Avertissement : Ce chapitre est beaucoup plus court que les précédents, mais on s'est dit qu'après un lemon de taille plus qu'honorable, vous auriez besoin d'une petite pause. Ah sinon, pas de violence, ni sexe, un zeste de buccolisme, c'est tout.
Note des auteurs : Nous tenons à remercier tous ceux qui suivent notre rocambolesque histoire et qui prennent le temps de nous laisser une review. Un grand merci tout particulier à celles et ceux qui nous font part de leur ressenti à chaque chapitre. Cela nous touche beaucoup, vraiment ! Un grand merci à vous. Nous vous rappelons que les réponses aux reviews anonymes ou n'ayant pas de profil sur ce site sont sur notre profil.
Bonne Lecture !
Yzan et Lili.
~ Chemins de traverses ~
Chapitre 15: Sur d'autres routes.
Naruto papillonna des paupières, retrouvant le toucher velouté de la peau de Sasuke tout contre lui. Il aperçut du coin de l'œil le ventre rebondi sur lequel il passa finalement une main caressante. Le futur père dormait toujours, une main enfouie dans ses cheveux dorés, l'autre posée dans son dos, sa respiration calme et régulière s'échappant de sa bouche entrouverte. Pas de cauchemars, rien, une nuit complète passée sans encombres, constata le jinchuriki tout en observant la fenêtre, mesurant l'avancée des rayons du soleil qui filtraient entre les rideaux sombres.
Un sourire immense et doux étira ses lèvres alors qu'il continuait à caresser avec tendresse le mont proéminent. Incroyable... Les souvenirs de la soirée sulfureuse lui revinrent en mémoire avec incrédulité et un élan d'amour sans borne le submergea pour le corps étendu sur le dos à ses côtés. Ils l'avaient fait... Ils l'avaient vraiment fait... Lui et Sasuke avaient couché ensemble... Il avait fait l'amour à Sasuke... Lui, Naruto, à Sasuke, son Sasuke, la personne qui résumait tout son univers et qui bientôt lui donnerait un enfant, leur enfant.
Leur enfant. Il intensifia ses caresses sur la peau tendue, essayant d'imaginer à quoi il, ou elle, ressemblerait. Aurait-il la même peau pâle que son amour ? Aurait-il les cheveux blonds comme lui ? Ou roux comme sa mère ? Le souvenir d'un rêve où il pique-niquait avec Sasuke et un mini-Sasuke lui revint. Oh comme il aimerait que cette scène puisse réellement se produire ! Alors qu'il était perdu dans ses pensées, une légère déformation se fit sentir sous sa main, agrandissant son sourire.
- Coucou bébé ! murmura-t-il doucement se penchant jusqu'à frôler de sa bouche l'épiderme laiteux.
Au moment où il s'apprêtait à embrasser le ventre arrondi, un doute affreux lui tordit les entrailles. Et si, hier soir, il avait fait mal au bébé ? Se redressant d'un bond, il s'agenouilla sur le matelas, ses deux mains encadrant la colline de chair et il posa son front sur celle-ci et chuchota d'un ton désolé.
- Pardon ! Pardon ! Je suis désolé ! Je t'ai pas fait trop mal hier soir ? Pardon ! Pardon ! Je le ferai plus ! Je suis désolé ! Ne m'en veux pas, bébé ! Par...Aïe !
Un coup sur le dessus de son crâne stoppa sa tirade contrite, attirant son regard vers le visage encore marqué par le sommeil de Sasuke. Celui-ci le fixait d'un air mi-exaspéré mi-amusé, les yeux endormis.
-... Usuratonkachi !
Frottant son cuir chevelu martyrisé, le jinchuriki fit une moue boudeuse en marmonnant.
- Mais... ça fait mal ! Sas'ke ! Pourquoi t'as fait ça ?
Le futur père leva les yeux au ciel et soupira :
- … Tu m'as réveillé... Tu parlais à mon ventre, baka ! Tu crois quoi, qu'il va te répondre ?
Naruto sourit d'un air idiot, comme il savait si bien le faire, et Sasuke se laissa, une fois de plus, attendrir par la réaction ô combien habituelle chez le blond.
Naruto ne put s'empêcher de se pencher vers le visage fin et grave dont une main alanguie frottait les yeux. Ses lèvres se posèrent fugitivement sur celles plus fines de son brun. Il avait le droit de faire ça, non ? Surtout après ce qu'ils avaient fait hier soir ensemble, non ? Plus si sûr que ce soit une si bonne idée que ça d'avoir suivi son instinct, il se redressa, attendant sur des charbons ardents la réaction du premier concerné qui occupait à présent toutes ses pensées.
Sasuke se redressa légèrement pour l'empêcher de trop s'éloigner, collant sa bouche à la sienne pour un ballet tendre et langoureux, qui laissa son crétin personnel dans un état de béatitude satisfaite alors que les bras couleur de neige se nouaient en un geste automatique autour de la nuque cuivrée. Naruto étreignit la taille épaissie qui se lova contre lui, répondant à la douce attaque buccale avec un léger temps de retard.
Quand enfin, le porteur du sharingan relâcha son prisonnier, plus que consentant, celui-ci avait un sourire extatique sur son visage marqué de trois cicatrices pareilles à des moustaches sur chaque joue. D'un mouvement raide, le jeune brun entreprit la tâche difficile de sortir du lit, ne pouvant retenir une grimace et un sifflement à la douleur lancinante qui traversa le bas de ses reins. Leur activité de la veille au soir ne l'avait pas laissé complètement indemne.
Naruto vint au secours de son amant, alors que ce dernier lui jetait un regard assassin, ruinant l'ambiance qui avait été si paisible et plaisante jusque là.
- Est-ce que ça va ?
-... Tchh ! Et cette fois, c'est de ta faute en plus !
La culpabilité se peignit sur le visage bronzé de l'Uzumaki pour la plus grande satisfaction de l'Uchiwa. Que la vengeance était douce !
Une fois certain qu'il était stable sur le plancher des vaches, il repoussa le crétin et se dirigea d'une démarche alourdie et plus ou moins en canard vers son objectif : les toilettes, sa vessie malmenée par le poids du petit être qui grandissait en lui. Bon sang, décidément, rien ne lui serait épargné.
- … J'ai faim... lança-t-il au blond alors qu'il sortait de la chambre à coucher.
La figure de Naruto s'éclaira. Maintenant au moins, il savait comment se faire pardonner, au moins un peu. Débordant d'une énergie renouvelée, il prit le chemin de la cuisine, ayant dans l'idée de préparer un petit déjeuner gargantuesque à Sasuke, avec tout ce que ce dernier aimait. Son adorable brun entêté accepterait-il de le prendre au lit ? Ou bien dans le salon ? Vu comment l'amour de sa vie se massait les reins tout en marchant et grommelant dans sa barbe inexistante, tenter de s'asseoir à table sur une chaise était proscrit.
Sasuke était confortablement adossé à une montagne d'oreillers, les reliefs du petit déjeuner bien trop copieux dans le plateau que Naruto avait préparé et il devait reconnaître que le blond s'y était donné du mal. Ce dernier l'avait empaqueté dans un kimono propre, sans qu'il n'ait eu son mot à dire, un caleçon et un t-shirt ayant fait leur apparition sur le corps tanné par le soleil quand il était ressorti des toilettes, puis il l'avait aidé à s'installer sur le lit, le calant avec des coussins.
Il suivit des yeux le blond qui débarrassa les restes de leur repas, son regard s'attardant sur les formes athlétiques de son... son quoi d'ailleurs ? Qu'étaient-ils l'un pour l'autre maintenant ? Amis ? Oui, ça c'était une certitude, et ce malgré ses années d'absence. Rivaux ? Bon à l'heure actuelle, ils ne pouvaient pas se battre, mais théoriquement ils l'étaient encore, non ? Amants ? A sa grande honte, il se sentit rougir aux souvenirs de la veille.
Ils avaient... fait l'amour. Ensemble. Naruto et lui. Et il avait aimé, oh oui impossible de se mentir sur ce coup, il avait aimé. Ça avait été tellement différent de ce que lui avait fait subir Kyuubi ! Jamais il n'aurait cru pouvoir ressentir autant de plaisir avec son corps, encore moins avec cette partie là. Dans les bras de Naruto, il s'était senti... aimé, protégé, précieux, et il s'était abandonné à cet homme, qui le sécurisait mieux que personne, éloignant ses ombres.
Le petit être qui nichait dans son ventre s'agita, et avec un léger soupir il posa sa main fine sur son abdomen et le caressa espérant que cela suffirait à calmer les coups qu'il sentait. Le discours contrit qui l'avait réveillé lui revint en mémoire lui amenant un rictus tendrement moqueur.
- Quel crétin ! Comme si tu pouvais comprendre ! Tchh... Pauvre bébé, avec un père pareil, tu n'es pas sorti de l'auberge...
Sa paume, qui naviguait doucement sur la colline de chair, se figea alors que ses yeux s'écarquillaient soudainement s'abaissant vers son abdomen. Non ! Il ne venait quand même pas de parler à cet enfant qui n'était même pas encore né ? Si ? Il se fusilla lui-même du regard, c'était la faute des hormones ! Et de Naruto ! Et non, il ne l'avait pas trouvé absolument adorable à genoux devant son ventre arrondi en train de se confondre en excuses devant un bébé qui ne devait même pas pouvoir l'entendre !
- Voilà c'est lui qui m'a contaminé ! Sa bêtise est contagieuse ! C'est...
Sasuke se frappa le front, se rendant compte qu'il recommençait à parler tout seul ! Mais que quelqu'un l'assomme ! De l'autre côté de la porte restée entrouverte, le supposé responsable de la monologuite aiguë d'un certain Uchiwa se retenait de rire, un sourire amusé étirant sa bouche et une lueur d'affection allumant ses iris bleus. Il ne dirait jamais à son brun à quel point il le trouvait trop chou ainsi, sûr qu'il n'y survivrait pas.
Le reste de la journée se passa dans une ambiance paisible, parfois rompue par une remarque cinglante ou un bougonnement boudeur, entre un certain brun enceinte de six bons mois et ayant mal aux reins et un blond dynamique et plus amoureux que jamais se pliant en quatre pour faciliter la vie du brun en question. Mais de l'autre coté des hauts murs blancs qui protégeaient la maison et ses habitants, l'ambiance était bien différente pour tous ceux qui s'intéressaient de près ou de loin à la situation des deux adolescents... et à leur future descendance.
~oOo~
Assise derrière son bureau couvert de parchemins, la Godaime étudiait pour la énième fois les résultats des recherches de Kabuto, confrontant l'évolution d'un fœtus lors d'une grossesse normale et celle du jeune Uchiwa. Enfin, de ce qu'elle avait pu constater du développement du fœtus. Si elle savait avec certitude que le bébé était bien là et vivant, c'était bien la seule chose qu'elle savait, le mélange des trois chakra formant une sorte de coquille imperméable que son propre chakra n'avait pas réussi à franchir, ni même les appareillages médicaux standard.
Toutes ses conclusions se basaient sur l'état de santé de Sasuke et sur la circonférence de son abdomen. Et si elle s'en tenait à ça, tout était normal. Le jeune homme avait pris quelques kilos, un peu moins que la moyenne mais il en avait perdu au début de sa grossesse, donc rien d'affolant. Son ventre s'était développé tardivement, ce qui était normal vu la déprime, proche du déni, que l'adolescent avait fait à l'annonce du diagnostic, mais depuis il s'était bien rattrapé.
Elle n'avait, en revanche, aucune idée du développement du bébé, ni sa taille, ni son poids, ni son sexe, rien. Elle entendait son cœur battre, preuve qu'il était bel et bien vivant, et il donnait des coups, donc possédait une activité cognitive, mais c'était tout ce qu'elle savait. Un soupir s'échappa de ses lèvres rouges, cette grossesse lui causait bien du soucis. Qu'est-ce qui avait pris à Orochimaru de vouloir acquérir l'immortalité, surtout de cette manière, sans penser aux possibles conséquences ?
Une main douce se posa sur son épaule, la tirant de ses réflexions. Avec un sourire, Tsunade se retourna vers Shizune, l'attirant à elle pour déposer un chaste et doux baiser sur les lèvres fines de la médic-nin brune. La jeune femme ne manqua pourtant pas la ride soucieuse qui barrait toujours le front de sa compagne blonde. Se séparant doucement du visage levé vers elle, elle jeta un œil au bureau disparaissant sous le monticule de documents.
- Tu t'inquiètes encore pour Sasuke et sa grossesse ? dit-elle, formulant ses pensées.
- Oui. Je ne peux que le percevoir ce bébé et ça me contrarie. Je ne sais même pas quelle est l'essence de son propre chakra.
- Tu crois que le bébé pourrait hériter d'une partie du chakra démoniaque ?
- Honnêtement, je n'en sais absolument rien. Il n'y a qu'à espérer que non. Et puis cet accouchement à venir ne sera pas sans risques.
- Qu'est-ce que tu veux dire par là ?
- Les risques traditionnels liés à une césarienne : hémorragie, infection, l'opération en elle-même qui pourrait endommager le corps de Sasuke ou bien blesser le bébé car je ne sais pas vraiment ce que je vais trouver quand je vais opérer, le taux de mortalité du bébé est tout de même deux à dix fois plus important, je peux très bien aussi toucher la colonne vertébrale et Sasuke se retrouverait paralysé. Mais ça c'est dans le cas d'une césarienne chez une femme, hors Sasuke étant un homme, les risques peuvent être multipliés.
- Je suis sûre que tout va très bien se passer, après tout tu es le meilleur médecin de tout le monde ninja, répondit la brune, pleine de confiance.
- Sans doute, mais après, Sasuke pourrait avoir des séquelles graves. Il pourrait ne pas récupérer ses facultés de ninja et ne plus être capable de malaxer son propre chakra. Le chakra de Kyuubi pourrait très bien rester en lui, même après l'accouchement, causant le même genre de malaises qu'il a déjà eu.
- Il pourrait y avoir d'autres dommages que je ne suis pas en mesure d'anticiper car les recherches de Kabuto ne vont pas jusque là. Et tout ça bien sûr, c'est en supposant qu'il survive à l'accouchement... Je ne sais même pas si ce bébé est viable hors du ventre qui lui sert d'incubateur et s'il est normal. Imagine leur choc si cet enfant à naître est difforme ou pire encore... conclue-t-elle.
Tsunade souffla de dépit. Non, il n'y avait rien qu'elle puisse faire pour éliminer une partie de toutes ces incertitudes et ces risques au sujet de la grossesse hors normes du descendant Uchiwa. Shizune lui frotta le dos en signe de réconfort et lui embrassa légèrement le front, sensible aux tracas et à l'appréhension qu'elle percevait chez sa compagne d'ordinaire si sûre d'elle-même et de ses capacités. Si même elle doutait, alors le sort du jeune homme brun et de l'enfant à venir étaient bien sombre et incertain.
- Évidemment, tu ne leur en as pas parlé… supposa Shizune, d'une voix où perçait une pointe de reproche.
La Hokage fronça les sourcils et d'un ton péremptoire déclara :
- Non ! Et je t'interdis de le faire ! Ils ont assez de soucis comme ça, inutile d'en rajouter ! C'est déjà un miracle qu'ils ne se soient pas déjà entre-tués et que le village soit encore debout. Tu auras la lourde charge de les préparer à gérer les contractions et à s'occuper d'un nourrisson, alors n'en rajoute pas.
La brune se redressa et fixa d'un œil sévère sa supérieure hiérarchique, croisant les bras sur sa poitrine avant de lui demander :
- Et que leur diras-tu s'il y a des complications ? As-tu pensé à leurs réactions ? Ils ont dix-sept ans et cela ne sera déjà pas facile pour eux, alors s'il y a un problème ils risquent de le vivre très mal. Tu leur mens alors qu'ils te font confiance, ils ne te le pardonneront pas si facilement, surtout pas Sasuke.
Poussant un profond soupir, la plantureuse médic-nin se pinça l'arrête du nez avant de sortir une bouteille de saké et une coupelle qu'elle remplit. Elle prit le temps d'avaler une gorgée du fort breuvage qui lui brûla la gorge avant de répondre.
- Je le sais parfaitement, mais c'est ma décision et je suis prête à l'assumer. J'ai bien conscience que quelque part je les trahis, mais quand je vois à quel point Naruto s'inquiète au moindre soucis, même pour les plus bénins, je me doute que si les choses se passent mal ce sera dramatique pour lui. Pour le moment je préfère le protéger de tout ça, il a bien assez de choses à gérer, inutile de lui en rajouter.
Se tournant vers sa disciple, elle lui adressa un sourire qui se voulait rassurant et conclut d'une voix plus enjouée :
- Et puis qui sait ! Avec ces deux là, il faut s'attendre à tout. Peut-être que tout se passera très bien. Il l'aime tellement son Sasuke qu'il serait bien capable de le ramener d'entre les morts s'il le fallait.
Shizune capitula devant les sages paroles avisées et retourna un sourire léger à la femme qu'elle aimait. Elle fit une courte prière silencieuse pour que le sort soit favorable à ce drôle de couple qui la touchait.
~ oOo ~
Assise sur un banc de bois, bras et jambes croisées, Tsunade se tenait face aux deux honorables membres du conseil, Koharu et Homura eux aussi assis sur un banc de l'autre de la table. Les deux vieillards fixaient la hokage d'un regard acéré, que la blonde leur rendait bien. La tension dans la pièce était palpable. Koharu prit la parole la première, brisant le silence pesant.
- Et c'est tout ?
Tsunade retint un sourire, non ce n'était pas tout, mais que ces deux vautours ne comptent pas sûr elle pour tout leur révéler.
- Non ! Mais je doute que savoir que Zetsu est un bien piètre cuisinier vous intéresse particulièrement.
- Effectivement, ça n'a aucun intérêt militaire de savoir ça, soupira Homura. C'est vraiment tout ce que Sasuke Uchiwa t'a donné comme information ?
- Il n'est pas membre de l'Akatsuki depuis longtemps, et Madara ne lui fait pas vraiment confiance. Les membres de l'organisation en savent assez peu les uns sur les autres, pour éviter la fuite d'information je suppose, répliqua la blonde.
- Si tu avais laissé Ibiki se charger de lui, peut-être aurait-il eu une meilleure mémoire, lança Koharu acide.
Tsunade eut un rictus malicieux et, plantant un regard calculateur dans celui accusateur de la vieille femme, dit d'une voix tranquille :
- Et prendre le risque de mettre Sasuke et le bébé en danger ? Après c'est vous qui voyez, soit vous voulez vraiment tout savoir, soit vous voulez un descendant potentiellement porteur du sharingan pour le village. Et Naruto aurait fini par perdre ses moyens et se déchaîner contre vous si Ibiki avait poursuivi ses interrogatoires.
Les deux membres du conseil échangèrent un regard entendu. Tout savoir sur l'Akatsuki était certes important, mais le bébé à venir serait un atout non négligeable pour Konoha. Se retournant vers la médic-nin, Homura demanda :
- En parlant de ce bébé... Comment se passe la grossesse ?
Un soupir franchi les lèvres rouges de la plantureuse blonde.
- Ça se déroule bien, enfin semble-t-il. Le mélange des chakras empêche toute investigation qui me permettrait d'examiner le fœtus. Je ne peux donc que me baser sur le bilan de santé de Sasuke Uchiwa, et pour l'instant tout va bien.
- Il entame son septième mois, n'est-ce pas ? reprit Koharu.
- Oui. L'idéal serait qu'il tienne jusqu'au neuvième mois, mais en cas de gros problème on peut dès maintenant pratiquer la césarienne.
Après une courte discussion autour de la grossesse peu ordinaire du dernier survivant du clan maudit, Tsunade quitta la pièce, rejoignant son bureau où une montagne de paperasse l'attendait. Les deux membres du conseil du village caché de la feuille se retrouvèrent seuls, en tête à tête. Ils s'entre-regardèrent. Koharu fut la première à briser le silence qui s'était étendu entre eux :
- Qu'en penses-tu ?
Homura prit le temps de réfléchir, ses coudes en appui sur la table, son menton parcheminé posé sur ses mains croisées.
- Je pense qu'il serait préférable de laisser la grossesse se dérouler tranquillement. Nous aviserons après l'accouchement. Et si l'Uchiwa survit, il nous faudra prendre en compte l'attachement irrationnel qu'éprouve pour lui le jinchuriki.
- Nous pourrions justement faire en sorte qu'il n'y survive pas. Ça nous éviterait bien des tracas.
Le vieil homme fixa un instant sa comparse et soupira.
- Ce serait prendre le risque de déclencher la colère du porteur de Kyuubi. Je serai partisan de la jouer plus en finesse. On peut fortement inciter l'Uchiwa à quitter le village, une fois le bébé né. L'Uzumaki lui courrait encore après, et de ce fait nous aurions le champ libre pour nous approprier l'enfant.
- Dans ce cas, un allié ne sera pas de trop pour tirer les ficelles dans l'ombre et pousser le porteur du sharingan à partir, conclu Koharu.
- Tu as quelqu'un en tête ? reprit le vieillard, jetant un air aigu à sa comparse.
- Peut-être, nous verrons. Tout vient à point à qui sait attendre.
Sur ces paroles sibyllines les deux vieillards quittèrent la salle, rejoignant leurs appartements respectifs.
Inconscient des manigances qui se jouaient dans leur dos, les deux futurs parents étaient actuellement dans le jardin bordant la maison qu'ils occupaient, et jardinaient. Enfin, les clones de l'un d'entre eux jardinaient, pendant que l'orignal, assis en tailleur sur la terrasse, massait le pied de son brun. Sasuke, étendu sur une pile de coussins chatoyants, profitait de l'attention constante du blond, dont il était l'objet depuis le matin.
Le moins que l'on puisse dire c'était que son crétin personnel le choyait tout particulièrement. Après un petit déjeuner gargantuesque servit au lit, Naruto avait insisté pour le baigner, le savonnant et lui shampouinant les cheveux, puis il l'avait habillé. Ce qui avait d'ailleurs donné lieu à une petite altercation entre eux sur son refus catégorique d'enfiler un boxer que de toute manière il n'aurait pas réussi à enlever sans se tourner en ridicule ou qui l'aurait obligé à solliciter l'aide de son colocataire pour le retirer.
Le blond avait fini par céder de mauvaise grâce, pas vraiment convaincu par son silence buté, après un baka bien senti mais préférant tout de même battre en retraite. Après, avait suivi une session télé qui avait ramené la paix dans leur petit ménage. Naruto s'était également chargé du repas, envoyant l'une de ses photocopies acheter ce qui tentait Sasuke aujourd'hui, à savoir de la viande grillée. Et après tout ça, il l'avait soigneusement installé sous la véranda, arguant qu'il le trouvait un peu pâle et que le soleil lui ferait sans doute le plus grand bien, en rajoutant une couche avec une histoire à dormir debout de production de vitamines à laquelle l'Uchiwa n'avait compris goutte et qui l'avait laissé de marbre.
Et maintenant, il profitait donc du soleil, Naruto massant ses mollets et ses pieds avec détermination, inquiet par sa démarche plus claudiquante qu'à l'accoutumée. Ce qui lui avait fait bien sûr lever les yeux au ciel et réprimer une remarque cinglante sur l'origine réelle de cette allure plus canardesque qu'autre chose quand il marchait, se contentant d'assassiner son idiot personnel d'un regard qui en disait long, et qui en tout cas avait le mérite de lui épargner de rentrer dans certains détails peu reluisants.
Les orbes sombres suivaient sans vraiment les voir les clones qui s'activaient dans le jardin, se demandant vaguement à quoi cela ressemblerait une fois fini. Il retint un soupir désabusé en voyant l'un des blonds creuser le fameux bassin en forme de grenouille qui accueillerait l'été les carpes Koï, les batraciens et les lotus. Il espéra que l'idiot ne solliciterait pas son avis pour aller choisir les charmantes bestioles, il n'y connaissait rien et ça ne l'intéressait pas vraiment. Et puis le bébé serait né, et il faudrait bien que l'un d'eux le garde à la maison, parce que pas question d'aller à l'animalerie avec un nourrisson !
Lui de toute façon, les seuls animaux qui avaient un tant soit peu d'intérêt à ses yeux, c'était les serpents quand il en avait besoin. Et puis ça risquait d'être dangereux cette histoire de bassin. Quand le bébé commencerait à marcher, il faudrait de toute façon l'assécher ou le grillager car il était hors de question qu'un tel danger soit à la portée de leur enfant. Il pourrait bien y tomber et finir par s'y noyer. Il était, lui, bien placé pour savoir qu'avec un enfant turbulent, tout était à craindre et quelques minutes d'inattention suffisaient pour qu'un malheur arrive. Il en avait d'ailleurs encore une cicatrice juste à la racine de ses cheveux.
Les sourcils noirs se froncèrent, pourquoi s'inquiétait-il de ça ? Il n'avait même pas encore décidé de ce qu'il ferait après la naissance. Partir... ou rester ? Il avait de bonnes raisons de partir et autant de raisons de rester, et si Naruto était suffisamment naïf pour croire que tout se passerait sans encombre et avait foi en l'avenir, ce n'était pas son cas. Il avait connu de bien trop près la fourberie, le mensonge, la haine et la bêtise humaine pour se laisser berner par de belles promesses.
S'il partait, certes Naruto en souffrirait, mais il finirait par s'en remettre, non ? Et les choses seraient plus simples pour leur enfant. Il n'aurait pas le poids du nom des Uchiwa à porter, et il pourrait avoir une enfance normale, entouré par un père aimant et protecteur. Avec un peu de chance, Naruto trouverait une femme qui les aimerait lui et son enfant, apportant une présence maternelle auprès de ce dernier. Hinata faisait d'ailleurs une excellente candidate au rôle, et Sasuke, malgré le peu d'estime qu'il avait envers la jeune femme, était persuadé qu'elle ferait une bonne mère et une épouse aimante et dévouée.
Mais cela signifiait mentir à ce petit être innocent, et ce toute sa vie durant. Comment réagirait-il s'il venait à apprendre la vérité ? Comprendrait-il que c'était pour son bien, à lui, pas celui du village, que lui, Sasuke avait pris sa décision ? Leur en voudrait-il à eux, et à Hinata de l'avoir privé d'une partie de son héritage et de son histoire familiale ? Serait-il dégoûté par cette conception contre nature et ignominieuse dont il était le fruit ?
S'il restait, serait-ce mieux ? Probablement pas. Outre le fait d'avoir à assumer un passé familial lourd et chargé, leur enfant devrait faire face aux moqueries et à l'intolérance de ceux pour qui deux personnes de même sexe ne pouvaient pas être ensemble, sans parler du fait qu'il était né du ventre d'un homme. Ses moindres faits et gestes seraient épiés et la moindre erreur ou faiblesse largement critiquée. Mais s'il décidait de vivre à Konoha, il pourrait le protéger, le soutenir, le voir grandir et l'éduquer. N'était-ce pas cela le rôle des parents ?
Et puis, s'il restait, il y avait Naruto... Naruto qui serait à ses côtés, chaque jour, l'entourant de son amour et de son affection. Ils formeraient une famille, certes bizarre, mais une famille quand même. Et il pouvait compter sur Naruto pour qu'ils restent soudés, contre vents et marrés, contre tout un village entier s'il le fallait. Naruto deviendrait-il Hokage dans ce cas ? Le fait qu'il reste ne serait-il pas un handicap pour la poursuite du rêve auquel le blond tenait plus que tout ?
Un frémissement dans les branches des arbres avoisinants attira son attention, son regard se posant sur le mont Hokage qu'il apercevait par delà les ramures bourgeonnantes. Les cinq visages de pierre, taillés à même la roche, veillaient le village caché de la feuille. Ce village pour lequel son frère s'était sacrifié, ce village pour la paix duquel le sang de toute sa famille avait été versé sans le moindre remord.
Il avait juré de se venger, d'éradiquer le nom des Uchiwa de la mémoire collective des habitants en les massacrant tous, les uns après les autres, en commençant par Naruto. Sa vengeance... D'après ce que Tsunade lui avait dit, elle pourrait bientôt redorer le nom d'Itachi, lui conférant le statut de héros qu'il méritait depuis tant d'années. Cela lui suffirait-il de voir le nom de son frère chéri et adoré gravé sur une stèle ? Pourrait-il ne plus haïr chaque villageois, ne plus les considérer comme responsable de sa souffrance ?
Depuis son retour, il n'avait eu aucune velléité de tuerie massive, sanglante et vengeresse, mais bon entre les nausées, les malaises, la fatigue chronique, et toutes les joyeusetés liées à son état actuel qui faisaient que même voir du sang à la télé le dégoûtait, il n'avait pas vraiment eu le temps, ni l'envie de tenter d'échapper à la surveillance dont il était l'objet constant pour aller couper quelques têtes. Sans oublier ces foutus hormones qui lui embrouillaient l'esprit !
~ oOo ~
Le ninja copieur enfonça ses mains dans ses poches, toujours adossé au haut mur blanc qui protégeait la demeure qu'il surveillait avec son équipe depuis trois mois maintenant. Ils n'étaient d'ailleurs pas les seuls à avoir l'œil sur les deux habitants de la maisonnette d'allure traditionnelle. Il n'était pas tranquille face à la présence constante de cette équipe ANBU dans les arbres du jardin. Ça ne lui disait vraiment rien de bon.
Il savait pouvoir compter sur la bienveillance de ses coéquipiers et leur discrétion quand à ce dont ils étaient les témoins, plus ou moins privilégiés d'ailleurs, concernant l'étrange relation qui unissait les deux garçons dont ils avaient la charge. Il ne pouvait pas en dire autant des ninjas aux masques blancs qui devaient forcément faire leur rapport sur tout ce qu'ils entendaient ou voyaient aux deux membres du conseil. Quelles étaient donc les intentions du duo de vieillards ? Sûrement pas des plus nettes, ni des plus louables envers le couple qui vivait ici et sa future progéniture.
Ce qui le mettait particulièrement mal à l'aise était que s'il avait conscience qu'il y avait danger, il n'avait pas le moindre début d'idée sur d'où il viendrait, ni quand. Le conseil passerait-il à l'action avant la fin du terme, au moment de l'accouchement ou bien après ? Et comment le ferait-il ? Une attaque frontale serait risquée, mais pas impossible, le nombre donnant un avantage certain aux ANBU, après tout ils n'étaient que cinq, voire que quatre, et les ANBU pouvaient attaquer en masse. Ne pas savoir à quoi s'attendre de ce côté-là le rendait nerveux et méfiant, et ne lui disait vraiment rien qui vaille.
- Bonjour Kakashi-sensei !
La voix féminine sortit le ninja copieur de ses pensées, son unique œil visible se posant sur Sakura et Saï qui arrivaient tranquillement. Oui, ils étaient cinq, mais régulièrement l'un d'entre eux prenait sa journée, profitant d'un repos bien mérité pour rentrer chez lui et dormir tout son saoul. Parce qu'entre les tours de gardes, et les tribulations nocturnes de Naruto et Sasuke, les nuits n'étaient pas des plus reposantes.
Le maître salua ses deux élèves, un peu surpris de voir la jeune fille qu'il n'avait pas revu depuis sa dernière visite plutôt houleuse à ses deux coéquipiers. Elle avait alors quitté la maison rageuse, et n'avait pas semblé prête à y revenir. Il n'était pas sûr qu'elle reçoive un accueil particulièrement chaleureux d'ailleurs. Entre un Uchiwa extrêmement rancunier et un Uzumaki hyper protecteur, la rosée aurait déjà bien de la chance de réussir à ne serait-ce qu'à ouvrir la bouche pour dire bonjour avant d'être renvoyée dans ses foyers.
- Comment allez-vous, Kakashi-sensei ? Je vous ai apporté des boulettes énergisantes, pour vous et votre équipe. Vous devez en avoir bien besoin, conclut la jeune femme.
L'interpellé lorgna le paquet soigneusement empaqueté d'un air torve, regrettant amèrement la cuisine d'Iruka, si chère à ses papilles. Prenant finalement le présent des mains de Sakura, il entama la conversation devant le portail.
- Merci, il ne fallait vraiment pas te donner cette peine. Et toi, comment vas-tu ?
La jeune fille à la chevelure couleur de cerisier en fleur baissa un regard gêné vers le sol, trouvant tout à coup la pointe de ses chaussures d'un extrême intérêt.
- Bien, très bien même. Il ne se passe pas grand chose à l'hôpital, alors je venais un peu aux nouvelles.
Elle marqua une pause, lançant un regard hésitant à son supérieur hiérarchique, avant de reprendre.
- Comment... Comment vont-ils ?
Le chef d'équipe sonda le regard vert avant de répondre laconiquement.
- Les choses suivent leur cours.
- Je... Je me suis un peu emportée la dernière fois que je suis venue. Mes... mes mots ont dépassé ma pensée...Voir Sasuke et Naruto dans cette situation aussi... aussi... ça me déboussole complètement. Vous comprenez, n'est ce pas ?
Kakashi laissa filer un profond soupir. Oui, dans une certaine mesure, il comprenait. Et encore, elle n'avait pas assisté au quart de ce que son équipe avait pu voir des échanges sous forme de montagnes russes entre les deux garçons. Ah, ces deux là n'avaient pas leur pareil pour semer la pagaille. Lui-même ne regardait plus Iruka de la même manière quand il rentrait chez lui. D'ailleurs, il irait bien demander une chose ou deux à Tsunade, si l'occasion s'en présentait.
Alors l'impact qu'avait la relation bizarroïde et ambivalente de Sasuke et Naruto sur Sakura devait être d'autant plus déstabilisant, surtout qu'ils avaient ensemble formé l'équipe sept, son équipe. Pendant des années, il les avait vu grandir et devenir des ninjas sous sa houlette, entretenant une espèce de triangle amoureux qui venait de se briser avec le retour de Sasuke et son état, dû à sa rencontre avec Kyuubi. Il était normal que les réactions de son ancienne élève soient sans doute un peu disproportionnées, même s'il n'excusait pas sa conduite.
Devant le silence du ninja à la chevelure argentée, la jeune femme se tortilla d'un pied sur l'autre.
- Est-ce que... Est-ce que vous croyez qu'ils pourront un jour me pardonner ?
Sai posa une main rassurante sur l'épaule de sa coéquipière et lui fit un grand sourire.
- Ne t'en fais pas Sakura-chan. J'ai lu dans un livre que le cerveau humain ne finissait par retenir que les souvenirs agréables pour oublier les mauvais moments, alors ça ne peut que s'améliorer.
Toujours aussi surpris par les référentiels curieux du membre de son équipe qui avait remplacé Sasuke, Kakashi se décida à intervenir, pas tout à fait certain que la remarque du jeune homme aide la rosée.
- Tu devrais peut-être commencer par leur présenter tes excuses. Je suis certain que Naruto finira par te pardonner. Pour Sasuke par contre, je pense que ça prendra un petit peu plus de temps. Tu sais comment il est.
La jeune femme lui lança un regard douloureux et baissa la tête, la hochant en silence.
- Je vois... murmura-t-elle, courbant les épaules comme si le poids du monde y reposait.
- Reviens dans quelques jours. D'ici là, j'en aurai parlé à Naruto. Je te dirais ce qu'il en est, conclu son maître sur un ton conciliant et encourageant, sensible à la douleur de la kunoichi qu'il avait lui même formée et entraînée par le passé.
- Merci beaucoup, sensei, dit-elle, accompagnant ses paroles d'un pauvre petit sourire triste.
Elle se sépara des deux hommes après les avoir salué et leur avoir souhaité une bonne journée, reprenant la rue calme et tranquille qui remontait jusqu'au centre du village sous leurs regards. Oui, c'était encore probablement trop tôt pour passer l'éponge sur ce qu'elle avait fait... Naruto et Sasuke lui en voulaient probablement encore... mais pour combien de temps ?
~ oOo ~
Dans une pièce anonyme, une silhouette marchait en long et en large d'un pas rageur, son allure furieuse résonnant sur le sol. Elle écuma et s'emporta à mi-voix, pestant contre les éléments qui décidément se liguaient contre elle et contrecarraient ses plans. Mais qu'à cela ne tienne, elle n'avait pas dit son dernier mot. Un éclair brillant de haine traversa les yeux mauvais. Oui, rien ne l'empêcherait de briser la belle harmonie qui semblait régner dans la petite maisonnée.
Elle les briserait, elle les séparerait, elle se vengerait. Il fallait qu'ils souffrent tous les deux, qu'ils souffrent autant qu'ils la faisaient souffrir ! Elle finirait bien par leur rendre au centuple ce qu'ils lui avaient fait ! Naruto et Sasuke paieraient et cher ! Il ne lui restait plus qu'à trouver le moyen, ce qui les toucherait au plus profond d'eux même et leur ferait mal, si mal que leur belle idylle volerait en éclat ! Ils n'avaient pas honte ? Être ensemble tous les deux ! Elle ne le permettrait pas ! Jamais !
Tout en parcourant l'espace anodin, la silhouette esquissa un sourire hargneux, réfléchissant aux options qui se présentaient à elle pour exécuter sa vengeance. La première chose à faire serait de gagner la confiance de ces deux imbéciles, ensuite elle trouverait bien comment les atteindre, les poignarder dans le dos sans qu'ils ne s'en rendent compte. Jusqu'ici ses tentatives n'avaient pas eu l'effet escompté, mais ils ne perdaient rien pour attendre car elle ne renoncerait pas. Une opportunité finirait bien par se présenter, elle saurait s'en saisir et frapper !
A de nombreux kilomètres de là, dans une grotte humide et sombre, bien cachée au cœur du pays de la Pluie, deux hommes se faisaient face dans un silence pesant. Le plus petit des deux fixait son unique œil visible sur son acolyte, son pied tapant nerveusement le sol de pierre, les bras croisés sur son torse.
- Tu te moques de moi ? claqua sa voix glaciale.
Zetsu, penaud, secoua négativement la tête, avant de commencer à dialoguer avec lui-même :
- Tu vois, je t'avais dit qu'on aurait dû lui dire dès le début !
- Mais si on était revenu pour ça, on aurait perdu sa trace.
- On a perdu sa trace ! Imbécile !
- Mais on l'a cherché partout !
Madara interrompit le dialogue schizophrénique entre le Zetsu noir et le Zetsu blanc, d'un ton aussi tranchant qu'une lame de rasoir.
- Vous avez perdu la trace de Sasuke depuis quand au juste ?
L'hésitation perceptible de son comparse à répondre n'annonçait rien de bon, il le sentait.
- … Euh... Trois mois ?
L'homme au masque orange sentit la colère l'envahir. Ce crétin incompétent avait perdu de vue Sasuke depuis trois mois ! Et c'était seulement maintenant qu'il venait le lui dire ?! Mais qui c'est qui lui avait foutu un idiot pareil !? Tentant de garder son calme, il entreprit de connaître le fin mot de cette histoire:
- Où l'avez-vous perdu ? Et surtout comment avez-vous pu le perdre ? Un être humain ça ne se perd pas comme ça, bordel !?
- On a fait tout comme tu nous l'avais demandé, on l'a suivi de loin, sans se montrer. Il est passé par le pays de l'Herbe, puis celui de la Cascade, celui du Bois, et celui du Son. C'est là qu'on l'a perdu, il a disparu dans un village où il y avait un espèce de festival. A partir de là on l'a cherché partout, dans tout le pays du Son, celui des Glaces, celui de la Foudre et même celui du Feu, mais impossible de le retrouver ! s'expliqua rapidement le ninja végétal.
La fureur de Madara explosa en même temps que la chaise qu'il envoya valser contre le mur.
- Quel incapable ! Ce n'était pourtant pas difficile ! Tu devais le suivre et t'assurer qu'il remplisse bien sa mission ! Qu'est-ce qu'il y avait de difficile ?
- Rien ! Et on l'a suivi, d'ailleurs c'était ennuyeux.
- Oui c'est vrai, il a prit tout son temps !
- Et il était malade la plupart du temps !
- Je me fiche de vos excuses ! Cherchez-le ! Retrouvez-le ! Et ramenez-le moi ! Brisez-lui les jambes s'il le faut ! Sasuke Uchiwa est un atout majeur dans notre plan, je le veux ! Suis-je assez clair ! hurla le chef de l'Akatsuki, hors de lui.
Aucun des deux Zetsu ne trouva à redire, quand Madara était en colère, mieux valait filer droit, aussi s'éclipsèrent-ils rapidement laissant leur associé déchaîner sa rage sur le mobilier, remerciant le ciel de ne pas être le dit mobilier.
To be continued...
Commentaires des auteurs :
Et oui, ce n'est pas parce que nos deux chouchous ont enfin copulé que les choses s'arrangent comme par miracle. Il ne faudrait pas oublier tous les autres, plus ou moins méchants qui rôdent autour ! Un ciel bleu n'est jamais vraiment sans nuages annonciateurs de pluie...
Bureau des plaintes et réclamations des personnages martyrisés :
La silhouette se penche sur l'épaule des deux auteurs en train de partager un bon coca et un bon café bien mérités devant leurs écrans respectifs.
Elle fait sursauter les deux auteurs quand sa voix vengeresse s'élève :
- Dites ! trépigne-t-elle, C'est tout ? Je fomente des plans et y a jamais rien qui se passe comme je veux ! Et puis j'ai toujours droit qu'à quelques paragraphes par-ci par-là ! C'est pas juste ! Madara et Zetsu, ils ont eu presque tout un chapitre eux ! C'est pas normal ! Je proteste ! Et puis c'est quand que je vais l'assouvir ma vengeance moi ! Y en a marre !
Les deux auteurs, sursautant, sauvent de justesse leurs boissons qui tanguent dangereusement bien trop près de leurs précieux claviers. Elles échangent un regard qui en dit long, avant de répondre :
- On verra, on verra, sois sage et retourne dans ton trou, tu vois pas qu'on travaille là ! En plus le rôle du vengeur sanguinaire, théoriquement c'est celui de Sasu !
La silhouette maugrée dans sa barbe et s'éloigne boudeuse. Avant de définitivement disparaître dans les ombres, elle se tourne vers le lecteur.
- J'espère bien que je vais pouvoir me venger... Non mais c'est vrai quoi ! Allez soutenez-moi pour qu'au moins j'apparaisse un petit peu plus, reviewez !
Rendez-vous au prochain chapitre, chapitre 16 : Méandres et cul de sac.
Sasuke avance et hésite. Est-ce bien le même chemin, tracé par le destin, qu'il semble suivre depuis le début ou s'est-il égaré en cours de route... sur une voie sans issue.
