Avertissement : Rien de choquant ou de sexuel dans ce chapitre, enfin si, il y a une vague allusion à une relation charnelle entre nos deux chouchous mais, bon on n'est pas rentré dans les détails.

Bonne Lecture !

Yzan et Lili.


~ Chemins de traverses.~

Chapitre 22 : ... Les choses ne sont pas forcément plus simples.

Naruto se débattit vaillamment, ses doigts se collant inévitablement sur les sparadraps de la couche. Makoto bougeait ses petites jambes, ne lui facilitant pas la tâche. Quand il le retourna sur le ventre, le petit bonhomme tenta vainement de relever la tête avant de protester énergiquement contre le traitement qu'il subissait.

- Attends, j'arrive ! Si tu ne gigotais pas autant aussi, ça serait plus simple ! tempéra Naruto.

Sur la table à langer d'à côté, Sasuke finissait d'habiller Sayuki. La petite fille s'était laissée manipuler sans rien dire, regardant fixement celui qui lui avait donné la vie de ses petits yeux bleus de plus en plus foncés. Ses mèches blondes se dressaient sur son crâne dans tous les sens, encadrant son visage poupin. Une fois qu'elle fut vêtue d'une grenouillère blanche et mauve, Sasuke la prit dans ses bras, soutenant bien sa tête encore fragile.

Le jeune père à la chevelure noir de jais observa la lutte, toujours d'actualité, entre Naruto et leur fils dans le procédé d'habillage. Le blond ne renonçait pas et bataillait avec âpreté dans ce qui pourtant était une manœuvre des plus simples à ce qu'il lui paraissait. En tout cas, lui, n'avait eu aucun problème. Pourtant, le blond s'était longuement entraîné avec le poupon et avait pratiqué bien plus que lui quand il était alité à l'hôpital. Un petit rictus moqueur et victorieux se fraya un chemin sur ses lèvres.

- Besoin d'aide, usuratonkachi ? lança-t-il au valeureux ninja aux prises avec une couche, une grenouillère et un bébé et qui n'arrivait pas à assembler les trois.

Le jinchuriki ainsi interpellé tourna la tête et se figea en voyant leur fille parfaitement habillée et calme dans les bras de l'homme de sa vie, qui clairement se foutait de lui. Vexé, le blond ronchonna :

- Tu as pris la plus calme, ça ne compte pas. La prochaine fois, on échange !

- … Tsss ! lança le brun avant de sortir de la chambre, abandonnant sans scrupule son ancien coéquipier sur le champ de bataille.

Sa fille toujours dans les bras, il se dirigea vers le séjour et l'installa dans le petit transat molletonné recouvert de tissu rose pâle dont le tour gris était orné de ronds roses et blancs. Ayant enfin les mains libres, il prépara le biberon de sa si sage petite demoiselle des neiges.

Quand Naruto arriva enfin dans le séjour, ce fut pour voir Sayuki appuyée sur le torse de Sasuke, sa frimousse posée sur l'épaule de celui-ci. Le biberon vide dans les mains pâles le renseigna sur le fait que sa fille venait très certainement de finir de manger. Alors que les lèvres fines et à peine rosées de son amour s'ouvraient, probablement pour faire une remarque sarcastique, un rot sonore retentit. Un grand sourire étira la bouche du blond quand une tâche de liquide blanc se forma sur le tee-shirt noir de Sasuke.

Laissant le bébé sous la garde d'un blond qui s'était dédoublé, le descendant du clan décimé entra dans la chambre qu'il partageait avec Naruto pour se changer. Ses fouilles dans le placard intégré dans le mur derrière les parois coulissantes blanc crème, le laissèrent interdit. Alors qu'il cherchait un t-shirt sur l'étagère, celui qu'il sortit lui resta entre les doigts et le plongea dans une intense introspection. C'était un haut gris fermé par une fermeture éclair, celui qu'il portait quand Naruto l'avait trouvé inanimé au pays des Glaces, celui qu'il avait continué à porter au début de sa grossesse.

Ses poings se serrèrent sur le tissu. Sa vengeance, sa haine et sa rage le frappèrent de plein fouet, renaissant en lui aussi vivaces qu'avant. Il avait juré de détruire ce village, il avait promis de tuer chacun de ses habitants, en commençant par Naruto. Et maintenant ? Maintenant que ses enfants étaient là, tout avait changé. Il savait qu'il ne pourrait pas leur faire du mal à eux, ses enfants. Mais il voulait toujours la peau du conseil. A tout prix !

S'il s'attaquait au conseil, Naruto se mettrait-il en travers de sa route ? Probablement. En plus il le lui avait promis, il serait le premier habitant de Konoha à périr de sa main. Et tout comme le blond, il n'avait qu'une parole ! Pourtant... il n'avait jamais pu tuer Naruto, il avait essayé. Mais, jamais il n'avait réussi. Même alors que celui-ci était inconscient après que Kyuubi l'ait agressé, il n'avait pas pu. Une force mystérieuse avait stoppé son geste.

Mais, s'il ne se vengeait pas... pourrait-il vraiment vivre ici ? A Konoha ? Que devait-il faire ? Il ne savait plus, il était perdu... encore. Il n'avait plus d'avenir, plus de rêve, tout avait été enseveli par sa haine, la vérité sur son frère et le massacre de son clan. Tous ses rêves étaient dans le passé, la seule chose le faisant se sentir encore vivant n'étant plus que la vengeance. Et aujourd'hui ? Avait-il un avenir ici ? Avec ses enfants ? Était-ce là qu'était sa place ? Avec Naruto ?

Naruto... Au fil des missions, il était devenu son ami le plus proche, bien qu'il s'en soit défendu. Le blond était même son meilleur ami, son rival de toujours. A l'heure actuelle, après tous ces mois passés ensemble, qu'étaient-ils au juste ? Naruto l'aimait, il le lui avait dit. Et lui ? Il ressentait quoi pour... le père de ses enfants... De l'amitié ? Un peu plus que cela ? Du désir... ça c'était certain... Un peu trop peut-être... Mais avec tout ça, ce n'était pas vraiment plus clair.

Quelque part il l'admirait, Naruto avait réussi là où lui avait échoué. Il avait réussi à pardonner le mal qui lui avait été infligé, même si jamais il ne le lui dirait. A ses côtés il se sentait bien, aimé, protégé... vivant. Ce crétin illuminait ses ténèbres, comme personne d'autre n'aurait pu le faire. Un soupir désabusé lui échappa, tout cela ne l'aidait nullement à savoir s'il devait rester ou partir. Dans les deux cas, il souffrirait. Dans les deux cas, il ferait souffrir Naruto et leurs enfants.

Un cri le tira de ses réflexions. Il enfila rapidement un t-shirt blanc et retourna dans le séjour d'où Naruto l'appelait. Sur l'injonction du blond il s'installa dans son canapé crème, c'était vrai qu'il était fatigué, son bas-ventre le tiraillait, et être trop longtemps debout ne lui réussissait pas vraiment. Il espéra que cela passerait vite et qu'il pourrait reprendre l'entraînement. Ses yeux se posèrent sur les transats près de lui, où reposaient son fils et sa fille. Ils étaient si petits, si innocents.

Perdu dans la contemplation des deux nourrissons, il ne vit pas son ami venir à lui. Aussi fut-il surpris quand celui-ci se glissa dans son dos, l'appuyant contre son torse et l'enveloppant de ses bras puissants. Pourquoi était-il si bien dans cette étreinte bien plus qu'amicale ? Pourquoi son odeur l'apaisait presque instantanément quand il la sentait ? Sa chaleur, sa présence rayonnante... il avait envie de s'y fondre et de ne plus jamais en ressortir...

- Tu es encore tout pâle... Dors, ça va te faire du bien. souffla Naruto à l'oreille de celui qu'il aimait tant.

- … Hn...

La réponse monosyllabique le fit sourire. Attendri, il regarda le visage aux traits aristocratiques se détendre au fur et à mesure que son brun sombrait dans le sommeil, ses doigts recherchant inconsciemment les siens. Il se pencha jusqu'à effleurer les lèvres fines et à peine rosées, un léger soupir de bien-être échappant à son bien aimé dans la manœuvre, leurs index et leurs majeurs se nouant les uns aux autres.

Naruto et Sasuke étaient tranquillement installés sur le sofa, Makoto appuyé sur l'épaule du brun qui lui massait doucement le dos pour l'aider à faire son rot, Sayuki sur celle du jinchuriki. Un torchon ingénieusement placé sous les nourrissons afin que les risques de régurgitations ne tâchent pas les vêtements de leurs parents. C'était un moment en famille tout ce qu'il y avait de plus paisible, mais qui fut rapidement troublé.

La sonnette de la porte d'entrée retentit, et le porteur du sharingan haussa un sourcil. L'hôte du démon renard se leva, surpris et se dirigea vers le vestibule. Une cacophonie d'exclamations bruyantes résonna dans la petite maison, ne disant absolument rien qui vaille à l'héritier de la pupille à virgule.

- Oh qu'il est mignon ce bébé !

- C'est ta fille ? C'est fou ce qu'elle te ressemble !

Naruto revint dans le salon, accompagné d'une cohorte d'invités surprises que Sasuke gratifia d'un regard polaire, son fils se mettant à vagir tout contre son oreille. Tenten, Ino et Hinata accompagnées de Sakura tournaient autour du blond, comme des abeilles autour d'un pot de miel, le complimentant sur Sayuki. Derrière elles suivaient Lee, Shoji, Shino, Kiba et bien sûr son chien Akamaru. L'épiderme de Sasuke se hérissa instinctivement. C'était quoi ça, une invasion ?

En un instant, il se retrouva pris lui aussi dans le tourbillon féminin, les compliments extatiques se bousculant et se mélangeant en une mélopée dérangeante.

- Qu'il est mignon !

- Oh vous avez vu ? Il est brun, comme son père.

- Ah non, tu voulais plutôt dire comme sa mère.

Ino et Sakura pouffèrent bêtement sur le jeu de mots qu'elles venaient de faire.

Une montagne de petits paquets colorés commença à envahir la table basse. Sakura s'empara de Makoto, faisant monter d'un cran supplémentaire la tension du brun, dépossédé sans ménagement de la chair de sa chair, le fruit de ses entrailles. La jeune femme aux cheveux roses se dirigea vers Naruto avec Ino sur ses talons qui kidnappa à son tour Sayuki, sans que le blond n'élève la moindre protestation. Un coup de poing dans son épaule détourna l'attention de Sasuke de cette vision cauchemardesque.

- Alors comme ça t'es de retour, hein ! On n'y croyait plus tu sais, sauf Naruto bien sûr ! lança Kiba.

- … Hn...

Shino suivit derrière et salua brièvement le nukenin.

- Sasuke.

- … Shino, répondit laconiquement le brun, interpellé par le jeune homme aux insectes.

L'adolescent en question se retourna vers le dresseur canin et Naruto non loin de là.

- Vous voyez, lui au moins, il se souvient de mon prénom ! N'est-ce pas Naruto ! Alors que pourtant il a quitté le village pendant plus de trois ans !

Les mains fines furent tout à coup secouées dans une étreinte puissante.

- Tu es aussi resplendissant que le dragon de jade qui éclot dans la fleur printanière de la jeunesse ! Ça fait plaisir de te revoir ! s'exclama Lee plein d'entrain.

Hinata s'approcha tout doucement et le salua du bout des lèvres, rougissante. Elle lui remit en mains propres un petit paquet au papier argenté.

- Je Je suis con-tente que tu s-sois de re-tour. Na-Naruto s'est te-tellement en-tr-trainé pour te ramener.

- En tout cas, c'est une sacré surprise que toi et Naruto ayez des enfants ensemble. En même temps, c'est Naruto. Venant de sa part, on peut s'attendre à tout, rétorqua Tenten.

Naruto conversait bruyamment avec ses amis, ravi de les voir tous réunis ici, chez eux. Sasuke serra les poings et se dirigea d'un pas ferme vers Sakura qui retenait toujours son fils en otage, échangeant de nouveaux commentaires élogieux avec Ino qui avait en main l'autre nourrisson. Il récupéra in-extremis Makoto et s'éloigna de l'attroupement sans un mot, jetant un léger froid dans l'agitation sympathique ambiante.

Akamaru s'approcha de lui, lui coupant toute possibilité de retraite vers la chambre des enfants. Sasuke vit avec stupeur le grand chien blanc, ayant du mal à faire le rapprochement avec le chiot qui tenait sur la tête de l'Inuzuka par le passé. Le gros chien blanc renifla le petit bonhomme qu'il tenait fermement contre son torse, puis une grande langue visqueuse balaya la petite frimousse. Les yeux du jeune père s'écarquillèrent puis se froissèrent de colère. S'il avait eu accès à son chakra, il aurait probablement foudroyé la bête dans l'instant.

- … Dégage...

Le chien s'assit devant lui, lui barrant clairement le passage, son haleine fétide s'écrasant sur le menton de l'héritier du clan décimé. Naruto, apercevant la scène du coin de l'oeil, se dirigea vers le brun dont l'énervement était palpable.

- T'inquiète pas. Il ne va pas lui faire de mal, il veut juste lui dire bonjour. dit le jinchuriki pour apaiser son amour.

Le torrent de larmes qui dévala soudain les joues pâles le figea sur place, un sanglot sonore résonnant dans la pièce. Toutes les têtes se tournèrent vers Sasuke qui étreignait fortement son fils contre lui tout en pleurant bruyamment. Face à lui, Akamaru pencha légèrement la tête et geignit doucement, ne comprenant pas la détresse subite de l'adolescent. Naruto serra son brun éploré dans ses bras, comprenant à travers les hoquets larmoyants que celui-ci ne savait même pas pour quelle obscure raison il réagissait ainsi.

- Ben... Qu'est-ce qu'il lui arrive à celui-là ? demanda Kiba choqué. Il a peur des chiens ?

Sakura soupira en regardant les deux garçons disparaître dans le couloir menant aux chambres, et expliqua calmement :

- C'est le baby-blues ! C'est assez effrayant de voir un ninja de son envergure ainsi, non ?

- C'est normal... ça ira mieux dans quelques jours... je suis sûre que Sasuke-kun redeviendra le ninja si doué que l'on connaît, dit calmement Hinata. Je le trouve très courageux d'avoir supporté tout ça.

Les yeux de ses camarades s'écarquillèrent, surpris devant les propos de l'héritière du clan Hyuga. Seul Shino resta impassible et se contenta de dire :

- C'est vrai que servir d'incubateur à d'autres vies que la sienne n'est pas toujours facile.

Kiba frappa l'épaule de son coéquipier et lui lança goguenard :

- Tu ne serais pas en train de comparer tes insectes avec ces deux bébés quand même ! Ah Naruto, bon tu nous sers à boire ! Faut qu'on les fête ces naissances !

Le blond sourit largement à son ami et lui indiqua où étaient les verres. Récupérant sa fille des bras d'Ino, il alla retrouver Sasuke qui s'était calfeutré dans leur chambre.

Il trouva son brun, étendu sur le lit, Makoto niché tout contre lui. En douceur, il déposa Sayuki sur le matelas et caressa la chevelure noire de jais de l'élu de son cœur.

- Je vais les rejoindre, reste là et repose toi, tu en as besoin, lui murmura-t-il.

Sasuke essuya une ultime larme fugitive de ses yeux rougis et profita du fait que Naruto était penché pour attraper sa nuque et le rapprocher de lui, écrasant de façon possessive ses lèvres sur les siennes.

Naruto rejoignit ses amis, le goût des lèvres fines encore sur les siennes. Il s'empressa de justifier l'absence de sa "moitié", selon les termes goguenards de Kiba.

- Il est fatigué. L'accouchement a été difficile. Il a besoin de se reposer. Et on n'a pas beaucoup dormi la nuit dernière, ils nous ont réveillés trois fois.

L'explication amena tout un tas d'exclamations et de remarques plus ou moins extasiées sur les deux nourrissons, chacun y allant de sa petite anecdote. Le jinchuriki se laissa entraîner dans le tourbillon des discussions, profitant de l'ambiance bon enfant qui régnait dans son salon.

Allongé sur le flanc, un bras relevé au dessus de la tête de Makoto, Sauke observait le sommeil paisible de ses enfants. Il sentait contre lui la chaleur dégagée par leurs petits corps, Sayuki posée juste sous son frère blottie contre le ventre paternel qui lui avait donné naissance. Leurs petits poings serrés posés de chaque côté de leurs têtes, leurs visages tournés vers leur père. Les deux bébés étaient si adorables. Comment ne pas s'y attacher ? Ses enfants... les siens...

Ce fut le bruit des conversations qui décrut qui le tira de son état semi-comateux. Il avait sombré dans le sommeil sans s'en apercevoir. La porte de la chambre s'ouvrit doucement, et le matelas bougea sous le poids d'un corps s'étendant face à lui. Joignant sa main à celle de son amour, Naruto sourit et souffla:

- Ils sont partis... Tu vas bien ?

- … Hn... bon débarras...

Le blond rit doucement, son brun n'était décidément pas des plus sociables.

- Merci... Merci de m'avoir donné d'aussi beaux enfants.

Les yeux noirs s'agrandirent légèrement sous la surprise, avant que Sasuke ne soupire, touché malgré lui :

- … Usuratonkachi...

~oOo~

La silhouette arpentait rageuse les rues du village. Comment ces deux malotrus osaient étaler ainsi leur bonheur sous ses yeux ! Elle ne pouvait le tolérer ! Ils devaient payer pour la souffrance qu'ils lui infligeaient ! Elle retint un cri de colère quand elle croisa une famille qui se promenait innocemment. Ils n'avaient pas le droit ! Elle ne permettrait pas que leur joie s'épanouisse ! Tant qu'il lui resterait un souffle de vie, elle ferait tout pour empêcher ça !

Naruto était désespéré ! Ce n'était pas possible d'être aussi têtu ! Ça ne faisait qu'une semaine et demi qu'il avait accouché, et Sasuke faisait déjà des pompes dans le jardin. Bon, admirer le torse d'albâtre de son amoureux en plein effort n'était pas pour lui déplaire, mais il n'était pas sûr que cela soit une bonne chose aussi tôt après la naissance. Mais rien n'y faisait, Monsieur Uchiwa n'en faisait qu'à sa tête !

Il avait bien tenté de le raisonner, arguant qu'il allait faire sauter les sutures de sa cicatrice, ce qui ne plairait nullement à Tsunade. Il n'avait obtenu pour toute réponse qu'un regard noir et meurtrier. Un soupir désabusé franchit ses lèvres. Il déposa son fils dans le transat posé sous la véranda aux côtés de sa sœur, et décida d'interrompre l'entraînement intensif que l'Uchiwa s'infligeait depuis déjà trois bonnes heures.

- Sas'ke ! Arrête ! Tu vas finir par te faire mal ! lança-t-il.

Le brun changea d'exercice, sans même prendre la peine de réagir, et se mit à faire des abdominaux. Il devait absolument retendre la peau de son ventre, il ne supportait pas qu'elle soit flasque et molle.

- Allez, Sas'ke ! Et puis je t'aime bien moi avec quelques bourrelets !

Naruto espéra que l'assurance qu'il restait désirable à ses yeux calmerait la frénésie sportive de son brun.

D'ailleurs celui-ci s'arrêta et se releva, se dirigeant vers lui d'un pas décidé.

- Ah ben quand même ! Tu ne devrais pas forcer autant, c'est …
Mais le jinchuriki ne put finir sa phrase un poing dans sa mâchoire lui coupant efficacement la parole et le souffle. Choqué, il posa un regard éberlué sur son assaillant qui le fixa d'un air goguenard et satisfait avant de dire, un net soulagement audible dans sa voix :

- … Depuis le temps que j'en avais envie... ça fait du bien !

Les yeux bleus s'étrécirent. Ah oui, il le prenait comme ça ? Pas de problème, il était son homme ! Sans sommation, il se jeta sur Sasuke bien décidé à lui faire mordre la poussière.

Perchés dans les arbres du jardin, sur le faite du toit et le haut du mur d'enceinte, les cinq ninjas chargés de la surveillance du couple assistèrent amusés et admiratifs au combat entre les deux anciens coéquipiers. Même physiquement diminué et dans l'impossibilité de former des jutsu, Sasuke était impressionnant, et poussait Naruto toujours plus loin. Ils se firent la remarque qu'un Uchiwa en pleine possession de ses moyens, ça devait être quelque chose et qu'il n'y avait bien qu'un jinchuriki pour lui tenir tête.

Ça faisait du bien. Sentir ses muscles réagir et se tendre, répondre à ses pensées. Il avait passé tellement de jours avachi, affaibli, gêné par son ventre, dans l'incapacité de faire quoi que ce soit, que pouvoir enfin, oui, enfin se défouler était des plus agréable. Il n'avait certes pas accès à son chakra, mais du taijutsu était déjà un bon début. Il n'était pas en sucre, il n'était pas un être faible, il était un homme, un ninja, et retrouver enfin les sensations de l'afflux de sang dans ses veines, les mouvements précis et souples qui lui étaient coutumiers, était une véritable bénédiction. Naruto ne perdait rien pour attendre, il comptait bien l'étaler !

Naruto grinça des dents en stoppant un coup de pied particulièrement puissant et précis de son adversaire. Dire qu'il voulait le ménager un peu ! Cet enfoiré se donnait à fond, lui, le poussant à déployer toujours plus de force. Il croisa le regard noir, décidé et concentré, de son ancien coéquipier et eut un sourire. Oui, il voulait le ménager. Mais Sasuke ne faisait jamais dans la demi-mesure, et c'était bien pour ça qu'il aimait le combattre. Et puis ça lui avait manqué de pouvoir se mesurer à lui ! Enfin, ils allaient savoir lequel d'entre eux deux était le plus fort !

Ce soir là les deux garçons se couchèrent courbaturés et épuisés. Sayuki avait mit fin à leur affrontement musclé, leur réclamant énergiquement son biberon. Ils s'endormirent, leurs têtes à peine posées sur l'oreiller, le brun sur le flanc, son dos collé au torse du blond qui enserrait sa taille fine d'un bras possessif. Leur repos fut de courte durée, leurs enfants se rappelant à leurs bons souvenirs quelques heures plus tard.

La vie poursuivit ainsi son cours dans la maisonnée, sous l'œil vigilant des shinobis détachés par Tsunade à leur surveillance et celui plus discret des ANBU du conseil. Chaque jour ou presque, un des amis du blond venait leur rendre visite, interrompant parfois leur séance d'entraînement devenue quotidienne. Plus d'une fois, Naruto trouva Sasuke endormi dans le rocking-chair, l'un des jumeaux reposant sur son torse. Plus d'une fois, Sasuke trouva Naruto endormi sur les coussins de la véranda, l'un de leurs enfants dans ses bras.

Les interrogations du brun sur son avenir et ses sentiments pour le blond ne trouvaient toujours pas de réponse, et le blond appréhendait plus que tout le jour où son amour le quitterait. La fatigue qui les fauchait à peine couchés, réduisait fortement leur niveau d'intimité, ils n'allaient jamais plus loin que de chastes baisers depuis leur retour à la maison. L'un attendant que l'autre soit complètement remis et l'autre attendant que l'un fasse le premier pas.

- Félicitations.

La voix calme de Gaara résonna dans le salon. Il était de passage à Konoha et était venu rendre visite à Naruto et Sasuke. Sur la route il avait rencontré Hinata et Sakura qui se rendaient elles aussi chez le couple et ils étaient arrivés ensemble. Sasuke remercia d'un signe de tête le Kazekage, tout en déballant une énième peluche. Décidément, ils s'étaient tous passés le mot ou quoi ? Heureusement qu'il avait fait don de la montagne pelucheuse que Naruto avait ramené un jour de ses courses, sinon il n'y aurait déjà plus de place pour les bébés dans la chambre.

Naruto déposa un plateau chargé d'une théière fumante et cinq tasses sur la table basse et engagea la conversation avec ses amis. Le jeune Uchiwa écouta d'une oreille distraite les discussions des quatre autres, se retenant de grincer des dents en voyant les yeux énamourés que posait Hinata sur son blond. Constatant que Sayuki se tortillait dans son transat et commençait à grimacer, il la prit dans ses bras et se dirigea vers la chambre pour la changer.

Il en était à refermer d'une main experte la couche propre quand un léger raclement de gorge à la porte attira son attention. Debout sur le seuil, Gaara le regardait de cet air impassible qu'il avait toujours. Ne voyant aucun signe d'hostilité de la part du jeune père, le Kazekage entra dans la pièce, s'avançant jusqu'à se retrouver à côté du brun qui habillait la petite fille. Celle-ci, posée sur le ventre, relevait la tête le plus possible, cherchant à voir ce qu'il y avait autour d'elle.

Le roux observa le porteur du sharingan qui manipulait le nourrisson avec précaution et habileté. La douceur de ses gestes le frappa, et il retint une remarque quand il vit la main pâle et fine chatouiller légèrement le ventre du bébé. S'il en croyait la tendresse qui perçait les orbes sombres, la paternité n'était pas un fardeau pour l'adolescent. Cela suffirait-il à le retenir à Konoha ? Seul l'avenir le leur dirait...

- Elle a tes yeux...

La remarque de Gaara sortit Sasuke de son absence contemplative. Relevant la tête vers son interlocuteur, il acquiesça silencieusement. Oui, les yeux de Sayuki étaient rapidement devenus aussi noirs que les siens, contrairement à ceux de son frère qui les gardait obstinément bleus.

- Mais elle est blonde... comme Naruto...

Le jeune Uchiwa se retint de lever les yeux au ciel. Oui, il avait remarqué que sa fille restait blonde. Où voulait en venir l'ancien jinchuriki ? Il n'était quand même pas venu juste pour lui dire ça, si ? Il incita son interlocuteur à donner le fond de sa pensée d'un simple regard.

- La lumière te va mieux que les ténèbres, finit par dire le chef du village caché du sable.

Sasuke leva un sourcil interrogateur, signifiant à Gaara qu'il avait toute son attention.

- Je n'ai jamais vu Naruto aussi heureux. C'est grâce à toi. Vous formez une jolie famille. J'aurais aimé que la mienne soit ainsi.

- Tu as encore ton frère et ta sœur, répondit platement le porteur du sharingan.

- Mais avoir des parents aimants, ce n'est pas la même chose. Ces deux enfants ont beaucoup de chance. J'espère qu'on aura l'occasion de se revoir dans d'autres circonstances tout aussi paisibles.

Sur ces mots le Kazekage regagna le salon, laissant Sasuke seul avec sa fille dans les bras. Celui-ci posa un regard attendri sur Sayuki qui s'éveillait chaque jour un peu plus. Oui, lui aussi aimerait les voir grandir, mais il n'était pas sûr que ce soit la meilleure chose à faire pour eux. Et bizarrement, le bonheur de ses enfants comptait plus que sa vengeance, surtout maintenant qu'ils étaient de ce monde, et en bonne santé. Avec un soupir il quitta la chambre et se dirigea vers le séjour.

Il se figea un instant devant la scène qui se déroulait sous ses yeux. Assis côte à côte dans le canapé rayé, Naruto et Hinata discutaient tranquillement, la kunoichi tenant dans ses bras Makoto. Il perçut la présence de son ancienne coéquipière dans son dos quand elle sortit des toilettes. Coulant un œil par dessus l'épaule de Sasuke, elle sourit doucement en contemplant ce qu'il fixait avec intensité, et lui souffla :

- Ils auraient fait un joli couple, non ? Mais Naruto t'a choisi.

Sasuke ne bougea pas d'un pouce, la jeune fille aux cheveux roses passant à côté de lui pour rejoindre le duo. Oui, Hinata ferait une parfaite épouse et une bonne mère, douce et aimante. Il n'y avait qu'à voir comment elle portait attention à Makoto, tout en discutant avec le jinchuriki. Les yeux de la jeune femme brune brillaient d'amour et de tendresse, c'était si évident que ça crevait les yeux. Il ne lui accordait que peu de valeur en tant que kunoichi, mais ce qu'il ne pouvait pas lui retirer, c'était ses qualités en tant que femme... des qualités qu'il n'aurait jamais.

L'évidence criante qu'il n'avait pas sa place ici lui sauta aux yeux. Ce dont avaient besoin leurs enfants c'était d'une vrai mère, une mère comme Hinata, comme sa mère, une mère douce, aimante, tendre, attentionnée et féminine. Et Naruto et les jumeaux seraient bien plus heureux avec une personne comme elle dans leur vie. Oui, Naruto souffrirait de son départ. Mais à voir ce qu'il voyait là, il savait que sa place ne resterait pas vide dans le cœur du blond et de ses enfants.

Ils formeraient une famille absolument parfaite et normale avec la porteuse du Byakugan. Ils auraient même une famille élargie, des oncles, des tantes, des grands-parents, des cousins. Bref, une vraie famille, une famille que Konoha accepterait, une famille comme lui avait eu dans le passé. Le clan Hyuga saurait les protéger, il n'en doutait pas un instant. Même le conseil y réfléchirait à deux fois avant de faire quoi que ce soit contre eux. Oui, c'était définitivement la meilleure chose qui pourrait arriver. Mais, ça ne pouvait arriver que s'il partait...

Profitant de la présence des amis du blond, Sasuke s'isola dans leur chambre. Sa décision était prise, il ne reviendrait pas dessus. Tout en préparant discrètement son sac, il planifia sa visite aux deux vieux singes du conseil dont il aurait la tête dés ce soir, avec ou sans Kusanagi que Tsunade ne lui avait toujours pas rendu. Son regard se posa sur les bracelets anti-chakra qu'il portait aux poignets. Il faudrait qu'il s'en débarrasse.

Il se souvint d'un forgeron particulièrement doué qui avait la réputation de pouvoir briser toutes les entraves possibles et imaginables. Il faudrait qu'il lui rende visite dès qu'il aurait quitté Konoha. Il espéra que les deux vieux conseillers étaient bel et bien aussi séniles qu'ils en avaient l'air, ainsi s'en débarrasser serait plus facile et surtout plus discret sans chakra. Le temps que quelqu'un se rende compte de leur mort, il serait déjà loin. Il était temps pour lui de refermer cette parenthèse improbable dans sa vie. Les sentiments, c'était pour les faibles, n'est-ce pas ?

Naruto fronça les sourcils en observant le brun préparer le repas du soir. Depuis la visite de Gaara, Hinata et Sakura, il le trouvait comme absent, et la lueur de tristesse qu'il avait surpris dans les yeux noirs posés sur les jumeaux l'inquiétait. C'était-il passé quelque chose de particulier durant cette visite ? Il avait bien vu que Gaara avait parlé avec Sasuke mais il ignorait tout de ce qu'ils s'étaient dit. Gaara aurait-il touché un point sensible chez son brun ? Et si oui, lequel ?

Une fois les enfants couchés et le repas terminé, les deux adolescents s'installèrent dans le canapé, ils se disputèrent gentiment sur le programme télé, et pour une fois ce fut Sasuke qui céda. Étrangement, le malaise latent que ressentait le jinchuriki s'en trouva accru. Pourquoi avait- il un si mauvais pressentiment ? Observant le profil altier qu'il discernait sous l'éclairage de l'écran de télévision, il n'y vit pourtant rien qui puisse lui fournir la réponse.

Quand Sasuke se jeta littéralement sur lui une fois dans leur chambre, Naruto sut avec certitude que c'était la dernière fois qu'il pourrait aimer son brun de cette façon. Ils n'avaient plus couché ensemble depuis la naissance des jumeaux et cela lui manquait. Pourtant, savoir que ce serait la dernière fois lui brisa le cœur. Sasuke allait partir, il le savait, il le sentait au plus profond de son être. Alors pour que jamais celui-ci ne l'oublie, il décida de rendre leur étreinte inoubliable, marquant son amant de sa présence au plus profond de sa chair, gravant son amour pour lui dans chaque cellule de son être à travers ses caresses et ses baisers dont il le noya.

Sasuke voulait emporter avec lui le souvenir impérissable de la puissance de leurs étreintes, la chaleur de son affection sans borne, la tendresse de ses caresses, le goût sucré de ses baisers, son odeur, sa présence, tout ce qui faisait qu'il était Naruto et la force de cet amour inconditionnel qu'il savait n'avoir jamais mérité. Il ne reviendrait jamais et il voulait enfermer dans un coin de son cœur tout ce que le jinchuriki représentait pour lui. Le souvenir de ces quelques mois passés à ses côtés l'accompagnerait à chacun de ses pas ainsi que toutes ces émotions agréables, apaisantes et aimantes.

Sasuke regarda Naruto s'endormir, celui-ci ne l'avait pas quitté des yeux depuis la fin de leur étreinte désespérée, lui murmurant un "Je t'aime" vibrant d'émotion avant de basculer dans l'engourdissement de l'orgasme. Il était sûr que le blond avait deviné ses intentions, mais comme il le lui avait promis, Naruto ne le retiendrait pas. Même si c'était plus simple ainsi, quelque part il aurait aimé qu'il le retienne, l'empêche de partir, de le quitter.

Précautionneusement, il s'extirpa du lit, s'habillant rapidement et en silence. Il se couvrit d'une large cape à capuche noire et prit son sac. Ce même sac avec lequel il était arrivé là des mois plus tôt, celui avec lequel il était parti du repaire de l'Akatsuki, ce souvenir lui apparaissant presque comme appartenir à une autre vie. Au moment de franchir la porte, il se retourna, posant un regard tendre sur le corps endormi de son amant. Il chuchota "Pardonne-moi... Usuratonkachi..." et quitta la pièce d'un pas décidé.

Sasuke stoppa devant la porte de la chambre des jumeaux, hésitant un instant sur ce qu'il devait faire. Il pouvait bien les voir une dernière fois, n'est-ce pas ? Une toute dernière fois. Il poussa lentement le battant, prenant soin de ne pas faire de bruit pour ne pas les réveiller et resta sur le seuil de la pièce, immobile. Ils étaient là, dans leurs petits lits, bien emmaillotés dans leurs couvertures respectives, Sayuki et Makoto... ses enfants... ses enfants qu'il abandonnait...

Ils étaient si beaux, et il ne les verrait jamais grandir. Il ne les tiendrait plus jamais dans ses bras, blottis contre lui, il ne connaîtrait jamais le son de leurs premiers mots. Ses enfants... une émotion irrépressible l'envahit... Ses bébés, les enfants qu'il avait eus avec Naruto et qu'il avait portés dans son ventre... Au final, en les voyant maintenant, il n'en voulait presque plus au démon renard, car ils étaient un nouveau prolongement de lui-même, vierges de ténèbres et de rancœur, qui n'auraient jamais existé sans l'intervention de cette saleté de bestiole.

Ses doigts s'agrippèrent au chambranle de la porte, son cœur compressé dans sa cage thoracique. Les paroles que son frère lui avait murmurées dans son rêve résonnèrent dans sa tête "Quoi que tu fasses, je t'aimerai toujours". Naruto lui avait presque dit la même chose, lui assurant que s'il partait, il aurait toujours un endroit où revenir, un endroit où on pensait à lui, un foyer...

Ses genoux cédèrent et il tomba au sol avec un bruit sourd, sa tête penchée vers l'avant, fixant sans le voir le plancher clair de la chambre. Kamisama, pourquoi était-ce si dur de les quitter tous les trois ? Deux bras puissants et apaisants s'enroulèrent autour de lui, un torse chaud se colla à son dos, un front se posa sur sa nuque pâle et fine, une voix grave et rauque chuchota :

- Sas'ke...

Naruto resserra son étreinte en sentant les mains fines et gantées de son amour s'agripper avec force à ses avant-bras dénudés. Il en aurait pleuré de soulagement, car il savait, il avait compris. Sasuke, son Sasuke, l'amour de sa vie, le centre de son univers... ne réussissait pas à les abandonner. Il avait eu si mal quand il l'avait entendu partir, ses derniers mots lui déchirant le cœur. Quand il avait entendu le bruit d'un corps qui tombait, il avait cru que c'était l'un des jumeaux, et s'était précipité. La vision de son amour effondré au seuil de la porte face à leur chambre... Il avait immédiatement compris... Son cœur brisé se réparant instantanément.

Maintenant, il n'avait plus rien à lui pardonner, car il allait rester. Il le savait, il le sentait, il en était sûr et certain. Une vague d'un bonheur incommensurable fit chavirer tout son être. Peut-être que les ténèbres abritaient encore son ami, son rival, son compagnon, son amour, son amant, le père de ses enfants, mais il savait qu'à eux trois ils sauraient les dissiper. C'était là qu'était sa place, c'était là qu'elle avait toujours été, à ses côtés, et nulle part ailleurs. Et il était soulagé, tellement soulagé, que Sasuke l'ait enfin compris.

Le corps fin qu'il serrait contre lui frissonna, les doigts effilés s'accrochant encore plus fermement à ses bras, la tête brune resta baissée alors que la voix éthérée, et où perçait une émotion intense, murmura :

- … Je te déteste...

Le jinchuriki sourit tendrement et se colla plus encore au dos de son brun, qu'il aimait tant et qu'il avait si souvent failli perdre. Sa réponse ne fut qu'un souffle dans le couloir sombre de leur maison :

- Je sais.

To be Continued...


Commentaires des auteurs :

Yzan n'a plus de mouchoirs Hello Kitty pour essuyer ses larmes parce qu'elle est trop émotive. Et Sasu qui va partir c'était trop pour son petit cœur fragile. J'en appelle à votre générosité !

Sinon à part ça, vous êtes contents ? Finalement Sasu va rester ! C'est une bonne nouvelle, non ? Allez, courage ! C'est presque fini. Haut les cœurs Sasu !


Bureau des plaintes et réclamations des personnages martyrisés :

Devant son écran, Yzan pleure entourée d'une montagne de mouchoirs Hello Kitty, à ses côtés Lili la réconforte comme elle peut.

Les poings sur les hanches Sasu darde un regard furieux vers les demoiselles :

- Non mais dites-moi que je rêve ! A cause d'elles j'ai été violé, engrossé, électrocuté dans une baignoire, j'ai souffert des mois durant avec un gros bide, j'ai accouché par césarienne sans anesthésie et bien failli en mourir, et elles n'ont pas versé UNE larme... Et là, juste parce que je veux partir, elles pleurent comme des madeleines alors qu'elles savent parfaitement que je ne vais pas partir !

Lili se retourne vers Sasu et, furibonde, s'exclame :

- Yzan a un petit cœur fragile ! Elle ne supporte pas que Naru et toi soyez séparés ! Tu devrais la remercier et lui baiser les pieds, espèce d'ingrat !

Naru empêche Sasu de répondre et l'emmène plus loin en chuchotant :

- Tais-toi, la prochaine fois elles pourraient faire pire !

Yzan se mouche bruyamment et se tourne vers les lecteurs :

- Une petite review me remonterai le moral !


Rendez-vous au prochain chapitre, Chapitre 23 : Choisir sa route...

La roue de la destiné s'est arrêtée, il est l'heure pour Sasuke de faire un choix. Quel chemin prendra-t-il ? Et quelles conséquences cela aura-t-il ?