| Clara |
Après cette effroyable nuit, et, après avoir pris beaucoup de courage pour aller affronter les regards de ces pirates pendant mon petit-déjeuner, je me dirigeai vers la cafétéria. Quand j'entrai, tous s'arrêtèrent de parler et me scrutèrent comme si j'étais un spectre. J'ignorai royalement ces abrutis et allai vers une table libre mais un homme blond, portant une chemise ouverte laissant nu son torse tatoué de la marque de cet équipage, m'interpella et se leva. Je m'arrêtai et le regardai de façon neutre.
- Père veut te voir, suis moi.
Il passa devant moi et je le suivis. Que me voulait le capitaine ? J'avais mal au ventre... Je stressai, pourtant je ne devrais pas...
- Je suis Marco le Phoenix, commandant de la première flotte, fit le blond.
Je ne répondis rien. Et même si j'avais répondu, qu'est-ce que j'aurais dit ? Il savait très bien qui j'étais, je n'avais pas à me présenter. Tout le monde à bord de ce foutu bateau savait qui j'étais, mais il n'y avait pas de quoi. Je continuai de le suivre mais il s'arrêta en face d'une porte en bois qui donnait sur le pont principal. Il toqua et me fit entrer, il resta dehors et je devinais qu'il était reparti manger avec ses amis. Je ne bougeai pas et restai sur le seuil de l'entrée. Le capitaine était assis sur son lit avec des perfusions. Il me regardait. Il était tellement intimident que je déviai mon regard et observai la pièce. Il m'invita à m'asseoir sur le siège en face de lui. J'acceptais en silence et m'installai.
- J'ai essayé de me renseigner à ton sujet,.. fit-il.
Je regardais mes pieds, mais lui, il me dévisageait, je le sentais.
- Apparemment, tu n'es pas recherchée par la Marine, ni par qui que ce soit d'autre. A vrai dire, tu me sembles être comme n'importe qui... il ria fortement.
Que savait-il réellement de moi en si peu de temps ?
- Qu'est-ce que vous en savez ? Je suis peut-être recherchée par la Marine !
Il continua de rire.
- Bun quoi ? m'écriais-je.
- Rien...Saches que nous accostons dans deux jours sur une île pour que tu aille t'acheter des habits.
- Je sais, on me l'a déjà dit...
- Tu as discuté avec des hommes de mon équipage ? s'étonna-t-il en reprenant du sérieux.
- Je ne voulais pas, c'est Ace qui est venu...
Il fit un sourire. Tant mieux si ça lui faisait plaisir que ce pirate me parle. Mais il lui en fallait peu pour sourire.
- Ace est un bon pirate, dit-il.
- On dit toujours ça, rétorquais-je.
Il fronça les sourcils, il n'avait pas besoin de comprendre. J'avais si longtemps entendu le capitaine des Devils pirates dire ça de son équipage et pourtant c'était bien faux. Ce sont plutôt de belles ordures qui n'ont pas fini de pourrir. Voyant mon air pensif, il me demanda si tout allait bien.
- Oui, je ne vois pas pourquoi ça n'irait pas... C'est sûr qu'être sur un bateau de pirate sa rend heureux...m'écriais-je ironiquement.
- Tu n'aimes pas les pirates, n'est-ce pas ?
- Qu'est-ce que ça peut vous faire ?
- En général, quand on n'aime pas quelque chose il y a une raison, dit-il.
- Vous ne me connaissez pas, c'est tout !
Il réfléchissait ça se voyait. Il cherchait ce qui avait bien pu m'arriver. Mais qu'est-ce que ça pouvait lui faire. Cela ne le regardait pas, lui, là à faire le gentil capitaine alors qu'il était censé être le pire de tous. Cet équipage était censé être le plus affreux des mers, pourtant je trouvais tout de même les Devils plus méchants. A moins que toute cette gentillesse ne soit qu'un masque. Un masque pour m'attirer dans un piège !
- Quoi qu'il te soit arrivé, nous ne te feront aucun mal ! s'écria-t-il avec compassion.
- C'est toujours le même blabla, faudrait innover entre chaque équipage de pirate, m'écriais-je.
Il croyait pouvoir m'attraper comme ça lui ! Je ne suis pas comme les autres filles de mon âge. J'ai affronté des choses qu'elles ne peuvent qu'imaginer. J'ai ouvert les yeux sur la dure réalité de ce monde à chaque épreuve que j'ai passée. Je déteste les pirates, et cela pour toujours, jusqu'à ma mort. Mais je n'aime pas la Marine pour autant. A vrai dire je n'aime personne, à par ma mère. Je n'avais réellement connu qu'elle. Je n'avais pas connu mon père, et tant mieux. C'est bien comme ça. Et je ne me plaignais pas du fait que ma mère ne m'en avait jamais parlé. Ne l'ayant pas connu il ne me manque pas.
- Tu as connu d'autres équipages de pirate ? me demanda-t-il.
- Mais qu'est-ce que ça peut vous faire, bon sang ? !
- Tu ne peux comprendre pour le moment.
Mon ventre gargouilla, j'avais faim. Il me laissa aller prendre mon petit déjeuner, tant mieux ! Lorsque j'arrivai à la cantine il n'y avait presque plus personne sauf un abruti dont la tête était dans la nourriture. Je m'approchai et remarqua alors le capitaine de la seconde flotte endormi. Il était peut-être mort ! Un pirate en moins ! J'allai prendre à manger et lorsque je revins il s'était réveillé et finissait son assiette. Il n'avait même pas prit la peine de se nettoyer le visage, quelle horreur ! Il me regarda et s'arrêta de mâcher. Je m'assieds loin de lui espérant qu'il ne vienne pas. Mais qu'est-ce que je disais ? Cet imbécile allait forcément venir.
- Pourquoi tu restes seule ? me demanda-t-il sans se retourner.
Je relevai la tête et observa son dos.
- Une certaine envie... me contentais-je de dire.
Il laissa sortir un léger rire et se retourna. Il avait nettoyé son visage, heureusement ! Il posa ses coudes sur la table derrière lui et m'observa. Je me sentais mal. Je n'osai pas manger.
- Tu ne veux pas me laisser manger en paix ?
Un espiègle petit sourire se dessina au coin de ses lèvres. Il se retourna.
- C'est mieux comme ça ? me demanda-t-il d'un ton amusé.
Je ne répondis pas, ce n'était même pas la peine. Je continuai d'avaler la nourriture. Il était toujours là, pourtant il ne parlait pas. Il s'était peut-être encore endormi ? Tant mieux. Des lettres de feu apparurent sur le bois de la table où je m'étais installée. Je poussai un cri de surprise et lu les mots qui s'écrivaient petit à petit : « La nourriture est à ton goût ? ». Je relevai la tête, Ace était toujours retourné. Il n'avait pas bougé, mais ça ne pouvait être que lui qui avait fait ça.
- Tu as mangé un fruit du démon ?
Il se retourna de nouveau.
- Oui, le fruit Mera mera no mi pour être plus précis. Je contrôle le feu, c'est sympa nan ?
- Si tu le dis...
Il s'amusait. Mais il allait voir s'il me trouvait amusante encore longtemps ! Je n'étais pas là pour lui faire passer le temps.
- Allez, détend-toi ! s'écria-t-il.
Comment pouvait-il me dire de faire ça alors que ma mère était en ce moment même entre les mains de salops. Cela m'était tout bonnement impossible. Je me levai et retournai dans ma chambre. Mais lorsque je passai devant lui il m'attrapa doucement le poignet et me retint.
- Excuse-moi si je t'ai offensé, je ne vois pas comment j'aurais pu faire ça, mais bon...
Je me retournai et me trouvai face à lui. Il s'était levé et tenait toujours mon poignet dans sa main.
- Juste... Laisse-moi tranquille et arrête de me parler, d'accord ? !
Il me lâcha lentement.
| Ace |
- La princesse est dans sa chambre ? Je ne la vois pas... s'écria Satch.
- De toute façon elle ne t'adresserait pas la parole ! fit Marco en riant.
- Mais, elle a bien parlé à Ace, pourquoi pas moi ?
Je lui jetai immédiatement mon regard noir foudroyant.
- Et alors ? Qu'est-ce que ça peut te faire ? dis-je.
- Ca me fait que toi tu lui as parlé alors que moi non...
Il fit mine de bouder, je lui souriais juste pour l'énerver un peu. Marco nous regardait sans rien dire. Toujours sérieux celui-là ! Je remarquais alors que j'avais oublié mon collier dans ma chambre, ce collier que Luffy m'avait offert. J'y tenais tellement, c'était l'un des seuls trucs que j'avais de mon frère. J'espérais bientôt le revoir celui-là ! Je partis et laissai seul mes deux amis. J'allai à ma chambre, mais entendis soudainement des pleurs qui provenaient d'une cabine non loin de la mienne. J'y allai et collai mon oreille contre la porte. C'est une fille. Clara... Mais qu'est-ce qu'elle avait ? Je toquai et attendis une quelconque réponse. Rien. Je perçus juste que ses pleurs avaient cessés. Les filles étaient-elles toute pleurnichardes ? Je me décidai à entrer. Elle était là. En boule sur son lit, des larmes ruisselant le long de ses joues. Elle me jeta un regard de tueuse et essuya du revers de la main les larmes qui coulaient. Mais qu'est-ce qu'elle avait franchement ? Je fermai la porte derrière moi, elle ne pleurait plus bien heureusement et elle me regardait de ses grands yeux marron innocents. Je m'approchai et m'assis sur le bord du lit près d'elle.
- Va-t-en ! grogna-t-elle.
- C'est pas en réagissant et en restant seule que ça ira mieux.
- Peut-être bien que si !
- Nan, c'est faux. Pourquoi tu pleures ?
