Petit message pour vous rappeler que la fic a changé de Rating à cause de ce qui suit. Donc Rating M avec un gros Warning !


Quand l'amour fait mal

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- Pardonne-moi… »

Declan me berce contre lui, au rythme de mes pleurs et de ce slow langoureux qui filtre depuis la maison. Je n'ai jamais vraiment été interpellé par la musique, je ne sais pas pourquoi, mais celle-ci me soulage. J'ignore pourquoi, mais il me semble presque important, qu'elle continue de chanter pour nous, pour ce qui apaise en ce moment même, mes émotions. J'ai du mal à tenir debout, encore à cause des effets de l'alcool, aussi, j'utilise son corps comme cale, de peur de me vautrer par terre, et puis... ça fait tellement de bien de le sentir tout contre moi. Peut-être que d'une certaine façon, j'en abuse. Mais qu'y puis-je ? Est-ce ma faute, si tout à coup le monde semble ne s'arrêter qu'à lui ?
Et si... je faisais comme dans la chanson et si je l'embrassais, et si je livrais à mon seul et unique ami cette exclusivité dont parle cette femme ? Serait-ce un don d'empathie ? Je semble soudainement comprendre pour une grande première fois les sentiments de quelqu'un d'autre, peut-être même les partager.
Mes mains se crispent sur son sweet moulant, cet instant, je le veux, figé. Il sent bon, la musique est douce et les gens qui m'entourent sont de plus en plus loin, c'est étrange qu'on puisse se focaliser sur une seule chose et presque en perdre le plus important ; non pas en nous, mais une fête dans laquelle vaquent plus d'une trentaine de personnes, accompagnée d'une musique ultra hurlante ne devrait, en théorie, pas disparaître rien qu'à cause d'un seul et unique être. Il n'y a plus que ce Declan, que je découvre avec envie, avec étonnement et émerveillement. Quand on voit, on ne discerne pas tout, c'est un fait ! Comment ai-je pu passer à côté de la couleur étonnante de ses yeux, de l'odeur qu'il dégage, de son grain de beauté dans le cou et de cette fossette au creux de son menton ? Je ne l'avais jamais observé de si près.
Il ne reste que lui, pas même moi, je n'ai plus vraiment conscience de mon corps et de ses actes, sous mon regard, il n'y a plus que lui, son sourire incertain, son regard fuyant et toutes ces choses qui font de lui un être à part, une personne distincte.
Depuis quand, je le désire à ce point, autant qu'Amanda, peut-être même plus ? Ce désir de possession qui éclot lentement en moi est aussi énigmatique que cette gêne qu'il semble tout à coup irradier. Qu'importe, à vrai dire, je le serre un peu plus, oubliant cette fâcheuse aventure, oubliant que l'on a failli se perdre l'un l'autre pour des stupidités. Au travers la matière de son vêtement je sens ses muscles se mouvoir, ses mains glissent contre moi dans un frôlement qui m'égard, que fait-il ?

- Tu veux toujours savoir ? »
- Quoi ? »
- Ta question… »
- Ah… oui ! »

Ses mains remontent le long de mon corps, puis attrapent mon visage, il me tire en face de lui. J'ai du mal à garder les yeux ouverts, j'ai l'étrange impression que je vais m'endormir, c'était sûrement ce qu'avait prévu mon corps, bien entendu sans compter sur Declan qui me regardait tout à coup aussi étrangement qu'Hillary ! Quelque chose brûle dans son regard, il est soudainement impatient, il ne me fuit plus, il me dévore. Un sourire glisse sur ses lèvres tandis que ses doigts caressent les miennes. J'ignore pourquoi, mais ce rapprochement m'a raidi, comme si mon corps anticipait quelque chose que mon cerveau n'avait même pas idée.
Je sens quelque chose d'étranger se coller à mes lèvres, je sens son souffle contre ma joue, sa langue contre la mienne, ses mains soudainement qui me caressent le crâne, me faisant tressauter et ses doigts, qui s'emmêlent dans ma chevelure... J'ai le souffle court. Je ne sais pas ce que je dois faire. Je m'emmêle dans l'alcool, je me raidis un peu plus, ce n'est pas normal, c'est Lori qu'il embrassait comme ça ! Que me fait-il ? A moi, son meilleur ami ?! Pourquoi m'empêche-t-il de bouger, pourquoi ses bras m'enchaînent à lui ? S'en est presque douloureux ! Mon cœur s'emballe, je panique, mes mains essayent vainement de le repousser, de mettre un terme à cette chose… Et même si l'idée de l'embrasser m'était passée par l'esprit, la matérialisation de cette pensée est tout à fait angoissante. Quelque chose me crie que je ne suis pas prêt à ça, que je ne veux pas en savoir plus ! Et ses mains qui glissent contre moi, contre mes reins et mes fesses ne font que me certifier une seule chose : je veux qu'il s'arrête !
Je le supplie du regard, peut-être qu'il le voit, car le baiser prend fin et ses bras me libèrent enfin me laissant m'étaler sur le gazon du patio, rouge de honte et d'une certaine excitation. Ce pantalon est à nouveau trop étroit ! Nos lèvres se sont séparées, mais j'ai encore l'impression que sa langue est toujours en train d'éveiller mes sens, j'en tremble d'ailleurs. Et pendant qu'il m'explique ce qu'est réellement un gay, je ne peux que voir le regard outré et dégoûté que Lori pose sur nous, je ne peux que voir Amanda, dans une magnifique robe rouge, qui la main sur les lèvres, nous regarde étonnée.

- Lori… Amanda ? »
- Laisse-la. Kyle… reste avec moi ! »

Sa voix est brisée, je ressens à nouveau la douleur le ronger. Ses mains me serrent, je suffoque, il me fait peur. Son regard soudainement sombre tombe sur moi, sa main qui enserrait mon biceps me force à me relever, à le suivre. Je ne veux pas y aller, je veux parler à Amanda, je veux comprendre pourquoi elle me regarde ainsi et surtout pourquoi il me fait ça. Il ne peut pas me faire ça… Pas Declan !
Mais il me tire, il me traîne, pourtant, je dis non, pourtant, j'essaye de lutter, avec toutes mes forces, enfin presque, je n'ai pas envie de lui faire du mal. Mais déjà, je sors de la propriété d'Hillary pour le suivre dans la rue. Où allons-nous ? Il est étrangement silencieux. Je marche derrière lui, stoppant mes contestations, il ne les écoutera pas et puis étrangement, je n'éprouve plus de peur. Je dois lui faire confiance, non ? Declan est mon ami, non ? Il ne me ferait jamais de mal, c'était évident. Je pourrais toujours en parler à Amanda et Lori toute à l'heure, quand on reviendra à la fête.
Finalement, tout va bien, hein ? Je souris, je suis bête d'avoir pu penser, ne serait-ce qu'une seconde, que Declan puisse me faire du mal. Pourtant l'appréhension m'attrape le cœur lorsqu'il me pousse dans une maison, vide et silencieuse. Légèrement paniqué, je recherche une éventuelle aide, qu'il n'y a pas, car il n'y a personne ici. J'en conclue que pour la toute première fois de ma vie, je me trouve chez Declan et si les choses avaient été différentes, j'en aurais été heureux, oui. J'ai toujours voulu savoir à quoi ressemblait sa vie, sa chambre, quels posters y trouverai-je, collectionnait-il, comme Josh, les magasines de femmes nues ? Je ne savais pas que mon souhait aurait été exaucé de cette façon.
Quelque chose d'incontrôlable me vrille les tripes et les toutes premières larmes rétives me glissent sur les joues, alors que vivement, il grimpe les escaliers en ma compagnie. Son visage sombre ne me laisse présager rien de bon et lorsqu'il me pousse dans une chambre, qu'il referme la porte derrière nous, je me sens comme pris au piège. Il soupire un court moment, immobile, m'épiant dans un sourire qui me noue la gorge.

- Declan… »
- Laisse-toi faire… Kyle... »
- Que vas-tu me faire ? On... devrait retourner vers Lori et Amanda... »
- Nom de dieu Kyle ! T'as pas vu à quel point tu me tues quand tu parles d'elle, quand tu la touches, quand tu la regardes avec tes yeux de merlan frit ?! Je ne supporte plus de voir cette conne te coller, je ne supporte plus l'effet que tu me fais ! »

Sa voix est sèche, mais terriblement brisée, un sanglot s'échappe de ses cordes vocales, je commence peut-être enfin à comprendre ce que c'est, ce qui se passe. Et moi, je devais comprendre tout ça ?! Comme ça, sans explication ?! Alors… Declan serait… Gay ? Ça n'a aucun sens. Il aimait Lori ! Je ne comprends pas les humains, je ne comprends pas leurs choix, leurs actes ! Existe-t-il un manuel qui me permettrait de pénétrer leur monde secret ?
Oh, et puis, pourquoi choisir, pourquoi ne peut-on pas aimer qui l'on veut, sans chercher à savoir, sans réfléchir. Aimer d'une façon exclusive un certain type de personne me laissait pantois, en fait… Mais si il m'aimait, pourquoi ne pas me l'avoir dit, pourquoi ne pas m'en avoir parlé, je l'aime aussi, je crois... J'ai du mal à prendre en compte les différents degrés de l'amour. J'aime tout le monde et il semblerait que se soit impossible, suivant leurs observations...
Il se sépare de sa porte puis marche lentement vers moi, comme pour ne pas m'apeurer, c'est bien ce qui m'effraie le plus, va-t-il lui aussi faire comme Hillary et essayer de déclencher je ne sais quelle réaction à mon corps ? Ses mains glissent sur moi, je tremble, non pas à cause de ce qu'il me fait ressentir, mais parce que je ne veux pas ça, je ne veux pas qu'il me fasse ça, quoi que se soit. Ses mains attrapent ma nuque, il m'embrasse à nouveau. J'essaye de ne pas le repousser, d'être... gentil ? Tout du moins d'essayer, essayer de comprendre le besoin qu'ont les humains à s'embrasser avec la bouche. Même si c'est étonnant, même dérangeant, au final, il y a quelque chose de doux qui se dégage de lui, peut-être que je devrais le laisser faire ce qu'il veut de moi, peut-être que j'aimerais ça ? Je le laisse me mener jusque vers le lit dans lequel il m'allonge. Je suis à nouveau confient, ou peut-être pas...
Ce regard... ce n'est pas Declan. Cette personne n'est pas mon Declan...

- Je peux plus attendre, Kyle, il faut… il le faut ! »

Que fait-il ? Mes yeux sont prostrés au plafond, ne voulant pas regarder cette facette de lui. Je regarde les ombres osciller comme des démons. Il arrache presque mon t-shirt d'une façon brutale et après inspection de cette chose qui devrait être là et ne l'est pas, s'appelant nombril, j'apprends la chaleur, cette chaleur qui irradie mon corps me faisant pousser de drôles de bruits. Lorsque je croise ses yeux, j'ai l'impression qu'il est au bord des larmes. Que lui arrive-t-il ? Ce qu'il me fait, me déclenche à moi aussi des larmes, mais elles ont un goût de peur, oui, c'est ce qu'ils appellent la peur, maintenant, j'en suis persuadé. C'est comme l'avait dit Lori, le cœur qui bat vite, les sueurs froides, les picotements dans le cou, les tremblements, tout est là ! Il me déshabille, si l'on peut dire vu la violence de ses gestes, se déshabille ensuite, au moment où je ferme les yeux, je ne veux pas voir le reste, car si je n'ai aucun mot à mettre sur ça, Josh m'a déjà montré ce que les acteurs faisaient dans les films pour adultes et ça m'avait provoqué qu'une seule chose : le dégoût.
Il a encore cette odeur d'alcool et de… quel est ce parfum qu'il irradie depuis quelques minutes ? Son corps glisse entre mes jambes, sa respiration est tantôt lente, tantôt rapide, saccadée, courte, je sens cette chose croître entre ses cuisses, ses lèvres glissent contre mon cou, contre mon torse, et tout à coup, il glisse ses mains sous mon dos et une douleur me déchire, je pousse un cri. Mais personne ne m'entendra, puisqu'ici nous sommes seuls. Est-ce tout ce dont il veut de moi ? Est-ce pour ça qu'il ne voulait pas d'Amanda autour de moi ? Je regarde impuissant, cet ami, souiller mon corps de sang et de douleur, je pleure, je le supplie, mais il ne m'entend déjà plus, en fait il n'est plus là, peut-être que lui non plus ne voulait pas voir ce qu'il était en train de me faire subir.
Il murmure mon nom, puis le cri, de plus en plus fort, tandis qu'il accélère, alors qu'il me fait de plus en plus mal et étrangement de plus en plus… de bien ? Mon corps chauffe sous ses doigts, sous ses baisers, sous sa voix rauque qui m'appelle, sauvagement, sous sa chaire qui va et vient en moi. Il y a quelque chose d'étrange, quelque chose que je ne contrôle pas, mon corps se tend, mon cœur bat si fort que j'ai l'impression que mes veines vont s'en déchirer. Et puis, tout à coup, il se contracte en hurlant mon nom. Lorsqu'il baisse son visage en ma direction, je sens ses mains se crisper sur les draps. J'entends sa douleur, j'entends ses pleures, c'est la première fois que je le vois pleurer, de cette façon. « Tu me fais mal »… c'est ce qu'il m'a dit la dernière fois. Est-ce une vengeance ? Douleur pour douleur, pleurs pour pleurs ? Ou est-ce autre chose, quelque chose de vain tenté dans un désespoir meurtrissant. Quelque chose s'est répandu en moi, j'ignore réellement ce que c'est, mais ça le fait sourire, même si ce n'est qu'un sourire vide. Quant à moi, je n'ose pas regarder mon ventre, la dernière fois qu'il m'est arrivé une chose comme ceci tout le monde s'est fichu de moi, quelque chose en était bien sorti, mais de là à penser que cela fût normal et que ce n'était pas une de mes bizarreries...

- Je suis désolé… »

Ce n'est qu'un murmure. Declan s'écroule sur moi, j'ignore pourquoi, mais j'ai honte de ce qu'il vient de me faire. Peut-être… peut-être que c'est de ma faute. Et tandis qu'il dort contre moi, me tournant le dos, je ne peux m'empêcher de cogiter encore et encore... Est-ce de ma faute ?!