| Ace |

J'étais paisiblement assis à une petite table sur le pont principale avec Marco et Satch. Nous parlions de tout et rien tout en buvant du saké :

- C'est quand même étrange... fit Marco.
- De quoi ? demanda Satch.
- La fille... s'écria la commandant de la première flotte en jetant un coup d'œil à celle-ci qui était appuyée contre la rembarre et regardait la mer. Elle dit s'appeler Clara Newgate, ce qui signifierait qu'elle a un lien de parenté avec Père.
- Ouais... Ce qui est bizarre aussi, c'est la façon qu'elle l'a dit. On aurait dit que c'était un nom sans grande importance au sein du monde, m'écriai-je.
- En tout cas moi, temps qu'elle est belle, qu'elle ait un lien de parenté avec Père ou non, sa présence sur le navire ne me dérange pas ! fit Satch tout en la regardant.

Je lui donnai un coup derrière la tête. Quel abruti celui-là... Il ne pensait qu'aux femmes... Pour ma part ce n'était pas ce qui m'intéressait le plus. Mais elle, elle m'intriguait. Je rempli un petit verre de saké et me levai. Satch et Marco devaient se demander ce que je faisais... Je m'approchais de Clara et m'accoudais également sur la rambarde. Elle tourna la tête vers moi et m'interrogea du regard. Elle avait de beaux yeux d'un marron qui virait à la couleur noisette. Je lui répondis par un sourire et lui tendis le verre. Elle le considéra longtemps avant de regarder de nouveau la mer. Je bus donc moi-même le verre.

- C'est reposant de regarder la mer, chuchotais-je.

Elle se contenta de répondre par un petit « oui ». Elle était distante de nous tous, peut-être était-elle timide ou très peu sociable.

- T'as quel âge ? lui demandais-je.
- 18 ans, et toi ?
- 19 ans.
- C'est jeune pour être pirate, non ?
- J'en ai aucune idée, je suis parti en mer à 17 ans et il y a quelques temps je suis devenu le capitaine de la deuxième flotte de Père.
- Pourquoi l'appelez-vous tous « Père » ?
- Père a toujours voulu avoir une famille et étant les capitaines de ses flottes, on forme tous un peu une grande famille.

Elle ne redemanda rien de plus et demeura silencieuse. Et dire que j'étais comme ça quand j'étais plus jeune...


| Clara |

Pourquoi me parle-t-il ? Je ne suis pas quelqu'un de bien intéressant, je suis juste une jeune femme... Il pourrait faire comme tout le monde et ne pas faire attention à moi au lieu de venir me taper la discussion. De plus, je n'ais rien à lui dire. En fait, je n'avais rien à dire à personne sur ce stupide bateau ! Mon ventre gargouilla : j'avais faim...

- Si tu veux, je peux demander au cuisinier de te faire à manger, me dit-il.
- Non merci, ça ira, répondis-je séchement même si j'avais faim.
- Vraiment, pourtant tu as dormi pendant deux jours et peut-être même plus. A ta place j'aurais faim ! dit-il en rigolant quelque peu.

Je lui jetai un vif coup d'œil.

- Allez, viens ! s'écria-t-il en m'attrapant le bras gauche et en m'emmenant quelque part.

J'aurai pu me débattre mais de toute façon ça n'aurait eu aucun effet vu sa force. Il me fit descendre des escaliers et nous entrâmes dans un endroit qui semblait être une cafétéria. Il me lâcha et entra dans les cuisines. Quelques minutes plus tard, il en sortit avec un grand sourire et un sandwich.

- Tiens, c'est moi qui l'ai fait ! Assied-toi et mange le, ça te fera du bien !

Je ne me fis pas prier et dévora le sandwich qui n'avait pas entièrement satisfait ma faim. Pourquoi était-il si gentil avec moi ? Et qu'avait-il bien pu dire sur moi à l'autre abruti ? Ayant une grande curiosité je ne pu me retenir de lui poser la question.

- Hein... De quoi ? répondit-il.
- Qu'as-tu dit à l'autre gars ce matin, tu sais celui qui a dit : « Ah, la belle brune s'est réveillée ! ».
- Ah, ... Euh rien... J'ai rien dit de bien intéressant.

Je plissai les yeux, je savais pertinemment que c'était faux. Il ne voulait pas me dire ce qu'il avait dit, ok, mais je saurais un jour ou l'autre. Je suis toujours déterminée à savoir ce que je ne peux savoir. La curiosité est peut-être, dit-on, un vilain défaut mais ça ne me dérangeait pas de vouloir tout savoir. Je lui tendis l'assiette vide, il sourit, la prit et la posa un peu plus loin. Quel feignasse !

- On arrivera à la prochaine île dans quelques jours, là-bas, tu pourras t'acheter des habits mais d'ici là, tu devras rester en robe...

Etrangement, il ne jeta pas un regard pervers en direction de mon corps comme je l'avais imaginé. Il doit surement cacher son jeu, mais ça ne marchera pas... Il se leva et me demanda si j'avais encore faim, je lui répondis que non et il s'en alla dans les cuisines. Je le suivis et resta au seuil de la porte et l'observa timidement faire la vaisselle ne sachant pas où aller. Quand il eut fini il me regarda en rigolant. Qu'il y avait-il de si drôle ?

- Tu ne semble pas apprécier ma compagnie, mais pourtant tu reste avec moi ! s'écria-t-il avec un grand sourire timide.

Il se faisait des films lui ou quoi ?

- C'est juste que je ne sais pas où aller ! rétorquais-je.

Il faisait son gentil et ça m'énervait. Quel idiot il faisait de croire que je ne cernais pas son jeu. S'il croyait pouvoir se rapprocher de moi il se trompait !


J'étais assise par terre, les mains attachée derrière mon dos par des menottes en granit marin. La pièce où je me trouvais était sombre et froide. Des pas lourd se firent entendre et un peu plus tard, quelqu'un frappa à la porte et l'ouvrit violement. En l'entendant claquer brutalement contre le mur je fermai les yeux et sentis l'homme me soulever par ma chemise. Il m'emmenait quelque part, mais où ? Je me débattais de toute ma force et ne réussis qu'à le faire grogner de mécontentement. Je l'insultais instinctivement de tous les noms que je pouvais.

- Ferme la sale gamine !

Mais je continuai, et tant pis si cela lui plaisait ou non. Il me lâcha, je tombais sur le sol et tentais de me relever mais il me donna plusieurs coups de pied dans l'abdomen. Je jurais, et lui promis de me venger,il le regrettera.

- Tu crois ça ?! Eh bien ça ne risque pas d'arriver ou ta mère...

Je relevais la tête et le foudroyais du regard...

Je me réveillais et observais l'heure, il était 3h30 du matin... C'était trop tôt pour se lever, mais ce rêve... C'était la dernière chose dont je me souvenais avant d'arriver sur ce bateau. Ma mère... Je fondis en larme, elle était seule avec ces types. Qu'elle idiote, pourquoi étais-je ici au lieu d'être avec elle entrain de la protéger. Qu'était-elle entrain de faire ? S'inquiétait-elle pour moi ? Mais la connaissant, elle devait surement être heureuse que je sois ici plutôt qu'à bord du navire de ces salops. J'aurais leurs têtes malgré le temps qu'il me faudra pour y arriver. Ils m'avaient pris deux ans de ma vie, deux année durant lesquelles j'avais souffert. Je pliais mes jambes, les entourais de mes bras et y enfouis mon visage. Je me dégoutais moi-même. Je n'étais qu'une parfaite égoïste, même si j'avais supplié le capitaine des Ewer de ne pas frapper ma mère mais de ma frapper moi à la place, en ce moment, j'étais une réelle égoïste. Je me haïssais, je m'insultais de tout les noms possible, s'en été beaucoup trop. Je voudrais tellement être avec elle, entrain de la protéger, mais ce n'est pas possible et ça se peut que ce ne soit plus jamais possible...