Avertissement : On vous le dit ? On vous le dit pas ? Bon allez, un indice : ça se passe dans un lit (ou ailleurs) entre deux hommes... fortement dénudés (voire complètement à poils)... et non ils ne font pas un strip poker... c'est … OUI ! Bravo, vous avez compris ! Un lemon ! Signalé, comme d'habitude, le premier et le dernier mot sont en gras.
Bonne Lecture !
Yzan et Lili.
~ Chemins de Traverses ~
Chapitre 13: Gagner du terrain.
La porte se referma dans son dos avec un bruit sec. La cheminée allumée diffusait une douce lumière chaleureuse dans la chambre. S'approchant de l'âtre, le bruit de ses pas assourdi par le tapis noir aux arabesques blanches, il avisa le tas de bûches posé sur le rebord du foyer. Sasuke en prit une, la posa sur les braises rougeoyantes, et s'assit en tailleur devant le feu ravivé. La serviette aux couleurs vives tomba au sol, ne couvrant plus que ses hanches et le haut de ses cuisses. Fermant les yeux, le jeune homme laissa les flammes mordorées le réchauffer.
Ses pensées dérivèrent vers ce qui s'était passé un peu plus tôt. Sa décision, qu'il croyait irrévocable, avait été balayé par le discours enflammé de Naruto. Pourquoi était-il aussi faible face à ce baka ? Sa volonté était-elle si fragile qu'une simple déclaration et quelques promesses suffisaient à le convaincre ? Si ça avait été quelqu'un d'autre que l'Uzumaki, aurait-il pareillement fléchi ? La réponse fut évidente : non ! Personne d'autre que ce crétin ne pouvait l'ébranler de la sorte et abattre ses convictions.
Derrière lui la porte s'ouvrit et se referma doucement, le doux bruissement des pas sur le parquet s'éteignit quand la silhouette musclée du jinchuriki fut à côté de lui. Pivotant sur lui-même pour lui faire face, il détailla le visage de celui qui mettait à mal toutes ses résolutions. Les cheveux dorés qui ne semblaient pas connaître le sens du mot gravité, les iris bleus comme un ciel d'été, les cicatrices parallèles pareilles à des moustaches sur les joues, les lèvres charnues, si douces et sucrées sous les siennes... tout à l'heure... dans la salle de bain...
L'adolescent blond laissa le regard scrutateur dériver sur son visage, se demandant à quoi pouvait bien penser son brun. L'envie de le prendre dans ses bras grandit en lui au fur et à mesure que les yeux noirs, dans lesquels se reflétaient les flammes qui crépitaient dans l'âtre, le dévisageaient intensément. Il s'obligea à chasser les souvenir du corps pâle blotti contre le sien et des lèvres fines dévorant les siennes. Il ne voulait pas l'effrayer, et s'il repensait à tout ça, il n'était pas sûr de pouvoir se retenir de lui sauter dessus.
Ignorant tout des pensées de son vis-à-vis, le brun suivit le fil des évènements passés, il y a peu, dans la salle de bain. Était-ce normal d'avoir tant aimé embrasser son ancien coéquipier, un homme ? Le blond lui avait dit l'aimer... Non, il l'aimait ! C'était une certitude, il l'avait senti dans chaque geste, chaque baiser, chaque caresse. Mais était-ce possible d'être ensemble de cette façon pour deux hommes ? Les sourcils noirs se froncèrent alors qu'une phrase dite par l'idiot lui revint.
Il se força à ne rien montrer de son trouble intérieur, luttant contre cette envie irrépressible de reprendre son exploration du corps arrondi face à lui là où il l'avait laissée. Les images, d'une netteté implacable, de leur séance câline dans le bain tournaient en boucle dans son esprit et les commentaires moqueurs, mais appréciateurs, d'une certaine boule de poils à queues ne l'aidaient pas. Brisant le silence paisible, une voix grave le sortit efficacement de son combat contre ses pulsions et un certain renard, qui ne lui était d'aucune aide.
- Iruka et Kakashi... ils sont ensemble ?
Oui, c'était bien ce que le ninja le plus imprévisible de Konoha avait dit. Mais, ensemble… Comme un couple ? Comme les amoureux dans toutes ces séries qui passaient à la télé ? Mais normalement ce genre de choses, c'était entre un homme et une femme, non ? La curiosité de Sasuke était éveillée. Il n'imaginait pas du tout les deux ninjas ensemble ! L'image d'un Iruka Umino en robe préparant de bons petits plats pour Kakashi lui retraversa l'esprit. Non, vraiment il ne croyait pas ça possible.
- … Hein ?
Seul un soulèvement de sourcil répondit à la réponse très inspirée de l'Uzumaki brutalement sorti de ses réflexions. La question précédente atteignit enfin son cerveau alors qu'il s'apprêtait à s'offusquer de la fameuse expression "T'es con ou quoi ? " qui s'affichait ouvertement sur le visage d'albâtre.
- Ah ! Iruka-sensei et Kakashi-sensei ? Oui, ils sont ensemble, confirma-t-il d'un air amusé.
Ensemble. Bon d'accord, les deux shinobis, tous deux de sexe masculin, enfin à sa connaissance, étaient ensemble. Et lui, il ne voyait toujours pas comment c'était possible. A moins que l'un des deux n'ait changé de sexe durant son absence. Étant donné qu'il voyait Kakashi tous les jours et que celui-ci était semblable à ce qu'il était avant... c'était donc forcément Iruka qui avait subi la transformation. L'instructeur en robe dans la cuisine de son imagination se trouva soudain affublé de deux proéminences mammaires. Les yeux noirs s'écarquillèrent d'horreur juste avant que Sasuke ne secoue la tête pour chasser cette vision très perturbante de son esprit.
Voyant l'incompréhension de son interlocuteur, le réceptacle de Kyuubi entreprit d'éclairer la lanterne défectueuse de celui-ci.
- Oui, ensemble. Ils s'aiment et sont en couple. Ils forment un vrai couple. Ils vivent ensemble, s'embrassent, et font tout ce que font les couples hétérosexuels. Ils sont juste plus discrets, parce que tout le monde n'est pas tolérant sur l'homosexualité. Enfin discrets... je les ai surpris à s'embrasser un jour, c'est d'ailleurs comme ça que...
Naruto lui raconta comment il avait surpris ses maîtres dans une position explicite, et tout un tas de petites anecdotes sur le couple. Les neurones Sasukiens enregistraient les informations aussi vite que possible. Un couple formé par deux hommes. Un vrai couple... qui s'aimait. Comme dans les séries. Donc, Iruka n'avait pas changé de sexe. Donc, c'était possible d'aimer un autre homme... Et d'aimer... l'embrasser. Quand au fait que certains étaient intolérants, il avait pu le constater de lui-même, tout comme Naruto, même si ça n'avait pas trait à la sexualité, alors il comprenait parfaitement la discrétion des deux sensei sur leur relation.
Ponctuant son discours de grands gestes, Naruto poursuivait son monologue avec pour thème principal: "Les joies et déboires d'Iruka Umino et Kakashi Hatake dans leur vie de couple." Il ne vit même pas que son brun semblait plongé dans de profondes réflexions, et que visiblement quelque chose le perturbait. Aussi, fut-il très surpris quand l'Uchiwa l'interrompit en plein milieu d'une phrase pour lui demander lequel des deux membres du couple faisait la cuisine.
Ben oui, parce que maintenant que former un couple avec une personne du même sexe était admis, du moins pour lui, il lui restait ce problème crucial de savoir qui de Kakashi ou d'Iruka faisait la cuisine. Le brun ne comprit absolument pas pourquoi le jinchuriki le regardait avec des yeux ronds et la bouche béante. S'il n'était pas aussi intelligent, il pourrait presque croire qu'il venait de dire une énormité.
C'était quoi cette question ? De tout ce qu'il avait raconté, c'était la seule chose qui perturbait le porteur du sharingan ? Ce fut plus fort que lui, le blond éclata de rire. Entre les larmes qui coulaient sur ses joues tant il riait, il vit la tête brune se tourner furibonde sur le côté et les bras pâles se croiser sur le haut du ventre arrondi, preuve que son hilarité n'avait pas plu à sa seigneurie Uchiwesque.
Les yeux noirs dardèrent les flammes qui dansaient dans l'âtre. Sasuke ne comprenait pas en quoi sa question était drôle. Et l'autre crétin qui se moquait au lieu de lui répondre ! Un frôlement sur ses genoux lui fit baisser le regard. Deux mollets tannés par le soleil encadraient ses jambes repliées, la peau couverte d'un duvet blond, presque invisible, touchant la sienne. Une de ses mèches noires fut repoussée derrière son oreille, où elle ne resta pas, retombant immédiatement à sa place initiale.
Un sourire doux fleurit sur les lèvres de Naruto quand il vit les cheveux aux reflets bleutés revenir à la place exacte qu'ils occupaient avant qu'il ne vienne les repousser. Son fou rire s'était éteint progressivement, il s'était rapproché de son brun boudeur et avait attiré son attention en douceur. Quand les yeux noirs se posèrent sur lui, il répondit doucement.
- C'est Iruka qui fait la cuisine... depuis le jour où Kakashi a failli mettre le feu à sa maison en faisant cuire du riz.
Ah ! C'était bien ce qu'il pensait alors ! En même temps, il ne voyait vraiment pas le ninja copieur devant les fourneaux avec un tablier. Un frisson lui parcouru l'échine quand il croisa les prunelles tendres qui le dévisageaient. Leur intensité était telle qu'il avait l'impression qu'elles voyaient par delà son enveloppe corporelle, s'enfonçant directement dans son âme. Une main hâlée se tendit vers lui, allant effleurer le haut de son front, juste à la racine des cheveux.
- Tu as une cicatrice ici... Comment t'es-tu fait ça ?
Elle était toute petite, si petite, qu'il ne l'avait jamais vue avant ce soir. Un triangle minuscule, caché par la chevelure sombre, mais que la lueur du feu avait mise en évidence. Les doigts pâles vinrent toucher la marque à peine plus claire que l'épiderme. La réponse lui parvint en un souffle, l'image d'un petit Sasuke courant partout lui soutirant un sourire.
- Je suis tombé... J'avais trois ou quatre ans... Je courais dans la rue et je suis tombé.
Le souvenir n'était pas très précis dans son esprit. C'était l'époque où il vénérait son grand frère et ne le quittait pas d'une semelle, accaparant toute son attention, l'entraînant de force dans ses jeux enfantins. La caresse fantomatique sur sa joue le ramena à l'instant présent et à Naruto qui lui souriait avec une tendresse bouleversante.
Lui n'avait jamais gardé aucune cicatrice de ses nombreux combats, ni de ses chutes. Merci Kyuubi et son chakra qui le soignaient quasi instantanément ! Ses doigts glissèrent de la joue au cou, puis à l'épaule. La peau était douce et sans aspérités, aussi ne manqua-t-il pas la légère irrégularité sur le haut du bras, un peu plus grande que la précédente. Tout en redessinant les contours de la marque, il posa son regard sur celle-ci et souffla doucement.
- Et celle-là ? On dirait un croissant de lune.
Les attouchements légers comme des ailes de papillons sur son épiderme lui donnèrent la chair de poule. Le murmure de Naruto lui fit tourner la tête vers lui. Se mordillant la lèvre, Sasuke hésita un instant à répondre, mais cette cicatrice... c'était la seule qu'il devait directement à son ancien coéquipier. Il céda finalement à l'insistance muette des lagons azurés posés sur lui.
- … la vallée de la Fin...
Cinq mots. Cinq mots qui renfermaient tant de souvenirs douloureux. Ce combat... Son coeur se serra aux souvenirs qui affluaient. Une pointe de culpabilité le transperça. Cette balafre... c'était lui qui la lui avait faite... Pourtant dans les orbes sombres, il n'y avait pas la moindre trace d'animosité ou de rancoeur. Ses yeux descendirent, suivant la lumière douce du feu qui se reflétait sur le corps pâle. Là sous les côtes, il vit une autre marque où il posa doucement le bout de ses doigts.
L'éclat coupable qui traversa l'océan de tendresse qu'étaient les iris du jinchuriki, lui pinça le coeur. Non, son ami ne devait pas s'en vouloir. Ce jour là, ils s'étaient affrontés... et ils avaient tout donné, tous les deux, allant aussi loin qu'ils le pouvaient. Chaque coup reçu avait été rendu, et s'il avait gagné cette fois-là, c'était grâce au sceau maudit... et à la chance. Il l'avait abandonné, inconscient, sous la pluie, et avait emprunté un chemin de ténèbres où celui qui était son meilleur ami n'avait pas sa place, n'avait plus sa place, dans sa quête de puissance et de vengeance. Et maintenant ? Son ami, son rival, pouvait-il avoir à nouveau la place qu'il occupait avant dans sa vie ? Voire plus ?
Le blond suivit du bout du doigt une fine ligne qui barrait le flanc de son amour et disparaissait dans son dos. Elle était si fine, presque invisible, où l'avait-il eue celle-ci ? Curieux de voir où elle se finissait, Naruto se glissa sur le côté, passant l'une de ses jambes derrière les reins creusés par le ventre rebondi, et sa main frôla la peau lésée, suivant la marque jusque là où elle s'effaçait, non loin de la colonne vertébrale.
Sasuke frémit sous l'ombre fantomatique des doigts qui coururent sur son épiderme laiteux, mal à l'aise. Jamais il ne dirait à Naruto que c'était un vestige de leur combat contre Haku, au pays des Vagues. Leur première mission de rang B. Et il avait bien failli mourir... pour protéger Naruto ! Naruto... La cuisse de celui-ci contre ses fesses irradiait une chaleur agréable qui se diffusait jusque dans la cambrure de ses reins.
- Où est-ce que tu l'as eue celle-là ? demanda-t-il.
Le profil de statue grecque se renfrogna légèrement, les ombres dansantes des flammes traçant des reflets mordorés et mouvants sur les pommettes. Une bûche craqua dans le foyer non loin d'eux.
- … m'en souviens plus...
C'était un mensonge, et Naruto le devina aisément, tout comme ce que son aimé ne disait pas, le mauvais souvenir associé à cette fine balafre. Voulant détourner l'esprit de Sasuke des sombres réminiscences, il déposa un tendre baiser sur l'épaule face à lui.
Il tourna la tête, ses mèches brunes suivant le mouvement avec grâce, surpris par l'action spontanée du jinchuriki. Ses puits sombres tombèrent sur un regard tendre et plein d'adoration. Par un lien de cause à effet ses yeux noirs suivirent les courbes du visage pour atterrir sur les lèvres charnues. Sasuke se lécha les lèvres, tenaillé par l'envie soudaine de cueillir à nouveau la bouche par trop tentante. Son visage se pencha petit à petit, hésitant, son geste trahissant sa lutte intérieure, et il vint finalement cueillir le fruit de ce désir curieux qui l'habitait.
Naruto reçu l'effleurement aérien qui lui soutira un sourire amoureux. Avançant subrepticement un peu plus sa tête, il transforma le frôlement en un contact un peu plus direct. Sasuke pencha tout doucement son visage sur le côté et entrouvrit la bouche avec lenteur, réclamant silencieusement pour un peu plus. Le réceptacle du démon renard, touché par la retenue dont faisait preuve son vis à vis, lui donna de bonne grâce ce qu'il voulait sans oser vraiment venir le prendre, même si visiblement il en mourrait d'envie.
Un soupir à peine audible s'échappa de la gorge pâle. C'était si doux. Ce baiser alangui ravivait les braises des sensations envoûtantes qu'il avait ressenties précédemment. La bouche de Naruto... Maintenant qu'il y avait goûté, il n'était pas sûr de pouvoir s'en passer tant c'était addictif. Ses bras finement musclés s'enroulèrent autour du cou de son amoureux en une étreinte vulnérable et éthérée.
Sa main ambrée s'éloigna du contour de la cicatrice dans le dos finement musclé et navigua progressivement de haut en bas, effectuant un mouvement sécurisant sur l'épiderme couleur de gypse qui scintillait à la lueur des flammes. Sa paume courait sur le derme, prenant la pleine mesure de la peau laiteuse. Remontant vers la nuque, il sentit une légère crevasse ronde à la jointure entre la nuque et les épaules. Il posa son autre main sur la cuisse crémeuse la plus éloignée de lui et qui était un peu relevée.
Un sentiment étrange l'envahi quand son blond effleura la marque sur le bas de sa nuque, souvenir du sceau maudit disparu lors de son combat fratricide. De tous ses souvenirs gravés sur son épiderme, c'était le seul qu'il aurait voulu effacer. La chaleur que diffusèrent les membres caressants lui donna l'envie inexplicable qu'ils y laissent leurs propres marques... Resserrant son emprise sur le cou de Naruto, Sasuke accentua le contact entre leurs bouches, titillant du bout de la langue les lèvres charnues qui s'unissaient aux siennes.
Naruto laissa à l'appendice tiède et humide libre accès à son palais, ouvrant peu à peu sa bouche, venant doucement encourager cette consoeur un peu taquine avec la sienne. Même s'il n'en donnait pas l'impression, il marchait sur des oeufs, avançant prudemment, cherchant à apprivoiser celui qu'il souhaitait voir sortir définitivement de ces ténèbres. Il sentait le brouillard fantasmagorique jamais bien loin de l'esprit de son bien aimé. Il aurait voulu pouvoir absoudre Sasuke de ses démons, éradiquer ces stigmates qui le marquaient jusque dans sa chair, lui rappelant sans cesse un passé obscur.
Le jeune Uchiwa émit un gémissement à peine audible à la sensation d'un muscle bouillonnant rejoignant sa langue pour un ballet voluptueux. Les papillons reprirent leur envol dans son ventre alors que les braises incandescentes s'intensifiaient au creux de ses hanches. Les paumes qui naviguaient paisiblement sur son corps incendiaient sa peau, alors qu'il se consumait contre le torse chaud couleur caramel.
La faible plainte qu'il entendit fouetta ses sangs. Kamisama, il ne ferait jamais de mal à Sasuke mais ce dernier se débrouillait toujours pour être à croquer. Sa main qui explorait la cuisse de son ancien coéquipier, vagabonda un peu plus haut, remontant le long du flanc qui se couvrit de chair de poule au contact de la moiteur de sa paume cuivrée. Sentir l'épiderme d'albâtre pleinement, le découvrir et, oserait-il penser : se l'approprier, l'accaparer tout entier pour que plus jamais il ne lui échappe.
Il se sentit fondre quand ses côtes furent câlinées avec dévotion. Jamais de sa vie, il ne s'était senti ainsi... si aimé... si vénéré... Comment était-ce possible ? Qu'avait-il fait pour mériter tant d'attention et d'égard ? Lui, le nukenin, qui avait blessé, abandonné, trahi celui-là même qui l'adorait. Peut-être ne serait-ce qu'éphémère... Kamisama serait-il assez cruel pour lui reprendre cet être qu'il savait ne pas mériter ? Craignant soudain de le perdre, Sasuke s'accrocha avec plus de force à Naruto, crispant ses doigts effilés dans les mèches blondes, se collant à lui autant qu'il le put, regrettant de ne pas pouvoir se souder à lui.
Surpris par la force renouvelée avec laquelle le brun se suspendit à sa nuque et se moula autant que possible contre lui, le jinchuriki cajola un peu plus ce corps qui se tendait contre lui et l'attirait toujours plus proche, plus près. Les mouvements de l'héritier de la pupille à virgule étaient autant empreints d'un besoin presque avide que de détresse. Naruto accrut la tendresse et la force de ses attouchements, cherchant à transmettre par tous les moyens tout l'amour qu'il ressentait pour cet être lové tout contre lui et qu'il avait envie d'embrasser dans son entier.
Les ombres qui rôdaient à la frontière de son esprit se dissipèrent progressivement sous les attentions aimantes et cajoleuses de celui qui avait toujours eu, bien malgré lui, tant d'importance dans sa vie. Se laissant porter par les sensations grisantes nées de l'amour profond qui émanait de chacun des gestes de son blond, Sasuke se détendit et soupira de bien-être. Les vagues ardentes réchauffaient tout son être, son corps, son âme et son coeur.
Naruto sentant l'héritier du clan décimé à nouveau s'alanguir, sa paume parcourut les côtes qui protégeaient la cage thoracique où battait un coeur palpitant et poursuivit sa course tranquille mais néanmoins remontante. Avec lenteur, il entama un virage juste sous l'aisselle d'albâtre et le dos de sa main effleura subrepticement un mamelon de chair rosée, effectuant un va-et-vient fantomatique, attentif aux réactions de l'objet de toute son attention.
Sasuke sentit un léger choc électrique partant de sa poitrine qui se répercuta jusque dans son bas-ventre. Ses paupières closes s'ouvrirent en grand, sa bouche lâcha les lèvres charnues de Naruto en un couinement surpris. Qu'est-ce que c'était que ça ? Ses orbes sombres tombèrent dans deux lagons azurés, plongeant dans l'immensité bleue emplie d'amour et d'envie. Il n'eut pas le temps de s'interroger plus, ses pensées court-circuitées par une onde électrisante plus forte que la précédente.
Sa main s'enhardit et repassa sur la petit boule de chair turgescente avec davantage de précision, ses pupilles couleur de ciel ne lâchèrent pas les disques noirs et luisants, incertains et troublés, ancrés dans les siens. La réaction qu'il provoqua fit grimper encore son besoin de posséder entièrement la tentation faite homme qui s'abandonnait littéralement entre ses bras. Heureusement, l'image mentale d'un Ebisu en train de trôner dans ses toilettes lui permit de garder le contrôle sur lui-même, contrebalançant grandement l'embrasement de ses propres sens. Il remercia Kyuubi pour ce coup de patte inattendu, surtout de la part de son renard démoniaque personnel, qui visiblement s'impliquait dans une telle situation. Quel pervers il faisait celui-là quand même !
L'onde de choc fit jaillir un gémissement indécent des lèvres finement ourlées. Perdu dans les vibrations enivrantes de son être, Sasuke ne ressentit qu'une vague pointe de culpabilité à émettre un son aussi peu digne d'un Uchiwa. Kamisama ! Que c'était bon ! Son esprit noyé par l'onde plaisante, ses reins se cambrèrent poussant involontairement son torse vers les doigts agiles et caressants, responsables de ce tourbillon impudique, ses mains agrippant la chevelure blonde, seul point de repaire tangible qui lui restait.
Naruto replia sa jambe dans le dos de son brun pour fournir un appui au dos de son bien-aimé. Il embrassa cette veine qui battait si fort dans le cou candide qui ployait vers l'arrière sous la force des sensations qu'il provoquait. Le shinobi le plus puissant de sa génération intensifia son geste, osant caresser le monticule de chair, décidément particulièrement sensible, avec la pulpe de ses doigts. Il voulait plus que tout noyer Sasuke dans un océan de délices, le combler au-delà de tout ce qui était possible.
Sa tête rejetée en arrière, ses lèvres entrouvertes et les yeux dans le vague, le porteur du sharingan exprimait, totalement contre son gré, sa félicité. Jamais il n'aurait imaginé que cette partie de son anatomie puisse être aussi réceptive aux caresses. Pas qu'il ait déjà expérimenté d'ailleurs. Dans ce domaine, ses seules connaissances venaient de son goût récent pour les séries à l'eau de rose. Lui-même ne s'était rabaissé à se masturber qu'une seule fois et il n'en gardait que le souvenir honteux du temps qu'il lui avait fallu pour détacher le drap souillé.
L'expression de Sasuke, brouillée par cette volupté impudique; son corps transi qui vibrait tout contre lui alors qu'il dévorait cette gorge laiteuse qui lui était offerte, y traçant des sillons tortueux de la pointe de sa langue... Sasuke... Sasuke... Sasuke... Sasuke qui gémissait, le souffle court et les lèvres entrouvertes, ses pommettes de plus en plus colorées de rose... et ce petit bouton de chair sous ses doigts qu'il câlinait avidement, cherchant à amener toujours plus de plaisir à l'ardente image d'extase qui se contorsionnait, les longs doigts fins engoncés dans sa chevelure. Car, c'était bien du plaisir, et pas autre chose qui nimbait ce corps.
Était-ce possible de ressentir autant de plaisir ? Le jeune Uchiwa avait l'impression que les flammes de l'âtre brûlaient directement à l'intérieur de lui. Ses orteils se crispèrent, ses jambes se décroisèrent, les langues de feu qui partaient de son téton se répandirent dans tout son corps. Les sensations diminuèrent un peu, lui permettant de retrouver quelques repères, quand la main divine changea de cible. La langue dans son cou le fit soupirer de bien-être et d'envie. Il avait envie... de plus... de tellement plus... Si c'était Naruto... Il en voulait plus !
La main de Naruto navigua sur le torse glabre, effleurant l'autre mamelon qui pointait tout autant que le premier. Il était curieux de découvrir si son bien aimé était tout aussi sensible de celui-là, et il n'eut pas bien longtemps à attendre pour avoir la confirmation. Il continua à suçoter l'épiderme sensible sous sa bouche. S'il s'écoutait, il le dévorerait là, maintenant, tout de suite. Il l'allongerait sur le tapis moelleux et... et...
- Et alors gamin, tu veux que je te fasse un dessin ? T'attends quoi là ! Une invitation par la poste ? gronda la voix caverneuse, un poil moqueuse de son squatteur personnel.
Alors qu'il commençait tout juste à retrouver son souffle, le jeune brun le perdit à nouveau quand son autre mamelon fut victime de titillages doux et fripons qui ravivèrent les braises du feu précédent. Incapable de se contrôler, il gémit bruyamment, complètement submergé par les réactions que provoquaient les délicieux stimulis sur son corps. C'était si bon ! Kamisama ! Il n'arrivait pas à croire que quelque chose soit si bon !
Ravi de sa nouvelle découverte, il décida de pousser un peu plus loin ses investigations sensuelles sur la chair de sa proie qui était visiblement plus que réceptive et totalement consentante. Sa main délaissa le monticule rosé qu'il venait de gentiment tester, sa bouche gourmande descendit subrepticement le long de la clavicule saillante et descendit encore... pour s'arrêter sur le petit bulbe renflé qu'il venait d'abandonner. Ses lèvres se refermèrent sur la protubérance si sensible et si vulnérable, ses doigts s'emparant de l'autre mamelon esseulé.
Le chemin humide, que traça la langue du jinchuriki, sur son épiderme, le fit frissonner de la tête aux pieds. Son gémissement se transforma en une plainte lascive quand les lèvres charnues emprisonnèrent ce point précis de son anatomie qu'il venait de découvrir très érogène. La double stimulation acheva de lui faire perdre le peu de contrôle qu'il possédait encore, le faisant s'arquer vers son tourmenteur. Plus bas, il senti son corps réagir plus que positivement à la douce torture que lui faisait subir Naruto.
Sa bouche aspira le nodule qu'il fit rouler sous sa langue, le cajolant de sa pointe humide, sa main s'occupant de l'autre, le massant, l'effleurant.
- Tu sais, gamin, au rythme où vous allez, demain on y sera encore... Tu veux peut-être une carte ? Parce que c'est pas là que se trouve le plus intéressant, grommela Kyuubi dans son esprit de plus en plus enfiévré qu'il avait déjà bien du mal à brider.
- Kyuubi, Ta gueule ! La faute à qui si je dois prendre des chemins de traverses à ton avis ! gronda Naruto passablement énervé.
Qu'est-ce que c'était que ça ? Depuis quand son... son... sa... sa virilité prenait-elle vie ainsi ? Enterré sous l'intensité des émotions qui engloutissaient complètement ses sens et son esprit, l'inhabituelle tension dans son aine s'ajouta au reste, lui donnant l'envie, pas du tout Sasukienne, de glisser sa main entre ses cuisses, pour soulager la pression insidieuse qu'il sentait monter de plus en plus.
Le renard poussa un soupir désabusé et se retourna dans sa cage. Ben quoi, il voulait juste aider un peu... Parce que bon, même les bouquins de l'autre ermite là étaient presque plus intéressants que ce à quoi il assistait depuis... allez trois bonnes grosses heures... Affligeant... Comme il l'avait dit à son réceptacle, avec leur rythme de croisière actuel, peut-être qu'il y aurait un peu d'action... demain matin...
- Na... Naru...Naruto... Hannn!
L'appel suppliant et sensuel résonna dans la pièce. Il voulait plus... Plus de feu... Plus d'électricité... plus de tout... Mais c'était… déjà presque trop... La bouche de Naruto... Il la voulait sur la sienne... Qu'il arrête de le tourmenter ainsi... qu'il continue... Il ne savait plus ! Il ne comprenait pas ce qui se passait dans son corps... Mais c'était Naruto... alors il voulait... tout... et peut-être plus encore !
La voix voilée de plaisir, presque désespérée le fit ralentir un peu alors que le dos de son brun se cambrait encore plus intensément en arrière, les muscles se tendant tout en frémissant. Naruto suspendit ses gestes, un peu plus et Sasuke lui tombait des bras, emporté par le trop plein d'émotions. Il rassura sa prise sur le corps en transe dont la température s'était peut être un petit peu trop élevée. Conscient d'avoir peut-être un petit peu trop joué avec le feu, il effleura les lèvres crispées sur une respiration beaucoup trop courte et qui étaient à deux doigts de se faire mordre jusqu'au sang, dégageant le front en sueur des mèches brunes qui y collaient.
ENFIN ! Enfin sa bouche retrouvait sa jumelle. Elle s'était sentie si seule ! Son soupir de contentement s'écrasa sur le sourire de Naruto. Les sensations grisantes que leur ballet buccal provoquait revinrent danser au creux de son ventre, et Sasuke s'y abandonna, appréciant ces papillonnements et ces ondées délicieuses qui calmaient le feu ravageur qui consumait son être. Kamisama que c'était bon !
Les flammes du désir incendiaient Naruto, mais il faisait fi de ses envies pour ne se concentrer que sur celui qui avait bien failli s'enfuir quand il avait osé s'approcher de zones un peu trop intimes, lors de leur bain commun. Il laissa Sasuke le déguster, l'engloutir, l'absorber dans ses baisers torrides et ses joutes humides, sa main naviguant à nouveau tranquillement sur l'être insatiable et vorace suspendu à son cou. Son amour se collait si étroitement à lui que bientôt il ne pourrait plus bouger ou bien il tomberait à la renverse.
Resserrant son étreinte autour de la nuque hâlée, le jeune Uchiwa soupira doucement dans la cavité humide qu'il explorait sans relâche. Une envie irrépressible de plus... de plus… de bien plus que ce tourbillon de bien-être... l'envahit. Ne sachant que faire de cette envie, il s'accrocha d'avantage encore à celui qui bouleversait tout son être. Sa bouche se fit plus exigeante, sa langue plus gourmande. Il voulait... Il voulait… se perdre dans ces bras forts et puissants, et tout y oublier.
Naruto redécouvrait ce corps encore et encore, ce corps qu'il ne se lasserait jamais de parcourir en tous sens, gravant dans sa mémoire chaque creux, chaque bosse, chaque marque distinctive. Le corps de Sasuke... Il pourrait bien passer des heures à le caresser ainsi, le câliner, le cajoler pour qu'il l'accepte enfin à ses côtés, de cette manière... pour toujours et à jamais... Et il ne pouvait se retenir de parcourir ce ventre de plus en plus rond qui abritait la vie, une vie qui grandissait et se développait, et qui était un peu d'eux deux à la fois.
Sasuke se perdait profondément, il sentait cette paume lente et douce, pleinement posée sur lui, tracer des chemins sinueux et en tous sens un peu partout sur sa peau, le poussant à se coller un peu plus contre Naruto, faisant monter cette fièvre curieuse qui le dévorait et qui le poussait à toujours plus se raccrocher et dévorer ces lèvres offertes contre les siennes, jouer avec cette langue humide qui bataillait gentiment contre la sienne, le laissant gagner. Il voulait se couler contre cette paume agréable, être définitivement soudé à cette bouche. Un grognement avide et impatient, contrarié, fit vibrer sa gorge.
Continuant à passer sa main sur la peau tendue, il explora le dessous de l'abdomen bombé, tout à ses joutes buccales avec l'élu de son coeur. La rencontre impromptue de ses doigts avec quelque chose de différent qui n'avait pas grand chose à voir avec la rondeur de l'endroit, ramena son attention sur sa main, se forçant à se désolidariser de Sasuke, juste le temps d'un coup d'oeil intrigué, avant que le brun ne l'accapare à nouveau avec ses lèvres.
Le brun geignit en protestation à l'abandon dont était victime sa bouche. Le faible pic de plaisir, à peine un sursaut qu'il avait resenti dans son aine ne justifiait pas la solitude dont souffrait sa langue. Tirant sur les mèches blondes, toujours prisonnières de ses doigts, il ramena à lui l'objet de son désir. Un grognement satisfait roula dans sa gorge quand ses papilles retrouvèrent le goût si particulier de la cavité humide et chaude de son blond.
Il eut juste le temps d'apercevoir ce contre quoi ses doigts avaient buté, mais il l'avait bel et bien vu quand même. Et bien, Sasuke était dans un état similaire au sien, voire plus avancé. Ce qui au final était rassurant, car c'était la preuve tangible, et plus que tangible même que le brun prenait du plaisir à ce qu'il lui faisait, un plaisir bien éveillé et candide... voire plutôt raide et turgescent... Seulement, comment faire pour le toucher à cet endroit bien précis sans que ce dernier ne se referme ou pire ? Il avait réussi à toucher son torse presque sans peine, mais là, c'était quand même une toute autre histoire...
Le descendant du clan maudit poursuivait ses assauts, se pressant contre le corps chaud de son vis à vis, cherchant par tous les moyens quelque chose, une friction, n'importe quoi, qui pourrait augmenter l'amplitude des sensations qui le parcouraient. Une pointe de frustration le tarauda, de plus en plus présente. Ça ne lui suffisait plus, seulement cette main qui se promenait sur lui, il avait soif, si soif de ce corps contre le sien. Il voulait plus, il attendait plus... même s'il ne savait pas vraiment quoi ni comment.
Naruto tenta une nouvelle approche "innocente", repassant sa main de la même manière que la première fois mais cette fois avec une lenteur toute calculée pour prolonger le contact. Sasuke arrêta de l'embrasser, fixant sur lui ses orbes luisantes et troublées, mais où pointait un soupçon de questionnement surpris. Il renouvela son geste alangui, guettant avec une certaine anxiété, dans les prunelles noires les prémices d'une crise ou d'une réaction négative au léger attouchement impudique.
Sasuke contempla le visage aimant focalisé sur lui. Pourquoi est-ce que ça le dérangeait autant que Naruto le touche à cet endroit ? Quelque part, ça répondait pourtant à ce qu'il voulait non ? Les sensations qui l'avaient traversé en un éclair intense et fulgurant étaient encore plus attrayantes que ce que provoquait cette main baladeuse sur sa peau... Il se mordit les lèvres quand la main repassa une nouvelle fois sur cet élément de son anatomie qui n'avait jamais été touché par quelqu'un d'autre que lui, tiraillé entre l'envie et l'angoisse.
Il resserra un peu plus son étreinte sur l'être un brin indécis au visage circonspect, son entrejambe tendu frottant traîtreusement contre la hanche devenue plus ronde avec l'avancée de la grossesse. Est-ce que Sasuke se rendait compte que lui aussi était dans le même état ? Mais que ça n'avait rien d'extraordinaire, ni rien d'alarmant ? Il déposa un baiser éphémère sur les lèvres mordillées et accentua un peu plus son geste, essayant de se montrer encore plus rassurant.
Les yeux azurés le fixaient, légèrement appréhensif, attendant qu'il réagisse. C'était Naruto... Les yeux bleus de Naruto... La main de Naruto qui frôlait cette partie si intime de son corps. Il avait confiance en Naruto... Alors pourquoi ne pouvait-il pas s'empêcher d'avoir ce sentiment de crainte qui affolait son coeur ? Le corps doré par le soleil se rapprocha de lui en une étreinte sécurisante et possessive. Il ne prit pas garde à la dureté qui cogna contre sa hanche, perdu dans ses doutes et les deux lacs d'amour posés sur lui. La caresse intime recommença, plus prononcée que précédemment et les frissons attrayants s'intensifièrent, le faisant gémir doucement.
Il l'aimait, il l'aimait tellement, et il se sentait tellement, tellement coupable. Ce que lui avait fait subir Kyuubi était innommable, même si à cause ou grâce à cela, ils attendaient un heureux évènement. Et c'était à cause de lui... parce qu'il avait perdu le contrôle... Il voulait à tout prix que Sasuke dépasse tout ça, qu'ils arrivent à surmonter ça ensemble. Et qu'il décoince un peu son teme préféré dans son rapport à son corps et lui apprendre à le voir autrement que comme une arme.
Les frissons qui remontaient délicieusement le long de sa colonne vertébrale l'électrisaient. C'était Naruto ! Il ne lui ferait jamais de mal ! D'ailleurs là, il ne lui faisait pas de mal, rien de mal ! C'était bon ! Se jetant sur la bouche charnue qui l'accueillit avec avidité, Sasuke rendit les armes. Si c'était Naruto, son blond, qui l'aimait, alors... il pouvait s'abandonner un peu n'est-ce pas ? Rien qu'un peu... Un tout petit peu... Profiter des attentions exaltantes du seul être au monde qui n'utiliserait jamais cette faiblesse contre lui, ni aucune de ses faiblesses d'ailleurs, il était trop droit et trop franc pour cela.
Rasséréné par le baiser enfiévré qui s'écrasa sur sa bouche, Naruto en aurait presque hurlé de bonheur et de soulagement. Ses doigts s'enhardirent, osant frôler l'excroissance sur toute sa longueur. Cueillant dans sa bouche une nouvelle plainte lascive, Naruto intensifia leur échange buccal. Il était si heureux, tellement heureux que Sasuke l'autorise à toucher son corps de cette manière si intime, ça représentait tellement pour lui, c'était sans doute la plus belle preuve de confiance que le brun puisse lui faire.
Sasuke gémit sourdement, les doigts qui effleuraient sa virilité se faisant plus insistant, il resserra sa prise sur les cheveux blonds, voulant se fondre dans la bouche qui le dévorait. Tant de sensations le bouleversaient, il était perdu dans le plaisir et pourtant ce n'était pas assez. Il ne savait pas si c'était possible, mais il voulait plus... Inconsciemment, il donna un coup de hanche vers l'avant, souhaitant intensifier le contact.
Le jinchuriki aurait presque cru mourir de bonheur et de soulagement. Sasuke se collait contre lui et acceptait la caresse, réclamant involontairement plus, son corps parlant pour lui. Ce qu'il s'empressa de lui donner. Naruto referma délicatement sa main, ses doigts s'enroulant autour de la verge dressée et légèrement humide. Doucement, pas à pas, il fit coulisser sa paume, glissant sur la longueur frémissante. C'était un premier aboutissement, une première avancée par rapport à tout le mal que Kyuubi avait fait en se vengeant de la plus ignominieuse des façon sur Sasuke.
Une infime pointe d'angoisse le traversa quand la paume chaude se referma sur son membre, mais elle fut vite noyée par les sensations grisantes que l'appendice qui montait et descendait sur sa chair turgescente provoquait. Le gémissement qui lui échappa fut une plainte charnelle que la bouche avide du blond étouffa. L'onde voluptueuse lui fit creuser les reins, ses hanches venant d'elles-mêmes vers la main divine qui lui faisait tant de bien.
La croupe laiteuse de l'adolescent dont il était épris chaloupait de plus en plus contre lui, au fur et à mesure que ses gestes devenaient de plus en plus appuyés, même s'il maintenait un rythme alangui. Les cuisses pâles frémissaient délicieusement, s'écartant spontanément pour lui donner un meilleur accès. Sasuke écarta un peu plus ses jambes, gardant ses genoux fléchis, ancrant la plante de ses pieds dans le tapis moelleux. Les mouvements ondoyants de son bassin imbriqué entre ses cuisses frottaient de plus en plus contre son entrejambe déformée, le mettant au supplice.
Dans la cheminé, le feu crépitait ardemment, les langues du brasier mordoré se reflétaient sur la peau pâle couverte de chair de poule en un parfait miroir de l'incendie qui ravageait le porteur du sharingan suspendu au cou du blond. Les craquements des bûches ne couvraient pas les gémissements et les grognements qu'haletaient les deux garçons unis dans un plaisir ardent. La tête brune se rejeta brutalement vers l'arrière en une plainte lascive qui résonna dans la chambre obscure.
Sasuke se collait à lui, vibrait contre lui, geignait et respirait lourdement, au bord du précipice, et lui... lui... n'était vraiment pas loin de suivre la même voie, même s'il faisait tout pour privilégier son brun. Mais son corps à lui aussi réagissait, à l'entente des sons lascifs, aux mouvements brûlants tout contre lui, à cette langue qui vilipendait sans relâche sa bouche, lui soutirant des grognements de plus en plus suggestifs et extatiques alors qu'inconsciement lui aussi ondulait de temps à autre du bas des reins contre cette hanche qui le tentait et lui transmettait l'excitation de Sasuke.
La paume et les doigts agiles jouaient des arpèges sur sa chair de plus en plus humide et pulsante, envoyant des tourbillons de plaisir toujours plus intenses dans son corps abandonné aux bras de Naruto. Jamais de sa vie il n'aurait cru pouvoir ressentir autant de félicité ! Il était habitué à la douleur, mais n'avait jamais imaginé qu'il puisse ressentir pareilles sensations, une telle satisfaction totalement charnelle et indécente. Kamisama, que c'était bon !
Le corps de Sasuke s'ouvrait comme une fleur brûlante et concupiscente, s'épanouissant entre ses bras et sous sa main, suspendu à ses gestes et à ses lèvres. Il désirait tant le combler, l'immerger sous des tonnes d'amour et accessoirement de plaisir jouissif... Mais serait-ce suffisant pour qu'il reste à ses côtés ? Son poignet accéléra un brin la cadence lascive et ses doigts les notes sulfureuses qu'ils jouaient sur la protubérance rigide et suintante.
La lave bouillonnante qui coulait dans ses veines engluait son esprit dans un magma incandescent. Ses orteils se contractèrent convulsivement sur la surface moelleuse du tapis, sa gorge émettant des plaintes concupiscentes de plus en plus fortes qui se muèrent en cris de plus en plus obscènes et érotiques quand un pouce dérapa sur son gland, créant une explosion vivace et délicieusement torturante dans tout son être qu'il vocalisa tout aussitôt.
Son doigt joua avec le frein de peau délicate, balayant l'extrémité de la verge gonflée avec agilité. Il ne voulait pas trop précipiter les choses, il voulait que Sasuke découvre peu à peu les joies et les plaisirs secrets que son corps pouvait lui procurer. Mais là, sans vouloir être égoïste, ce serait bientôt lui qui ne tarderait pas à jouir, et il voulait absolument éviter ce qu'il considérait comme une catastrophe imminente au vu de sa situation actuelle.
La tension qui l'habitait se faisait encore et toujours plus oppressante au fil du temps, il avait l'impression qu'il allait imploser. Il sentait une pression constante grandir et devenir impossible à contenir, là, entre ses cuisses, là d'où partaient ces torrents ardents et torrides d'une puissance empreinte de luxure qui anéantissaient, annihilaient toute pensée, le laissant exsangue et pantelant, abandonné à la force de ses ressentis.
Les éclats de cette voix qu'il connaissait si neutre et atone, impassible, contenaient tant de concupiscence qu'ils suffiraient presque à eux seuls à déclencher sa jouissance tant ils étaient aphrodisiaques et excitants, une musique licencieuse, voluptueuse et tellement, tellement... sexy et adorable qu'il ne savait plus comment faire pour tenir. Tenir, tenir encore un peu, juste un tout petit peu, pour amener son aimé jusqu'à l'extase jouissive et l'apothéose finale de cette première découverte. Le visage pâle à l'expression perdue dans son plaisir était lui aussi tellement provocateur.
Son poing se referma en une poigne dure et convulsive sur les mèches dorées de la nuque cuivrée alors qu'il jetait impulsivement son autre bras sur le tapis, sa main se crispant sur la matière moelleuse, ses doigts se serrant sur eux même à se briser. Une vague immense lui fit soulever les reins et se cambrer en arrière prêt à se rompre. Ses yeux s'ouvrirent en grand, extatiques. Il sentit tout son corps vibrer intensément sous le coup de cette montée ravageuse, cette déferlante incroyable qui devint... libératrice...
Naruto accompagna son amour dans son escalade intense, soutenant le corps secoué de spasmes violents et incontrôlables, avant qu'il ne se tende brusquement comme un arc sur une exclamation jouissive, basculant définitivement dans l'orgasme. Des gouttes d'un liquide blanc et poisseux émanèrent du membre dur dans sa main avant de se transformer en un ruissellement puissant, éclaboussant ses doigts et la peau pâle et rebondie.
L'explosion partant de son aine qui ravagea tout son être ouvrit sa bouche en un cri orgasmique qui lui déchira les cordes vocales. Son corps pâle se raidit dans les bras bronzés sous la puissance dévastatrice de la déflagration libératrice, ses muscles tremblèrent violemment sous le séisme qui le secoua de la tête au pied, et de longs rubans laiteux jaillirent sur son ventre alors que son esprit devenait définitivement blanc et vide.
Le corps devint mou, abandonné, les orbes sombres vagues et noyées de plaisir disparurent sous des paupières lasses. Il ramena dans son giron son amour perdu dans l'extase post-coïtale avec douceur et tendresse, ramassant la serviette qui avait glissée des reins devenus plus larges et épais sur la silhouette comblée. Il venait... de faire... jouir... Sasuke, le couvrant de baisers et de caresses, l'amenant jusqu'au paroxysme, éveillant ses sens à une nouvelle perception de son corps que son brun avait en définitive acceptée, et même plutôt bien. Est-ce que ça avait été suffisant pour lui faire oublier le traumatisme de ce que lui avait infligé Kyuubi ?
Ce fut la sensation douce de l'étoffe pelucheuse sur sa peau qui sortit, un peu, Sasuke de son état vaporeux. D'une poigne molle et douce il tourna le visage hâlé, qui était posé sur son corps, vers lui et embrassa tendrement cette bouche charnue qu'il appréciait tant. Les vapeurs du puissant orgasme qu'il avait eu embrumaient ses pensées, son corps était las comme après une séance d'entraînement intensive, mais ce n'était pas tout à fait le même genre de fatigue, c'était plus agréable, plus doux. Les caresses qui couraient sur son épiderme le berçaient avec tellement d'amour ! Il se sentait si bien, là, entre les bras protecteurs et aimant du blond.
Ses lèvres parsemaient des baisers légers sur celles fines et souples de cet être qu'il aimait plus que tout au monde. Glissant son bras sous les genoux pâles, l'autre sous les aisselles, il souleva son brun alangui, se faisant au passage la réflexion que celui-ci avait pris du poids, et se dirigea vers le lit où il le déposa en douceur. Il tira sur la couette chamarrée, recouvrant son amour qui protesta quand il se détacha de lui.
- Je reviens. Je dois aller aux toilettes. Dors, lui dit-il tout en caressant les mèches brunes.
Un marmonnement ressemblant vaguement à un " Fais vite, Usuratonkachi!" le fit sourire alors qu'il quittait la chambre. Oh oui, il allait faire vite ! Très vite même ! Naruto referma précipitamment la porte des toilettes, et saisit d'une main tremblante d'envie sa verge tendue et humide. Il n'en pouvait plus, il allait exploser ! Deux coups de poignets nerveux et l'image d'un éphèbe brun en plein orgasme imprimée sur sa rétine suffirent à le faire basculer dans la jouissance, étouffant dans sa gorge autant qu'il le put son cri libérateur et expulsant tout ce désir brûlant qui l'avait tenaillé d'une façon si torturante.
Putain ! Il devrait penser à remercier Kyuubi pour lui avoir régulièrement envoyé des images abominables qui lui avait permis de refouler son orgasme plusieurs fois. Quoique il n'était pas sûr de ne pas faire de cauchemars après avoir "vu" Jiraya en tenue de bunny girl et Kisame en pompom girl outrageusement maquillée. Avec un soupir, il se nettoya sommairement et sorti de la pièce, soulagé. Un sourire niais étira la commissure de ses lèvres quand ses pensées revinrent au beau brun qui l'attendait, sûrement endormi, dans le lit.
Quand il revint dans la chambre, il trouva un brun alangui, couché sur le flanc, les yeux noirs papillonnant difficilement et luttant contre le sommeil se posant sur lui d'un air vague. Naruto se glissa dans le lit, se pelotonnant contre le corps détendu. Sasuke se tourna sur le dos alors qu'il entourait sa taille épaissie de ses bras et posait sa tête juste au-dessus de l'abdomen rebondi, sur le torse ferme, les battements du coeur de son brun résonnant à ses oreilles.
Sasuke glissa ses doigts dans la chevelure mordorée, son autre bras enveloppant les épaules tannées, indolent. Les dernières brumes de son orgasme se dissipaient, le laissant apaisé, bizarrement assouvi et comblé. La sensation était étrange et curieuse. Il n'avait jamais ressenti ça auparavant... être ainsi : aussi calme, aussi détendu, nageant dans un bien-être doux, chaud, béat... S'il restait, est-ce que ce serait comme ça tous les jours ? Un léger ronflement de plus en plus régulier lui apprit que le seul être capable de le bouleverser au plus haut point avait sombré dans le sommeil.
Les premiers rayons du soleil perçaient à travers les épais rideaux ocres finement striés de chocolat, envahissant la chambre d'une douce lumière. Sasuke poussa un léger soupir, la nuit avait été courte, très courte. Un grognement résonna près de son oreille. Justement, c'était la cause de son peu de sommeil : un certain blond s'était collé à son flanc et l'avait emprisonné entre ses bras et ses jambes, un peu comme s'il était un nounours, l'immobilisant dans sa position.
Le problème était qu'avec son ventre, de taille assez importante, il supportait difficilement d'être couché sur le dos, et son compagnon de couche le tenait si étroitement qu'il lui avait été impossible de bouger suffisamment pour se retourner. Il avait réussi, au prix de nombreuses contorsions pénibles, à caler le bas de son oreiller dans le creux de ses reins rendant ainsi sa position supportable, mais pas assez pour dormir.
Le futur père n'avait donc que peu dormi, quelques heures à peine, et avait ainsi eu tout le temps nécessaire pour repenser aux évènements de la veille. Sa décision qu'il pensait irrévocable. Car c'était la meilleure chose à faire, il le savait et rien n'aurait dû pouvoir le faire changer d'avis. Pas même Naruto. Pourtant... Pourtant il avait envie d'y croire à cet avenir que le jinchuriki lui promettait. Un avenir radieux... Lui qui pensait mourir avec son frère et ne même jamais atteindre les dix-sept ans. Un avenir... qui ne serait pas pavé de vengeance et de haine.
L'une de ses mains glissa sur son ventre, caressant la vie qu'il y abritait et qu'il pouvait sentir s'agiter parfois. Son autre main se coula dans les mèches blondes de la tête nichée dans son cou. Son avenir... Là sous ses mains... Il ne se berçait pas d'illusions, il savait d'avance que tout ne serait pas aussi simple que le lui avait promit son ancien coéquipier. Enfin s'il survivait à l'accouchement. S'il y restait au moins ça réglerait le problème de façon définitive.
Mais s'il survivait... S'il survivait, il devrait faire face à tant de difficultés, le conseil... s'occuper d'un bébé... le mépris des autres... envers lui, il s'en fichait, l'opinion que les gens avaient de lui lui importait peu, mais Naruto et le bébé... Rester était-il vraiment le meilleur choix ? Non, il savait que non, mais... Il était bien là, avec Naruto. Et puis, pourrait-il vivre au quotidien avec son ami ? Enfin ami... ce qu'ils avaient fait au coin du feu était bien loin de la relation amicale.
Une légère rougeur lui monta aux joues quand les souvenirs de la fin de soirée lui revinrent. Rien ne l'avait jamais préparé à affronter de telles sensations. Bon, son éducation sexuelle se résumait aux séries romantiques qui passaient à la télévision et à la définition de libido qu'il avait trouvée dans le dictionnaire, et il n'avait jamais envisagé son corps autrement que comme une arme. Il était un ninja, un Uchiwa, son corps était fait pour le combat, pas pour le plaisir !
Pourtant il s'était abandonné aux mains du blond, le laissant manipuler son corps à sa guise. Et à aucun moment le jinchuriki n'en avait abusé, s'assurant toujours qu'il était consentant et qu'il y trouvait du plaisir. Les sourcils noirs se froncèrent, soudain pris d'un doute, il ne se souvenait pas que Naruto ait... bref, le blond avait-il lui aussi trouvé ça plaisant, ou non ? En se concentrant, il se souvint vaguement d'une dureté sur sa hanche, et des halètements dans son oreille, mais trop perdu dans les sensations grisantes, il n'y avait pas prêté attention.
Naruto grommela et s'agita dans son sommeil. Pourquoi Sasuke ne s'arrêtait pas ? Pourquoi ne se retournait-il pas vers lui alors qu'il hurlait son prénom à s'en casser la voix ? Pourquoi était-il incapable de rattraper cette silhouette dont le dos rapetissait au fur et à mesure qu'il s'éloignait de lui ? Il courait à perdre haleine sans jamais réussir à le rejoindre... Il resserra convulsivement ses bras dans une prise féroce. Un geignement douloureux lui fit brusquement ouvrir les yeux.
Un frisson désagréable le parcourut alors qu'il réalisait peu à peu que ce qu'il serrait à toute force n'était autre que le brun en question qu'il avait poursuivi dans son rêve. Ses yeux tombèrent dans les orbes sombres qui le regardaient en fronçant les sourcils et il desserra son étreinte, un sourire rassuré fleurissant peu à peu sur ses lèvres. Oui, Sasuke était là, il était bel et bien là. Un léger rire un peu stupide et soulagé s'échappa de sa gorge.
Sasuke fixa, incompréhensif, l'idiot qui venait d'essayer de lui briser les os et qui maintenant riait bêtement en le regardant. Qu'est-ce qu'il avait ? Il soupira quand son crétin personnel s'affala encore plus sur lui avec un soupir de contentement, l'écrasant de tout son poids.
- Bonjour Sas'ke ! chantonna la voix grave du blond.
- … Hn... Tu m'écrases, baka ! retorqua-t-il froidement.
~ oOo ~
Naruto, perché sur une chaise, se débattait avec le plumeau et la poussière sur le haut de la cheminée tout en maudissant un certain Uchiwa à forte tendance maniaque et esclavagiste. Depuis son réveil, il se coltinait toutes les tâches ménagères trop pénibles pour Monsieur-je -suis-enceinte-je-peux-pas-faire-n'importe-quoi. Il avait donc soulevé les canapés pour que l'aspirateur passe dessous sans que sa seigneurie n'ait à se baisser, nettoyé les toilettes et la salle de bain, et tondu la pelouse. Il avait dû faire appel à ses clones pour pouvoir tout faire dans le temps imparti par le maître de maison, l'après-midi devant être consacré à d'autres choses tout aussi réjouissantes.
Les cernes grises qui transparaissaient sous les yeux de son tortionnaire étaient-ils la raison de son tempérament dictatorial et acariâtre ? Il n'aurait su le dire... Il aurait espéré un meilleur accueil de la part de Sasuke, surtout après ce qu'il s'était passé la veille, sur le tapis devant la cheminée. Ou alors, était-ce justement pour ce qu'il lui avait fait à ce moment-là que l'élu de son coeur était irascible et visiblement encore plus mal luné qu'à l'accoutuméee ? Pas le moindre geste tendre n'était venu tempérer la mauvaise humeur avérée de son colocataire.
Assis à la table de la cuisine, tout un assortiment de légumes étalé devant lui, l'adolescent brun surveillait du coin de l'oeil le blond, qu'il exploitait sans scrupule et sans remords, tout en hachant menu les végétaux qui composeraient leur déjeuner. Malgré ses nombreuses demandes, son ami n'avait pas protesté, à peine ronchonné, et s'était plié à chacune d'entre elles. Où était donc passé le râleur invétéré qui se plaignait tout le temps ? Comptait-il se soumettre à ses moindres caprices sans sourciller ? La vie risquait d'être bien ennuyeuse...
Mais comment faisaient donc Kakashi et Iruka pour se supporter ? Se battaient-ils ? Kakashi se pliait-il, tout comme Naruto le faisait, aux moindres desiderata de l'instituteur ? Il ne voyait pourtant pas vraiment son ancien sensei obéir sagement sans rechigner et se laisser commander comme un vulgaire valet... Quel était l'intérêt d'être en couple avec un homme si au final il se comportait comme une gonzesse ? S'il n'y avait pas de différence, pourquoi s'enquiquiner à être ensemble ?
Naruto réprima une remarque bien sentie quand la voix glaciale de sa seigneurie lui fit remarquer qu'il avait oublié de la poussière dans un coin franchement inatteignable et qu'il y avait aussi des toiles d'araignées qui attendaient d'être enlevées quand il aurait terminé. Il grommela dans sa barbe. Pourquoi priver d'habitat ces pauvres petites bestioles ? Elles les débarrassaient bien des mouches et des moustiques qui se prenaient dans leurs toiles, elles ! Et sans rien demander à personne en plus !
Les yeux bleus le fusillèrent d'un regard furieux, à sa plus grande satisfaction. Enfin, l'autre allait peut-être réagir un peu. Non parce que là, il commençait sérieusement à trouver le temps long ! Depuis le réveil, ils ne s'étaient pas disputés une seule fois, pas même un début de querelle, rien... Dès qu'il semblait un peu contrarié, Naruto s'étalait comme une crêpe à ses pieds ! S'il croyait vraiment que c'était comme ça qu'il le ferait rester ! Il se trompait lourdement ! Il était un ninja, et il avait besoin d'action, pas d'une routine fade et morne !
Il se mordilla brutalement la lèvre tout en s'étirant comme un beau diable avec son plumeau pour atteindre le coin poussiéreux incriminé un peu plus tôt. Non mais qu'est ce qu'il cherchait l'autre là à la fin ! Encore une remarque et il ne jurait plus de rien, explosant pour de bon. C'était si important que ça que la maison soit si propre ? Que tout soit net et rangé au millimètre carré prés ? A ce rythme, ils pourraient même manger sur le plafond ! Il commençait à en avoir sérieusement plein le dos de tout ce bazar ! Il était un ninja, merde, pas une femme de ménage !
Un sourire machiavéliquement satisfait étira le coin des lèvres fines en voyant les gestes brusques de sa victime, signes évidents de l'énervement croissant de celle-ci. Encore un peu et il serait mûr ! Se levant de sa chaise, le brun, au ventre bien rond, se dirigea d'un pas lent et chaloupé vers la cheminée. Passant un doigt inquisiteur sur les moulures, il examina de très près celui-ci avant de lâcher de cette voix polaire et moqueuse qui, il le savait, mettrait définitivement le feu aux poudres :
- … C'est ça que tu appelles propre ?
Naruto se figea dans sa position d'équilibriste, ses yeux furieux croisèrent les pupilles noires implacables. De l'électricité crépita dans l'air pendant que les deux adolescents se défiaient silencieusement du regard. Ce fut le léger, très léger sourire en coin, goguenard, qui étira les lèvres fines qui fit sortir Naruto de ses gonds.
- Tu te fous de moi Teme ! Depuis le début ! Tu... tu me fais trimer comme un sauvage et ça t'amuse !
Le brun afficha son non moins habituel air du fameux "t'es con ou quoi..." avant d'aviser la chaise branlante sur laquelle s'agitait le blond, tendant un doigt accusateur dans sa direction. Se décalant légèrement pour ne pas être victime de ses propres intentions malveillantes, le jeune Uchiwa donna un léger coup de pied dans le bas de l'assise en équilibre précaire, causant pour sa plus grande satisfaction sadique la chute d'un certain blond, qui s'écrasa de tout son poids au sol.
Un cri de surprise échappa à Naruto quand il se sentit happé par la gravité terrestre, son appui se dérobant soudainement sous lui. Il chuta sans douceur sur le parquet à grand bruit. Sa première surprise passée, il se redressa vivement, se massant un coude, clairement en colère.
- Non mais ça va pas !? T'es malade ou quoi ! On peut savoir ce qui t'a pris ! Baka ! A chaque fois que tu as un pet en travers, c'est moi qui prend. Y en a marre !
En son for intérieur, Sasuke jubila. Enfin, ce baka s'énervait ! Une dispute, voilà qui allait lui faire le plus grand bien ! Haussant un sourcil moqueur, il croisa les bras sur son torse et répliqua d'une voix railleuse :
- … Tchhhh... C'est toi qui ne tiens pas debout, dobe !
Face à lui, il vit le visage marqué de trois cicatrices parallèles pareilles à des moustaches sur chaque joue rougir d'ébullition furibonde. Un peu plus, et de la fumée sortirait des oreilles !
Naruto fulmina, ses bras s'agitant à la mesure de ses paroles.
- Mais bien sûr ! Je m'échine depuis ce matin pour Monsieur ! Et c'est comme ça que tu me remercies !? Mais merde Sasuke qu'est-ce que tu cherches à la fin ! Je me plie en quatre moi ! Qu'est-ce que tu veux de plus ! En tout cas, le ménage, c'est terminé pour aujourd'hui ! T'as qu'à te démerder pour la suite, moi je rends mon tablier !
Durant toute la tirade du jinchuriki, le porteur du sharingan n'avait pas bougé, écoutant sans broncher les récriminations énervées qui lui était adressées. Quand le plumeau fut jeté violemment à ses pieds, il réprima un ricanement et plantant ses orbes sombres et impassibles dans le regard bleu colérique.
- … Tu ranges le plumeau... et tu nettoies la poussière qu'il y a par terre...
Les poings de Naruto se serrèrent de colère. Non mais pour qui il le prenait celui là, son chien ? Il avait peut-être un renard dans le bide mais ça ne faisait pas de lui le caniche à sa mémère ! Plutôt à sa mégère d'ailleurs. Ok, Sasuke était enceinte mais ça ne lui donnait pas le droit de le traiter comme ça ! Non mais, et puis quoi encore ! Il ne lui manquait plus qu'il lui demande de repasser leurs fringues et ce serait le pompon ! Il ne s'appelait pas Cosette, ni même Cendrillon !
Il avait envie de le frapper ! Il le savait ! Il le sentait ! Mais il n'oserait pas ! Pas alors qu'il portait leur bébé en son sein ! Et ça, ça l'énervait ! Il n'était pas en sucre ! Il était un ninja, et se battre lui manquait ! Ne pas pouvoir utiliser son chakra était une chose, ne plus pouvoir s'entraîner et se défouler, une autre ! Et si après l'accouchement, il ne récupérait pas ses capacités ? Que ferait-il ? Naruto agirait-il comme maintenant ? Le traitant comme une poupée de porcelaine fragile ? Si c'était ça l'avenir qu'il lui avait promis... il pouvait se le garder !
Plutôt que de perdre son sang froid pour de bon et finir par commettre l'irréparable sur la personne en face de lui, ce qui était hors de question vu l'état de Sasuke à l'heure actuelle, le blond passa à côté de lui à grands pas rageurs, se dirigeant vers le jardin. Se défouler ! Se défouler là, maintenant, tout de suite ! Et sur autre chose que son ancien coéquipier dont le ventre abritait cette vie qui grandissait. Il ne se pardonnerait pas s'il faisait le moindre mal à leur enfant.
L'Uzumaki sortit de la pièce, furieux, laissant un goût amer de frustration dans la bouche de l'Uchiwa. Cet idiot se débinait ! Ses poings qui se cachaient entre son torse et ses bras se crispèrent, ses ongles s'enfonçant dans la paume de ses mains. Il suivit des yeux la séance défouloir du blond, l'envie lui comprimant le coeur. Lui aussi aurait aimé pouvoir se déchaîner contre lui-même ! Mais ce n'était pas possible !
Ce n'était pas à ça qu'il s'attendait. Ce n'était pas ça qu'il avait imaginé. Pas après ce qu'il s'était passé entre eux hier soir. Naruto se jeta avec rage sur les clones qu'il venait à peine de créer dans le jardin, ne leur laissant pas même le temps de se défendre, les éclatant à coups de poings remplis de colère et en créant une nouvelle nuée tout aussitôt. Sa main fermée traversa un autre lui même qui s'évapora instantanément et ses phalanges rencontrèrent un arbre dont l'écorce vola en éclat sous la violence et la force dont il avait fait preuve.
Oh oui, qu'il aurait aimé pouvoir passer sa colère et sa frustration en se battant comme il savait si bien le faire ! Mais voilà, son seul exutoire possible, actuellement, était son ancien compagnon d'arme. S'appuyant contre le chambranle de la baie vitrée, il observa la nuée blonde disparaître sous les coups précis de son créateur. Il n'était même pas sûr de pouvoir redevenir un ninja après ça ! De nombreuses kunoichi avaient cessé de faire des missions après avoir mis au monde un bébé... peut-être que lui non plus n'aurait pas d'autre choix !
Se retenant de hurler de rage, Naruto reprit son entraînement en mode défouloir. Pourquoi tout était toujours si compliqué avec Sasuke, pourquoi les choses n'étaient jamais simples, pourquoi mettait-il autant d'énergie à faire en sorte que tout tourne toujours au vinaigre. Il voulait le rendre heureux, il ne voulait sincèrement que son bonheur, il ferait tout pour ça. Mais il fallait au moins que cette tête de mule bornée et pourtant si chère à son coeur y mette un tant soit peu du sien !
Mais le brun ne s'imaginait pas du tout en "femme" au foyer, attendant gentiment que son "homme" rentre de missions, s'occupant des enfants, du ménage et des repas. Il ne supporterait pas cette vie-là ! Il ne voulait pas de cette vie-là ! C'était hors de question ! Et si c'était tout ce que son crétin personnel avait à lui offrir ? Si Naruto voyait les choses de cette façon ? Après tout Iruka travaillait à l'académie, il faisait donc peu de missions... Peut-être était-ce Kakashi qui l'avait incité à prendre cette voie ?
Sentant le chakra inimitable, savant mélange de trois essences différentes entremêlées, de l'objet de ses pensées, le jinchuriki se détourna légèrement, coulant un regard sur la silhouette enveloppée d'un kimono gris anthracite sous la véranda. Sa concentration détournée, il tomba en arrière, un clone en profitant pour prendre le dessus sur lui. Débarrassé du gêneur d'un coup de pied bien senti, Naruto se releva et s'affronta encore mais avec moins de virulence, continuant à observer Sasuke du coin de l'oeil de temps à autre. Et si...
Il était un ninja, il était un Uchiwa. C'était tout ce qu'il était, toute sa vie depuis qu'il était né. Il ne connaissait rien d'autre, ne savait faire rien d'autre. Et il ne voulait faire rien d'autre ! Qu'est-ce qu'il se passerait s'il restait et qu'après la naissance il se retrouvait dans l'impossibilité de redevenir ce qu'il était ! Il deviendrait quoi ! Un incapable, un moins que rien, coincé au village à attendre que les jours passent ? Être père ne lui suffirait pas, ça ne serait jamais assez pour remplir sa vie... ça, il le savait déjà. Plutôt mourir, mourir plutôt que de vivre une vie si insipide...
Naruto s'épousseta les mains, et les posa sur ses hanches, ne prenant pas la peine de refaire une nuée de clone. Il était calmé... Il leva ses yeux vers le ciel bleu où quelques nuages moutonneux passaient paisiblement, poussés par un vent léger. Ce qu'il avait vu dans le regard de Sasuke, c'était à ne pas s'y tromper de la frustration et de l'envie... Remarque, c'était bien normal... Depuis plus de deux mois maintenant, Sasuke ne pouvait pas se battre, il ne pouvait pas s'entraîner, il ne pouvait plus malaxer son chakra, ni faire quoi que ce soit...
Est-ce que c'était ce qui l'attendait ? C'était à ça que ressemblerait sa vie à Konoha ? Une vie pavée d'ennui car il serait trop diminué pour redevenir un ninja ? Et si ses facultés revenaient, rien ne lui garantissait que Tsunade ou le conseil ne le condamneraient pas à porter à tout jamais ces fichus bracelets inhibiteurs s'il restait... Ce qui ne résoudrait pas plus les choses pour lui. Ils étaient parfaitement capable de sceller son chakra ou ses yeux... après tout, il les avait trahis...
Le jinchuriki assembla peu à peu les pièces du puzzle qu'était son énigmatique compagnon, posant enfin son doigt sur le noeud du problème. Oui, ça expliquait bien des choses. Sasuke était habitué tout comme lui aux missions, à la fièvre du combat, aux entraînements intensifs, à utiliser son chakra et ses capacités, ne serait-ce que pour bondir en toute liberté... Et il se retrouvait là, coincé dans ce village qu'il détestait, sans rien pouvoir faire, son corps devenant chaque jour moins souple et plus pesant. Après tout, il avait pu le constater lui-même, pas plus tard qu'hier... Il n'était même plus capable de se déshabiller sans aide.
Pourquoi, pourquoi était-il coincé ! Ce n'était pas juste ! Tout ça à cause de Kyuubi en plus ! C'était si facile pour Naruto ! Lui pouvait s'entraîner, lui pouvait même sortir de cette putain de baraque ! Il pouvait faire ce qu'il voulait quand ça lui chantait et comme bon lui semblait alors que lui vivait sous cloche, en totale autarcie depuis des lustres... C'était ça la vie qui l'attendait à Konoha après la naissance de leur enfant s'il survivait ? Comment Naruto pouvait-il croire une seule seconde que leur enfant et son amour lui suffirait... Peut-être que pour lui c'était le cas, mais lui Sasuke, n'était pas fait de ce bois-là.
Naruto se protégea du soleil avec son avant-bras avant de se retourner dans la direction de la silhouette au ventre rebondi et handicapant. Oui, il comprenait maintenant. Sasuke ne pouvait rien faire... alors il était normal qu'il passe ses nerfs sur lui... Qu'est-ce qu'il ferait lui s'il se retrouvait sans pouvoir s'entraîner, sans pouvoir se battre, sans pouvoir utiliser son chakra, sans pouvoir faire tout ce dont il avait l'habitude depuis des années ? En plus dans un endroit qu'il ne considérait plus comme son chez lui, la haine et la vengeance bouillonnant perpétuellement en lui... Oui... Lui aussi ne serait probablement pas à prendre avec des pincettes, même s'il était entouré d'attentions...
Voyant que son ami avait fini de se défouler, le futur père tourna le dos à la véranda et retourna à la cuisine, reprendre son activité première, la préparation du repas. Un soupir désabusé franchit ses lèvres quand il se fit la réflexion qu'il ressemblait déjà beaucoup à une "épouse" dévouée et attentionnée. Il allait bientôt entrer dans la catégorie "ménagère de moins de cinquante ans" qu'aimaient tant les publicitaires. Son image de nukenin sans foi ni loi en prenait un sacré coup !
Naruto prit à son tour le chemin de la maison. Il devait faire quelque chose, il fallait qu'il trouve quelque chose... Mais quoi ? Que faire ? Sasuke n'avait jamais été du genre à rester tranquillement les bras croisés. C'était même quelqu'un de plutôt remuant et actif... Cette situation devait lui peser... et pas qu'un peu... Et il allait encore falloir tenir au moins trois bon mois dans le meilleur des cas. Et... lui servir d'exutoire n'était pas forcément la meilleure solution.
Concentré sur la découpe des légumes, le jeune Uchiwa tenta de chasser de son esprit ses pensées moroses. Il récupérerait sûrement ses capacités après avoir mis au monde ce bébé qui prenait racine en lui, il pourrait alors reprendre les missions et les entraînements. Tsunade était optimiste quand à la réhabilitation de son frère, et sans le conseil dans les pattes, il était certain que la Godaïme le laisserait réintégrer les rangs des ninjas de Konoha. Et si elle refusait... et bien il repartirait ! Ce n'était pas comme s'il avait promis quoi que se soit à Naruto de toute façon !
Naruto observa la silhouette silencieuse, la tête courbée sur la planche à découper, assis à la table de la cuisine. Son brun faisait marcher son poignet, utilisant avec brio la lame qu'il tenait, mécaniquement concentré. Il contourna le jeune homme absorbé dans sa tâche, la mine renfrognée et le regard absent, et se plaça derrière lui. Doucement, il posa ses mains sur les épaules tendues, autant par la nervosité que par les gestes que les mains faisaient.
Les bras puissants et chauds qui s'enroulèrent autour de son cou, en appui sur ses épaules, le tirèrent de ses élucubrations un peu trop optimistes à son goût. Un menton se posa sur le haut de son crâne, et une voix grave et douce parvint à ses oreilles.
- Ça me manque de ne pas pouvoir m'entraîner avec toi ! J'ai hâte que l'on puisse se battre, pour te prouver que je suis devenu plus fort que toi !
- … Hn... répondit-il, soudain soulagé de voir que son ancien coéquipier n'avait pas l'intention de le ménager éternellement.
Naruto fut à peine convaincu par le borborygme lugubre qui répondit à son assertion. Et bien... c'était pas gagné.
- Tu verras, Tsunade te réhabilitera, et on refera des missions côte à côte, comme au bon vieux temps.
- … Et qu'est-ce qu'il se passera si elle ne veut pas... ou que je ne sorte pas indemne de l'accouchement... Je resterais à la maison en t'attendant ? Comme Iruka reste au village ?
Il avait pensé à voix haute, réagissant bêtement à l'optimisme indécrottable de Naruto. Il était donc si naïf au point de ne pas voir les problèmes qui s'annonçaient ? Sa mâchoire se crispa.
- Tu continueras à me traiter comme une poupée en sucre qui risquerait de se briser au moindre faux pas ? Je n'ai pas besoin de ta pitié, ni de ta condescendance Naruto. Encore moins de tes espoirs fous, c'est déjà assez compliqué comme ça...
Naruto piqué au vif par le discours acide ferma les paupières. Non, décidément, il n'était pas au bout de ses peines, mais au moins maintenant il savait à quoi s'en tenir.
- Est-ce que ce serait si difficile pour toi ?
- Je ne suis pas Iruka et je ne suis pas une femme ! Je suis un ninja ! Si tu attends de moi que je me contente d'élever notre enfant sans rien dire, tu te trompes ! C'est ça ta vision ? C'est pour ça que tu voudrais que je reste ! Jamais ! Je préfère mourir, mourir plutôt que de vivre comme ça.
Le blond prit sur lui pour ne pas céder à nouveau à l'énervement. Pour qui le prenait-il cet enfoiré ? Avait-il donc si peu confiance en lui ? Bien sûr qu'il n'attendait pas de lui qu'il reste bien sagement à la maison ! Prenant une profonde inspiration pour se calmer, l'adolescent se déplaça pour se placer face à celui qu'il aimait tant et planta ses yeux dans les orbes sombres.
- Jamais je n'ai pensé ça ! Quand je nous imagine tous les deux, avec notre bébé, je nous vois faire des missions ensemble, je nous vois combattre ensemble, je nous vois élever notre bébé ensemble, tout faire ensemble.
Le laïus prononcé sur un ton doux mais ferme rassura un peu le brun. Tout faire ensemble ? Oui ça lui plairait bien de refaire équipe avec Naruto. A l'époque de l'équipe sept ils se complétaient très bien tout les deux, se comprenant d'un regard parfois même moins, combinant leurs forces, compensant les points faibles de l'autre, se faisant confiance. Mais serait-ce possible de retrouver tout ça ? Son absence n'avait-elle pas creusée un trop grand fossé entre eux ?
Sentant la tension s'atténuer dans les yeux noirs, le jinchuriki poursuivit son entreprise : rassurer un brun frustré et sous tension.
- Je n'ai jamais pensé que tu resterais à la maison comme une bonne petite épouse ! En plus, je m'ennuierais moi si on ne se disputait pas de temps en temps et les missions seraient bien moins intéressantes sans toi !
La dernière partie de la phrase surprit le jeune Uchiwa. Moins intéressantes sans lui ? Comment avait-il fait durant les trois dernières années ? Exprimant sa surprise par un soulèvement de sourcil, il vit le sourire du blond se faire gêné, avant qu'il ne lui chuchote :
- Ne le leur répète pas... Mais, c'était chiant sans toi... Sai est sympa, mais... c'est pas toi. Et il est bizarre des fois !
Bizarre ! Quel bel euphémisme ! Le peintre était carrément étrange, s'il était mauvaise langue il dirait même complètement atteint ! Sûr que ça avait dû les changer Sakura et lui ! De là à dire que c'était chiant... Il savait que Naruto en rajoutait un peu... Un léger rictus étira le coin de ses lèvres... Comme toujours, son idiot personnel en faisait trop, pourtant ça lui faisait du bien de savoir qu'il lui avait manqué.
- Tu es mon égal, mon rival, bien sûr que je ne te vois pas autrement qu'à mes côtés. Et puis tu détruirais la maison si tu restais seul trop longtemps ! Tu es un ninja, un ninja puissant, il serait stupide de se passer de ton intelligence et de tes capacités ! Pour l'instant tu dois te ménager, mais dès que ce sera possible, on se combattra ! Et je te ferais payer pour tous les mauvais coups que tu m'as fait ! Regarde ! Mon mollet ne s'est toujours pas remis de ton arrachage de poils !
- … En même temps, tu les cherches à toujours ramper devant moi sans jamais rien dire. J'y peux rien moi si tu as des tendances Maso sur les bords...
La réponse dite sur un ton accusateur fit se redresser le blond qui posa un poing sur sa hanche. Pointant un doigt menaçant vers le brun qui le fixait d'un air moqueur, il déclara d'un ton décidé :
- Ok, si tu le prends comme ça ! A partir d'aujourd'hui, c'est terminé je ne vais plus me laisser faire ! On verra bien qui est le plus fort à ce jeu-là !
- … Tchh ! Usuratonkachi !
Sans rien ajouter de plus, le jeune Uchiwa se leva allant vers la gazinière qu'il alluma, reprenant le fil de son occupation précédemment interrompue, à savoir préparer le repas du midi. Si Naruto s'y mettait, leur vie risquait de devenir bien plus mouvementée ! Et il devrait être prudent ! Le blond avait passé toute son enfance à faire des blagues plus ou moins douteuses... il en connaissait donc un bon rayon dans ce domaine. Mais il était Sasuke Uchiwa ! Et il comptait bien ne pas perdre la face devant son ancien coéquipier. Lui aussi avait quelques tours dans son sac.
~oOo~
Tsunade et Shizune saluèrent Kakashi appuyé contre le mur et toujours plongé dans son bouquin douteux. Elles passèrent le portail, se dirigeant vers la maison d'un pas tranquille. Elles furent presque surprises de découvrir l'intérieur noyé de silence. Échangeant un regard plus ou moins inquisiteur, elles finirent par trouver Naruto dans le couloir, en train de placer un seau rempli d'eau glacée en équilibre sur le haut de la porte de la salle de bains.
- Naruto ? Mais qu'est-ce que tu fais ? demanda Shizune, inquiète.
- Ah, vous êtes déjà là ? Ben, j'occupe Sasuke... répondit le concerné d'un ton un peu gêné.
- Tu quoi ? s'emporta la Godaime, croisant les bras sur sa poitrine.
- Il s'ennuie alors je fais de mon mieux. Mais vous inquiétez pas hein, c'est sans danger pour le bébé, j'y fais hyper gaffe ! se justifia-t-il tout en levant les bras en signe d'apaisement envers la blonde.
- Et l'idée ne t'est pas venue qu'il pourrait bien attraper un rhume avec ta blague douteuse là ! le sermonna la medic-nin brune.
- Hein ? Le bébé ? Attraper un rhume ? C'est possible ça ? reprit le ninja, soudain inquiet.
Les deux femmes levèrent les yeux au ciel avant que Tsunade ne lui donne un bon coup de poing sur le crâne, histoire de lui remettre les idées en place.
- Pas le bébé ! Sasuke, idiot ! tempêta-t-elle.
- Ah ? Mais c'est pas grave ça, si ? C'est quand même pas un petit rhume qui va le tuer. Et puis c'est dur de le maintenir occupé cet oiseau là, bientôt je ne saurais plus quoi inventer moi. Il faut pas qu'il s'ennuie vous comprenez, parce qu'après il devient franchement désagréable, et un Uchiwa irascible c'est vraiment pas la joie. D'ailleurs, vous auriez pas une ou deux idées ?
Les deux visiteuses levèrent les yeux au plafond de dépit. Décidément, ces deux-là étaient vraiment aussi surprenants qu'inimitables... Et dire que bientôt ils seraient pères... Pourvu que la prochaine génération qui était à venir ne soit pas pire. Mais avec le caractère des deux adolescents conjugués, le pire était effectivement à craindre... La blonde plantureuse renonça à raisonner son protégé et déclara :
- Bon, on doit vous parler tous les deux. Et je n'ai pas toute la journée. J'ai un village à gérer, moi.
Le quatuor était installé dans le salon, Shizune et Tsunade ayant pris place sur l'étonnant canapé rayé de toutes les couleurs mais confortable, Sasuke assis sur celui qui était placé à la perpendiculaire, couleur crème. Naruto, pour sa part, avait pris place sur un pouf d'un joli vert pomme, non loin du brun qui avait été dérangé dans sa préparation de la lessive. Sur la table basse fumait une théière accompagnée de quatre tasses, de sucre et de lait. Trois tasses assorties et la quatrième... jaune, décorée de grenouilles et de ballons, la tasse attitrée de Sasuke.
Tsunade prit le temps d'avaler une gorgée de thé fumant avant de prendre la parole.
- Bien, étant donné que tu entames ton sixième mois de grossesse, il est plus que temps de commencer à te préparer à l'accouchement, Sasuke.
- … Je croyais que ce serait une césarienne... répliqua le brun, serrant sa tasse entre ses doigts.
- Cela ne va t'épargner que l'expulsion, pas les contractions. Et autant t'y préparer parce que c'est relativement douloureux, et cela peut être très long; même parfois arriver avant le terme.
- Douloureux ? Long ? Comment ça ? Il va beaucoup souffrir ? Et c'est grave si ça arrive avant ? s'inquiéta Naruto.
- Non, ce n'est pas grave tant que cela reste ponctuel, le rassura Shizune. Mais je vous expliquerai tout ça, lors des cours que je viendrai vous donner à partir d'après-demain.
Naruto coula un regard un peu inquiet à son ancien coéquipier, pas vraiment rassuré et se sentant coupable. Sasuke allait encore souffrir, par sa faute, et visiblement ça n'allait pas être de la tarte... Le reste du discours des deux femmes fut oblitéré par ce triste constat et toutes les pensées moroses qui l'accompagnaient. Il ferait tout pour l'aider à surmonter cette nouvelle épreuve et faire en sorte qu'il souffre le moins possible. Mais, ça ne le déculpabiliserait pas pour autant.
L'esprit de Sasuke marqua un temps d'arrêt. Contractions... Douloureux... Mais qu'est-ce que c'était que ça encore ? Bon, la douleur il connaissait, il connaissait bien même, donc il devrait pouvoir gérer. Mais les contractions... Comment il saurait que c'était ça et pas autre chose ? Et puis ça voulait dire que sa délivrance approchait... que bientôt, un petit être verrait le jour sur cette terre... un petit être qu'il faudrait élever, protéger, éduquer, nourrir, soigner...
Il coula un regard vers Naruto qui ne semblait pas du tout attentif à ce que disaient les deux femmes. Élever cet enfant, ici à Konoha, avec Naruto... Ou alors, l'abandonner et partir... A quoi ça pourrait bien ressembler de vivre en famille, lui, Naruto, et leur enfant ? Il avait du mal à se projeter dans cet avenir là. Quelle serait sa place ? Comment réagirait-il ? Que ferait-il ? Quel père serait-il ? Serait-il capable de ne pas être distant, de se montrer aimant ? D'être différent de ce que son père avait été avec lui ?
Tsunade reprit la parole, sortant les futurs parents de leurs pensées respectives.
- Étant donné que vous n'y connaissez rien, ni l'un ni l'autre, en pouponnage, Shizune vous expliquera aussi tout ce qu'i savoir sur le sujet : la nourriture, le matériel, les couches, l'habillage, le bain, les nuits... bref toutes les obligations liées à un nourrisson. Et il faudra que vous pensiez à lui aménager l'une des deux chambres, à moins qu'il ne dorme avec l'un d'entre vous.
Après avoir prévenu les garçons des heures de venue de Shizune, les deux femmes prirent le chemin de la sortie, non sans avoir examiné le futur accouché avant de partir. Elles étaient dans le vestibule, en compagnie de Naruto, quand la voix grave du brun interpella le jeune homme blond.
- … Oi, Usuratonkachi ! Vas me chercher le bac à linge vide dans la salle de bain !
- Tu pourrais y aller toi-même, teme ! repliqua l'interpellé, non sans faire un sourire d'excuses aux deux femmes.
- … Hn...
Avec un soupir le jinchuriki poussa la porte de la pièce, ne prêtant pas attention aux regards clairement surpris des deux médic-nin, ni au fait que Sasuke s'était rapproché, un sourire goguenard sur son visage.
Le hurlement, digne des plus grandes cantatrices, qui retentit dans toute la maison fut immédiatement suivi de deux éclats de rires féminins. Trop occupé à pester contre un certain Uchiwa doté d'un poil dans la main de la taille d'un arbre centenaire, l'Uzumaki n'avait plus pensé au seau d'eau froide posé en équilibre au dessus de la porte. Furieux, trempé et glacé, il se retourna prêt à faire cesser les rires moqueurs des deux kunoichis quand il croisa les yeux narquois de Sasuke.
Avant même qu'il n'ait ouvert la bouche, l'élu de son coeur lâcha, dédaigneux :
- … Si tu croyais m'avoir avec une blague aussi nulle...
Ses cris de protestations véhéments suivirent Tsunade et Shizune jusqu'au portail. Kakashi, toujours en poste, leur sourit d'un air entendu. Au sein de la maison, la guerre était déclarée ! Dans le jardin, les paris étaient ouverts pour savoir qui gagnerait cette lutte qui s'annonçait féroce.
~oOo~
Naruto portait la grande corbeille remplie de linge, emboîtant le pas d'un brun affichant toujours un petit air de triomphe discret. Arrivés au pied de l'étendoir dans le jardin, il déposa son lourd fardeau et commença à tendre les pièces humides à Sasuke qui les étendait sur les fils, à grand renfort de pinces à linge, les alignant méticuleusement les uns à côté des autres dans un ordre parfait. Le soleil était haut dans le ciel, ce qui favoriserait le séchage.
Contrairement aux apparences, l'esprit du brun n'était pas du tout focalisé sur le linge, mais plutôt sur la raison pour laquelle il avait dû laver deux serviettes de toilettes aux couleurs vives, ramassées sur le tapis de la chambre. La veille au soir, Naruto avait... il avait... bon appelons un chat un chat, Naruto l'avait... masturbé... et l'avait... fait jouir. De toute façon, le problème n'était pas là... De ce qu'il s'en souvenait, le blond, lui, n'avait pas..., bref, il n'avait pas.
Naruto réfléchissait déjà à quel autre tour de son cru il pourrait bien inventer pour se venger de la douche écossaise qui était originellement destinée à ce diable d'Uchiwa. Remplir le frigo de batraciens bien vivants lui traversa l'esprit, ou alors cacher la couette, la précieuse couette, aux couleurs vives ? Restait aussi l'option des punaises dans le canapé... Naruto turbinait à plein régime, ne faisant pas vraiment attention aux pièces de linge qu'il tendait machinalement.
Peut-être n'avait-il ressenti aucun plaisir ? Pourtant il n'avait pas eu cette impression. Il n'avait certainement pas été très attentif, mais s'il n'y avait trouvé aucune réjouissance, le blond n'aurait pas fait ça ? Si ? Sasuke coula un regard scrutateur sur le jinchuriki qui semblait plongé dans une réflexion profonde. C'était bizarre, mais l'idée que celui-ci n'ait pas eu autant de satisfaction que lui le dérangeait. Prenant son courage à deux mains, il lâcha :
-... Hier soir... As-tu… joui... ?
Naruto tendit l'un de ses t-shirts, mais voyant qu'il ne suivait pas le même chemin et restait entre ses doigts, il tourna son regard vers le brun. L'expression soucieuse peinte sur le visage opalin et les orbes sombres braquées sur lui lui firent comprendre qu'il avait loupé un épisode.
- Hein ? De quoi ? fit-il tout en se grattant l'arrière du crâne. Excuse-moi Sasuke, j'étais ailleurs. Tu disais quelque chose ?
- Il te demandait si hier soir tu avais...
Sai ne finit jamais sa phrase, rapidement bâillonné par un Yamato embarrassé. Il ne voulait pourtant que rendre service à son ami. Sur l'arbre voisin, il vit Néji se mordre férocement les lèvres, se retenant visiblement de rire, alors que Shikamaru, au pied d'un cerisier, semblait hésiter entre soupirer et ricaner. Même s'il ne le voyait pas, Sai était sûr que Kakashi, de l'autre côté du mur tendait l'oreille pour ne rien rater de cette discussion surprenante.
Le jinchuriki observa son vis à vis dans l'expectative, visiblement ce dernier pas du tout prêt à se répéter. Allons bon, de quoi diable pouvait bien avoir parlé le brun ? Qu'avait-il donc bien pu lui demander pour que Yamato empêche Sai de le lui répéter ? Et puis, pourquoi toute l'équipe de surveillance était aussi proche d'eux. Il n'y avait rien de bien dangereux ni d'inquiétant ou bien exceptionnel autour de l'étendoir à linge, si ? Mais qu'est-ce qu'ils avaient tous aujourd'hui !
Mais qui lui avait foutu un crétin pareil ? A quoi pouvait-il bien penser pour ne pas avoir entendu sa question ? Surtout que, visiblement, les cinq ninjas envoyés par Tsunade pour le surveiller avaient, eux, parfaitement bien entendu. Rageant contre un certain blond, aussi bête que ses pieds, il soupira avant de réitérer sa question, la formulant le plus simplement possible, pour être sûr qu'elle soit comprise.
- … Hier soir... quand on a... As-tu... éjaculé ?
Naruto s'étrangla dans sa surprise, puis devint aussi rouge qu'une pivoine.
- H... Hier soir ? Est-ce que j'ai... il marqua une pause, le temps de digérer sa gêne.
- Non mais ça va pas de me poser une question pareille ? Et puis, tu pouvais pas faire ça à un autre moment ? reprit le ninja à la chevelure dorée, jetant des coups d'oeil mal à l'aise aux ninjas toute oreille dehors autour d'eux.
- … C'est à cause des serviettes... Répond, baka ! rétorqua le brun pas du tout gêné, ni mal à l'aise lui, ne perdant pas de vue le fait qu'il attendait une réponse.
Que les autres écoutent s'ils en avaient envie, lui il n'en avait strictement rien à foutre, il s'en tamponnait même franchement le coquillart. La réponse de Naruto, elle par contre, retenait toute son attention et il ne comptait pas lâcher le morceau.
La bouche du shinobi le plus fort de sa génération s'ouvrit puis se referma puis s'ouvrit encore, passant des serviettes au visage d'albâtre fermement décidé. Pas de doute, Sasuke était bien déterminé à ne pas laisser tomber ce sujet... plutôt brûlant. Se passant derechef une main dans les cheveux et se tortillant légèrement sur place, Naruto finit par prendre une grande inspiration. Kamisama, par quoi celui qu'il aimait plus que tout au monde était-il en train de le faire passer...
- Et bien... euh... oui... mais... mais pas en même temps que toi, parce que bon... enfin tu vois... avec ce que t'a fait Kyuubi, ta crise d'avant et tout... le plus important c'était que toi tu... que moi je... plus tard c'était pas grave... mais bon... c'était bien non ? ça euh... ça t'a plu ce qu'on a fait tous les deux hier soir, non ? répondit-il, devenant encore plus rouge que ce qu'il n'était déjà et souhaitant plus que tout au monde disparaître sous terre.
Sasuke fixa le blond, devenu écarlate de gêne, bafouiller sa réponse. Plus tard ? Naruto s'était donc retenu... à cause de la crise honteuse qu'il avait fait dans la baignoire ? Il avait fait passer son plaisir à lui, Sasuke, avant le sien ? Bien malgré lui, il fut touché par cette constatation. Arrachant des mains de son vis à vis le tee-shirt qui était encore en suspens, il reprit son activité précédente : étendre le linge.
Naruto coula un regard vers son brun qui semblait s'être satisfait de sa réponse pas vraiment claire et un peu embrouillée. Est-ce que c'était ça sa préoccupation ? Seulement ça ? Savoir quand est-ce qu'il avait joui ? Ça, ça l'avait vraiment tourmenté ? Et depuis un certain temps visiblement... Il n'y avait bien que Sasuke pour lui sortir ça maintenant cash, comme une fleur, en plein milieu du jardin. Et les autres qui se marraient en plus... Non mais franchement... Son regard attendri se posa sur le nukenin à la silhouette arrondie, pendant que ses joues perdaient peu à peu leur belle couleur cerise.
To be Continued...
Commentaires des auteurs :
Bon, on vous prévient, on a passé deux à trois fois plus de temps sur ce chapitre que sur les autres... alors ceux qui sont pas contents... qu'ils le réécrivent eux-même ! Na ! Et le premier qui râle parce que c'est pas un vrai lemon et que c'est juste des câlins au coin du feu, on l'étrangle ! On vous l'a dit non que Sasuke était traumatisé et qu'il avait la culture sexuelle d'un bulot. Donc ça prend son temps, mais on vous garantit que ça arrive... Les bonnes choses se font toujours désirer !
Bureau des plaintes et réclamations des personnages martyrisés :
Kakashi arrive en courant et se jette sur les deux auteurs en plein effort créatif :
- Moi aussi je veux ma scène coquine avec Iruka ! S'il vous plaît !
Les deux interpellées, conciliantes, lui demandent quelle genre de scène coquine il aimerait. Kakashi s'empresse de le leur expliquer, des étoiles dans son unique oeil visible et de la bave tachant son masque.
- Dans la cuisine, Iruka en Bunny girl qui me fait un strip-tease ! Et de la chantilly et de la pâte à tartiner au chocolat ! Et je pourrais le lécher partout, tout partout !
Iruka stoppe le délire de son amant en l'assommant avec un rouleau à pâtisserie.
- Non mais tu crois pas que c'est un peu cliché ça ? Déjà qu'elles nous ont pondu la scène à caractère sexuel devant la cheminée... Manque plus que la peau de bête au lieu du tapis et tout y est !
Un peu à l'écart, Naru a les mains posées sur les oreilles de Sasu, pendant qu'Itachi les a sur les yeux de son petit frère chéri.
- On peut savoir ce qui vous prend à vous deux ? demande Sasu.
- Chut, Sasu, fais-nous confiance, tu ne veux pas savoir !
- Oui petit frère, on préserve ton innocence.
Néji s'arrête devant les lecteurs et les supplie :
- Je vois tout moi avec mon Byakugan ! Alors reviewez pour que ces deux folles épargnent mes yeux ! Pitié !
Rendez-vous au prochain chapitre, chapitre 14 : Zone Rouge.
Sasuke avance en terrain inconnu, le chemin n'est plus qu'une vague piste et il part à la découverte d'autres contrées.
