Bonsoir à vous !

Voici donc le deuxième chapitre de ma fiction, et après ce sont des chapitres que je n'ai pas encore écrit, la publication peut donc être plus longue.

Merci pour tes conseils, Kwik, c'est gentil et le chapitre prochain contient l'explication quant au nom de famille de Jude !

DISCLAIMER : Je n'ai toujours pas acquis les droits d'Harry Potter. Je bataille pourtant !

Bonne lecture !


Acte 2

Prémices apocalyptiques

Novembre 1977

Judith Isidore de La Garde

Les gens sont cons. C'est fou ce qu'ils peuvent être abrutis quand ils veulent, c'est à en perdre la tête.. Comment peuvent-ils sérieusement croire que je m'intéresse à leurs histoires à deux balles ? Il y a tellement de choses plus importantes qu'un stupide match de quidditch.. Comme mon nouveau vernis, par exemple, d'une couleur exquise. Un corail adorable qui va parfaitement avec ma couleur de peau. Shirley est vraiment la meilleure attachée de presse dont on puisse rêver ! Jamais encore je n'ai fais une faute de goût vestimentaire, si ce n'est pas une preuve ! Remarque, la mode est innée en moi. Évidement que je ne peux pas faire de fashion faux-pas. Aaah, la la !

« Tu penses à des conneries, me sort avec un naturel déconcertant mon assistant.

- Moi ? Jamais !

- Ah oui, j'oubliais qu'on avait pas la même notion de connerie.. »

Je le regarde en souriant. Il a fini par me comprendre, le p'tit ! J'ai bien fait de le former, c'est un bon assistant et un bon ami. Et puis, il commence à avoir de la répartit, rien n'est perdu !

Shirley me fait sa tête d'enterrement, à côté, l'air de dire que je n'ai toujours pas d'utilité marquante, ce à quoi je répond par un haussement d'épaule. Ils attendent quoi de moi, au juste ? Que je m'intéresse à leurs balais ? Bande de cons idéalistes..

« Dis oui, me souffle Shirley.

- Oui, je répète à voix haute.

- Oui quoi ? Me répond James Potter. »

J'aime pas cette réunion, elle nase. Et Shirley commence à me faire des blagues vaseuses...

« Oui rien du tout. Je lève la séance, nous reprendrons après avoir réfléchit à tout ça un peu de notre côté. On se retrouve demain, ok ? »

J'entends des murmures enthousiastes et les gens ramassent leurs petits attachés-cases et s'en vont. Dire que je n'ai qu'à faire en sorte que Sirius vienne me voir pour avoir mes papiers, haha !

Potter s'approche de moi.. J'aime pas ça, à chaque fois qu'il fait un truc comme ça, on finit par s'insulter. Sauf que maintenant, j'ai une réputation à tenir. Et ce n'est pas vraiment bon pour mon image d'insulter les autres. Quoique.. Il s'agit de James Potter, les autres devraient comprendre, non ?

C'est réglé, je vais le remettre en place !

« Je m'en occupe, décide Sirius sans mon accord préalable.

- Non, Potter, c'est mon joujou, tu me laisses faire ce que je veux, hein !

- Ton joujou ? Fait avec une grimace le capitaine de quidditch des rouges et ors. »

Sirius lève les yeux au ciel et soupire d'agacement. Je saiiiis ! C'est son meilleur copain donc je ne suis pas censée faire ça, bla bla bla, tout ça pour en arriver au point phare de notre discussion qui se clôt toujours de la même façon : « Fais ce que tu veux, Jude, mais tu veux que je te dise ? T'es qu'une peste ! ». Faisons la peste maintenant alors, sans passer par la case « allez, soit cool avec moi, je sais qu't'es gay mais je suis mignonne ! ». Ce que la vie est monotone..

« Hé, Garde, m'aboie dessus le mec le plus in de Poudlard.

- Quoi ? »

Il a un geste de recul. Oui, je sais, tu es effrayé par mon charisme et ma beauté... ça arrive à beaucoup de gens, ne t'en fait pas..

« Tu sais que tu ne m'impressionnes pas du tout avec tes airs de bouledogues, hein ?

- Cause toujours, tu m'intéresses.

- Le prend pas mal, Juju !

- Va te faire foutre, Potty !

- Je peux intervenir au milieu de cet magnifique échange de surnoms ridicules ? Questionne Sirius.

- Non, répondons-nous simultanément.

- Tais-toi donc, Sirius, grogne Shirley. Ça commence tout juste à devenir marrant. »

Ainsi donc nos conversations avec Potter sont « marrantes » ? J'avais jamais vu ça sous cet angle.. J'aime pas être drôle, je préfère faire peur, beaucoup plus valorisant.

« Bon, viens-en au fait, Potter, je n'ai pas le temps pour un numéro comique. »

J'espère que Shirley a capté dans ma réplique que je lui faisais la gueule. Et si elle ne l'a pas compris, elle risque d'avoir une forte mauvaise surprise, quand elle ne verra pas son petit-déjeuner au lit que je commande pour elle, demain matin. Connasse, va.

« Par rapport à la date du match de quidditch...

- J'ai pas dis y a cinq minutes qu'on en parlait demain, je le coupe directement. Je marche pas aux pots de vins, tu sais !

- Mon cul. C'est pour celui du premier février, en plus. Gryffondor Serpentard. Je te propose un deal.

- La réponse est non, je fais sans une once d'hésitation. Mais dis toujours. »

Les réactions sont vagues derrière mon dos et je préfère ne pas m'y fier. Qui en a quelque chose à faire que tout le monde croit que je n'ai aucune intégrité ? Je suis super intègre, jusqu'au bout des pieds ! Au-dessus, par contre, on peut négocier.

« Tu le mets le deux février et je t'arrange un rendez-vous avec le plus beau mec de Poudlard. »

Il débloque complètement ou quoi ?

« Tu crois vraiment que toi, James Potter, tu peux m'arranger à moi, Jude Garde, un rendez-vous ? Tu as pété les plombs, ou quoi ? Et puis, pourquoi le deux février, d'abord ?

- Parce que le trente janvier, c'est l'anniversaire de Lily alors je vais lui organiser une fête surprise, peut-être que comme ça..

- Pauvre idiot, c'est pas en la faisant boire que tu pourras rester avec. L'emballer à la limite mais ça ira pas plus loin.

- Accepte mon deal, je peux pas jouer avec une gueule de bois !

- Et puis, c'est qui ce mec, d'ailleurs ? Sûre que je me le suis déjà fait...

- Non, tu sais même pas qu'il existe.

- Impossible. J'ai un radar à canons, ducon.

- On pari ?

- Non, ce truc fait parti du deal qu'on ne va sans doute jamais faire.

- Charles Parkinson. »

Il sort d'où, ce nom ? Je rêve, il invente des élèves, maintenant, tout ça pour pouvoir peloter Evans.. Si il réussit, je veux bien prendre des notes pendant toute une réunion, tiens !

« Bien sur que je sais qui c'est ! Fais-je avec toute la mauvaise foie du monde. N'est-ce pas, Sirius ? »

Silence à l'autre bout. Oh, l'assistant de merde, je vous jure.

Je me retourne et il me regarde avec une lueur torve dans ses yeux gris ravageurs avant de hausser les épaules. Sérieusement ? Il ne le sait pas ?

Inutile de regarder ma meilleure amie à part les nouvelles sorties Chanel, elle ne connaît rien. Cela dit, j'aime beaucoup connaître les nouvelles sorties Chanel..

Je me retourne de nouveau vers Potter avec une grimace. Il a un sourire vainqueur sur le visage. Je déteste ça. Prétentieux, va..

« Bon, ok, je sais pas qui il est. Raison de plus pour refuser. Comme si un mec inconnu pouvait être canon, me prend pas pour une brêle, on est à Poudlard, royaume de la superficialité, quelqu'un l'aurait remarqué..

- Oh, évidement sauf que personne ne va chercher dans la bibliothèque..

- Là, tu me mènes en bateau, y a pas de beaux mecs à la bibliothèque. Généralement, ils ne savent même pas ce que ça veut dire.

- Il est à Serdaigle, major de sa promotion, le nez toujours fourré dans les bouquins mais avec une discussion vraiment intéressante. Je continue ? »

Je le déteste, ce débile..

« Je te prierai pas, si c'est ce que tu te demandes.

- Il est brun, les cheveux courts et bien coiffés, propre sur lui, peau ambrée, fine musculature..

- Stop, je le coupe tout de suite. Tu es décidément super nul comme narrateur. Montre-moi ton Chârles et on reparle de notre deal. »

Il me tend son bras que je prend avec un peu de révulsion. Mais bon, il faut ce qu'il faut. S'il dit vrai et que ce mec est un canon, j'aurais raté quelque chose juste par désintérêt des études. Ce serait triste, non ?

Je vois que ma suite, pardon, mes amis, tentent de me suivre aussi je me tourne vers eux.

« Shir, j'ai besoin d'une tenue glamour pour ce soir, je reçois à l'appartement. Siri, tu peux me faire un débriefing de la réunion pour dans une heure ? Vous êtes des amours. »

Toujours au bras de Potter, je me retourne et il me guide en silence dans les couloirs de Poudlard que je ne connais pas. Je n'ai jamais mis un pied dans la bibliothèque. Et je n'en ai aucune honte. Qui peut bien aimer les livres ? Sérieusement, il n'y a même pas d'images, dans ceux de la bibliothèque...

« Prête ? Me demande-t-il alors que nous sommes devant les lourdes portes de l'univers des parias de l'école.

- Je crois que je n'ai pas le choix. »

Il sourit et pousse les portes.

C'est une horreur totale, cet endroit.. Quand on entre, ça sent la poussière et le vieux.. Des gens sont assis bien sagement, l'air concentrés comme si leurs vies dépendaient des foutus bouquins qu'ils lisent. Le pire étant sûrement que les trois-quart de la population de ce lieu portent des lunettes ! Il n'y a rien de moins glamour que ça !

« Dépêche-toi de me le montrer, je vais faire une crise d'asthme, je chuchote à Potter en me ventilant avec mes mains car l'air est saturée de poussières, c'est irrespirable..

- Viens, il est toujours vers la section sortilège. »

Je lève les yeux au ciel. Un Serdaigle qui aime les sortilèges, c'est d'un commun.. Je suis sûre que ce con de griffon me mène par le bout du nez, que ce ne sont que des conneries !

Nous nous avançons entre les étagères jusqu'au fond de la bibliothèque. Forcément, en plus, le fond de la bibliothèque, là où vont se cacher les rats..

« Tu te fous de moi, Potter ?

- Mais non, je te jure, tu crois vraiment que je jouerai une soirée avec Lily avec toi si j'étais si peu sur de moi ? »

C'est vrai que ça mérite réflexion...

Nous arrivons enfin au fin fond de la bibliothèque (sérieusement, elle est énorme !) et là... C'est comme quand Gloria Gaynor s'est mise à la chanson une évidence.

Ce mec n'est pas juste une bombe, il a la classe, putain ! Je retire sur ce que j'ai dis sur les lunettes non-glamour, ça lui va terriblement bien, ses verres rectangulaires sur le bout du nez pointus, ses cheveux courts un peu bouclés châtains clairs et ses lèvres bombées..

Et son petit air intelligent, son livre à la main, la pause contre la fenêtre... Comment ai-je pu diantre le louper ?!

« Ferme la bouche, tu vas gober les mouches, se marre Potter.

- Je suis amoureuse..

- Félicitation, ceci est un pas de plus vers ton humanisation. »

Je lui fous un coup de coude en grognant. Comme si je n'étais pas humaine, moi! Je suis l'incarnation même de l'humanité la compassion, la pitié, tout ça, c'est mon lot quotidien, enfin ! Je veux dire, j'ai Sirius dans les pattes tous les jours, quoi !

« Bon, on a un deal, Garde ?

- Fous-le toi où je pense, ton deal, je fais avec ma voix la plus méprisante. Je peux très bien me le taper toute seule. »

Et sur ce, j'avance vers lui, laissant Potter seul dans son coin, avec un air sûrement très idiot sur son joli minois. Haha, tu croyais pouvoir me rouler ? Petit con !

Je repère vite-fait ce que mon nouveau futur Jules est en train de lire. « Voyage au bout de la nuit » de Céline. Dis donc, ça me dit vaguement quelque chose mais impossible de mettre le doigt dessus.. Tant pis, je peux toujours improviser, je suis une super actrice !

« ça alors, je fais en m'asseyant à côté de lui. J'adore ce bouquin ! »

Il m'observe de ses deux orbites absinthe un instant et je me sens frissonner. Woh ! Ça sort d'où, ça, le frisson ? Oublions..

« Ah oui ? Fait-il à demi-mot, d'un ton grave, pourvu d'une sensualité improbable. Et tu l'as lu quand ?

- Oh, il doit bien y avoir un an et des poussières.. Peu de personne l'emprunte à la bibli alors bon.. Tu en es où, toi ?

- Hmm... Au chapitre seize.

- Ah oui, celui-là est génial, on apprend plein de trucs sur les sortilèges, tu ne trouves pas ? Moi, ça m'a beaucoup aidé. »

Il a un espèce de sourire que j'ai du mal à définir.. J'imagine qu'on va dire que c'est de l'admiration, hein ?

Il se penche vers moi. Déjà ? Je pensais que les intellos m'étaient un peu plus de temps à se décoincer mais apparemment, ce n'est pas son cas, tant mieux, cela dit. Sauf que, au moment où, théoriquement, nos lèvres sont censées se rejoindre pour que je mette mon art à exécution, il décale légèrement la tête pour s'approcher de mon oreille. L'esquive !

« Tu as tout faux, Garde. Tu n'as jamais lu Céline pour la simple et bonne raison que c'est un auteur moldu, de plus, il n'est pas à la bibliothèque et ne parle absolument pas de sortilège. Mais ta première erreur, c'était de t'asseoir à cette table. Je ne fais pas partie de ton monde alors je vais maintenant te laisser réfléchir à tout ça. »

J'ouvre des grands yeux étonnés alors qu'il se lève, empoigne son sac, bazarde son livre dedans et s'en va tranquillement.

MAIS C'ETAIT QUOI CA ?!

« Mesdames et messieurs, en direct de la bibliothèque de Poudlard, le plus gros vent du monde !

- Ta gueule, Potter, je fais en criant, ce qui me vaut un allé simple vers le couloir, accompagnée par l'horrible bonne femme qui gère cet endroit atroce. »

Ce mec n'est pas réel, n'est-ce pas ? Je ne viens pas de me prendre un râteau monumentale en plein dans la gueule par un gars qui ne m'arrive pas à la cheville niveau beauté, n'est-ce pas ?

« Le salaud ! Arrange-moi un rencard, Potter, on va bien voir qui est le plus fort !

- ça veut dire que pour le match..

- On a un deal. Mais que ce soit clair, c'est le premier et dernier. »

Il sourit comme un gosse avant de partir en courant. Ouais, c'est ça, barre-toi avant de recevoir mon mécontentement suprême !

Charles Parkinson.. Je te retiens, maudit Serdaigle, toutes tes réclamations seront passées sous silence, pour la peine !

Je rentre à mon appartement, vraiment fatiguée par cette inexplicable chose qui est advenu devant moi. Jamais je ne pourrais expliquer telle action. C'est irréaliste..

Quand je fais basculer mon tableau sans faire gaffe aux pipelettes qui sont dessus, j'ai la bonne (vraiment ?) surprise de trouver Super Sirius en action intellectuelle sur mon bureau. Il a pas de vie, ou quoi ?

« Tu fous quoi, là ?

- Ton débriefing. Ouh la, t'as une tête atroce.. »

Je lui fais une grimace et me cache derrière mon paravent, où je m'étale de tout mon long sur mon super lit merveilleusement confortable. Mon ami vient me rejoindre peu après et s'assoit à côté de moi.

« Bon, raconte.

- Putain, il est sexy comme un dieu ! J'ai frissonné, non mais tu te rend compte ?! Ça ne me m'étais pas arrivé depuis.. Depuis ma première fois !

- C'que t'es dévergondée, c'est dingue..

- Hé, j'ai pas pris l'option « jugement »..

- Ouais, je sais. Continue.

- Bref, ce mec hyper canon m'a rembarrée comme une moins que rien ! Rien qu'en utilisant son infime sursaut de culture moldue, bim ! Il m'a envoyé le vent le plus puissant que j'ai jamais vu ! Même moi, je crois que je ne suis jamais arrivée à son niveau..

- Pauvre chérie.. Il faudrait que tu me le montres, ce phénomène.

- Je te préviens, il est à moi. Je ne me laisserai pas prendre la perle rare par mon ami gay, c'est clair ?

- Ma foi, il ne t'a pas fait que frissonner, ce garçon, il t'a retourné la tête ou quoi ? Tu t'entends ? « La perle rare ».. Et mon cul, c'est du poulet ?

- Je t'emmerde. »

Il rit et s'allonge à son tour et nous contemplons tous en cœur mon plafond. Youpi !

Au fait..

« Toi, ça avance ?

- Quoi ?

- Tu sais, ta quête de l'homme idéal et par la même occasion, la meilleure façon de dire à tes amis de quel bord tu es ?

- Ils viennent tout juste d'avaler le fait que je t'aime bien, tu pousses le bouchon, là.

- Et ça se dit courageux... Chiffe molle ! »

Il me tire la langue et commence à me chatouiller. Ouais, je dois bien l'avouer, j'aime bien être avec lui, il est marrant et en plus, il est mignon. Je devrais me trouver des amis gays plus souvent, tiens !

Décembre 1977

Sirius Orion Black

Ouais, je sais, c'est mal. Je sais, j'ai aussi promis à Jude de pas toucher. Mais c'est pas de ma faute. Charles Parkinson est vraiment un canon. Je veux dire... Allez, comme si personne n'avait jamais flashé sur la mauvaise personne.. Et puis, je suis sur que Jude s'en fout, elle se tape des mecs à la pelle. Ouais, on va quand même la laisser dans l'ignorance, hein, faudrait pas aller trop loin. Et puis, moi au moins, il ne m'envoie pas de vent quand je le croise en cours, je lui dis même « bonjour », maintenant. Il a l'air de plus m'apprécier qu'elle. En même temps, c'est normal, avec son caractère à la con, là..

Enfin bref, pas la peine d'épiloguer des heures durant, c'est un canon, il me le faut. Je suis Sirius Black, quand même ! Il est normal que ce soit la crème de la crème qui me revienne ! Oh, et je ne suis certainement pas le seul à le penser, toute l'école est d'accord avec ça, il n'y a qu'à voir les lettres d'admiratrices qui sont entassés devant ma porte et que je n'ouvrirais jamais ; de toute façon mes amis prennent toujours un malin plaisir à le faire.

« Siriuuuuuus, se marre James en agitant devant moi un papier rose, empestant le parfum. Lis celle-la, je te juuure, elle est hilarante !

- Très peu pour moi, je fais en repoussant le papier qu'il a jeté sur mes jambes. J'ai peur d'attraper le syndrome du bisounours.

- Non mais elle est drôle !

- N'insiste pas, j'ai vraiment pas envie de virer complètement gaga à cause de ces conneries à l'eau de rose. »

Il n'a même pas l'air déçu et replonge dans le tas de mes lettres à la recherche d'une autre relique. Je refuse de lire ça, c'est très déplaisant, en plus, si elles savaient que je ne peux en aucun cas répondre à leurs attentes, je suis persuadé qu'elles m'enverraient quand même ces foutues lettres et cela est beaucoup trop ridicule pour moi. Je suis quelqu'un de distingué. Et ces lettres sont tout simplement grotesques.

« Oh Merlin, s'écrie Peter. Écoute-ça ! Sirius, tu es comme le ciel de ma vie, avec un immense soleil d'été à l'intérieur. Tu es brillant et tu m'éclaires. Tu as éclairé ma vie, en échange, je voudrais t'offrir le bonheur parfait. Rejoins-moi dans la salle sur demande et unissons-nous dans l'accord magnifique de deux corps qui s'aiment. Je t'aime et je veux porter tes enfants et vivre toute ma vie avec toi. Viens, rejoins-moi. Mais elle est allumée !

- Attend, intervient James. Elle a joint une photo. Merde alors, elle est nue ! »

Ils explosent d'un rire gras qui fait que Rémus lève les yeux de son livre à temps pour voir les miens monter au ciel. Ils sont cons. Fatigué d'entendre mes amis rire de choses puérils, je sors de mon dortoir et vais errer dans l'établissement. Des fois, on s'ennuie tellement ici, c'est fou ! Je crois que j'ai pris goût à la compagnie de Garde parce que j'ai tendance à beaucoup plus m'amuser quand elle est là.. Évidement je m'amuse aussi beaucoup avec les Maraudeurs mais, tout de même.. James est parfois un indécrottable crétin. Je me demande s'il aurait été mon ami si je l'avais rencontré maintenant.. Néanmoins la question ne se pose pas, il est mon ami maintenant. Et c'est bien connu, on ne choisit pas ses amis, ou quelque chose comme ça. Et bien sur, ils voient d'un très mauvais œil mon amitié avec la chieuse en chef, c'est qui est normal ; la mascotte des lions qui fraternise avec la reine des vipères, c'est comme les français qui s'allient avec les américains contre les anglais en pire ; rajoutons-leur une armada de bombardier et on y est à peu près. Ils ont peur que je saccagent Poudlard maintenant que j'ai des mauvaises fréquentations mais je dois bien avouer que parfois ça fait du bien de laisser sortir son côté sombre et d'apprécier les vilaines choses de la vie.

Comme pour illustrer mon propos, mes pieds m'ont amenés droit devant la chambre de Jude. Évidement, comme si je ne pouvais plus l'éviter à présent. Elle fait partie de mon quotidien et c'est vraiment avec tristesse que je constate ce fait. La Gourmandise me regarde de haut, avec son paquet de bonbons dans les mains.

« Je peux entrer ?

- Non, elle a dit ne pas vouloir être dérangée.

- Oh pitié ! »

La Colère arrive à son tour et pousse brutalement l'autre péché.

« Rentre et emmerde-la, veux-tu ! »

Le tableau se tourne sans que je ne comprenne vraiment pourquoi ces peintures se sentent obligées de faire des scènes à chaque fois que quelqu'un veut rentrer. C'est vraiment fatiguant.

« C'est moi, je crie en entrant. »

Mais je m'arrête immédiatement à l'entrée. Choqué.

« Qui êtes-vous, qu'avez-vous fait de la déléguée des élèves ?! »

Par-dessus la reliure du livre que la créature a devant elle, elle me lance un regard foudroyant. Mon dieu, elle lui ressemble tellement, on pourrait presque croire que c'est vraiment Judith qui occupe ce fauteuil Louis XV, dans sa robe de chambre en soie bouteille. Mais certains indices ne sont pas trompeur ; comme l'état de propreté parfait de la chambre ou encore ce vinyle de Chopin qui tourne, répandant sa musique démoniaque dans toute la pièce ou pis encore ; la pile de livres ronflants sur la table de chevet de mon amie disparue. C'est comme si l'unique but de cette pièce était de devenir le plus classique et le plus pédant possible.

« Sirius, tu es un abruti, siffle la jeune femme inconnue de son trône avant de replonger dans son bouquin.

- Quelqu'un a enlevé Judith de La Garde !

- Oh, merde, t'es insupportable quand tu fais la gamine !

- Ah, Jude, tu ne devineras jamais, quelqu'un a pris possession de ton corps. »

Elle claque sa langue contre son palais en signe d'agacement et ferme son pavé. Je m'assois en face d'elle et le saisit.

« Du côté de chez Swann de Proust... Es-tu malade ? De la fièvre peut-être ?

- La vraie vie c'est la littérature. J'essaye juste de vivre pour de vrai.

- Oh, donc tu sais lire, tu ne faisais pas semblant.

- Et tu es venu ici pour quoi exactement ? Parce que visiblement, tu ne sers à rien.

- Tu t'es toujours revendiquée inculte. Qu'est-ce qui se passe ? »

Elle soupire et s'étire avec raffinement. C'est vrai qu'elle est aussi distinguée que moi. Nous venons tous deux de grands lignages, j'imagine que ça a dû avoir un impact sur nous. Comme un gène en plus qui nous pousse à toujours être précieux. C'est vraiment agréable de ne jamais faire attention et d'être toujours délicat...

« Je révise.

- Je ne savais pas que tu avais pris l'option littérature française, sans doute peut-être parce qu'elle n'existe pas ici.

- Pour mon rendez-vous avec Charles. J'ai enfin découvert qui était ce Céline, je veux pouvoir lui tenir tête avec Proust. Qu'il voit que je peux être tout aussi intéressante que lui. Et cela va le conduire tout droit à mon vagin !

- C'est dégoutant. Tu te sers de livres pour assouvir tes pulsions sexuelles, tu devrais avoir honte. Tu es une prostituée littéraire.

- Je sais. J'ai mal choisit ma branche, c'est la moins rentable. »

Elle soupire une deuxième fois. Que la vie est dure quand on vient d'apprendre à l'ire, n'est-ce pas ? Elle se penche et pioche dans son paquet de cigarette, m'en propose une et nous fumons en silence.

« C'est la première fois en sept ans que je te vois t'investir dans quelque chose.

- Hum, non. Tu oublies cette fois où j'ai milité pour le port de fourrure obligatoire en hiver.

- Exact. Brave cause. »

Elle rigole et se lève pour enfin arrêter ce disque de Chopin. Elle se rassoit et je vois bien que quelque chose ne va pas. Elle a l'air fébrile et malade. Je ne l'ai jamais vu comme ça, c'est vraiment bizarre.

« ça va ? Tu n'es pas en train de faire une crise de manque parce que ça fait deux jours que tu n'as pas picolé, hein ? »

Elle sourit et semble se détendre un peu avant de me donner un tape sur l'arrière du crâne.

« T'es bête. Je suis pas une ivrogne.

- C'est ce qu'ils disent tous... Ben dis-moi ce qui t'arrives, alors. »

Elle secoue ses mains et deviens un peu plus grave, avant de se lever brusquement.

« Il faut que je me prépare. Je ne sais pas comment m'habiller, soupire-t-elle.

- Shirley ne te fait pas de tenue d'enfer pour sortir ?

- C'est un rendez-vous personnel, elle n'a pas à la faire. Je sais m'habiller moi-même.

- Je croyais que tu ne savais rien faire toi-même.

- Bon, tu sors d'ici, tu perturbes ma journée et tu n'es pas gentil. Oust, du balais ! »

Elle me pousse en dehors de sa chambre sous mes rires. En sortant, je croise Shirley qui s'avance vers le tableau, l'air pas commode.

« Ah, je savais bien qu'elle ne pouvait pas se débrouiller seule !

- Tu la connais, me répond-t-elle en haussant vaguement les épaules. »

Elle me sourit et entre dans l'antre du démon. On a vraiment commencé à bien s'entendre, la blondasse et moi. Forcément, elle elle connaît mâdame depuis longtemps, mais je crois que ça lui fait plaisir que quelqu'un la subisse avec elle. Parfois, j'ai un peu l'impression qu'on est les parents de Jude. Sans l'autorité qui va avec. Et puis elle est gentille et marrante, avec sa tête tout le temps blasé sur un corps si enfantin.

Je me promène dans le parc. Si il y a un moment où visiter Poudlard, c'est bien pendant l'hiver. Quand la neige est bien épaisse et qu'on s'enfonce de trente centimètres à chaque foulée. J'adore cette période, on se sent vraiment à Noël, c'est comme si quelque chose de merveilleux nous attendait à chaque détour de couloir. Je me balade longtemps, le temps de faire le tour du parc et quand je reviens vers les portes, je ne sais pas exactement quelle heure il est. Mais la nuit est très noire, ce qui ne veut rien dire étant donnée qu'elle tombe à dix-huit heure.. Quelque chose est tout de même tout à fait étonnant. Je ne suis pas tout seul dans la nuit. Adossé aux lourdes portes, Charles Parkinson fume tranquillement une cigarette, plus craquant que jamais.

« Tiens, salut, me fait-il en souriant.

- Salut... »

Je commence à avancer mais rebrousse immédiatement chemin.

« Mais tu n'avais pas rendez-vous avec Jude ? »

Il me lance un regard étrange de derrière ses lunettes rectangulaires. Puis me sourit.

« Ah oui. J'oublie souvent que vous êtes amis maintenant. Le couple le plus en vogue de Poudlard...

- Ah mais on est pas en couple, je rigole un peu, surtout pour éloigner un potentiel quiproquo. Mais alors là, loin de là ! Tu as champs libre !

- Huuum... Quelle chance. »

Il inspire un bouffée de cigarette, lentement, tandis que je reste dans la perplexité. Il est sérieux ? Ou c'est carrément de l'ironie ? Non mais quelle idée de parler à demi-mot aussi ! Et pourquoi il a une voix si sensuelle, merde ! C'est carrément perturbant !

« Mais tu n'étais pas sensé la voir, ce soir

- J'avais un examen à travailler, j'ai dû annuler, m'annonce-t-il de façon très froide.

- Ah... C'est dommage de rater un rendez-vous pour les études. »

MAIS QUELLE PHRASE A LA CON ! Je rêve, je crois que j'ai jamais rien dit d'aussi nase ! Il a l'air d'avoir saisit la profondeur incomparable de ma répartie car il étouffe poliment un rire léger dans sa main. Mais quelle imbéciiiiiile ! Je ne me le pardonnerai jamais !

« J'aime bien mes études, me répond-t-il très charitablement. Et je l'ai reporté, on l'aura quand même, ce rendez-vous, ne t'inquiète pas pour ta copine. Je le dois bien à James.

- Tu dois quelque chose à James ?

- Il m'a prêté un livre vraiment intéressant sur les lignages des Prewell. L'échange, c'était un rendez-vous avec La Garde. »

Je retire ce que j'ai dis plus tôt ; Jude n'est pas une prostituée littéraire. Il l'est. Et il fait des affaires avec James. C'est répugnant. Mais c'est intéressant, je vais garder cette information quelque part.

« Tu n'aurais pas dû accepter. James n'est vraiment pas sympa quand il fait des deals.

- Son livre était important pour moi. Et ce n'est pas si affreux d'aller à un rendez-vous, qui sait, peut-être qu'elle va me plaire, cette déléguée des élèves.

- Elle est gentille, ne te laisse pas avoir pas ses grands airs, elle a vraiment un cœur des fois. »

Il rigole vraiment pour la première fois et son rire est un peu rauque. Je crois que je n'avais jamais entendu un rire si agréable. Et je guimauve, ce qui est très mauvais pour mon image. Mais ce mec me fait fondre !

« Tu as une drôle de façon de vendre ton amie, Sirius ! »

Je rêve ou il m'appelle « Sirius » ? Comme si on était intime, qu'on se connaissait depuis longtemps ! C'est merveilleux.

« En même temps, te raconter des mensonges, ça ne servirait pas à grand chose, étant donné tout ce qui court déjà sur elle...

- Tu crois que je devrais écouter ce genre de ragot, demande-t-il avec un demi-sourire et un sourcil relevé. Parce que j'ai pour habitude d'être très loin d'eux mais maintenant que j'ai rendez-vous avec la femelle alpha de Poudlard...

- Et bien... Si tu veux un bonne opinion d'elle, n'écoute surtout les rumeurs. Ça pourrait ternir son image... C'est une personnalité alors tout le monde se prend un peu à inventer des choses sur elle, c'est un peu un passe-temps pour les gens...

- En même temps, je lui ai parlé quelques fois et il me semble qu'elle est juste comme ce qu'on dit sur elle.

- Ah, donc tu écoutes les ragots quand même ?

- Il est dur de les éviter, ici.

- Il faut creuser avec Jude, elle est parfois un peu dure à cerner mais avec le temps, elle s'habitue à nous et cesse d'être aussi stupide.

- Humm.. Tu l'as défends bien, dis donc. Ça donne envie de la connaître.

- Parce que c'est ce que tu aimes, toi les femmes fortes ? »

Je souris mais intérieurement, je suis un peu triste par cette conversation. Et diantre, pourquoi j'ai fais l'éloge de Jude-la-chieuse ? Je crois que je suis malade, c'est pas possible sinon d'être aussi con !

Charles inspire lentement la fumée de sa cigarette en réfléchissant avant de se tourner vers moi, haussant les épaules, l'air désinvolte.

« Ce n'est pas tant la puissance qui m'attire sentimentalement dans les gens. C'est plus leur personnalité. »

Euh... Mise à part qu'il parle comme un livre, il a bien dit « gens » ?

« Que.. Comment ça ? »

Ah non, Sirius ! Mon grand ne commence pas à balbutier ! Y en a marre de se ridiculiser devant le canon-en-chef !

« J'aime les gens pour ce qu'ils sont en tant que personne, par pour un statut social quelconque. Je veux dire, bien sur, comme beaucoup d'autres, j'aime l'idée d'avoir du pouvoir et de l'argent mais pas dans un cadre amoureux. Ça, je le garde pour ma carrière professionnel. Tu comprends ? »

Non, beau gosse, j'étais toute à mon occupation favorite, c'est-à-dire essayer de ressembler à une carpe le plus fidèlement possible. Il aime « les gens » ! Pas « les filles » ; « les gens » !

Désolé, Jude, je sais que notre amitié est toute jeunette et déjà si solide parce que tu as si peu d'amis qu'immédiatement tu leur confies toute ta confiance mais là, non, je ne te le laisserai pas. Tremble Poudlard parce que Charles Parkinson sera à moi, mouhahaha !

« Oui, oui, je vois parfaitement ce que tu dis, Charles.

- Je savais que t'étais un gars sensé. Tu vois, des fois il ne faut pas écouter les rumeurs, fait-il en souriant.

- Haha, je ris. Je suis plein de surprise. »

Il me sourit encore puis regarde sa montre avant de pousser un juron.

« Je suis super en retard ! C'était sympa de discuter avec toi, Sirius, bonne soirée. »

Il me tape amicalement sur l'épaule et s'en va en courant.

Noooon, reste mon ange, je t'aime, je ferais tout pour toi !

Calme-toi, Sirius, tu as déjà eu la chance de parler avec lui ce qui est génial. Je suis l'homme le plus chanceux du monde. Et je crois que je suis amoureux. Il est parfait. Il me le faut. Même si cela veut dire entrer en conflit d'intérêt avec Jude, j'en ai rien à faire !

Non, cette dernière partie est fausse, elle me fait un peu peur, quand même. Et puis, je l'aime bien la petite au fond. C'est vrai qu'on est devenus amis quand même, ce qui n'est pas peu dire. Mais en même temps, ce n'est pas de ma faute si Charles à une sexualité ambigüe et qu'il est attiré par les personnes et non par les sexes ! J'ai totalement mes chances !

Le sourire aux lèvres, je grimpe les escaliers vers mon dortoir. Quelle merveilleux château, et quelle merveilleuse journée !

Quand je rentre dans ma chambre, James est en train de danser au son du vinyle de James Brown, Peter est encore étalé au milieu de mes lettres d'amours enflammées et Rémus est allongé sur son lit, lisant un livre. Ce dernier est le seul à tourner la tête vers moi quand je rentre.

« T'étais où ?

- Au paradis, je soupire en me lançant dans mon lit. »

James me saute dessus et nous rions. La vie est si belle...


J'espère que ça vous avez apprécié ce chapitre, et je vais écrire le prochain au plus vite ! En attendant, une review est toujours agréable de votre part :)

Bien à vous, Judee !