brun n'avait pas voulu un tel degré d'intimité entre eux, jamais il ne l'aurait laissé l'approcher.

- … Oui... Plus que tout au monde, souffla-t-il.

Le jinchuriki eut envie de baisser les yeux sous l'intensité du regard qui croisa le sien, mais il se fit violence et ancra ses iris bleus dans ceux si noirs de celui qu'il chérissait tant. Le silence s'étendit alors que les deux garçon se perdaient à nouveau dans les prunelles l'un de l'autre. Un murmure doux mais impérieux résonna finalement dans la pièce.

- … Alors... Prouve-le moi... Embrasse moi.

Les yeux de Naruto passèrent en mode merlan frit à la demande incongrue et pleine de défi qui résonna dans le silence de la salle de bains. Il marqua un temps d'hésitation fourrageant furieusement dans ses mèches blondes, ses deux lacs azurés déviant encore une fois du visage fermement décidé et attentif. Revenant vers la figure de l'être aimé, sa vue navigua des lèvres fines aux disques noirs encadrés de longs cils posés sur lui.

Embrasser Sasuke... Ce n'était pas la première fois qu'il en avait envie. Mais est-ce qu'il pouvait vraiment le faire ? Là, maintenant, tout de suite ? Il fit un pas incertain vers le brun qui visiblement attendait beaucoup de ses actes. Il voulait qu'il lui prouve, hein ? C'était bien ce qu'il demandait ? Les pas de Naruto se firent plus assurés alors qu'il réduisait la distance qui les séparaient. Il allait lui montrer à quel point il l'aimait... et pas plus tard que maintenant.

N'écoutant que son instinct, il posa une main audacieuse sur l'une des joues opaline et ses lèvres charnues effleurèrent la bouche fine de son bien-aimé. Devant le manque de réaction de sa "princesse", le shinobi à la chevelure dorée se recula prudemment. Est-ce que Sasuke regrettait déjà ses paroles ? Est-ce qu'il allait le rejeter maintenant que ça devenait trop concret ? Peut-être qu'il n'avait pas aimé ?

Sasuke fronça les sourcils. C'était quoi ça ! C'était un baiser ça ? C'était tout l'amour qu'il lui portait ça ? C'était à peine s'il l'avait sentit ce baiser ! Et puis d'ailleurs c'était pas un baiser, en tout cas pas comme ceux qu'il avait vu à la télé... C'était un vulgaire bisou de gamin, ça ! Même celui qu'ils avaient échangé par inadvertance à l'académie était plus intense ! Il se moquait de lui là ou quoi !

Les yeux de Sasuke se chargèrent d'un brin de déception et de colère alors que Naruto se reculait précautionneusement de lui comme s'il s'était brûlé, une expression tracassée s'étalant sur sa figure. Non, mais où est-ce qu'il croyait qu'il allait lui là ! Le brun glissa brusquement son bras autour du cou bronzé et ramena son idiot personnel tout près de lui. S'il croyait qu'il allait s'en sortir comme ça, avec cet espèce de bécot si chaste qu'il ne ferait même pas rougir une nonne, il se trompait lourdement !

Prenant son courage à deux mains et, surtout, son inexpérience avec, le porteur de la pupille à virgule plaqua violemment sa bouche contre celle de celui qui aurait dû normalement lui faire honneur et lui transmettre par ce biais la force de ses sentiments. Le geste, fait brutalement, fit s'entrechoquer leurs dents respectives les unes contre les autres, tirant un gémissement de douleur aux deux garçons.

Naruto ouvrit de grands yeux éberlués quand il sentit la poigne ferme et exigeante sur sa nuque. Il ne comprit pas tout de suite ce qu'il se passait, et sa rencontre abrupte avec la dentition parfaite du brun ne l'aida pas. Il resta quelques secondes totalement immobile, essayant de reconnecter ses neurones qui s'étaient joyeusement fait la malle pendant l'interlude, pour apprécier la situation. Ses lèvres étaient contre celles de Sasuke... ou plutôt sa bouche fermée était aspirée par celle ouverte de Sasuke. Peut-être devrait-il faire quelque chose ?

Le moins que l'on puisse dire c'était que ça ne ressemblait en rien à ce qu'il avait vu sur l'écran. Non, on en était même trèèès loin. Il y avait forcément une étape qui lui manquait. Pourtant, dans les séries qu'il affectionnait tant, ça avait l'air simple et très agréable. Là, on était carrément loin du compte. Sasuke passa bêtement sa langue sur ses dents qui venaient de cogner contre celles du jinchuriki, sa bouche toujours collée à lui.

La sensation d'un muscle humide et chaud passant sur sa bouche le fit frissonner, et comprendre soudain ce qu'il se passait. Sasuke... l'embrassait. Se laissant porter par son instinct il glissa ses mains sur les hanches dénudées de l'élu de coeur, la serviette depuis longtemps oubliée sur le sol, et doucement il bougea ses lèvres, les sortant de l'étau humide où elles étaient emprisonnées. Le muscle qu'il avait précédemment senti revint le lécher, et caressa le dessous de sa lèvre supérieure. Mu pas une idée subite, le blond pencha légèrement la tête sur le côté et titilla du bout de sa propre langue le muscle malicieux.

Il sentit les paumes tièdes du blond se poser sur ses hanches. Le corps de l'Uchiwa frémit au contact possessif sur sa peau nue. Découvrir par inadvertance la bouche de Naruto avec sa langue lui fit tout chose. C'était... grisant et déjà bien plus agréable. Il se colla un peu plus étroitement contre celui qui lui avait tant promis et qui pour le moment restait un peu sec sur le sujet. Sasuke faillit soupirer bruyamment de soulagement quand les lèvres de Naruto naviguèrent enfin, oui, ENFIN, sur les siennes. Curieux, le brun repassa sa langue sur cette bouche qui se mettait finalement à prendre vie.

Sa langue caressa timidement son homologue, curieuse de savoir quelles sensations cela pouvait bien provoquer. Un long frisson remonta le long de l'échine de Naruto qui accentua sa prise sur le corps pâle en glissant ses mains dans le bas des reins creusés de celui qu'il aimait. Il n'aurait jamais imaginé que cela ressemblait à ça. C'était humide et chaud, pas du tout comme le décrivait Ero-sennin dans ses bouquins. Ceci dit, c'était loin d'être désagréable... très loin même.

Le jeune homme au profil de statue grecque sentit avec surprise un appendice chaud et humide se glisser contre sa langue. Tiens ? La langue de Naruto... C'était encore plus étrange que précédemment. Les mains de son blond glissèrent dans son dos, à la lisière de ses fesses toujours recouvertes de son boxer détrempé. Il vibra de la tête aux pieds, un sentiment étrange l'étreignant tout entier. Le futur père glissa une main possessive dans les cheveux mordorés, recherchant instinctivement plus de contact.

Kamisama, que c'était bon de sentir Sasuke s'accrocher à lui de cette façon ! Les doigts fins s'agrippèrent à sa chevelure, la langue taquine se mêla à la sienne, les lèvres fines bougèrent contre les siennes, et le ventre arrondi l'empêcha de serrer plus fortement son amour contre lui. Un désir brûlant fit voler en éclats le peu de retenue qu'il avait encore. Son étreinte devint plus exigeante et possessive. Non, jamais, plus jamais, il ne le laisserait partir loin de lui. Sa place était ici, entre ses bras et nulle part à ailleurs. Et il l'en convaincrait !

Sasuke sentit la prise du jinchuriki sur son corps devenir plus puissante alors que leurs langues continuaient à se découvrir. Oui, là, maintenant, il sentait toute la force des sentiments de Naruto à son égard. Il sentait combien il comptait pour lui et à quel point il l'aimait. C'était fort, chaud et apaisant, lumineux et bouillant comme un soleil, à l'image du ninja qui le tenait entre ses bras. C'était lui, c'était ce blond fonceur et un peu idiot, bon d'accord... totalement idiot parfois. Mais fidèle à lui-même et à ses idéaux. Et lui, Sasuke, n'avait jamais pu se défaire de ce lien si fort qui les unissait.

L'étreinte autour de son cou se resserra, la langue qui jouait avec la sienne se fit plus tendre, et son coeur accéléra sa course dans sa poitrine. C'était Sasuke... Là dans ses bras... Celui qu'il aimait par dessus tout... Glissant ses paumes sous les fesses, fermes et rebondies, Naruto souleva son amour de brun pour l'asseoir sur le meuble contre lequel il était appuyé. Sans relâcher la bouche dévorante, et respirant par le nez pour ne pas étouffer, le blond se faufila entre les cuisses, aux muscles déliés, et posa ses paumes caressantes sur les flancs du porteur du sharingan.

Le jeune Uchiwa se sentit fondre un peu plus. Kamisama, c'était si agréable de sentir son amoureux là, tout contre lui. Il en aurait presque gémit s'il n'avait pas était un digne descendant de ce fichu clan de glaçons. Mais garder la main mise sur sa retenue était difficile, si difficile... Et là, ça ressemblait vraiment à toutes ces scènes qu'il avait vues. Est-ce que c'était normal toutes ces sensations bizarres qui l'agitaient ? Un peu comme si une nuée de papillons avait aussi trouvée refuge dans son ventre... Dommage que dans les sitcoms les acteurs ne précisent pas ce genre de choses.

Sa nuque se tendit, s'étirant vers l'arrière pour ne pas briser le baiser qui devenait à chaque instant plus intensément langoureux, son brun devenant de plus en plus exigeant. Rapidement la position devint inconfortable, le faisant grimacer sous l'échauffement qui irradiait des muscles contestataires. Détachant tant bien que mal ses lèvres de celles d'un Sasuke, pas décidé à s'arrêter en si bon chemin, Naruto prit le visage d'albâtre entre ses paumes pour le repousser doucement. Il sourit au léger grognement de désapprobation qui franchit les lèvres fines, grognement qu'il fit taire d'un baiser aérien avant de briser le silence de la pièce d'une voix essoufflée.

- Je t'aime. Mais, doucement... Mon cou me fait mal dans cette position…

L'adolescent, prit dans un tourbillon de perceptions toutes plus déconcertantes les unes que les autres, poursuivit sa découverte de la bouche de son ancien coéquipier avec détermination, déclenchant en lui-même un nouveau feu d'artifice insolite. Mais les lèvres charnues qu'il s'ingéniait à dévorer s'éloignèrent soudainement de lui le délaissant avec cette faim dévorante qui le tenaillait. Un grognement de désapprobation lui échappa, ramenant à lui cette bouche délicieuse l'espace d'un instant qui fut bien trop bref à son goût, le baiser fantomatique aiguisant ses sens. La remarque de son vis-à-vis le freina net dans ses élans et Sasuke détacha ses bras de la nuque soi disant endolorie, son visage se fronçant légèrement.

Naruto sourit doucement en voyant la moue boudeuse de l'élu de son coeur, d'un doigt il dessina la ride que la contrariété creusa entre ses deux sourcils. Les deux lagons azurés tombèrent dans deux puits sombres aux ondes troublées. Ses paumes effleurèrent doucement les cuisses pâles et fermes s'amusant de la chair de poule qu'il provoqua sur son passage. Descendant sur les mollets une sensation râpeuse le surprit, lui faisant baisser les yeux. Ceux-ci s'écarquillèrent en constatant l'étendue des dégâts. C'était vrai qu'ils étaient sortis dehors sous la pluie battante sans chaussures, ni chaussettes, l'un comme l'autre. Des gouttelettes de terre séchée maculaient le bas de leurs jambes presque jusqu'aux genoux.

- Ouah, on est crades... On peut pas retourner se coucher comme ça. Et si on prenait un bain pour se réchauffer. Tu trembles encore... à moins que ce ne soit pas de froid ? ajouta-t-il sur un ton facétieux.

Sasuke lui lança un regard à la limite du meurtrier, mais pas tout à fait... Non... pas après les expérimentations curieuses auxquelles il venait de se livrer avec cet espèce de baka... même si c'était son baka... à lui.

S'éloignant du brun, toujours perché sur le meuble, Naruto fit couler l'eau dans la baignoire vérifiant du bout des doigts la température de l'eau. Le temps que la baignoire se remplisse, il se tourna vers Sasuke qui boudait ouvertement et lui demanda avec un grand sourire quel gel douche il souhaitait utiliser. La réponse figea un court instant le blond qui crut à une allusion douteuse, mais un coup d'oeil vers son ami-plus-si-ami-que-ça lui apprit l'innocence du choix de celui-ci dont le visage restait obstinément fermé. Ce fut donc avec un certain soulagement qu'il saisit le flacon de gel parfumé aux fruits de la passion et qu'il en déversa généreusement dans l'eau tourbillonnante.

Sasuke ne bougea pas d'un cil, renfrogné, restant sur cette étrange impression de faim curieuse qui le tenaillait. Il répondit du bout des lèvres à la question posée par la première senteur qui lui était passée par l'esprit, tout à fait certain que vu la manière dont Naruto faisait les courses, il y en avait forcément en stock quelque part. Il fut presque déçu de constater que le dit parfum de gel douche était à portée de main. Envoyer un blond en fouilles archéologiques lui aurait au moins permis de ruminer en paix. Mais une chose était sûre, il en était certain maintenant, Naruto l'aimait... vraiment... du plus profond de son coeur. Aussi vrai de vrai qu'il était blond et stupide... parfois...

Coupant l'eau qui avait atteint un niveau raisonnable du bassin, le blond retira prestement son caleçon qui lui collait à l'arrière train. Il s'apprêta à entrer dans l'eau quand un reniflement dédaigneux, qu'il reconnaîtrait n'importe où, retentit derrière lui. Se retournant vivement, il vit Sasuke, toujours assis sur le meuble, qui posait un regard moqueur sur le bout de tissu orange dont il venait de se défaire. Posant les poings sur ses hanches, il déclara d'une voix vexée:

- Au lieu de te foutre de moi et de mon caleçon, tu ferais mieux de venir… le bain est prêt.

Sasuke releva la tête, fusillant du regard son colocataire. Ah ! Parce qu'il croyait sincèrement qu'il allait descendre de son perchoir tout seul ? Là comme ça ? Alors qu'il ne voyait même pas où il posait ses pieds à cause de... de son ventre ! Il se foutait de sa gueule là non ? Et puis, il avait rien demandé lui d'abord ! C'était cet espèce d'imbécile qui l'avait mis là, alors il n'avait qu'à assumer... et venir le chercher ! Lui, il n'allait certainement pas tenter l'acrobatie ! Avec la chance qu'il avait en ce moment, il serait bien fichu de se casser une jambe, en plus du reste !

Le blond se gratta l'arrière du crâne, un tantinet énervé par l'attitude renfrognée de son bien-aimé. Décidant finalement que discuter ne servirait à rien, il se dirigea d'un pas nerveux vers sa "princesse en détresse" et le souleva sans effort pour le reposer à terre. Les bras fins de la dite "demoiselle" se nouèrent autour de son cou et une bouche mutine revint prendre la sienne d'assaut. Naruto répondit au baiser, mais sentant son désir remonter en flèche, il l'interrompit en douceur et murmura à son amour:

- Le bain est prêt... On le prend ensemble... Alors, s'il-te-plaît... prépare toi...

S'étant fait repousser après sa nouvelle tentative de renouer avec ce qu'ils faisaient précédemment et qui lui avait décidément bien plu, Sasuke s'assombrit. Exécuter une gymnastique ni très glorieuse ni très gracieuse pour retirer son boxer mouillé sous le nez de Naruto ne le tentait pas le moins du monde. Il réprima un frisson. C'était vrai qu'il était glacé jusqu'aux os. Réfléchissant à la manière dont il allait se débarrasser du tissu imbibé d'eau de pluie de la manière la plus faisable sans ressembler à un hippopotame se prenant pour une ballerine d'Opéra, un air perplexe trahi ses pensées pas très réjouissantes. Mais, qu'est-ce qu'il en avait marre d'être "enceinte", il avait vraiment hâte que ce calvaire se termine.

Naruto s'apprêta une nouvelle fois à pénétrer dans l'eau tiède, odoriférante et fumante, quand il remarqua que son colocataire fusillait le sol du regard. Ok, visiblement il y avait, encore, un soucis. Ne voyant aucune raison flagrante pour que le sol soit coupable de quelque crime que se soit, à part peut-être sa couleur un peu trop vive, il s'approcha du brun en perdition et lui demanda, soucieux, quel était le problème.

Le jeune Uchiwa hésita un court instant avant d'entreprendre la tâche difficile de se délester de son sous-vêtement. Glissant ses pouces sous l'élastique qui scindait sa taille, il le fit glisser sous ses fesses. Bon, le fait que le tissus détrempé lui collait à la peau et ne semblait pas d'humeur coopérative n'aidait pas les choses... Mais il ne perdrait pas face à un vulgaire boxer ! Poussant plus bas, il tenta de faire atteindre à ce foutu truc le milieu de ses cuisses et ce malgré la résistance acharnée du truc en question !

Éberlué le jinchuriki assista au duel improbable entre Sasuke Uchiwa, nukenin redouté et ninja le plus doué de sa génération, et un boxer récalcitrant. Étonnamment, l'issue du combat n'était pas certaine du tout. Levant les yeux au ciel, le blond, dévoué, s'agenouilla derrière son amour et abaissa rapidement le bout de tissu incriminé, fermant fortement les paupières pour ne pas voir de si près le fessier, qu'il savait plus qu'attirant, de celui qui était victime de sautes d'humeur un peu trop fréquentes à son goût.

Pourquoi, Kamisama, pourquoi se sentait-il soudain si énervé ? Il avait des envies de génocide vestimentaire ! Et si en plus un certain blond pouvait en faire les frais aussi, il ne s'en plaindrait pas ! Tout ça pour une bête histoire de boxer en plus ! Et l'autre qui se foutait de lui ! Il aimerait bien l'y voir à sa place, ce crétin. Une fois débarrassé avec promptitude de l'objet en question par un Naruto pressé et rougissant, il s'approcha de la baignoire et s'y plongea.

S'installant confortablement dans l'eau qui lui arrivait juste au dessus de son ventre rebondi, le porteur du sharingan réprima à grand peine un frisson, ayant déjà du mal à reprendre le contrôle de ses émotions à la dérive après l'épisode précédent. C'était dans cette même baignoire qu'il avait tenté de se débarrasser du bébé... Son humeur morose revint au galop quand il glapit de surprise, une vague d'eau tiède dégoulinant dans ses cheveux et les plaquant sur son visage.

Quand Sasuke fut installé, le blond le rejoignit, se glissant derrière lui, ses jambes encadrant le bassin du brun. Voulant dérider le jeune homme qu'il avait dos à lui, il saisit l'éponge de bain de couleur vive et l'essora sur le dessus de la chevelure noire. Un glapissement surpris résonna dans la pièce carrelée qui commençait à être embuée, suivi d'un ricanement moqueur.

Les grandes paumes hâlées passèrent tendrement dans les mèches sombres et à présent mouillées, massant le cuir chevelu avec dextérité. L'effet recherché fut immédiat, pour le plus grand plaisir du jinchuriki, les "ronronnements" se répercutèrent sur les parois habillées de faïence multicolore. Le corps pâle se détendit subrepticement sous le massage expert, s'abandonnant inconsciemment sur le torse de Naruto.

Sasuke se laissa aller sous le toucher agréable qui détournait à chaque fois son attention et faisait naître en lui des bulles de bien-être. Sans s'en rendre vraiment compte, il s'affala contre l'appui providentiel dans son dos. Relevant un peu le menton, son regard tomba sur la figure souriante de celui qui savait si bien prendre soin de lui, même s'il ne l'avouerait jamais. Les lèvres charnues dont les coins étaient relevés, accompagnées d'une expression tendre, attirèrent presque immédiatement la totalité de son attention.

- Prouve-le moi encore, murmura-t-il.

Le chuchotis attendrit le sourire de l'Uzumaki qui se pencha vers le front de l'Uchiwa et y déposa un baiser aérien. Un léger grognement accentua son sourire, lui faisant baiser tout aussi chastement une pommette blême. Quand la bouche furibonde de Sasuke se posa d'autorité sur la sienne, son sourire n'avait jamais été aussi grand. Un "Usuratonkachi" grommelé tout contre ses lèvres le fit rire béatement juste avant que tous ses sens ne soient tournés vers les merveilleuses sensations que la langue mutine et exigeante de son brun caractériel fit naître en lui.

Les bisous, aussi frêles que l'effleurement des ailes d'un papillon, sur son front et sur sa joue ne satisfirent pas cet appétit nouveau que le brun se découvrait et qui n'avait rien à voir avec une envie de fraise. Qu'est-ce qu'il lui arrivait ? Mystère... Mais c'était très agréable et il en redemandait... encore. Voyant que son ami ne semblait pas décidé à le combler, Sasuke prit les devant et vint cueillir cette bouche souriante sous les yeux affectueux posés sur lui. Est-ce que c'était ça le bonheur ? Est-ce que c'était ça être heureux ?

C'était si bon ! Leurs bouches se caressaient lentement, s'apprivoisant doucement mais sûrement. La main fine de l'homme qu'il aimait plus que tout au monde vint lui caresser la joue, attisant ce feu qui couvait en lui. Naruto glissa une de ses paumes dans le cou laiteux qui se tendait vers lui, poursuivant son massage dans la chevelure brune de l'autre. Les légers geignements, qui le faisaient penser à des ronronnements, firent vibrer la gorge sous ses doigts. Il voulait … Il voulait faire ressentir à cet homme, si précieux pour lui, toute la dévotion qu'il lui inspirait.

Sasuke cala sa tête sur l'épaule bronzée du jeune homme derrière lui, dont il sentait les bras l'entourer, pour avoir un meilleur accès à cette bouche sucrée qu'il ne se lassait pas de découvrir. C'était doux, c'était bon, c'était agréable. Naruto répondait à sa découverte buccale, ses doigts continuant à passer dans ses cheveux, les frictionnant doucement de la plus captivante des manières. Il effleura une joue tannée, tout à ce bien-être chaud qui l'habitait. Pourquoi le temps ne pourrait-il pas suspendre sa course ? Il était si bien là...

Détachant ses lèvres de celles avides de Sasuke, le jinchuriki entreprit de laver le corps pâle qui s'appuyait contre son torse. L'éponge de bain frotta doucement la base du cou, puis descendit en dessinant de doux cercles sur le délicat épiderme, naviguant sur les clavicules, puis les pectoraux finement musclés. Un soupir, proche du gémissement, lui parvint quand la boule spongieuse passa sur une auréole rosée. Un peu curieux, Naruto recommença la manoeuvre, appuyant un peu plus sur la chair sensible du mamelon. La réaction de son amoureux fut instantanée : un gémissement, à peine plus prononcé que le précédent, franchit les lèvres rougies par leur précédent baiser.

Le jeune homme à la chevelure brune, affalé sur son ancien coéquipier laissa cette bouche addictive le quitter. Il plongea ses mains dans l'eau parfumée qu'il remua doucement. La senteur qu'il avait choisie pour le gel douche s'avérait plaisante, se dit-il tout en écrasant un peu de mousse entre ses doigts. Il sentit l'éponge douce glisser dans son cou et naviguer sur le haut de son torse. Finalement, se faire dorloter par Naruto, ça avait du bon... même si ça ne faisait pas très ninja. Un soupir suivi d'une petite lamentation curieuse franchirent spontanément ses lèvres quand l'objet qui glissait sur son corps effleura l'une des deux pointes roses sur son torse. Une onde délicatement enflammée irradia son corps à partir de cet endroit, le prenant au dépourvu. Mais qu'est-ce qu'il lui arrivait encore ?

Il posa son regard océan sur le visage aristocratique, qui affichait une expression un peu décontenancée, la bouche légèrement entrouverte et les yeux écarquillés par la surprise. Préférant ne pas troubler plus son compagnon, le blond reprit le nettoyage de ce corps qu'il avait envie de vénérer, descendant l'éponge sur le ventre arrondi, ce ventre qui abritait leur bébé. La boule spongieuse coula avec légèreté sur toute la surface du monticule de chair, prenant son temps. Un effleurement aussi doux qu'un battement d'aile de papillon toucha sa tempe, attirant son attention sur deux orbes sombres, puits emplis d'émotions, dans lesquelles il se noya.

Leurs yeux se croisèrent l'espace d'un instant et Sasuke déglutit, perturbé, même s'il ne savait pas vraiment pourquoi. L'objet qui le nettoyait dégringola de son torse sur l'éminence tendue qu'étaient devenus ses abdominaux, glissant soigneusement sur toute la surface de cette colline. Les gestes étaient doux et lents, transmettant au porteur du sharingan toute l'étendue des sentiments que le ninja dans son dos, qui prenait la peine de si bien s'occuper de lui, ressentait, et l'héritier du clan décimé sentit tout un tas d'émotions profondes l'agiter : reconnaissance, estime, gratitude, acceptation...

Le feu dans ses reins augmentait, il sentait brûler en lui ce désir qu'il avait déjà précédemment ressenti la nuit où son brun, collé à lui, avait fait un rêve érotique. Penchant son visage vers celui de son bien-aimé, il déposa un baiser bouillant sur la bouche finement ourlée. Les bras blancs, sur lesquels la mousse parfumée glissait en paquet neigeux, s'enroulèrent autour de sa nuque. Les émotions qui tourbillonnaient dans son être le bouleversèrent, d'une voix tremblante il chuchota tout contre cette bouche si douce.

- Sas'ke...

Sasuke ferma les yeux, se relaxant dans l'eau chaude sous le toucher de la boule spongieuse qui le nettoyait avec douceur. Il constata avec étonnement à quel point il était calme et détendu, apaisé. Rien ne venait troubler la surface plane de son esprit, aussi lisse que l'étendue d'un lac, serein. Depuis combien de temps cela ne lui était pas arrivé d'être à ce point en paix avec lui-même, de ne pas être envahi par la haine, la colère, le désir de vengeance ou tout autre sentiment douloureux. C'était... étrange... et reposant. Il accueillit avec un plaisir renouvelé les lèvres pleines qui se posèrent sur les siennes et le murmure amoureux de son prénom.

Sans relâcher les lèvres avides, Naruto poursuivit son voyage sur la peau satinée du brun, atteignant les hanches, puis le haut des cuisses musclées. Très lentement il glissa la boule spongieuse sur leur extérieur jusqu'aux genoux, où il la coula, toujours à la même vitesse, vers l'intérieur des articulations, qu'il cajola tendrement, ne voulant surtout pas forcer Sasuke à quoique se soit... Pas après ce que Kyuubi avait fait... Quelque soit la force de son désir pour l'élu de son coeur, jamais, non, jamais, il ne l'obligerait à faire ce qu'il ne voulait pas. Enfin dans ce domaine tout du moins. Les paroles d'Iruka lui revinrent en mémoire. Il devait mettre le brun en confiance... Alors il prendrait son temps, tout le temps nécessaire en fait, toute la vie si besoin était.

La main du jinchuriki continuait son voyage, naviguant sur son corps comme un vaisseau à la dérive. La langue de son compagnon était joueuse et taquine, suivant la sienne dans ses mouvements. Il suçota la lèvre inférieure et frémit de tous ses membres, des vibrations étonnantes et inexplicables se propageant dans tout son être. De toute façon, depuis qu'il hébergeait cette nouvelle vie en lui, tout un tas de trucs incompréhensibles se passaient dans son corps, alors il n'était plus à un près... En tout cas, il ne regarderait plus jamais de la même manière une kunoichi enceinte, parce que maintenant, il le vivait... Et il devait leur reconnaître bien du mérite.

Un sourire fleurit sur ses lèvres quand il sentit les cuisses pâles s'écarter peu à peu, sa main câline remonta à la vitesse d'un escargot sur l'intérieur des jambes fuselées, cajolant la peau fine et sensible. Un geignement plaintif vibra contre sa bouche, un grognement roula dans sa gorge en réponse. Sentir Sasuke frémir sous ses caresses, Kamisama, que c'était bon ! Il voulait... Il voulait... Il voulait... le faire se pâmer de plaisir... Le voir se pâmer sous ses mains, sous sa bouche... Kamisama, qu'il l'aimait !

Sentir l'éponge se promener sur lui le délassait et détendait ses muscles qui avaient été crispés par le froid et sa stature trop longtemps debout sous la pluie. Ses pauvres cuisses étaient toutes courbaturées et la caresse légère du gel moussant additionné de la sensation de l'éponge était plus qu'appréciable. Une lamentation dolente lui échappa quand il bougea légèrement sa jambe pour mieux apprécier la sensation, ses ligaments tiraillant sous le faible effort qu'il leur réclamait. Il n'y avait pas à dire, être "enceinte" c'était pas de la tarte. Il avait l'impression d'être un vieillard sénile perclus de rhumatismes.

Arrivée en haut de la cuisse qu'il parcourait avec dévotion, sa main contourna, sans même la frôler, l'entrejambe du brun, et glissa l'éponge de bain sur la taille épaissie de Sasuke, redescendant cajoler l'autre jambe qu'il sentait tout contre la sienne. Sa bouche délaissa les lèvres gonflées par leurs baisers, et ses yeux se posèrent sur le visage de l'élu de son coeur. Les soupirs timide et tremblants qui s'échappaient de sa gorge, ses joues rosies, ses yeux noirs et brillants qui le fixaient, éperdus. Il le trouva si beau...

Sentir la bouche de Naruto contre la sienne était délicieux, le brun ne se lassait pas de dévorer les lèvres charnues et de découvrir l'intérieur de cette bouche accueillante et savoureuse. Il avait besoin de sentir Naruto, il avait besoin de goûter Naruto, il avait besoin de ce contact si particulier qui le rassurait et le rendait plus confiant, confiant en lui, en eux, en leur avenir. Il avait besoin de cet étayage fait de contacts intimes, peut être trop... mais démonstratifs et communicatifs de toute cette chaleur rayonnante, une chaleur réconfortante et apaisante... qui lui donnait d'ailleurs bizarrement de plus en plus chaud.

La boule spongieuse effleura tendrement l'autre genou, glissant dans le creux de celui-ci, avant de remonter sur l'intérieur de la cuisse, les muscles se crispant subrepticement à son passage. Son autre main, jusque là restée dans le cou, jouant avec les mèches brunes, se coula sur le torse, soulevé par une respiration un peu plus courte que d'habitude. Tout en collant un peu plus le haut du dos de Sasuke contre son torse, Naruto caressa du bout du nez l'angle de la mâchoire de celui qu'il tenait entre ses bras.

Le rescapé du clan Uchiwa était enveloppé dans cette chaleur tourbillonnante qui grimpait en lui et augmentait, petit à petit. Ce n'était pas désagréable mais c'était très perturbant de sentir son corps s'échauffer doucement, sa respiration devenir plus courte, des petits fourmillements le démanger ici ou là et des ondées curieuses le traverser de part en part. Ce n'était pas inconfortable, mais déroutant. Il sentait la maîtrise de son corps lui échapper, une pointe d'angoisse perplexe commença à l'étreindre à ce constat de plus en plus dérangeant.

Le jinchuriki parsema de baisers taquins la peau fine sous le lobe de l'oreille pâle, frottant son nez sur l'épiderme délicat. L'éponge de bain lui échappa, et il ne chercha même pas à la ramasser, poursuivant sa lente course sur l'intérieur de la cuisse musculeuse de la pulpe de ses doigts. Plus ils montaient haut sur l'intérieur de la jambe, plus ils ralentissaient leur allure, traçant de petits cercles à peine appuyés. Le feu dans ses reins s'intensifia, le faisant gronder sourdement et resserrer son étreinte sur le corps devenu bien rond contre lui. Alors que ses doigts effleuraient à peine une touffe de poils crépus à la lisière de l'entrejambe de Sasuke, il sentit celui-ci se tendre brutalement et sa main fut stoppée par une poigne tremblante et crispée sur son poignet.

Le futur père perçut à peine les chatouillis des bisous dans son cou, sentant l'accalmie dans tout son être, dont il avait bénéficié jusque là, s'effriter à vitesse grand V pour laisser la place à une anxiété de plus en plus fébrile. Une panique teintée de peur naquit en lui comme une vague puissante, affolant son coeur. Quand les doigts agiles, qui ne tenaient plus l'éponge agréable, l'effleurèrent non loin de son pubis, Sasuke plongea brusquement sa main dans l'eau et la referma sur le poignet bronzé pour stopper la progression de l'intruse, affolé, ne se rendant pas compte qu'il s'était mis à trembler.

Comprenant qu'il avait été trop loin, trop vite. Naruto recula doucement sa main, la remontant jusqu'au menton de Sasuke. Son poignet toujours prisonnier des doigts graciles, il tourna vers lui le visage de son brun. Son coeur se serra à la vue de l'expression affolée, et il maudit intérieurement un certain démon renard. Déposant un baiser tendre, et qu'il espérait rassurant, sur le front de son amour, il lui chuchota:

- N'ai pas peur, Sas'ke ! Je t'aime... Jamais je ne ferais quelque chose que tu ne veux pas ! C'est moi, Naruto... Ce n'est que moi. Regarde moi, Sas'ke...

Le possesseur de la pupille à virgule resserra sa prise autour de la main par trop invasive. Trop plongé dans ce marasme trouble et effrayant contre lequel il luttait, il ne sentit pas sa mâchoire être relevée, pas plus qu'il ne vit les yeux azurés qui plongèrent dans les siens, ni n'entendit les paroles inquiètes qui cherchaient à le rassurer. Une peur intense lui tordit les entrailles et rendit sa respiration de plus en plus laborieuse, le poussant indiciblement vers cette terreur épouvantée qui semblait vouloir le dévorer de l'intérieur, s'insinuant partout en lui comme autant de serpents vicieux. Il se redressa sur son séant dans l'eau mouvante, coupé du monde extérieur, enfermé dans cette spirale de sentiments affolés.

Malgré ses attentions, l'affolement et l'incompréhension qui hantaient les iris noirs d'encre ne faiblissaient pas. Retenant un soupir de frustration, mais bien décidé à tout faire pour que Sasuke se sente parfaitement en confiance avec lui, Naruto se détacha lentement du corps de l'élu de son coeur. Il hésita un instant à se relever, mais un coup d'oeil sur le visage crispé de son brun suffit à le convaincre que se mettre debout n'était pas la plus judicieuse des idées. Un soucis de taille conséquente, et étrangement situé entres ses jambes, serait parfaitement visible s'il sortait de l'eau. Ce fut donc résigné à se contorsionner que le blond réussi à se glisser entre le bord de la baignoire et le corps de son bien-aimé pour s'asseoir face à lui.

Sasuke ferma les paupières, fébrile, proche du malaise, le coeur au bord des lèvres. Des images assaillirent son esprit, des images où un Naruto bestial aux queues de chakra terrifiantes se jetait sur lui et lui faisait subir la plus ignomigneuse des humiliation. Sa gorge se contracta, l'envie pressante de hurler pour faire jaillir toute cette panique qui l'étreignait s'imposant de plus en plus, alors que les images gagnaient en précision et en réalisme, se transformant en souvenirs vivaces et effroyables. Il se souvenait parfaitement de sa douleur, de sa rage, de son impuissance et de sa terreur...

Les deux iris aussi bleus que les mers du sud ne quittaient pas le faciès tordu d'angoisse devant lui. Il ne savait pas quoi faire pour sortir Sasuke de la crise de panique dans laquelle ce dernier s'engluait. S'il le touchait, il risquait d'aggraver les choses, et les paroles douces et apaisantes qu'il n'avait de cesse de prononcer ne semblaient pas l'atteindre. Cherchant frénétiquement une solution qu'il ne trouvait pas, et constatant avec un certain effroi que la crise s'intensifiait, Naruto tenta le tout pour le tout et prit sa "princesse en détresse" dans ses bras, le maintenant contre son torse malgré les tentatives de celui-ci pour se libérer de sa prise, l'appelant désespérément pour le sortir du cauchemars où son brun était plongé.

Le brun porta une main tremblante à son front, son poing se resserrant sur l'une de ses cuisses, ses ongles s'enfonçant dans sa peau. Il ne voulait pas revivre ça, il ne voulait pas, il ne voulait pas, il ne voulait PAS ! Ce n'était pas Naruto, ce n'était pas lui à ce moment là. Tout ça, c'était du passé ! Il n'avait pas à avoir peur, tout allait bien, TOUT allait très BIEN ! Mais sa mémoire ne cessait de lui repasser en boucle un fondu enchaîné de ce qui lui était arrivé quand Naruto avait perdu le contrôle et que le démon renard avait fini par le clouer au sol, à sa merci... La violence oppressante des ressentis amplifia encore cette panique terrorisée et ce sentiment d'étouffer. Il était un Uchiwa merde ! Un ninja ! Il devait se ressaisir !

Naruto senti le corps entre ses bras trembler violemment, les muscles du dos sous ses mains étaient si tendus qu'il craignit qu'ils ne se brisent. Il resserra son étreinte, suppliant Sasuke d'ouvrir les yeux, de le regarder, lui jurant que jamais il ne lui ferait de mal, lui répétant sans fin qu'il l'aimait, pleurant des excuses pour lui avoir fait peur, pour ce que Kyuubi avait fait, pour n'avoir pas su garder le contrôle ce jour là, lui promettant que jamais cela ne se reproduirait, ne bronchant pas sous les coups qu'il recevait. Kamisama... Il voulait juste que Sasuke se calme !

Peu à peu, Sasuke réalisa que cette sensation d'étouffement était liée à un corps contre le sien, à des bras qui l'entouraient et le serraient. Sasuke ouvrit des yeux remplis d'effrois et se statufia avant de se débattre de toutes ses forces contre le monstre au chakra orangé revenu le soumettre. Halluciné, il se mit à hurler sa colère et sa rage, sa peur et son angoisse aussi, repoussant comme il pouvait, éloignant de lui la source de tous ses malheurs, celui à cause de qui il s'était retrouvé dans cette galère, celui qui l'avait humilié et lui avait fait mal jusqu'au plus profond de son être. Lui avoir fait subir ça une fois n'était-il pas amplement suffisant ? Pourquoi revenait-il ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Ne pouvait-il pas le laisser tranquille et oublier comme lui avait tenté de le faire ? Enterrant les souvenirs de ce jour là le plus loin qu'il avait pu.

Le hurlement qui déchira la gorge de son brun brisa toute la retenue de Naruto qui sanglota bruyamment, luttant contre les tentatives de celui qu'il aimait plus que lui-même pour se défaire de son étreinte. Non... Non... Ce n'était pas possible ! Il ne le laisserait pas le repousser maintenant, alors qu'il avait cru le perdre plus tôt dans la soirée ! S'accrochant de toutes ses forces à ce corps qu'il tenait emprisonné contre lui, il poursuivit sa litanie suppliante, priant tous les Kamis qu'il connaissait pour que son amour sorte de l'enfer où il se noyait et lui revienne.

Des larmes de rage et de désespoir coulèrent sur ses joues alors que le brun se débattait avec des mouvements désordonnés, ne parvenant pas à se défaire de l'étau de la bête. Non ! Non ! Non ! Il ne se laisserait pas faire ! Tout plutôt que revivre cette expérience traumatisante qu'il avait soigneusement ignorée jusque là... Il ne voulait pas revivre ça, il ne voulait pas se retrouver à nouveau cloué au sol, incapable de résister, réduit à subir cet enfer... Ses yeux aveuglés par la panique croisèrent un regard bleu embué de larmes, un bleu limpide et clair, noyé de désarroi...

Les gestes de son opposant perdirent en vigueur alors que des perles cristallines dévalaient les joues blêmes et crispées. Naruto poursuivit sa litanie de paroles et de suppliques entrecoupées de sanglots et de "je t'aime Sas'ke..." sans relâcher le moins du monde le corps qu'il ceinturait littéralement contre son torse. Le jinchuriki subit le regard dilaté et perdu qui se vrilla dans ses pupilles azurées et ne le quitta plus, la respiration laborieuse ne devenant plus qu'un essoufflement fantomatique qui se perdait sur ses pommettes halées.

Bleu, bleu comme les yeux de Naruto. Naruto... pas Kyuubi... pas ce démon maudit qui l'avait fait se sentir si sale après avoir assouvi sa pseudo vengeance sur lui... Il n'y avait pas de pupille animale ni de couleur autre que le bleu dans ces yeux là, ces yeux aux pupilles bien rondes, ces yeux qui le regardaient en contenant toute la misère du monde et le désarroi le plus profond. Sasuke, choqué, se raccrocha à ce regard, le regard de celui qui lui avait tant promis, ce regard qui le couvait toujours avec tendresse et un je ne sais quoi de si particulier. Le regard de celui qui ne lui ferait jamais le moindre mal, en tout cas pas de son propre chef, il le savait.

- … Na... Naruto... souffla le brun d'une voix désincarnée pleine de doute et d'incompréhension, ses yeux écarquillés toujours plantés dans les siens.

Le réceptacle du démon renard sentit la panique lentement refluer de l'être emprisonné entre ses bras au fil des minutes qui s'écoulaient, et il poussa un profond soupir de soulagement, proche du sanglot.

- Sas'ke... oui. C'est moi... C'est bien moi... rétorqua-t-il sur le même ton, heureux que la crise soit enfin finie, forçant un sourire qui se voulut rassurant mais qui n'allait pas vraiment avec ses yeux rougis.

Sasuke leva une main tremblante vers une joue ornée de cicatrices, cherchant encore son souffle inextricablement coincé dans sa poitrine. Les vagues angoissantes décrurent aussi vite qu'elles étaient montées, ses yeux restant fermement arrimés à ceux de son vis-à-vis. Naruto... C'était dans les bras de Naruto qu'il était... C'était contre Naruto qu'il s'était débattu... Le trouble qui l'avait habité laissa la place à cette réalisation brutale, et il vit tout le mal qu'il avait fait au jinchuriki en se laissant enfermer dans cette spirale de panique qui l'avait inexorablement aspiré.

Naruto vit les orbes sombres sortir, peu à peu, de leur état halluciné, deux bras pâles se glissèrent avec brusquerie autour de son cou, l'enserrant fortement, alors qu'un front moite se lovait dans le creux de son cou. Le shinobi le plus puissant de sa génération caressa le dos frémissant de celui qu'il avait bien cru perdre une nouvelle fois et plongea ses doigts dans la chevelure brune.

- … Naruto... entendit-il murmurer d'une voix blanche contre sa peau nue.

Enfin, il lui était revenu... Il avait eu si peur... Il ferait tout pour que jamais cela ne se reproduise...

Sasuke étreignit la nuque bronzée, nichant sa tête dans cet espace qu'il affectionnait tout particulièrement. Il s'obligea à respirer profondément, les battements désordonnés de son coeur résonnant encore dans sa cage thoracique. Naruto... Il avait confondu Naruto avec son bijuu et avait complètement perdu les pédales, cédant à une peur panique totalement injustifiée. Son blond le berça doucement, caressant son dos et ses cheveux. Naruto l'aimait, il ne lui ferait jamais de mal, alors pourquoi avait-il paniqué ? Ils s'embrassaient, tout allait bien, il se sentait même très bien, alors pourquoi avait-il eu une telle crise ? Inconsciemment, Sasuke resserra son étreinte sur la nuque halée. Il aurait voulu disparaître dans un trou de souris tant il se sentait pitoyable, et se blottir dans le cou bronzé n'était pas franchement plus reluisant.

Les deux adolescents restèrent de longues secondes ainsi, dans les bras l'un de l'autre se rassurant mutuellement. Incapable de l'éloigner de lui, Naruto ne lâchait pas Sasuke qui s'accrochait de toutes ses forces à son cou. Le souffle sur sa peau se calma progressivement, les muscles se détendirent sous ses caresses, et l'étau qui enserrait sa nuque se détendit légèrement. Kamisama il avait eu si peur... Timidement, il déposa un doux baiser sur la peau nue de l'épaule sur laquelle il appuyait son front.

L'odeur fraîche et fruitée du jinchuriki l'enveloppa, lui procurant ce sentiment de sécurité qu'il ressentait toujours près de Naruto. Les relents de sa crise d'angoisse s'étiolèrent au fil des tendres attouchements sur son dos, ne laissant derrière eux qu'une légère fatigue et un besoin d'attention qu'il aurait honte de quémander. Il était si bien là, comme si rien ne pouvait l'atteindre, les bras forts et puissants qui l'emprisonnaient formant un rempart entre lui et le reste du monde. La sensation fantomatique d'un baiser sur son épaule le fit frissonner. La bouche de Naruto... La bouche magique de Naruto... Ces lèvres si agréables à presser contre les siennes.

Un léger mouvement tout contre Naruto le poussa à défaire un peu son étreinte et à tourner la tête vers le visage encore troublé. Surpris, il vit Sasuke se rapprocher, la perception des lèvres de son amour aux coins des siennes le prit au dépourvu. Ancrant son regard océan dans les orbes sombres de son bien-aimé, il n'y vit que de l'envie troublée par un peu d'appréhension. Plus de peur... Plus de panique... Souriant doucement, il unit leurs bouches en un chaste baiser.

Une vague de soulagement l'envahi quand il vit le sourire rassurant du blond, juste avant qu'il ne l'embrasse pudiquement. Il avait craint que celui-ci ne lui en veuille pour l'avoir si violemment repoussé.

- … Je t'aime Sas'ke...

Le murmure finit de le rassurer complètement. Naruto l'aimait... Il n'avait rien à craindre. Alors que leurs lèvres allaient de nouveau se rejoindre, un coup dans son ventre l'arrêta.

Ils étaient si proches que Naruto perçut le mouvement du bébé à l'intérieur de l'abdomen de Sasuke. Un léger rire lui échappa et, tendrement, il éloigna son brun de lui, riant un peu plus devant la moue boudeuse de celui-ci.

- On doit l'écraser, le pauvre. Il proteste !

- … Hmpff

Le porteur du sharingan fronça le nez, dont le bout fut embrassé malicieusement, et se renfrogna, jetant un regard meurtrier à son ventre arrondi, responsable du fait qu'il ait dû quitter les bras sécurisants de son ancien coéquipier. Perplexe, il croisa ses bras sur son torse, attrapant le haut de ses biceps. L'incroyable sentiment angoissant l'avait quitté, mais il n'était pas bien vaillant.

Naruto sourit avec adoration à celui qui portait leur enfant et cela lui donna l'impression de le réconforter un peu plus. S'installant dans l'eau tiède, en tailleur, face à Sasuke, il plongea sa main sous la surface mousseuse et posa un pied pâle sur sa cuisse. Récupérant l'éponge qui flottait à la dérive dans l'immense baignoire, le jinchuriki entreprit de nettoyer l'extrémité neigeuse qui se détachait sans peine sur sa peau bronzée.

La sensation douce d'une éponge sur son pied sortit Sasuke de ses maugréassions. Il leva les yeux, tombant sur le spectacle de Naruto lui lavant consciencieusement le pied avec la boule spongieuse qu'il avait abandonnée plus tôt. Il n'avait même pas réalisé que le blond s'était emparé de sa jambe. Appuyant son dos contre le rebord du bassin, il s'installa plus confortablement, laissant Naruto poursuivre ce qu'il faisait.

Concentré sur sa tâche, le blond ne sentit pas le regard interrogateur qui se posa sur lui. Fasciné par cette partie de l'anatomie de l'élu de son coeur qu'il n'avait jamais vu d'aussi près, il passa et repassa l'éponge de bain sur la cheville fine, le coup de pied et les orteils parfaitement alignés. Comparé aux siens, les pieds de Sasuke étaient presque aussi gracieux que ceux d'une femme. Il se retint de rire en imaginant la tête offusquée que ferait son brun susceptible à cette remarque, quand les orteils s'agitèrent, l'incitant à lever les yeux.

- C'est bien pour ça qu'on prend un bain, non ? Se laver les pieds. Donc je te lave les pieds... Comme je sais que tu as du mal à les atteindre.

La réponse pleine de malice à sa question muette figea le survivant du clan maudit. Cet idiot l'avait remarqué ! Alors qu'il faisait tout pour le lui cacher ! Entre ça et son goût pour les caresses dans les cheveux, dont cet imbécile n'hésitait pas à abuser, il n'allait bientôt plus avoir grand chose à cacher à son blond un peu trop perspicace pour son bien. Il ne manquerait plus qu'il découvre que... Ah ! Le traître !

Amusé par l'expression furibonde, digne de celle d'un chat vexé, qui se peignit sur les traits fins de Sasuke, Naruto passa la boule spongieuse sous la plante du pied qu'il tenait en main. La crispation soudaine et le mouvement de retrait de la cheville qui reposait sur sa paume l'affola. Et s'il lui avait fait mal ? Ses yeux inquiets se posèrent sur le faciès tendu de son amour. Un doute germa dans son esprit. Se pourrait-il que… ? Voulant être sûr, il caressa d'un doigt coquin la peau fragile de la plante du pied captif entre ses mains.

Le picotement revint en force quand son crétin personnel passa ses doigts sur cet endroit un peu trop sensible. Malgré ses quelques tentatives pour éloigner sa peau des doigts de Naruto, il n'était pas assez rapide, et le picotement s'intensifia. Sasuke se mordit férocement les lèvres pour ne pas émettre le moindre son qui pourrait le trahir. Pas question que ce baka ne profite de l'un de ses points faibles ainsi !

- Le grand Sasuke Uchiwa serait-il chatouilleux ? s'enquit le blond sur un ton taquin.

- … Pas du tout ! rétorqua d'un ton glacial le prétendument chatouilleux.

Naruto ricana doucement avant de parler, appuyant ses propos par des gestes.

- Moi je crois bien que si... Juste là !

Le blond poursuivit sa douce torture jusqu'à voir un sourire difficilement retenu apparaître sur le visage d'albâtre de son vis-à-vis, puis jusqu'à l'entendre pouffer, alors qu'il tentait vainement d'échapper aux chatouillis.

Sasuke se serrait bien vengé et aurait bien tenté quelques représailles de son cru, mais ça devrait attendre un peu. Entre son gros ventre qui le rendait malhabile et son chakra pas au top de sa forme à cause de sa grossesse, le petit intermède sous la pluie suivi de son accès de panique l'avait vidé. Il se contenta de retenir au maximum ses pouffements, masquant sa bouche derrière sa main, fusillant d'un regard ayant du mal à rester sérieux dès qu'il le pouvait un Naruto qui avait l'air de s'amuser de ses réactions comme un petit fou.

Devant les réactions désespérées et manquant d'entrain de son ancien camarade, Naruto abandonna sa joyeuse torture, finissant sa tâche et passant à l'autre pied, recevant au passage quelques grosses giclées d'eau chargée de mousse qui trempèrent sa figure et ses épaules. Moyen très mature de la part d'un brun, quelque peu satisfait, de se venger du petit attentat aux chatouilles sur son pied. Naruto égrena un rire clair qui se répercuta dans la pièce, l'atmosphère entre eux s'étant à nouveau détendue.

Un rajout d'eau chaude, qui fit monter le niveau de l'eau dans la baignoire, plus tard, Naruto était toujours assis en face de lui, leurs orteils maintenant totalement propres, grâce aux bon soins du blond, se frôlant sous la surface du liquide dont la mousse fondait à vue d'oeil. Le jinchuriki écarta l'une des mèches brunes qui encadraient le visage pâle de son compagnon de baignade et la ramena derrière son oreille, ses yeux bleus cherchant son regard que lui gardait concentré sur ses mains qui jouaient avec un peu de mousse.

- Sas'ke... Je suis désolé pour tout à l'heure. J'ai été trop vite. Je ne voulais pas te faire peur.

Naruto accrocha enfin deux lagons noirs qui se levèrent vers lui, accompagnés d'un visage redoutant légèrement ce qui allait suivre. Le jinchuriki prit son courage à deux mains et poursuivit.

- Mais, t'avoir dans mes bras comme ça... et qu'on s'embrasse... c'est dur... Tu comprends, hein ?

Le porteur des sharingan leva un sourcil qui se fronça. De quoi essayait donc de lui parler Naruto... Était-ce le fait de s'embrasser qui déplaisait au blond ? Il n'aimait pas ça ? Pourtant, ce n'était pas l'impression qu'il avait eu quand leurs lèvres se joignaient l'une à l'autre. Bon, il l'admettait, c'était lui qui avait cette envie bizarre et qui initiait la plus part de leurs joutes buccales et linguales, mais bon... quand même ! C'était si terrible ? Cela le mettait tant que ça mal à l'aise ?

Naruto vit la perplexité se peindre sur le visage de Sasuke. Gêné et cherchant ses mots, il se gratta nerveusement la nuque, et tenta de s'expliquer.

- Non, mais c'est bien, hein ! Très bien, même ! Trop justement ! J'ai... Je... Pfff... Je savais pas si c'était normal et tout ça... Alors j'en ai parlé avec Iruka sensei... Et ! Tu savais qu'il est avec Kakashi sensei ? Je les ai surpris une fois et ça fait bizarre... Kakashi sensei et Iruka sensei sont ensemble… Tu aurais cru ça toi ? Et...

- Usuratonkachi !

Il interrompit la digression incompréhensible. Qu'est-ce que venait faire Iruka et Kakashi là-dedans... Il était où le rapport avec le fait de s'embrasser ? Et comment ça ils étaient ensemble ? Ensemble... Vraiment ensemble ? Genre comme les couples dans les sitcoms ? Mais il ne voyait pas vraiment Kakashi préparer de bons petits plats à Iruka... Est-ce que ça voulait dire que c'était Iruka qui s'occupait de la maison et des tâches ménagères ? Qui faisait la fille ? L'image d'un Iruka portant une robe, en train de se pomponner devant un miroir le fit grincer des dents. C'était vraiment possible ça ?

Le blond précédemment interrompu, soupira bruyamment et marmonna dans sa barbe inexistante quelque chose qui ressemblait vaguement à " Et comment je lui dis ça moi". Plantant un regard franc et direct dans les prunelles de Sasuke, il prit une grande inspiration et se lança.

- Tu es beau. Magnifique, même. Et je suis amoureux de toi. Alors forcément, j'ai des envies... euh pas très nettes, c'est d'ailleurs sûrement la faute de l'ermite pas net tout ça aussi... Mais voilà, avec ce qui s'est passé avec Kyuubi et tout... Et je veux pas te forcer, hein... Mais quand tu m'embrasses comme ça, c'est si bon que… Voilà quoi !

Le descendant du clan décimé fronça cette fois son beau visage pour de bon, essayant d'assembler les morceaux du puzzle que son vis-à-vis lui livrait, sans la notice, bien évidement ! Pas vraiment sûr de comprendre où voulait en venir Naruto, il se décida à rouvrir la bouche, histoire d'avoir le fin mot de l'histoire même s'il en redoutait la chute, après tout Naruto n'était pas imprévisible pour rien.

- … des envies... ?

La question figea Naruto. Non... Il n'allait quand même pas être obligé de le dire clairement… Si ? Sasuke ne pouvait pas être innocent à ce point ? Si ? Guettant la moindre trace de moquerie dans les yeux noirs, il faillit hurler de frustration en n'en trouvant pas la moindre. Son front rencontra violemment sa paume, le bruit claquant dans la pièce carrelée. Eh bien si... visiblement, Sasuke... le grand Sasuke Uchiwa... Idole de ces dames... était totalement... innocent pour tout ce qui avait attrait au sexe.

Le dit Uchiwa observa le réceptacle se frapper le front avec sa main, un air consterné et désespéré sur ses traits. Bon, là c'était clair, il avait loupé un épisode. Mais qu'est ce qu'il loupait ? Il avait beau réfléchir et tourner les paroles sibyllines du blond dans tous les sens, il ne voyait pas du tout où Naruto voulait en venir, outre le fait qu'imaginer Iruka et Kakashi ensemble était particulièrement perturbant... Était-ce Kakashi qui faisait le ménage et qui sortait les poubelles ?

Naruto souffla profondément. Mais comment, oui comment allait-il bien pouvoir expliquer ça ? Sans choquer ni effrayer outre mesure le grand ninja, le ninja le plus doué de sa génération, qui le regardait toujours avec un drôle d'air circonspect. Il allait bien falloir qu'il trouve un moyen de faire passer son message... D'une manière ou d'une autre...

- Bon. Sasuke... Euh, je t'aime... et du coup quand tu m'embrasses... ben, quand tu m'embrasses... euh... ça me fait tout chose là... c'est comme si j'avais des papillons dans le ventre, tu vois ? Et, ça fait comme un feu d'artifice aussi, un feu d'artifice tout chaud et tout brûlant... Et puis, du coup, ben moi, ça me donne envie de te toucher... encore plus... de... de te faire ressentir ces choses là à toi aussi... tu comprends ?

Des papillons dans le ventre ? Alors lui aussi ressentait ça ? Donc... c'était normal ? Et si Naruto n'avait pas peur... alors il n'avait aucune raison d'avoir peur, non ? Peur de toutes ces sensations étranges qui s'emparaient de lui ? Peu à peu les pièces du puzzles se mirent en place dans l'esprit de Sasuke. Naruto l'aimait... Naruto ne lui ferait jamais de mal... Naruto avait envie de le toucher… A cette pensée un délicat frisson lui parcouru l'échine.

Naruto scruta le visage aux traits aristocratiques, voyant avec soulagement la compréhension se dessiner sur ceux-ci. Heureusement les neurones Uchiwesques avaient décodés son message. Maintenant restait à savoir comment son brun allait réagir. Se mordant les lèvres d'appréhension, le blond attendit, un geste, un mot, quelque chose... Face à lui, les orbes sombres dardèrent un regard indéchiffrable sur lui avant de s'avancer, de plus en plus près. Juste avant de sentir une bouche fine se poser sur la sienne, un souffle doucement moqueur lui parvint.

- Idiot !

Le jeune homme retrouva avec une satisfaction prononcée le goût sucré des lèvres du jinchuriki qui finit par répondre à son incitation. Mais il n'était pas assez proche de l'objet de son envie, son ventre le gênait. Se mouvant dans l'eau mousseuse, il se plaça de profil par rapport à Naruto et entoura la nuque bronzée de ses bras pâles pour se coller un peu plus à celui qui l'aimait. La sensation de cette bouche chaude et brûlante contre la sienne le fit frémir délicieusement.

Retrouver la douceur des lèvres de son bien-aimé fit accélérer la course folle de son coeur. Il en aurait pleuré tant c'était bon. L'une de ses mains vint jouer avec les cheveux noirs à la base de la nuque fine, tandis que l'autre se glissa sur le ventre bien rond. Une langue mutine caressa sa bouche, sa jumelle ne tardant pas à la rejoindre pour un ballet sensuel et humide. Naruto aurait aimé que le temps s'arrête, là, tout de suite, maintenant...

Ses bras pâles noués autour du cou de Naruto, sa bouche goûtant celle charnue qui lui procurait tant de sensations grisantes, Sasuke se laissa envahir par la douceur qui émanait des gestes du blond. Il était bien là, la douce chaleur de l'eau, l'odeur parfumée des fruits de la passion, les mains aimantes posées sur lui, la langue câline qui jouait avec la sienne. Tout ceci formait un cocon de tendresse et d'amour. Et il n'avait pas envie de le quitter, il avait plutôt envie de s'y perdre pour de bon.

Il tenait Sasuke, Uchiwa Sasuke, son ami, son rival, son amour, entre ses bras. Il ferait n'importe quoi pour que les choses restent telles qu'elles étaient en cet instant, l'objet de toute son attention, l'obsession de toute sa vie, le centre de son univers, là, juste là, entre ses bras, en train de l'embrasser lui, Naruto Uzumaki, le jinchuriki, lui, qui n'aurait jamais osé imaginer ou croire qu'une telle chose se réalise un jour, certainement pas avec ce brun là et encore moins "enceinte" jusqu'aux yeux de LEUR enfant. Il nageait dans le bonheur le plus absolu.

Combien de temps restèrent-ils là, enlacés, s'embrassant doucement, tendrement. Aucun d'eux n'aurait su le dire. La température de l'eau chuta progressivement, finissant par être trop fraîche pour qu'ils puissent y rester plus longtemps. A regret, ils se séparèrent et sortirent de la baignoire, Naruto aidant Sasuke pour lui éviter une glissade qui aurait vexé son brun, brun qui n'accepta que de mauvaise grâce la main tendue de son crétin de blond. Il n'était pas une princesse en détresse, non mais !

Le blond cacha un ricanement dans la serviette de toilette avec laquelle il se séchait les cheveux. Trop occupé à bougonner après l'autre occupant de la pièce, le porteur du sharingan ne s'aperçut pas qu'il marmonnait à voix haute, faisant ainsi bénéficier de ses récriminations l'objet même de son mécontentement. Pour qui le prenait-il l'autre débile là ? Il était quand même capable de sortir de la baignoire seul, sans tomber ! Il n'était pas une de ses pouffiasses incapables de faire un pas sans se fouler la cheville sur un gravier ! Il était "enceinte", PAS en SUCRE !

Un éclat de rire se répercuta sur les parois carrelées de la salle de bain, faisant se retourner brusquement la tête brune sur laquelle reposait une étoffe pelucheuse rouge vif. Mais qu'est-ce qu'il avait encore ce baka ? Le dit baka se tordait de rire, un bras tenant son ventre, l'autre tendu devant lui, son index pointant un certain Uchiwa qui ne comprenait pas la raison de ce soudain accès d'hilarité.

Une incompréhension visible s'étendit sur les traits du normalement impassible glaçon, qui actuellement parlait seul et à voix haute ! Perdu dans son fou rire, le jinchuriki ne vit pas l'élu de son coeur s'approcher de lui, les traits crispés par la colère et un sourcil tressautant sous l'outrage fait à sa personne. Un violent coup sur le sommet de son crâne stoppa net son fou rire, un "Usuratonkachi" boudeur accompagnant l'attaque perfide dont il venait d'être victime.

Alors qu'il s'apprêtait à protester, il vit passer devant lui, la silhouette arrondie de son brun susceptible, enroulée dans une grande serviette jaune et verte. Ses yeux glissèrent sur les lignes du dos pâle laissé à découvert, fasciné par le grain de peau régulier qu'il savait si doux. Le souvenir des baisers récents lui revint. Il avait encore sur la langue le goût subtil des lèvres de Sasuke. Le bruit que fit la porte en claquant le sorti de sa transe contemplative. Un doux sourire fleurit sur ses lèvres. Oui il l'aimait ce bâtard ! A en mourir !

To be Continued...


Commentaires des auteurs :

Et voilà encore une scène dans la baignoire... Avouez que vous y avez cru ? Nous aussi, en fait, mais après réflexion, conciliabule et des heures de prise de tête sur le sujet on s'est dit que la première fois dans une baignoire c'était pas terrible... Et Sasuke ayant la libodo d'un bulot et étant un poil traumatisé... Bref du coup, voilà. En espérant que ça vous ait plu et rassurez vous... ça va venir .


Bureau des plaintes et réclamations des personnages martyrisés :

Alors que les deux auteurs transpirent sur le chapitre d'après, réunis dans un coin de la pièce, Tsunade, Kakashi, Iruka et Shizune se disputent. Seuls quelques mots sont audibles :

- Non, non,non ! C'est toi qui t'y colle ! Tu es son ancien sensei, tu es le mieux placé !

- Pas question ! Vous êtes la Godaime ! C'est à vous de le faire !

- Moi je dis que c'est à Iruka de s'y coller ! Après tout c'est son idée !

- Quoi ! Mais pas du tout ! C'est vous la médic-nin ! En plus vous devez lui donner des cours de préparation à l'accouchement, alors !

Sasu qui regarde la scène d'un peu plus loin, s'approche et demande :

- Qu'est-ce que vous faites ?

Les quatre adultes responsables se tournent vers lui, se regardent, puis finalement se lancent, lui fourrant dans les bras cinq objets.

Sasu, curieux, regarde ce qu'il a dans les mains : un DVD intitulé " Il était une fois le sexe anal ", un livre titré "Le sexe pour les nuls, spécial homosexualité", une boite contenant un flacon calligraphié "Lubrifiant aqueux, sans parfum, sans odeur ", une crème apaisante "spéciale Uke", et un magazine " J'y connais rien mais je me soigne ou comment décrypter les allusions sexuelles".

Devant l'air choqué de Sasu, Kakashi explique :

- On a eu pitié de Naruto... On s'est dit qu'une certaine partie de ton éducation était à revoir, alors voilà !

Les deux auteures et Naruto se jettent au cou de leurs quatre sauveurs en hurlant et pleurant :

- MERCIIIIIIIIIIII !

Face à eux, Sasu lève un sourcil, puis baissant les yeux vers son chargement soupire:

- …Et j'en fais quoi de tout ça moi ?

Lee et Gai arrivent et se plantent devant les lecteurs avec leur pose "Nice guy !"

- Pour que Sasu découvre la fougue de la jeunesse printanière, reviewez !


Rendez-vous au prochain chapitre, chapitre 13: Gagner du terrain.

Et maintenant que le chemin est un peu plus clair, il faut continuer à le suivre. Sasuke voit la roue du destin tourner, ce chemin qu'il suit doit-il toujours être pavé de sang ?