Ndla: Voilà le tournant de cette histoire. J'espère que ça va vous plaire! J'ai volontairement fait une fin de chapitre plus légère, pour compenser le début!
Bella fut vraiment surprise. Elle ne connaissait Alice que depuis très peu de temps, mais cette dernière lui avait apparu sure d'elle, forte et même assez dangereuse. La voir ainsi pleurer était très déstabilisant.
Bella n'aimait pas Alice, ou plutôt elle ressentait envers elle un mélange de crainte et de jalousie. Mais elle posa quand même sa main sur l'épaule de la jeune fille, qui se tourna vers elle brusquement et l'enlaça. Elle pleura dans les bras de Bella, sans un mot d'explications, jusqu'à ce qu'elles s'endorment.
Le lendemain matin elles furent réveillés par des coups à la porte.
La voix de Rosalie s'éleva:
« Debout les filles! On a du travail! »
Elles se levèrent et se préparèrent sans se regarder.
Alice fit comme si ses larmes de la veille n'avaient jamais existé.
Elles descendirent et Esmée leur donna à chacune des taches bien précises.
Bella remarqua que les autres étaient assez nerveux, ou plutôt tendus, concentrés. Seul Edward lui sourit à s'asseyant à table.
Jasper était surpris, lui aussi, par l'attitude des autres.
Sa sœur se colla plusieurs fois contre Emmett pendant le repas.
Elle s'approcha de Jasper à la fin du repas et lui déposa un baiser sur la joue.
Carlisle affichait un air imperturbable mais Jasper le vit parler un moment à voix basse à sa fille.
Alice était visiblement vexée. Quand elle releva la tête elle croisa le regard de Jasper et elle fronça les sourcils puis lui tira la langue.
Jasper lui adressa un petit sourire en coin et la jeune fille piqua un fard avant de plonger dans la bassine ou elle entassait les assiettes.
Edward avait surpris l'échange muet entre les deux jeunes gens et afficha un petit sourire amusé et ravi qui n'échappa pas à Jasper.
Ce dernier soupira et avala son café. Quelque chose se préparait, mais il ne savait pas quoi.
Jacob Back était là.
Il avait du arriver très tôt, puisqu'il n'avait pas dormit là.
D'ailleurs, Jasper, dans la nuit, avait fini par laisser son lit étroit au chien et était allé dormir à côté d'Edward. Au petit matin, ce dernier avait longuement grogné sur Jasper pour s'être réveillé avec lui dans son lit mais surtout avec Rantanplan entre eux…(ndla: qui vire le chien pour prendre sa place?!)
Jasper, cependant, finissait par bien aimer cet animal. Il lui vouait un tel culte qu'il aurait été difficile de faire autrement, et puis pour peu qu'on s'habitue à l'avoir constamment dans les pattes, il n'était pas si embêtant que cela.
Une fois le petit déjeuner achevé, Jasper comprit qu'Esmée entrainait volontairement Bella derrière la maison.
Rosalie les suivit et Alice fit de même après une autre longue explication à voie basse avec son père.
Il alla avec les autres dans l'écurie.
Chaque homme sella un cheval.
« Toi aussi Jasper, tu viens avec nous »
Lui dit Carlisle sur un ton neutre qui contrastait avec son air désormais anxieux.
« Ou on va? »
Personne ne lui répondit mais Jasper sella sa monture en silence, trop heureux d'avoir un peu d'action.
Ils se mirent en marche, passant par des entiers que Jasper essaya de mémoriser, mais très vite il fut perdu au sein de l'immense forêt.
Finalement, surpris, il reconnut la vallée de Crescent Hill ( ndla: j'ai inventé ce lieu), qu'ils longèrent en silence un moment.
Ce n'est que quand ils s'arrêtèrent au passage le plus étroit que Jasper comprit enfin: le gang Cullen allait attaquer une diligence.
Il sentit son ventre se nouer. Jasper avait souvent entendu des récits d'attaque de diligence, mais il n'en avait jamais été le témoin…
Edward le regarda et lui offrit un sourire en coin.
« On dirait que le shérif a comprit! »
Dit-il aux autres.
Jacob , qui avait mit pied à terre, lui lança une poignée de terre:
« Témoin aux premières loges shérif! »
Mais Carlisle ramena le calme et expliqua à Jasper:
« Je voulais que tu viennes pour deux raisons: il est hors de question de te laisser seul avec les femmes, je n'ai pas confiance en Bella et pas vraiment non plus en ta sœur. Même Alice serait je pense capable de te laisser partir… »
Edward ricana:
« C'est qu'avec ta gueule d'ange tu as du succès! »
Jasper, piqué au vif, rétorqua:
« C'est toi qui dit ça?! »
Les autres éclatèrent de rire et Emmett fit mine de s'offusquer:
« Hé mais on va pas vous laisser dormir ensemble, si vous craquez sur le mignon physique l'un de l'autre… »
Même Jasper ne put s'empêcher de rire, bien que son rire fut surtout nerveux.
Carlisle reprit:
« Et puis je veux que tu vois de tes propres yeux ce dont il s'agit vraiment. On attaque la Clint Fargo, et je me demande si ce n'est pas que justice! »
Jasper ne dit rien. La Clint Fargo était un de plus gros employeurs du pays et ses méthodes très dures envers ses employés étaient célèbres.
Jasper regarda les 4 autres déplacer au milieu de chemin des grosses branches, destinées à arrêter la diligence.
Emmett, Edward et Jasper se mirent en planque derrière un rocher, et Carlisle et Jacob se postèrent en face, dissimulés eux aussi.
Emmett posa sa main sur la bouche de Jasper, dans un geste de prudence.
Jasper était mécontent d'un côté, il tenait à la loi véritablement, mais d'un autre tout ceci était véritablement excitant.
Il entendit la diligence arriver et quand cette dernière s'immobilisa Edward le lacha et bondit avec son frère, en même temps que Carlisle et Black.
Jasper reconnut tout de suite une diligence de transport de fond (ndla: ça existait vraiment!). Il y avait deux hommes sur le siège conducteur, que les 4 membres du gang tenaient en joue.
Carlisle, d'une voie très polie s'adressa à eux:
« Messieurs, veuillez descendre et nous ouvrir les portes je vous prie. Aucun mal ne vous sera fait et en outre vous pourrez vous vanter d'avoir été attaqué par le gang Cullen! » ( ndla: l'attitude de Carlisle est inspirée par un vrai détrousseur de diligence, Black Bart de son surnom, qui était un gentleman détrousseur et qui donnait même des poèmes à ses victimes!)
Les deux hommes descendirent et ouvrirent la porte arrière.
Aussitôt, tandis que Carlisle les faisait asseoir et les tenait en joue, les 3 autres s'emparèrent des sacs de billets et les attachèrent à leurs selles;
Jasper , toujours derrière son rocher, ne voyait pas très bien l'intérieur de la diligence, mais se doutait qu'elle était plutôt bien remplie.
Puis, alors que les chevaux étaient bien chargés (y comprit le sien) et que les 3 hommes (Emmett, Edward et Jacob) s'affairaient à bien sangler les sacs, Jasper vit un homme sortir de la diligence. Il comprit qu'il avait du se dissimuler derrière des sacs, attendant de pouvoir intervenir.
L'homme était armé , Jasper vit un revolver briller dans sa main droite.
Il visait Emmett.
En une fraction de seconde Jasper fut obligé de prendre une décision.
La première personne à qui il pensa fut Henry. Puis Rosalie.
Alors il ramassa une grosse pierre, bondit de derrière le rocher et sauta sur l'homme, lui abattant la pierre sur le crane par deux fois, tout en abaissant l'arme vers le sol.
Le coup partit, ricochant par terre et venant se ficher contre la paroi de la colline la plus proche.
Emmett, Edward, Jacob et Carlisle s'approchèrent.
Les deux conducteurs aussi.
Jasper regarda l'homme à ses pieds.
Sa tête était ouverte et du sang et ce qui devait être des débris de cerveau s'étalaient à terre. Pas besoin d'être médecin pour comprendre qu'il était mort.
Jasper releva la tête et, inconsciemment, chercha à se justifier auprès de celui qui faisait figure d'image paternelle, Carlisle.
Regardant l'homme dans les yeux il lui dit:
« Il allait tuer Emmett… »
Carlisle le regarda un moment, sous le choc, comme les trois autres.
« Merci Jasper, grâce à toi mon fils est encore en vie… »
Finit-il par dire d'une voix hachée.
Emmett semblait sous le choc. Edward et Jacob avaient eu la présence d'esprit de mettre en joue les deux conducteurs.
Ces deux derniers regardaient alternativement leur collègue et Jasper.
L'un des deux finit par dire:
« Je le crois pas….C'est le shérif Hale! »
Jasper pâlit. Il venait de passer de l'autre côté.
Du côté des criminels.
Jacob assena un coup de poing dans le ventre de l'homme qui venait de parler et Emmett et lui se chargèrent de les ligoter et de les bâillonner.
Pendant ce temps, Carlisle entraina Jasper et lui parla:
« Ecoute, on peut les abattre et personne ne sera ce que tu as fait. C'est toi qui voit Jasper. Je ne vais pas t'obliger à devenir un des nôtres! »
Jasper respira un grand coup et dit:
« Un mort ça suffit Carlisle… »
Ce dernier lui sourit.
Edward s'approcha et serra la main de Jasper dans la sienne:
« Merci, vraiment »
« Toi ta gueule. Si tu crois que j'ai pas vu comment tu regardes ma fiancée… »
Carlisle secoua la tête en souriant et Edward rougit.
Jasper monta en selle, évitant de regarder l'homme à terre.
Un meurtrier. C'est-ce qu' il venait de devenir.
Les autres sautèrent aussi sur leurs chevaux et ils partirent au galop.
Ils chevauchèrent un long moment en silence, soucieux de mettre un maximum de distance entre eux et le lieu de l'attaque.
Finalement, une fois revenus sur le sentier qui menait à la maison, Jasper se mit à réfléchir.
Etrangement, il ne regrettait rien. Avoir prit la vie de cet homme ne lui faisait pas grand-chose: il ne le connaissait pas et Jasper avait déjà tué par le passé, bien que peu de fois. Le shérif Swan lui avait dit que tuer au lieu d'être tué ou de regarder un ami mourir ne valait pas la peine d'avoir des insomnies.
Jasper avait décidé de lui donner raison…
Mais les conséquences étaient autres, et cela, il avait bien du mal à l'avaler.
Il savait parfaitement que très vite son propre avis de recherche allait circuler. Lui aussi était un hors la loi désormais.
Et ça, il ne l'encaissait pas.
Ils arrivèrent à la maison toujours en silence.
Les quatre femmes, pour s'occuper, étaient allées au village indien et venaient juste de rentrer. Alice, incapable de ne pas le faire, avait informé Bella de ce que les hommes allaient faire et cette dernière était morte de peur.
Aussi quand ils s'arrêtèrent, des sacs gonflés accrochés aux selles des chevaux elles crièrent de joie et de soulagement.
Mais le visage furieux de Jasper ainsi que le sang sur ses vêtements les fit taire immédiatement.
Jasper sauta à terre, et s'éloigna à grands pas, criant à Edward de lui amener du savon et des vêtements.
Alice interrogea les autres.
Carlisle leur raconta de qui s'était passé et Esmée fondit en larmes en s'accrochant au cou de son fils ainé.
Edward grimpa en courant dans sa chambre prit du rechange, le savon et des serviettes, puis libéra Rantanplan enfermé dans la cuisine et se mit en route vers la rivière avec le chien.
Quand ils arrivèrent, malgré le temps franchement froid et humide, Jasper était déjà nu, de l'eau jusqu'aux cuisses, il était penché et se lavait le visage à l'eau.
Edward lui lança le savon et se déshabilla pour le rejoindre.
Jasper fit mousser le savon et se lava, tout en grelottant.
Rantanplan, assis sur le rocher le plus proche, le regardait d'un air surpris.
Jasper lui lança quelques gouttes d'eau, puis s'adressa à Edward, d'une voix presque normale:
« On devrait le laver il sent pas super bon… »
Edward et Jasper attrapèrent le chien par le collier et le tirèrent à eux.
Il jappa misérablement mais se laissa laver.
Jasper trouva la force d'en rire:
« Il est vraiment spécial cet animal, il aime qu'on le lave on dirait! »
Edward sourit tout en frottant énergiquement les oreilles du chien.
Une fois rincé celui-ci sortit de l'eau et fila vers la maison.
Les deux hommes, tremblant de froid, se regardèrent.
Jasper fixait Edward, qui soutenant son regard de son mieux.
« Tu es amoureux d'elle? »
Pas besoin de demander de qui il s'agissait.
« Oui. Et toi non »
Jasper souleva les épaules.
« Je l'aime beaucoup »
« Mais tu l'aimes pas »
« Elle est jeune tu sais »
« Elle a le même âge qu'Alice »
Jasper rougit à cette évocation.
Ils sortirent de la rivière et se séchèrent et se rhabillèrent en silence avant de rejoindre la maison.
Rosalie les attendait et elle se jeta sur son frère, en larmes.
« Merci Jazz…Merci »
« C'est pour toi, pour Henry…Pour le bébé… »
Rosalie le serra longuement, puis Esmée enlaça à son tour le jeune homme.
Jasper croisa ensuite le regard de Bella.
Elle lui sourit et il lui caressa les cheveux.
Seth, qui venait d'arriver, lui serra la main.
Mais Jasper n'arrivait pas à croiser le regard de la seule personne qu'il voulait voir: Alice brossait le chien et ne le regarda pas une seule fois.
Jasper finit pas s'approcher et Rantanplan gémit de bonheur en quémandant des caresses.
« Je crois que je m'habitue à toi le gros »
Rantanplan leva la tête pour qu'il lui frotte le cou.
Alice s'éloigna de quelques pas.
« On s'habitue à tout dans la vie, pas vrai le chien. Même aux personnes qu'on pensait pénible… »
Alice entra dans la maison.
Jasper se réfugia dans l'étable.
Toute une partie de sa vie venait de prendre brutalement fin. Tout ce qu'il avait été: un homme honnête, un shérif intransigeant, un juriste ambitieux, tout cela n'existait plus.
A présent, il était un bandit. Un hors la loi. Il touchait du doigt à quel point tout peut basculer rapidement.
Il repensa à Carlisle, à ce que ce dernier lui avait dit.
Pas par rapport au jeune indien mort qui avait changé la destinée du médecin.
Mais au fait que pour Carlisle la vie de Sam valait autant voire plus que la sienne.
Et bizarrement, le sentiment qui prédominait dans la tête de l'ancien shérif, c'était qu'il espérait qu'à présent, sa propre vie ait de la valeur aux yeux de Carlisle Cullen.
Il finit par sortir.
Rosalie était dehors, son bébé sur le bras.
Elle parlait avec Bella et semblait étrangement gênée.
Jasper s'approcha d'elles.
Les deux femmes se turent.
Jasper retira son étoile de shérif.
Elle ne l'avait jamais quitté depuis plus d'un an, quand Charlie Swan la lui avait attribuée.
Il la donna à sa sœur:
« Tiens, tu la donneras à Henry quand il aura l'âge de jouer avec! »
Bella sourit et il lui caressa la joue avec douceur.
Puis il monta s'allonger, totalement épuisé et surtout perdu, en proie à des sentiments contradictoires.
Rosalie, de son côté, essayait de se dépatouiller d'une situation inconfortable.
Bella était venue la trouver quelques minutes plus tôt:
« Rosalie, j'ai vu comment les bébés naissent, mais je me demandais…Comment ils arrivent dans le ventre de la maman? Je sais qu'il faut absolument être mariée pour ça, mais…Comment ça se passe? On se marie et alors hop, le bébé arrive? Je ne comprends pas… »
Rosalie bénit l'arrivée de son frère à ce moment là.
Une fois que Jasper remonta, elle sourit à Bella et esquiva la conversation:
« Ecoute chérie, tu devrais voir ça avec Esmée, elle est plus à même de te répondre! »
Bella chercha Esmée, qui était en train d'étendre du linge. Elle se mit à l'aider et lui demanda la même chose.
Au grand étonnement de Bella, la jeune femme rougit vivement et balbutia avant de dire:
« Carlisle est médecin, il te dira ce que tu as à savoir! »
Bella était assez étonnée de l'attitude des deux femmes, mais bien décidée à apprendre la vérité.
Carlisle était dans l'étable, avec ses deux fils, Seth et Jacob.
La présence des 4 jeunes hommes l'ennuyaient un peu, mais elle se risqua quand même:
« Carlisle, voilà, je voudrais savoir…J'ai vu comment naissent les bébés, mais je voudrais savoir comment ils arrivent dans le ventre de leur mère, et qu'est-ce que le mariage a à voir là-dedans? »
Carlisle devint rouge comme un coquelicot, Jacob et Edward la regardèrent un instant, interloqués, avant de plonger littéralement derrière les chevaux, et de curer longuement en sifflotant les sabots des chevaux pourtant déjà parfaitement propres.
Emmett fixa un moment Bella, puis éclata de rire.
« Sérieusement Bella, tu ne sais pas? »
Bella sentit des larmes de honte lui monter aux yeux:
« Savoir quoi?! »
Carlisle se reprit:
« Ecoute ma poulette, je pense que ce serait mieux que tu parles de ça avec une femme et »
« J'ai déjà demandé à Rosalie qui m'a dit de demander à Esmée et celle-ci m'a envoyée vers vous! »
Carlisle maudit sa femme et sa belle-fille silencieusement puis tenta de refiler le bébé encore une fois:
« Alice est au courant et »
« Alice et moi on se parle pas! »
« Ah oui, c'est vrai…Mais elle va faire une exception, crois moi! »
Il sortit en tenant Bella par le bras et héla sa fille.
Alice, qui se balançait tristement sur la balançoire de son enfance, alla vers eux.
« Hum chérie, Bella veut savoir quelque chose, explique lui bien tout, n'est-ce pas? Je sais que tu es au courant, et ne lui dis pas de bêtises, d'accord? »
Alice n'eut pas le temps de répondre que son père était déjà retourné dans la grange, dont il ferma la porte à clé pour plus de sureté.
Il se croyait sauvé et souffla de soulagement mais Seth, jusque là resté très calme demanda, d'une voie fluette:
« En fait, moi non plus je ne sais pas et je me demande comment on fait? Vous m'expliquez Carlisle? »
Edward et Jacob sortirent d'un même mouvement, poussant littéralement Carlisle pour déverrouiller la porte plus vite.
Carlisle leur cria dessus:
« Bande de lâches! Trouillards! »
Mais les deux jeunes hommes étaient déjà dans le poulailler, en train de chercher des œufs…
Emmett riait à se tenir les côtes et Seth attendait patiemment les explications. Carlisle fut tenté de demander à Emmett de se charger d'expliquer tout cela à Seth, mais il n'avait pas envie que le jeune indien demeure traumatisé…
Il prit alors son courage à deux mains:
« Bon je vais tout te dire, Emmett, va donc voir si ta mère n'a pas besoin de toi, tu veux? »
Emmett sortit en riant toujours et Carlisle prit sa respiration, mais Bella entra, l'air très contrariée:
« Alice me dit des âneries! »
Carlisle comprit qu'il n'y couperait pas, et, s'essuyant le front il commença:
« Hum, bon…Les hommes ont un pénis, tu sais ça Bella, quand même? »
« Oui, j'ai déjà vu des bébés garçons! »
« Euh oui, mais bon, quand l'homme grandit, le pénis aussi, n'est-ce pas…Et il y a des poils également, comme ,hum, les jeunes filles; Seth, tu as déjà vu des filles nues? »
Le jeune indien rougit puis passa aux aveux:
« Oui, l'été dernier avec les copains on avait espionné les filles à la rivière! »
« Bon, donc tu as vu, elles n'ont pas de…Hum. Pénis. Elles ont une vulve…Quand l'homme et la femme sont assez vieux et qu'ils sont amoureux, le, euh…Désir sexuel arrive. Ils ont envie d'être, hum…Proches…Le pénis de l'homme grandit, grossit et alors il y a accouplement. C'est-à-dire que le pénis de l'homme entre dans la vulve de la femme… »
Seth l'interrompit:
« Oh! Ca doit faire drôlement mal! »
« Hum, non. Au contraire c'est très très agréable…Enfin, ça peut faire mal à la jeune fille la première fois, ça peut même légèrement saigner, mais rien de bien méchant. Bref, le pénis entre dans la vulve et il y a des mouvements de va et vient, puis le plaisir devient très grand pour les deux partenaires et alors un peu de liquide blanchâtre sort du pénis de l'homme et reste dans la vulve de la femme. Ca s'appelle du sperme et il va aller dans le ventre de la femme ,qui, de son côté, a dans son ventre un ovule, c'est comme un œuf. Le sperme entre dans l'ovule et ça devient un très petit bébé, qui grandit tout doucement, durant neuf mois. Quand le bébé est assez grand il nait. Tu as vu ça Bella. »
Bella le regarda, rougissante:
« Ah ben Alice m'avait dit la vérité alors… »
Carlisle, en sueur, lui dit:
« Pas besoin d'être marié pour ça. D'ailleurs Emmett et Rosalie ne le sont pas, pas plus qu'Esmée et moï! »
Bella demeura interdite:
« Esmée et vous n'êtes pas mariés? »
« Non. Ca ne nous empêche pas de nous aimer depuis 22 ans! »
Bella quitta enfin l'étable.
Carlisle se laissa tomber sur une botte de paille.
Mais son calvaire n'était pas terminé. Seth s'approcha de lui:
« Bella a vu l'accouchement d'Emily mais pas moi »
Fit-il remarquer. Le médecin gémit mais dit:
« Alors le bébé sort du ventre de sa mère par la vulve, qui s'ouvre pour le laisser passer…C'est souvent long, parfois difficile, mais c'est naturel, comme pour l'accouplement »
« Là ne me dites pas que c'est agréable quand même? »
« Ah non. Ca fait même terriblement mal. Mais quand le bébé est là la mère oublie toute la douleur! » (ndla: oui c'est ça Carlisle, et mon cul, c'est du poulet!)
Seth eut l'air abattu:
« Je crois pas que je suis capable de faire ça à une fille moi… »
« Tu es encore trop jeune, ça viendra! »
Seth eut l'air dubitatif et Carlisle sortit enfin de la grange et grimpa dans sa chambre, en sécurité.
Bella, de son côté, s'excusait auprès d'Alice:
« Je suis désolée…Je croyais vraiment que tu te payais ma tête…Mais ton père m'a raconté la même histoire… »
« C'est la vérité, pas des histoires… »
« Et toi, tu l'as déjà fait? »
« Moi? Non! Bien sur que non! Je suis trop jeune! »
« Ah. Mais comme ton père dit que c'est pas besoin d'être marié, je me demandais… »
Alice soupira:
« Je le ferai qu'avec l'homme avec qui je partagerai ma vie. Edward l'a fait, par contre »
Bella sentit la surprise et la tristesse envahir son cœur:
« Ah bon? Avec qui? »
« Tu connais Tanya Denali? »
« Oui, c'est une danseuse du saloon! »
« C'est surtout une prostituée! »
« Une quoi? »
Alice leva les yeux au ciel:
« Une prostituée! Une femme qui se fait payer pour coucher avec un client! »
« Coucher? »
« Oui ce que mon père et moi on vient de t'expliquer, le pénis qui grandit et qui rentre dans la vulve de »
« Alors, ça veut dire qu'Edward a un enfant avec Tanya? »
S'exclama Bella, paniquée.
« Nooooon! Les prostituées n'ont pas d'enfants, elles savent prendre leurs précautions pour ne pas en avoir!»
« Quelles précautions? »
« Je ne sais pas tout. Ma mère m'a dit qu'il faut faire attention aux jours, selon les règles et je sais que beaucoup de femmes utilisent des cotons imbibés de vinaigre, qu'elles mettent au fond du vagin, ça marche bien! »
Bella cligna des yeux:
« Qu'est-ce que les règles viennent faire là? »
Alice la regarda:
« Ben dis donc, c'est terrible de ne pas avoir de mère…Mais bon, même Rose en savait plus que toi en arrivant. Tu as tes règles tous les mois?
« Oui bien sur, depuis l'âge de 13 ans! »
« Bon, quand une femme est enceinte, elle n'a plus ses règles. C'est souvent comme ça qu'on s'en aperçoit d'ailleurs… »
« Ah. Je vois…Donc en fait on a le choix entre avoir mal au ventre 4 jours par mois à cause des règles et ne pas avoir ses règles mais devoir accoucher?
« « C'est ça! »
« C'est gai… »
« Comme tu dis… »
Les deux jeunes filles restèrent silencieuses un long moment, puis Bella risqua une question:
« Comment tu sais, pour Edward et Tanya? »
« C'est Emmett qui l'a dit. Ils étaient allés, lui, Edward et Jacob en ville, incognito bien sur. Ils ont un peu bu au saloon puis Emmett a payé Tanya pour qu'elle couche avec Edward et Jacob après »
Bella ouvrit de yeux comme des soucoupes:
« Jacob aussi? »
« Hé oui! »
« C'est nul! »
« Je trouve aussi. D'ailleurs quand maman l'a su elle a drôlement crié sur Emmett, Edward et Jacob…Surtout sur Emmett, d'ailleurs »
« Emmett a pas couché avec Tanya? »
« Avant de connaitre Rosalie je pense que oui, mais pas depuis qu'il est avec elle, ça c'est sur… »
Les deux jeunes filles finirent par rentrer. Bella croisa Edward et Jacob dans la cuisine et le regarda froidement:
« Je ne vous félicite pas! »
Les deux jeunes hommes en restèrent stupéfaits, la fixèrent, puis quand elle continua son chemin, impériale, ils se regardèrent, ne comprenant pas son attitude.
Toute la famille passa à table et Carlisle fit une petite remarque cinglante à l'intention d'Esmée et Rosalie, et leur lâcheté face à des explications pourtant féminines.
Jasper, largué, fixa Carlisle.
Mais devant le mutisme de celui-ci il se tourna vers sa fiancée:
« De quoi parle-t-il Bella? »
Cette dernière rougit:
« Je me demandais juste comment les bébés arrivent dans le ventre de leur mère! »
« Oh… »
Commenta prudemment Jasper.
Puis, tout le monde mangeant en silence, il se racla la gorge:
« Tu a pu savoir ce que tu voulais? »
« Oui. »
« Bien. Une bonne chose de faite! »
Jacob ricana ouvertement mais se tut devant le regard noir que lui adressa Esmée.
Une fois le repas terminé et les membres de la famille dispersés, Bella alla voir Jasper. Ce dernier, assis sur le banc qu'il aimait particulièrement, taillait un morceau de bois. Jasper avait toujours aimé la sculpture sur bois et comme à présent on le laissait avoir un couteau, il en profitait;
Bella, les sourcils froncés, attaqua abruptement:
« Jasper, dis moi la vérité, est-ce que tu as couché avec une prostituée? »
Ndla:
Je n'ai pas encore la réponse à la question de Bella. D'un côté il me semble peu probable, vu les mœurs de l'époque, que Jasper n'ait pas fréquenté le saloon et ses chambres à l'étage…D'un autre côté il était fils de pasteur et il est un homme assez rigide, donc il peut aussi être encore puceau. Je ferai pencher la balance d'un côté ou de l'autre, selon ce que vous me dites en review!
