N caNuit Sans Lune

Chapitre 7

BELLA POV

Le fait qu'Alice tournait autour du pot me désespérait. Je ne désirais qu'une chose : pouvoir retourner dans cette salle et écouter cette mélodie, l'écouter sans fin. De tout le registre de la musique classique, et surtout dans celui de Debussy -qui était l'un de mes compositeurs favoris-, cette musique me donnait énormément d'idées. Je ne savais pas comment l'exprimer, mais elle m'inspirait en quelque sorte.

Pas comment le CD de Debussy le faisait, mais de manière beaucoup plus profonde. Dès le moment où j'ai commencé à écouter cette mélodie jouée par les mains d'Edward, des milliers d'idées et des scénarios d'histoire romantique m'ont aussitôt frappé l'esprit.

- T'inquiète, Ali. Respire et dis-moi ce qui se passe. Quel est ton but ? - lui dis-je.

Elle semblait suivre mon conseil car elle émit une respiration profonde en fermant les yeux quelques secondes - qui paraissèrent éternelles. Après, elles les ouvrit, et une nouvelle lumière brillait dans ses yeux bleus clairs.

- Maman ne sait plus quoi faire pour aider Edward et je crois que ce dont il a vraiment besoin, c'est d'une amie. Je ne sers à rien, parce qu'en premier lieu, bien que je l'aime énormément, je ne sais pas quoi dire ni quoi faire. Et deuxièmement, je suis sa soeur et personne n'est jamais totalement confiant avec ses frères et soeurs. Bon, le but, c'est que j'aimerais savoir si ça t'intéresserait de nous aider à prendre soin d'Edward.

Je ne m'étais pas attendue à ce type de conversation avec elle.

Et je réfléchis pendant quelques secondes. J'aimais beaucoup les Cullen, je les avais toujours aimé mais serais-je capable de m'occuper d'Edward ? Après tout, être avec Edward était amusant et j'aimais bien ça : je passais de bon moments avec lui bien que nous ne soyons re-rencontrés il y a seulement deux jours ; et cette musique pouvait m'aider dans ma carrière d'écrivain.

- Nous te paierons, évidemment - dit aussitôt Alice devant mon absence de réponse.

Que faire ? Cet argent aussi m'aiderait beaucoup.

- D'accord, Alice, je le ferai…

J'aimais cette musique, elle m'inspirait.

- … Est-ce que je peux amener mon travail ici ? - demandais-je, peinée.

- Bien sûr ! Ce serait génial ! - dit Ali, guillerette.

- Alors ? Quand est-ce que je commence ?

- Ça te va, aujourd'hui ?

- D'accord, pourquoi pas ! Est-ce que ça te dérange si je vais à la maison chercher mon ordinateur portable ? - demandai-je, enthousiaste.

- Non, fais le. Je t'accompagne ?

- Non, ne t'inquiète pas. Je me débrouillerai ! -dis-je, heureuse, en sortant de la cuisine.

- Edward ? - dis-je en m'approchant de lui.

- Oui ?

- Je retourne chez moi pendant un petit instant mais je ne serai pas longue.

- D'accord - dit-il tranquillement, mais je crus percevoir un peu de frustration dans sa voix.

Je sortis de la maison des Cullen pour me diriger vers ma voiture et rentrer chez moi, pris les clés de mon sac et ouvrit le portail en le laissant ouvert.

J'allai directement à la cuisine où j'avais laissé mon ordinateur, le prit et tandis que je le rangeai dans sa pochette, le téléphone sonna.

- Allô ?

- Bella ? C'est toi ? - dit la voix de Mike.

Non, c'est le fantôme de l'Opéra, pensai-je pour moi.

- Oui, oui, dis-je distraite. Comment vas-tu ?

- Bien. Je voudrais savoir ce qu'on va faire aujourd'hui…

Oui, Mike ! Moi aussi, je vais bien ! Merci pour t'en préoccuper !

- Je crois que rien, Mike…

- Bon, je passe te prendre à six heures. Je veux te montrer quelque chose.

- D'accord ! Où est-ce que tu m'emmènes ? Où est-ce que…

Il raccrocha sans dire au revoir.

Je terminai d'empaqueter mon ordinateur et allai de nouveau chez les Cullen. J'y arrivai au bout de quelques minutes et, sans savoir pourquoi, je sentis mon cœur s'accélerer. Ce devait être à cause de l'appel de Mike : après tout, j'étais amoureuse de lui, non ?

Ils ouvrirent la porte avant que je ne frappai. La première chose que je vis fut le sourire d'Ali ; je lui souris en retour et cette musique stupéfiante remplit de nouveau mes oreilles.

- Il n'a pas bougé d'un centimètre, il est resté à t'attendre - dit-elle en secouant la tête en direction d'Edward.

Elle avait du voir que mes yeux le cherchait après que j'ai entendu la musique.

Je rougis. Il m'avait attendu ! Je ne savais pas pourquoi, mais je me sentais totalement joyeuse à l'idée qu'il avait besoin de moi.

- Alors, prête ? - dit Ali en ouvrant la porte de la salle du piano.

Ce jour-là, je demandai à Edward de jouer pour moi. Il le fit pendant plusieurs heures sans s'arrêter puis nous nous sommes arrêter pour manger et parler.

A cinq heures Ali me dit que je pouvais partir. Je reviendrai à dix heures le lendemain matin et que nous continuerions de parler.

J'acquieçai et partis donc chez moi m'arranger pour le rendez-vous avec Mike.

6:30 et Mike n'était toujours pas arrivée. Je stressais.

On frappa à ma porte à sept heures pile. J'ouvris bien que je n'avais déjà plus l'espérance que c'était Mike, certaine qu'il avait oublié que nous avions un rendez-vous et qu'il était parti boire un verre avec des amis. Ce devait être la voisine, qui comme d'habitude, venait me disputer ou me critiquer à propos de quelque chose. Ou ma grand-père et mon père qui venaient me rendre visite.

J'ouvris la porte et n'eu le temps de faire rien d'autre.

Ses lèvres se plaquèrent sur les miennes à ce moment précis, avec une odeur d'alcool. Je ne voulus pas lui rendre la pareille. Ses lèvres étaient répugnantes. Elles n'étaient pas douces, suaves ou chaudes, elles étaient brutales.

Je le séparai de moi à l'instant même et me retournai, essayant d'enlever ce goût répugnant de ma bouche.

Il me prit par le bras et me retourna pour m'embrasser de nouveau. Cette fois, il me serra sans me laisser la possibilité de m'échapper. Il commença brusquement à m'enlever ma chemise et je me séparai de lui de manière encore plus désespérée.

- Bella ! -dit-il irrité. Pourquoi non ?

- Mike, je t'ai dit que je voulais attendre jusqu'au mariage - dis-je en remettant ma chemise.

- Bella, nous arrivons bientôt à nos deux ans de fiançailles et nous n'avons pas encore eu de relations. Est-ce que tu m'aimes vraiment ?

Dernièrement, j'avais beaucoup pensé à cette phrase et j'arrivais toujours à la même conclusion : oui je l'aimais et c'était la raison pour laquelle j'étais avec lui.

- Oui oui, je t'aime.

- Bien, alors pourquoi est-ce que tu ne viens pas vers moi ?

- Mike, je veux attendre de me marier pour…

- Si tu m'aimais vraiment, le mariage me ferait envie.

Etait-il sérieux ?

- Et si toi tu m'aimes tellement, pourquoi est-ce que ça n'a pas lieu ?

J'étais déjà de mauvaise humeur.

- Je vais chercher ailleurs ce que tu ne me donnes pas.

Je réfléchis. Est-ce que je voulais vraiment le perdre ?

- Oui, vas le chercher ailleurs - dis-je avec des yeux humides.

- Oublie-ça, je t'aime.

Il se retourna et s'en alla sans jeter un regard en arrière.