Chapitre 6
Hisoka se souvenait parfaitement des événements qui avaient suivi sa mort. Il avait repris connaissance dans une salle semblant trop lumineuse, l'empêchant d'ouvrir les yeux. Il entendait pourtant des personnes discuter à son sujet, du moins il ne percevait que quelques bouts de phrases de temps en temps, mais ressentait le sentiment éprouvé par les autres : doute. L'empathe retrouvait cette émotion au moment même où il se trouvait. La pièce n'était pas aussi éclairée que le jour de sa mort mais à nouveau, il entendait des voix plus ou moins familières. Il reconnaissait celle de Tsuzuki qui semblait s'affoler et une autre voix féminine qu'il avait déjà perçue ces derniers jours. Le jeune homme se décida à ouvrir ses yeux pour découvrir son partenaire afficher sa joie de le voir réveillé et une jeune femme aux cheveux noir de jais lui souriant chaleureusement. Celle-ci se releva aussitôt et, timidement, dissimula son visage de ses cheveux. Tsuzuki, lui, cachait son inquiétude par un sourire rayonnant.
- Oh, enfin tu te réveilles ! On se demandait si tu allais rester longtemps comme ça.
- On ?
L'attention se porta sur la jeune femme qui lorsqu'elle comprit que la conversation allait tourné autour d'elle, aborda une teinte rosée sur ses joues pâles.
- Kaori t'as vu t'effondrer sur le sol, elle a accouru et est allée chercher de l'aide.
- Mais… Comme… L'arrivée de Kazu a attiré l'attention de tout le monde… Je n'ai trouvé personne.
Les deux hommes remarquèrent que plus Kaori parlait et plus son visage devenait de plus en plus rouge. Elle étira les manches de son pull bleu ciel pour recouvrir ses mains blanches du tissu. D'un geste brutal, elle rejeta ses longs cheveux en arrière.
- Heureusement que j'avais passé mon brevet de secouriste et que j'ai pu te faire du bouche-à-bouche, sinon on ne sait jamais ce qui aurait pu arriver.
Cette fois, ce fut Hisoka qui eut le rouge aux joues. Comment Tsuzuki avait-il pu laisser cette femme lui faire du bouche-à-bouche alors qu'il ne courait aucun danger mortel puisque cela faisait plus de deux ans qu'il ne faisait plus parti du monde des vivants. À nouveau, l'unique présence féminine prit la parole :
- Bon, c'est pas que je m'ennuie avec vous… Mais je sais pas si vous êtes au courant : le pique-nique a été avancé à ce midi et il faut que… Que je me prépare. Au fait, Monsieur Tsuzuki : je viens de voir Bacchi et il veut que vous alliez illico presto en cuisine pour l'aider à propos du repas.
- Heu… Oui, mais je pensais que tu n'avais vu personne.
- Oui… Enfin personne à part Bacchi, mais quand je lui ai dit qu'il s'agissait de vous, il m'a dit quelque chose comme « j'ai pas de temps à perdre avec les… Figli di patata… ». Enfin moi et les langues étrangères ça fait quatre.
- D'accord, le temps de dire quelque chose à mon cousin et j'arrive !
- Les cuisines sont sur mon chemin, je peux vous attendre, comme ça on ira ensemble.
La jeune femme s'éloigna de quelques mètres de manière à ne pas entendre ce que disaient les deux compères. Par mesure de précaution, ceux-ci parlaient à voix basse empêchant ainsi toute écoute de leur conversation. Tsuzuki agrippa maternellement les épaules de son ami, le secouant légèrement pour s'assurer qu'il avait bel et bien repris connaissance :
- Ca va ? Tu veux te reposer un peu ? Si tu veux, je peux demander au patron, je crois qu'il m'aime bien.
- C'est bon, je vais bien. Arrête de t'inquiéter pour moi !
- Je veux dire, il y a l'enquête au grenier que tu as faite tout seul et puis… Cette chose bizarre !
La moutarde remonta au nez d'Hisoka, il avait oublié que son gentil partenaire l'avait laissé tomber pour boire avec leur patron.
- D'ailleurs à ce propos, je te signale que c'est de ta faute si j'ai dû faire ces recherches sans toi. Alcoolique !
- Parle moins fort, Kaori est juste à côté !
- Cette sainte nitouche ? Arrête, elle ne ferait rien pour déranger l'homme de ses rêves !
- Je ne comprends pas.
- Ca se voit qu'elle en pince pour toi, elle n'arrêtait pas de te regarder et tous les sentiments qu'elle éprouvait t'étaient destinés ! Ouvre les yeux !
- Attend, attend, attend ! Je peux savoir ce qui te prend ?
- Je trouve que tu ne t'investies pas du tout dans cette enquête, tu n'as fait que nous attirer des ennuis jusqu'à présent !
- Eh, je te rappelle que c'est grâce à moi que le patron nous a à la bonne !
- En buvant comme un trou. Bravo, belle mentalité !
En guise de réponse, Tsuzuki ferma les yeux en se massant les tempes histoire de se détendre suite aux provocations de son partenaire. Celui-ci, ne décolérant pas, croisait les bras sur sa poitrine et tapait nerveusement du pied attendant une justification de la part de son ami. Même s'il n'en avait que faire. Ouvrant les yeux calmement, l'aîné répliqua d'une voix posée :
- Bon, on va accuser le fait que tu as eu une mauvaise passe, que tu es fatigué et que tu t'en prends à la première personne que tu trouves. Je vais quand même demander à Monsieur Burns de te laisser te reposer.
Le shinigami rejoignit la jeune brune qui l'attendait patiemment. Le sourire aux lèvres, elle adressa un petit regard compatissant au plus jeune puis reporta son attention sur Tsuzuki en lui souriant timidement. Tous deux marchèrent quelques mètres sans se dire un mot, se regardant de temps en temps lorsque l'autre avait les yeux tournés. Kaori, l'air mal assuré, se décida à rompre le silence ambiant.
- Vous… Vous vous êtes fâchés avec votre cousin ?
- Avec Hisoka ? Non, c'est juste que quand il a décidé d'être infect, il y met tout son cœur. Quel sale gosse !
- Vous savez… Je suis sûre que tout rentrera très vite dans l'ordre.
- Oh moi aussi, il faut juste que cette tête de mule arrête de bouder et tout ira bien.
En voyant la petite mine boudeuse de l'homme à ses côtés, Kaori émit un petit rire à la fois pudique et sincère. Cette entente fit hausser un sourcil de Tsuzuki interloqué :
- Excusez-moi, c'est… Juste que je suis un peu surprise… Je ne m'imaginais pas que vous seriez du genre à dire du mal de quelqu'un…
- Ah, désolé.
- Non, non… Ne vous excusez pas… Au contraire, vous me rassurez… Je pensais pendant un moment que vous n'aviez aucun défaut… Mon dieu que j'ai eu peur, si vous aviez été parfait… Je n'aurais pas su où me mettre…
Le shinigami porta sa main à sa nuque en la frottant nerveusement. Il afficha un sourire béas : il y avait longtemps qu'on ne lui avait fait de compliment de ce genre puisqu'à l'Enma Cho, il avait l'habitude des « idiot » ou « imbécile » d'Hisoka, les « estomac ambulant » de Konoe et Watari et les nombreuses insultes abracadabrantes de Tatsumi lorsque celui-ci recevait la note après ses missions. Le fait que quelqu'un lui dise qu'il était parfait lui redonnait des ailes.
- Merci… Enfin, vous savez, vous êtes très gentille et très…
Malheureusement Tsuzuki ne put terminer sa phrase que son interlocutrice ressemblait déjà à une tomate bien mûre. Il soupira en se disant que ce n'était pas gagné de lui dire quelque chose de gentil, puis il repensa à la manière dont la future belle-mère avait parlé à la demoiselle et à nouveau il soupira : personne dans ce manoir ne semblait à peu près normal. Entre le grand père et le fils aîné qui buvait comme des trous, la mère snob qui regarde de haut tous ceux qui ne chassent pas avec l'empereur, la fiancée du fils aîné qui était on ne peut plus timide et la future femme du second alcoolique et nymphomane. Compte tenu du fait qu'il y avait également les autres domestiques trop bizarres pour être honnête.
« Vivement que cette mission se termine ! » pensa-t-il.
Tsuzuki était un idiot.
Cette phrase, Hisoka la répétait sans cesse depuis que son imbécile de collègue l'avait laissé tomber pour aller avec une sainte-nitouche qui en pinçait pour le beau brun. Mais comme celui-ci était un idiot, il ne se rendait pas compte que la belle était éprise pour lui. S'arrachant presque les cheveux, le garçon ne vit pas qu'une petite tête candide l'observait attentivement, penchant la tête sur le côté avec un petit sourire enfantin sur son visage. La jeune fille ne prévint sa présence qu'au bout de quelques dizaines de secondes en faisant semblant d'éternuer. Hisoka ouvrit au maximum ses yeux de manière à ceux que ceux-ci ressemblèrent à des billes de billard. Evidemment, son air ébahi provoqua l'hilarité de la jeune servante.
- Ne le prend pas mal, mais t'es vraiment à mourir de rire.
Hannah se mit à reproduire de manière grossière et exagérée les faits et gestes du jeune homme avant qu'il ne s'aperçoive qu'il était épié. Chaque mouvement qu'elle effectuait la plongeait dans un fou rire interminable, de ce fait elle pressait son ventre hystériquement espérant calmer sa crampe abdominale. Pendant que la jeune Anglaise riait aux éclats, ce fut au tour de l'empathe de l'observer perplexe.
- T'es cinglée !
- Je mettrais plutôt ça sur le coup de la fatigue : la venue de Kazu, toi qui disparais, le pique-nique avancé… Je n'arrête pas de courir. Pourquoi t'as quitté tes fonctions ?
- Bah excuse-moi, mais je voyais pas l'intérêt de changer des draps impeccables !
- Pff franchement, tu travaillais où avant ? Il n'y a pas que les draps de la chambre à changer. Dans des appartements, il y a plusieurs pièces tu as oublié ?
- Non, c'est juste que j'avais la tête ailleurs…
- Ah oui, tu pensais à ton cousin !
Hannah s'avança dangereusement et avec espièglerie vers Hisoka. Lorsqu'elle fut à bonne distance, la jeune fille rapprocha lentement son visage de celui de l'empathe de manière à ce que sa bouche soient à quelques centimètres de son oreille du shinigami qui tentait tant bien que mal de rester calme. Elle pivota doucement sa tête puis posa brusquement ses lèvres sur la joue d'Hisoka, puis passa le bout de sa langue sur la peau du jeune homme. Celui-ci eut pour réflexe de la repousser le plus loin possible. Reprenant leurs esprits suite aux chocs –émotionnels et physique-, les deux jeunes gens eurent des réactions différentes : l'un était complètement béas et l'autre semblait s'amuser.
- Je peux savoir ce qui t'as pris ?
- Oh relax, tu sais, je suis comme toi !
- Comme moi ?
- Bah oui : les personnes du sexe opposé ne m'intéressent pas : je voulais juste voir ta réaction. Oh et arrête de me regarder comme ça, je sais que tu as couché avec ton cousin. ! Bon, t'as de bons goûts, mais vous avez quand même un lien de parenté.
- Attend, attend, attend ! Comment ça, j'ai couché avec mon cousin ?
- Ah parce qu'en plus tu ne t'en souviens pas ? Enfin toujours est-il que mon père vous a vu ce matin dans le même lit, à moitié dénudés et bah, je devine bien que deux jeunes personnes dans un lit une place alors qu'il y a d'autres lits ne font pas du tricot. Surtout que je vois bien la façon dont vous vous regardez au quotidien.
- Ah d'accord, je vois. Ecoute, il n'y a rien entre Tsuzuki et moi. Au fait, tu m'as dit que tu n'aimais les personnes du sexe opposé, comment ça ?
- Réfléchis ! Si j'aime pas les hommes, j'aime quoi ? Les chameaux ?
- Donc tu es lesbienne.
- Qualifie-moi de ce que tu veux, je m'en fiche. Bon c'est pas le tout, mais il est 11h et le temps de trouver un endroit pour prendre ce fichu pique-nique, il faut qu'on parte maintenant.
Avant qu'Hisoka ait pu dire quoi que ce soit, l'Anglaise avait chopé son poignet, l'entraînant vers le hall d'entrée où, après l'avoir lâché, il se dirigèrent tous les deux vers la sortie. Ils retrouvèrent les habitants du manoir embarquant chacun dans une voiture et Tsuzuki qui tentait sous l'œil critique du chef cuisinier, de charger la camionnette à provisions.
- On y va en voiture ?
- Non, en lama. Bien sûr qu'on y va en voiture ! T'as vu le nombre d'hectares ?
- Je demandais, c'est tout.
À la grande surprise de l'empathe, Hannah avait raison : il avait mis plus d'un quart d'heure en voiture pour aller jusqu'à une route sans issue, vingt minutes de trajet pédestre pour aller jusqu'à une prairie située entre deux petite collines. La grande étendue d'herbe se trouvait donc en contrebas de d'immenses conifères semblant dominer du haut de leur piédestal, l'air menaçant avec leurs branches comme acérées. Au loin, un nuage noir signe d'orage arrivait petit à petit vers le petit groupe qui déballait leurs affaires. Ce fut une jeune rousse qui remarqua en premier le temps qui se détériorait.
- Oh merde, tout ça pour rien !
Cependant l'optimiste fut conservé par le biais du doyen qui s'installait toujours le sourire aux lèvres, tendant une bouteille de champagne à son majordome pour qu'il la débouche. Sa jovialité fit oublier le problème météorologique qui pouvait nuire au repas. Tous les habitants du manoir suivirent le plus vieux et ceux-ci furent accompagnés par Robert, sa fille et les deux shinigamis qui s'assirent plus loin histoire de ne pas troubler la tranquillité de leurs hôtes. Seul Bacchi restait debout aux côtés du chef de famille pour s'assurer qu'il aimait les plats préparés par le cuisinier. Gigotant de droite à gauche à cause de son impatience, il changeait d'expression en fonction du vieil homme. Lorsque celui-ci fronçait légèrement les sourcils, le chef cuisinier suait à grosses gouttes, mais au contraire, quand les commissures des lèvres de Fumihiro pointaient vers le ciel, le sourire de Bacchi ressemblait presque à ceux des personnages de dessins animés Américains. Cependant, la personne responsable de ces brutaux changements d'humeur ne prêtait attention à ce qu'elle mangeait, mais à son met favori ou plutôt son occupation préférée : l'alcool.
- Je lève mon verre à Kazu, qui est une Burns à part entière dans mon cœur.
Tout le monde leva son verre, non sans véritable motivation à part la jeune fille à l'honneur. Tsuzuki, qui n'avait pas été servi en champagne, se tourna vers son partenaire pour lui adresser quelques mots comme exprimer sa déception de ne pas avoir eut sa coupe de champagne, mais il avait oublié qu'Hisoka lui faisait encore la tête. Il eut beau tout faire pour être remarqué par l'empathe, celui-ci ne lui adressait aucun regard.
- Oh, tu boudes encore ?
Bien entendu, il n'eut aucune réponse. Le jeune homme étant trop entêté pour pouvoir céder si facilement. Hisoka se contenta de détourner la tête à l'opposé de là où était assis son ami.
- Franchement, tu ne vas tout de même pas me faire la tête comme ça pour si peu ?
Il n'eut pas le moindre hochement de tête, le moindre son, le moindre mouvement de cils, le jeune shinigami ne voulait ni le voir ni lui parler. Il se tourna vers les autres qui étaient toujours occupés à trinquer en l'honneur de la rousse. Celle-ci se leva et embrassa sur les deux joues, le chef de famille.
- Et j'espère que tu apprendras à ton beau-frère comment tenir à l'alcool !
- Promis !
- Parce que franchement, qui serait assez tarte pour tomber ivre mort après un verre de saké ?
Une idée fumeuse envahit le cerveau de Tsuzuki, il venait de trouver comment enterrer la hache de guerre.
- Arrête de bouder ou je dis que tu as frôlé le coma éthylique au bout d'une gorgée de saké !
- D'abord je n'ai pas « frôlé le coma éthylique » mais eu un petit malaise, ce qui est totalement différent.
- N'empêche que maintenant, tu me parles.
À défaut de ne pouvoir faire la paix avec des paroles, les menaces ont toujours le dernier mot.
Soudain, la rouquine qui était restée debout s'approcha des deux shinigamis un sourire étendu jusqu'aux oreilles :
- Dites donc vous deux, ça vous dit un cache-cache avec Kaori, Hannah et moi ?
Les deux autres demoiselles se levèrent à leur tour, ce qui provoqua la colère de la dernière présence féminine et la déception du fiancé de la jeune femme.
- Kazu, on vient à peine d'arriver, on vient juste de trinquer pour toi et toi, tu ne penses qu'à t'amuser à droite à gauche. D'autant plus que tu n'as rien mangé alors qu'on a de la nourriture à revendre !
- Et moi mon ange, j'ai pas le droit de jouer ?
- Ecoute Ginji, on en a déjà reparlé : tu es nul au cache-cache ! On va y passer trois heures ! Et Kyky-d'amour : on va manger, mais pour l'instant on n'a pas faim, alors on va se dégourdir les jambes et puis après on va tout engloutir. Ok ?
Cependant, avant que Kyoko ait pu dire un mot, la jeune fille avait déjà mis les voiles vers la forêt suivie de Kaori et d'Hannah. Les deux shinigamis n'eurent pas d'autres choix que de les suivre. Ils entendirent la rousse crier avant de s'enfoncer dans les bois :
- Kaori c'est toi qui compte !
- Mais ! Pourquoi moi ?
- Parce que je l'ai décidé.
Kaori ralenti et marcha penaude jusqu'à un arbre à l'orée du bois. Traînant du pied, elle s'assit marmonnant des « c'est pas juste » ou des « c'est toujours moi qui m'y colle » et des « même à l'internat, c'est moi qui avais le sale rôle ». Elle vit les deux hommes passer devant elle, l'observant avec compassion pour l'un et mépris pour l'autre. Elle baissa néanmoins la tête et dit d'une voix faisant sentir toute sa déception :
- Je compte jusqu'à cent cinquante. Le domaine est grand, il n'y a pas de limite.
La jeune femme mit ses mains devant ses yeux à la manière d'une jeune enfant et commença à compter à haute voix. Tsuzuki et Hisoka marchèrent tranquillement dans la forêt, puisqu'ils n'avaient aucunement l'intention de jouer à ce jeu puéril. Ils s'étaient laissé entraîner dans ce divertissement pour échapper aux autres convives et pour ne pas vexer la sulfureuse rousse qui les avait invités au jeu. Ils attendirent d'être à bonne distance pour pouvoir discuter.
- Au moins, on est débarrassé de la sainte nitouche.
- Oh Hisoka, tu vas quand même pas recommencer !
- Moi ? Je ne faisais qu'une simple constatation, je ne recommence rien du tout.
- T'es vraiment impossible à vivre.
- Au cas où tu l'aurais oublié, on est en mission dans laquelle les habitants d'un manoir peuvent être mêlés au meurtre d'Akira Matsuda voire de tous les meurtres de l'affaire. Tous ces gens avec qui nous vivons actuellement sont suspects, même Kaori, alors ne t'attache pas trop.
- Je ne m'attache pas, je la respecte, ce qui totalement différent. Au fait, tu ne m'as pas raconté ce qui s'est passé lorsque tu as touché la poupée.
Tsuzuki fouilla le fond de sa poche pour en sortir le petit être de porcelaine et le montra à son collègue sans pour autant le lui donner. Celui-ci avait failli oublier cet épisode ô pourtant désagréable. Il essaya de se remémorer ce qui s'était déroulé, mais tout était si flou qu'il n'arrivait pas à qualifier ce qu'il avait vu.
- C'était bizarre, au début il y avait une petite fille dans une chambre qui ressemblait à celle que j'ai visitée… Mais tout était flambant neuf. Elle tenait la poupée dans ses bras… Elle devait avoir sept ans… Ou huit, je sais pas. Et puis, un homme est entré… Il avait l'air grand et fort, mais je ne voyais pas son visage, ce n'était qu'une silhouette… Il a pris la petite fille dans ses bras, elle l'a appelé « Papa » et lui « Margaret », je crois qu'ils ont parlé de la poupée, je sais plus…
- « Margaret »… C'est un prénom Anglais ça, non ?
- Sûrement. Ensuite, le noir total… Je ne voyais plus rien, j'entendais juste des voix.
- Tu te souviens de ce qu'elles disaient, ces voix ?
- Il y a eu une fille, peut être la même que celle du début qui disait quelque chose comme : « Papa pourquoi je n'ai jamais le droit de sortir de mes appartements ? », une autre un peu plus mature qui disait : « Papa ? Je n'arrive plus à passer par les portes, je suis trop grande maintenant », une troisième qui criait comme si elle était affolée : « Lâche-moi ! Qu'est ce que tu fais ? Arrête ! Tu me fais mal ! », et enfin la dernière était la voix d'un homme. Je mettrais ma main à couper qu'il s'agit qu même homme que le premier qui a dit : « Maintenant le sang des Burns ne sera plus souillé. ».
- « Maintenant le sang des Burns ne sera plus souillé. » ?
Hisoka hocha la tête en signe d'affirmation ce qui fit plonger l'aîné dans ses pensés : qui pouvait être si désireux de la pureté d'un nom au point d'assassiner sa propre progéniture ? Qui pouvait être aussi cruel pour commettre une telle atrocité ? Surtout que si la chambre qu'Hisoka avait vue était en parfait état, cela devait remonter au temps où Burns premier de la dynastie était arrivé au Japon. Tsuzuki ouvrit la bouche pour partager ses idées, mais lui comme son partenaire entendit une branche craquer sous le poids d'une personne. Les deux shinigamis se regardèrent comme pour confirmer ce qu'ils avaient entendu, puis s'approchèrent doucement de l'endroit d'où provenait le bruit. Marchant à pas de loup, ils avancèrent vers des arbres derrière lesquels se trouvait sûrement la source du craquement. Doucement, ils penchèrent leurs têtes sur le côté pour voir ce qui se passait. Cependant, au lieu de trouver un espion, un farfadet ou n'importe quel fouineur, ils virent une jeune femme rousse et une adolescente habillée en servante s'embrasser langoureusement contre un arbre. Les deux jeunes filles ne remarquèrent les présences masculines qu'au bout de quelques secondes lorsqu'elles se séparèrent pour reprendre leur souffle.
- Eh, regarde qui nous mate !
- Ca va Messieurs, vous vous rincez l'œil ?
- Excusez-nous mais comme on a entendu du bruit, on se demandait ce que s'était.
- Pourtant avec Kaori qui doit commencer à chercher, fallait pas s'attendre à un farfadet.
Hisoka était sous le choc : il savait qu'Hannah s'intéressait aux femmes, mais ne pensait pas qu'elle aurait été avec la future femme du petit-fils de son patron (qui était également son patron par la même occasion). Surtout qu'elle avait eu le culot de le critiquer à propos de lui et Tsuzuki alors qu'il n'y avait rien entre eux. Tout cela était complètement absurde.
- D'ailleurs en parlant de Kaori, il vaudrait mieux se cacher si on veut jouer le jeu.
- Avec Kaori ? Non ! Elle a le même sens de l'orientation qu'un chat sans moustache, c'est pour ça que j'ai décidé que c'était elle qui devait compter. Comme ça on est entre couple. On dit quoi ? Merci Kazu !
Si Hisoka tentait de rester calme en se massant les tempes, Tsuzuki ne comprenait rien du tout.
- Entre couple ?
- Oui, je lui ai raconté à propos de vous deux, d'ailleurs tu n'as pas été surprise, hein chérie ?
- Bah non, quand lui est tombé sur toi et que tu m'as complètement ignoré, je me suis dit que tu devais forcément être homo. Mais quand même, entre cousins, c'est pas des choses à faire.
Soudain, ils entendirent à nouveau des craquements de branche et Hisoka sentit une présence étrangère se rapprocher d'eux. Instinctivement, le petit groupe se tapit dans un buisson et attendirent que la personne passa. Néanmoins, l'empathe était perplexe, il ne ressentait aucune émotion, alors que Kaori aurait éprouvé de la peur du fait d'être seule ou du doute, mais là c'était le vide total de sentiment. Pourtant, comme l'avait dit Kazu, cela ne pouvait être que Kaori.
Lorsque la personne semblait loin, les quatre personnes sortirent de leur cachette en s'étirant.
- Pouf, c'est plus de mon âge de me cacher comme ça.
- Allons vous êtes encore jeune.
Bien entendu, Tsuzuki ne pouvait pas expliquer à la jeune Anglaise qu'il avait déjà vécu environs un siècle. Elle serait tombée les quatre fers en l'air ou aurait ri à perdre haleine. Du coup, il se contenta de se taire et de sourire chaleureusement.
- Bon, c'est pas le tout, mais j'ai envie de me dégourdir les jambes. Qui m'aiment me suivent.
Naturellement Hannah suivit sa compagne par amour, puis Tsuzuki fit de même, non pas par amour mais pour bouger un peu. Malheureusement pour lui, Hisoka l'empêcha d'avancer plus en le retenant par le bras. Quelque chose ne tournait pas rond.
- C'était pas Kaori, j'en suis sûr et certain.
- Alors qui c'était ?
Soudain, les deux shinigamis entendirent le cri strident d'une femme non loin de leur emplacement. Sans se poser la moindre question, ils coururent le plus vite possible dans la direction du cri. Ils s'arrêtèrent quelques dizaines de mètres plus loin où ils découvrirent ce à quoi ils n'auraient pu s'imaginer. Au pied d'un arbre se trouvait une forme ronde et ensanglantée recouverte de longs cheveux noir. Ils reconnurent tout de suite la tête de Kaori. Deux secondes plus tard, les deux autres femmes qui étaient avec eux les rejoignirent en hurlant aussi fort qu'elles le pouvaient en voyant l'horrible spectacle au pied du chêne. Doucement Tsuzuki s'approcha du reste de la jeune femme défunte en s'arrêtant un mètre devant l'arbre. Dans l'herbe était inscrit avec du sang :
« Alors prêts pour un cache-cache ? »
À suivre...
Mouhahaha un meurtre ! Non franchement je la détestais pas la sainte-Nitouche, je voulais pas la faire mourir, mais comme elle servait pas à grand chose et que j'ai besoin des autres pour la suite, bah elle y est passé. C'est la vie !
