Avertissement : Attention, spoil sur l'identité de Tobi et ses motivations, donc ceux qui n'en sont pas là, vous voilà prévenus !

Nous tenons à remercier tous ceux qui nous suivent chaque semaine et, encore plus ceux qui n'hésite pas à nous faire part de leur avis et de leur ressenti grâce à leurs reviews. Chaque semaine c'est avec plaisir que nous lisons vos reviews et y répondons. Un grand Merci à vous.

Bonne Lecture !

Yzan et Lili.

Nous vous rappelons que toutes les réponses aux reviews de personnes n'ayant pas de profil sur le site, sont sur notre profil.


~Chemins de traverses.~

Chapitre 24 : Collision.

- J'avais un mauvais pressentiment. Visiblement, je ne me suis pas trompé. Je me méfiais de toi depuis mon retour... Sakura.

Sasuke regardait froidement son ancienne coéquipière dont les yeux vert se plantèrent dans les siens sous la capuche rabattue, sur son visage, qui dissimulait ses cheveux roses. Les lèvres pleines et féminines se transformèrent en une fine ligne mauvaise. Le regard était sans aménités, les émeraudes ourlées de longs cils clairs ayant perdues toute leur chaleur coutumière. Une lueur triomphante brûlait au fond des prunelles alors que la figure de la jeune femme exprimait une intense satisfaction.

- Tu te méfiais ? Vraiment ? Cet idiot de Naruto est pourtant tombé dans le panneau, lui. Si tu avais vu ta tête toutes les fois où je le draguais ouvertement sous ton nez.

Le rire de la kunoichi s'égrena dans la pièce comme autant de notes mesquines. Le jeune père resserra sa prise sur son sabre, sentant la colère gronder en lui. Son compagnon la considérait comme une amie précieuse, et il savait qu'il aurait du mal à se remettre de cette trahison.

- Pourquoi ? Pourquoi tu as fait tout ça ? Naruto et toi, vous êtes des coéquipiers, des amis, non ? Il a toujours eu confiance en toi. Que tu m'en veuilles à moi, je peux le comprendre, mais pourquoi t'en prendre à lui ? questionna Sasuke d'une voix polaire.

La jeune femme serra les poings avant de répondre :

- Tu oses me demander pourquoi ? Tu es bien mal placé pour ne pas vouloir comprendre ce que le mot vengeance signifie. Durant nos jeunes années, je t'adorais, je t'adulais. Tu as toujours eu une place spéciale dans mon cœur. Mais tu ne m'as pas rendu le dixième de l'attention que je te portais ! Quand tu es revenu, j'ai honnêtement pensée qu'on pourrait se rapprocher, que peut-être les sentiments que j'éprouvais pour toi n'étaient pas morts, qu'il en restait encore quelque chose... autre chose que cette vision idéalisée que j'avais de toi, parce que tu étais parti...

Les yeux verts devinrent encore plus durs, se remplissant peu à peu de rage et de colère. Elle ôta la capuche qui recouvrait sa tête. Elle n'avait plus besoin de se cacher maintenant. Devant l'air stoïque et incompréhensif de son ancien camarade, elle poursuivit.

- Et puis j'ai compris. J'ai compris que c'était peine perdue. Tu n'en avais que pour Naruto et ta fichue vengeance. Il n'y a qu'à voir comment tu le regardais dès qu'il était dans la pièce. Et pour couronner le tout, tu t'es laissé engrosser par ce fichu renard ! Tu m'as tout pris Sasuke, tout ! Quand à Naruto, il t'a choisi, toi ! Alors qu'on aurait pu aussi être heureux ensemble, lui et moi !

Une trace fugace de tristesse passa sur le visage déformé par la haine de la kunoichi qui ne lâchait pas des yeux l'unique responsable de tous ses malheurs.

- Naruto aurait pu m'aimer, et j'aurais pu l'aimer aussi, si tu n'étais pas revenu ! On t'a cherché pendant tant d'années, tous les deux, côte à côte. Et je commençais à me faire à l'idée que peut-être, avec lui, je pourrais construire quelque chose. Mais tu es revenu ! Et lui aussi, à son tour, il m'a abandonnée ! Il n'avait plus d'yeux que pour toi, il ne parlait plus que de toi, de toi et de cette engeance que Kyuubi a eu la délicate attention de semer en toi !

La colère fit trembler sa voix alors qu'elle poursuivait :

- J'ai tout fait pour que tu comprennes que ta place n'était plus ici ! Si vous vouliez des enfants, j'aurais pu vous en donner moi, à l'un comme à l'autre ! Mais non, tu t'es accroché, et cet imbécile ne t'as pas lâché ! Sais-tu ce que ça fait d'être mise à l'écart par les deux personnes qui ont le plus d'importance pour soi ? As-tu la moindre idée du mal que vous m'avez fait tous les deux ?

Se reprenant un peu, la jeune fille durcit sa voix, tranchant l'espace entre elle et son amour de jeunesse de ses mots acerbes et virulents.

- Tu vas mourir aujourd'hui Sasuke ! Mais tu mourras avec la certitude que tes enfants ne seront jamais heureux. Ne t'inquiètes pas pour Naruto, je prendrai soin de lui à ta place. Je lui donnerai des enfants qui remplaceront les tiens, et il t'oubliera ! Tu ne seras rien de plus qu'un vague souvenir pour lui et le village entier !

Le Kazekage et le porteur du byagukan échangèrent un regard stupéfait. Jamais ils n'auraient imaginé que la jeune fille qu'ils connaissaient douce et loyale puisse aller aussi loin pour une peine de cœur. Certes la situation avec ses deux coéquipiers ne devaient pas être simple pour elle, mais de là à mettre tout le village en danger, ils ne l'en auraient jamais cru capable. Sasuke sentit Gaara et Néji se tendre derrière lui, se préparant à affronter la kunoichi.

Contrôlant du mieux qu'il pouvait ses envies meurtrières, le jeune père posa un regard désabusé sur son ancienne coéquipière et lâcha :

- … Comme toujours... Tu es chiante, Sakura !

Satisfait par l'expression choquée de la jeune fille, il enfonça le clou :

- Entre Naruto et moi, ça a toujours été spécial. Et tu n'y as jamais eu ta place, ni avant, ni maintenant, ni demain, ni jamais. Je te croyais suffisamment intelligente pour l'avoir compris depuis longtemps.

Un rictus malfaisant étira les lèvres fines du brun, qui détailla ostensiblement le corps de la rosée, avant de dire d'un ton moqueur :

- Et franchement, regarde toi ! Tu crois que tu tiens la comparaison avec moi ? Même Hinata est mieux ! Quand à lui donner des enfants, mieux que les jumeaux... comment tes vulgaires gènes de ninja de base pourraient rivaliser avec les miens, ceux d'un Uchiwa ?

Le hurlement de rage que poussa la jeune fille en se jetant sur lui, poings en avant résonna dans la pièce. D'une habile pirouette il esquiva le coup qu'il devinait particulièrement puissant et déclencha un senbon chidori, envoyant sur la kunoichi des milliers de petits aiguilles chargées d'électricité. Sakura parvint à éviter une partie des projectiles, mais pas tous, et hurla de souffrance quand le puissant flux de chakra électrique se répandit dans les endroits touchés.

Elle repartit pourtant à l'attaque, tous poings dehors, prête à réduire en bouillie l'objet de toute son ire. Elle manqua à nouveau sa cible, pas assez rapide pour rivaliser avec un Uchiwa en pleine possession de ses moyens et tout sharingan dehors. Elle le savait, elle aurait dû le supprimer pendant qu'il était enceinte ! Elle avait bien essayée de masquer du poison dans les plats qu'elle leur avait préparés mais pour une quelconque raison, ça aussi, ça avait échoué.

Un mur de sable se dressa soudain entre la kunoichi et le ninja renégat, les obligeant tous les deux à faire un bond en arrière.

- Vous êtes tous deux des anciens coéquipiers, des ninjas issus du même village. Je ne peux pas vous laisser vous affronter et rester les bras croisés, énonça calmement le jeune homme aux cheveux roux quand deux paires d'yeux furibonds se posèrent sur lui.

- Gaara, ne t'en mêle pas. C'est mon combat ! éructa le nukénin.

La répartie du manipulateur de sable fut coupée par la voix pressée de Neji.

- Attention, les conseillers sont en train de prendre la fuite ! Et ils ont toujours les enfants en otage !

Le descendant du clan Hyuga se lança à la poursuite du duo sans attendre. Une exclamation rageuse échappa au père des jumeaux qui s'élança soudainement dans les airs en prenant appui sur un mur.

En un éclair, il fit apparaître des shuriken entre ses doigts grâce aux sceaux qu'il portait à l'intérieur de ses poignets. Il lança les petits projectiles sans la moindre hésitation sur son ancienne camarade, multipliant la manœuvre autant de fois que nécessaire. Les étoiles acérées, déviées par d'autres, passèrent aisément au-dessus du mur de sable. La précision et la rapidité du lancer ne laissa pas le temps à Gaara, ni à Sakura, de réagir et les armes tranchantes firent mouche, pleuvant sur leur cible, infligeant de graves blessures à la kunoichi, dont le sang se répandit soudain sur le sol, alors qu'elle tentait vainement de se protéger de l'attaque fulgurante derrière ses avant-bras croisés.

Elle s'écroula au sol avec un cri douloureux, plusieurs de ses points vitaux inévitablement touchés, les shuriken ayant transpercé ses vêtements et s'étant profondément enfoncés dans sa chair. Ses bras avaient été lacérés par les étoiles coupantes, certaines encore plantées dans sa peau. Sakura retira l'une des armes effilée du dos de l'une de ses mains, perforée de part en part par l'acier, un vagissement de souffrance lui échappant. Elle se recroquevilla sur le plancher qui se recouvrit peu à peu de tâches carmines, vaincue, et des larmes coulèrent de ses paupières.

Le mur de sable se désagrégea aussi vite qu'il était apparu et Sasuke s'élança sans perdre une seconde. Sa main se referma sur la gorge de la kunoichi qui s'était tout de même péniblement relevée. Ses doigts se serrèrent sur la trachée fragile alors que Sakura tentait vainement de se défaire de sa prise de ses mains blessées, ses pieds ne touchant déjà plus qu'à peine le sol.

- Sasuke, arrête. Si tu la tues tu ne vaux pas mieux qu'eux, s'exclama Gaara en se postant aux côtés du nukenin, posant une main apaisante sur l'une de ses épaules.

- On ne s'en prend pas impunément à MA Famille ! tonna le brun d'une voix glaciale et vibrante de colère.

- Justement, penses à tes enfants. Ce n'est pas la solution. Et si tu fais ça, Naruto ne te le pardonnera pas, rétorqua le Kazekage, alors que la jeune femme étouffait peu à peu sous la poigne rigide.

Les orbes rougeoyantes plongèrent dans le regard décidé et convainquant du chef du village caché du Sable avant de revenir sur le visage de sa victime qui palissait à vue d'œil et toussotait misérablement.

L'héritier du clan décimé relâcha sa main, et la jeune fille aux cheveux roses s'effondra une nouvelle fois au sol. Son regard rougeoyant se planta sur son adversaire, effondrée à ses pieds qui toussait un peu plus clairement. Sa voix glaciale et dénuée de tout sentiment claqua comme un orage dans le silence de la pièce.

- Pars loin, très loin d'ici. Fais en sorte que je ne te revois plus jamais. Car la prochaine fois, tu peux être sûre que je te tuerai.

Sans plus d'intérêt pour celle qui fut un jour sa camarade et sa coéquipière, il se détourna et se lança à la suite de Neji. Gaara eut un ultime regard empreint de pitié et de commisération pour la jeune femme qui gisait sur le flanc, sa cape et ses vêtements déchirés sur des entailles profondes en trop grand nombre pour lui permettre de pouvoir encore agir de quelque manière que ce soit. Le Kazekage fut impressionné par la rapidité, la précision et l'acharnement dont le compagnon de son ami avait fait preuve, ne laissant aucune échappatoire à sa cible.

Il se détacha de sa contemplation de la victime qu'il abandonna, partant à son tour à la poursuite des deux vieux conseillers. Leur course les conduisit en dehors de la maison. Sasuke rattrapa rapidement Neji qu'il dépassa, sautant le premier par une fenêtre. Homura et Koharu, encore assez alertes pour deux vieillards, tentaient de rallier l'extérieur pour se fondre dans le village où régnait le plus grand désordre sous l'effet de l'attaque de l'Akatsuki.

Le dos du vieux ninja se découpa nettement dans le jardin, sa comparse un peu plus loin devant lui, ils fuyaient emportant avec eux les jumeaux. Sasuke marqua un temps d'arrêt et les éclairs du chidori crépitèrent sur son poing. Neji s'arrêta juste derrière lui, surpris par la réaction du jeune père qui venait de stopper sa ruée nerveuse et rapide. La lance acérée des mille oiseaux prit rapidement forme et s'allongea, parcourant les quelques mètres de distance qui les séparaient du fuyard.

Koharu lança un regard rapide dans son dos pour vérifier que son comparse la suivait toujours et se pétrifia, se retournant définitivement vers son coéquipier qu'elle connaissait depuis tant d'années.

- Non ! Homuraaaa !

La lance bleuté perfora le ventre de celui avec qui elle avait partagée tant de choses, l'arrêtant net dans sa fuite. Ses yeux s'écarquillèrent quand un flot de sang sortit de la bouche de son vieux compagnon d'armes. Il tomba à genoux, un gargouillis inintelligible sortant de sa gorge alors que ses yeux s'arrondissaient de surprise puis perdaient de leur vivacité.

Gaara emboîta le pas de Neji qui se précipita à la suite de Sasuke. L'héritier du clan décimé rallia le corps qui était en train de tomber au sol, emportant son otage dans sa chute risquant de l'écraser sous son poids, avec un déplacement instantané. Les pleurs du nourrisson retentirent puis se calmèrent quand les bras paternels le recueillirent, l'arrachant prestement à la dépouille qui bascula sans vie dans la poussière.

Quand les deux autres arrivèrent à la hauteur du jeune brun, le corps du conseiller gisait sans vie à ses pieds et il tenait tout contre son torse le bébé qui s'était calmé. Il glissa Makoto d'autorité entre les bras de Neji et se retourna pour épingler de son regard rouge la vieille conseillère qui avait reculée, un pas après l'autre, jusqu'à ce que son dos ne s'adosse à un arbre, choquée par la mort de son vieux partenaire, Homura Mitokado.

Sasuke se dirigea vers elle et elle raffermit sa prise sur l'enfant qu'elle tenait. La vieille femme sortit soudainement un kunai de l'une de ses manches.

- Rends-moi ma fille ! tonna le brun d'une voix tranchante, s'arrêtant à moins d'un mètre de Koharu.

- Tu l'as tué ! Espèce de... Jamais ! Vous êtes une menace pour ce village ! Tu en es la preuve vivante ! Danzo avait raison, un bon Uchiwa est un Uchiwa mort ! Nous voulions faire en sorte que ces enfants soient de vrais protecteurs loyaux de Konoha. Mais une mauvaise herbe reste une mauvaise herbe, même arrosée du meilleur engrais !

La vieille femme approcha la lame de la gorge de l'enfant. Les yeux de Sasuke s'écarquillèrent et le temps suspendit sa course. Gaara vit avec stupeur la conseillère approcher la lame de sa propre gorge alors qu'il rejoignait le porteur du Sharingan avec Neji. L'héritier du clan maudit récupéra Sayuki des bras de la vieille femme, paralysée. Dégainant son sabre, le jeune père s'apprêta à porter le coup fatal à sa victime, prise dans son genjutsu.

- Sasuke, ne fait pas ça, souffla doucement le Kazekage, conscient que son ami était tremblant de rage.

- Elle a signé l'arrêt de mort de ma famille. Cette vieille folle a contribué à pousser Itachi à faire ce qu'il a fait ! Elle allait... Elle allait tuer mon enfant, après l'avoir kidnappé ! Elle mérite de mourir !

- La tuer ne te rendra pas ton frère, ni ta famille. Pense à Naruto... Sasuke, s'il te plaît.

Les rumeurs du combat leur parvinrent, semblant s'intensifier, et Sasuke resserra sa prise sur son katana.

- Elle sera jugée en bon et due forme pour ses actes. La Godaime m'a dit avoir des preuves en sa possession. Laisse la en vie Sasuke, ne fais pas ça, poursuivit Gaara.

Le jeune père plissa les yeux, sentant la colère et la haine bouillir en lui comme jamais. Il voulait venger tout le mal qui lui avait été fait ainsi qu'à sa famille et à son clan. Il voulait le prix du sang pour celui des siens qui avait été versé.

- Si tu la tues, ils auront gagnés. Tu perdras tout, ajouta Neji.

- Est-ce que sa mort en vaut vraiment la peine ? reprit Gaara.

Perdre Naruto, perdre ses enfants, perdre son avenir à Konoha... Sasuke ferma les yeux et poussa un cri de frustration. La vieille conseillère tomba à genoux, enfin libérée de la technique.

- Tu... tu répondras de tes actes Uchiwa, fais moi... fais moi confiance ! persifla Koharu, reprenant son souffle.

Sasuke se détourna d'elle après un sifflement dédaigneux, pressentant que s'il restait là plus longtemps, il finirait bien par la trucider, et à mains nues s'il le fallait. Le Kazekage aida la kunoichi parcheminée par les années à se remettre debout, lui rétorquant qu'elle aussi, répondrait des siens. Elle lança un regard aigu au chef du village de Suna, quand une violente douleur lui perfora la poitrine. Elle posa sa main sur son cœur, affolée avant de s'effondrer dans les bras du jeune homme roux.

- Ma... ma poitrine... bégaya-t-elle avec une respiration sifflante alors que l'ancien jinchuriki l'allongeait contre l'arbre contre lequel elle s'était tenue jusque là.

Le jeune homme la regarda lutter pour respirer, son visage contracté par la souffrance, essayant d'ouvrir le vêtement qu'elle portait pour dégager sa gorge et son thorax. Un soubresaut tordit le corps éprouvé par le passage du temps, extorquant un râle à la vieille femme.

Gaara ne put rien faire pour empêcher la conseillère de sombrer. Elle s'éteignit soudain, exactement là, sous ses yeux, emportée par une crise cardiaque, la technique héréditaire du clan Uchiwa ayant sans doute été trop pour elle et son cœur fatigué .

- … Je n'y suis pour rien, trancha Sasuke qui s'était retourné, quand le regard vert anis se posa sur lui.

Le possesseur de la pupille à virgule reporta toute son attention sur sa fille qu'il tenait entre ses bras, se détournant définitivement de la dépouille de celle qui n'était plus et pour qui il ne put que songer que ce n'était pas volé, même si elle n'avait pas péri de sa propre main.

Il attendit que le Kazekage se relève et jeta un coup d'œil à son fils dans les bras de Neji qui s'était paisiblement rendormi. Gaara et le porteur du Byakugan s'entre-regardèrent, quand l'animosité des combats qui se déroulaient un peu plus loin dans le village les ramena à la réalité.

- Ne restons pas là. Nous avons encore beaucoup à faire. On reviendra là-dessus plus tard, lança le jeune homme roux.

Alors qu'ils se dirigeaient vers l'un des lieux d'évacuation de la population de Konoha, un endroit sûr pour les jumeaux, ils se retrouvèrent face à un nouvel adversaire. Un Zetsu leur coupa soudainement la route, attaquant directement Neji et Sasuke pour tenter de s'emparer des enfants. Gaara intervint, avant que Sasuke ne lui confie Sayuki qu'il portait dans ses bras pour pouvoir avoir les mains libres et faire face à l'adversaire qu'il savait pouvoir vaincre puisqu'il l'avait déjà fait par le passé.

Le combat fut bref et le jeune père extermina sans remords la photocopie du membre schizophrène blanc et noir de l'Akatsuki, laissant libre cours à sa rage et à sa colère trop longtemps refoulées. Ils reprirent leur route, Sasuke ouvrant la marche, les deux autres ninjas avançant derrière lui, chacun portant l'un des jumeaux. Ils trouvèrent enfin Iruka qui se chargeait d'évacuer les enfants et la population vers le refuge au pied du mont Kage depuis l'académie en passant par les souterrains.

Sasuke confia sans hésiter ses deux bébés à son ancien instituteur, certain que celui-ci saurait en prendre soin et les conduire en lieu sûr. Le trio reprit sa route, remontant vers la rumeurs des combats qui se situait autour de la porte principale. Au fur et à mesure qu'ils se rapprochaient de la zone, les habitations prenaient un air de plus en plus sinistré et ils croisèrent de plus en plus de ninjas aux prises avec des clones de l'ancien acolyte du brun, Zetsu.

Gaara et Neji s'arrêtèrent plusieurs fois en chemin pour prêter main forte aux shinobis aux prises avec les êtres blanc et noir. Mais Sasuke n'avait qu'une idée en tête : rejoindre Naruto. Aussi se contenta-t-il de n'intervenir que quand il estimait son aide absolument nécessaire à ses deux amis pour se défaire des photocopies du membre de l'Akatsuki,qu'il abattit sans ménagement et à chaque fois avec une efficacité redoutable, utilisant l'Amaterasu.

Il repéra facilement le rayonnement particulier du chakra de Naruto et se dirigea vers l'endroit où ce dernier se battait. Naruto avait comme adversaire rien moins que Madara en personne et était déjà en mode Kyuubi fusionné. Son compagnon ne semblant pas au bout de ses peines, Sasuke le rejoignit, prêt à en découdre avec son ancêtre. Le jinchuriki lui adressa un coup d'œil inquiet, mais voyant que son brun n'avait rien, il lui lança d'un ton où perçait une pointe de soulagement :

- Et bien, tu en as mis du temps ! Qu'est-ce que tu foutais, Teme ! J'ai failli attendre !

- … Plus tard... répondit le jeune Uchiwa.

Face à eux Madara les fixait avec animosité.

- Comme c'est touchant ! Vous êtes très mignons ensemble, vraiment. Au fait je ne crois pas t'avoir félicité pour la naissance de tes enfants. Si je ne m'abuse tu as mis au monde un garçon et une fille, c'est bien ça ?

- Je ne vois pas en quoi ça te regarde, hurla Naruto.

Sasuke ne dit rien, se préparant à attaquer son ancêtre, qui ne semblait pas vouloir passer à l'offensive. L'air tranquille de l'homme masqué ne lui disait rien qui vaille, et le fait qu'il s'intéresse aux jumeaux l'inquiétait grandement. D'un ton tranquille le chef de l'Akatsuki demanda:

- Pourquoi m'avoir trahi, Sasuke ? J'avais tant de puissance à t'offrir, et toi tu préfères revenir dans ce village qui t'a menti toute ta vie. Je croyais que tu avais juré sa perte. Crois-tu vraiment qu'ils t'accepteront ? Et en plus tu t'associe au jinchuriki... Comment peux-tu attacher autant d'importance à ce ninja, ce Naruto Uzumaki ?

Le brun fronça les sourcils, un coup d'œil vers son compagnon le renseigna sur le fait que celui-ci se tenait prêt à attaquer. Il prit le temps de fixer un regard peu amène sur celui qui se prétendait son ancêtre.

- Comment pourrais-tu comprendre ? rétorqua-t-il. Toi qui ne crois en rien d'autres que toi-même, comment pourrais-tu comprendre que j'ai choisi de croire en Naruto ?

- Il est si lumineux qu'il efface toutes les ténèbres, il est fort et courageux, loyal, et je sais qu'il sera le plus grand des Hokage. J'ai confiance en lui, plus qu'en personne sur cette terre. Je sais qu'il fera tout pour que les tragédies que le monde ninja a connu ne se reproduisent pas. Naruto changera les choses, il chassera les ténèbres de ce monde, il est porteur d'espoir, et je suis fier d'être à ses côtés.

Durant tout son discours, le brun n'avait pas quitté des yeux Madara, et il le sentit parfaitement fulminer.

Les yeux azuréens de Naruto s'étaient écarquillés en entendant la tirade de l'élu de son cœur. Jamais il n'aurait imaginé que celui-ci pense autant de bien de lui. Il se doutait qu'il avait confiance en lui, mais pas à ce point. Il était profondément touché par les propos de Sasuke, l'entendre dire qu'il croyait en lui... Ému il souffla

- Sas'ke...

Un applaudissement lent et marqué retentit, l'homme au masque orange tapait ses paumes l'une contre l'autre. D'une voix pleine d'ironie il commenta :

- Comme c'est touchant ! Puisque tu y tiens tant que ça à ce blond stupide, tu mourras avec lui, Sasuke.

Et sans un mot de plus Madara lança un katon puissant vers le couple qui lui faisait face.

D'un bond agile les deux adolescents esquivèrent l'attaque, contre-attaquant immédiatement. Une nuée de clones blond se jeta sur l'homme masqué, des rasengans en mains, le traversant sans parvenir à le toucher. Caché parmi les clones, Sasuke déclencha un chidori senbon, envoyant des milliers d'aiguilles d'électricité vers le chef de l'Akatsuki. Mais tout comme les clones et les rasengans, elles traversèrent Madara sans lui infliger le moindre dégât.

C'était rageant ! Quoi qu'ils fassent ils n'arrivaient pas à atteindre leur adversaire. Même avec ses sharingan poussés au plus haut niveau Sasuke ne trouvait pas de faille dans la technique du chef de l'organisation criminelle. Il ne se donnait même pas la peine de les attaquer vraiment, se contentant d'esquiver leurs justu. Une nouvelle salve de rasengan associé au katon balsamine fonça vers Madara qui se dématérialisa à nouveau faisant grincer des dents le duo de ninjas.

Partout dans Konoha les affrontements se poursuivaient, les Zetsu ne laissant aucun répit aux shinobis du village caché de la feuille. Chacun des combattants se donnait à fond dans les combats, les techniques fusaient en tout sens, ravageant le paysage. Le village en cours de reconstruction suite à l'attaque de Pain se trouvait à nouveau dévasté. Mais peu importait après tout, seule la victoire comptait.

Profitant d'une nouvelle vague de clones, Sasuke lança un fil ninja jusqu'à son soi-disant ancêtre, qu'il enflamma d'un feu du dragon. L'homme masqué esquiva sans mal l'attaque mais se fit surprendre par les parchemins explosifs placés sur les copies blondes. Un sourire satisfait étira les lèvres du couple quand ils virent qu'enfin leur attaque avait portée ses fruits, provoquant quelques blessures à leur adversaire. Il semblerait qu'il ne soit pas aussi inatteignable qu'il voulait le faire croire.

Furieux de s'être fait avoir, le chef de l'Akatsuki leur envoya une boule de feu suprême bien sentie, assortie d'une nuée d'armes diverses. Déployant Susano le jeune Uchiwa se positionna devant son ancien coéquipier, le protégeant ainsi de l'attaque avant d'envoyer une flèche de son archer divin vers leur assaillant. Une fois encore, ce dernier se dématérialisa pour esquiver l'assaut, ricanant méchamment sur la tentative avortée.

- Tu crois vraiment que vous êtes de taille pour me vaincre ! Je suis Madara Uchiwa ! Je suis invincible ! lâcha-t-il moqueur.

- Te fous pas de nous ! On va te laminer ! rétorqua Naruto, enragé.

- … Tsss... Madara Uchiwa est mort depuis de nombreuses années maintenant. Je ne sais pas qui tu es, mais tu n'es rien de plus qu'un imposteur ! renchérit Sasuke.

D'énormes branches sortirent du sol juste sous leurs pieds, les obligeant à sauter pour les éviter. L'une d'entre elles disparut soudainement dans un trou noir, attirant leur attention sur le shinobi à l'origine d'un tel phénomène : Kakashi son sharingan poussé à son plus haut niveau. Le plus jeune des Uchiwa présent fronça les sourcils, il avait entendu parler de cette technique du ninja copieur mais ne l'avait encore jamais vu. Maintenant que c'était chose faite, il lui sembla qu'elle était étrangement similaire à celle utilisée par leur adversaire.

Pris d'un doute, il se dirigea rapidement vers son ancien sensei, l'aidant à se débarrasser des appendices du ninja végétal, Zetsu, à coup de raiton, puis lui demanda :

- Kakashi... Votre technique... elle ressemble à celle qu'il utilise... non ?

- Oui, je m'en suis déjà fait la réflexion, mais je ne me l'explique pas... et ça ne nous a pas aidé à y trouver une faille, répondit le ninja copieur.

Voyant l'air étonné de son ancien élève, il précisa :

- Nous l'avons déjà combattu, quand nous étions à ta recherche. Il nous a retardé alors que tu combattais Itachi.

Le cri de rage de Naruto qui avait encore manqué sa cible fit se reconcentrer les deux ninjas sur le combat en cours.

D'un même mouvement ils se jetèrent sur l'homme au masque orange, bien décidé à en découdre une bonne fois pour toute. Le bruit des autres affrontements qui avaient lieu un peu partout autour d'eux leur parvenait en un vacarme assourdissant. A quelque mètres de là, Gaara et Néji affrontaient côte à côte des Zetsu déchaînés. Le porteur du byagukan ne vit pas venir une des branches traîtresses du ninja végétal et fut sauvé de justesse par un mur de sable.

- Sois plus prudent. Je ne voudrais pas te perdre, dit d'un ton impassible le Kazekage.

Neji lança un regard reconnaissant au chef du village caché du Sable, lui faisant un petit signe de tête entendu. Le jeune homme aux orbes presque blanc évita une nouvelle attaque, se défendant contre les branches meurtrières qui furent lancées sur lui par l'un des clones du ninja schizophrène qu'il affrontait avec l'ancien jinchuriki en exécutant sa technique du Tourbillon Divin. Le sable de son camarade de combat ensevelit brusquement la copie du ninja végétal responsable de l'attaque contre le jeune brun appartenant au clan Hyuga, resserrant son emprise dans une étreinte mortelle pour son adversaire.

L'héritier de la pupille blanche vit un peu plus loin sa cousine se battre aux côtés de Kiba et de Shino contre d'autres Zetsu. Des insectes dévoraient le membre de l'Akatsuki pendant que l'autre était attaqué par un Kiba et un Akamaru déchaînés, soutenus par les mouvements défensifs de la jeune fille. Une explosion retentit sur les toits de Konoha, preuve que là-bas aussi les combats faisaient rage.

Kakashi n'en cru pas ses yeux. Non, c'était impossible ! Pourtant, après une énième attaque, ils avaient enfin réussi à blesser leur adversaire en l'atteignant directement dans la dimension spacio-temporelle où il se réfugiait. C'était un pur hasard, il n'avait usé de sa technique que pour supprimer un kunai qui volait dans la direction de ses élèves, envoyant également le rasengan combiné à un katon lancé par le duo dans la dimension parallèle qu'il maîtrisait grâce à son Sharingan.

- Impossible... souffla-t-il médusé, voyant leur adversaire incontestablement touché à l'épaule..

- Et bien Kakashi... on dirait que tu viens de voir un fantôme ! ricana le chef de l'Akatsuki, engageant la conversation avec le junin le temps de régénérer l'endroit touché.

Les yeux du ninja copieur s'agrandirent de surprise alors que l'improbable s'imposait à lui.

- Obito... ?

Un éclat de rire cruel et sans joie fut sa seule réponse. Face à eux le chef de l'organisation criminelle ôta son masque, dévoilant les traits de son visage jusque là cachés.

- C'est qui ça : Obito ? questionna Naruto.

- Mon ancien coéquipier. Il est supposé être mort durant la troisième grande guerre ninja, répondit le ninja aux cheveux gris.

- Il a l'air vachement en forme pour un mort, non ?

Sasuke leva les yeux au ciel en entendant la remarque ô combien constructive de son compagnon.

- Je ne te le fais pas dire... Je pensais sincèrement qu'il avait péri, dit le ninja copieur.

- Je croyais aussi mourir ce jour là, mais les choses ne se sont pas passées comme ça. J'ai survécu.

- Obito... pourquoi ? Pourquoi ne pas être revenu à Konoha dans ce cas ? Pourquoi tu t'es rallié à l'Akatsuki...

- Pourquoi ? Tu oses me demander pourquoi ? Tu as tué Rin ! Tu m'avais juré de la protéger ! C'est tout ce que je te demandais ! Au début, je voulais créer un monde de paix pour elle, mais tu l'as assassinée !

- Tu ne sais rien de ce qu'il s'est passé...

- Je sais ce que j'ai vu. C'est ton poing qui lui a traversé la poitrine ! Mais tout ceci n'a plus d'importance, je vais créer un nouveau monde où elle pourra revivre. Et pour ça, j'ai besoin du chakra des bijuu.

Se tournant vers Sasuke, il rajouta :

- Grace à toi, je n'ai même plus besoin de Naruto Uzumaki. Les jumeaux devraient être largement suffisant pour accomplir mes projets.

- Je ne te laisserais pas toucher à un seul de leurs cheveux, cracha le jeune père avec une détermination froide, ses poings tremblants de rage.

- Mais pourquoi il a besoin des jumeaux ? Je croyais que l'Akatsuki poursuivait les jinchurikis seulement, non ? questionna Naruto. Et tu devras me passer sur le corps avant de pouvoir t'approcher d'eux. Tu es supposé être mort, et je ne laisserai pas un prétendu cadavre faire sa loi ! Kakashi, Sasuke... on y va !

Et sans plus de discours superflu le ninja le plus imprévisible de Konoha se jeta sur celui qui menaçait son village et sa famille.

La montagne trembla, faisant s'écrouler quelques débris de roches sur les habitants non ninjas et les enfants rassemblés dans la grotte protectrice sous le mont Kage, dans laquelle Iruka avait fait évacuer une partie de la population et ses élèves. Le duo de petits vagissements éplorés redoubla, ramenant l'attention de l'instituteur sur les jumeaux qu'il tenait toujours dans ses bras. Certains de ses élèves tremblèrent de peur, assis, serrés les uns contre les autres autour de lui.

Il murmura des paroles rassurantes aux jumeaux qu'il berça ainsi qu'aux tout jeunes ninjas en devenir. Se retrouver à devoir s'occuper de la descendance de Naruto était déstabilisant pour lui, car autant il avait l'habitude des enfants, autant les bébés étaient une grande première. Se sentant démuni, il pria intérieurement pour que les choses se terminent vite et bien. Il espéra que celui qu'il considérait comme un fils ne foncerait pas trop comme une tête brûlée dans la bataille.

Un cri de douleur retentit dans son dos et Gaara se retourna d'un bloc après s'être débarrassé de deux de ses adversaires aux mâchoires de plantes carnivores. Il vit avec effarement le jeune homme à la longue chevelure brune porter les mains à sa cuisse, un flot de sang vermillon coulant entre ses doigts couleur de neige. Un Zetsu avait vicieusement surgi sur la branche où le combattant de la famille Hyuga avait pris pied, lançant sur lui une excroissance de bois affûtée qui avait fait mouche.

Le Kazekage se précipita au secours de celui pour qui il ressentait, à sa grande surprise, plus qu'une simple amitié, un sentiment bien plus puissant et profond qui s'était peu à peu développé en lui. Une étreinte de sable eut rapidement raison du responsable de la blessure faite au jeune homme dont les traits éthérés se crispèrent de souffrance. L'ancien jinchuriki posa un bras soutenant sous les épaules de celui qui avait petit à petit pris tant d'importance à ses yeux, à son corps défendant.

- Est-ce que ça va ? souffla le roux, conscient de l'inquiétude qui perçait dans sa voix.

- C'est rien, c'est juste une égratignure, rétorqua le ninja du village caché de la feuille.

Le pantalon blanc démentit les dires de l'adolescent, se teintant à toute vitesse de rouge. Gaara passa d'autorité le bras de l'utilisateur du Junken derrière son cou et l'attrapa par la taille pour le soutenir contre lui.

- Il faut soigner ça, assena-t-il.

D'un bond, il entraîna le brun vers le refuge tout relatif d'autres arbres un peu éloignés de la zone de combats. Il l'adossa au tronc d'un conifère, sur l'une des plus hautes branches. Un petit sifflement de douleur sortit de ses lèvres fines quand Neji étendit sa jambe blessée sur la ramure. Son acolyte roux s'accroupit à ses côtés et déchira un bout de sa tunique, faisant rapidement un garrot au dessus de la blessure avec le tissu.

Les yeux turquoise plongèrent dans les orbes blancs. Une main claire se posa sur la joue pâle du porteur du Byakugan. Neji sentit bizarrement son cœur battre plus fort, comme ça lui arrivait de plus en plus fréquemment quand il était en compagnie de l'ancien hôte de Chukaku. Le temps suspendit sa course folle et la rumeur des combats s'estompa laissant les deux adolescents face à face, aux prises avec leurs émotions respectives.

Gaara ne put retenir son impulsion soudaine et ses lèvres vinrent s'écraser avec brusquerie sur cette bouche qu'il s'aperçut vouloir désirer contre la sienne, aussi incongru que cela puisse lui paraître, hypnotisé par le visage aux traits délicats et aux lèvres fines. Les yeux de Neji s'ouvrirent sous le coup de la surprise, et il songea un instant à repousser cet assaut inattendu. Il y songea, mais son corps lui, ne l'entendit pas de cette oreille, son cœur battant la chamade et une étrange chaleur se répandant dans tout son être.

Il glissa ses mains dans les mèches rouges, rapprochant de lui ces lèvres qui venaient de buter contre les siennes, reproduisant le geste mais avec un peu moins de brusquerie. Leurs têtes se penchèrent légèrement l'une à l'opposé de l'autre alors qu'ils poursuivaient mutuellement cette exploration curieuse et entêtante. Une tornade verte accompagnée d'un grand cri de guerre les sortit brutalement de leur bulle. Ils tournèrent la tête juste à temps pour voir un des Zetsu se faire exploser par Lee, sur un toit, non loin de là où ils se trouvaient.

- Bon les amoureux ! Vous testerez la fougue de votre jeunesse plus tard ! Là, on est en pleine bataille ! lança le coéquipier du brun avec une grand sourire et un pouce levé dans leur direction.

Gaara haussa un sourcil inexistant et demanda platement à Neji alors que l'adolescent en combinaison verte repartait :

- Il est toujours comme ça ?

- Toujours ! soupira le porteur du byakugan.

Kakashi posa les mains sur ses genoux, retrouvant le contact avec le sol, essoufflé, ses vêtements en piteux état, des blessures plus ou moins sérieuses parsemant tout son uniforme de tâches carmines, ses réserves de chakra drastiquement diminuées. Un coup d'œil sur sa droite lui apprit que son ancien élève à la chevelure noir de jais n'était pas dans un état plus reluisant. Avoir utilisé Susano et un certain nombre d'autres techniques très consommatrices d'énergie spirituelle, à peine un mois après avoir accouché et quinze jours après avoir retrouvé la pleine possession de ses moyens, avaient épuisé le porteur du Sharingan.

Ils échangèrent un regard entendu, conscients tous deux qu'ils ne pourraient guère tenir plus longtemps dans leurs états respectifs, le ninja copieur admiratif de la résistance dont le brun faisait preuve, tenant encore debout même à l'extrême limite de ses capacités. Seul Naruto semblait encore en pleine possession de ses moyens et toujours prêt à tenir tête à leur adversaire qui ne les avait pas épargnés, les poussant jusque dans leurs derniers retranchements, même si eux aussi de leur côté n'avaient pas été en reste.

Naruto fut parfaitement lucide quand à l'état de grande fatigue de ses deux coéquipiers. Si le combat durait plus longtemps, ils ne tiendraient pas le coup. Il sentit l'inquiétude le gagner. Sasuke était vraiment mal en point, mais sa très chère tête de mule n'avait pas l'air décidée à rester en retrait ni encore moins à laisser tomber. Plusieurs de ses clones avaient sauvés la vie de son brun à de nombreuses reprises, le protégeant in-extremis des attaques de leur adversaire, disparaissant dans un nuage de fumée. Mais certaines actions du soi-disant ancêtre avaient quand même fait mouches, blessant irrémédiablement le corps délié en de nombreux endroits plus ou moins profondément.

- Naruto, Sasuke ! On va essayer de combiner vos attaques et de l'atteindre encore par la dimension dans laquelle il se réfugie. Mettez-y tout ce que vous avez. C'est notre dernière chance. Je ne pourrais pas tenir plus d'une autre tentative.

- Entendu ! Allez Sasuke ! On va lui faire la peau à cet enfoiré ! Pour nos enfants, pour Konoha !

Sasuke se redressa et serra les poings. Il était complètement à plat, il le sentait. Ils avaient vraiment intérêt à réussir car il n'était pas sûr de pouvoir encore tenir longtemps à ce rythme.

Naruto forma un futon rasen shuriken qu'il lança en direction de leur adversaire, lequel ricana vicieusement en se dématérialisant, absorbant l'attaque sans le moindre mal.

- Vous avez vraiment cru que vous m'auriez ainsi...

Mais sa voix mourut avant qu'il ne pousse un cri d'agonie, les flammes noires de l'amaterasu le dévorant depuis la dimension spacio-temporelle d'où il se protégeait.

-... Co... comment ? souffla-t-il.

Un rictus supérieur étira les lèvres fines de son descendant et il expliqua d'une voix glaciale :

- J'ai mêlé l'Amaterasu au rasengan de Naruto et si tu n'as rien vu c'est grâce à un gentsuju. Tu nous as sous-estimé... il est temps pour toi de retrouver ta vraie place... six pied sous terre !

Le hurlement de pure souffrance que poussa Obito fut noyé par le crépitement des flammes noires qui le dévoraient sur l'ensemble de son corps, se rependant comme une traînée sombre et ravageuse.

Le corps s'embrasa irrémédiablement provocant d'atroces souffrances et brûla encore quand il tomba au sol, s'y effondrant dans un hurlement qui se transforma en râle. Au milieu des cris d'agonie, Kakashi cru reconnaître le nom de leur coéquipière disparue, le poids de la culpabilité pesant sur ses épaules alors qu'il posait un genoux au sol, à bout cette fois de ses réserves. Iruka allait encore le disputer s'il finissait à l'hôpital, c'était sûr.

Naruto se précipita vers Sasuke dont les sharingan disparurent dans ses yeux. Il vit le corps élancé s'écrouler à son tour vers le sol, mais le récupéra juste à temps entre ses bras, repassant sous sa forme normale de ninja de Konoha.

- Sasuke !

Le visage altier se détendit imperceptiblement quand il ressentit la chaleur du corps du jinchuriki contre le sien.

-... Baka ! J'ai rien... juste quelques... égratignures.

Sasuke serra les dents et se redressa, poussant sur ses jambes. Non, pas question de se montrer faible. Il tangua un peu mais tint bon, Naruto acceptant sa bravade et se contentant de le soutenir simplement, respectant sa volonté et admirant une nouvelle fois sa détermination. Soulagé de voir que ça allait, ou en tout cas à peu près, il lui dédia un petit sourire, ses yeux se gorgeant d'un amour irrépressible pour le père de ses enfants.

Iruka se mordilla les lèvres, ne pouvant s'empêcher d'être inquiet. Les bruits des affrontements étaient clairement en train de décroître, signe que la bataille qui se déroulait à l'extérieur était en train de toucher à sa fin. Il pria tous les kamis pour que la victoire soit du côté du camp du village caché et que son compagnon soit encore en un seul morceaux. Il savait bien qu'il se leurrait de vouloir que ce dernier soit indemne. Kakashi ne lui revenait que rarement indemne quand il partait...

Par pitié, qu'il soit encore en vie... ne serait ce que ça... et ça lui suffirait. Il ne voulait pas le perdre, il ne voulait pas voir son nom sur la stèle des disparus, pas le sien. Il n'était pas sûr de trouver la force de surmonter une telle épreuve. Les jumeaux gigotèrent dans ses bras, ramenant son attention sur eux. Ses pensées se tournèrent vers leurs parents et il serra les mâchoires. Sasuke et Naruto... pourvu que tout aille bien pour eux aussi... ces bébés ne devaient pas finir orphelins. Ce serait bien trop cruel pour eux, la destiné de leurs parents ne devait pas se répéter à travers eux.

Dans tout le village les affrontements prenaient fin, les ninjas de Konoha exterminant sans pitié les clones de Zetsu. Peu à peu, le calme revint dans les rues et les shinobis pansèrent leurs plaies, les médic-nin s'activant pour soigner les blessures plus ou moins graves des combattants. Hinata s'inquiéta en voyant son cousin arriver, soutenu par Gaara, un bandage de fortune autour de sa cuisse tâchée de sang, mais fut vite rassurée de voir que ce n'était rien de vital.

- Et Naruto et Sasuke ? demanda-t-elle aux deux garçons.

- Ils ont vaincu le chef de l'Akatsuki avec l'aide de Kakashi, répondit calmement le Kazekage.

- Ils sont vivants en tout cas, même si d'après ce qu'on a pu voir Sasuke et Kakashi sont plutôt mal en point, précisa Néji.

La kunoichi souffla, soulagée de savoir que tous ses amis étaient vivants.

Fronçant les sourcils, elle demanda si quelqu'un avait des nouvelles de Sakura et l'air gêné de son cousin ne la rassura nullement. Les amis de la jeune fille furent tous profondément choqués en entendant le récit de ce qu'avait tenté de faire la jeune fille aux cheveux roses. Jamais ils ne l'auraient cru capable d'une telle chose. Ino, bouleversée, fondit en larmes. Sakura était sa meilleure amie et elle ne pu s'empêcher de penser qu'elle aurait dû la soutenir mieux qu'elle ne l'avait fait.

Gaara obligea Neji à s'asseoir sur un débris de masure, s'inquiétant du sang qui tâchait de plus en plus le bandage de fortune qu'il avait lui-même confectionné sur le haut de la jambe du jeune homme. Le Hyuga lui lança un regard gêné, mal à l'aise. Que s'était il passé entre eux tout à l'heure sur cette branche ? Le regard turquoise le perfora avec acuité, semblant suivre le fil de ses réflexions et lisant en lui comme dans un livre ouvert.

- Nous auront tout le temps d'en parler... mais plus tard. Pour l'instant, il faut te faire soigner, dit calmement le chef du village de Suna, semblant répondre aux interrogations muettes que posait les grands orbes blancs fixés sur lui.

Naruto caressa une joue pâle de son amour, essuyant les traces de sang qui coulaient de ses yeux. Il déposa un tendre baiser au coin des lèvres fines de son brun qui grogna vaguement avant de réclamer un contact plus approfondi entre leurs deux bouches, glissant ses mains dans les mèches blondes et désordonnées. Le jinchuriki glissa ses paumes sur les hanches étroites de celui qui comptait tant pour lui et entrouvrit les lèvres laissant celui-ci le dévorer avec plaisir.

Un toussotement discret tira le couple de sa joute buccale, leur faisant reporter leur attention sur Kakashi qui, assis au sol, les regardaient d'un air goguenard.

- Si ça vous fait rien, j'en ai assez vu durant les sept derniers mois pour occuper toute une vie...

Naruto éclata de rire et s'apprêta à venir aider son maître qui visiblement était épuisé, quand il se sentit soudain brusquement poussé sur le côté. Surpris, il ouvrit la bouche pour demander à Sasuke pour quelle raison il venait de l'écarter ainsi, mais ses mots moururent sur ses lèvres.

Il ne l'avait vu qu'à la dernière seconde, trop tard pour faire quoi que ce soit, mis à part prendre le coup à sa place. La douleur fulgurante qui lui déchira le dos le fit grincer des dents alors qu'il sentait ensuite une lame tranchante le transpercer de part en part. Il souffla un inaudible "Usuratonkachi" en voyant les yeux bleus de Naruto s'écarquiller d'horreur, le goût amer du sang emplissant sa bouche.

- Sas'ke...

Non ! Ce n'était pas possible ! Comment... Sasuke, son Sasuke qu'il tenait dans ses bras crachait du sang, un kunai lui traversant le flanc, une main blanche suivant le même chemin. Obnubilé par l'atrocité irréelle de la situation, Naruto ne vit que du coin de l'œil le ninja copieur achever Zetsu, l'original, qui venait de porter un coup fatal qui aurait dû lui être destiné.

- Sas'ke...

La main blanche lâcha l'arme tâchée du sang de son bien-aimé dans un spasme avant que la dépouille du membre de l'Akatsuki ne soit définitivement écartée de celui qui l'avait protégé, au péril de sa vie, comme lors de leur première mission au pays des vagues. Des flots de sang s'écoulèrent du trou béant que Naruto essaya tant bien que mal de comprimer, battant le rappel de ses cours de base de jutsu médical. Sasuke toussa et des vagues d'hémoglobines coulèrent de ses lèvres.

Ses yeux se noyèrent de larmes alors que les orbes sombres devenaient vitreux, le souffle de son amour se fit plus court et plus rare. La poitrine pâle se souleva de moins en moins malgré ses efforts.

- Sas'ke... non... ne m'abandonne pas... bats toi... supplia-t-il des sanglots parfaitement audibles dans la voix.

Sa main pâle qui s'accrochait encore à celui qui lui avait permis de changer, de renaître, devint molle et glissa des vêtements noir et orange. Alors ça y était ? Vraiment ? Leur histoire allait se terminer là ? Son histoire, son destin, allait s'achever aujourd'hui ? Il eut une pensée fugace pour ses enfants qu'au final, malgré son choix, il ne verrait jamais grandir. Mais, il ne regrettait rien, Naruto, lui, vivrait. Il vivrait pour eux et pour lui aussi un petit peu. Sasuke sentit ses forces l'abandonner et se dissoudre dans les ténèbres qui s'approchaient.

Il n'avait pas peur, il n'avait plus peur. Il expliquerait son choix à ses parents, à son clan. Ils comprendraient, et son frère l'accueillerait à bras ouverts. Il rassembla les dernières maigres étincelles de vie qui crépitaient encore en lui. Il fallait qu'il le lui dise. Il devait le lui dire avant de partir pour de bon, lui dire à quel point il comptait pour lui. Il devait à tout prix le lui dire, parce qu'il méritait de savoir. Son dernier secret, sa plus grande faiblesse qu'il s'était découvert récemment...

- Sas'ke... je t'en supplie... je t'aime... reste avec moi...

Il pleurait sans pouvoir s'arrêter, sentant l'être qui était le centre de son univers s'étioler inexorablement entre ses bras. Il n'arrivait pas à endiguer le flot de sang qui s'échappait du corps de son amant, son amour, sa vie... Kamisama... Que quelqu'un vienne l'aider ! Il ne voulait pas le perdre... Jamais...

Les lèvres fines s'ouvrirent, articulant difficilement, silencieusement, trois petits mots si faibles, aussi fragiles qu'une aile de papillon, se désagrégeant presque aussitôt prononcés. Ce "Je t'aime" qui mourut dans le souffle qui s'éteignit, ne frôlant même pas son visage pourtant si proche, lui déchira le cœur. Les paupières pâles se fermèrent sur les yeux noirs de l'amour de sa vie, les longs cils noirs effleurant les joues blêmes pour la dernière fois, emportant avec elles tout espoir, arrachant un cri puissant et désespéré au jinchuriki.

Alors qu'il sombrait dans les ténèbres de l'inconscience, il entendit le hurlement déchirant de celui qui avait toujours eu une place si particulière dans sa vie. Il aurait voulu lui dire tant d'autres choses encore, mais il n'en n'avait plus le temps. Il veillerait sur lui de l'au-delà, et attendrait patiemment le jour où il viendrait le rejoindre. Il le présenterait à sa famille, il était sûr qu'Itachi et lui s'entendraient très bien. Sa dernière pensée fut pour ses enfants, espérant qu'ils seraient heureux et qu'ils lui pardonneraient ses choix.

Dans le village, tous se figèrent quand un rugissement où transparaissait une souffrance incommensurable déchira le calme revenu. Le chakra démoniaque de Kyuubi explosa, envahissant l'atmosphère d'une écrasante sensation de désespoir, la douleur de Naruto s'infiltrant dans tous les êtres vivants encore présents sur le champ de bataille. La Godaime leva ses yeux du ninja qu'elle était en train de soigner, son regard se portant sur l'origine de l'énergie spirituelle puissante et éperdue. Un malheur venait de se produire...

- SASUKEEEEEEE !

To be continued...


Commentaire des auteurs exténuées :

Lili tend un nouveau paquet de mouchoirs à Yzan qui ne cesse de pleurer à gros sanglots, noyant la pièce de tissus usagés. La culpabilité d'avoir tué le personnage phare de cette fanfic rocambolesque écrase de tout son poids les deux auteures qui ont déjà suées sang et eau sur les scènes de combats de ce chapitre. Oui, on sait qu'elles sont pas terribles nos scènes de combat, mais bon, on a fait ce qu'on a pu...


Bureau des plaintes et des réclamations des personnages martyrisés :

Sasuke dégagea l'écran qui disparaissait sous les mouchoirs utilisés, finissant de lire.

- Co... Comment ça je meurs ! Non mais... non mais... ça va pas ! Vous m'avez torturé pendant plus de vingt chapitres pour ça ! Tout ça pour ça ! Vous vous moquez de moi, vous êtes des vraies sadiques en fait ! Et après vous osez dire que vous m'aimez !

Itachi tapote l'épaule de son frère et soupire :

- Estime toi heureux ! Au moins maintenant elles vont te laisser tranquille ! La mort peut être si douce... Et puis maman t'attend pour faire la lessive, et la cuisine, maintenant que tu maîtrises le sujet !

Naruto pleure doucement, à petits sanglots crispés.

- Sasuke... comment je vais faire moi avec ces deux gamins si tu n'es plus là ? J'ai que deux bras...

- Idiot, je suis là regarde ! Et puis c'est qu'une fic alors arrête de pleurer ! Y en a pleins d'autres où je suis vivant ! Et beaucoup moins enceinte et perturbé en plus ! Y en a même où je suis le seme... bon pas avec ces deux là... mais quand même !

Les deux auteurs échangent un regard complice et rajoutent :

- Et on a toutes les deux fait une fic où c'est toi qui meurt... Mais là, avoue quand même qu'on t'a fait super classe et gracieux dans celle-ci, non ?

Les yeux de Sasuke leurs lancent des éclairs avant qu'il n'explose :

- Vous m'avez surtout fait enceinte oui ! C'était obligé de coller autant à la réalité et de me faire vomir, pleurer, avoir des envies alimentaires et... et... et puis les vergetures et tout le reste !

- Ben oui... c'est la vengeance des femmes ! Marre des Mpreg où Naru a des grossesses idéales !

Yzan chuchote entre deux crises de larmes :

- Et puis, tu es si adorable quand tu pleures et que tu es faible et fragile, beaucoup plus beau et touchant... sniff !

Lili se tourne vers les lecteurs et les supplie :

- Pour consoler Yzan et lui remonter le moral, reviewez ! Siouplait !


Rendez-vous au prochain chapitre, chapitre 25 : Épilogue : Au bout du chemin.

Sasuke est arrivé au bout de son chemin de traverse. Une route s'arrête, une autre se poursuit.