Hi ^^!!
Voilà le deuxième chapitre avec un peu d'avance...Je n'ai jamais été douée pour la patience!
Bref, toujours pas à moi, toujours corrigé par Dod et toujours IchixBya XD!!
Je remercie tout le monde pour les commentaires et les favoris !!
J'espère ne pas décevoir avec ce nouveau chapitre!!
Sur ce,
Bonne Lecture!
Deuxième chapitre :
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Le lundi matin, Ichigo se présenta à 9 heures au siège de la première division, vêtu de la veste de capitaine de la cinquième division, accompagné de Byakuya qui le suivait légèrement en retrait. Cette attitude que l'homme avait prise dès leur réveil la veille commençait à sérieusement lui taper sur les nerfs.
Byakuya avait eu beau lui expliquer en long et en large que c'était la coutume, qu'il était de bien plus haute naissance que lui et que c'était une manière de lui témoigner son respect, ça rendait Ichigo fou.
Juste avant d'arriver au bureau de Yamamoto-sutaicho, il se retourna et attrapa sans ménagement le bras de son mari et l'attira à lui. Il murmura entre ses dents.
« Je me fiche littéralement de ton histoire de respect. Que tu le gardes pour les cérémonies et autres rites où cela doit être fait, pas de problème, je m'y plierais mais bon sang, pas ici !! Tu es un des capitaines les plus puissants du Gotei et, sérieusement, ton attitude quasi soumise, » un éclair de colère passa rapidement dans les yeux sombres du plus vieux, arrachant un sourire à coin à Ichigo, il savait qu'il avait tapé pile au bon endroit pour le faire réagir, « me rend dingue. »
À l'opposé de son caractère, ce gamin avait le don de le faire sortir de ses gonds, Byakuya réagit au quart de tour, s'arrachant à la poigne du jeune shinigami et s'avança sans l'attendre pour ouvrir les portes où les attendaient les autres capitaines. Il rejoignit sa place, laissant son mari faire face, seul, aux dix autres capitaines.
Ichigo s'avança au milieu d'eux parfaitement à l'aise, renvoyant à Kenpachi le sourire moqueur qui jouait sur sa face.
La voix rauque du capitaine de la première division brisa le silence de la pièce.
« Comme vous le savez tous, le shinigami remplaçant, Kurosaki Ichigo, vivra désormais à la Soul Society. Aux vues de sa puissance et de sa capacité à fédérer les combattants autour de lui, vous avez tous pu le constater par vous-même, il a été décidé qu'il serait le nouveau capitaine de la cinquième division. »
Il fit une pose et observa chacun des capitaines. Personne ne semblait être en désaccord avec la décision du conseil.
« Bien. Pour ce qui sera d'apprendre exactement les responsabilités auxquelles un capitaine doit faire face, vous serez, pour les prochaines semaines sous la tutelle de… ». Le regard ennuyé du capitaine de la première division se posa tour à tour sur Ichigo et Byakuya. « …Kurosaki-taicho, Kurosaki-taicho. »
Quelques gloussements se firent entendre, couvrant le soupir agacé de Byakuya. Évidemment, cette situation était ridicule. Un sourire en coin, Ichigo s'avança d'un pas.
« Je pense, Yamamoto-sotaicho, que dans le cadre de nos fonctions, il serait plus judicieux de continuer à appeler Kurosaki-taicho… Kuchiki-taicho. Cela pourrait éviter à l'avenir certains malentendus. »
Visiblement, pour ceux qui avaient pensé à cette incongruité acquiescèrent en silence, tandis que le regard du capitaine de la première division s'éclaira.
« Nous ferons donc ainsi. Maintenant il reste le choix de votre lieutenant. Vous n'êtes pas sans savoir, Kurosaki-taicho, que Hinamori-fukitaicho ne se remet pas de la trahison de son ancien capitaine. » Ichigo acquiesça. Il avait déjà entendu parler de la jeune femme et de son état par Renji avec qui elle avait fait ses classes à l'académie. « Donc, si vous n'avez aucune idée de qui serait apte à prendre sa place, nous nous réunirons afin de faire le bon choix. »
Ichigo réfléchit un instant.
« Et bien si, je pense que Kuchiki Rukia pourrait être tout à fait apte à ce poste. » Il se tourna vers le capitaine de la treizième division, à laquelle appartenait toujours la jeune femme. « Qu'en pensez-vous, Ukitake-taicho ? »
L'homme aux longs cheveux clairs avança d'un pas et se tourna vers le commandant Yamamoto.
« Je pense qu'effectivement Kuchiki-san est à présent tout à fait en mesure de devenir lieutenant. »
Le commandant en chef du Gotei 13 se leva alors.
« Bien. Kuchiki Rukia sera donc votre lieutenant. Maintenant vous pouvez disposer. »
Ichigo intervint encore, une idée venant de lui traverser l'esprit.
« Excusez-moi, j'aimerais faire une requête. »
Le plus vieux se rassit et lui fit signe de continuer.
« Je pense qu'il serait préjudiciable d'écarter Hinamori-san. Je souhaiterais la garder en tant que troisième siège et ce, jusqu'à ce que je puisse déterminer si elle est ou non apte à rester une shinigami. »
Le capitaine de la première division évalua la valeur de cette idée. Il finit par se lever.
« Requête acceptée mais j'attends de vous, Kurosaki-taicho, un rapport détaillé régulier sur l'évolution de la jeune femme. La séance est levée. »
Les capitaines sortirent les uns après les autres pour retourner à leur bureau. Ichigo s'apprêtait à faire de même quand le capitaine de la treizième division l'arrêta.
« Je t'enverrais Rukia dans la journée, Ichigo. Et… tu es particulièrement généreux de garder Hinamori-san à la tête de la cinquième division. »
Ichigo secoua la tête.
« Ce n'est pas de la générosité. Cette fille est devenue lieutenant pour une bonne raison, elle fait partie de l'élite des shinigamis. Je veux juste lui donner une chance de s'en souvenir et garder ainsi, sous la main, un excellent potentiel. »
Le capitaine de la huitième division lui tapa dans le dos.
« Il pense déjà comme un capitaine. »
Les deux hommes prirent le chemin de leur division respective en riant tandis qu'Ichigo tourna la tête à gauche puis à droite, se souvenant qu'il n'avait pas la moindre idée d'où se situaient les quartiers de la cinquième division.
« Besoin d'un coup de main, Kurosaki-taicho ? »
Ichigo se tourna brusquement vers la voix moqueuse et trouva Renji, à moitié mort de rire.
« Qu'est-ce que tu fous là ? »
Le lieutenant de la sixième division se calma mais garda un large sourire sur les lèvres.
« Kuchiki-taicho m'a envoyé pour te mener jusqu'à tes quartiers. On dirait qu'il a vu juste en pensant que tu ne savais pas où ils étaient. »
Ichigo grogna.
« Oh ça va ! Conduis-moi puisque tu es là pour ça. »
Un grand éclat de rire se répercuta contre les murs de la première division alors que Renji passait devant lui pour lui montrer le chemin.
Il y eut quelques instants de silence que le lieutenant finit par briser.
« Au fait, ça se passe bien avec Kuchiki-taicho ? »
Ichigo se mordit la lèvre.
« Eh bien, pour l'instant oui. Hormis peut-être sa manie insupportable de suivre les règles à la lettre… »
Renji étouffa un rire derrière sa main.
« Il faudra t'y faire, il est réputé pour ça !! »
Ichigo devint brusquement sérieux donnant au lieutenant Abaraï la même impression de noblesse et de puissance qui l'avait impressionné quand il était venu remercier son capitaine.
« Je n'ai pas l'intention de m'y faire. Je ne veux rien lui imposer mais il est hors de question que ma vie soit réglée sur tout un tas de lois les plus absurdes les unes que les autres. » Il s'arrêta, soupirant, ses yeux ambrés perdus dans les jardins qu'ils longeaient. « Tu sais, j'ai toujours rêvé de me marier avec une femme que j'aimerais profondément et de couler des jours heureux auprès d'elle… Je n'y ai pas eu droit mais j'aimerais vraiment rendre notre vie commune la plus douce possible… Je ne veux pas me retrouver un jour à préférer rester bosser tard plutôt que de rentrer chez moi… »
Renji posa une main concernée sur son épaule et l'étreignit.
« Je pense que ça prendra un peu de temps mais… » Le shinigami se mordit la lèvre, c'était de son capitaine dont il parlait. « Kuchiki-taicho est quelqu'un qui a besoin d'être vraiment en confiance avant de se dévoiler. »
Accoudé à la balustrade qui bordait les arcades, Ichigo se tourna légèrement pour observer le profil sérieux de son ami, un pauvre sourire sur les lèvres.
« Je l'espère… Parce que, mine de rien, ce n'est pas un contrat de dix ans que j'ai signé et j'ai bien l'intention de rester vivant le plus longtemps possible… » Il se redressa. « Allez, conduis-moi jusqu'à mon bureau, Rukia va hurler si elle arrive avant moi. »
Ichigo tourna à gauche à l'embranchement qui suivit et fut rappelé par Renji qui avait mis un peu de temps à réagir en entendant le prénom de son amie.
« Oi !! Ichigo ! C'est par là !! » Il lui montra du pouce la direction opposée. Ichigo leva les yeux au ciel et suivit la direction indiquée. « Heu… Tu disais… Rukia ? »
Un sourire en coin s'afficha sur le visage du nouveau capitaine de la cinquième division.
« Ah oui… !! Je ne t'ai pas annoncé la nouvelle. Rukia est promue lieutenant. »
Renji s'arrêta brusquement.
« Quoi ? »
Ichigo qui avait avancé de quelques pas se tourna vers lui.
« Si tu t'arrêtes toutes les deux secondes, demain, je ne saurais toujours pas où se trouve mon bureau. »
Renji grogna et se remit en marche, rattrapant son ami.
« Rukia ? Lieutenant ? »
« Hum ! Je l'ai proposé ce matin pour être mon lieutenant et Ukitake-taicho a validé ma demande. »
« C'est cool pour elle !! Elle va être super contente mais… Momo-chan ? Tu ne vas quand même pas… »
« Ben, vu son état, je ne peux pas la garder comme lieutenant mais elle sera troisième siège en attendant de voir si oui ou non, elle est toujours apte au travail. »
Ils arrivèrent au quartier de la cinquième division.
« Te voilà chez toi ! Je te laisse ! »
Renji partit au pas de course mais s'arrêta net quand Ichigo le rappela.
« Hey !! Attends !! »
Le shinigami se retourna et regarda curieusement son ami, visiblement gêné.
« Pourras-tu demander à ton capitaine de passer quand il aura fini ce soir ? »
Un large sourire moqueur lui répondit.
« T'as peur de te perdre en rentrant ? »
Ichigo grogna et s'engouffra dans les quartiers de la cinquième division sous le rire goguenard de son ami. Il fut accueilli dans son nouveau bureau par les cris enragés d'une jeune femme qu'il connaissait bien.
« Mais c'est pas possible d'être en retard son premier jour !!! Ce n'est pas comme s'il n'y avait pas trois tonnes de boulots en retard et… »
Une autre voix, plus douce essayait de calmer la première.
« S'il vous plait Kuchiki-fukitaicho, calmez-vous, Kurosaki-taicho va bientôt arriver… »
« Il a plutôt intérêt !!! »
Ichigo soupira. Son premier jour n'allait pas être de tout repos. Il ouvrit la porte de son bureau et, juste eut-il poussé le battant qu'il prit un stylo dans la figure.
« Oh mais ça va pas ! C'est quoi ce bordel ?!! »
Une petite bonne femme le toisa de toute sa hauteur, les poings sur les hanches.
« C'est à cette heure-ci que tu arrives !!! »
Ichigo leva ses deux mains en signe d'excuse.
« Oh là !! Je me suis juste perdu. Ça te va ? »
Rukia renifla de mécontentement. Une autre jeune femme brune à peine plus grande que Rukia, se présenta, tremblante.
« Bonjour Kurosaki-taicho. Je suis Momo Hinamori. »
« Ravi de te rencontrer. » Il lui fit un aimable sourire. « Bon avant de commencer le boulot, rassemblement de toute la division dans la cour. Je souhaiterais me présenter ainsi que présenter le nouveau lieutenant. »
La jeune femme s'inclina.
« Tout de suite, Kurosaki-taicho. »
Hinamori s'éclipsa sans demander son reste sous le regard intrigué d'Ichigo.
La voix de Rukia où perçait une pointe d'ironie le sortit de ses pensées.
« Alors beau-frère ? Ça se passe bien avec Nii-sama ? »
Le jeune homme se pinça le nez et souffla bruyamment.
« Vous vous êtes donnés le mot ou quoi ? Renji m'a déjà posé la question. »
Rukia s'approcha de lui et posa sa main sur son bras.
« Nous sommes tes amis, on s'inquiète, c'est normal. »
Il couvrit sa main de la sienne.
« Vous vous inquiétez pour rien. Je vais te répéter ce que j'ai dit à Renji : je ferais tout pour que notre vie commune soit la plus agréable possible. »
Le regard de la jeune femme s'adoucit.
« Ichigo… Tu apprécies Nii-sama, n'est-ce pas ? »
Les sourcils roux se froncèrent mais il n'eut pas le temps de répondre, Hinamori revenait les prévenir que toute la division était réunie dans la cour et les attendaient.
Ichigo tapa sur l'épaule de son nouveau lieutenant et la poussa dehors, précédé par Hinamori-san.
« C'est parti. »
Son arrivée dans la cour fut accueillie par une fervente acclamation de la part de tous les shinigamis sous ses ordres. Au moins, son statut de héros de guerre avait l'avantage de le faire accepter plus facilement au sein de sa nouvelle division. Ichigo jeta un coup d'œil à son troisième siège, à sa gauche dont il sentait la tristesse et se jura d'effacer les ravages qu'Aizen avait causés sur ce cœur fragile.
Le reste de la journée passa à cent à l'heure entre les présentations de tous les shinigamis de toute la division, la prise de possession de son bureau où s'entassait le travail et une petite fête improvisée qui eut lieu en fin d'après-midi.
Quand la nuit tomba, il donna congés à Rukia et Hinamori tandis qu'il continua à éplucher les dossiers en retard, à genoux devant son bureau. Il aimait bien le style de la pièce mais il trouvait très gênant de travailler ainsi. Il fallait qu'il trouve très vite un bureau à l'occidental avec un fauteuil où il pourrait être à l'aise. Il n'était pas réfractaire à passer plusieurs heures d'affiler à gratter du papier mais encore fallait-il qu'il ne soit pas brisé de courbatures au bout d'une heure.
Il était plongé dans un vieux rapport quand deux coups à la porte lui rappelèrent qu'il y avait un monde tout au tour de lui.
« Entrez ! »
Il ne leva pas les yeux des papiers qui s'entassaient devant lui et sursauta en entendant la voix de son mari.
« Kurosaki-taicho. »
Il se redressa vivement mais dut se rattraper à sa table quand il sentit une douleur lui vriller le genou droit. Il grommela entre ses dents.
« Putain… Ce n'est vraiment pas une position pour moi. »
Il se rassit et étendit ses jambes devant lui en râlant. Puis il leva les yeux vers Byakuya.
« Je t'en prie, assis-toi… », il jeta un coup d'œil dans la pièce, jonchée de papiers et de dossiers divers, « …quelque part, j'en ai pour quelques minutes à finir de lire ça. » Il le regarda se déplacer avec précaution dans la pièce jusqu'au bureau de Rukia et s'y installer. Puis il reporta son attention sur son dossier.
« Et s'il te plait, ne m'appelles pas ainsi quand nous sommes seuls… Byakuya. »
Malgré leur mariage, il ne l'avait toujours pas entendu prononcer son prénom et quelque part, il en était blessé. Il repensa aux paroles qu'il avait prononcées ce matin et il espérait vivement que l'homme assis en face de lui ferait lui aussi des efforts pour que leur vie soit à peu près agréable. Il n'attendait pas de grands chamboulements dans la personnalité froide et rigide de son époux mais peut-être un peu plus de chaleur… Lui n'avait pas grandi dans une famille où on le prédestinait dès son plus jeune âge à de hautes responsabilités. Bien au contraire, il avait grandi entouré d'amour et d'affection et imaginer qu'à l'avenir, en rentrant chez lui, tout le monde l'appellerait par son nom sans jamais lui témoigner la moindre petite parcelle de sympathie, menaçait déjà de le déprimer au plus haut point.
Il signa le document qu'il venait de lire et s'étira après avoir reposé son pinceau. Rapidement, il fit une pile des dossiers à jour, mine de rien il avait bien avancé, et mit de côté deux autres rapports.
« Merci d'avoir attendu. »
Byakuya ne répondit pas et attendit qu'il se lève avant de faire de même. Ichigo attrapa les deux dossiers et fit signe à son époux de sortir avant lui. Il éteignit alors les bougies qui éclairaient le bureau et sortit à son tour.
Sans échanger la moindre parole, ils prirent le chemin de leur demeure. Au moins, constata Ichigo avec un léger sourire, il y avait une amélioration par rapport au matin. Le capitaine de la sixième division marchait à ses côtés.
En entrant, une servante vint les saluer en leur annonçant que leur repas serait prêt dans une dizaine de minutes. Ichigo s'excusa mais ayant encore des tonnes de travail, il ne dînerait pas ce soir.
Il grimpa à l'étage où se situait son bureau et y déposa les deux dossiers avant d'aller prendre une douche bien méritée.
Byakuya le regarda faire sans un mot et, quand il eut disparu dans les escaliers, poussa un profond soupir avant de s'adresser à la jeune fille qui s'apprêtait à retourner à la cuisine.
« Préparez-lui un plateau-repas et amenez-le dans son bureau. »
La jeune fille s'inclina et partit tout de suite faire suivre les ordres qu'elle avait reçus.
Une fois seul, l'expression hautaine et froide qu'affichait Byakuya en permanence s'effaça brusquement pour laisser place à un regard inquiet. Il soupira de nouveau et alla s'installer dans le salon où il se servit un verre de saké. Ce n'était pas dans ses habitudes mais là, il en avait besoin. Ichigo était une vraie tornade qui balayait tout sur son passage. Et il n'était pas de ceux qui acceptaient facilement le changement. Certes, il avait su dès le jour où leurs fiançailles avaient été annoncées que ce serait un véritable tour de force de s'adapter à la personnalité impulsive du jeune homme et il s'apercevait heure après heure que c'était pire que cela.
Ichigo était corrosif et bien au contraire de ce qu'il avait cru, il n'avait justement aucun mal à s'y faire. S'il n'avait pas un minimum de contrôle sur lui-même, il enverrait balader tout ce qui ressemblait de près ou de loin à une règle ou à une tradition et apprécierait simplement une vie auprès d'un jeune homme comme Ichigo. Et par bien des côtés, il lui rappelait Hisana. C'était même peut-être cela qui lui faisait le plus peur…
Il fut coupé dans ses réflexions par la jeune servante qui lui annonça que le dîner était servi.
En retournant dans son bureau, Ichigo sourit en trouvant le plateau. L'attention, même minime, le toucha profondément. Ce fut donc de bien meilleure humeur qu'il s'attela au travail.
Deux heures plus tard, un coup fut frappé à sa porte qu'il n'entendit pas, plongé dans le second dossier. La porte s'ouvrit, manquant de le faire crier de peur, et la jeune servante s'avança à genoux dans la pièce.
« Excusez-moi, Kurosaki-sama, je viens chercher le plateau. »
Ichigo la regarda bêtement un instant, ne voyant pas de quoi elle voulait parler puis il se souvint du repas trouvé dans son bureau et auquel il avait fait honneur.
« Oui, bien sûr !! »
La jeune femme vint jusqu'à lui et prit le plateau où ne restait plus que les couverts. Elle allait passer la porte quand il rajouta.
« Ah… heu… »
Elle se tourna vers lui, un sourire illuminant son joli visage.
« Miako, monsieur. »
« Veuillez me monter un thé, s'il vous plait, Miako. »
« Certainement, monsieur. »
Elle s'éclipsa alors et il replongea dans son dossier qu'il avait presque terminé. Un bref instant, il se demanda ce que pouvait bien faire Byakuya et en jetant un coup d'œil à l'horloge sur la bibliothèque, il se douta qu'il devait être déjà couché.
Quand la jeune femme lui emmena son thé, il posa son pinceau et décréta qu'il était temps pour lui d'arrêter. Il prit le plateau et rejoignit sa chambre.
Comme il s'y attendait, Byakuya était déjà couché. Il entra en faisant le moins de bruit possible et ouvrit une des deux portes coulissantes. Il posa le plateau sur la terrasse et s'assit, dos contre le chambranle, le regard posé sur le corps détendu de son mari. Le drap était rejeté sur sa taille, dévoilant un torse fin et bien dessiné, éclairé par la lumière blafarde de la lune qui passait par la fenêtre au-dessus du lit et qui donnait à la peau pâle, une teinte irisée.
Ichigo but son thé en contemplant le tableau presque surréaliste qu'il avait devant lui. Cela l'étonna même qu'il ne trouve pas cela dérangeant d'avoir un homme dans son lit plutôt qu'une femme. Et peut-être au contraire même. Il essaya un instant d'imaginer des courbes féminines au creux de ses draps mais il lui sembla préférer la vision que lui offrait Byakuya. De là où il était, il pouvait voir les traits paisibles de son visage, légèrement balayés par les longs cheveux noirs, libérés de leur habituel carcan de métal.
Il posa sa tasse vide sur le plateau de bois qu'il rentra avant de fermer la porte coulissante. Il retira le yukata qu'il portait et sortit de son armoire un fin pantalon de pyjama qu'il enfila avant d'aller s'allonger sur le dos, près de son mari. Quelques instants plus tard, celui-ci se tourna vers lui en soupirant son prénom, donnant de légers frissons partout sur la peau d'Ichigo qui tourna la tête vers lui, inquiet de l'avoir peut-être réveillé. Mais le visage de Byakuya semblait tout aussi paisible que quelques minutes plutôt et le jeune homme se dit qu'il avait juste dû le sentir pendant son sommeil. Une mèche noire tomba en travers de son visage. Ichigo se tourna vers lui et délogea la mèche opportune. Il aurait voulu s'en tenir là mais il ne put s'empêcher de frôler la joue pâle du bout des doigts. Il les retira vivement quand les lèvres de Byakuya s'ouvrirent sur un léger soupir.
Qu'est-ce qui lui prenait ?
Il se remit sur le dos, les sourcils froncés, surpris de son propre geste. Son esprit chercha à comprendre mais, trop fatigué, Ichigo grogna et laissa pour plus tard ses introspections personnelles.
Lorsqu'il se réveilla, Byakuya n'était déjà plus là.
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Les journées puis les semaines s'enchaînèrent ainsi. Entre un travail acharné pour rattraper tout le retard accumulé, laissant à Rukia le soin de gérer la division, gardant avec lui Hinamori afin d'avancer plus vite. Assez rapidement, il put constater avec fierté que l'humeur de la jeune femme s'améliorait et il fut vraiment content de lui quand il la vit sincèrement rire avec ses camarades. Même Rukia lui fit la remarque. Et il allait de petites améliorations en petites améliorations avec Byakuya. Certes, il n'avait toujours pas obtenu de lui de se faire appeler par son prénom mais il semblait à Ichigo qu'il était moins froid envers lui, du moins quand ils étaient seuls. Ou était-ce peut-être la douce chaleur qui l'envahissait quand son regard croisait celui, bleu nuit, de son mari.
Certaines habitudes avaient été prises aussi. Ils faisaient généralement le trajet entre leur travail et la maison ensemble, le premier ayant fini le soir rejoignait l'autre.
Le soir, quand Ichigo travaillait tard chez lui, il se faisait porter un thé et appréciait de le boire tout en regardant le visage endormi et détendu de Byakuya. C'était le seul moment de la journée où il le voyait ainsi, presque fragile. Et surtout, il avait pris l'habitude de se réveiller avant lui.
Il avait découvert, par hasard, près d'un mois après leur mariage, alors qu'il s'était réveillé peu avant l'aube, Byakuya tout contre lui, un bras passé autour de sa taille et la tête posée sur son épaule. Et se surprenant lui-même, il avait aimé la chaleur de ce corps contre le sien et avait refermé ses bras sur lui, respirant l'agréable odeur de fleur de cerisier qui s'échappait de la chevelure brune. Un murmure où avait filtré son prénom lui avait répondu sans pour autant que le bel endormi ne se réveille.
C'était d'ailleurs les seuls moments où il pouvait entendre son prénom, uniquement quand Byakuya dormait.
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Cela faisait un peu plus de cinq mois maintenant qu'ils étaient mariés et le soir même, ils étaient attendus à la demeure Kuchiki pour la célébration de la fête de l'équinoxe d'automne et en l'absence d'autres héritiers, c'était Byakuya qui devait assurer le rite.
Comme promis à son mari le jour où il avait pris ses fonctions de capitaine, Ichigo se plia sans rien dire au protocole. Ce fut donc seul, puisque Byakuya était parti très tôt dans la matinée, qu'il se présenta à l'entrée de la demeure Kuchiki et ce, en chaise à porteur. Il trouvait ce moyen de transport parfaitement ridicule mais il tiendrait sa promesse.
Ce ne fut donc pas le jeune Kurosaki qui descendit qu'en le rideau fut tiré par un des serviteurs de la maison Kuchiki mais Kurosaki-sama, membre de la famille royale. Il portait un kimono de cérémonie aux couleurs de sa maison, rouge et noir et avança à la rencontre de Rukia, vêtue d'un kimono aux couleurs du clan Kuchiki, bleu nuit et rose pâle, qui avait été affecté à son service, avec une prestance qui impressionna celle-ci.
Elle ne put même pas se retenir de l'appeler par son titre tant son ami était imposant et ce, malgré qu'ils ne soient à porter de voix de personne.
« Kurosaki-sama, j'ai été désigné pour vous… », elle se mordit l'intérieur de la joue, se sentant parfaitement ridicule de s'être ainsi laissé avoir, « te guider dans la demeure Kuchiki. »
Ichigo fit la grimace.
« Tu vas pas t'y mettre toi aussi ? »
Elle sourit en le précédant dans l'allée qui menait vers la maison.
« Si tu ne veux pas être traité comme un prince alors ne te comportes pas comme tel ! »
Il lui sourit en retour.
« Plains-toi. Je souhaite seulement faire honneur à ton frère et au nom qu'il porte à présent. »
La jeune femme se tourna vers lui, la bouche entrouverte, surprise d'une telle maturité chez ce jeune homme qu'elle connaissait impulsif, n'en faisant qu'à sa tête. Déjà qu'elle trouvait incroyable la manière dont il gérait la cinquième division, là… c'était au-dessus de tout ce qu'elle avait pu imaginer.
Qu'est-ce qui poussait Ichigo à donner à ce point de lui-même ? L'honneur de son frère ? Le sien ? Ou, comme il le lui avait dit cinq mois auparavant, était-ce la volonté de faire de leur vie commune quelque chose qui se rapprochait du bonheur ?
L'inquiétude qui la rongeait depuis l'annonce de leurs fiançailles se dissipa. Nii-sama retrouverait peut-être goût au bonheur avec quelqu'un d'aussi déterminé qu'Ichigo.
Le sourire de Rukia s'agrandit.
« J'espère que t'as l'intention d'assurer alors… »
« Pourquoi ? »
Elle ricana.
« Parce que tu es l'invité d'honneur !! »
Ichigo blêmit brusquement.
Le rire clair de la jeune femme s'éleva dans l'air frais du crépuscule.
Une dizaine de minutes plus tard, ils étaient dans le hall qui précédait la salle de cérémonie, celle-là même où avait eu lieu leur mariage. Il sembla à Ichigo qu'il y avait encore plus de monde que ce jour-là. Il eut un mal fou à garder la tête haute, lui qui avait tant horreur de la foule. Il ferma les yeux et respira un bon coup en se rappelant comme un mantra pour qui il faisait ça.
Quand il les rouvrit, tous les yeux étaient tournés vers lui. Il salua l'ensemble de la foule présente en inclinant la tête à droite puis à gauche et enfin face à lui. Un vieil homme aidé d'une canne qu'il reconnut comme étant le grand-père de Byakuya avançait vers lui.
Rukia le poussa discrètement.
« Allez, maintenant, c'est l'heure de voir si t'es capable de faire honneur à ton nom. »
Il alla à la rencontre du doyen de la famille Kuchiki et s'inclina respectueusement devant lui. Le vieil homme répondit d'un petit mouvement de tête.
« C'est un honneur de vous accueillir à nouveau dans cette maison, Kurosaki-sama. »
Le silence s'était abattu sur le hall, chacun attendant la réponse d'Ichigo.
Refoulant rapidement le sentiment de malaise qui commençait à l'étreindre, il sourit aimablement au vieil homme.
« C'est moi qui suis honoré de vous avoir pour hôte, Kuchiki-dono. »
Celui-ci planta son regard dans celui d'Ichigo, cherchant certainement à le faire plier mais le jeune homme soutint le regard jusqu'à ce qu'un sourire se dessine sur les lèvres du plus vieux. Il se tourna pour faire face à la porte.
« Accompagnez-moi, Kurosaki-sama. La cérémonie va commencer. »
Les portes s'ouvrirent et Ichigo suivit le maître de maison, deux pas derrière lui, tandis que le reste de la famille les suivait quelques mètres plus loin. Ichigo fut prié de s'asseoir à la droite du doyen au premier rang.
Quand le silence fut revenu, un morceau de musique classique s'éleva dans la salle et toutes les têtes se tournèrent vers l'entrée. Ichigo se retint comme il put de suivre le mouvement, suivant l'attitude sérieuse du vieil homme à ses côtés. Les quelques instants que Byakuya mit pour arriver jusqu'à sa hauteur et le dépasser lui parurent durer une éternité. Et quand Byakuya se tourna vers sa famille, le cœur d'Ichigo rata un battement.
Jamais encore il n'avait vu Byakuya ainsi, vêtu de blanc et rouge, le visage serein. Il commença à officier mais Ichigo n'écoutait pas, les yeux rivés aux yeux de son mari qu'il n'avait jamais vu aussi expressifs. Il était heureux et cela se voyait. Il était tellement captivé par les yeux bleu nuit qu'il ne put manquer le trouble qui y passa quand leurs yeux se rencontrèrent un bref instant.
Une main se posa alors sur son bras droit.
« Vous devriez faire attention à votre reiatsu, Kurosaki-sama, les plus faibles vont se sentir mal. »
L'amusement était perceptible dans la voix du vieil homme. Ichigo s'excusa en rougissant légèrement et se concentra pour reprendre le contrôle. Il releva les yeux sur son mari et remarqua, à moitié vexé, le sourire en coin qui jouait sur son visage.
Le rite toucha à sa fin. Byakuya ressortit le premier suivi par son grand-père à qui Ichigo emboîta le pas comme au début de la cérémonie.
Et une dizaine de minutes plus tard, Ichigo se trouva à nouveau au milieu de la foule sans avoir pu adresser un mot à son époux. Il était entouré de sa famille avec qui il discutait et Ichigo ne se sentait pas le droit de l'interrompre juste pour profiter égoïstement de sa présence. Aussi fit-il honneur aux buffets dressés pour l'occasion. Rukia vint lui faire un brin de causette avant d'être reprise par le devoir. Quelques autres membres de la famille lui adressèrent la parole plus par politesse envers Byakuya qu'autre chose et au bout d'un moment, Ichigo préféra s'isoler dans le jardin avec une petite bouteille de saké et deux coupelles, il espérait que son mari le rejoindrait un peu plus tard. Il trouva un banc près d'un étang où il s'assit. Il se détendit et but tranquillement en regardant les étoiles.
« La nuit est belle n'est-ce pas ? »
La voix du grand-père de Byakuya le sortit de sa légère torpeur et il se leva.
« Restez assis. Les politesses sont bonnes quand il y a du monde… »
Ichigo obtempéra et regarda le vieil homme prendre place à ses côtés.
Après un long moment d'un silence apaisant, le vieil homme le brisa.
« Je suis trop vieux pour ce genre de chose. » Puis, désignant la coupelle qu'Ichigo avait dans les mains. « Vous auriez une petite coupelle pour un vieil homme fourbu. »
Ichigo sourit et attrapa, posé sur une pierre à côté du banc, la seconde coupelle puis versa le saké avant de la tendre au grand-père du Byakuya.
« Merci. Mais vous attendiez peut-être quelqu'un ? »
Le jeune homme s'adossa contre le dossier et leva de nouveau les yeux vers le ciel.
« Oui et non. J'espérais juste… »
« Il semblerait que cette union ait eu des conséquences inattendues. »
Les sourcils roux se froncèrent tandis que les yeux ambrés se posaient sur le vieil homme.
« Ne soyez pas étonné, jeune homme. Dois-je vous rappeler que vous avez perdu le contrôle de votre reiatsu toute à l'heure, juste en regardant mon petit-fils officier ? »
La nuit camoufla les rougeurs qui montèrent aux joues d'Ichigo. Il but une gorgée de saké pour se donner contenance. Il détestait être aussi transparent et pourtant, il se confia, presque soulagé de le faire.
« Je crois que… Je crois que je suis en train de tomber amoureux. »
Un doux sourire étira les lèvres du plus vieux.
« Je suis heureux de l'entendre. Vous savez, j'aime mon petit-fils et j'étais vraiment heureux pour lui quand il a épousé Hisana malgré le désaccord de ses parents et du conseil des anciens. À sa mort, j'ai bien cru qu'il ne s'en relèverait jamais et puis le temps a passé… J'ai fait en sorte qu'il ne soit pas inquiété par la possibilité d'un remariage mais… j'ai cédé au conseil de la famille quand la famille Shuhoin a proposé une alliance. Je savais que Byakuya n'accepterait jamais une autre femme… Alors quand le roi a exigé qu'il vous épouse, je n'ai pas hésité… Et, tout à l'heure, il était plus serein que je ne l'ai vu depuis bien longtemps… » Il posa une main sur l'avant-bras d'Ichigo. « Merci, Kurosaki-sama. Ce que vous venez de me dire allège mon cœur puisque je sais, maintenant, que mon petit-fils sera à nouveau heureux un jour. » Le vieil homme finit son saké et se leva. « Il est temps pour moi de refaire une courte apparition avant d'aller me coucher. Bonne nuit, Kurosaki-sama. »
Ichigo se leva à son tour et salua le doyen de la famille Kuchiki. Puis il se rassit en soupirant et ferma les yeux. Il ne le vit pas s'arrêter quelques mètres plus loin et regarder sur le côté. Ni même le sourire qui s'afficha sur le visage du vieil homme quand ses yeux croisèrent ceux de son petit-fils. Le vieil homme ne dit pas un mot et continua son chemin.
Byakuya suivit son grand-père des yeux, troublé. Il avait entendu toute la conversation. Il était sorti quelques minutes après Ichigo et avait pris le temps de faire un tour dans le jardin avant de venir le rejoindre, juste pour prendre quelques instants avec son mari, au moins pour lui faire savoir qu'il était reconnaissant des efforts qu'il avait fait ce soir. Mais il avait alors vu son grand-père le saluer et il avait donc attendu. Quand le sujet de conversation était devenu plus intime, il avait commencé à s'éloigner mais la confession d'Ichigo l'avait arrêté. Il avait écouté les mots hésitants, touchants qui avaient fait naître une douce chaleur dans sa poitrine. Ses mains s'étaient crispées sur son kimono et son dos avait trouvé appui sur l'arbre derrière lequel il s'était dissimulé. Ses yeux s'étaient levés vers le ciel et il avait pensé à Hisana.
Depuis sa rencontre avec elle après un entraînement près du 78e district du Rukongaï, il n'avait plus ressenti cette sensation enivrante. Cela faisait maintenant tellement longtemps…
Et là, alors qu'il se battait depuis des mois pour éviter que certains sentiments ne naissent, uniquement en entendant la voix un peu rauque de ce gamin caractériel qui avait chamboulé sa vie si bien réglé, il avait l'impression de revivre. Mais avait-il seulement le courage de risquer de souffrir à nouveau…
Ses pensées s'étaient interrompues quand son grand-père avait pris congés. Il n'eut pas le temps de réagir avant que le vieil homme ne le découvre là, tapi dans l'ombre comme un vulgaire voleur. Leurs yeux, si semblables, s'étaient alors rencontrés et Byakuya y avait vu une lueur de joie.
Après son départ, il avait profondément soupiré en fermant les yeux et s'était décidé.
Ichigo entrouvrit les yeux en percevant une autre présence. Un doux sourire arqua ses lèvres en découvrant Byakuya, s'asseyant à ses côtés.
Un long silence apaisant s'installa.
Ichigo apprécia cet instant à sa juste valeur comme chaque fois où ils se retrouvaient seuls tous les deux. Il était rare qu'ils échangent plus de quelques paroles, se contentant de ce silence relaxant. Avec des gestes lents et mesurés, il servit une coupelle de saké et parla à voix basse.
« Je n'ai que ma coupe à te proposer… »
Il tendit le saké à son mari. Les prunelles sombres se posèrent sur lui puis sur la main tendue et, surprenant Ichigo, au lieu de prendre la coupelle, il posa sa main sur la sienne et porta le saké à ses lèvres. Il but lentement, savourant autant l'alcool que le contact de la main chaude sous la sienne, les yeux fermés.
C'était presque étrange de se laisser ainsi aller, sans que cela ne soit un moment volé juste avant que l'aube ne se lève. Et tout comme ces instants où il se réveillait, enveloppé par la chaleur d'Ichigo, il aima ce moment qu'ils partageaient.
Le choc passé – Ichigo n'avait pas souvenir d'un geste si familier de la part de Byakuya –, un doux sourire étira ses lèvres tandis qu'un murmure à peine audible s'en échappa.
« Byakuya…. »
Celui-ci relâcha sa main et ouvrit les yeux, ses prunelles sombres rencontrant celles, ambrés, du jeune homme.
« Rentrons à la maison, Ichigo. »
Le cœur d'Ichigo rata un battement avant de repartir à vive allure. L'envie presque irrépressible de prendre son mari entre ses bras fut si forte qu'il eut un mal fou à garder le contrôle de son propre corps.
Une vérité absolue lui claqua à la figure alors qu'il détaillait chaque trait, chaque courbe du visage pâle. Il n'était pas en train de tomber amoureux… Non, c'était déjà beaucoup trop tard, il était passionnément amoureux de Byakuya. Et cela lui fit mal. Comment allait-il pouvoir gérer ce sentiment, jour après jour ?
Une lueur douloureuse passa si vite dans les yeux ambrés que Byakuya ne la vit pas. Celui-ci se leva et l'invita d'un geste de la main à faire de même.
Finalement, Ichigo soupira. Il verrait bien. Le fait même que Byakuya l'appelle par son prénom était une avancée significative dans leur relation alors peut-être qu'un jour… Un jour, ses sentiments lui seraient rendus.
« Oui, rentrons. »
Il prit la main tendue et se leva. Il garda un instant les doigts fins entre les siens, son regard, intense, plongé dans les yeux sombres de son mari.
Troublé, Byakuya détourna bien vite les yeux, mal à l'aise face au charisme corrosif de son mari qui mettait son self-control à rude épreuve. À cet instant, il revoyait le shinigami à la puissance inimaginable qui s'était battu contre Aizen et pour lequel il n'avait pas hésité une seule seconde à sacrifier sa vie. Il revoyait le jeune prince à l'aura imposante qui était venu lui présenter ses remerciements dans son bureau. Et il revoyait l'homme contre lequel il aimait se blottir au petit matin avec le sentiment d'être protégé de tout.
Il ressentit le besoin de briser cette bulle dans laquelle ils étaient plongés.
« Je dois saluer les membres de ma famille avant de pouvoir partir… »
Clignant des yeux, Ichigo revint à la réalité à la voix de Byakuya. Il lâcha alors la main pâle, étonné de l'avoir gardé si longtemps dans la sienne. Un grand sourire un peu torve vint remplacer l'expression sérieuse sur la face du jeune homme tandis que sa main trouvait place au creux des reins de son mari.
« J'espère que ce sera court, je ne suis vraiment pas à l'aise avec tout ce monde. Je veux bien faire des efforts mais va falloir être patient avant que je sois un parfait homme du monde. »
Un sourire effleura les lèvres de Byakuya.
« Ce sera court, je suis fatigué… », il hésita un instant à continuer, « …et tu as fait honneur à… notre nom ce soir. »
Ichigo s'arrêta un instant, surpris, et son sourire amusé se mua en un sourire niais. Il semblerait que ce soir, quelque chose se soit produit et ait sensiblement détendu son mari à sa présence.
Est-ce que, comme lui avait dit Renji plusieurs mois plus tôt, Byakuya avait enfin suffisamment confiance en lui pour commencer à se dévoiler ?
Il chassa l'air bête qui flottait sur son visage pour une expression plus sérieuse, plus… princière quand ils entrèrent dans la salle de réception.
Tout comme lorsqu'il était arrivé, les têtes se tournèrent vers eux mais à la différence que les visages étaient plus souriant, s'intéressant plus à Byakuya qu'à lui-même et ce n'était pas pour lui déplaire. Être le centre d'attention général lui avait toujours donné des sueurs froides.
Byakuya adressa un mot à certains, quelques mouvements de tête aux autres et, une quinzaine de minutes plus tard, Ichigo, soupira, soulagé, quand ils sortirent enfin de la demeure. La chaise à porteurs les attendait déjà et ils ne tardèrent pas à s'engouffrer dedans.
Un moment plus tard, bercé par le balancement de la chaise, Byakuya s'affaissa contre Ichigo, assoupi.
Lorsqu'ils arrivèrent chez eux, le jeune homme n'eut pas le cœur de le réveiller. Avec une douceur infinie, il le prit dans ses bras et, après avoir pris soin de bien caler sa tête au creux de son épaule, il l'emmena jusqu'à la maison. Malgré l'heure, le majordome ouvrit la porte devant ses maîtres, Ichigo le remercia d'un sourire. En silence, le vieil homme les précéda dans la demeure et les laissa en souhaitant une bonne nuit à son maître après avoir fait glissé la porte de leur chambre.
Ichigo dépassa le paravent qui séparait leur lit de l'entrée de la pièce et y déposa son précieux fardeau. Pendant un moment, il se demanda ce qu'il devait faire. Devait-il le débarrasser de l'encombrant vêtement qu'il portait au risque de le réveiller ou… De toutes façons, il devait retirer le kenseiken.
Il se changea avant et, une fois plus libre de ses mouvements, il commença à déshabiller son mari. Il retira d'abord les bijoux de métal qui enserraient ses cheveux puis il s'attaqua à l'obi autour de sa taille. Attentif à ses gestes pour ne pas le réveiller, il le redressa contre lui, retira le large obi avant de faire glisser le tissu de ses épaules.
Ichigo déglutit devant la peau pâle qui se dévoilait lentement et, ne résistant pas, peut-être à cause du saké qui courrait dans ses veines, il nicha son nez dans son cou et inspira profondément l'odeur suave qu'exaltait la peau pâle. Ses mains se crispèrent brusquement sur le tissu qu'il tenait toujours, se faisant violence pour ne pas se laisser aller à goûter la peau nue sous ses lèvres.
Un gémissement à peine audible le ramena brutalement à ce qu'il faisait. Ichigo vérifia rapidement que son mari dormait toujours et termina de le dévêtir.
Il commença à sérieusement perdre le contrôle quand il le rallongea, entièrement nu et rabattit le drap sur le corps de son mari. Il allait avoir un mal fou à s'endormir… Il sortit prendre un peu l'air sur la terrasse et admira le Sereitei qui s'étalait à ses pieds. Leur maison était vraiment très bien située, sur les hauteurs, et ce soir, cette vue imprenable l'apaisait.
Quand la fraîcheur de la nuit l'incommoda, Ichigo rentra et alla se glisser sous les draps sans oser poser les yeux sur Byakuya. Il les ferma, priant pour que la déesse du sommeil ne tarde pas à le prendre dans ses bras mais ce fut une autre étreinte qui l'attendait.
Un mouvement sur sa gauche le fit rouvrir les yeux. Byakuya s'était tourné vers lui et sa main tâtonnait sur le matelas. Le jeune homme observa un moment les doigts pâles bouger, hypnotisé par leur mouvement lent, les regardant venir jusqu'à lui. Quand ils butèrent sur ses côtes, ce fut le reste du corps qui bougea. Byakuya glissa lentement vers lui.
Le souffle court et le cœur battant à tout rompre, Ichigo bougea avec précaution son bras pour ne pas l'empêcher de venir jusqu'à lui et se mordit la lèvre quand le corps nu de son mari se colla entièrement à lui, la tête au creux de son épaule. Il jura mentalement en se demandant ce qu'il avait fait aux dieux pour subir pareille tentation et manqua de s'étouffer lorsqu'une jambe passa par-dessus la sienne et se frotta paresseusement sur sa cuisse.
Ichigo se tourna vers son mari, bloquant tout mouvement de la jambe baladeuse entre les siennes et immobilisant le reste du corps de ses bras, l'un passé sous la nuque, tenant fermement l'épaule et l'autre, drapé autour de ses reins, emprisonnant les bras de Byakuya entre leurs corps. Un gémissement presque un grognement à peine audible, entre plainte et frustration, lui répondit.
« Hum… Ichi… »
Les hanches passèrent outre l'immobilisation, se balançant contre l'aine. Ichigo resserra sa prise sur les reins de son mari pour l'arrêter et sentit, à ce moment-là, son membre qui durcissait au contact de sa hanche.
Le jeune homme inspira profondément, le nez dans les cheveux bruns et expira lourdement en murmurant entre ses dents.
« Je t'en prie… Arrête… »
La tentation devait s'arrêter là sinon il ne répondrait plus de son corps qui s'éveillait au contact du corps qui s'échauffait.
« Hum… »
Le gémissement, un peu plus agressif que le premier, se répercuta contre la peau d'Ichigo, le faisant frissonner violemment et brisa, du même coup, les scrupules qui le retenaient.
« J'espère que tu es conscient de ce que tu fais… »
Ichigo relâcha sa prise sur la taille de Byakuya et ses doigts vinrent se poser sur la mâchoire anguleuse, levant le visage pâle vers lui, ouvrant le chemin vers les lèvres entrouvertes. Ichigo ne chercha pas à savoir si oui ou non il était réveillé et prit possession de cette bouche qui le tentait.
Une fraction de seconde, Byakuya se tendit contre lui avant de se laisser de nouveau aller contre lui, ouvrant même la bouche pour laisser place à la langue qui en quémandait l'entrée. Le baiser fut doux et tendre, comme un premier contact un peu hésitant, à des lieues de la tension sexuelle qui montait entre eux. Les langues se cherchèrent puis se caressèrent, apprenant doucement à se comprendre, envoyant des milliers de frissons dans le corps des deux hommes.
Ichigo eut presque envie de pleurer tant ce qu'il ressentait était fort et se bousculait, pêle-mêle dans sa tête, dans son corps, dans son cœur. Jamais il n'aurait cru possible de ressentir autant d'émotions en un simple baiser. Il en perdit littéralement le souffle et relâcha les lèvres de son compagnon. Il les mordilla légèrement, incapable de s'en éloigner… ou peut-être pour ne pas être déçu de le voir toujours endormi.
« Encore… »
Le murmure le surprit et il se recula à peine, juste assez pour voir les paupières entrouvertes sur le regard sombre de Byakuya. Un regard de nuit, éclairé par la lumière blafarde de la lune qui dévoilait une lueur de désir.
Ichigo resta pétrifié par ces yeux ancrés dans les siens, à peine capable de prononcer son prénom.
« 'kuya… »
Le regard de l'homme se posa alors sur sa bouche.
« Embrasse-moi encore… Ichigo… »
Un sourire en coin, témoin du bonheur qui s'écoulait dans ses veines, se dessina sur les lèvres du jeune homme avant qu'il ne se plie à la demande de son mari. Plus assuré, il l'emprisonna entre ses bras et fit passer tout ce qu'il pouvait ressentir dans ce baiser ardent.
La passion du baiser se déversa dans leurs corps et cette nuit-là, entre désir dévorant et douceur infinie, Ichigo revendiqua Byakuya comme sien, à même son corps, emplissant l'obscurité de leurs soupirs lourds de plaisir. Ils s'endormirent, les membres emmêlés, un sourire comblé flottant sur leurs lèvres.
J'espère que ce chapitre vous aura autant plu que le premier!!
A la semaine prochaine!!
Kisu
Noan
