Hi ^^

Nous voici déjà à la fin de cette histoire!

Je remercie tous et toutes celles qui m'ont lue, mention particulière aux revieweurs XD!!

Sur ce,

Bonne lecture.


Fin du dernier chapitre:

À peine fut-il sorti du baraquement qu'Ichigo s'adossa au mur et soupira, relâchant la pression qui étreignait son cœur. Faire face à Byakuya était moins douloureux qu'il ne le pensait. Son attitude n'était pas différente de ces dernières semaines. Tant mieux, cela serait plus facile pour lui si Byakuya acceptait, malgré tout, de se laisser aimer. Il leva les yeux vers le ciel et laissa son regard courir parmi les étoiles. Il devait faire abstraction de cet incident et continuer à faire ce qu'il fallait pour rendre leur vie heureuse.

Fort de cette résolution, il se dirigea directement vers son bureau. Il était encore tôt mais il doutait de pouvoir trouver le sommeil cette nuit.

Au moins, Rukia ne râlerait pas pour son retard et sera ravie d'apprendre que son frère s'était enfin réveillé.


Quatrième chapitre :

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Les jours et les semaines s'écoulèrent sans réel changement hormis l'humeur souvent mélancolique qu'affichait Ichigo lorsqu'il se croyait seul. Rien dans leur vie ne semblait avoir été altéré depuis l'incendie mais, lorsqu'il était seul, le capitaine de la cinquième division se laissait aller à ses peurs, à ses doutes.

Byakuya était parfaitement conscient de l'état émotionnel de son mari et culpabilisait mais il était incapable de lui dire qu'il l'aimait et pour quelles raisons il avait essayé de récupérer la photo d'Hisana. Il espérait que le temps ferait disparaître les craintes d'Ichigo et qu'il oublierait ce regrettable incident.

De leurs côtés, Rukia et Renji avaient essayé de le faire parler, de lui faire avouer ce qu'il avait sur le cœur et de l'aider ainsi à soulager sa peine mais le jeune shinigami s'entêtait à garder tout cela bien enfoui à l'intérieur de lui, derrière ce nouveau masque de noble impassibilité qu'il s'était imposé depuis l'incident. Dès que l'un ou l'autre abordait le sujet, il détournait la conversation sur la fête de Noël qui s'organisait lentement.

D'ailleurs, il était en ce moment même dans le 78e district du Rukongaï à la recherche du cadeau idéal pour son compagnon. Les semaines passées, il avait fait le tour des magasins du Sereitei et ceux des premiers districts du Rukongaï mais impossible de trouver quoi que ce soit.

Depuis une heure déjà, il fouillait chaque ruelle à la recherche de l'idée parfaite, tout en faisant extrêmement attention à son reiatsu. À la moindre fluctuation de sa puissance, les âmes qui l'entouraient pouvaient s'évanouir voire pire, disparaître.

Finalement, fatigué, il abandonna et entra dans un petit bar sans prétention. Il s'installa, les coudes sur la table et la tête entre les mains. Il commençait à se dire que ce n'était peut-être pas une si bonne idée, cette fête de Noël.

« Je vous sers quelque chose, shinigami ? »

La voix était douce et chantante.

Curieux, Ichigo releva la tête, prêt à commander un thé, et il manqua de s'étouffer avec ses mots. Devant lui, à un mètre à peine, une réplique plus âgée de Rukia le regardait en souriant. Une seule pensée lui vint qu'il vocalisa aussitôt.

« Hi-Hisana ? »

Les yeux de la jeune femme s'arrondirent de surprise.

« Comment connaissez-vous mon nom ? »

Il n'en revenait pas. Était-ce possible qu'après cinquante ans, une âme morte revienne, au même endroit ?

« Je… Je suis un ami de Rukia. »

Un immense sourire lui répondit.

« Vous connaissez ma petite sœur ? » Elle s'assit en face de lui. « Comment va-t-elle ? Qu'est-ce qu'elle devient ? Est-elle mariée ? Je vous en prie, dîtes-moi ! »

Ichigo était totalement pris au dépourvu. Alors une âme, lorsqu'elle revenait à la Soul Society, retrouvait ses souvenirs ? Il lui semblait pourtant que Rukia lui avait dit le contraire… C'était peut-être dû au karma de la jeune femme. Elle était morte sans avoir retrouvé sa petite sœur. Cela avait peut-être entraîné le retour de ses souvenirs. Cela voulait dire… qu'elle se souvenait sûrement aussi de Byakuya.

« Elle va très bien. Elle est lieutenant de la cinquième division du Gotei 13. »

Un soupir soulagé s'échappa des lèvres de la jeune femme.

« Je suis contente. Je me suis fait un sang d'encre depuis que je suis revenue. Personne n'était capable de me dire ce qu'elle était devenue. »

Elle était belle, douce et sympathique. Plus ils parlèrent, plus Ichigo comprenait pourquoi Byakuya en était passionnément amoureux. Il lui dit donc que Byakuya avait retrouvé Rukia, l'avait adoptée puis élevée. Il lui raconté sa rencontre avec elle, leurs combats, leurs victoires.

Au bout d'un petit moment, elle rougit en cherchant ses mots.

« Je vais peut-être vous paraître indiscrète mais… vous êtes celui qui a épousé Byakuya-sama il y a quelques mois, n'est-ce pas ? »

Ichigo se sentit gêné. Il avait l'impression de lui avoir volé son mari. C'était étrange et dérangeant comme sentiment. Cela devait s'afficher en grosses lettres sur son visage car elle lui en fit la remarque.

« Ne vous sentez pas gêné, Ichigo-san. Byakuya-sama fut un mari merveilleux mais je ne lui ai jamais rendu l'amour qu'il me témoignait. Quand je vous ai vu ensemble au balcon, lors de votre mariage, j'étais heureuse pour lui. Il semblait heureux, plus heureux qu'il ne l'avait jamais été avec moi. Et vous l'aimez, n'est-ce pas ? »

« Je… »

Elle coupa en souriant doucement.

« Ne dîtes rien, c'est tellement évident. Dès que vous parlez de lui, les sentiments que vous lui portez se transmettent dans chacune de vos paroles, dans chacun de vos gestes. Je suis contente. Byakuya-sama est un homme de bien et lui aussi a le droit à sa part de bonheur. »

Elle jeta un coup d'œil derrière lui et se leva.

« Je ne peux rester plus longtemps à bavarder, je dois travailler. Je suis heureuse d'avoir eu de leurs nouvelles, merci. »

Elle s'inclina et s'apprêtait à retourner travailler quand il l'interrompit.

« Dans onze jours, j'organise un dîner et Rukia sera présente. J'aimerais que vous nous fassiez l'honneur de votre présence. »

Elle hésita un peu puis accepta.

« Je viendrais donc vous cherchez vers 19 heures. »

Hisana lui sourit une dernière fois et retourna au travail.

Ichigo sortit de la petite baraque et soupira lourdement. Il avait trouvé le cadeau parfait pour Rukia et Byakuya mais… ne risquait-il pas son propre bonheur ?

Il secoua la tête. Il aimait tellement Byakuya qu'il en était arrivé à préférer qu'il soit heureux avec Hisana que malheureux avec lui.

Et ce fut à la fois content de lui et la poitrine serrée au point de le faire souffrir qu'il rentra au Sereitei.

-

Le soir du 24 décembre, tout le monde attendait le maître de maison, mal à l'aise. Renji ne savait pas vraiment où se mettre. Ce n'était pourtant la première fois qu'il était invité dans cette maison, mais ce soir était spécial. C'était une fête de famille et il était considéré comme un membre de celle-ci.

Rukia non plus n'en menait pas large. Malgré la présence réconfortante d'Isshin et de ses deux filles, l'atmosphère un peu pesante la gênait.

Byakuya, lui, était assis dans un fauteuil, muet. Il avait à peine adressé la parole à son beau-père et un faible sourire à ses belles-sœurs. Il était inquiet. Très. Ichigo avait disparu depuis le matin. Plusieurs fois dans la journée il avait essayé de le voir mais à chaque fois Hinamori avait fait barrage et, en arrivant, Rukia avait été incapable de lui expliquer pourquoi.

L'atmosphère était tellement étrange que Yuzu avait fini dans la cuisine à aider les serviteurs à la préparation du repas et Karin s'était empressée de sortir dans le jardin. Isshin, de son côté, observait ce qui se passait, se demandant ce qui avait piqué son fils. Car c'était clair dans son esprit, le seul fautif de cette tension qui régnait dans la maison était Ichigo.

La porte d'entrée claqua enfin et un : « Bonsoir Kurosaki-sama. » de la part du majordome firent soupirer toutes les personnes présentes. Mais le « Bonsoir madame » qui suivit crispa immédiatement Byakuya qui sentait poindre la traître lame de la peur lui déchirer le ventre. Il se leva pour aller à la rencontre de son mari quand celui-ci entra dans la pièce, accompagné. Devant la jeune femme qu'il emmenait avec lui, Byakuya se figea, choqué.

« Bonsoir Byakuya-sama. »

Hisana s'inclina en souriant. Il était aussi beau que dans son souvenir voire plus encore. Le bonheur lui allait vraiment bien. Et en se relevant, elle vit sa petite sœur, aux côtés d'un homme grand, massif, impressionnant. Il la regardait avec méfiance et elle le comprenait. Mais elle ne lui accorda pas plus d'importance. Son regard se porta sur Rukia dont les yeux étaient grands ouverts et embués de larmes.

Encouragé par la pression d'une main dans son dos, elle s'avança vers elle. Son mouvement déclencha celui de Rukia qui se jeta dans ses bras en lâchant un retentissant « Nee-chan » qui fit sourire Ichigo.

Celui-ci se défit de son manteau que le majordome vint prendre sans un mot puis il alla vers Byakuya qui n'avait pas bougé. Faisant comme si de rien n'était et ignorant la douleur cuisante dans sa poitrine, il se pencha sur lui et déposa un léger baiser sur sa joue.

« J'espère que mon cadeau te plait ? »

Il n'osa pas le regarder. Il ferait face plus tard, le lendemain. Ce soir, il avait sa famille pour Noël et il ne voulait pas gâcher la fête. Il ne lui laissa donc pas le temps de répondre. Il ne vit donc pas le regard confus que lui lance Byakuya.

« Tachiba ! Allez chercher mes sœurs, il est temps de passer à table. »

Le majordome inclina la tête pour signifier qu'il avait bien entendu et s'en fut à la recherche des jeunes sœurs de son maître. Ichigo profita de ce laps de temps pour présenter Hisana à Renji et à son père.

Devant cet étrange tableau qu'il ne parvenait pas à comprendre, Byakuya décida de jouer le jeu. Certes, il était content de revoir sa défunte épouse mais, la présenter, ce soir précisément, au reste de leur famille le dérangeait.

Isshin ne dit rien, sourit aimablement à la jeune femme mais n'en pensait pas moins. Oui, c'était le meilleur cadeau qu'il pouvait faire à Rukia et cela se voyait. La jeune femme était radieuse, parlant sans arrêt à sa sœur, lui raconta probablement toute sa vie par le menu. Renji, toujours à ses côtés, ponctuait la conversation de commentaires, étoffant le récit parfois confus de son amie. Pourtant, il ne comprenait pas l'attitude de son fils. Il avait remarqué cette lueur mélancolique dans son regard ambré, il le connaissait suffisamment pour voir la tension extrême dans ses épaules. Ichigo était mal à l'aise et malheureux malgré le sourire qu'il affichait.

Alors qu'ils s'installèrent autour de la table, il comprit. Ichigo avait installé d'office Hisana à la droite de Byakuya. Cet imbécile était tout simplement en train de céder sa place à la jeune femme et il le faisait naturellement. Il essaya bien d'en parler à son fils mais celui-ci s'arrangeait pour être hors de voix ou changeait subitement de sujet.

Finalement, la bonne humeur de Rukia s'étendit à tous les invités et bientôt, il n'y eut plus qu'Ichigo pour observer, de loin, la manière dont Byakuya évoluait autour d'Hisana et vice-et-versa.

Pendant toute la soirée, les gestes qui leurs restaient familiers se multiplièrent. La main d'Hisana sur le bras de Byakuya tandis qu'elle lui parlait. La façon dont celui-ci dégageait une mèche de cheveux bruns de devant le visage de la jeune femme, la manière dont ils se souriaient… Tout cela ne fit que confirmer Ichigo dans son idée : si telle était la condition au bonheur de Byakuya, il accepterait la jeune femme sous son toit. Cette simple pensée lui vrillait le ventre mais il se promit de ne jamais en parler et d'apprendre à vivre avec.

L'échange des cadeaux fut un pur moment de joie. Yuzu et Karin étaient particulièrement heureuses de faire découvrir cette tradition aux quatre shinigamis présents. Elles leurs expliquèrent l'origine de la tradition, qui était le Père Noël, pourquoi le rouge, le blanc et le vert… L'allégresse du moment gagna même le maître de maison, aidé par l'alcool que celui-ci avait bu au cours du repas.

Et il fut l'heure de se quitter. Accompagnées de Tachiba, Yuzu et Karin partirent se coucher et Renji insista pour raccompagner Rukia. Devant l'état éméché d'Ichigo et de son père, Byakuya raccompagna Hisana.

Quand ils furent tous partis, Isshin, bien moins saoul qu'il n'en avait l'air, rejoignit son fils, sorti sur la terrasse malgré le froid, une bouteille entamée de saké à la main.

« Pourquoi, Ichigo ? » lui demanda-t-il sans préambule en s'asseyant à ses côtés.

« Pourquoi quoi ? »

Le jeune homme avala une rasade d'alcool à même la bouteille.

« Pourquoi souhaites-tu tant que cette femme revienne dans la vie de ton mari ? »

Ichigo leva les yeux au ciel et soupira.

« Parce qu'elle n'en est jamais sortie. »

« De quoi tu parles ? »

Le jeune homme regarda son père du coin de l'œil puis, devant son air sérieux lui raconta l'incident du pavillon.

« Ichi', lui as-tu seulement demandé pourquoi il tenait à récupérer cette photo ? »

Son fils secoua la tête.

« À quoi bon ? C'est évident, non ? »

Isshin sentit la détresse dans les paroles de son fils.

« Parfois les appa… »

« Arrête, papa. Tu es mal placé pour me dire ça. Toi-même tu es toujours fol amoureux de maman alors qu'elle est morte depuis des années. » Ichigo se leva et rentra, emportant la bouteille avec lui. Juste après avoir passé la porte, il tourna juste la tête. « Ne t'inquiètes pas pour moi, son bonheur suffira au mien. Bonne nuit. »

Isshin regarda partir son fils en pensant à sa femme. Il souhaitait vraiment le rassurer mais il avait raison, il aimait toujours autant sa femme… Et, même s'il en doutait, c'était peut-être toujours le cas de Byakuya.

Ichigo entra dans sa chambre et observa tristement le lit. À partir de cette nuit, il serait seul dans ces draps où il avait tant de fois aimer ce corps qui lui serait à présent interdit. Il avait envie de pleurer.

Mais il se retint. Pour ce soir, il préférait boire jusqu'à oublier qu'il venait de jeter lui-même la seule personne qu'il aimait dans les bras d'une autre.

Il ouvrit en grand une des deux portes donnant sur la terrasse de leur chambre et s'assit contre le chambranle, prêt à s'enivrer le reste de la nuit.

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Devant la porte de la taverne où elle travaillait, Hisana sourit aimablement à Byakuya.

« Cette soirée restera gravée dans ma mémoire. Vous remercierez Ichigo-san pour moi. »

Le shinigami acquiesça d'un signe de tête un peu tendu. Le connaissant parfaitement, elle le remarqua et se douta de la raison.

« Puis-je vous inviter à boire un thé ? J'aimerais vous dire quelques mots. »

Ennuyé car souhaitant rentrer au plus vite pour avoir une petite explication avec son mari quant à son comportement de la soirée, Byakuya accepta malgré tout. Lui aussi la connaissait bien et il savait, au pli soucieux qui barrait son front, que ces quelques mots étaient importants.

De nouveau, il lui répondit d'un signe de tête et la suivit à l'intérieur du minable commerce. Elle l'invita à s'installer à une table inoccupée et s'en fut pour revenir quelques minutes plus tard avec deux tasses de thé fumant.

Après une gorgée, Hisana prit quelques instants pour chercher ses mots.

« Je vais vous paraître indiscrète et sûrement déplacée mais j'aimerais que vous répondiez franchement à ma question : aimez-vous le jeune homme que vous avez épousé ? »

Byakuya s'étrangla à moitié avec le thé qu'il était en train d'avaler.

« Pardon ? »

La jeune femme lui sourit.

« Vous m'avez bien entendu, Byakuya-sama… Mais je prendrais les rougeurs sur vos joues pour un oui. » Lesdites rougeurs s'intensifièrent sous ses yeux amusés. « Vous avez épousé un homme charmant qui vous aime plus que tout et il l'a prouvé ce soir. » Elle fit une légère pose et planta son regard dans le sien. « Byakuya-sama… Je crois que vous devriez le rassurer sur vos sentiments à son égard. »

Elle se tut et attendit la réaction de son vis-à-vis. Il y eut un long moment de silence avant que Byakuya le brise, un peu hésitant.

« Tu essayes de me dire qu'Ichigo t'a volontairement mise en avant pour me faire comprendre qu'il était d'accord pour… »

Il laissa sa phrase en suspend, tant l'idée lui paraissait grotesque.

« C'est à peu près ça. Il vous l'a dit en arrivant, je suis votre cadeau… »

Il ne lui laissa pas le temps de finir et se leva.

« L'idiot ! »

Elle le rattrapa avant qu'il ne franchisse la porte et prit ses mains dans les siennes.

« Je vous en prie, ne soyez pas offensé de son attitude. Il vous aime, si fort qu'il est prêt à sacrifier son propre bonheur pour le vôtre. Laissez-lui une chance… »

Byakuya sourit doucement à cette femme qu'il avait crue aimé de toute son âme.

« Ne t'en fais pas. »

Il se pencha et murmura pour que seule Hisana entende.

« J'aime cet idiot plus que je ne t'ai jamais aimé. »

À cette phrase, un immense sourire éclaira le visage de la jeune femme.

« Je suis heureuse de vous l'entendre dire, Byakuya-sama. »

Elle relâcha ses mains et le regarda partir, émue. Elle avait toujours été désolée de ne pas avoir pu lui rendre ses sentiments et le voir heureux lui réchauffait le cœur.

-

Sur le chemin du retour, Byakuya eut le déplaisir de constater que son mari avait perdu toute retenue. Malgré l'heure tardive, il croisa plusieurs jeunes shinigamis, sûrement de garde, évanouis. Il n'y avait pas prêté attention, bien trop préoccupé par ce qu'Hisana lui avait dit, mais, à présent, il sentait les fluctuations du reiatsu de son mari qui étouffaient les alentours. Il soupira bruyamment. Il n'avait pas à en douter, le lendemain, le bureau de la première division serait surchargé de plaintes, venant des plus hautes sphères du Sereitei, juste parce que son mari était incapable de gérer son stress.

Plus il approchait de la maison, plus le reiatsu l'écrasait. Lui-même avait du mal à rester debout face à la déferlante de pouvoir qui émanait de sa propre demeure. Aussi ne fut-il pas surpris de trouver la jeune servante, Miako, évanouie dans le couloir, aux côtés d'un plateau qui fut plus tôt dans la soirée, dans ses mains, rempli de vaisselle et qui s'étalait, à présent, sur plusieurs mètres.

Avec difficulté, il alla jusque dans sa chambre où, en entrant, il eut mal en voyant Ichigo, buvant une bouteille au goulot, son regard ambré brillant de tristesse. Les larmes ne coulaient pas mais il pouvait les voir qui effleuraient le bord de ses yeux.

Il ne dit rien et passa directement dans la salle de bain où, après une brève toilette, il se vêtit d'un simple yukata noir. Il prit une profonde inspiration et s'aidant de son propre reiatsu pour ne pas défaillir, il retourna dans la chambre. Il resta un moment sur le seuil de la porte, observant son mari qui ne l'avait toujours pas remarqué.

Il se mordit la lèvre. Il était entièrement responsable de ce mélancolique tableau et il se maudissait pour cela. Si seulement il avait eu le courage de lui parler au lieu d'enfouir toute cette histoire dans un coin de sa mémoire.

« Kurosaki. »

Le susnommé releva brusquement la tête et, choqué par la présence de Byakuya, lâcha la bouteille qui heurta le sol dans un bruit mat, déversant le reste de son contenu sur le bois.

« Bya-Byakuya ? »

Bien que l'alcool rendait ses gestes approximatifs, il se leva et tangua un peu quand il fut sur ses pieds. Quand il eut assuré son équilibre, il avança jusqu'à son mari qui n'avait pas bougé. D'une main tremblante, il caressa son visage et Byakuya pouvait parfaitement voir qu'il retenait difficilement ses larmes.

« Qu'est-ce que tu fais là ? »

Sa voix, rendue rauque par l'alcool et l'émotion, le fit trembler. Il s'approcha de lui, attrapa les pans du yukata qu'il portait et posa sa tête sur son torse.

« Je n'ai jamais eu l'intention de te tromper. »

Ce n'était qu'un murmure mais Byakuya pouvait sentir les battements du cœur de son mari accélérer sous son front. Une main large et puissante se glissa dans ses cheveux en même temps qu'une joue se posa sur son crâne.

« Tu ne m'aurais pas trompé puisque tu avais ma bénédiction. »

Byakuya redressa la tête et à la vue des larmes qui coulaient sur les joues d'Ichigo, il essaya de l'interrompre mais un pouce sur ses lèvres l'en empêcha.

« Je n'ai jamais eu la prétention de remplacer Hisana dans ton cœur. Je savais par Rukia que tu étais fol amoureux d'elle. Mon seul but n'est que de te rendre heureux et si pour cela je dois accepter Hisana sous mon toit, je le ferais. »

À mesure qu'il parlait, son reiatsu s'était concentré autour d'eux, créant une bulle qui faisait frissonner Byakuya de bien-être et un doux sourire étirait ses lèvres quand il enlaça son idiot de mari. Il l'embrassa lentement, profitant avec plaisir de cette bouche qu'il aimait tant sans faire attention au goût prononcé de saké sur sa langue.

« Idiot. » Il lécha les larmes avant de continuer. « L'amour que tu me portes doit être infiniment grand pour que tu acceptes une telle chose mais ce ne sera pas utile, tu suffis à mon bonheur. »

Deux larges mains prirent son visage en coupe.

« Alors pourquoi, Byakuya ? Pourquoi avoir failli perdre la vie pour récupérer cette photo ? »

Le caractère impulsif du jeune homme refaisait surface, il pouvait le voir au pli sur son front et à la tension dans sa mâchoire. Byakuya posa ses mains sur les siennes et soupira.

« Sur le moment… À cause d'une peur panique de perdre quelque chose d'important. Pourtant, en me réveillant, savoir cette photo disparue m'a laissé froid. Et en voyant Hisana ce soir… Ce fut probablement par peur de tourner définitivement la page. J'ai vécu plus de cinquante ans dans son souvenir… Je suis désolé, Ichigo… »

Il ne put continuer. Un baiser vorace et exigeant le fit taire, l'entraînant dans une danse enivrante qui le fit perdre le fil de sa pensée. Son esprit fut envahi par les émotions que déchaînaient en lui cette langue qui jouait dans sa bouche et ces mains qui attrapaient son corps avec urgence. En quelques secondes, il se trouva nu, haletant et les jambes nouées autour de la taille de son mari. Son dos percuta avec force un des murs de la pièce alors qu'Ichigo dévorait sa mâchoire, son cou, son épaule.

« I-Ichi… »

Une langue taquine glissa le long de sa mâchoire jusqu'à son oreille, lui arrachant un gémissement étouffé. Un murmure, à peine plus qu'un souffle affola brutalement son cœur.

« Je t'aime… »

Cela lui fit l'effet d'un électrochoc. Jamais encore personne ne lui avait dit ces quelques mots. Une émotion intense lui parcourut le corps, asséchant sa bouche, brûlant ses yeux.

Il voulait parler, dire quelque chose, répondre à cette déclaration enflammée mais il en était incapable, comme si les mots ne voulaient pas s'ordonner en une phrase cohérente. Il ouvrit quand même la bouche, espérant que cela sortirait seul mais une langue le déstabilisa à nouveau. Elle lui lécha les lèvres, chuchotant tout contre elles.

« Chut… Ne dis rien… Promets-moi juste… s'il te plait… ne me quitte jamais… »

Ichigo avait abandonné ses lèvres et le regardait droit dans les yeux. Byakuya posa ses mains sur ses joues.

« Jamais. »

Et il l'embrassa doucement, lentement, essayant de lui faire sentir combien il l'aimait et combien il avait été fou de croire qu'une autre aurait pu faire son bonheur. Jamais il n'avait cru pouvoir ressentir ça un jour : le bonheur d'aimer et d'être aimé en retour. Il en avait la tête qui tournait tant c'était fort et enivrant. Toute la nuit, il se laissa porter par ce sentiment grisant et ce ne fut que lorsque les premiers rayons du soleil entrèrent dans leur chambre que Morphée vint les cueillir, encore enlacés.

-

En un peu plus d'un an, Ichigo avait réalisé son rêve. Il était fol amoureux de son mari et celui-ci le lui rendait bien. Le soir, il rentrait avec plaisir chez lui et chaque moment qu'il partageait avec Byakuya était un souvenir qu'il chérissait.

Neuf mois après cette nuit où sa vie aurait pu basculer dans le désespoir, Byakuya lui donna des jumeaux. Deux magnifiques garçons, nés d'un étrange phénomène que même le capitaine de la douzième division ne put expliquer. La seule théorie qu'il lui parut valable fut qu'en unissant leur reiatsu, ils avaient créé une nouvelle entité, deux en l'occurrence. Cela ne put jamais être vérifié.

Deux beaux garçons : Ace, un petit bout aux yeux bleu nuit et aux cheveux roux et Neji, son parfait opposé, brun aux yeux ambrés.

Et cette bénédiction en amena une autre.

Suite à la naissance des jumeaux, le clan Kuchiki, présidé par Byakuya, se réunit. Il fut décidé qu'Ace serait l'héritier du clan Kurosaki et que Neji prendrait la suite de Byakuya, à la tête du clan Kuchiki, relevant Rukia de l'obligation de donner un héritier de sang noble à la famille qui l'avait adoptée. Ichigo avait un peu râlé, pour la forme, mais ce fut avec joie qu'il accorda la main de sa belle-sœur à Renji.


So.... It's the End...

J'espère que cette histoire vous aura plu dans son intégralité!

Je vous dis à une prochaine histoire!!

Kisu.

Noan.