Plusieurs fois dans la même heure de cours, les élèves de se retournèrent. Celui-ci dut les menacer une bonne dizaine de fois de les exclure de cour s'ils devaient de nouveau dévier leur visage hors du tableau pour qu'ils cessent de prêter attention à Tetsuko Kuroko. La rentré date d'à peine un mois, les élèves ne tiennent pas à déjà se faire renvoyer. Ils se décidèrent à la moitié de l'heure de cours d'obéir et de détacher leurs yeux de l'élève silencieux resté en retrait au fond de la salle. Un garçon continua pourtant de le regarder, par l'intermédiaire du reflet que lui présente l'écran de son portable judicieusement caché derrière sa trousse. L'élève aux cheveux clairsemé suit le cours sans avoir une seule fois protesté contre les curieux qui se sont intéressés à lui. Il les a depuis son arrivé ignoré. Il est posé, très posé.

Quand la sonnerie retenti, Tetsuko fut le premier garçon à se lever. Il rangea ses affaires dans son sac, le porta à son épaule gauche, prit ses béquilles et boitilla jusqu'à l'ascenseur le plus proche. Les autres collégiens restèrent à leur place, profitant de son absence pour parler de Kuroko dans son dos sans qu'il puisse les écouter.

-Tu penses qu'il a quoi à la jambe, Megume ?

Megume se tourna vers son meilleur ami, puis porta son regard sur les affaires qu'il balaya de sa table pour les ranger dans son cartable. Son cerveau cogita pour trouver une réponse plausible. Un élève aussi réservé que Tetsuko ne voudrait pas répondre lui-même à cette question, ou alors avec une franchise qui glacerait le sang. Voilà deux jours qu'il a rejoint la classe mais il n'a parlé à personne. Il doit être très timide, ou il ne cherche pas à se montrer amical.

-Tu penses qu'il consomme de la drogue ? Il semble bien pâle et ailleurs.

-Je ne penses pas, Katsu.

Les deux garçons se levèrent et allèrent en direction du distributeur le plus proche. Katsu leur acheta deux briques au jus de pamplemousse, la seule boisson que tout deux aiment. Megume prit la sienne et la sirota en lenteur.

-Tu me sembles bien pensif.

-Ce sont les verres qui t'en donnent l'allusion, dit-il en relevant mes lunettes au dessus de son front. En dehors des cours, quand il n'a plus à lire, Megume n'a plus à les porter. Il n'aime pas les avoir sur son nez, disant qu'elles l'enlaidissent.

-Tu penses que Kuroko est un dealer ?

-Non plus, ça serait plus flagrant.

-Tu penses...

-Qu'il n'a aucun rapport avec la drogue, le coupa-t-il dans son élan.

-Alors avec quoi ?

-Je l'ignore... Mais je le vois mal exécuter des actions illicites.

-Arrête de m'appeler en milieux de cours, gronda Tetsuko dans son portable une fois qu'il eut quitté l'ascenseur et se fut isolé dans les toilettes. Il s'assit sur le trône, s'enferma à clef et fixa la porte couverte de numéros de téléphone laissés par des imberbes en manque de contact.

-Ne le recommence plus, Tetsuya.

-Mais j'avais besoin de te parler.

-J'aurais pus me faire prendre si j'avais regardé mon portable. Heureusement qu'il ne s'est pas déplacé entre les bureaux, sinon il aurait remarqué que le mien vibre frénétiquement. Peut-être que s'il l'aurait fait, les élèves auraient cessés de me lorgner.

-Au sujet de ta jambe...

-Tu n'as pas à t'inquiéter pour celle-ci, me rassura son aîné. Même s'il lui arrive de hausser la voix sur son frère, il ne peut jamais se mettre réellement en colère contre lui. Il est même heureux que Tetsuya s'inquiète pour lui.

-Je ne peux m'empêcher de penser à l'accident... de me sentir coupable...

-Tu n'es en rien responsable de cet accident.

-Mais...

-C'est moi qui fut imprudent, rien de plus. Ce qui compte, désormais, c'est de savoir que je suis encore en vie et jamais plus je ne recommencerai cette erreur maintenant que je l'ai vécu. Maintenant, tu n'as plus à t'inquiéter pour moi. Va plutôt rejoindre les gens de ta classe.

-Je tiens à toi, Tetsuko.

-Moi aussi, Tetsuya. Allez, je te recontacte à la fin de la journée. A plus.

-A plus.

Tetsuya rangea le portable dans son survêtement et regarda les garçons courir vers le bac gorgé de sable réservé au saut en longueur. Leur professeur évalue les performance de chacun et siffle pour lancer les nouveaux départs. Kuroko se tourna vers les élèves pratiquant à dix mètres de sa position. Il reconnut parmi les élèves en short bleu Kise, poursuivant avec les autres collégiens la même sphère orange.

Ils poursuivent la balle qu'ils s'empressent ensuite de mettre dans un panier haut perché comme si leur vie en dépendait. Les joueurs s'élancent dans toutes les directions pour tenter de prendre l'objet désiré. Kuroko n'arrive pas à se mettre à la place de ces sportifs poursuivant le même bût avec acharnement.

-A ton tour, Kuroko. Lança son professeur.

Kuroko étira ses quadriceps et sa nuque avant de rejoindre les autres garçons qui n'ont pas encore pratiqué leur saut. On leur répéta les conseils primordiaux de sécurité, comme la manière dont il doivent atterrir dans le sable sans se fouler un muscle. Kuroko fut choisit comme étant le premier de son groupe à s'élancer. Il se mit en position et attendit le signal de départ sans décrocher son regard de Kise. Celui-ci arrive à saisir assez rapidement le ballon pour que son ancien possesseur ne s'en rende pas compte avant qu'il ne plaque sa paume sur le panier. Il est rapide, agile et adulé par les joueurs de son équipe. Même ses adversaires admettent son talent.

-Kuroko !

Le signal était déjà lancé ? Vite, il courut vers la ligne blanche tracée avant le bac mais trébucha en ratant son second pas. Les élèves se moquèrent de lui, il les ignora et se releva pour ne pas perdre plus de précieuses secondes. Il sauta trois pas avant la ligne de départ, tendit son talon trop tôt et se réceptionna mal. Comme son professeur l'avait prévenu, il retomba sur ses fesses et son score fut risible.