Voilà, le chapitre 15 avec de nombreux mois de retard (pour ne pas changer).

Alors, que dire sur ce chapitre ? Ça fait plusieurs mois que je suis dessus donc disons que le début date de Janvier/Février et la fin d'il y a quelques heures. Je suis désolée, dans la précipitation, je n'ai pas trop relu, même pas du tout dans son ensemble, mais je devine qu'il va peut-être y avoir une différence de style entre le début écrit au moment où je ne prenais pas trop la tête, où je n'étais pas trop stressée ou débordée et la fin, où là, je suis dépassée par les événements (scolaires, fics, Bac, etc.).

Sinon, je n'ai pas trop de remarques, à part celles que j'ai mises à la fin. Je vais juste préciser que les personnages de Yami No Matsuei (ou les descendants des ténèbres) ne m'appartiennent pas et vous souhaiter une bonne lecture :) !


Chapitre 15 :

Ce soir-là fut marqué par un changement météorologique accompagné d'une altération du comportement de l'empathe. Il avait pris place auprès d'une fenêtre du corridor à contempler le climat lunatique. Le vent avait étendu sa puissance et ainsi sa violence, ce qui fut la cause d'une forte tempête qui semblait s'annoncer dans cette petite région. Le ciel, de sa couleur gris foncé, n'était plus que le futur spectateur d'une danse effrénée entre les sbires de Dame Nature et les ouvrages des hommes. Déjà, plusieurs productions humaines virevoltaient avec grâce selon les désirs de leur partenaire et chef d'orchestre. « Zut, je n'aurais pas dû étendre le linge… » pensa le jeune homme d'un ton insipide.

Il se leva avec cette même monotonie puis se dirigea vers l'extérieur d'un pas presque las. Non parce que sa journée de labeur l'avait exténué, mais puisque la nouvelle annoncée plus tôt dans l'après-midi l'avait accablée. Chaque pas semblait peser le triple du poids de son amertume et pourtant son accablement était plus écrasant que jamais.

Trop préoccupé pour penser une minute qu'il existât quelque chose qui pouvait le soustraire à sa mélancolie, il se surpris à se retrouver frappé par une violente rafale qui lui fit office d'une claque ou d'une gifle aussi bien physique que morale. Ce coup glacé le fit frissonner et il se mit à appréhender son agresseur comme l'ennemi qui le tiraillait depuis plusieurs heures. Déjà un an que le nom de Muraki n'avait pas fait trembler d'effroi le corps de l'adolescent.

Cela faisait sept ans que ce monstre hantait les songes d'Hisoka, sept ans que le jeune homme conservait un sentiment amère de vengeance qui le rongerait toujours. Même si l'infâme médecin mourrait dans d'atroces souffrances sous la main de son ancienne victime, cette dernière resterait insatisfaite ou pire encore, perdrait toute forme d'humanité et se transformerait en coquille vide incapable d'aimer ou de détester « pantin ou automate, lequel est le plus viable ? » songea-t-il.

Il ne recula pas dans son combat contre son assaillant invisible qui se joignit d'un allié redoutable. L'averse l'inonda dès la première seconde, mais il ne broncha pas sous l'effet de cette douche gelée, trop frigorifié pour esquisser le moindre geste ou la moindre grimace. Il arrêta sa course et essuya son front inondé où ses cheveux dorés étaient collés. Ses yeux fixaient le néant, ses sourcils restaient froncés ce qui accentuait son caractère parfois difficile et lui donnait un aspect de trouble. Il avait l'air perdu, retiré de la réalité par un sujet particulier. Son état amena ses doigts convulsés à ses joues trempées et de ses ongles, il retraça, de haut en bas, les traits de son visage. De multiples traits rougeâtres apparurent le long de ses pommettes et de part et d'autre de sa mâchoire crispée.

Comme emportés par le vent, les lignes inégales s'effacèrent de son visage poupon. Sa condition de shinigami eut raison de ses écorchures, mais pas de sa perdition. Il reprit sa route dans une cadence accélérée. Il continua son chemin jusqu'à saisir un, puis deux draps qui gisaient sur la pelouse gorgée d'eau. Ses doigts se contractèrent nerveusement sur le morceau de tissu qu'il porta fébrilement à son visage comme s'il voulait cacher sa figure dépitée dans le linge taché par la verdure. Dans sa cachette, il entendit une voix lointaine qui semblait l'appeler, mais il y répondit en enfouissant davantage sa tête dans le morceau de literie. La voix redoubla en décibels, mais Hisoka restait caché. Enfant, lorsque ses parents l'enfermaient par peur de son pouvoir hors du commun, il prenait un certain plaisir parfois masochiste à se tapir dans l'ombre pour ne pas être vu.

Néanmoins, agenouillé sous un drap opalin sur une pelouse verdoyante, le jeune homme avait peu de chance d'être invisible. Contre son gré, il s'obligea à se redresser lorsqu'il reconnu la voix de son partenaire. Son aîné courait vers lui, l'inquiétude se lisant sur son visage. Tout aussi trempé, Tsuzuki saisit son amant, encore déboussolé et l'enlaça aussi fort qu'il pu. Son visage se détendit, il ferma les yeux et soupira d'aise. Soucieux du renfermement soudain de son coéquipier, il angoissait quant aux actes insensés que pouvais effectuer l'empathe.

- Tu es complètement cinglé ! Ça ne va pas ou quoi ! On ne sort pas par ce temps-là ! Est-ce que tu as la moindre idée de combien je m'inquiétais pour toi ? Ça fait une demie heure que tu es là ! Tu te rends compte ? Une demie heure !

Hisoka resta muet. Il songeait aux paroles du secrétaire de l'Enma Cho et se retrouvait face à un dilemme : il voulait raconter à son compagnon ce qui lui avait été révélé, mais le message était prohibé pour les oreilles fragiles de Tsuzuki. Pourtant, il désirait que son partenaire sache la vérité quitte à ce qu'elle soit douloureuse. Il attendit que l'étreinte étouffante de son agresseur cesse pour libérer ses poumons et inspirer profondément.

- Tsuzuki, il faut que je te dise quelque chose…

Voilà bien des jours qu'Hisoka n'avait pas prononcer intégralement le nom de son amant. Pourtant, ce dernier n'en prêta guère attention il saisit le poignet de son acolyte et l'entraîna vers l'imposante demeure située à plusieurs mètres de leur position. Sans prendre la peine de regarder son amant, il continua son sermon.

- On verra ça quand on sera à l'intérieur. Cette pluie tombe vraiment mal, il fait vraiment froid maintenant et…

Il s'interrompit brusquement. Son visage se contracta de nouveau, l'angoisse le submergea de plus belle. Il s'arrêta, sa main trempée lâcha doucement celle de son vis-à-vis et il se retourna promptement. Cette main qu'il avait séparée de sa camarade vint se poser sur le front de son tourtereau. Ses sourcils se froncèrent plus que jamais à cause du rideau de pluie qui se dressait devant lui et l'aveuglait et puis parce que son anxiété redoubla quand le verdict de son expérience s'accorda avec la raison de son effroi.

- C'est bien ce qui me semblait, tu as un peu de fièvre. Il faut absolument que l'on se dépêche de rentrer !

Sans autre forme de procès, il chargea son coéquipier sur son dos sous une pluie battante de protestations. Toutefois, la fatigue eut raison de cette petite tornade de criaillerie. Le responsable cessa vite tout signe de doléance et posa cette tête qui lui semblait si lourde et ferma ses yeux plus exténués que jamais. Il ne pouvait dormir dans de telles conditions, mais il espérait au moins pouvoir se reposer l'espace d'un instant. Le rythme régulier des pas de son porteur le berçait, son corps suivait en cadence les mouvements qu'effectuait son partenaire : droite, gauche, droite, gauche… Ce tempo était pour lui plus apaisant qu'une berceuse pour enfant.

Morphée finit par l'emporter quelques minutes, le jeune homme ne sentit pas son bienfaiteur gravir avec peine de multiples marches ou jurer tous les dieux parce que sa maladresse cognait sa charge de temps à autre contre les coins de mur. Hisoka était plongé dans un sommeil sans rêve ni cauchemar, une inertie presque idéale pour lui du fait qu'elle le transportait loin des fantômes de son passé ou du présent. Ce ne fut qu'au moment où il quitta son berceau pour finir allongé sur un lit poussiéreux qu'il retrouva ses esprits. Ses paupières pondéreuses le contrèrent dans sa quête pour reprendre connaissance.

Ce combat non périlleux aboutit à une victoire pour le jeune shinigami qui redécouvrait, de façon panoramique, le taudis dans lequel il était contraint de loger. Il voyait l'eau rentrer dans la pièce par le biais des trous béants au niveau de la toiture, les quelques meubles archaïques et encrassés disposés de manière presque anarchique au sein de la chambre, et enfin, son partenaire qui venait de rentrer à vive allure dans le dortoir. L'homme se précipitait, s'affolait et tentait de ne pas renverser le bien précieux qu'il tenait entre ses doigts. Il s'installa sur la couche de fortune, croisant le regard émeraude du jeune alité. Il saisit une cuiller disposée sur le plateau qu'il tenait, attrapa un morceau d'une pâte visqueuse et collante et la plongea dans la bouche de l'empathe.

- Tiens, je t'ai fais de la soupe. Tu as pris froid, ça ne fait aucun doute. Et pour ça, il n'y a rien de tel qu'une bonne soupe ! Tu m'excuseras, elle est un peu bizarre ! J'ai piqué quelques légumes en cuisine pendant que Bacchi avait le dos tourné par contre, elle est un peu trop cuite : j'ai eu un mal de chien à tout décoller de la casserole. Pour le côté gluant, j'avoue que je ne sais pas d'où ça vient… Mais dans l'ensemble, ce n'est pas si mauvais ? Hein ?

Hisoka aurait pu répondre si la nausée ne l'envahissait pas. En effet, il sentait la saveur des légumes, mais il y avait un parfum nauséabond proche de l'odeur de l'excrément ou des ordures. Néanmoins, lorsqu'il parvenait, avec peine certes, à s'habituer à l'ignoble arôme, d'autres bouchées se succédèrent jusqu'à ce que sa bouche soit remplie au raz bord.

- C'est bon Hisoka ?

Le jeune souffrant le regarda d'un air écœuré. Il avait l'attitude d'une personne prête à vomir et c'est ce qui se produisit, ou presque. L'empathe ne pouvait plus se retenir, contre on gré, il fut forcé d'expulser l'abominable texture. Toute cette bouillie méphitique se répandit tout le long du visage ahuri de son protecteur.

- J'en conclus que ce n'était pas bon.

- Oh ça non.

Le jeune shinigami se délecta pendant un infime instant de voir son partenaire recouvert d'une infâme texture pestilentiel. Cependant, son visage s'assombrit, il oublia toute trace d'euphorie et retourna à ses obscures pensées. Il se coucha sur le côté, tournant le dos à son partenaire et recouvra son visage de la couverture crasseuse.

- Hisoka, ça ne va pas ? Ecoute, je devine que tu as détesté ma soupe, mais à ce point, tu ne crois pas que tu exagères ?

En guise de réponse, Hisoka se redressa de son lit et planta son regard dans celui de son amant. Il espéra que cette simple œillade suffise à transmettre le message qu'il désirait communiquer. Mais cela semblait être un combat perdu d'avance.

- Hisoka ?

- Muraki est impliqué dans l'affaire. J'ajouterais même « fortement » impliqué dans l'affaire. Tatsumi me la dit après son speech. Voilà, tu sais tout…

L'empathe pensait à une toute autre réaction. Il envisageait trouver un Tsuzuki aussi dépité qu'il ne l'avait été quelques heures auparavant, mais il n'en fut rien. Tsuzuki acquiesça d'un simple signe de tête. Quelques mèches brunes vinrent se loger devant ses yeux, il les retira de sa main tout en gardant un air presque anodin. Ce fut comme s'il n'avait pas compris le sens de la nouvelle annoncée.

- Tsuzuki ? reprit-il, Muraki est probablement celui qui tire les ficelles de tout ce bazar ! Réveille-toi, enfin !

- C'est bizarre, je l'avais deviné. Quand il est dans le coin ou quand on en parle, tu te renfermes toujours sur toi-même –quoique je trouve que tu as fais des progrès sur ce coté-là, on est à trois heures de mutisme au lieu de deux jours.

- Et c'est tout ce que ça te fait ?

- Que veux-tu que je te dise ? Ça ne me fait pas du tout plaisir, mais tant que je ne le vois pas, je ne suis pas tenté de le frapper.

Ce point de vue frivole amusa Hisoka, mais derrière cette joyeuse bagatelle se cachait une sinistre vérité, celle d'un homme sanguinaire qui, par sadisme, tuait des âmes innocentes. Il était fou de se montrer désinvolte face à ce maléfice chacun en avait conscience, mais aucun ne le faisait remarquer de crainte de heurter l'autre. Tous deux avaient déjà eu affaire avec cette incarnation de la barbarie et tous deux savaient qu'ils ne sortiraient pas indemne de cette bataille.

- On va y arriver, hein ? On l'a battu à plusieurs reprises et il doit être sacrément affaibli depuis Kyoto. Il n'y a pas de raison que cette fois soit une exception.

- Tu as raison Asato, répondit une voix de l'extérieur, c'est pourquoi il faut continuer nos recherches de manière à mettre au point un plan d'attaque sans faille.

Tatsumi rentra franchement dans la pièce. Il ne prit la peine de regarder ceux qu'il venait d'importuner et s'assura que sa veste acajou ne fut pas assaillie de plis avant de prendre place devant ses hôtes solennellement.

- Bien, reprit-il, après avoir malencontreusement écouté votre conversation, j'ai décidé que nous devions tout de suite passer à l'action. Moins nous tarderons et plus il sera facile de surprendre nos adversaires. Ils n'auront pas le temps de contre-attaquer et la balle sera dans notre camp.

Il leva son menton et ses sourcils bruns en signe de questionnement.

- Je vous écoute, y a t-il des commentaires ou quoi que ce soit ?

Un silence pesant envahit la pièce. Plusieurs dizaines de secondes passèrent avant que le plus jeune des protagonistes ne daigne lever le bras.

- Je t'écoute, Kurosaki.

- Nous avons déjà tout fouillé ici et il n'y a rien de suspect à l'intérieur du manoir donc : où devrons-nous enquêter ?

- C'est vrai ça, rétorqua l'autre shinigami, où ?

- Erreur : vous n'avez pas tout fouillé.

Avec maestria, le secrétaire de l'Enma Cho étendit de nouveau un tableau blanc venu de nulle part. La surface blanchâtre n'exhibait plus de courbes grossières aux provenances macabres. Au lieu de cela, les trois employés de la mort virent l'ébauche d'un plan. Une succession de lignes brouillonne disposée sur une feuille immaculée trônait devant les deux élèves attentifs. Aucune droite n'avait sa parallèle, le schéma semblait d'autant plus désordonné, quoique appliqué. Tous les traits étaient tirés soigneusement à la règle. Ce paradoxe surprenait doucement les collègues du piètre dessinateur qui voyait en lui la parfaite droiture sans accroc.

Un quelconque commentaire aurait été fortement déconseillé pour la survie des deux élèves qui restaient assis silencieux, disciplinés, presque tétanisés à l'idée d'avoir pensé du mal du piteux dessin.

Ils suivaient des yeux le doigt de leur secrétaire qui leur montrait diverses significations de son œuvre. Ainsi, un vulgaire polygone devenait une chambre, une cuisine ou un somptueux salon anglais avivé par la présence de ceux qui avaient résidé en ces lieux.

Tsuzuki imaginait le trio qu'il avait côtoyé pendant quelques jours dans cette pièce symbolique. Kaori serait assise auprès d'un piano jouant avec volupté une fameuse valse de Chopin tandis que Kazu serait à fumer à la fenêtre pour ne pas être réprimandée, bougeant la tête de droite à gauche en rythme avec la splendide musique. Elle regarderait du coin de l'œil sa compagne en service, et lui jetterait quelques sourires chaleureux. La pianiste tousserait légèrement à cause d'une bénigne jalousie par rapport cette complicité, mais aurait vite oublié ses viles pensées en voyant ses meilleures amies s'excuser en rougissant.

Les explications de Tatsumi n'étaient plus que vacuité à présent. Tant d'incompréhension vis à vis du Destin et de la Mort le laissait en proie d'une violente indignation. Indignation qui faisait référence à un vilain mensonge qu'il avait dit à son partenaire. Non, il ne savais pas que Muraki était fortement impliqué dans l'affaire, non il ne prenait pas cela comme une simple bagatelle. Néanmoins, il ne voulais pas attiser davantage la haine de son amant.

Il sentait sa gorge se serrer et s'écraser sous le poids de sa frustration, il tentait tant bien que mal de retenir le sang bouillir au niveau de son nez et les larmes de rage qui combattaient une barricade de paupières. Un conflit sans merci faisait rage au sein de Tsuzuki qui, tel le dernier soldat d'un bataillon, se leva aussi fragile que paré à résister. La force avait eu raison de sa défaillance morale, mais, comme toute guerre, les dégâts étaient bels et bien présents. Que reste-t-il sur le front : des cadavres de chairs et d'acier gisant dans la boue, des flammes étincelantes s'élevant jusqu'au crépuscule. Ce qui est vivant n'est plus et ce qui est sans âme vit, tout est dévasté la logique est la première victime de ce chaos.

Il est rare de trouver des spectateurs à ce tableau, peu de fous s'arrêtent pour ne faire qu'analyser cette scène. Ceux qui en ont l'opportunité préfèrent pénétrer au sein de la fresque pour y apporter leurs touches personnelles et ôter toute forme de confusion afin d'assurer un certain retour au calme naturel. Mais il peut également exister des marginaux préférant rester inactifs et regarder les couleurs se mêler, les tons s'unir et les formes s'embrasser même s'il ne s'agit pas d'une croûte, le public est choqué, révolté. Tant de barbarie, de brutalité ou d'ignominie répugne celui dont le regard se pose sur les corps crasseux et ensanglantés.

Pourtant, aucune trace d'indignation n'était tapie dans le regard des deux autres shinigamis. Pour éprouver cette colère, il fallait être en mesure de comprendre les pensées de ce rescapé.

- Tsuzuki, que se passe-t-il ? demanda le plus âgé de ses interlocuteurs.

- Il est temps d'en finir une bonne fois pour toute ! fut la réponse prodiguée par le révolutionnaire.

Ses deux partenaires ne parvenaient pas à saisir la raison de ce changement brutal de comportement. Il se fixèrent un moment, hésitant à prendre une quelconque initiative.

- Tu sais Asato, entamer un combat ou autre chose sans un plan, sans information complémentaire sur les âmes d'Akira Matsuda et des autres, nous n'arriverons à rien de bon, je le crains. Tu as bien vu que cette petite est forte, beaucoup plus forte que nous l'estimons, malheureusement.

- Ce n'est pas après elle que j'en veux. Contacte Muraki que j'en finisse avec lui !

Le mensonge concernant le monstre thérapeute venait de s'évanouir tel un produit après consommation. Tsuzuki fronça durement ses sourcils, comprenant son erreur. Il porta ses doigts tremblant à ses lèvres elles aussi chevrotantes comme si ces dernières étaient les uniques responsables de cette bévue. Ses yeux améthystes envoyèrent un SOS aux pupilles de son supérieur.

- Je suis désolé, je ne peux pas accéder à ta demande, rétorqua celui-ci.

- Et pourquoi ?

- Parce que je sais que tu n'oseras jamais frapper un homme dans l'état dans lequel il se trouve actuellement.

- Je ne comprends pas…

- Depuis l'affaire de Kyoto, il est amputé de ses deux avant-bras et de l'une de ses jambes. Il est brûlé au deux tiers sur quelques surfaces, beaucoup de médecins le croient mort. Je l'ai vu lors de ma dernière visite, le mois dernier, avant votre arrivée. Je savais déjà, par le biais de nos collaborateurs que la famille Muraki était liée à ce domaine, mais c'est tout à fait par hasard que nous nous sommes croisés… N'allez pas croire que j'éprouve de la pitié pour cet homme, non ! Non. Néanmoins, les ordres d'Enma sont formels : soit cet homme meurt de la main de shinigamis en mission, soit il est arrêté par cette même catégorie de personnes. Je ne suis qu'un secrétaire infiltré.

Il inspira une grande bouffée d'air frais puis ferma les yeux avant de reprendre :

- Et puis, si je vous avais annoncé que j'avais tué Muraki, vous auriez reporté votre rancœur et votre haine sur moi. Ne le niez pas.

La vérité sifflait dans les oreilles de ses interlocuteurs. Tous deux sentaient ce vent de véracité s'entremêler avec un tourbillon de colère et de frustration de sorte qu'un frisson remonta au niveau de leurs nuque. tel un serpent rampant vers sa proie. Tsuzuki abaissa cette main qu'il avait gardé contre ses lèvres entrouvertes avant de laisser ses jambes le conduire jusqu'à sa place initiale.

- De plus, ce n'est pas Muraki qui nous intéresse dans cette histoire, mais cette fille, Margaret. On ne peux plus laisser les mortels garder une telle arme, il faut en finir et au plus vite. C'est la raison pour laquelle je veux que toi, Kurosaki, retournes dans ces pièces du fond où tu as eu ta vision.

- Mais il n'y avait rien de…

- J'insiste, coupa Tatsumi, pour que tu fouilles de fond en comble ces pièces.

Et l'empathe se leva, légèrement vexé, sans prendre la peine de regarder son bourreau. L'autorité était une qualité à caractère essentiel de cet homme mêlant romantisme et froideur. Ce dernier laissa le jeune homme quitter la réunion sans un bruit qui pouvait dénoncer la moindre protestation. Malgré son irrésistible envie, il ne foudroya pas son amant qui fit une remarque élogieuse quoique candide et nigaude à propos de cette nature impérieuse pouvant faire de son propriétaire un père de famille idéal. Un tel caractère était nécessaire pour l'éducation des enfants selon Tsuzuki. Ces derniers prenaient un plaisir masochiste à comprendre qui était le chef.

De l'autre côté, Hisoka, trouvait déplacé de la part d'un homme qui reproduisait à la perfection le comportement de jeunes enfants gâtés et turbulents. Il laissa ses jambes le diriger vers l'extérieur et l'éloigner de la source de son agacement. Il restait assourdi quelques temps, n'entendait pas le sol grincer sous ses pas accélérés voire précipités, ne sentait pas la poussière tomber sur le sommet de son crâne, tout ce qui se déroulait autour de lui l'indifférait. Il vagabondait avec nonchalance jusqu'à la pièce convoitée.

L'absence de vie était responsable du fait que rien n'avait bougé. Ce fut peut-être cette inertie qui étourdit le jeune visiteur. Pour la deuxième fois consécutive, il fut pris par des vertiges qui le firent tituber. Il porta une main à son visage et massa doucement ses tempes. Néanmoins rien ne pouvait calmer le mal qui le tenaillait. L'empathe recula de quelques pas, mais il rencontra sur sa route un obstacle à la forme d'une commode en bois. Quelques échardes vinrent se loger sur ses doigts tandis qu'il tentait de se raccrocher au meuble, mais il ne broncha pas. Sa défaillance était telle que tout ce qui se trouvait autour de lui n'était que bagatelle. Rien ne pouvait surpasser cette insupportable ivresse et rien ne pouvait l'interrompre. Il lui semblait qu'un océan de poignards le submergeait et le déchirait de tout son être. Le monde extérieur n'existait plus, le néant l'encerclait comme une meute de loup affamée.

« S'il vous plaît, stop ! Arrêtez ! » implorait le jeune homme. Il priait, suppliait un ennemi invisible de l'épargner, mais aucune réponse ne vint. Il recula de quelques pas de nouveau, mais encore une fois, il se heurta à quelque chose de froid. Le temps de l'impact, un halo semblait se propager à travers la pièce terne. Le temps paraissait tellement ralenti, l'espace d'une seconde, le faisceau de lumière avait eu l'opportunité de se répandre lentement dans un silence pesant sous les yeux du coupable pantois. L'incident achevé, le jeune homme resta ahuri un moment, clignant de ses yeux émeraude, il tentait de reprendre ses esprits. Envolé la migraine, disparue la défaillance, la lumière blanche avait tout englouti.

« Qu'est ce qu'il s'est passé ? », l'empathe n'attendait aucune réponse venant de l'extérieur. L'interrogation était destinée à sa propre personne, seule actrice de cette scène vivante. Néanmoins, il obtint une explication matérialisée sous la forme d'un violent mais bref ébranlement qui submergea le lieu lugubre. Un frisson s'empara du jeune shinigami qui se retourna vers la source de ce trouble. Face à lui trônait un immense miroir occupant la quasi-totalité du mur, la peinture dorée de l'encadrement avait subi les dommages des âges, seules quelques surfaces montrait, penaude, leur parure dorée ternie par la poussière. Toutefois, l'imposant vitrage était restée intacte, aucune trace, aucune fissure, aucune saleté n'avaient déprécié le géant de verre.

Prudent, Hisoka approcha ses doigts tremblant de la vitre immaculée. Face à lui se tenait un reflet inconnu, il avait les mêmes attributs que l'empathe mais en aucun cas, le jeune homme ne se reconnaissait en cette image. Un inconnu lui faisait face : un étranger lui ressemblant trait pour trait et reproduisant à la perfection ses mouvements, mais certainement pas lui.

« Qui es-tu ? »

Une sensation étrange s'empara de lui, le faisant brusquement tressaillir. Le reflet restait de marbre, n'esquissa pas le moindre geste tandis que son propriétaire avait reculé d'un pas et légèrement bougé la tête. Le figure reflétée sourit doucement puis leva sa main droite en signe de salut. Aussi perplexe que décontenancé, Hisoka vit son image disparaître, puis le décor. Au final, l'immense miroir ne semblait plus qu'une simple paroi de glace, vide de couleur, de chaleur ou de vie.

« Félicitation, petit shinigami, tu es plus doué que je ne l'imaginais ! ».

L'empathe ne broncha pas lorsque la voix venue de nulle part l'avait qualifié de « petit ». Trop indécis pour avoir le moindre ressenti, il se contenta de s'approcher davantage de l'imposante glace. Hésitant, il réclama de nouveau l'identité de son vis-à-vis, espérant obtenir une réponse satisfaisante.

« Moi ? Je suis un miroir. » répondit la voix.

Hisoka semblait irrité par le comportement de son opposant.

- Je pense être suffisamment intelligent pour le deviner, rétorqua-t-il, mais encore ?

- Je suis un miroir…

- Oui, tu es un miroir ?

- … Qui parle…

Cette fois, le jeune homme était sûr de son hypothèse : ce miroir se fichait de lui.

- Ça, je l'avais remarqué !

- Et sais-tu pourquoi je parle ?

- Là, tu m'intéresse !

Un longue silence domina l'ambiance devenue un brin détendue.

« Parce que je ne suis pas un miroir. »

Une remarque plus insane n'aurait pu être imaginable face à cette réplique dénuée de sens. L'empathe sentait le sang et la pression monter et tentait avec harde de ne pas laisser sa colère exploser. Mais qu'il était difficile de contenir son animosité, d'autant que son opposant semblait satisfait de son œuvre et riait légèrement de sa malicieuse drôlerie.

- Mais tu viens juste de dire le contraire ! Arrête de te foutre de moi !

- Je n'ai pas toujours été un miroir…

Le jeune homme fut saisi par un sentiment de méfiance.

- Comment ça ? bredouilla-t-il.

- Disons que mon état de miroir est une sorte de réincarnation.

- Je ne comprends toujours pas.

Face à tant de scepticisme et d'incompréhension, le miroir poussa un soupir d'exaspération puis invita son jeune interlocuteur à prendre place sur un vieux fauteuil non loin de là. Hisoka accepta la proposition en présumant que l'explication serait plutôt longue.

- Je t'écoute, dit-il.

- Et bien… Par où commencer… ?

- Pourquoi pas : « par le début » ?

- « Le début », comme tu dis, remonte à plus d'un siècle, donc tu comprendras que ma mémoire ait du mal à se remettre en route.

- Très bien, fait comme tu le sens, répondit l'empathe, agacé et impatient.

- Mon nom est Thomas Lewis, je suis né le…

Ses mots se perdirent dans un long soupir d'irritation.

- Mais ça, ça ne t'intéresses pas, hein ?

- C'est la suite, même la fin qui m'intéresse.

De nouveau, la voix expira bruyamment avant de reprendre son discours :

- J'étais détective, à Londres, je n'étais pas très réputé par rapport à certains de mes collègues, pourtant je tombais souvent sur les enquêtes les plus farfelues à croire que mes patrons voulaient se débarrasser des plus folles investigations et les refiler au « petit Lewis ». Mais un jour, j'ai dû faire des recherches sur un groupe de marginaux se réunissant plusieurs nuits pour des motifs soi-disant religieux. J'ai suivi l'un d'eux et ce que j'ai découvert là-bas dépasse l'entendement. Tu ne veux peut-être pas le savoir, si ?

- Parler à un miroir dépasse déjà l'entendement alors je suis prêt à entendre n'importe quoi.

Il fit une autre pause de quelques secondes, ce silence devenait insupportable pour Hisoka. Néanmoins, son interlocuteur se pressa d'entamer son récit :

« J'avais suivi une femme suspecte dans la rue jusqu'à une vieille épicerie désaffectée et par chance, j'avais pu me faire passer pour l'un des leurs en chipant un costume semblable aux leurs. Au début, tout allait bien, c'était parfait, ou presque ! Ça ressemblait à une pauvre alliance de fous sans histoire : encore une fois le « petit Lewis » réglait une affaire de chats perdus ou de réunion de collectionneurs de masques glauques.

L'un d'eux s'est dirigé vers une vieille étagère et a fait signe à deux grands costauds de la déplacer. Avec peine, les deux gaillard parvinrent à déloger le meuble et à exhiber ce qui s'y cachait derrière. J'essayais de rester calme, mais j'admets ne jamais avoir été d'un courage exemplaire. Je me doutais que cette réunion n'étais pas qu'une simple bagatelle et ce passage secret en était la preuve.

Poussé par un mouvement de foule, je me retrouvai embarqué dans ce sombre couloir et pris par un instinct grégaire dus descendre un escalier de pierre, serré au sein du troupeau. Là, en bas, le bétail se dispersa et je pus reprendre mon souffle. Cependant, ça ne dura pas.

Des cadavres, partout ! La salle était envahie de cadavres ! J'avais envie de vomir. Il y en avait partout et de toutes sortes : d'animaux, d'hommes, de femmes… Et même des enfants ! Mais surtout, surtout -et c'est ce qui m'a particulièrement donné la nausée, dans un coin, tout un tas de corps de nourrissons et de fœtus ! Ils étaient tous entassés comme un vulgaire amas de chair destiné aux fauves d'un parc zoologique. J'étais trop écœuré pour défaillir ou pour même vomir.

Un homme au chapeau haut-de-forme s'éloigna du groupe puis se tourna face à nous, les autres se tournèrent vers lui comme les tournesols se pointant face au soleil. Il aborda un discours incompréhensible qui fascinait toute l'assemblée. Il était question d'un démon, mais j'ai peur de dire des bêtises à ce propos. »

Hisoka, davantage intéressé, se leva de son siège puis s'avança vers son interlocuteur.

- Tu peux m'en dire plus ?

- Je ne suis pas sûr de moi, je n'y connais pas grand chose, je crains ne pas être d'une grande aide.

- Tu l'as déjà été jusqu'à présent, continue, s'il te plaît.

- D'après ce que j'ai compris, cette secte vénérait un démon exclu des autres par son aversion pour la hiérarchie démoniale. Ce démon, par sa haine, aurait emmagasiné assez de pouvoir pour, je cite « contrer Satan, Dieu et cette société corrompue », mais à condition de lui construire une armée humaine suffisamment forte. De ce fait, chaque couple recevait un sceau dans lequel le démon en question apportait de son pouvoir. Cette nuit là, j'ai bien vu trois femmes accoucher sous mes yeux, mais les enfants mourraient pour la majorité d'entre eux à la naissance.

Hisoka aborda une grimace de dégoût, s'imaginant un seul instant le spectacle auquel l'ancien détective avait pu assister.

« Je voulais fuir, partir loin et lorsque mes yeux se voilèrent sous l'effet de tant d'horreurs visionnées, mes jambes désobéirent à mon sens du devoir, je détalai, comme une proie face au chasseur, mes compagnons d'un soir ne prirent même pas la peine de me dévisager. C'est là que je remarquai une silhouette plus petite que les autres, celle d'une enfant au regard si sombre et austère. Tout au long de ma course, elle me toisait : elle avait l'air de savoir qui j'étais, malgré mon masque. Son regard me faisait frissonner et si je n'avais pas eu cette protection de porcelaine, tout le monde aurait vu mon désarroi.

Je courais à travers les rues de Londres, bousculant sans vergogne quelques passants outrés par ma conduite. Je parvins à prévenir mes collègues et quelques jours plus tard, les nombreux suspects avaient affaire aux fers de mes confrères. Mais ce que j'ai appris par le biais de mes collègues, c'est que le gourou que j'avais vu ce soir là, était un colonel, le Colonel Burns. »

Ereinté, Hisoka récupéra sa place sur son fauteuil de fortune. Il poussa un long soupir de lassitude :

- Encore lui ! s'exclama-t-il.

- Nous avons eu confirmation de cela, mais quand nous avons voulu l'arrêter, il était trop tard : Burns et sa famille avait décampé. Les rumeurs disaient qu'il était au Japon qui commençait à se moderniser. Mais personne ne voulait lui courir après, sa confrérie ayant été dissoute, il n'y avait aucune crainte à avoir de lui. C'était une grossière erreur.

Son interlocuteur parut légèrement interloqué.

« Mais, alors… Si Burns est parti alors que tu étais encore vivant, comment… ? »

Hisoka interrompit sa phrase, il était incapable d'en dire plus.

- Un an plus tard, je décidai de m'accorder quelques vacances en Inde, j'avais quelques soucis à me remettre de cette nuit là. À Pondichéry, ville où je résidais, je reçus un courrier de la part d'une jeune admiratrice qui me donnait rendez-vous le soir même. Sûr de moi, je me rendis sur le lieu de rencontre, plus coquet qu'une demoiselle, impatient de rencontrer ma dulcinée. Et soudain, à peine éclairée par le croissant de lune, je la vois, se tenant en haut d'un escalier dans une robe légère, Juliette attendant son Roméo. Je m'approche d'elle, désireux de découvrir son visage, puis je m'arrête lorsque j'entrevois son regard c'était ces mêmes yeux glacials et hostile qui m'avaient fixé cette nuit là. Mon admiratrice était cette enfant maléfique ! Elle semblait plus hargneuse que jamais, prête à se venger. Et puis…

- Et puis ?

- Je suis mort !

- Comme ça, d'un coup ?

- Non ! Non, bien sûr que non, mais je trouve inutile d'expliquer comment ma tête s'est retrouvée détachée de mon corps.

- En effet, c'est inutile.

- Puis, je me suis réveillé tel que je suis maintenant, fixé à un mur, condamné à rester spectateur du théâtre qu'est cette pièce. Par la suite, grâce à mon statut d'observateur, j'ai fini par comprendre que nous, âmes vagabondes, étions transféré dans des objets. Lorsque nous mourrions, notre assassin ne nous laissait pas la chance de pouvoir rejoindre le monde des morts et espérer un repos éternel.

Le jeune homme parut décontenancé par cette nouvelle. Il lança un regard furtif au fauteuil sur lequel il était assis et se releva précipitamment.

- Alors, il est vivant, lui ? cria-t-il en visant le siège.

- Non, ria le miroir, nous ne sommes que deux à avoir subi ce transfert et tu as déjà fait connaissance avec l'autre lors de ta première visite.

Tant de révélations engendrèrent une insoutenable migraine chez le jeune empathe. Son éventuelle fierté d'avoir réuni tant d'information dissimulait un crainte du futur, une angoisse de ce que l'avenir pouvait leur réserver. Cette anxiété se logea en travers de sa gorge, bloquant alors toute envie de s'appliquer dans sa diction. Aussi, sa voix paraissait troublée quand il se décida à répondre :

- C'est la poupée, n'est-ce pas ?

- Tout juste. Mais il est difficile pour nous de communiquer, surtout que nous n'avons pas été en contact avec autrui depuis notre mort. C'est pour cela que nos tentatives se sont déroulées dans la violence, nous en sommes désolés.

Un simple signe de la main effectué par le shinigami suffit à faire comprendre que les deux âmes étaient pardonnées.

- Mais il y a encore deux choses qui me chiffonnent, reprit ce dernier.

- Je t'écoute.

- Premièrement : si tu n'as pas rejoint l'Enma Cho, comment sais-tu que je suis un shinigami

- J'ai senti en toi un pouvoir qui n'était pas humain, mais différent de cette fille. Je sentais que tu n'étais pas comme les autres.

- Je peux très bien être différent sans être shinigami, ce que tu dis n'a aucun sens

- J'ai aussi été prévenu de votre visite il y a quelques temps.

- Ah je vois.

Hisoka s'éloigna du miroir, prêt à quitter la pièce insalubre. Mais il s'arrêta au niveau de l'encadrement de la porte et se positionna de manière à rester face à l'immense miroir : quelque chose manquait à son puzzle.

- Une deuxième et dernière question : si vous n'êtes que deux à avoir été réincarnés en objet, sais-tu ce qu'il est advenu des autres ? demanda-t-il

- Notre renaissance a été figuratif de l'ignorance de notre meurtrière quant au devenir des âmes post mortem. Lorsqu'elle a compris ce qu'elle pouvait en faire, elle a cessé de semer de l'esprit dans l'inconscient.

- Et as-tu idée de l'endroit où peut se trouver les autres ?

- Je ne sais pas ce qu'il se passe en dehors de cette pièce, je ne peux pas t'aider.

Il ne savais donc pas ce qu'étaient devenues toutes ces autres victimes qui attendaient d'être sauvées. Tant de questions demandaient encore à être élucidée, mais, après les quelques pas en arrière, il venait de faire un bond en avant dans l'enquête. Toutefois, malgré sa reconnaissance envers l'ancien détective, il se contenta de le remercier avec une insolente sobriété avant de le quitter sans un signe de gratitude. Non, ses pensées se dirigeaient vers son amant et collègue, parti enquêter dans un lieu inconnu avec leur supérieur.

Et il espérait qu'ils aient autant de chance que lui.

À suivre…

J'ai essayé d'éviter les coupures entre les passages, je trouvais que ça faisait trop… Je ne sais pas vraiment comment dire… Un peu lourd, on perd un peu le fil conducteur de l'histoire. Enfin bon, ça, c'est mon autocritique, après c'est vrai que tout défiler en un seul bloc pourrait, d'un autre côté, déranger d'autres personnes. C'est une question de goût.

C'est un chapitre qui, sans l'avoir fait exprès, est axé sur Hisoka. Normalement, il devait y avoir une autre partie, mais en voyant que ce chapitre traînait et qu'il commençait à être long, j'ai décidé de m'arrêter là et de déplacer l'autre partie vers le prochain chapitre. Avec le pont, je vais faire en sorte de terminer l'autre chapitre la semaine prochaine. Mais non, ce n'est pas impossible, on y croit !

Bon bah, à la semaine prochaine (enfin j'espère !)