Avertissement: Présence d'un lemon (oui encore ! maintenant qu'ils y ont enfin goûté, ils ne vont pas s'arrêter là !). Comme d'habitude, il est signalé par les premiers mots et les derniers mots en gras et pas de panique il est bien moins long que le précédent.

Nous vous rappelons que les réponses aux reviews en guest (donc sans profil sur ce site) sont sur notre profil.

Bonne Lecture !

Yzan & Lili.


~ Chemin de Traverse ~

Chapitre 16 : Méandres et cul de sac.

Assise sur un des coussins posés à même le sol du salon, Shizune observait les deux garçons qui lui faisaient face, eux aussi installés sur des poufs. Elle devait les préparer à la venue de ce petit être qui arrondissait le ventre de Sasuke, et en son for intérieur elle était certaine que ce ne serait pas une sinécure.

- Bien. On va commencer par des exercices de respiration. Cela te permettra de pouvoir gérer les contractions quand elles arriveront, commença-t-elle.

- Je ne comprends pas, l'interrompit Naruto, Obaa-chan nous a dit que ce serait un accouchement par césarienne, et dans ce livre, ils disent que les contractions servent à faire descendre le bébé pour qu'il puisse sortir. Donc, normalement Sasuke ne devrait pas en avoir, sinon le bébé risquerait de lui sortir par le… le…

Le jinchuriki laissa sa phrase en suspens, trop gêné pour l'achever, surtout sous le regard noir que lui lança son brun, que l'idée ne semblait pas enchanter du tout.

La médic-nin brune eut tout juste le temps de lire le titre du bouquin que le blond lui montrait avant que celui-ci ne soit brutalement saisi par le futur père. Les yeux noirs lurent l'intitulé "Comment vivre sereinement votre grossesse ?", avant de se relever vers le visage hâlé de son ami qui arborait une jolie teinte coquelicot. Sans un mot, le jeune Uchiwa lui montra ce qu'il tenait entre ses mains et leva un sourcil interrogatif.

- Ben quoi ! Je me suis renseigné, c'est tout. Je vois pas où est le mal ! répliqua Naruto à l'interrogation muette de son amour.

- … Je vois. Tu t'es renseigné sur beaucoup de choses…

L'assertion dite sur un ton placide intensifia les rougeurs sur les joues marquées de trois cicatrices parallèles pareilles à des moustaches.

Sasuke retint un ricanement, décidément il était toujours aussi facile et plaisant d'embarrasser ce baka. Bon il n'allait certainement pas se plaindre des initiatives de son blond, mais le voir le visage en feu, une moue boudeuse tordant sa bouche et les bras croisés sur son torse, l'amusait beaucoup. Shizune reprit la parole et toute son attention se focalisa sur elle. Attentif sans en avoir l'air, il écouta les explications de la femme médecin sur les raisons pour lesquelles il aurait l'immense joie de goûter au bonheur des contractions. Vraiment, il avait hâte d'y être !

Quelques minutes plus tard, suite aux instructions de la seule femme de la pièce, Sasuke était assis entre les jambes de Naruto, tous deux au sol, le blond légèrement surélevé par rapport au brun. Les bras croisés sur son ventre proéminent, il fusilla du regard alternativement la brune et le blond. Non ! Pas question. Il était tout à fait hors de question qu'il fasse ça. Il était un ninja, un Uchiwa qui plus est ! Alors même si sa survie en dépendait, il ne ferait pas ça !

- Allez Sas'ke ! Fais le ! C'est pas dur, l'encouragea Naruto.

- Quand tu auras des contractions cet exercice te permettra de diminuer la douleur, je t'assure que ça fonctionne très bien, renchérit Shizune.

- … Je ne suis pas un chien ! trancha d'une voix glaciale le futur père.

Non, il n'était pas un chien ! Il ne halèterait pas "comme un petit chien" ! Jamais de la vie !

Les deux autres occupants de la pièce échangèrent un regard désabusé, et entreprirent de convaincre le futur père de l'intérêt de la manoeuvre, en vain. Le jeune Uchiwa ne voulut rien entendre, rien de rien. A bout de patience et d'arguments, le jinchuriki s'énerva :

- Ok ! Fais comme tu veux ! Mais quand tu souffrira le martyr ne viens pas te plaindre ! Et ne compte pas sur moi pour t'aider !

- … Tsss ! Comme si j'avais déjà eu besoin de ton aide, baka !

A ces mots Naruto se releva d'un bond, obligeant Sasuke à se rattraper in-extremis à la table basse pour ne pas basculer sur le dos. Les poings sur les hanches, le blond furibond invectiva son ami :

- Ah oui ! Et ben si tu le prends comme ça, tu vas te démerder tout seul maintenant ! Ne compte plus sur moi pour t'aider à quoique se soit ! On verra si tu peux t'en sortir aussi facilement que tu le dis !

Sur ces bonnes paroles, l'adolescent tourna les talons et quitta la maison, claquant violemment la porte derrière lui. Dans le salon Shizune se tourna vers le jeune homme restant et planta ses yeux noirs dans ceux de son vis-à-vis.

- Tu pourrais faire un effort, non ? Il se plie en quatre et s'inquiète pour toi. Il a tenu tête au conseil pour toi, menacé Tsunade pour toi ! Et toi, qu'est-ce que tu fais pour lui ?

Seul le silence lui répondit. Face à elle, le jeune Uchiwa ne cilla pas, la défiant muettement du regard de poursuivre sa tirade. Non, il ne savait pas que Naruto avait défié le conseil et menacé la Godaime pour lui, et même si cela le touchait il ne l'admettrait jamais ! Un soupir s'échappa des lèvres fines de la médic-nin qui renonça devant le silence buté de l'adolescent. Juste avant de partir, elle aussi, elle posa un livre sur la table basse et rajouta :

- Je vous laisse ça, c'est un ouvrage sur l'accouchement et l'après. Parce que ce n'est pas un acte anodin, il y a des risques. Tu devrais le lire !

La jeune femme quitta la pièce puis la maison laissant Sasuke seul, face à lui-même. Et maintenant comment il se relevait lui ! Franchement, y en avait pas un pour rattraper l'autre ici ! Ils pourraient avoir un peu plus de considération pour sa personne, non ? C'était lui qui se retrouvait dans cette situation aberrante, lui ! Poussant vaillamment sur ses bras, il fit une première tentative, repliant ses jambes sous lui pour se relever. Ils allaient voir ce qu'ils allaient voir, il était un ninja, merde ! Il n'avait besoin de personne, qu'ils aillent tous se faire voir !

Plusieurs essais infructueux plus tard, il était toujours là, assis par terre, en sueur, l'attraction terrestre ayant résolument gagné. Sa colère impuissante lui comprima la gorge. Pourquoi, Kamisama, pourquoi ça devait lui arriver, à lui ? Il passa une main fine sur son front et fit le tour du propriétaire, son regard navigant sur ce qui l'entourait. Rien à portée de main pour l'aider à se sortir de là... Ses yeux tombèrent sur le livre que la médic-nin brune avait abandonné sur la table basse. Sa main se tendit et en effleura la couverture, avant de s'en saisir.

Naruto reposa sa tasse de thé copieusement sucré sur la table de la cuisine, ses yeux analysant le mug.

- Tu ne crois pas que tu as été un peu trop dur avec lui ? lui demanda celui qu'il considérait comme son père alors qu'il lui ébouriffait les cheveux. Mets toi à sa place. Ça ne doit pas être évident pour lui tout ça. Tu auras beau faire tout ce que tu voudras, tu ne pourras pas le changer, tu sais ? C'est un Uchiwa après tout... C'est un homme aussi, tout comme toi, et il a sa fierté.

Naruto rumina dans sa barbe inexistante, même si Iruka avait raison, il ne pouvait s'empêcher d'être en colère contre Sasuke, Sasuke qui continuait à ne pas y mettre du sien... Il faisait tout pour lui, tout ! Alors l'autre là, il pourrait bien faire un effort de temps en temps, non ? Pour lui aussi ce n'était pas évident, pour lui aussi c'était difficile... Dans peu de temps, ils allaient avoir un enfant, leur enfant... Et il n'avait pas le moindre début d'idée de comment on s'occupait d'un enfant. L'appréhension lui fit froncer les sourcils.

- Ça vous arrive à Kakashi et à vous de vous disputer ? finit-il par demander à son interlocuteur.

- Tout le temps. Ce n'est pas parce qu'on s'aime qu'on est toujours d'accord. Il a son tempérament et j'ai le mien. Il faut apprendre à faire des compromis. Être ensemble, c'est aussi faire des efforts.

- Mais j'arrête pas d'en faire moi des efforts ! Honnêtement, Iruka sensei, je sais plus quoi faire moi ! Il va accoucher et c'est une vraie tête de mule ! Il n'écoute rien ! Et comment on va faire après quand ce sera le jour J ? Qu'est-ce qu'il va se passer s'il ne fait pas ce qu'on lui dit ? Il est tellement buté... souffla Naruto.

- Ce n'est pas parce qu'il n'en a pas l'air qu'il n'écoute pas, tu sais. Je me souviens qu'en classe, il semblait être constamment plongé dans ses pensées, pourtant c'était celui qui avait les meilleures notes. Regarde Kakashi, il a tout le temps le nez dans ses livres douteux, mais il ne rate rien de ce qu'il se passe et se dit autour de lui. Je sais que ce n'est pas évident pour toi, mais ça l'est encore moins pour lui. Il a besoin de toi et que tu le soutiennes dans cette épreuve. Prends ton mal en patience, je suis sûr qu'il finira par te surprendre. Tu l'aimes, non ?

Naruto soupira bruyamment, oui il l'aimait et il était prêt à le soutenir, mais lui aussi aimerait bien avoir une épaule où se reposer parfois. Surtout que plus l'échéance se rapprochait, plus il angoissait. Trop de choses restaient en suspens. Sasuke... Il ne savait pas s'il était revenu sur sa décision de quitter Konoha ou pas, et si lui avait fait part de ses sentiments au brun, la réciproque, il l'attendait toujours...

Il avait espoir que son amour lui soit rendu, surtout après ce qu'il s'était passé entre eux quelques jours auparavant, mais peut-être le brun n'avait-il accepté que les choses aillent plus loin entre eux que pour de toutes autres raisons. Il aurait payé cher pour connaître le fond des pensées de son Uchiwa, mais il n'y avait rien de plus obscur. Il avançait en plein brouillard et cela ne le rassurait pas pour l'avenir.

Voyant le désarroi de celui qu'il considérait comme son fils, l'instituteur décida de changer de sujet.

- Kakashi m'a dit que tu avais refait la décoration de la maison. Je ne te savais pas bricoleur !

Le sourire qui fendit le visage de Naruto rassura le chunin quand au choix du sujet.

- Ah non, je suis pas un grand bricoleur mais je m'en sors pas trop mal. La déco était vraiment à refaire, et puis Sasuke avait tout détruit lors de sa transformation complète en mini-kyuubi...

La fin de la phrase se perdit en un murmure à peine audible, et le jeune adulte soupira intérieurement, visiblement tout se ramenait à Sasuke. Pas que cela soit surprenant en soi, c'était déjà plus ou moins comme ça avant le retour du nukenin. Il ne fallait pas s'attendre à ce que les choses s'arrangent de ce côté là maintenant que le jeune Uchiwa était à Konoha. Résigné, Iruka prêta une oreille attentive et compréhensive aux nombreuses lamentations et inquiétudes de son ancien élève.

Quand Naruto pénétra dans le salon deux bonnes heures après l'avoir quitté, il fut surpris d'y trouver son brun, toujours dans la même position où il l'avait laissé, un livre intitulé "Tout savoir sur l'accouchement" entre les mains. Le souvenir de leur dispute encore vif dans sa mémoire, il se dirigea sans mot dire vers la cuisine pour y ranger les quelques courses qu'il avait faites sur le chemin du retour.

Absorbé par sa lecture, Sasuke ne leva même pas le nez à l'arrivée du blond, grinçant silencieusement des dents devant l'ignorance dont celui-ci le gratifia. Sa lecture, aussi instructive soit-elle, n'avait en rien arrangé son humeur maussade. Les photos qui accompagnaient les explications très détaillées, de ce qu'il subirait bientôt, étaient tellement sanglantes qu'il savait déjà qu'il en ferait des cauchemars le soir même. Et il avait tellement envie d'uriner, qu'il était presque certain que le blanc de ses yeux avait tourné au jaune !

Une fois le rangement des courses terminé le jinchuriki, inconscient des tourments intérieurs de son colocataire, se dirigea vers la seconde chambre de la maison, bien décidé à la vider de tout le bric-à-brac plus ou moins inutile qui y régnait. Le bébé, une fois né, aurait besoin de sa propre chambre, et celle-ci conviendrait parfaitement. Il lui faudrait refaire la peinture des murs et probablement deux trois aménagements, mais elle serait parfaite.

Les quelques clones qu'il invoqua pour l'aider eurent tôt fait de vider entièrement la pièce, ne laissant que le mobilier d'origine : un petit lit, un chevet et une console. Une rapide douche plus tard, il revint dans le séjour et se figea en constatant que Sasuke n'avait toujours pas bougé d'un poil.

- Oi, Sasuke ! Tu prends racine ? s'inquiéta-t-il.

Le livre, toujours ouvert, remonta légèrement cachant un peu plus le visage du lecteur, mais aucune réponse ne vint. Retenant un soupir découragé, le blond s'approcha de son brun et s'accroupit devant lui.

- Tu comptes bouder toute la journée ? Oi, Teme !

Devant l'absence totale de réaction, le jinchuriki attrapa la couverture du bouquin et l'arracha des mains fines qui s'y accrochèrent avec force.

Ses yeux bleus se posèrent sur une photo particulièrement choquante où un médecin sortait un nourrisson de l'abdomen grand ouvert d'une femme. Une grimace mi-dégoûtée mi-attendrie déforma un instant ses traits avant qu'un détail ne le frappe de plein fouet. A la place de cette femme, bientôt ce serait Sasuke... Son Sasuke… et leur bébé… à eux deux… Il senti vaguement le brun bouger à côté de lui, mais ce fut quand la table basse se trouva renversée qu'il sortit de l'état de choc où cette constatation l'avait plongé.

Putain de meuble à la con ! Pourquoi, mais pourquoi alors qu'il s'appuyait dessus pour pouvoir se relever cette foutu table avait-elle basculé ? Ah oui c'est vrai , il était maudit ! Résultat, il se retrouvait maintenant à quatre pattes au sol, la déserte renversée sur son dos ! Tout ça parce que le crétin responsable de son état n'avait pas pensé une seule seconde à ses difficultés actuelles ! Et qu'il avait acheté une table bancale !

Naruto se précipita pour aider son brun en détresse à se relever, s'assurant au passage qu'il ne s'était pas blessé dans la bataille. Dés qu'il fut enfin debout sur ses deux pieds, l'Uchiwa se dirigea aussi vite qu'il le pouvait vers ce lieu où il pourrait enfin se soulager : les toilettes. Éberlué, le blond entendit la porte se refermer. Il semblerait qu'il y ait eu urgence, mais dans ce cas pourquoi être resté au sol durant tout ce temps ?

Puis se fut l'illumination ! Bien sûr... Sasuke n'avait tout simplement pas réussi à se relever seul, et sa foutue fierté, bien mal placée, l'avait empêché de réclamer l'aide dont il avait besoin. Bon, il pouvait comprendre que son amour soit réticent à admettre qu'il ne pouvait plus faire certaines choses seul. Lui le premier n'aimait pas être tributaire des autres, mais la situation était exceptionnelle. Et lui, il était là pour ça, non ?

Quand Sasuke sortit des WC, il se retrouva prit dans une étreinte douce et protectrice. Surpris, il leva les yeux, croisant le regard bleu de son ami qui le fixait avec tendresse.

- Je n'aurais pas dû m'emporter comme ça tout à l'heure, ni te laisser seul aussi longtemps… Je sais que pour toi ce n'est pas facile, et je ne te demande pas de te rabaisser. Mais moi je veux t'aider… alors laisse moi t'aider, ok ?

- … Hmpff …

La réponse fit sourire le jinchuriki qui se pencha pour cueillir les lèvres fines et légèrement boudeuses de l'élu de son cœur. Alors qu'il se reculait après un bref et chaste baiser, deux bras laiteux se nouèrent à son cou lui coupant toute retraite et une bouche à peine rosée se posa avec exigence sur la sienne. Son sourire s'agrandit, et il répondit avec passion à la caresse buccale de son amant.

Embrasser Naruto, retrouver ce goût sucré délicieux... Oublier... Oublier contre ces lèvres et cette bouche toutes ces photos, et surtout la crainte qui lui nouait l'estomac... risques d'éviscérassion, d'infection, hémorragie, paralysie, risques que le bébé meure avant même d'être venu au monde... non... il ne voulait surtout pas y penser... Surtout ne pas s'imaginer à la place de ces femmes sur les images cauchemardesques qu'il avait eu sous les yeux.

~ oOo ~

Shikamaru étouffa un nouveau galère dans sa barbe, adossé contre l'un des troncs d'arbre du jardin. Il détourna son regard de la véranda où un Sasuke et un Naruto venaient d'échanger un baiser à l'initiative du brun. Toutefois, leur ami blond avait ensuite doucement dénoué les bras pâles de son cou, tournant le dos à l'Uchiwa qui venait de le poignarder d'un regard assassin. Non, décidément, Shikamaru ne voulait pas savoir ce qui pouvait bien se passer encore entre ces deux-là.

Sai atterrit souplement sur la branche où Neji était accroupi, l'air gêné. Et dire qu'Hinata n'arrêtait pas de le presser de questions sur Naruto à chaque fois qu'il rentrait dans la demeure des Hyuuga... Il ne savait plus quoi répondre à sa cousine, toujours aussi follement amoureuse du jinchuriki. Il irait bien d'ailleurs dire deux trois mots à Naruto à ce sujet, mais visiblement le blond avait à l'heure actuelle d'autres préoccupations bien plus prenantes.

A savoir, un Uchiwa qui lui collait aux basques et que leur présence ne gênait absolument pas alors qu'il tentait visiblement d'entraîner son colocataire attitré dans des échanges loin d'être innocents. Sai pencha la tête sur le coté, intrigué par la scène qui se déroulait très exactement sous leur nez.

- Pourquoi Naruto résiste-t-il ? Ils sont ensemble, non ? demanda innocemment le peintre.

Neji leva les yeux au ciel.

- J'en sais rien Sai et franchement, ce ne sont pas nos oignons, lâcha-t-il tout en tournant définitivement le dos au duo sous ses yeux, à savoir un Naruto interrompu en plein entraînement par un Sasuke ayant visiblement d'autres idées en tête.

- S'ils ne sont pas ensemble, pourquoi ils passent autant de temps à se faire du bouche à bouche, Sasuke n'a pourtant aucun symptôme de détresse respiratoire, si ?

Naruto n'en pouvait plus. Cela faisait une semaine qu'il avait fait l'amour avec Sasuke et il n'avait qu'une envie : recommencer. Mais voilà, il ne pouvait pas ! Pas après avoir vu son brun chéri et adoré boiter toute la journée du lendemain et souffrir le martyr à chaque fois qu'il tentait de s'asseoir. Il ne voulait pas lui faire mal ! Ni à lui, ni au bébé !

Alors il se retenait... Et ce n'était pas simple... Allez donc résister quand un Sasuke en mode câlin vient vous dévorer la bouche de la plus douce des façons. Il devait trouver quelque chose pour les occuper tous les deux, sinon ça allait très vite devenir intenable pour lui. Il eut alors l'idée que les sauverait tous les deux : décorer la chambre du bébé. Ce fut donc les bras pleins de magazines que Naruto s'assit dans son canapé, invitant l'amour de sa vie à donner son avis sur la question.

Commença alors un grand débat sur la couleur des murs, celle des rideaux, le choix des meubles et des accessoires. Naruto voulait du orange, Sasuke du bleu; le blond voulait des meubles peints avec des motifs enfantins, le brun des meubles en bois clair sans fioriture; le jinchuriki voulait de nombreux accessoires colorés, le porteur du sharingan en voulait peu et dans des couleurs neutres.

Les magazines volèrent devant les yeux noirs et bleus, des cris de protestations véhéments retentirent, chacune des deux parties défendant son point de vue avec ferveur, les arguments de l'un furent balayés par ceux de l'autre, les livres prêtés par Shizune subirent le même sort que les magazines, servant de support au plaidoyer de chacun des deux futurs parents, le débat se transformant en dispute puis en véritable guerre de tranchées, les deux adversaires campant sur leurs positions.

Quand l'heure du dîner arriva aucun compromis n'avait encore été trouvé, et la nuit était tombée depuis longtemps quand enfin ils se mirent d'accord sur la couleur des murs… et seulement ça. La conversation houleuse se poursuivit durant toute la soirée, puis leurs ablutions du soir et au lit jusqu'à ce que le sommeil ne mette un terme à leurs chamaillerie en les envoyant au pays des songes.

Le lendemain Naruto partit acheter les peintures sur lesquelles lui et son amour étaient tombés d'accord, laissant Sasuke seul à la maison. Profitant du fait d'être seul, le brun alla examiner la chambre, pour s'assurer que tout était prêt pour les travaux. A première vue la pièce était entièrement vide, mais en fouillant bien le jeune Uchiwa fit une découverte qu'il trouva fort intéressante. Un rictus machiavélique tordit sa bouche. Oui voilà qui lui serait bien utile, très utile même !

- Tadaima ! lança joyeusement le jinchuriki en revenant des courses.

Aucune réponse ne lui parvint, l'intrigant un peu. Où donc était passé son brun ? A peine eut-il mit un pied dans le salon qu'un sifflement se fit entendre, un fil ninja s'enroulant autour de ses chevilles. La peur lui vrilla les entrailles alors qu'il tombait lourdement au sol. Il était attaqué... Où était Sasuke ? Pourvu que rien ne lui soit arrivé...

Un poids lui tomba sur les fesses, l'immobilisant, ses mains furent relevées au-dessus de sa tête et liées entre elles autour du pied de la table basse à l'aide d'un autre fil. Affolé et très inquiet pour l'élu de son cœur, Naruto essaya de réfléchir à une solution pour se sortir de ce mauvais pas... et vite si possible !

- Qu'est-ce que vous voulez ? demanda-t-il d'une voix rageuse.

Un souffle léger effleura son oreille quand une voix grave qu'il reconnut immédiatement lui répondit :

- … Que tu arrêtes de me traiter comme une petite poupée fragile…

Il se sentit retourné sur le dos, tombant nez à nez avec son agresseur, fièrement juché sur lui et qui le dardait d'un regard empli de malice et d'envie, son kimono noir sublimant son teint laiteux. Sasuke... Le jinchuriki déglutit bruyamment. Là c'était sûr, il allait mourir !

Le futur père contempla sa victime, à présent totalement à sa merci. Il soupesa le kunai qu'il tenait dans sa main. Kamisama que c'était bon de pouvoir sentir le poids d'une arme entre ses doigts ! Il fit tournoyer la lame ninja dans les airs, la rattrapant avec dextérité. Un immense sentiment de supériorité et de puissance, de domination, courut dans ses veines alors que les deux perles bleues qui le fixaient s'étrécissaient, une lueur inquiète brillant au fond d'elles.

Avec une lenteur toute calculée, le porteur du sharingan posa la pointe métallique et effilée sur la joue marquée de trois cicatrices parallèles pareilles à des moustaches, appuyant jusqu'à percer l'épiderme fragile, faisant perler une goutte de sang sur la peau bronzée. La satisfaction qui l'envahi fut parfaitement visible sur son visage aux trait altiers, causant des sueurs froides à son prisonnier. Qu'est-ce que ce bâtard avait en tête ?

Le kunai caressa lentement sa pommette, appuyant jusqu'à laisser une fine marque rouge par endroits, puis descendit avec une nonchalance sadique le long de la mâchoire. Le rictus diabolique de son assaillant s'agrandit alors qu'il appuyait la pointe acérée sur sa jugulaire, en redessinant le tracé sur la gorge palpitante. Un sifflement douloureux s'échappa de ses lèvres serrées quand l'arme perfora sa peau au ras de l'encolure de ses vêtements.

Les iris bleus ne quittaient pas les orbes sombres de son oppresseur, le défiant muettement d'aller jusqu'au bout de ses actes. Sasuke oserait-il le tuer ? Là, maintenant ? Se serait-il trompé à ce point sur son compte, lui faisant trop confiance ? Comment avait-il trouvé ses armes ? Il les avait pourtant bien cachées, les mettant hors de portée du brun dés leur emménagement, peu enclin à prendre le moindre risque de se retrouver poignardé dans son sommeil.

Un bruit de tissus qui se déchire le sortit de ses pensées, écarquillant ses yeux quand il réalisa que cet enfoiré venait de tout bonnement découper son tee-shirt de haut en bas.

- Teme ! A quoi tu joues ! grinça-t-il.

Les yeux de Sasuke s'étrécirent comme ceux d'un chat, ne devenant que deux fentes.

- … Je viens prendre ce qui m'est dû et que tu me refuses depuis bien trop longtemps à mon goût... laissa platement tomber son tortionnaire.

Un violent frisson le traversa à l'entente de ces mots. Il vit le visage fin de celui qu'il n'était plus si sûr de pouvoir considérer comme son ami se pencher lentement vers lui, leurs bouches se frôlant un bref instant. Les lèvres fines dévièrent à la dernière seconde, glissant jusqu'au lobe d'une oreille tannée qu'une langue taquine vint lécher. Naruto se tendit sous la surprise, un léger ricanement moqueur résonnant au-dessus de lui.

Une lueur sadique au fond des yeux, Sasuke promena la pointe du kunai sur le torse du jinchuriki, écartant au passage les lambeaux de tissus qui le gênait. La peau caramel qu'il découvrit était vierge de toute cicatrice ou de toute marque quelconque. Rien ne venait briser la surface lisse de l'épiderme tanné par le soleil. Et maintenant, il savait pourquoi Naruto était aussi bronzé sous ses vêtements, ayant été le témoin de bon nombre de ses entraînements torse nu.

L'arme glissa sur son torse à présent dénudé, traçant des arabesques sinueuses sans logique. Un léger grognement douloureux lui échappa, la lame aiguisée gravant un sillon sanguinolent sur la surface athlétique de ses abdominaux. Immédiatement, le chakra de Kyuubi prit le relais comme toujours, un petit panache blanc et brumeux se dégageant de l'endroit touché alors qu'il était réparé. Il grinça des dents quand Sasuke recommença.

Curieux, le brun suivit la trace fumante du bout d'un doigt inquisiteur, sentant la douceur intacte de la peau caramel qu'il effleurait. C'était bien pratique finalement cette histoire de bijuu ! Il renouvela l'opération plusieurs fois, parsemant l'étendue dorée à sa merci de coupures disparates plus ou moins profondes, ici et là. La pulpe de son index repassa à chaque fois sur la cicatrice en cours de guérison, amusé par les volutes de fumée qui s'en échappaient.

Grimaçant, Naruto se tendit, sentant le froid du métal remonter jusqu'à son menton, l'obligeant à le relever pour faire face au visage fermé et impénétrable penché sur lui. Sa bouche fut envahie par sa jumelle dans un baiser exigeant et dominateur auquel il ne put que se soumettre, n'ayant pas d'autre choix. Un sentiment d'amertume le traversa, il allait mourir de la main de celui qu'il aimait plus que tout au monde, il en était certain. Il s'était bercé d'illusions, et Sasuke n'avait pas eu besoin de son Sharingan pour le berner. Après tout, le brun ne ferait que tenir sa promesse de vengeance, en l'éliminant le premier.

Sasuke se sépara de cette bouche si addictive et se redressa, ne quittant pas des yeux les orbes azurées qui vacillèrent, se noyant d'une profonde tristesse blessée. Il leva lentement son bras armé, prêt à frapper en plein cœur l'origine de tous ses tourments et de tous ses problèmes actuels, presque surpris de constater que son supplicié ne se débattait même pas, acceptant son sort. Ses doigts se resserrèrent sur le manche et le kunai fendit l'air, Naruto fermant les yeux à l'ultime seconde qui signait la fin de son existence.

Naruto déglutit, la lame s'abattit à quelques centimètres de son visage, pénétrant le plancher avec un fracas qui lui parut assourdissant. Il devait même avoir probablement perdu quelques cheveux dans l'histoire... Il se força à soulever ses paupières, partagé entre le soulagement et la colère. Il avait vraiment cru sa dernière heure arrivée sur ce coup là. Mais à quoi est-ce qu'il jouait ce Teme ?! C'était si amusant que ça de lui faire un coup tordu pareil ? S'il avait été cardiaque, il serait mort, à coup sûr !

Le visage satisfait penché à quelques centimètres de celui à qui il venait de faire la peur de sa vie, Sasuke arbora un sourire moqueur, adouci par la lueur de désir qui brillait au fond de ses orbes sombres.

- … Usuratonkachi … souffla-t-il avant de se redresser.

Le bout des doigts pâles et effilés se posèrent timidement sur l'épiderme doré, explorant cette contrée inconnue, se baladant comme des petites jambes sur le torse bruni de celui qui était à sa merci.

Les iris azurés fusillèrent son rival qui le dominait de toute sa hauteur, ne se rendant même pas compte des promeneurs sur lui. Cet enfoiré s'était foutu de sa gueule ! Et maintenant il faisait le fier, juché sur son perchoir ! Un glapissement surpris lui échappa, le tirant de ses réflexions irritées. C'était quoi ça encore ?! Là, juste à l'instant ! Sur... sur... son mamelon. La sensation déstabilisante se reproduisit à son plus grand déplaisir.

Sasuke s'amusa de la réaction qu'il soutira au blond étalé sous lui et ligoté comme un vulgaire genin sans défense. Il pinça une nouvelle fois le petit monticule de chair sombre entre ses doigts, satisfait de voir sa victime se cambrer et gronder sourdement sous sa manœuvre. Finalement, il n'était pas le seul à être sensible à cet endroit. Et il était ravi de le découvrir, même si ses gestes étaient très loin des attouchements tendres dont l'abreuvait Naruto quand il le caressait lui.

Les lèvres charnues furent mordillées à la sensation délicieuse que provoquèrent les caresses de moins en moins hésitantes et brutales de son soi disant bourreau. Son cœur accéléra sensiblement sa course quand la réalisation se fit dans son esprit. Sasuke, son Sasuke, était à califourchon sur lui et le touchait, le dévorant d'un regard gorgé d'envie. Les affleurements se firent plus prononcés, les mains pâles et fines se posant pleinement sur sa peau ambrée.

C'était doux, chaud et ferme sous ses paumes. Le jeune Uchiwa retint un sourire victorieux en entendant un soupir lascif franchir enfin la barrière des lèvres charnues de son prisonnier. Conquis, il revint cette fois câliner de concert les deux mamelons qui durcirent sous ses mains, provoquant un feulement érotique qui sembla résonner jusque dans son propre corps. Mû par une envie irrépressible, il se pencha pour embrasser la gorge offerte qu'il avait eu l'opportunité de trancher.

Un doux baiser sur la peau sensible de son cou, suivi d'un léger pincement lui soutira un sifflement douloureux. Le pincement s'accentua, et il ne pût retenir une petite plainte :

-Aïe !… Sas'ke... tu me fais mal...

Un doux ricanement s'écrasa contre sa gorge, un muscle humide venant lécher l'endroit précédemment maltraité, un frisson lui remontant tout le long de la colonne vertébrale.

Aiguillonné par la réaction de Naruto, il laissa sa bouche descendre sur le torse couleur caramel, goûtant littéralement l'épiderme qui le faisait inconsciemment penser à du pain d'épice, ne pouvant s'empêcher de mordiller de temps en temps la peau tendre, avant de la soulager d'un coup de langue taquin quand le jinchuriki geignait sous la petite pointe de souffrance qu'il lui infligeait. Finalement, il s'amusait beaucoup.

La bouche fine qui parcourait son torse déclencha des langues de feu sur son passage. Un grognement presque bestial roula dans sa poitrine. Kamisama ! Il ne savait pas ce qui était le meilleur... la bouche de Sasuke... la langue de Sasuke... les mains de Sasuke... Si seulement... si seulement il pouvait lui aussi le toucher ! Il tenta vainement de se libérer, agitant ses poignets dans leurs attaches. Il voulait tellement le toucher lui ausi !

Sasuke dégusta sa proie, appréciant la texture et les reliefs de ce corps sous ses doigts, sous ses lèvres, sous la pointe humide de sa langue. Quand il fut repus et sa curiosité comblée, il se redressa, marquant un temps d'hésitation quand à la marche qu'il allait suivre à présent. Il percevait parfaitement ce mont qui s'était peu à peu formé dans le pantalon du jinchuriki au fil de ce qu'il lui faisait subir. Seulement... seulement... là, c'était peut-être un petit peu trop pour lui...

Sentant son amour se redresser, Naruto rouvrit les yeux qu'il n'avait pas eu conscience d'avoir fermés, tombant sur le visage hésitant du brun et ses prunelles luisantes fixées sur son bas ventre, les mains fines posées à l'orée de la ceinture de son pantalon. Avec un soupir proche du gémissement, il murmura :

- Sas'ke...

L'interpellé releva la tête, montrant ainsi qu'il avait toute son attention.

- Relâches moi... Sas'ke...

Les orbes sombres devinrent plus fermes et décidés, les lèvres fines se firent sévères et boudeuses.

- … pas question... tu es très bien comme ça.

Le constat tomba comme un couperet cinglant. Pas question qu'il perde l'avantage. S'il le détachait, Kamisama seul savait ce que Naruto lui ferait. Et il n'était pas sûr du tout de pouvoir lui résister. Non, hors de question ! C'était très bien comme ça, il ne prendrait aucun risque. Et puis, il s'amusait bien trop.

Naruto retint un cri de frustration. Il voulait sentir la peau de son amant sur la sienne ! En désespoir de cause, il le supplia du regard et chuchota :

- … Alors... Laisses moi... au moins... voir ton corps... Sas'ke !

L'hésitation qu'il vit traverser les onyx brillants de son amour le poussa à accentuer sa demande avec son regard spécial chiot-en-détresse.

Sasuke laissa filtrer un petit soupir désabusé, se retenant à grand peine de lever les yeux au plafond. Kamisama, qu'il détestait quand Naruto avait cet air là... Il ne savait plus comment y résister, sans doute parce qu'il se sentait bien trop redevable envers son ami... Ses mains quittèrent définitivement le torse caramel. Se déshabiller, hein ? Ça, il savait faire... Il retrouva sans peine le nœud de son obi, plantant ses puits noirs emplis de défis dans ceux d'un bleu de plus en plus trouble au fur et à mesure qu'il défaisait la ceinture de tissu.

Oh oui, il voulait voir, ne serait-ce qu'entrapercevoir ce corps qu'il ne pouvait s'empêcher de désirer de plus en plus. Il passa nerveusement sa langue sur ses lèvres, ne perdant rien des gestes de celui qui savait si bien lui faire perdre la tête, soufflant le chaud et le froid en permanence. La large bande de tissu qui retenait le vêtement fermé fut défaite par des mains sûres et agiles, son brun revenu en terrain connu et ne doutant plus une seule seconde.

Il fut un instant tenté d'utiliser la ceinture de son kimono pour bander les yeux du blond qui le mangeait littéralement du regard, mais il abandonna l'idée, préférant goûter la sensation enivrante de ces deux billes bleues fixées sur lui. Les pans de l'habit traditionnel s'ouvrirent presque d'eux-mêmes, découvrant son abdomen arrondi et son torse. Lentement, très lentement, il abandonna le obi et posa sa main à la lisière de l'encolure qu'il fit peu à peu glisser sur l'une de ses épaules, hanté par ces pupilles brûlantes qui ne voyaient plus que lui.

C'était une vraie torture ! Voir cet homme si beau, à portée de main et ne pas pouvoir ne serait-ce que l'effleurer, c'était de la torture ! Naruto caressa de ses iris azurés la peau laiteuse, qu'il savait si douce, ne ratant rien du spectacle que lui offrait l'amour de sa vie. Il se mordit les lèvres, retenant un gémissement d'envie, tirant discrètement sur ses poignets. Si seulement il avait été plus attentif à l'académie, il y aurait longtemps qu'il aurait posé ses mains sur ce corps d'albâtre pour le vénérer comme il se devait.

Sa main fit descendre le tissu sombre, faisant apparaître une épaule puis le haut d'un bras jusqu'à ce que l'étoffe s'accumule au pli de son coude. Quand il en fut arrivé là, il répéta le même procédé avec son autre manche. Un léger, très léger, sourire de contentement joua sur ses lèvres fines. Si Naruto pouvait voir la tête qu'il faisait... Ses globes oculaires étaient à deux doigts de sortir de leurs orbites. C'était agréable de se sentir si voulu, si désiré, lui, pour ce qu'il était lui... pas pour le bébé, pas pour ses yeux ou autre chose, que pour lui-même, seulement pour lui-même et rien d'autre... Le kimono noir s'effondra finalement avec un bruissement léger autour de ses cuisses.

- Sas'ke...

Avait-il la moindre idée d'à quel point il était magnifique ? Probablement pas ! Mais lui n'en perdait pas une miette, dévorant des yeux l'éphèbe brun qui trônait toujours à califourchon sur son bassin, dans toute sa splendeur. Les mains pâles se posèrent doucement sur la gorge couleur de neige, et la seule chose que Naruto fut en état de penser c'était qu'il aurait tout donné pour devenir ces mains là !

Il eut parfaitement conscience que le regard de Naruto ne quittait plus ses mains. Pour la toute première fois de toute sa vie, il se sentait incroyablement... quoi au juste... désirable ? beau ? important ? précieux ? un peu de tout cela à la fois sans doute... Bravement, mais avec un tantinet de timidité, poussé par la curiosité et ce regard fiévreux, ses mains descendirent progressivement jusque sous ses pectoraux, s'arrêtant à la lisière de son abdomen rebondi.

Si Kamisama l'entendait, qu'il le libère maintenant ! Il voulait remplacer ces doigts fins qui parcouraient avec légèreté le torse laiteux par ses propres doigts, voire sa bouche ! Cette tentation était forte, cette pulsion était violente, tellement forcenée qu'il tira encore sur ses poignets, étouffant un grognement désireux. Un goût de sang se répandit dans sa bouche quand ses dents percèrent sa lèvre inférieure à la vue de la tête brune ployant légèrement vers l'arrière au moment où les mains pâles remontèrent et effleurèrent les mamelons rosés et si sensibles de son amour.

C'était... C'était étrange... La sensation était diffuse, pas aussi intense que quand c'était Naruto qui le touchait. Savoir que Naruto le regardait était excitant, mais se toucher lui-même ne lui apportait pas autant que quand les paumes chaudes et rugueuses le parcouraient, elles. Il revint ancrer son regard couleur de nuit dans les océans d'un bleu désireux, et manqua tomber en avant quand les hanches du jinchuriki ondulèrent sous les siennes, le prenant au dépourvu.

Oui, il en crevait d'envie, poser ses mains sur ce corps couleur de gypse à sa portée et pourtant inatteignable. La pression dans son bas ventre était à la limite du tolérable. Il sentait la chaleur dégagée par Sasuke à califourchon sur lui et ça commençait à le rendre fou. Ses reins roulèrent une fois encore d'eux-mêmes en signe de protestation, obligeant Sasuke à s'appuyer sur son torse alors que les deux puits noirs se plantaient dans les siens, la pointe d'une langue venant courir sur les lèvres fines.

- Sas'ke... J'en peux plus... J'ai envie... Tu es si...

Ses yeux se firent plus pénétrant sur le pauvre ère visiblement à bout. Il le savait d'ailleurs, il le sentait parfaitement qu'il n'en pouvait plus. Mais, si jamais ce crétin le laissait en plan, cette fois le kunai ne raterait pas sa cible ! Avec des mouvements secs, il le libéra enfin, presque déçu d'en arriver là. Mais... la bouche de Naruto lui manquait... et ses mains aussi...

Enfin ! Enfin il pouvait sentir sous ses paumes avides la douceur de cette peau de pêche ! Enfin il pouvait sentir la langue de son amant jouer avec la sienne et ses bras souples se refermer sur sa nuque ! Un grognement bestial sortit de sa gorge alors qu'il couvrait ce corps de dieu grec d'attentions brûlantes. Rapidement, l'une de ses paumes glissa sur un globe de chair ferme, le pressant d'une poigne possessive. Son Sasuke ! Oui, le sien ! Et il ne le partageait avec personne ! Son amant, son univers, son premier lien, celui qui l'avait sauvé des ténèbres vengeresses de son enfance !

Un soupir avide et satisfait lui échappa, mourant dans la bouche qu'il ravit avec flamme. Oui... Les sensations qu'il attendait tant s'écrasèrent sur lui avec violence sous les paumes couleur caramel. Comment était-ce possible... Ressentir tout ça... juste parce que Naruto le parcourait de ses mains, juste parce que sa bouche était sur la sienne. Une vague de désir et d'envie criante le secoua littéralement, le faisant frémir de la tête aux pieds quand il sentit cette main possessive agripper l'une de ses fesses. Non, il n'avait plus peur, il ne craignait plus ce qui allait se passer... Bien au contraire ! Parce que c'était Naruto... Naruto et aucun autre.

Un doigt inquisiteur se glissa jusqu'à cet endroit qu'il convoitait avec tant de force, appuyant sur la barrière frêle et fripée jusqu'à y pénétrer d'une phalange. Le sifflement d'inconfort qui s'écrasa sur ses lèvres ramena le blond à des considérations plus techniques, lui faisant réaliser l'absence de lubrifiant à portée de main. Et il n'était pas question d'aller jusqu'à la chambre pour en chercher... Maintenant qu'il était libre, il n'allait certainement pas le lâcher ! Faisant tourner ses neurones à plein régime, la solution s'imposa à lui. Décidément, à croire que lorsqu'il avait eu cette petite discussion fort instructive avec Iruka sur le "Comment on faisait", ce dernier avait anticipé beaucoup de problèmes.

Il se cambra, ses yeux se noyant immanquablement de larmes, surpris par l'intrusion cuisante et désagréable. Là, pour le coup, il avait vraiment mal ! Naruto se détacha de ses lèvres qu'il embrassa avec beaucoup plus de tendresse, comme pour s'excuser, refermant ses bras sur lui en un geste apaisant et rassurant. Voir le bleu des yeux fiévreux rester si limpide le rasséréna. Mais il fut intrigué quand son vis-à-vis enfourna ensuite trois de ses doigts dans sa bouche.

Une fois sûr que ses phalanges étaient largement humidifiées, Naruto les relâcha souriant malicieusement à son brun dubitatif et reprit les lèvres fines qui l'appelaient. Sa paume retrouva le chemin du fessier rond et ferme de son amant, son index se réintroduisant sans attendre dans l'intimité qu'il avait abandonné. Rassuré de sentir le premier doigt plonger plus aisément dans le puits chaud et serré, il n'hésita plus à poursuivre son avancée.

Un gémissement extatique lui échappa quand cette ondée si particulière le traversa. Son corps s'arqua instantanément en arrière alors qu'il s'accrochait désespérément à la nuque bronzée. Kamisama, cette sensation... Les lèvres charnues se posèrent sur sa gorge, alors qu'un bras ferme dans son dos l'empêchait de littéralement tomber à la renverse, noyé par ce qu'il ressentait. Les doigts de Naruto bougèrent encore, accentuant cette faim dévorante tout autant que ces vagues sauvages et sulfureuses qui montaient à l'assaut de tout son être.

Les plaintes voluptueuses qui résonnaient à ses oreilles étaient la plus douce des musiques. Il le voulait tellement ! Et sentir l'élu de son cœur frissonner de plaisir dans ses bras intensifiait cette envie ! Il le vit soudain se mordre violemment les lèvres et son regard ourlé de plaisir devint plus aigu. Les mains fines se détachèrent de son cou et son dos retrouva avec rudesse le plancher dont il s'était éloigné, se redressant un peu plus tôt pour mieux embrasser et caresser le corps d'albâtre.

Sasuke se tortilla sous les délicieuses sensations qui le parcouraient, mais il lutta. Ses paumes naviguèrent sur le torse caramel qu'il venait de plaquer au sol. Pas question qu'il soit le seul à gémir ! Et alors que les doigts chauds allaient et venaient en lui, il reprit possession du buste ambré, le couvrant de caresses et de baisers enflammés, insistant sur toutes les zones qu'il avait découvert sensibles à ses attouchements un peu plus tôt, notamment les deux monts de chair brune et la gorge tannée.

Des grognements lascifs firent vibrer ses cordes vocales, les mains fraîches naviguant sur lui et cette bouche qui dévorait et mordillait la peau sensible de son cou le rendaient fou. Sasuke... Sasuke le touchait, le caressait, le... Kamisama, il allait jouir avant même de l'avoir pénétré ! Il intensifia les mouvements de son poignet niché entre les fesses de son brun, appuyant sur ce petit nodule renflé autant qu'il le pouvait. Son brun se détacha enfin de son torse, se courbant en arrière, les hanches pâles ondulant sous ses gestes alors qu'une mélopée concupiscente et impudique s'élevait dans la pièce.

Une exclamation frustrée lui échappa quand les doigts chauds qui le martyrisaient si délicieusement quittèrent son intimité.

- Sas'ke...

Une main chaude se posa sur sa joue alors que sa jumelle caressait l'une de ses cuisse, pressant dessus. Ses yeux se noyèrent dans l'océan bleu teinté de désir, et sans échanger le moindre mot, il se souleva pour permettre à Naruto de défaire son pantalon, une langue voluptueuse et gourmande passant sur ses lèvres fines. Il en avait envie, tellement envie...

Rapidement, il étala sur son sexe le pré-sperme qui commençait à s'en écouler et le guida vers l'antre chaud et préparé. Son regard toujours plongé dans celui de Sasuke, Naruto roula des hanches, pénétrant peu à peu dans l'espace étroit et humide. Kamisama, que c'était bon ! Un grondement lubrique vibra dans sa gorge quand son brun abaissa doucement ses reins, venant de lui-même s'empaler sur lui avec un geignement mi-avide mi-éprouvé.

Il attira à lui la nuque bronzée, ravissant les lèvres charnues par un baiser exigeant alors qu'il l'accueillait enfin totalement en lui, la présence pulsante étirant son étroit passage. L'impression d'être rempli, d'être enfin comblé, lui soutira un soupir de bien-être languide qui disparut dans cette bouche sucrée qu'il adorait sentir contre la sienne. C'était si bon... si... Était-ce vraiment lui, là, à califourchon sur son meilleur ami, le membre dur de ce dernier le pénétrant de sa propre volonté ?

Naruto répondit avec passion à la caresse buccale de son amant, gémissant sourdement quand celui-ci roula des hanches, le prenant encore plus profondément en lui. Ses mains furent agrippées et leurs doigts s'entremêlèrent avec force. Les lèvres finement ourlées de l'amour de sa vie le quittèrent et une plainte lascive lui fit rouvrir les yeux. La vue du visage habituellement si impassible maintenant habité par la passion failli le faire jouir instantanément. Être aussi beau devrait être interdit !

Il prit appui sur les paumes moites qui soutenaient les siennes et souleva peu à peu ses reins qui coulissèrent sur le membre enfoui au creux de ses reins. Assurant sa prise sur les mains tannées, ses mouvements prirent peu à peu de l'ampleur, contrôlant lui-même l'ardeur et l'intensité de l'union de son corps avec celui de son blond. Ses dents croquaient de temps en temps sa lèvre inférieure, sa tête basculant en arrière. L'exercice était difficile tant les langues de feu qui le parcouraient étaient parfois si intenses qu'il en tremblait.

Voir celui qui comptait tant pour lui le chevaucher ainsi était le plus puissant des aphrodisiaques, l'image érotique qu'il avait sous les yeux dépassant de loin ses fantasmes les plus osés. Craignant que le corps pâle ne tombe en arrière, il replia ses genoux, offrant ainsi un appui au dos laiteux qui se cambrait sur son bassin. Le cri proche du miaulement qui franchi les lèvres fines et rougies des précédents baisers le fit frémir d'envie, le poussant à basculer ses hanches pour mieux venir à la rencontre de l'intimité qui convulsait de plus en plus intensément autour de son sexe durci.

Les ondulations des reins de Naruto, en parfait accord avec ses propres mouvements le poussèrent encore plus vite vers l'orgasme qu'il sentait définitivement poindre sans pouvoir l'éviter. Son membre était coincé entre son ventre proéminent et les abdominaux tendus, frottant dans cette prison de chair à chacun de leurs gestes conjugués, augmentant le plaisir qu'il prenait sans vergogne, pour une fois à peu près maître de la situation.

Les vagues brûlantes qui l'incendiaient noyaient son esprit, le poussant inexorablement vers l'extase. Il n'allait pas tenir beaucoup plus longtemps ! Pas alors que Sasuke, SON Sasuke, s'empalait sur son sexe avec une vigueur qu'il n'aurait jamais soupçonnée. Les ondées sulfureuses étaient beaucoup trop fortes, immergeant tout son être dans un maelström puissant et jouissif sur lequel il n'avait aucun contrôle.

- … Sas'keeee... Haann... Je... Je... Hmmm...

Perdu dans la tempête de sensations qui l'habitait, Sasuke n'entendit pas la tentative d'avertissement, trop égaré dans sa propre recherche d'atteinte de ce point culminant qu'il frôlait du bout des doigts. Il sentit inconsciemment le membre sur lequel il faisait coulisser son bassin à un rythme de plus en plus effréné gonfler et prendre plus d'ampleur. Un nouveau cri de plaisir lui échappa quand la chose turgescente rencontra brutalement ce point si particulier au creux de ses reins. A peine maître de lui-même, il se rengonça sous le même angle, s'arrachant une nouvelle plainte lubrique, sa jouissance devenant de plus en plus proche.

Il ne contrôlait plus rien, son corps était dirigé par cet être si désirable qui le bouleversait comme personne n'avait jamais été capable de le faire. Un cri animal lui déchira les cordes vocales quand l'orgasme le frappa de plein de fouet, balayant tout sur son passage, l'emportant pour de bon alors que son corps se tendait et se recroquevillait sous celui de son amour. Il sentit sa verge pulser violemment entre les parois moites et convulsives qui la retenaient prisonnière, alors qu'il se répandait en de longs jets libérateurs au plus profond de ce corps qui le possédait.

Il ouvrit brusquement les yeux, sentant avec une précision accrue la matière visqueuse baigner son intimité. La sensation étrange le fit se tendre, dévisageant la figure marquée de cicatrices pareilles à des moustaches basculer définitivement dans un plaisir intense. La fièvre dévorante qui l'habitait le consuma tout entier devant ce spectacle. Ses reins s'envolèrent dans une danse ultime sur la verge faiblissante et il tomba à son tour dans l'extase ultime avec une exclamation rauque, attisé par la vision érotique, son membre pressé et frictionné entre son ventre et celui de Naruto.

Le souffle court, le blond admira le visage aristocratique sur lequel se peignait la jouissance la plus pure. Kamisama, juste cette vision suffirait à dévergonder tous les moines bouddhistes du monde ! Il relâcha les mains fines qu'il tenait entre les siennes et se redressa pour cueillir la bouche à peine rosée de son amant qui se lova entre ses bras, épuisé. Il l'aimait tellement ! Un sourire tendre étira les coins de ses lèvres, en repensant à ce que celui-ci lui avait dit au moment où il l'avait attaqué. Non, il ne prendrait plus cet homme si fier et si fort pour une poupée fragile !

Il fondit littéralement entre les bras puissant qui l'entourèrent, flottant dans un océan ouaté et délectable, son corps se détendant totalement. Il mordilla l'épiderme cuivré à la porté de sa bouche à la base de la nuque contre laquelle il avait insidieusement glissé.

- … Si jamais tu te débines encore... je te tuerais pour de bon à la prochaine occasion... Usuratonkachi... souffla-t-il, encore haletant.

Oui, il le tuerait de ses propres mains s'il le fallait. Il ne supporterait plus cette frustration dévorante qui le tenaillait quand son corps lui réclamait le blond de cette manière si... Fichues hormones ! C'était de sa faute, alors il n'avait qu'à assumer !

~ oOo ~

Dans la future chambre du bébé, Naruto aidé par quelques clones peignait avec assiduité les murs avec les couleurs choisies en accord avec Sasuke. Le plancher sombre avait été protégé par une grande bâche en plastique maintenant parsemée de gouttelettes de peintures blanc crème et orange clair. Les blonds n'avaient pas été épargnés non plus, des tâches de peintures éclaboussant leurs cheveux, leurs visages et leurs tenues.

Appuyé sur le chambranle de la porte, les bras croisés sur le haut de son abdomen rebondi, Sasuke observa amusé le ballet de clones armés de pinceaux. Quatre Naruto par mur ! N'était-ce pas un peu trop ? L'avantage c'était que la chambre serait rapidement finie, dès ce soir ils pourraient voir ce que ça donnait. Bon, il restait encore les meubles à choisir, les accessoires et autres décorations... Et vu le mal qu'ils avaient eu à se mettre d'accord sur la couleur des murs, ils n'étaient pas près d'en voir le bout.

L'une des copie blonde engueula son jumeaux qui avait bien failli le faire tomber de l'escabeau où il était perché, l'accusé niant avec force, arguant que c'était l'autre qui le gênait. Les deux querelleurs furent rappelés à l'ordre par un reniflement dédaigneux de l'inspecteur des travaux finis : Sieur Uchiwa, enceinte jusqu'aux yeux. Ronchonnant que s'il avait quelque chose à redire, il pouvait toujours prendre un pinceau et le faire à leur place, il était certes enceinte mais pas manchot, les deux clones se remirent à l'ouvrage.

Quelques heures plus tard, le blond dissipa ses photocopies et admira le résultat de son dur labeur, d'un air satisfait. Les deux tiers supérieurs des murs étaient d'un blanc crème uniforme et lisse tirant légèrement sur le jaune pâle, alors que le tiers inférieur s'ornait d'un magnifique orange clair et lumineux. L'association des deux couleurs donnait un aspect chaleureux à la pièce encore vide. Fier de lui, il se retourna vers son brun qui arriva, attiré par le bruit caractéristique de la rupture du jutsu de multiplication.

Les orbes sombres se promenèrent sur les murs sans défaut. Oui, c'était bien comme ça : ni trop vif, ni trop terne. Un détail cependant le chiffonna et il en fit part à son esclave personnel.

- … Il faudra changer le parquet, il est trop sombre. Et il faudrait une frise pour habiller les murs.

L'assertion dite platement, tira un soupir découragé à Naruto qui pensa aux nombreuses heures de débats qu'il leur faudrait pour tomber d'accord, sans compter les heures, non les jours, de travaux supplémentaires pour lui. Cet enfoiré n'avait-il donc aucune pitié ?

Ce fut ainsi que les catalogues de décorations resurgirent sur la table basse, passant d'une paire de mains à l'autre, manquant régulièrement d'être déchirés par les empoignades furibondes dont ils étaient les victimes innocentes. L'équipe de surveillance dans le jardin se régala des nombreuses disputes, agrémentées de noms d'oiseaux variés. Des paris furent même ouverts entre les témoins involontaires de ces querelles pour savoir qui au final céderait le premier entre les deux ninjas les plus entêtés de la création.

Debout à côté de l'évier, Sasuke posa définitivement le couteau dont il se servait pour découper quelques légumes. Il le déposa fermement à côté de la planche en bois sans quoi il serait bien capable de trucider la tête de mule entêtée qui se tenait non loin de lui, les bras croisés sur son torse.

- … Uzumaki, ce sera amplement suffisant, maugréa-t-il tout en se pinçant l'arête du nez, son irritation affleurant par tous les pores de sa peau.

- Pourquoi ! C'est notre enfant, à toi et à moi. Uchiwa-Uzumaki, ce serait mieux, tempêta Naruto.

Ils avaient cette discussion houleuse depuis des heures, Sasuke restant sourd à tous ses arguments concernant le nom de famille que porterait leur bébé, visiblement réticent à lui donner le sien. Il soupira, sentant sa patience s'émousser. Grand Kamisama, pourquoi le brun refusait-il ce qu'il lui proposait et qui était parfaitement équitable pour eux deux ?

Pourquoi ce crétin tenait-il tant que ça à donner le nom des Uchiwa à cet enfant ? Avait-il seulement conscience du poids qu'avait ce nom ? En plus, il n'était même pas sûr d'être là pour le soulager un tant soit peu de ce fardeau. Réunissant toute sa patience, il entreprit de faire comprendre son point de vue à son ancien coéquipier.

- … Je suis un nukenin, au cas où tu l'aurais oublié. Tu es un héros, ton nom lui suffira amplement. Le mien ne serait qu'un poids sur ses épaules... Pense un peu à lui !

- Je ne suis pas d'accord. Oui, pour le moment tu es un nukenin, mais Tsunade fera bientôt inscrire le nom de ton frère sur la stèle des héros et ton statut de traître ne sera bientôt plus qu'un lointain souvenir. Je pense à lui justement et ce qui serait le mieux, c'est qu'il porte nos deux noms. Je ne veux pas qu'il soit privé d'une partie de son histoire ! Je ne veux pas qu'il découvre, comme moi, bien trop tard, quelles étaient ses origines. Il doit savoir qui sont ses parents ! s'exclama le jinchuriki avec flamme.

Sasuke se mordit les lèvres. Il comprenait parfaitement ce que voulait dire Naruto, et lui non plus n'aimait pas plus que ça l'idée de mentir, même par omission, à cet enfant. Mais... C'était pour son bien, non ? Pour qu'il ne soit pas rejeté comme un paria, pour qu'il ne connaisse pas la souffrance de ne pas avoir d'amis, pour qu'il ne soit pas admiré et convoité uniquement pour son patrimoine génétique et ses potentielles capacités. Être le descendant du héros du village, futur Hokage serait déjà un lourd fardeau, inutile d'en rajouter avec lui. Plantant un regard ferme et inflexible dans les yeux brûlants de son vis-à-vis, il déclara:

- … C'est non ! Il s'appellera Uzumaki, point final ! Tu ne me feras pas changer d'avis, pas sur ça !

L'être dur et intransigeant passa à côté de lui d'un pas lourd, se dirigeant vers la véranda. Naruto ferma les yeux sur ses pupilles azurées qui trahirent son désarroi et sa tristesse. Pourquoi Sasuke était-il aussi buté ? Il rendait parfois les choses si difficiles entre eux. Ravalant son énervement qui s'était transformé en une boule amère, il tenta de comprendre ce que le refus catégorique et l'obstination froide cachaient. Pourquoi celui qu'il aimait plus que tout était-il si opposé à l'idée que leur enfant porte leurs deux noms conjugués ?

Sasuke laissa l'air frais balayer son visage, son esprit s'apaisant peu à peu. Sa main caressa distraitement l'un des piliers qui soutenait la véranda. Oui, c'était le mieux pour leur enfant. Les pas de Naruto résonnèrent dans son dos, le faisant se tendre légèrement alors que son regard balayait le jardin où l'équipe de Tsunade veillait, pas vraiment cachée. Une exclamation contrite lui échappa alors qu'il portait une main fébrile à son abdomen rebondi, sentant un coup venir taper dans ses côtes. Décidément, tout le monde était contre lui aujourd'hui ou quoi ?

Naruto accourut, soutenant le futur père qui venait de se plier légèrement en deux, une expression fugace de souffrance sur ses traits, s'affolant, tous ses griefs définitivement oubliés.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? Tu as une contraction ?

Un regard noir lui répondit alors que le brun le repoussait légèrement en maugréant :

- … Quand tes deux neurones auront fini de faire chambre à part tu me le diras ! Il m'a juste tapé dans les côtes, baka !

Un sourire soulagé apparu sur le visage marqué de trois cicatrices parallèles pareilles à des moustaches. Avant même que Sasuke ait pu l'en empêcher, le blond s'agenouilla devant lui, posant ses paumes en coupe autour du ventre qui abritait leur bébé et commença à gronder le dit bébé, encore au stade fœtal.

- Il ne faut pas faire de mal à papa Suke ! Il est un peu grognon mais il est très gentil tu sais ! Alors il ne faut pas le frapper comme ça ! D'accord, bébé ?

Quoi ! C'était quoi ça ! Qu'est-ce qu'il lui faisait ce crétin là ? Énervé, le brun repoussa sans ménagement le jinchuriki qui le fixa d'un air hébété. Les poings sur les hanches, le futur père le fusilla d'un regard meurtrier avant de tourner les talons. Juste avant de disparaître dans la maison, il déclara d'une voix à faire frissonner la banquise :

- … Jamais... Tu m'entends ?! Jamais, je ne laisserai quiconque m'appeler par un surnom aussi ridicule que "papa Suke"! C'est clair !?

L'équipe de surveillance de la Godaime s'entre-regarda, tous au bord du fou rire. Kakashi cependant ne prit pas part à l'atmosphère de détente et d'hilarité générale, observant du coin de l'œil les arbres mouvant de son poste d'observation, accroupi sur le toit de tuiles vernissées. Les Anbus du conseil eux aussi n'avaient pas ratés une miette de l'échange... L'inquiétude le tarauda. Qu'est-ce que le couple de vieux conseillers préparait concernant l'avenir de l'Uchiwa et de cet enfant ? Il aurait payé cher pour le savoir... L'échéance de la naissance approchait, et avec elle l'agitation fantomatique des élites aux masques blancs dépêchés par le duo de vieillards pour surveiller le couple infernal.

Alors que la nuit étendait son sombre manteau sur le village caché de la feuille, une ombre quittait en toute discrétion un appartement faiblement éclairé. Agenouillés devant une table basse, Homura et Koharu réfléchissaient à ce qu'ils venaient d'apprendre de la bouche de l'un de leur Anbu. Homura brisa le silence, exprimant à voix haute ses réflexions :

- L'Uchiwa serait donc réticent à donner son nom à sa descendance. Il est assez intelligent pour anticiper les problèmes que cela pourrait causer à sa progéniture. Il nous faudra agir prudemment. S'il a anticipé ça, il peut aussi avoir pensé à d'autres choses.

Koharu approuva d'un signe de tête, un rictus tordant son visage en une expression calculatrice.

- Aussi intelligent et malin soit-il, il n'en reste pas moins fortement diminué à l'heure actuelle. Et l'Uzumaki est bien plus facile à amadouer que lui. Fais confiance à notre plan, ça marchera à la perfection !

Le vieil homme posa un regard calme et confiant sur sa complice. Oui, leur plan se déroulerait parfaitement bien, et ni l'Uchiwa, ni la Godaime, ni son équipe ne verraient le coup venir.

To be Continued...


Commentaires des auteurs :

Bravo Lili, tu as pondue des paragraphes de lemon avec brio et rapidité !

Merci Yzan ! Mais avec un maître tel que toi, je ne pouvais que m'améliorer.

On espère que cette fois, on vous aura fait un peu plus saliver, en tout cas nous, cette petite scène nous a beaucoup plu et inspirée.


Bureau des plaintes et réclamations des personnages martyrisés :

Naru arrive en courant, poursuivi par un Sasu armé d'un chidori crépitant.

- Tu as caché tes armes dans la chambre du bébé ! Tu es inconscient ou quoi !

- Je suis désolé Sasu ! Promis je recommencerai plus !

- J'en ai marre de tes idées à la con ! Et puis tu n'as pas la moindre idée de la frustration que ces deux folles m'ont fait ressentir ! Tout ça parce que tu étais trop lâche pour t'occuper de moi, moi qui suis le Uke en plus dans cette histoire ! Viens ici, tu vas me le payer !

Les deux folles en question regardent la scène en se bâfrant de chocolat et prennent les paris, sous l'œil désespéré d'Itachi.

- Vous en avez pas assez de martyriser mon petit frère ?

- Jamais ! répondent les deux jeunes femmes à l'unisson, avec un grand sourire et des étoiles pleins les yeux. Et puis quoi, il est bien ce lemon, non ? Pour une fois, c'est ton petit frère chéri qui a le dessus. Tu es jaloux ? Parce que bon, on peut t'arranger ça, mais dans une autre fic. On es sûre qu'entre les mains de Naruto tu serais pas mal aussi...

Kushina et Minato soupirent devant le spectacle. Compatissant, le blond pose une main encourageante sur l'épaule de sa femme.

- Dis toi qu'il a suivi tes conseils ! Il s'est choisi une "femme" à sa hauteur !

- Sniff ! Oui ! La première fois que j'ai vue Sasu je l'ai prit pour une fille, alors bon... ça passe.

Le couple se tourne vers les lecteurs et s'adresse à eux:

- Soutenez Naru ! Reviewez !


Rendez-vous au prochain chapitre, chapitre 17 : Glissement de terrain.

Sasuke avance toujours, de moins en moins certain. Tout peut s'effondrer sous ses pieds et cette route disparaître. Mais sa quête est-elle bien toujours la même ?