Avertissement : Présence d'un lemon dans ce chapitre. Comme d'habitude il est indiqué par les premiers et les derniers mots en gras.

Bonne lecture.

Yzan et Lili.

PS : Suite à une vie IRL surchargée ce chapitre n'est pas bétacorrigé. Nous espérons qu'il ne reste pas de fautes trop énormes, et nous ne vous en voudrons pas si vous en signalez


~Chemins de traverses.~

Chapitre 18 : Repartir du bon pied.

Sasuke s'installa sous la véranda, sa couette colorée l'enveloppant et remontant jusque sur son ventre. L'air frais et les rayons du soleil qui balayèrent son visage lui firent du bien. Il laissa pendre ses jambes par dessus le rebord de bois, ses pieds nus effleurant les touffes d'herbe verte du jardin. Le cauchemars qui l'avait hanté la nuit passée lui revint en mémoire, le faisant frissonner.

Il avait soif, mais l'idée de lutter avec son corps pour se relever et aller dans la cuisine le fatigua d'avance. Si Naruto avait été là, il n'aurait eu qu'à énoncer ce qu'il voulait et Naruto aurait... Un soupir douloureux lui échappa. Il n'avait plus le blond qui tournoyait sans cesse autour de lui, lui collant aux basques, l'entourant d'attentions, anticipant même ses désirs ou y répondant avec un entrain disproportionné et son sourire éclatant...

Il l'avait blessé, il lui avait fait beaucoup de mal en lui jetant toutes ces choses à la figure. Mais même si ses mots avaient dépassés sa pensée, il y avait un fond de vérité dans chaque parole qu'il avait dites. Il tritura entre ses doigts un bord de l'édredon qui le recouvrait, son regard se perdant dans les arbustes du jardin. Il était fatigué, si fatigué, de tout ça... Un coup bien senti le fit grimacer et il posa une main presque hésitante sur son ventre proéminent.

Ses yeux devinrent humides alors qu'il les baissait sur cette colline de chair qui disparaissait sous la couette et le tissu du kimono couleur chocolat. Une vague de désespoir l'envahit. Qu'est-ce qu'il allait faire ? Qu'est-ce qu'il allait devenir ? Il allait mettre au monde un bébé, lui... il allait donner naissance à un petit être, leur enfant, à lui et à Naruto... Ses lèvres se pincèrent, tremblantes. Il n'était pas prêt... Il n'avait jamais envisagé perpétuer ses gênes... Et dans deux mois, deux petits mois... Kamisama... Il n'était pas fait pour tout ça.

Une voix calme et posée ramena son attention à ce qu'il se passait autour de lui. Néji était là, debout, ses grands orbes nacrés fixés sur lui. Il ne l'avait même pas entendu arriver, il ne l'avait pas même senti alors qu'il était à quelques centimètres à peine. Il regarda sans comprendre la main tendue que le Hyuuga agitait sous son nez.

- Viens, tu vas finir par attraper froid si tu restes trop longtemps dehors.

Dans un état second, il saisit la main tendue et se releva avec difficultés, emboîtant le pas au jeune homme qui le précéda dans la maison. Par pur automatisme, il se dirigea vers le salon et s'installa dans son canapé, se pelotonnant contre l'accoudoir confortable, ramenant ses jambes sous lui. Néji apporta une théière accompagnée de deux tasses et lui en mit une toute fumante d'autorité entre les mains avant de s'asseoir en face de lui.

- Ça va aller ? Tu as l'air épuisé, commenta simplement le ninja.

-... Hn...

Sasuke souffla sur le breuvage qui réchauffa ses doigts, se perdant dans la contemplation du mug qu'il tenait entre ses mains.

- Tu devrais parler avec Naruto, reprit Néji.

Le futur père jeta un coup d'œil au membre de l'équipe de surveillance, buvant finalement une petite gorgée du thé avec application. Un soupir contrarié lui échappa.

- … et pour lui dire quoi... que je suis désolé ? lança-t-il finalement.

- C'est un bon début, oui, rétorqua l'héritier du Byakugan sur un ton tranquille.

Sasuke médita les paroles pleines de calme et d'assurance. Qu'il aurait aimé paraître et être aussi apaisé.

- Naruto est vraiment quelqu'un de bien, tu sais. Tu ne mesures pas la chance que tu as de l'avoir à tes côtés et de compter autant pour lui. Je connais beaucoup de personnes qui feraient n'importe quoi pour être à ta place, poursuivit Néji.

- … Je la leur cède avec plaisir ! s'exclama-t-il, piqué au vif.

- Ne dis pas n'importe quoi. Je vous observe depuis assez longtemps pour savoir que ce n'est pas vrai.

Sasuke se mordilla les lèvres, embarrassé et mal à l'aise.

- Je ne te connais pas très bien mais je suis certain que tu ne ferais pas toutes ces... choses... avec Naruto, si tu n'éprouvais rien pour lui. Tu n'es vraiment pas du genre à te laisser approcher par n'importe qui. Tu ne t'en rends sans doute pas compte, mais quand il est là, tu es différent.

Le futur père plongea dans le regard couleur de neige et détourna la tête.

- … C'est à cause de ce qui m'arrive... ces hormones et tout le reste... bougonna-t-il.

Le ninja esquissa un sourire.

- Je trouve qu'elles ont plutôt bon dos tes hormones. Dans ce cas, ça voudrait dire que tu serais prêt à embrasser quelqu'un d'autre que lui ?

- … Ça va pas ? Bien sûr que non ! se récria le brun, sans même se rendre compte que sa réaction outrée valait plus que mille mots.

Le sourire de l'héritier du Byakugan se fit plus persistant.

- Parles lui, Sasuke. Vous allez bientôt devenir des parents, et tu ne sais plus où tu en es... Alors parles lui. Tu peux lui faire confiance, Naruto est quelqu'un sur qui tu peux compter. Il ne te ferait jamais de mal, surtout pas à toi. Il t'aime.

Sasuke ferma les yeux. Oui, il savait que Naruto l'aimait. Il le lui avait dit, il le lui avait prouvé à maintes reprise...

- Je ne sais pas de quoi tu as peur, mais parles lui. C'est le seul capable de te soutenir, et c'est le père de ton enfant. Et quoi que tu en dises, tu as besoin de lui. Il compte pour toi bien plus que ce que tu ne veux bien l'admettre.

Le futur père déglutit. Son regard perdu sur la tasse qu'il tenait, la tasse que Naruto lui avait offerte, tout comme la précédente. Néji était parti depuis longtemps quand il se rendit enfin compte de l'absence du ninja.

Naruto marchait d'un pas plus léger sur le chemin du retour vers la maison. Il était plus serein et moins bouleversé. D'accord Sasuke lui avait fait de la peine, une peine immense même, mais il n'allait pas se laisser abattre, ou alors il ne s'appelait plus Naruto ! Ils étaient coincés ensemble tous les deux jusqu'à la naissance du bébé alors il allait bien falloir qu'ils cohabitent, d'une manière ou d'une autre. Et si Sasuke décidait de partir après la naissance, et bien, il partirait.

Aimer une personne c'était aussi savoir quand lâcher prise. Sasuke n'était visiblement pas prêt à laisser tomber sa vengeance et il ne voulait pas s'investir dans ce projet de famille et d'enfant. Il ne voulait de toute façon pas de lui tout court dans sa vie. Alors aussi dur que cela soit, il fallait qu'il le laisse vivre sa vie, suivre sa voie comme il l'entendait. Il ne pourrait pas le changer. Il avait essayé de le convaincre mais ça n'avait pas marché. Lui il l'aimait, mais l'Uchiwa ne partageait pas ses sentiments... Et rien de ce qu'il pourrait dire ou faire ne lui donnerait le cœur de Sasuke.

Fort de ses nouvelles résolutions, il salua Kakashi sur son passage, un sourire un peu moins lumineux qu'à l'accoutumée sur les lèvres, mais un sourire tout de même. Il passa le pas de la porte de la maisonnette et se déchaussa dans l'entrée. Du bruit dans la cuisine l'attira immédiatement dans cette direction. Comment allait-il être aujourd'hui ? Agréable ? Énervé ? Hargneux ? Quoi qu'il en soit, il serait là. Si Sasuke avait besoin de lui, il serait toujours là.

Il trouva le brun, les traits tirés, en train de faire bouillir de l'eau. Les yeux noirs se tournèrent immédiatement vers lui quand il entra dans la pièce. Les orbes sombres étaient abattus et emplis de regrets. Son attention détournée, le jeune Uchiwa ne prit pas garde et se brûla la main en voulant attraper la casserole.

- Ah !

Naruto grinça des dents, s'obligeant à rester immobile. Il n'interviendrait pas. Il ne devait pas intervenir. Sasuke ne voulait pas de lui, il n'avait pas besoin de lui. Il devait le laisser se débrouiller tout seul. Une grimace de souffrance habita le visage aristocratique alors que la main blessée était plongée avec rapidité sous le robinet d'eau froide.

- Qu'est-ce que tu fais ? finit par demander le jinchuriki, observant d'un œil interrogatif les préparatifs qui s'étalaient un peu partout dans la cuisine.

- … des ramen... des ramen fait maison... souffla Sasuke, sentant ses joues devenir cramoisies.

Pourquoi se mettait-il à rougir tout à coup ? Il devait faire amende honorable envers Naruto, et il n'y avait pas de quoi fouetter un chat, n'est-ce pas ? Il lui dirait qu'il était désolé, il avait bien réussi hier soir, non ? Et tout rentrerait dans l'ordre... Voilà tout ! Sauf si... Sauf si Naruto ne lui pardonnait pas malgré tout... Et le blond aurait tout à fait le droit de continuer à lui en vouloir...

Décidément, tout allait de travers. Il s'était coupé plusieurs fois les doigts en taillant les légumes et maintenant il se brûlait avec la casserole. Naruto croisa ses bras sur son torse.

- Je croyais que tu détestais les ramen, que tu n'en supportais même pas l'odeur, dit le blond.

- … Ce n'est pas pour moi. C'est... C'est pour toi... dit Sasuke, tout en retournant bon an mal an à ses préparatifs.

- Pour moi ? s'exclama le jinchuriki, dubitatif.

- … Hn... Je... pour hier... je... Aie ! Ah !

Voilà, il le savait, il était maudit ! Juste au moment où il versait l'eau bouillante dans sa préparation maison, un coup dans ses côtes le surprit, le faisant grimacer de douleur et dévier sa main qui bien sûr éclaboussa l'autre. Mais pourquoi Kamisama lui en voulait-il autant ? Il lâcha précipitamment la casserole, portant une main à son flanc endolori et se précipitant pour plonger l'autre sous l'eau froide du robinet.

La scène était vraiment comique à voir, soutirant un sourire amusé à Naruto qui se détendit.

- Ça va aller ? finit-il par demander.

Un profond soupir lui répondit avant que les lèvres fines ne se tordent sensiblement dans le profil aristocratique fatigué. Le brun secoua silencieusement la tête, cherchant visiblement à retrouver une contenance.

- … Non... non, ça ne va pas... je n'arrive à rien aujourd'hui... et le bébé n'arrête pas de bouger et de me donner des coups...

Sasuke se massa le flanc une dernière fois avant de couper l'eau du robinet qui coulait toujours sur sa main blessée. Le regard de Naruto s'adoucit, sensible à la détresse qui perçait dans la voix plate et atone. Le futur père se retourna vers lui et croisa son regard avant de détourner la tête. Les mains fines vinrent s'accrocher aux avant bras recouvert de tissu brun foncé.

- Je... Je suis désolé... pour ce que je t'ai dit... hier... finit-il par lâcher, conscient des yeux bleus posés sur lui.

Naruto garda le silence. Un Sasuke Uchiwa qui lui faisait des excuses alors qu'il était réveillé, voilà qui n'était pas banal. Et il avait même fait l'effort d'essayer de lui préparer des ramen, des ramen faites maison. Son cœur battit un peu plus fort. Est-ce qu'espérer était permis ? Est-ce qu'il pouvait lui pardonner ? Il se gratta l'arrière du crâne, ennuyé.

- Sas'ke...

Entendre son prénom et voir enfin ce regard si bleu redevenir si tendre le noya d'une vague irrépressible de sentiments bizarres. Il serra les dents, sentant ses yeux redevenir humides.

- … Je suis désolé... se borna-t-il à répéter, se raccrochant à cette idée.

- Vraiment ?

- … Hn... Ouh ! Mais c'est pas vrai ! Il a pas fini de me prendre pour un punching-ball celui là !

Grimaçant et portant ses mains à son ventre douloureux, Sasuke failli perdre l'équilibre, la fatigue de sa nuit presque blanche se faisant ressentir. Naruto vint finalement à sa rescousse, passant un bras dans le bas de ses reins cambrés par le poids du fœtus. Le futur père se raccrocha à la main bronzée qu'il lui tendait et se laissa guider vers le canapé où Naruto l'aida à s'installer confortablement. Alors que le jeune Uchiwa pensait que le blond s'assiérait à ses côtés, le jinchuriki s'éloigna de lui.

Une main pâle se crispa sur le bas de sa veste, l'empêchant de faire un pas de plus dans la direction opposée à celui qu'il venait de caler sur le sofa de couleur crème. Surpris, il se retourna vers le porteur du sharingan qui baissa la tête, masquant son regard derrière ses mèches noires.

- … reste... murmura ce dernier d'une voix fantomatique.

- Je croyais que tu en avais marre de moi, rétorqua Naruto, à la demande qui fut finalement appuyée par des orbes sombres incertains levés vers lui.

- … s'il te plaît... Naruto... reprit Sasuke, le ton de ses paroles mourant dans un souffle.

Le shinobi à la chevelure dorée marqua un temps d'hésitation avant de soupirer profondément. Il fit un pas vers le canapé puis un autre.

Il s'assit à côté du brun, laissant toutefois un peu de distance entre eux, son regard détaillant le profil altier aux pommettes effilées.

- Ah !

Une grimace douloureuse fleurit sur les traits tirés et une main pâle se posa sur le côté du ventre rebondi. Naruto sentit toutes ses belles résolutions de garder ses distances avec Sasuke, pour ne pas trop souffrir quand le moment serait venu pour lui de repartir, fondre comme neige au soleil.

Il finit par tendre les bras vers son brun. Oui, il était fâché après lui et il lui en voulait encore. Mais il l'aimait aussi, et il ne supportait pas de le voir souffrir. Il récupéra le corps délié à la taille épaissie contre lui, l'accueillant sur son torse, refermant ses bras sur le brun. Ses mains bronzées se posèrent sur le ventre rebondi qu'elles se mirent à caresser doucement pour soulager les maux du futur père.

Sasuke se détendit. Miraculeusement, le petit diable qui s'ingéniait à le faire souffrir depuis l'intérieur de son abdomen sembla s'apaiser. Il posa une main hésitante sur le dos de celle tannée qui naviguait sur le mont qui renfermait leur bébé.

- … Je suis désolé... vraiment... souffla-t-il.

- Tu m'as fait beaucoup de peine, tu sais.

Sasuke ferma les yeux, l'odeur fraîche et épicée si particulière du jinchuriki emplit ses narines, agissant comme un véritable baume sur son mal être.

- … je sais...

Une main douce passa dans ses cheveux noirs.

- Je ne pensais pas que mon attitude te pesait autant. Je veux juste t'aider.

- … C'est pas ça... J'étais en colère... Je... Je sais plus où j'en suis avec tout ça et... et tout tourne autour du bébé à longueur de journée... Je me suis sentis piégé... Et puis, avec mes hormones, ça a dégénéré...

Naruto ne répondit pas et resserra son étreinte sur le corps lové sur son torse. Un léger soupir effleura la peau de son cou.

Ses mains fines se raccrochèrent aux bras puissants enroulés autour de lui.

- … J'ai peur...

Son aveu ne fut qu'un murmure évanescent à peine audible qui fut toutefois parfaitement entendu par son sauveur, qui était aussi son chevalier servant.

- … J'étais prêt à mourir, je n'ai jamais pensé qu'un jour j'aurai un enfant... Et surtout pas avec toi... ni que je le porterai...

- … Qu'est-ce qui va se passer maintenant... souffla-t-il.

- Ce bébé va naître, c'est la seule chose que je sais. Le reste ne dépend que de toi... Je t'ai déjà dit ce que j'en pensais... Mais... Mais... Si tu veux partir... Pas parce que tu as peur, mais parce que c'est vraiment ce que tu veux faire... alors... Je te laisserai partir... Même si je ne suis pas sûr de m'en remettre... Je respecterai ta décision... répondit sur le même ton Naruto.

Une larme glissa sur la joue pâle, alors que le futur père enfouissait son visage plus profondément dans le cou bronzé.

- … Pourquoi ? hoqueta-t-il doucement.

Les bras puissants se resserrèrent autour de lui, le souffle chaud du blond venant s'écraser dans sa nuque alors qu'il répondait :

- Parce que je t'aime... et je ne veux que ton bonheur...

- … Vraiment ? souffla Sasuke, s'accrochant au tissu orange et noir de la veste qui crissa sous ses doigts.

Naruto caressa le dos creusé avant de rétorquer sans la moindre hésitation.

- Oui.

- … Je suis désolé... reprit le brun, s'accrochant plus fermement encore alors que de nouvelles perles salées dévalaient ses pommettes.

Il se recroquevilla inconsciemment le plus possible entre les bras protecteurs et apaisant.

- Je sais, reprit le jinchuriki de son ton le plus rassurant.

-... Pardonne moi... Naruto...

Le ton implorant de son brun qui mouillait son cou de larmes silencieuses lui serra le cœur. Lui pardonner ? La question ne se posait même pas, il lui avait pardonné avant même qu'il ait fini sa tirade meurtrière. C'était à lui-même qu'il en voulait. Mais ça... Sasuke n'était pas obligé de le savoir, si ?

Ils restèrent ainsi plusieurs minutes, le temps pour l'un et l'autre de se reprendre et d'apprécier l'intimité retrouvée. Sasuke fut le premier à bouger, relevant un peu la tête pour poser ses yeux rougis sur le visage aimant de son blond. Il posa une main sur une joue marquée de trois cicatrices parallèles pareilles à des moustaches.

-... J'ai raté les ramen...

- C'est pas grave. Tu m'en referas, dit Naruto avec un sourire.

Soucieux de changer les idées de son brun qui visiblement n'en pouvait plus d'entendre parler d'accouchement, Naruto envoya un clone prévenir Shizune qu'aujourd'hui ils allaient faire une petite pause. Il ne voulait pas risquer une nouvelle crise, même s'il n'y avait plus grand chose à détruire dans leur chambre. Ce fut le soleil radieux qui baignait le jardin qui lui fournit l'inspiration pour occuper un Sasuke qui avait grand besoin de distraction.

Naruto entraîna le porteur du sharingan, un peu ragaillardi, dans le jardin. Avisant le toit de la maison d'où la vue était imprenable sur le village et le mont Hokage, l'intrépide ninja décida que c'était décidément la meilleure idée qu'il ait jamais eu. Abandonnant un Sasuke dubitatif, il sauta sur le toit et s'y pencha à plat ventre.

- Allez grimpe, Sas'ke !

L'Uchiwa leva les yeux vers le visage et la main tendue vers lui.

- … Et comment tu veux que je fasse ça, baka !

Neji atterrit souplement à côté du brun, soulagé de voir que visiblement les choses étaient enfin rentrées dans l'ordre entre ces deux là.

- Attends, je vais te faire la courte échelle... proposa-t-il, compatissant.

Yamato et Sai observèrent, dubitatifs, les essais infructueux du duo pour faire monter un Sasuke de plus en plus réticent sur le toit de la maison. La situation était pour le moins cocasse. Ils perçurent de loin les paroles assourdies de Neji qui se rendait compte que le futur père était bien plus lourd qu'il n'en avait l'air et les réponses outrées et glaciales d'un Sasuke en fort mauvaise posture. Yamato souffla dans sa barbe, décidant qu'il était plus que temps qu'il apporte son aide au trio fort mal parti dans son entreprise relativement périlleuse.

Arrivant à côté des deux bruns, il fit signe au porteur du Byakugan d'arrêter de s'efforcer en vain et de le laisser faire. En quelques signes précis, un escalier de bois sortit de terre, offrant enfin un accès au toit en toute facilité et sécurité pour un Uchiwa enceinte jusqu'aux yeux. Sasuke emprunta l'escalier finement sculpté en colimaçon qui s'élevait dans les airs, remerciant d'un regard le junin qui était venu à son secours. Il atterrit dans les bras de Naruto qui rigola, gentiment moqueur, à son oreille.

Le brun fit la moue, un brin boudeur, mais soulagé d'entendre à nouveau le rire du jinchuriki. Naruto lui prit ensuite la main et le guida sur les tuiles vernissées, s'assurant que Sasuke ne glisse pas puisqu'il était dans l'incapacité de malaxer son chakra et donc d'en recouvrir la plante de ses pieds pour adhérer à la surface luisante. Ils s'installèrent à la pointe du toit, le jeune Uchiwa installé confortablement sur le blond.

La vue sur tout le village était imprenable, le mont Hokage se dressant non loin, les cinq visages de pierre veillant sur lui. Sasuke apprécia la vue, le léger vent qui balayait son visage et la morsure des rayons du soleil sur sa peau. Voir autre chose que la maison et le jardin lui fit du bien. Il ne s'était pas rendu compte d'à quel point l'environnement réduit dans lequel il évoluait en vase clos depuis quelques mois lui avait pesé.

Les toitures de toutes les couleurs formaient un patchwork coloré. Il respira l'air à plein poumons, son regard naviguant d'un bâtiment à l'autre. Il en reconnaissait certains, d'autres par contre avaient changés comparé à ses souvenirs. Il posa légèrement ses mains sur celles de Naruto qui le ceinturait doucement, posées sur son ventre et s'appuya plus confortablement contre le torse dans son dos. Un clone du blond fit soudainement son apparition, attirant son attention.

La photocopie disparu dans un nuage de fumée après avoir déposé à côté d'eux deux sac en papier blancs. Sasuke leva la tête vers le ninja le plus imprévisible de Konoha qui lui fit un grand sourire.

- Avec tout ça, on a pas mangé. Des takoyaki, ça te tente ? expliqua-t-il au regard interrogatif.

- … Hn...

Sasuke s'installa à côté du blond pour manger, en profitant pour l'interroger sur les bâtisses du village qu'il ne reconnaissait pas. Naruto le renseigna avec bonhomie et force d'anecdotes. Après tout, depuis le départ du brun, la cité avait été reconstruite pas moins de deux fois déjà. Leur conversation dériva d'un sujet anodin à un autre, le soleil du milieu du jour écrasant ses rayons sur la toiture calme et tranquille.

C'était la première fois qu'ils discutaient vraiment, enfin c'était surtout lui qui faisait la conversation, Sasuke se contentant de l'écouter ou de lui poser quelques questions de temps en temps. Naruto fut soulagé de voir que le porteur de leur bébé paraissait serein et tranquille et goûtait vraiment ce moment entre eux deux. C'était vrai que depuis qu'il était revenu, tout tournait autour de cet enfant à venir. Il se surprit à contempler le profil de statut grecque, son cœur se gorgeant d'amour. Kamisama qu'il l'aimait...

- … Au fait, est-ce que vous avez réussi à savoir ce qu'il y avait sous le masque de Kakashi ? demanda soudain Sasuke, se souvenant de leurs essais infructueux bien des années en arrière, alors qu'ils n'étaient encore que des genins débutants.

Naruto éclata de rire au souvenir de leurs tentatives qui s'étaient toutes soldées par des échecs.

- Je crois que seul Iruka connaît la réponse, et ça m'étonnerait beaucoup qu'il vende la mèche ! répondit-il tout sourire.

Le brun fronça les sourcils, et tourna la tête pour mieux voir le visage du blond derrière lui.

-... Tu m'as dit les avoir surpris en train de s'embrasser. Il n'embrasse quand même pas Iruka avec son masque, si ?

Les yeux bleus s'écarquillèrent de surprise, avant qu'un léger rire ne secoue le blond.

- Non, je ne crois pas. Mais en fait j'étais tellement surpris de les voir comme ça que du coup je n'ai pas fait attention à ce détail.

-... Tsss... Usuratonkachi ! lança le porteur du sharingan.

Amusé par la lueur de déception qu'il avait entr'aperçu dans les yeux noirs, le ninja le plus imprévisible de Konoha frotta son nez contre une joue pâle et ricana :

- Si tu veux on peux refaire une opération commando...

-... Tu crois qu'Iruka pourrait nous aider ?

Naruto éclata franchement de rire. Sasuke avait toujours été curieux, et cela le rassurait de voir que ça n'avait pas changé.

Le silence s'installa peu à peu entre eux. L'héritier du clan décimé délaissa les plats presque vides et reprit son observation de l'horizon, portant son regard aussi loin que possible. Naruto frotta doucement ses épaules, ramenant les yeux noirs sur lui. Sasuke pencha sa tête sur le côté, laissant son esprit dériver alors qu'il posait inconsciemment un bras sur son ventre. Le blond le rapprocha de lui et cala plus encore le jeune Uchiwa contre son torse, celui-ci posant sa joue sur l'épaule orange et noire à sa portée.

-... Il va falloir qu'on lui trouve un prénom... souffla le brun.

- Oui. Deux en fait. Un de fille et un de garçon. Qu'est-ce que tu préférerais avoir toi ? Une fille ou un garçon ? répondit le jinchuriki du tac au tac, étonné que Sasuke ramène de lui-même le sujet de leur enfant sur le tapis.

- ... j'aimerai mieux que ce soit un garçon...

- Moi, une fille ça me dérangerait pas. En fait, l'un ou l'autre, j'ai pas vraiment de préférence.

Il fit un nouveau sourire rassurant à Sasuke, se mordant la langue pour ne pas se laisser entraîner à exprimer le reste de ses pensées : comment il ou elle serait, si ce bébé aurait les yeux du brun ou bien les siens et tout un tas de projections de cet ordre qui le taraudaient. Le jeune Uchiwa étouffa un bâillement qui lui fit réaliser qu'ils n'avaient pas beaucoup dormi ni l'un ni l'autre la nuit dernière, et si lui était en pleine forme grâce à Kyuubi, son ancien coéquipier ne pouvait pas en dire autant, surtout dans son état.

- On va redescendre. Tu es épuisé. Il faut que tu te reposes.

- … On est très bien ici...

- On pourra remonter tout à l'heure, quand le soleil se couche par exemple. Non ?

- … Hn...

Naruto aida Sasuke à se relever et ce dernier se raccrocha à lui, manquant perdre l'équilibre. Le blond tut la remarque qui lui était venue spontanément aux lèvres, du genre "tu vois, tu ne tiens plus sur tes jambes" mais se ravisa. Son colocataire avait très bien remarqué lui-même qu'il était fatigué.

De retour dans la maison, le brun était toujours plus ou moins accroché à lui, luttant visiblement contre le sommeil. Il stoppa pourtant net quand ils arrivèrent dans le couloir menant à leur chambre. Naruto se souvenant du cauchemars que le brun avait eu la veille, comprit ses réticences.

- Je vais m'allonger avec toi. Moi aussi je suis un peu fatigué.

Sasuke souffla discrètement, soulagé. Ils pénétrèrent dans la pièce où Naruto aida son amour à s'installer dans le lit avant d'y grimper lui aussi. Le brun se cala sur le matelas, se mettant sur le flanc. Ses yeux ne quittèrent pas le jinchuriki qui l'imita, lui faisant face, se collant à lui peu à peu. Le brun se glissa un peu plus près, retrouvant ses marques contre le corps tanné. Le shinobi rabattit la couette colorée sur le corps presque encastré dans le sien et enroula un bras par dessus Sasuke, caressant doucement son dos.

L'angoisse serra sa gorge. S'il fermait les yeux, reverrait-il encore ces images horribles, tiendrait-il encore dans ses bras son enfant mort ?

- Ne t'inquiète pas, je suis là. Dors.

Le souffle dans ses mèches brunes le rassura. Naruto était avec lui, il dissiperait ses mauvais rêves si jamais il en faisait, n'est-ce pas ?

Sasuke ferma les yeux, enveloppé par la chaleur et l'odeur rassurante du jinchuriki qui observa son précieux amour sombrer peu à peu dans le sommeil, rompu par la fatigue et le trop plein d'émotions. Soucieux, il passa une main sur le front pâle, rassuré de le trouver frais. Il resserra sa prise sur le corps contre le sien, heureux de le sentir là tout contre lui. C'était fou ce qu'il lui avait manqué la nuit précédente. Il se demanda bien ce qui avait pu secouer son brun à ce point durant son sommeil. Son rêve cauchemardesque avait eu l'air pire que ceux qu'il avait fait jusque là.

~ oOo ~

Sous la douche, la silhouette chantonnait gaiement. Aujourd'hui elle avait fait un premier pas, très concluant, dans l'accomplissement de sa vengeance. Ça serait si simple finalement ! Plus d'une fois, ces deux imbéciles l'avait obligée à revoir ses plans, et elle avait bien cru qu'elle ne réussirait pas. Mais c'était compter sans le caractère explosif des deux garçons. Elle, elle savait que leur si belle entente ne durerait pas éternellement.

Maintenant il lui faudrait jouer serré pour ne pas se dévoiler. Ils ne devaient jamais savoir ce qu'elle tramait dans leur dos. Jamais. L'un serait tellement facile à berner... l'autre moins. Mais elle ne comptait pas lui laisser la moindre occasion de pouvoir prouver quoique ce soit ! Et la parole d'un nukenin ne valait rien dans le monde ninja !

Un sourire diabolique étira ses lèvres. Ils allaient souffrir ! Souffrir comme elle souffrait... par leur faute ! Et le plus jouissif dans tout ça c'est qu'ils n'auraient personne d'autre qu'eux même à accuser ! Les paroles de la chanson que diffusait la radio la firent presque rire aux éclats "I feel like a monster... ". Oh non, ce n'était pas elle le monstre ! Le monstre c'était celui qui avait l'outrecuidance de porter l'enfant d'un autre homme ! Les monstres c'était eux, eux qui l'avait trahi ! Ils paierait pour ça ! Elle s'en faisait la promesse !

~oOo~

- Adossyuki, ça veut dire... aigle noir aux yeux d'or. C'est joli, non ?

-... Hmpff...

- Ok, alors que penses-tu de... Aiichiro ? C'est... l'amour premier.

-... Non...
- Bon. Hmm, voyons voir... Asaki, humeur matinale... c'est bien ça, non ?

Installés sous la véranda, sur de gros coussins confortables, les deux futurs parents cherchaient un prénom pour l'enfant à venir à l'aide de bouquins qu'un clone du blond avait été acheter après que le brun ait fermement refusé que leur bébé ne porte le prénom d'un de leurs parents respectifs, arguant qu'ils étaient tous mort, et que le poids serait trop lourd à porter pour le nouveau né. A l'heure actuelle ils essayaient donc de tomber d'accord sur le prénom de garçon... et ils n'en étaient qu'à la lettre A.

- Dans ce cas, pourquoi pas Chiaki, c'est mignon "mille automnes", et en plus c'est mixte.

-... Chisei, ce serait mieux.

- Intelligence ? bof. Pourquoi pas Daiki ?

- …"Grand Espoir" ? Je ne veux pas d'un prénom trop symbolique...

Naruto étouffa un soupir et passa une main dans ses courtes mèches mordorées. Visiblement, ils n'étaient pas prêts de trouver une solution à cet épineux problème.

Sasuke feuilleta l'un des livres sans grande conviction, laissant ses pensées filtrer à haute voix..

- … Je voudrais quelque chose de neutre... Cet enfant aura bien assez de problèmes comme ça.

Naruto fronça les sourcils et tendit sa main, caressant une joue pâle.

- D'accord. Mais essaye de positiver, hein ? Tout se passera bien, et les problèmes, on y fera face ensemble, ok !

- … Tchhh... toi et ton indécrottable optimisme...

La discussion se prolongea un long moment sur le choix des prénoms, devenant parfois plus ou moins houleuse entre les deux futurs parents. Naruto mesura à quel point Sasuke s'inquiétait pour l'avenir de ce petit être qui arriverait bientôt. Ils finirent par trouver deux compromis qui les satisfirent. Le jinchuriki essaya de se montrer aussi rassurant et confiant que possible face à son brun plutôt sombre et renfrogné, que cette discussion avait un peu plus assombri, alors que ça aurait dû être quelque chose de léger et porteur d'espoir.

~ oOo ~

Ils étaient à nouveau dans le salon, Shizune leur montrant de nouveaux exercices auxquels Sasuke se plia de mauvaise grâce mais se plia tout de même. Assis à même le sol, le jeune Uchiwa était entre les jambes de Naruto, écoutant vaguement les explications de la jeune femme que le blond lui buvait littéralement, assidu. Depuis leur dernière brouille et la réconciliation qui s'en était suivie, l'équilibre de leur entente restait précaire et aussi fragile qu'un fil de soie. Malgré les conseils de Néji, le futur père n'arrivait pas à parler au jinchuriki de ses peurs les plus profondes, encore moins de ses interrogations quand à ses sentiments vis-à-vis de lui.

Ils ne s'étaient plus touchés intimement depuis, et aujourd'hui les hormones de Sasuke le travaillaient au plus haut point. Le simple fait de sentir le souffle de Naruto sur sa nuque dans la position dans laquelle ils se trouvaient suffit à échauffer ses sens. Il se mordilla les lèvres, son sang bouillant de plus en plus dans ses veines alors que des images loin d'être innocentes de leurs précédentes étreintes passionnées lui revinrent en mémoire.

Le shinobi à la chevelure dorée vit bien que son compagnon n'accordait encore une fois que peu d'intérêt aux exercices de préparation, pas vraiment attentif au discours de Shizune qui en prenait son parti et lui expliquait les choses à lui. Au moins cette fois le brun avait-il accepté de se prêter plus ou moins au jeu, sans doute pour faire amende honorable par rapport à la dernière fois. Surpris, il sentit les mains fines et pâles se poser sur les siennes, les couvrant de leur fraîcheur, et les caresser doucement.

Naruto déglutit, essayant de rester concentré sur les explications de la médic-nin qui les surplombait, assise sur un pouf coloré. Le dos de Sasuke se cambra légèrement, sa respiration devenant plus lourde entre ses lèvres entrouvertes qu'il ne cessait d'humecter nerveusement de la pointe de sa langue. Le jinchuriki avala une nouvelle fois sa salive avec difficulté, de plus en plus conscient du corps pâle tout proche du sien, commençant à le considérer d'une toute autre manière, le contact sur le dos de ses mains éveillant peu à peu un désir qui n'avait pas grand chose à voir avec le fait de soulager et aider Sasuke pendant l'accouchement.

Shizune sentit le changement d'atmosphère dans la pièce, continuant bon an mal an d'expliquer à un Naruto de plus en plus distrait pourquoi il était important que Sasuke apprenne à se relaxer et en quoi consistait la technique de la bascule du bassin, exercice qui permettait de diminuer les douleurs des muscles du dos et des ligaments, malmenés par le poids du bébé dans le ventre du futur père. Alors que Sasuke ne semblait avoir prêté qu'une oreille toute relative durant toute la séance, curieusement cette partie là de l'exercice eut l'honneur de le sortir de sa torpeur.

L'hôte de Kyuubi serra les dents, sentant le bas des reins de celui qu'il aimait plus que tout frotter avec un peu trop d'appui contre son entrejambe. Les cuisses gracieuses entre les siennes s'entrouvrirent légèrement, le tissu gris foncé orné de dragons gris pâles en filigrane, du kimono que portait le jeune Uchiwa ce jour-là, s'entrebâillant et laissant apparaître peu à peu l'épiderme laiteux de l'intérieur des jambes élancées.

Le futur père écarta un peu plus ses pieds et la médic-nin passa soudain au rouge cramoisi.

- Euh... Naruto. Je crois que, qu'on, qu'on va s'arrêter là pour aujourd'hui ! lâcha la jeune femme en se levant d'un coup, plus que gênée.

- Hein ? Mais l'exercice n'est pas fini, si ? répliqua l'interpellé sans comprendre, ses azurs se posant sur le visage confus de la kunoichi.

- Non, mais... je crois que...euh... Sasuke a grand besoin que tu t'occupes de lui, et je ne tiens pas vraiment à assister à ça, bégaya-t-elle en se détournant précipitamment du jeune couple toujours assis sur le tapis.

- Quoi ? Comment ça ? fit Naruto sans comprendre ce à quoi faisait allusion la jeune femme.

- Je parle de la poussée criante d'hormones qu'il est en train d'avoir à l'heure actuelle sous tes yeux ! souffla Shizune en tendant un doigt tremblant pour illustrer son propos vers ce qu'elle avait vu sans le vouloir et que ses rétines se seraient bien passées d'enregistrer.

- J'y vais, on reprendra tout ça demain ! lança-t-elle sans plus attendre, pressée de partir et d'oublier au plus vite ce dont elle venait d'être le témoin involontaire, ses joues la brûlant au plus haut point.

Elle quitta la maison précipitamment, la vision d'un sexe masculin, blanc comme neige, tout ce qu'il y avait de plus raide, imprimée dans son esprit telle une image candide. Que Kamisama lui vienne en aide, il fallait à tout prix qu'elle oublie ça ! L'équipe de surveillance de Tsunade la vit passer d'un pas rapide, le visage couleur tomate, maugréant à qui mieux mieux contre les deux adolescents dans la fleur de l'âge dont un en particulier à qui la grossesse réussissait au moins pour certaines choses, le faisant paraître beaucoup plus humain.

Naruto fronça les sourcils perplexe devant la fuite pressée de la médic-nin avant de se pencher un peu pour voir ce qu'avait bien pu vouloir dire Shizune et qui l'avait mise dans un tel état. Sasuke en profita pour se couler un peu plus contre le torse chaud, ses mains naviguant jusque sur les avant bras tannés par le soleil, ses orbes sombres dévorant le visage courbé vers lui. Apercevant enfin la cause de l'émoi de la kunoichi, le ninja le plus imprévisible de Konoha ne put retenir une exclamation mi-amusée mi-embêtée.

- Je vois... Je comprends mieux maintenant pourquoi elle s'est littéralement enfuie, dit-il.

Deux lagons bleus sondèrent les puits noirs où brillait une lueur immanquablement désireuse. Sasuke se mordilla les lèvres, dans l'expectative.

- … c'est la faute de ces stupides exercices... finit-il par laisser tomber pour se dédouaner du regard perçant.

Naruto ne répondit rien, un sourire amoureux étirant ses lèvres charnues, un éclat ardent traversant l'océan de ses yeux azurés. Il cueillit la bouche un tantinet boudeuse avec douceur.

- D'accord, c'est la faute des exercices... rétorqua-t-il, désarmé par la beauté du visage d'un Sasuke rongé par l'envie.

Il aida son compagnon à se relever et l'entraîna doucement vers leur chambre, une main glissée dans le creux du dos cambré et l'autre tenant toujours la main fine dans la sienne, le guidant alors qu'il fondait un peu plus contre cette bouche pour une fois plus câline et cajoleuse qu'avide.

- … Naruto...

Le prénom filtra dans sa bouche alors qu'il refermait la porte derrière eux. Kamisama, qu'il l'aimait. Il l'aimait à s'en arracher le cœur. Il l'aimait à en perdre la raison. Il l'aimait, prêt à tout lui pardonner, prêt à tout accepter de cet homme, même la plus douloureuse des défections, celle qui le laisserait seul... avec leur enfant. Il éloigna un peu le corps fiévreux du sien et défit la bande de tissu plus foncé qui retenait le vêtement fermé.

Son obi glissa au sol dans un bruit de taffetas soyeux, les pans de son kimono s'ouvrant lentement sur sa silhouette rebondie. Les paumes chaudes de Naruto prirent son visage en coupe et il posa ses mains sur les siennes alors que les pouces tièdes redessinaient les angles de ses joues. Il baissa ses paupières sous le feu des yeux bleus. Il ne méritait pas tant d'attentions après l'avoir fait tant souffrir, il le savait, et il se sentait d'autant plus coupable qu'il ne savait plus vraiment ce qu'il ressentait pour le jinchuriki, ni où il en était.

Il fit glisser le kimono des épaules crémeuses, sa bouche revenant se poser sur les lèvres fines.

- Je t'aime, souffla-t-il contre cette caverne douce et humide qui s'entrouvrit sur une respiration tremblante.

- … Je sais... lui fut-il douloureusement murmuré.

Les orbes sombres réapparurent, troublés, et plongèrent dans les siens couleur de ciel. Il glissa ses mains autour de la taille épaissie et fit reculer son bien aimé vers le lit sur lequel il le fit asseoir pendant qu'il se déshabillait petit à petit.

Sasuke regarda la peau bronzée apparaître peu à peu, appuyant ses mains derrière lui pour soutenir son dos. Comme dans un rêve, Naruto s'approcha de lui et s'agenouilla entre ses cuisses, venant encore cueillir ses lèvres. Un gémissement fragile lui échappa et il osa sortir la pointe de sa langue pour redessiner le contour de ces lèvres charnues au goût sucré qui lui faisaient perdre tous ses moyens. Sa jumelle vint rapidement à sa rencontre et elles s'unirent dans un échange langoureux qui le fit fondre un peu plus.

Le jinchuriki fit basculer doucement le bassin de son amour vers l'avant et caressa le corps pâle, ses mains naviguant sur l'épiderme frissonnant comme autant de vaisseaux de paix et d'apaisement. Ses pouces vinrent glaner les deux mamelons roses, soutirant des exclamations plus sulfureuses à cette bouche fiévreuse collée à la sienne. Le dos de Sasuke se creusa un peu plus sous ses attouchements de plus en plus torrides.

Sa gorge se chargea de vibrations chaudes et languides qui tombèrent de ses lèvres qui noyaient celles de Naruto de baisers de plus en plus intenses et brûlants. Une petite exclamation proche du miaulement lui échappa quand les paumes moites glissèrent le long de son corps pour venir caresser sa virilité désireuse. Son amant s'interrompit l'espace d'un instant pour récupérer la petite bouteille de lubrifiant dans la table de chevet.

Il enduisit ses doigts de la substance gluante et facilitatrice avant de glisser sa main une nouvelle fois entre les cuisses blanches qui s'ouvrirent plus largement. Naruto étouffa la courte plainte de son bien-aimé quand la première phalange de son majeur pénétra le puits fragile. Son autre main monta et descendit plus franchement le long de la virilité turgescente de Sasuke, désireux de lui faire oublier au mieux l'inconfort de sa préparation.

Le jeune Uchiwa trembla de la tête au pied, se perdant dans les ondées puissantes que son blond déclenchait en lui, se frayant un chemin jusqu'à ce point si particulier qui le faisait grimper aux rideaux. Il sentait les doigts sensuels aller et venir en lui, à l'unisson de la main qui cajolait son sexe de plus en plus dur et pulsant. Kamisama, que c'était bon ! Il s'accrocha aux lèvres charnues de celui qui lui faisait tant de bien, jetant finalement ces bras autour de la nuque bronzée.

- Ahnnnn...

La complainte charnelle et luxurieuse de l'être qui frissonnait sous ses mouvements aimants fouetta ses sens. Il avait envie de posséder Sasuke, de s'unir à lui, de lui faire l'amour pour lui faire oublier toutes ces ombres qui le tourmentaient. Il voulait qu'il ne pense plus à rien d'autre qu'à ce plaisir délicieux et voir enfin son visage se détendre et fondre avec cette expression satisfaite et apaisée qui lui seyait bien mieux que son air renfermé.

Toujours confortablement assis au bord du lit, Naruto à genoux entre ses cuisses, il sentit le membre de ce dernier être guidé en lui alors que ses mains se perdaient dans la masse des mèches dorées et qu'il mordillait le cou tanné. La présence imposante se fraya peu à peu un chemin au creux de ses reins lui arrachant un cri obscène qu'il étouffa contre la peau caramel. Un grognement sourd lui répondit. Ce sentiment indéfinissable d'être enfin complet et entier balaya tout son être.

Naruto bougea peu à peu ses hanches entre les jambes gracieuses, pénétrant et se retirant de l'antre humide qui l'accueillait. C'était bon, c'était si bon de s'unir à celui qui comptait plus que tout à ses yeux. Sentir Sasuke s'enflammer à son contact et se tordre sous ses assauts était tellement magique. Le combler, se perdre en lui, le faire vibrer de la plus délicieuse des manières, il pourrait le faire chaque jour, chaque minute. Leurs langues poursuivaient leurs joutes endiablées, ses mains s'appropriaient chaque parcelle de peau couleur de neige à sa portée. L'excitation pulsa dans tout son corps, le poussant à accentuer l'allure à laquelle il bougeait.

- Hmmmm... Ah !

Le membre turgescent qui s'insinuait en lui à un rythme de plus en plus soutenu venait de presser cette boule qui déclenchait tant de choses si puissantes en lui. Son dos se cambra et son bassin ondula pour mieux venir à la rencontre de la virilité du blond engoncée en lui et qui déclenchait ce tourbillon de sensations si intenses et agréables, aiguillonnant son désir et son envie de plus en plus cuisantes.

La silhouette arrondie frémissait et se tortillait sous ses mouvements, des gémissements et des cris de plus en plus languides échappant à son amant suspendu à son cou et à ses lèvres. Sasuke s'envolait lentement mais sûrement entre ses bras vers le septième ciel, pour sa plus grande satisfaction. Naruto prenait garde de ne pas donner de coups de reins trop violents pour ne pas faire de mal au bébé, retenant fermement les rênes de sa passion dévorante.

Une nouvelle plainte charnelle et concupiscente s'évada de sa bouche quand un pouce délicat vint masser l'un de ses téton trop sensible et réceptif et qu'une paume bien trop câline se posait sur son membre déjà sur le point d'exploser. Ses muscles se tendirent et s'arquèrent alors que des langues de feu incandescentes se répandaient en lui avec la force d'un ouragan. Il fondit totalement, tirant instinctivement à lui le corps tanné dans lequel il voulait disparaître.

Naruto résista à la tentation de se faire plus pressant, laissant doucement les vagues monter et le conquérir. Il emportait Sasuke avec lui, l'emmenant dans ce maelström de plaisirs de la chair. Leur étreinte était douce et aimante, ayant un goût de pardon et de réconciliation. Leurs fièvres respectives se répondaient, s'entraînant l'une l'autre toujours plus loin, se répondant, s'alimentant l'une de l'autre. Cette étreinte était à des années lumières de leur dernier rapport beaucoup plus véhément et violent.

Sasuke délaissa soudain le cou musculeux et les lèvres charnues et sucrées pour se figer avec un cri extatique, basculant dans la jouissance. Naruto le suivit de près, attiré dans l'extase ultime par les convulsions des parois étroites qui l'emprisonnèrent littéralement. Le jeune Uchiwa perçut contre sa gorge pâle le grondement bestial qui signa la petite mort du jinchuriki, sa semence se répandant au plus profond de lui et le marquant avec une intensité écrasante.

Leurs souffles courts et haletants se mélangèrent alors qu'ils échangeaient un dernier baisers langoureux. Leurs fronts s'appuyèrent sur leurs épaules respectives, leurs esprits noyés et leurs corps repus dans les bienfaits de leurs orgasmes respectifs. Ils restèrent ainsi de longues minutes, dans les bras l'un de l'autre. Naruto fut cependant le premier à bouger, ses genoux devenus douloureux malgré les bons soins de Kyuubi qui ne l'épargna pas d'une remarque salace.

L'hôte du démon renard se hissa finalement sur le lit, récupérant sans attendre son brun qui se lova contre son torse, entre ses bras rassurant. Le blond les recouvrit de la couette colorée et embrassa le front pâle qui lui faisait face. Sasuke avala difficilement sa salive, sentant une vague de tristesse l'envahir. Il glissa ses mains autour du dos athlétique et s'y raccrocha, Naruto caressant doucement ses cheveux et la cambrure prononcée de ses reins.

- Sasuke, qu'est-ce que tu as ? Je t'ai fait mal tout à l'heure ? s'inquiéta le jinchuriki en sentant les doigts frais se refermer en poings serrés sur son échine.

- … non... tout va... bien... enfin je crois, souffla-t-il contre le torse bronzé.

- Alors qu'est-ce qu'il y a ? Tu ne te sens pas bien ?

- … hier... j'ai rêvé que notre bébé était mort... et que... c'était de ma faute...

Naruto lova plus étroitement le corps pâle contre le sien, sensible à la détresse qui hanta la voix qui lui répondit, à peine plus élevée qu'un chuchotis.

- … j'ai peur... j'ai peur de... de ce qu'il va se passer dans deux mois...

- Tsunade va s'occuper de toi et tout ira bien. Le bébé ira bien et toi aussi.

- … et s'il y avait un problème... et si quelque chose se passait mal et que...

La boule qui se forma dans sa gorge l'empêcha de formuler toutes ces craintes qui l'obsédaient de plus en plus. Et si le bébé mourrait, et si lui se retrouvait diminué, et si le bébé naissait difforme ou pire encore, et si... Un baiser tendre sur ses lèvres le ramena entre les bras de son ancien coéquipier. Ses orbes sombres posèrent un regard angoissé sur le visage dont les joues étaient marquées de trois cicatrices parallèles, pareilles à des moustaches.

- Moi aussi j'ai peur. J'ai peur de te perdre, j'ai peur de ne pas être un bon père et de ne pas savoir m'y prendre avec cet enfant. J'ai peur qu'il t'arrive quelque chose et je m'inquiète à chaque fois que tu grimaces parce que notre enfant te donne un coup ou que tu éternues. J'ai peur de cette naissance qui approche et à laquelle je ne comprends rien. Ce qu'il nous arrive me dépasse complètement, et il y a des jours où je suis complètement perdu.

Naruto caressa les mèches brunes et embrassa encore une fois le front pâle avant de replonger son regard déterminé dans les prunelles noires toujours fixées sur lui.

- Mais, ensuite je te regarde... et toutes mes angoisses s'apaisent... parce que tu es là. J'ai confiance en toi. J'ai confiance en nous. Et j'ai confiance en Tsunade, Shizune et tous les autres. Quoi qu'il arrive, je sais qu'on le surmontera, ensemble.

Sasuke souffla doucement et se rencogna contre la gorge bronzée, un peu rassuré. Savoir que le blond, lui aussi avait peur lui fit bizarre, mais sa confiance et sa détermination le rassérénèrent. Un léger silence s'établit entre eux avant que la voix tendre du blond ne s'élève à nouveau.

- Il faut que tu me dises ce qui ne va pas Sasuke. Je ne peux pas toujours deviner ce qui te tourmente. Fais moi confiance. Tu sais, je peux tout entendre de toi, poursuivit le jinchuriki.

- Mais si tu ne me dis rien, c'est comme s'il y avait un mur infranchissable entre nous. Et c'est ça qui me fait mal. Tu comprends ? acheva-t-il.

- … j'ai toujours été seul... rétorqua le brun dubitatif, dans l'ombre du cou tanné par le soleil.

- Tu n'es plus seul. Tu m'as, moi. Et bientôt, il y aura notre enfant, décréta fermement le blond.

- … et si... je pars... murmura l'héritier du clan décimé.

- … Alors, tu sauras qu'il y aura toujours un endroit où tu peux revenir, quoi qu'il arrive, assura Naruto tout en passant ses doigts dans les mèches aussi sombre que la nuit.

- … vraiment ? répliqua la voix de l'homme qu'il aimait plus que tout au monde.

- Vraiment, ajouta-t-il, mettant toute sa détermination dans ce simple mot.

- … parce que... tu m'aimes ? questionna encore Sasuke, juste histoire d'être sûr.

- … Exactement, souffla l'hôte de Kyuubi en fermant les yeux, l'idée que le futur père puisse à nouveau le quitter toujours aussi insoutenable pour lui.

- … Usuratonkachi...

L'insulte chuchotée d'une voix radoucie le fit tout de même sourire et le soulagea, après tout c'était une marque de reconnaissance de la part de celui qui était le centre de son univers.

~ oOo ~

- Attention, tu vas le noyer ! s'exclama Naruto, Sasuke remplissant brutalement d'eau tiède la bassine en plastique dans laquelle était installée un poupon.

- … et alors... ce n'est qu'une vulgaire poupée...

- Shizune a dit de faire comme si...

- … comme si c'était un vrai bébé, je sais !… C'est complètement stupide ! Je ne suis pas une gamine de dix ans, et j'ai passé l'âge de jouer avec des jouets.

Naruto souffla et sortit le prétendu bébé de l'eau, ses manches remontées sur ses coudes, avant de l'abandonner sur le plan de travail de la cuisine, emmailloté dans une serviette jaune. Il se tourna vers son ancien coéquipier, dont l'énervement palpable crépitait tout autour de lui, debout, les bras croisé au dessus de son ventre rond, dans un kimono crème qui se confondait presque avec sa peau. Le jinchuriki se passa une main dans la nuque.

- C'est juste pour qu'on apprenne à s'occuper d'un bébé, c'est tout. Qu'est-ce qui te dérange à ce point ? finit-il par lancer au nukenin, drapé dans son attitude renfermée.

Le comportement boudeur se détendit quelque peu et Sasuke posa inconsciemment les mains sur son ventre. Un soupir désabusé franchit ses lèvres avant qu'il ne reporte son attention sur le baigneur posé sur le plan de travail.

-... Hmpff... C'est juste une poupée... souffla-t-il.

Naruto s'essuya les mains sur un torchon et se rapprocha du futur père dont il caressa doucement la joue.

- Pour moi non plus, c'est pas évident tu sais. Mais il faut qu'on soit prêt, pour quand notre enfant sera là, dit-il avec un sourire, nouant ses doigts sur ceux plus pâles qui étaient posés sur le tissu blanc cassé.

Sasuke étouffa un grognement bougon, le front bronzé s'appuyant contre le sien alors qu'il plongeait dans les orbes azurées.

Décidément, rien ne lui serait épargné dans cette descente aux enfers. Il ferma les yeux et des lèvres charnues se posèrent doucement sur les siennes. Ça, c'était sans doute ce qu'il y avait de mieux dans sa situation désastreuse. Il répondit avec avidité à cette bouche sucrée, ses mains se nouant autour du cou tanné de son blond. Oui, définitivement, ça, c'était agréable, et aussi les massages que Naruto lui faisait de plus en plus souvent pour soulager ses jambes ou son dos ankylosés. Il avait découvert que son ancien camarade de l'équipe sept avait des talents incroyables de masseur, et il n'hésitait pas à en abuser. Après tout, n'était-ce pas de sa faute s'il en était là ?

To be contiuned...


Commentaire des auteurs :

Ils sont réconciliés ! Oui, enfin ! Pourvu que ça dure !


Bureau des plaintes et réclamations des personnages martyrisés :

Shizune arrive, le rouge aux joues, et se plante devant Sasu. Elle lui tend un sac plastique et d'un ton sans appel déclare :

- Pour les prochains cours tu me feras le plaisir de t'habiller ! Dans ce sac il y a des culottes spéciales maternité ! Je ne veux plus jamais voir ce que j'ai vu tout à l'heure !

Tsunade arrive furibonde, attrape Sasu par le col et le secoue sans ménagement :

- Tu as osé montré ça à MA Shizune ! Espèce de malotru ! Que je ne t'y reprennes pas, sinon tu pourras toujours courir pour que je fasse quoi que ce soit pour toi !

Une des deux auteurs, courageuse, fait remarquer à Tsunade :

- Espèce de malotru ? C'est à ce genre d'expression que l'on voit que vous êtes vieille !

Pendant que l'auteur, probablement suicidaire, tente d'échapper à la Godaime, Naru pointe le bout de son nez et supplie les lecteurs :

- Reviewez ! J'en peux plus moi ! Faut que cette grossesse se termine !


Rendez-vous au prochain chapitre, chapitre 19 : Continuer sur sa lancée.

Marcher encore et avancer, toujours, peu importe les obstacles, le sentier se précise et son avancée devient moins incertaine, les ombres autour s'allongent, le temps passe.