Nuit Sans Lune
Chapitre 6
EDWARD POV
- Bella !
Lorsque j'ai entendu ma sœur crier, j'ai senti mon pouls s'accélerer d'une manière étrange.
- Salut, Ali ! - Dit Bella.
Sa voix était si musicale, si belle. Je soupirai.
- Edward ? - Demanda la voix d'une sirène.
- Bella ? C'est toi ? - Demandai-je.
- Oui oui, c'est moi. Comment vas-tu ?
- Moi, bien. Et toi, comment ça va ? - Demandai-je.
Je me relevai du rocking-chair installé dans le jardin pour moi, pris la canne qui était à mes côtés et m'approchai du lieu d'où provenait la voix.
- Bien. Edward, tu veux que je t'aide ? - Demanda-t-elle.
Dans son intonnation, je notai qu'elle était inquiète. Mais, pourquoi ?
- Ne t'inquiètes pas - Dis-je tranquillement. Je l'ai fait à plusieurs reprises et je connais de mémoire ce jardin. Techniquement, je connais chaque partie de la maison de mémoire mais dis-moi : sais-tu où sont mes lunettes ?
Après tellement d'années passées en portant ces lunettes, il était assez étrange de ne pas savoir où elles étaient.
- Hé ! Hé, ici ! - Dit-elle.
Elle prit ma main pour me donner les lunettes et je sentis de nouveau ce que j'avais resenti l'autre jour avec notre contact : des étincelles brûlantes. Mes cellules marchaient plus rapidement mais je ressentai surtout du bonheur, énormément de bonheur.
- M…Merci - Réussis-je à dire.
- Il n'y a pas de quoi - Répondit-elle et je notai que sa voix tremblait.
Je mis mes lunettes ; c'était une sensation étrange quand elle était là, je ne l'avais jamais senti auparavant.
- Tu es venu ! - Dis-je tout content.
- Bien sûr ! Je t'ai promis que je viendrai alors me voilà !
Elle rit. J'entendis la voix d'Alice.
- Bella, tu peux venir un instant ?
- Je reviens Edward. - Dit-elle.
- Attends. - Dis-je en lui prenant la main. Où est Alice ?
- Je crois qu'elle est dans la cuisine, ou dans la salle à manger.
- Ça te dérangerais de me faire une faveur ?
- Bien sûr ! Dis-moi.
- Tu m'accompagnerais jusqu'au piano ? - Demandai-je.
Depuis l'accident je jouais uniquement pour Esmée mais je ne le faisais pas véritablement ; je touchai seulement les notes. Je ne le faisais pas parce qu'en réalité je ne le désirais pas. Mais aujourd'hui, je désirais en jouer de toutes mes forces.
- Oui, allons-y.
Mon angoisse se relâcha un peu et je bougeai ma main pour rencontrer la sienne. Elle était chaude.
Elle me porta délicatement jusqu'au grand piano à queue que m'avaient acheté mes parents.
Je m'assis sur la selle et ouvris le couvercle.
- Je reviens Edward. Je vais voir ce que veut Alice, d'accord ?
- Oui, je serai ici - Dis-je, tandis que je me rappelai mentalement les mélodies.
Je me rappelai de mes préférées et c'était comme si les notes me revenaient une à une mentalement dans ma tête. J'avais appris avec le temps à mémoriser où étaient les touches de mon piano ; la mélodie commença à s'enchaîner spontanément.
ALI POV
Oui, ça m'était confirmé : ça plaisait à Edward que Bella soit proche de lui. Je voulais voir mon frère heureux, coûte que coûte. Après toutes ces années en le voyant malheureux, il était agréable de voir briller ce joli sourire qu'il avait l'autre fois. Mais comment faire pour que Bella continue à le voir ?
Bella, tu peux venir un instant ? - criai-je, en mêlant l'acte à la parole.
Plusieures minutes passèrent avant que Bella n'arrive à la cuisine.
Dès qu'elle ouvrit la porte, une mélodie sortit de la salle en innondant complètement la cuisine.
Je parvins à voir qui était celui qui touchait le piano à queue d'Edward. C'était Edward ! C'était tellement étrange de l'entendre jouer cette chanson : Rêverie de Debussy. Son artiste préféré.
J'avais entendu Edward jouer cette chanson un nombre incalculable de fois, alors c'était ma préférée. Enfin, ma préférée écrite par Debussy. Celles qu'Edward composait me plaisaient beaucoup plus et je lui demandais toujours de m'en jouer quelques airs. Mais aujourd'hui sa musique était complètement différente ; c'était dur à exprimer mais sa musique était vivante, comme elle l'était avant l'accident. Ce changement avait définitivement quelque chose à voir avec Bella ; coûte que coûte, il fallait la faire revenir à la maison ! Foi de Alice Marie Cullen !
Ali ? Ali ? - J'entendais Bella qui m'appellait – Redescends sur terre, Ali !
Hein ? Ah, oui ! Bella, j'aimerais te demander une faveur... mais avant, je vais te poser une question.
Tout en parlant, j'ouvris la porte ; je ne voulais pas perdre une seconde de cette magnifique musique.
Bien sûr Alice ! - lança-t-elle.
Dis-moi, Bella, qu'est-ce que tu fais comme travail ?
Je vis Bella rougir pendant qu'elle baissait la tête.
J'écris pour un magazine.
Sérieux ? - demandai-je, abasourdie.
Je ne m'attendais vraiment pas à ça ! Certes, elle avait toujours été bonne en écriture mais toute de même... je l'aurais imaginé dans autre chose.
Si, j'écris des romans pour la revue hebdomadaire " La Péninsule d'Olympia" et je rédige également une colonne de conseils.
Whaoh ! - dis-je surprise. C'est super !
Oui, ça l'est.
Je vis sa rougeur s'intensifier avec cette affirmation.
Bon, alors, qu'est-ce que tu voulais me demander ?
Oh, avant, je peux te poser une autre question ?
Vas-y.
Tu travailles quels jours ?
Tous les jours, techniquement.
Tu vas tous les jours à la rédaction ?
Non, je travaille à la maison avec mon ordinateur portable. Quand le roman, ou le chapitre du roman, est prêt je l'envoie à la rédaction ainsi que la colonne de conseils.
Eh bien, ça doit être bien intéressant !
Oui, normalement, ça l'est.
Et vous avez une rubrique sur la mode ?
Qu'est-ce que j'étais en train de faire ? J'avais une mission à accomplir et j'étais en train de me déconcentrer. Concentre-toi Ali, efforce-toi de faire le plus important.
La mélodie changea de rythme et je pus distinguer que c'était "Arabesque", également de Debussy. C'était la préférée de Debussy d'Esmé ; elle aussi préferait celles qu'Edward composait.
Oublie. Ce n'était pas ce que je voulais dire.
Je m'efforçai de respirer profondément.
Tu verras que ça peut paraître un peu drôle mais... bien que tu ne sois venue qu'une fois, tu fais beaucoup de bien à Edward. Avant la journée d'hier – et ça me fait mal de le dire -, ça vie ne paraissait pas lui être d'une quelconque importance. Il vivait simplement pour faire plaisir à Esmé, c'est pour dire...
Comment faire pour lui expliquer sans faire de confusion ?
.... Edward, depuis l'accident, a beaucoup changé. Les premières années, il avait encore l'espérance que sa... sa cécité se guérirait mais avec le temps, il a perdu cette espérance ; comme nous te l'avons raconté.
Elle hocha la tête.
Et ça fait beaucoup d'annnées que c'est comme ça, pareil à un zombie. Beaucoup de docteurs ont dit qu'il existait des solutions possibles mais personne n'osait rien à faire par peur d'aggraver son cas. Ils nous donnaient tous des espérances et après les brisaient de la même manière. En s'excusant. Et c'était toujours Edward qui souffrait le plus.
J'avais débité ça sans respirer.
T'inquiète, Ali. Respire et dis-moi ce qui se passe. Quel est ton but ?
J'ai suivi le conseil de Bella et respirai à fond. J'organisai mes pensées afin de les présenter de la manière la plus claire possible à Bella.
- Maman ne sait plus quoi faire pour aider Edward et je crois que ce dont il a vraiment besoin, c'est d'une amie. Je ne sers à rien, parce qu'en premier lieu, bien que je l'aime énormément, je ne sais pas quoi dire ni quoi faire. Et deuxièmement, je suis sa soeur et personne n'est jamais totalement confiant avec ses frères et soeurs. Bon, le but, c'est que j'aimerais savoir si ça t'intéresserait de nous aider à prendre soin d'Edward – demandai-je tout simplement.
