Hi^^!!

Voilà le 3ème et avant dernier chapitre...

Disclamer: Ben toujours la même chose, rien n'est à moi!!

Couple: Bah.... Toujours le même XD!

Bêta: Dod, merci pour tes efforts ^^

Petite note: Ben, aucune pour cette fois ;p!!

So... Please enjoy it!!


Troisième chapitre

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Une légère caresse dans ses cheveux réveilla Ichigo. Il n'ouvrit pas les yeux de suite, prenant lentement conscience du corps chaud contre lui, la tête posée sur le ventre nu qui montait et descendait au rythme d'une respiration calme et le bras autour de la taille. Au souvenir de la nuit passée, un sourire satisfait étira ses lèvres alors qu'il se tournait vers son compagnon.

Le visage lisse de toute émotion de Byakuya, démenti par les doigts qui jouaient paresseusement sur sa nuque, lui apparut quand il entrouvrit les yeux.

« Salut. »

Les yeux sombres se plissèrent légèrement, faisant s'agrandir le sourire du jeune homme. Il se redressa tranquillement puis, tout laissant ses lèvres se balader sur la peau pâle, il remonta jusqu'à son visage et l'embrassa doucement.

Les lèvres sous les siennes répondirent immédiatement, s'ouvrant pour laisser passage à sa langue qui s'y engouffra s'en attendre pour y retrouver sa consœur tandis que les doigts pâles se crispaient sur sa nuque. Deux soupirs de plaisir se mêlèrent à même leurs bouches quand Ichigo s'installa au-dessus du corps de Byakuya. Il abandonna ses lèvres pour s'attaquer à la mâchoire puis à la peau fine du cou, faisant soupirer l'homme sous lui.

« Ichi… On a une réunion dans moins d'une heure… »

Déçu, Ichigo déposa un dernier baiser sur la peau pâle et se redressa. Une lueur amusée passa dans les yeux bleu nuit. Byakuya l'embrassa chastement avant de s'extirper de l'étreinte de son mari et se leva.

Le jeune homme, à présent à moitié allongé sur le lit défait, le regarda se diriger, nu, vers la salle de bain, un frisson d'envie remontant le long de son échine. Il se mordit la lèvre en détaillant les muscles fins et déliés, la peau blanche, le léger balancement des hanches… Son regard s'arrêta sur les fesses fermes et les infimes traces blanchâtres qui s'en étaient écoulées durant la nuit. Son désir s'éveilla totalement et il le suivit dans la salle de bain, fermant la porte juste à l'instant où l'eau commençait à couler.

Un peu moins d'une heure plus tard, ils rejoignaient leurs lieutenants respectifs au quartier de la première division, un sourire en coin sur le visage d'Ichigo et l'éternel masque inexpressif sur celui de Byakuya.

En les voyant arriver, Rukia sentit un changement entre son frère et son ami. Rien de vraiment évident pour qui ne les connaissaient pas, bien qu'il n'était pas très difficile de voir que son capitaine irradiait littéralement de bonheur. Mais même pour son frère, il y avait quelque chose de différent. Peut-être était-ce la manière dont les deux hommes se frôlaient à chaque pas, discutant à voix basse, ce qui n'arrivait jamais, ou la lueur, toute nouvelle, qui éclairait les yeux sombres. La jeune femme jeta un coup d'œil à Renji qui, visiblement, en était arrivé aux mêmes conclusions qu'elle, vue la surprise qui se lisait clairement sur son visage. Elle lui donna un coup de coude pour le ramener à la réalité.

« Oi ! Ça fait mal ! »

Elle ricana puis ses yeux glissèrent vers les deux capitaines et son sourire s'adoucit.

« T'as qu'à arrêter de les dévisager… »

Une main se posa sur son épaule et elle sentit le souffle de Renji contre son cou. Elle retint in extremis le frisson qu'il lui donna, remerciant mentalement le self-control qu'elle avait acquis au contact de la famille Kuchiki.

« C'est moi ou y a un truc différent entre eux ? »

« C'est pas toi… »

Elle n'épilogua pas, ils arrivaient à leur hauteur. Elle s'inclina.

« Bonjour Nii-sama, Kurosaki-taicho. »

Ichigo oublia toute retenue.

« Yo ! Rukia ! Renji ! »

Un sourire ironique aux coins des lèvres, Renji imita Rukia.

« Bonjour Kuchiki-taicho, Kurosaki-taicho. »

Byakuya se contenta d'un signe de tête, égal à lui-même et passa entre les deux lieutenants pour entrer dans le bureau de Yamamoto-sotaicho. Ichigo lui emboîta le pas suivi par Rukia et Renji qui échangèrent un regard entendu.

Un peu plus tard, de retour à leur bureau de la cinquième division, Rukia ne tint plus et accabla Ichigo de questions. Le jeune homme l'écouta sans rien dire et répondit une fois qu'elle s'arrêta pour reprendre son souffle.

« Je te l'ai déjà dit, Rukia, je fais tout pour que notre vie commune soit agréable et je trouve, personnellement, que je m'y prends plutôt bien… »

Sa curiosité, bien plus attisée par cette réponse énigmatique, poussa Rukia à essayer de lui tirer les vers du nez mais Ichigo la stoppa d'un geste.

« Finies les questions, on a du boulot. »

Le jeune homme laissa place au capitaine de la cinquième division et Rukia comprit parfaitement le message. Elle s'installa à son bureau et se pencha sur la pile de dossiers qui l'attendait.

Ichigo la regarda un instant, amusé par la veine qui pulsait sur sa tempe, signe de frustration chez la jeune femme et se mit lui aussi au travail. Enfin, il eut un peu de mal à démarrer, l'esprit occupé par des images trop nettes d'une étreinte trop courte, mais très intense, sous la douche.

Après le déjeuner, une idée curieuse traversa l'esprit d'Ichigo. La veille au soir, il avait découvert la manière dont on faisait la fête dans la famille Kuchiki et cela ne correspondait pas vraiment à l'idée qu'il en avait. Dans trois mois, il y avait Noël. Il avait déjà bien pensé à demander une autorisation pour pouvoir faire un saut dans sa famille mais, regardant Rukia sérieusement penchée sur sa pile de papiers, une autre vision de cette fête flasha dans son esprit.

Rukia faisait aussi partie de sa famille… Et il lui serait certainement très agréable d'avoir Renji avec elle. Pour ce qu'il en savait, son ami n'avait aucune famille et… il y avait de fortes chances pour qu'un jour, lui aussi fasse partie de la famille Kuchiki.

« Dis-moi… »

La jeune femme leva la tête et posa un regard interrogatif sur son capitaine.

« …Vous fêtez Noël ici ? »

Les sourcils bruns se froncèrent.

« Tu veux parler de cette fête en décembre où l'on s'offre des cadeaux ? »

« Heu… Ouais. »

« Non. J'ai eu l'occasion de voir ça quand j'étais en poste à Karakura mais ici, c'est un jour comme un autre… En fait, je n'ai même pas compris le sens de cette fête. »

Ichigo sourit.

« Au départ, c'est une fête religieuse mais maintenant, c'est surtout une fête de famille, une occasion pour se réunir et se faire plaisir. »

Elle l'observa un instant, se demandant où il voulait en venir.

« Oui et ? »

« Et bien… Je vais en parler à ton frère tout à l'heure mais… Ça te dirait une petite fête familiale pour le 24 décembre ? »

Un sourire illumina le visage pâle.

« J'en serais ravie !! »

Le jeune homme lui fit un clin d'œil et retourna à son travail. Il en profita pour écrire une demande en bonne et due forme pour obtenir que son père et ses sœurs puissent venir quelques jours. Cela ne devait pas être bien difficile à avoir… Quand il avait accepté de rester et de se marier, il avait posé une seule condition, que sa famille puisse venir de temps en temps. Le conseil royal avait d'abord refusé mais la perspective de perdre la puissance offensive que représentait le jeune shinigami les avait fait changer d'avis.

Il signa le papier et appela un subordonné pour le faire transférer immédiatement au bureau de la première division.

Le soir venu, il parla de son idée à Byakuya qui, après un très long moment de réflexion, il n'était pas vraiment sûr d'accepter tout ce remue-ménage, se plia à sa volonté, Ichigo avait su se montrer persuasif. Il prit même sur lui d'inviter Renji.

Le jeune homme le remercia à sa façon tant et si bien qu'il paraissait encore un peu endormi quand il entra dans son bureau le lendemain matin, il songea un instant à faire chambre à part quand il travaillait le lendemain. À ce rythme, il ne tiendrait pas longtemps.

Cela fit sourire Renji quand son capitaine le salua, retenant comme il pouvait le rire presque hystérique qu'il sentait venir en voyant son air un peu hagard.

Byakuya soupira lourdement en s'agenouillant devant sa table de travail et se prit la tête dans les mains. Il devait absolument calmer son jeune amant.

Au bout de plusieurs minutes à se battre pour ne pas s'endormir sur sa table et à pester silencieusement contre les gamins trop enthousiastes, il se souvint de la raison pour laquelle il était si fatigué.

« Abaraï ? »

Installé comme son capitaine, Renji, qui avait fini par s'intéresser aux papiers qui jonchaient son bureau, leva la tête.

« Oui, taicho ? »

Byakuya ne s'était pas redressé et le regardait au travers des mèches noires qui tombaient devant son visage.

« Ichi… Kurosaki-taicho organise une fête de famille le 24 décembre au soir. Il souhaiterait que vous veniez. »

Si la mâchoire de Renji n'avait pas été bien accrochée, elle se serait sûrement fracassée sur le parquet. Il lui fallut une bonne dizaine de secondes pour reconnecter les quelques neurones qui avaient sauté et digérer l'information.

Qu'est-ce qu'il ferait lui, dans une fête de famille chez son capitaine ?

« Mais… Taicho… Si c'est une fête de famille, je ne suis peut-être pas… »

Byakuya le coupa, il avait lui même fait la réflexion à son mari qui lui avait répondu du tac-o-tac.

« Il semblerait qu'Ich… » Byakuya se mordit l'intérieur de la lèvre. Ce gamin était trop corrosif pour ses nerfs. « …Kurosaki-taicho pense que si vous ne faîtes pas encore partie de la famille, cela n'est qu'une question de temps. »

Les yeux marron se plissèrent avant de comprendre le sous-entendu et rougit brutalement. Puis, le fait que Byakuya en parle ainsi étonna Renji. Il chercha un instant ses mots, hésitant.

« Taicho ? »

Les émotions qui se succédaient sur le visage de son lieutenant n'échappèrent pas à Byakuya qui s'en amusa sans pour autant laisser la moindre émotion filtrer sur son visage.

« Hm ? »

« Ça n'a pas l'air de vous déranger… »

Le capitaine de la sixième division se redressa et encra ses prunelles sombres dans celles, presque rougeâtres de son lieutenant.

« Que vous courtisiez Rukia ? Non. »

Les yeux de Renji s'écarquillèrent à cette réponse. Il avait toujours cru impossible la moindre histoire avec la jeune femme depuis que celle-ci avait été adoptée, ruinant en même temps toute parcelle d'espoir dans son cœur.

« Mais… Je ne suis pas… »

Byakuya le coupa.

« Vous n'êtes pas de sang noble, je le sais mais le conseil familial n'ira pas contre l'avis de Kurosaki-sama. » Il utilisa le titre de son mari pour bien appuyer sa pensée. « Et s'il vous apporte son appui, je me rangerais à son avis. »

Ce fut au tour de Byakuya de s'étonner face à la réaction de Renji. Celui-ci s'était tourné entièrement vers lui et s'inclinait, les mains à plat sur le sol, son front posé sur leurs dos.

« Je serais très honoré d'être votre hôte, Taicho. »

-

Dehors, au terrain d'entraînement à l'est du Rukongaï, Ichigo supervisait l'entraînement de ses hommes. Rukia vociférait des ordres dans tous les sens, essayant de faire comprendre aux shinigamis la manière de combattre en groupe.

Quand ils eurent l'air de comprendre, elle laissa Hinamori diriger et vint aux côtés de son capitaine.

« Vous avez l'air de ne pas avoir beaucoup dormi, taicho. » Un sourire en coin, Rukia se moquait ouvertement d'Ichigo. La jeune femme faisait référence aux cernes qui se dessinaient sous ses yeux mais aussi à la lueur qui les éclairait, lui donnant l'air d'un chat repus et satisfait.

Il tourna la tête vers son amie et un immense sourire s'afficha sur son visage fatigué.

« Effectivement… La nuit a été courte et… Byakuya est d'accord pour la fête. »

Le rire clair de la jeune femme attira le regard de plusieurs shinigamis sur elle, la faisant légèrement rougir.

« Nii-sama a accepté ? » Elle se rapprocha et tira sur son haori pour lui murmurer à l'oreille. « Tu as dû être convaincant… »

Ichigo se redressa et son sourire satisfait se mua en un sourire torve, un peu dément, lui rappelant l'Ichigo qu'elle avait pu admirer pendant les combats. Le silence s'installa un moment, le jeune homme reprenant son sérieux alors qu'il observait, critique, les combats qui se déroulaient devant lui. Il hocha la tête en regardant le comportement de son troisième siège. Il était satisfait et il pourrait, dans son prochain rapport, confirmer sa place au sein de la cinquième division. À son contact et à celui de Rukia, un peu rude et survoltée, Hinamori était lentement sortie de sa dépression et reprenait confiance en elle. Si tout se passait bien, bientôt, il pourrait même l'encourager à développer son bankai.

« Ah ! Au fait… »

Rukia qui, tout comme son capitaine, s'était de nouveau intéressée à l'entraînement, tourna la tête vers lui qui, tout en lui parlant, continuait de regarder le champ d'entraînement.

« Inutile de chercher un cavalier pour t'accompagner, Renji est aussi invité. »

La jeune femme cligna des yeux bêtement. La veille, il lui avait parlé d'une fête familiale et aujourd'hui, il… Brusquement, elle comprit. Ses joues se colorèrent en rouge tandis qu'elle frappa sur l'épaule de son capitaine.

D'un air dramatique, Ichigo posa sa main sur son bras et grimaça.

« Ouch !! Ça fait mal ! »

La jeune femme le regardait, les poings sur les hanches, en colère.

« Kurosaki Ichigo !!! Qui te permet de te mêler de mes affaires ?! »

Le jeune homme rit devant la réaction prévisible de son amie.

« Oh ça va ! C'est juste une petite invitation… »

« À une fête de famille, Ichi !!! »

Son rire se calma.

« Et après ? Noël est une fête familiale mais c'est aussi un moment où on aime avoir les gens qui comptent pour nous autour de soi. »

Aussitôt, le regard de Rukia s'adoucit et sa colère s'apaisa. Décidément, Ichigo l'étonnerait toujours.

« Et puis… », Ichigo lui adressa un clin d'œil, « …il fera bientôt partie de la famille, non ? »

Sans attendre, une quelconque réaction de son lieutenant, il s'enfuit en riant bientôt poursuivi par la jeune femme, vociférant contre les abrutis qui racontaient n'importe quoi, sous les yeux ahuris des shinigamis de la division qui, aux cris de leur lieutenant, avaient stoppé tout mouvement pour les regarder se courser comme des enfants.

-

Trois jours plus tard, comme prévu, Ichigo obtint pour sa famille le droit de séjourner quatre jours à la Soul Society, du 22 au 26 décembre et il était bien sûr évident que les capitaines concernés, Byakuya et lui, ne seraient pas dispensés de leurs responsabilités pour autant. Le jeune homme eut un mal fou à attendre jusqu'à son prochain jour de repos tant il était pressé d'annoncer la nouvelle à ses sœurs. Cela faisait près de six mois qu'il ne les avait pas vues et elles lui manquaient terriblement.

Une semaine plus tard, il embrassait Byakuya en lui promettant d'être là pour le déjeuner et s'engouffrait avec empressement dans la Garganta privée de leur domaine. Étant à présent considérée comme la famille la plus noble du Sereitei, ils avaient le privilège, comme les quatre autres familles d'ailleurs, d'avoir un accès privé au monde réel.

Une chance pour lui, c'était un samedi matin. Il arriva chez Urahara à qui il emprunta un gigaï, son propre corps en l'occurrence et il se présenta à la porte de la clinique, comme un simple visiteur.

Ce fut sa sœur Yuzu qui lui ouvrit, encore un peu endormi.

« Ichi-nii !! »

Elle s'engouffra dans ses bras sans préambule, des larmes de joie dévalant ses joues rebondies.

Au cri de la jeune fille, le reste de la famille accourut, y compris Kon, dorénavant prisonnier de son corps de peluche, aux mains de la plus jeune sœur d'Ichigo.

Il fut accueilli comme un fils prodigue et son père ne pensa même pas à lui mettre un coup comme avant alors que le jeune homme, lui, s'y attendait.

Les heures de la matinée filèrent trop vite au goût d'Ichigo et, après leur avoir annoncé qu'ils étaient tous invités pour Noël, il était déjà l'heure de repartir. Les filles l'embrassèrent et montèrent dans leurs chambres tandis qu'Isshin raccompagnait son fils jusqu'à la porte.

« On dirait que tu es heureux… »

Un sourire franc, comme il en avait rarement vu sur le visage d'Ichigo depuis la mort de sa mère, lui répondit.

« Plus que je ne l'aurais jamais cru. Il ne manque que votre présence pour que tout soit parfait. »

Isshin soupira.

« Tant mieux. »

Il étreignit son fils et le laissa partir.

Seulement son bonheur fut de courte durée et la dure réalité le rattrapa quand il reposa pied chez lui.

« ICHIGO-SAMA !!! »

La petite servante, Miako, venait vers lui en pleurant.

La nature inquiète d'Ichigo se réveilla et, avant même qu'elle ne dise un mot, il savait que cela concernait Byakuya. Il sentait les fluctuations anormales de son reiatsu, lui qui le contrôlait à la perfection.

« C'EST BYAKUYA-SAMA !! DANS LE PAVILLON !! EN FLAMMES !! »

Les yeux d'Ichigo s'écarquillèrent de peur et une fraction de seconde plus tard, il était devant le petit pavillon où, deux semaines après leur mariage, Byakuya lui avait demandé s'il pouvait y installer l'autel funéraire de sa défunte épouse. Plusieurs de leurs serviteurs essayaient tant bien que mal d'éteindre les immenses flammes qui dévoraient le bâtiment en bois.

Le reiatsu de Byakuya filtrait faiblement de cet enfer et il s'y engouffra sans réfléchir une seconde de plus. La fumée opaque agressa ses yeux. Il mit quelques instants à chasser les larmes qui brouillait sa vue et chercha frénétiquement son compagnon.

Par chance, l'espace était entièrement vide à l'exception du petit autel, au fond de la pièce et la silhouette de Byakuya se découpait nettement au milieu des flammes, à quelques pas seulement de l'autel, inconscient, le corps entravé par un bout de poutre noircie, encore fumante. La peur l'empêcha de réfléchir posément. Il courut jusqu'au corps étendu de son compagnon et prit la poutre à pleines mains, se mordant la lèvre sous la brûlure cuisante. Faisant fi de la douleur, il concentra toutes ses forces pour la soulever et la balancer plus loin. La chaleur des flammes et la fumée noirâtre l'obligèrent à se plier en deux, toussant comme un perdu pour essayer de retrouver un peu de souffle. Il haleta bruyamment tandis qu'il attrapait Byakuya à bras le corps et sortit difficilement de l'enfer de feu.

Les serviteurs accoururent vers eux pour éteindre les flammes qui commençaient à dévorer les vêtements de leurs maîtres. Enfin à l'air libre, Ichigo reprit un peu son souffle, au moins assez pour pouvoir donner ses ordres avant d'emmener son mari jusqu'aux quartiers de la quatrième division.

Il s'y engouffra en hurlant, portant dans ses bras le corps toujours inconscient de Byakuya, les yeux rougis par la fumée, le corps suant par l'effort et la chaleur et le cœur comprimé par la peur.

« UNOHANA-TAICHO !!! UNOHANA-TAICHO !!! »

Plusieurs shinigamis sortirent de leurs bureaux au vacarme causé par le capitaine de la cinquième division avant que la jeune femme n'arrive, de son pas toujours mesuré.

« Puis-je savoir pourquoi tout ce bruit, Kurosaki-kun ? »

Sans lui répondre, il se jeta pratiquement sur elle.

« Je vous en prie !! Aidez-le !! »

Le capitaine Unohana sembla alors se rendre compte de la présence de Byakuya dans les bras du jeune homme. D'un signe, elle lui demanda de le suivre et entra dans une chambre où elle lui désigna le lit. Ichigo y déposa doucement son compagnon et se recula afin que la jeune femme puisse l'examiner.

« Que s'est-il passé ? »

« Je ne sais pas vraiment. Quand je suis rentré du monde réel, le pavillon du jardin était en flammes et il était à l'intérieur. Je viens de l'en sortir… »

La jeune femme le regarda avant de ressortir de la pièce et d'appeler son lieutenant ainsi qu'Hanataro. Quelques instants plus tard, les deux shinigamis étaient à ses côtés.

« Hanataro, sortez et occupez-vous de Kurosaki-kun, nous allons soigner Kuchiki-taicho. »

Ichigo voulut protester mais le regard ferme de la jeune femme le fit taire et il suivit docilement son ami hors de la chambre. La porte se referma aussitôt derrière eux. Ichigo poussa un pauvre soupir en regardant la porte close. Hanataro l'entraîna vers une autre pièce afin de pouvoir soigner les quelques brûlures qu'il portait. Une fois Ichigo installé, le jeune shinigami lui jeta un coup d'œil compatissant.

« Ne vous inquiétez pas Kurosaki-san… Unohana-taicho remettra Kuchiki-taicho sur pieds en un rien de temps… »

Ichigo lui offrit un pâle sourire alors qu'il lui présentait ses mains pour qu'il puisse les soigner.

Quelques minutes plus tard, les mains dûment soignées et bandées, Ichigo attendait devant la chambre où il avait laissé Byakuya. Assis par terre, contre le mur, il s'inquiétait. Pas qu'il n'ait pas confiance en Unohana, bien au contraire et, au pire, il sentait le reiatsu de son compagnon… Non il s'inquiétait pour autre chose…

Qu'est-ce qui s'était produit ?

Il n'avait pas eu le temps de demander des explications à qui que ce soit et cet accident le gênait. Un bruit de course le coupa dans ses réflexions.

Avant d'emmener Byakuya, il avait demandé à ce que Rukia soit prévenue et elle arrivait.

« Ichigo !!! Comment va Nii-sama ? »

Il releva la tête vers elle et elle eut un coup au cœur en voyant son air inquiet. Elle s'agenouilla près de son capitaine et posa une main sur son épaule.

« Tout va bien se passer, n'est-ce pas ? »

Le jeune homme allait lui répondre quand le lieutenant de la quatrième division sortit de la pièce.

« Kuchiki-taicho va bien. Vous lui avez sauvé la vie, Kurosaki-taicho, quelques minutes de plus au milieu des flammes et c'était l'asphyxie… À présent, il dort et… » Elle lui tendit un morceau de photo. « …Il avait ceci dans la main. »

Ichigo prit ce qu'elle lui tendait et eut l'impression de recevoir un coup en pleine poitrine en découvrant un bout de la photo d'Hisana. Rukia eut un hoquet de surprise qu'elle essaya de dissimuler derrière sa main.

Le bonheur d'Ichigo s'écroula. Lui qui avait cru pendant au moins quelques jours pouvoir aimer et être aimé de Byakuya se trouvait devant la preuve évidente que tout cela n'avait été que le fruit de son imagination.

Il eut presque envie de rire de sa bêtise. Que pouvait-il espérer d'un homme qui avait bravé son clan pour épouser celle qu'il aimait ? Comment avait-il pu croire un seul instant que cet homme qui avait été obligé de l'épouser pourrait l'aimer un jour ?

La main de Rukia se resserra sur son épaule.

« Ichigo…. »

Il ne lui accorda pas un regard et se redressa.

« Quand est-ce que je pourrais le voir ? »

Le lieutenant Kotetsu réfléchit un instant.

« Eh bien… Quand Unohana-taicho sera sortie je pense, il faudra le lui demander. »

Elle s'éloigna alors avec un sourire compatissant et Ichigo reporta son attention sur son lieutenant.

« Qui t'a prévenue ? »

La jeune femme eut un frisson. Ichigo s'était brusquement refroidi et elle avait presque peur des conséquences qu'aurait ce qu'elle pourrait lui dire.

« Un de tes serviteurs est arrivé, terrifié, dans le bureau. »

« Il t'a raconté ce qu'il s'est passé ? »

Rukia se mordit la lèvre.

« Oui… Il m'a dit que lorsqu'on avait annoncé à Nii-sama que le pavillon était en flammes, il s'y était précipité et n'en était pas ressorti.. Jusqu'à ce que tu interviennes. »

Les mâchoires et les poings d'Ichigo se serrèrent à lui en faire mal bien que cela n'était rien en comparaison à la douleur qui lui vrillait le ventre.

« Ichi… »

Il la coupa net.

« Retourne au bureau, je ne veux pas qu'on accumule de retard, nous en avons déjà bien assez. Je te préviendrais dès que Byakuya sera réveillé. »

« Mais Ichigo !! Je… »

Elle s'arrêta d'elle-même en voyant les yeux ambrés s'humidifier.

« S'il te plait… Rukia »

Elle hocha la tête et le laissa seul au milieu du couloir.

Quand elle eut disparu au détour du couloir, il se laissa tomber contre le mur et essaya de juguler les larmes qui menaçaient de dégringoler sur ses joues. Il ne devait pas se laisser aller de la sorte, ce n'était pas de son rang. Il ne devait rien montrer de son trouble et agir comme à son habitude. Surtout face à Byakuya. Il ne devait jamais se douter de sa douloureuse méprise sur ses sentiments.

Unohana-taicho finit par sortir de la chambre, lui annonçant que les blessures subies étaient minimes et l'autorisa à y rester, le temps qu'il voudrait.

Ichigo se passa une main tremblante sur le visage avant d'entrer dans la chambre et de fermer la porte derrière lui. La pièce était entièrement blanche, illuminée par le soleil qui entrait par la fenêtre grande ouverte devant laquelle était le lit où dormait son mari.

Un soupir douloureux, presque un gémissement, s'échappa de sa poitrine tandis que son poing se serrait à nouveau sur le bout de photo qu'il tenait toujours entre ses doigts. Il s'approcha du lit et laissa son regard courir sur le visage paisible de Byakuya. Sa poitrine se serra mais il prit une résolution. Même si le cœur de son mari ne lui appartenait jamais, il l'entourerait de tout l'amour dont il était capable et essaierait de lui offrir le foyer chaleureux et aimant auquel ils aspiraient, il en était sûr, tous les deux.

Après plusieurs minutes de contemplation muette, il attrapa une chaise et attendit patiemment qu'il se réveille.

-

Au milieu de la nuit, Byakuya finit par ouvrir les yeux. Une douleur sourde dans le dos le fit grimacer quand il se redressa et lui rappela, avec une étonnante acuité, les évènements de la matinée précédente : les cris de la servante, le pavillon, les flammes, la sourde angoisse qui avait alors déferlé en lui sans qu'il ne comprenne vraiment pourquoi, sa course folle vers le brasier pour sauver un petit bout de passé puis… plus rien. C'était le trou noir. Il jeta un coup d'œil autour de lui, surpris d'être toujours en vie et dans les locaux de la quatrième division.

La pièce était vide à l'exception de son lit, d'une table de chevet juste à sa gauche et une chaise inoccupée, abandonnée à un mètre à peine de lui. Les rayons de la lune entraient par la fenêtre ouverte et le vent tiédi agita quelques mèches brunes.

Byakuya ouvrit le yukata qu'il portait pour constater l'état de ses blessures. Une large bande couvrait une partie de son torse et de son épaule droite. Il regarda ses bras aussi couverts de bandages puis ses jambes qui semblaient être intactes mis à part sa cheville droite dont il distinguait la peau bleuie à la lisière du bandage. Inquiet, il toucha son visage mais la pulpe de ses doigts ne rencontrèrent que l'habituelle peau lisse qu'il voyait chaque matin dans le miroir. Il ferma les yeux en soupirant, il ne s'en était pas trop mal sorti.

Avec précaution, il ramena ses jambes vers son torse, posa ses coudes sur ses genoux et se prit la tête entre les mains.

Qu'est-ce qui lui avait pris de se jeter dans cet enfer pour une simple photo ?

Cela n'avait aucun sens. Il était bien conscient qu'elle avait tout de même brûlé et cela n'éveillait aucun sentiment particulier. Il y avait quelque temps déjà qu'Hisana était devenue le souvenir d'un passé révolu.

Peut-être était-ce justement cela qui lui avait fait peur… De tourner définitivement la page sans un regard en arrière… Cette peur irrationnelle de perdre cette dernière attache qui l'avait poussé vers les flammes…

Le faible grincement de la porte et le raie de lumière qui s'engouffra dans la pièce coupa sa réflexion et son attention fut capturée par la silhouette silencieuse qui entrait.

Il murmura doucement le nom de l'arrivant.

« Ichigo… »

La tête de la silhouette se redressa et un doux sourire éclaira le visage fatigué.

« Tu es enfin réveillé… Je commençais à être inquiet. »

Un café dans la main droite, il vint s'asseoir sur la chaise qu'il rapprocha et posa le gobelet sur la table de chevet avant de lui prendre la main et de porter les doigts pâles à ses lèvres, les embrassant tendrement.

« Comment te sens-tu ? »

Byakuya détendit ses jambes et se rallongea à demi avant de répondre.

« À part quelques douleurs, je pense que ça va. »

Ichigo se leva alors et posa doucement ses mains sur le matelas, de part et d'autres du corps de Byakuya, avant de déposer un chaste baiser sur ses lèvres. Il murmura tout contre sa bouche.

« Tant mieux… » Il sourit tout en plongeant ses yeux dans les siens. « Reposes-toi, je reviendrais plus tard dans la journée. »

Il se redressa et s'apprêta à partir mais une main le retint par la manche de son kimono.

« Ichigo… Je suis dé… »

Un doigt sur sa bouche le fit taire.

« On verra ça plus tard, Kuya-kun … Reposes-toi. »

Le capitaine n'insista pas et sa main retomba sur le drap, gêné par l'attitude de son époux qu'il regarda sortir. Il essayait de paraître calme et confiant et pourtant, il dégageait une sorte de triste mélancolie qui le mettait mal à l'aise. Il s'allongea correctement et ferma les yeux.

Pourquoi ne lui avait-il pas demandé ce qu'il s'était passé ?

-

À peine fut-il sorti du baraquement qu'Ichigo s'adossa au mur et soupira, relâchant la pression qui étreignait son cœur. Faire face à Byakuya était moins douloureux qu'il ne le pensait. Son attitude n'était pas différente de ces dernières semaines. Tant mieux, cela serait plus facile pour lui si Byakuya acceptait, malgré tout, de se laisser aimer. Il leva les yeux vers le ciel et laissa son regard courir parmi les étoiles. Il devait faire abstraction de cet incident et continuer à faire ce qu'il fallait pour rendre leur vie heureuse.

Fort de cette résolution, il se dirigea directement vers son bureau. Il était encore tôt mais il doutait de pouvoir trouver le sommeil cette nuit.

Au moins, Rukia ne râlerait pas pour son retard et sera ravie d'apprendre que son frère s'était enfin réveillé.


En espérant que ça voous plait toujours autant...

A la semaine prochaine pour le dernier chapitre!!

Kisu

Noan