Vous devez me détester haha cela fait longtemps que je n'ai pas posté par manque de temps! Toutefois, j'espère que vous apprécierez ce chapitre! ENJOY

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Lestrade


« Qui voudriez vous que je sois ?

-Quelqu'un d'un peu moins…Coincé ? »

Le terme me fait grimacer avec un certain agacement, mais je lui rend son sourire, je sais bien que si je veux parvenir à me fins je dois descendre de mon piédestal, me mettre à sa mesure. Peut être cela sera t-il amusant, du moins un temps. Ensuite…Quand je quitterai les draps encore tièdes de son lit, tout intérêt retombera, cycle infernal presque Don Juanesque que je méprise sans toutefois y mettre un terme.

« Car que les choses soient claires, Mycroft, je ne sais pas ce que vous cherchez, ce que vous voulez de moi, mais ce n'est pas avec cet air pincé que vous l'obtiendrez.

-Vous avez raison, je suis de piètre compagnie…En fait…Je voulais vous demander votre avis sur quelque chose.

-Pardon ? »

Etape un : faite. Lui faire croire que son avis est important pour moi, que je ne suis pas capable de résoudre cette équation mentale seule. Lestrade est un homme qui aime être sollicité, et je l'ai très vite vu. Il cherche constamment à prouver ses compétences et ne fait appel à Sherlock qu'à contre cœur, il l'apprécie mais aimerait se passer de sa présence.

« Que pensez vous de la relation entre mon frère et le docteur ? »

Il rougi, blêmi, hésite certainement de la conduite à tenir pour au final se cacher dans son verre :

« Cela ne nous regarde pas, ni moi ni vous d'ailleurs. Votre frère est majeur, que je sache, et vous n'améliorerez pas vos relations en fouinant dans ses affaires. »

L'homme est intelligent et sait comment contrecarrer mes questions.

« Excusez-moi, je pensais que vous auriez souhaité aider le docteur, puisqu'en ce moment ça ne va pas fort, mais je comprend, évidemment. »

Air étonné. Nouvelle gorgée. Il ne me faut pas un mot de plus pour voir que mon poisson est ferré.


Sherlock


« Sherlock ?

-Hmmm. »

J'ai mal à la tête comme cela ne m'était arrivé depuis…En fait cela ne m'est jamais arrivé de cette façon, je crois, et mes tempes battent la mesure avec une insistance proche de la nausée. John, lui, bien réveillé , observe son téléphone avec inquiétude et mécontentement :

« J'ai l'impression que Mycroft à raconté n'importe quoi à l'inspecteur.

-Bien possible, tous les moyens sont bons pour lui, avec la tête qu'il a. »

John retient un rire qui me met de meilleure humeur. Je baille, m'étire, ronchonne encore un peu pour le plaisir puis sursaute alors que la sonnerie retend.

« Tu attends quelqu'un ?

-Pas le moins du monde, va ouvrir. »

Il ne relève pas mon ordre sec, baille en ébouriffant ses cheveux, et j'entends les gonds grincer alors que je me plonge dans l'étude du journal abandonné sur la table basse. Un silence. Pas un mot, alors que John est face au visiteur. Immédiatement, la situation s'éclaircit, je fais craquer mes vertèbres analyse la pièce et les ressources qui s'y trouvent puis ferme les yeux :

« Fais la entrer. »

John recule de deux pas, un couteau aiguisé habilement placé sous sa gorge, alors qu'Adler, vêtue d'un tailleur du plus bel effet, entre dans la danse. Rien ne m'interesse plus que l'objet de sa visite, mais mes yeux froids n'expriment rien. Sa voix, velouté, caressante, ne me fait pas frissonner.

« J'ai besoin d'aide, Sherlock. »

Je lève brusquement la tête, ne remarque pas l'air contrit et étrange qui se peint sur son visage alors que je m'approche de La Femme. Ses lèvres rouge vif tremblent, ses yeux évitent les miens, ses ongles s'enfoncent dans son avant bras, elle ne ment pas, c'est évident, presqu'aussi évident que la mauvaise volonté et la colère de John.

« Je n'ai pas à t'aider, tu es une criminelle, tu te trompes d'auditoire. »

Je ne suis pas aussi glacé que je pourrai l'être. Peut être que j'aime rendre le doc jaloux. Peut être que j'aime voir cette femme être plus basse que moi. Peut être qu'elle m'intrigue plus que je ne me l'avoue. Peut être.

« J'ai commis une erreur, siffle t-elle en rejetant mes paroles d'un geste élégant de la main, j'ai été suivit, et je sais que mes jours sont comptés…

-Le gouvernement ?

-Ces gens là ont d'autres chats à fouetter crois moi chéri, ton frère… A les mains déjà trop de sang sur les mains pour s'occuper de moi. Non, il s'agit d'assassins qui se vengent. J'ai…Supprimé quelqu'un qui me posait problème.

-Bien sur, comme si c'était la chose la plus naturelle à faire ! », fuse John, les bras croisés et l'air décidemment fort contrarié. Ni Adler ni moi ne lui prêtons d'attention, et il claque la porte derrière lui en descendant les escaliers. Je n'ai pas besoin de regarder par la fenêtre pour savoir qu'il s'est fait engloutir dans l'obscurité, rageur, décidé à aller boire je ne sais quoi avec je ne sais qui. C'est de ma faute, une fois encore, mas je m'en occuperai plus tard, quand le regard hypnotique de ma visiteuse aura quitté cet éclat.

« Il est parti.

-Cela ne change rien, je suis réellement en danger de mort. J'ai agacé des dealers. Ne lève pas les yeux au ciel ! Dieu sait quel camé tu as du être dans ton enfance, enfin peu importe…Ton frère peut m'aider. Il a plus de poids que tu n'en auras jamais. »

Je grince des dents mais me retiens de tout commentaire : cela ne lui ferait que plus plaisir.

« Mon frère ne fera rien sans mon accord.

-Mais c'est lui qui tient les ficelles de tout ce qui t'entoure.

-JE NE SUIS PAS UN PANTIN ! »

J'ai crié ? Apparemment, vu le sourire atroce qu'elle arbore, je viens de commettre un faux pas. Las, je me laisse tomber dans le canapé, rassemblant mes idées pour lutter contre ce démon au ton caressant. Elle m'épuise en appuyant ou cela fait mal, Mycroft…Est une faiblesse. Dire que je le méprise est une erreur fondamentale , un mensonge qui passe bien chez les simples d'esprit. John n'y croit pas, mais il respecte mon silence. Il respecte tout, comme d'habitude, ce qui le différencie bien trop des gens…De mon espèce. Mes yeux glissent sur La Femme. De ….Notre espèce.


John


« Une bière. »

Le barman hoche la tête. Il me connaît assez bien pour savoir quel type de boisson je prend, et que vu mon humeur je vais rester là un certain temps. Petite table solitaire dans le coin droit de la salle, coincée entre un vieux jukebox hors d'usage et d'un escalier, arrangée d'une nappe de velour sombre et d'une chandelle d'un autre âge, je me plaît dans cette discrétion.

« Sans rire ? »

Ma table est prise, et Lestrade affiche le même air incrédule que le mien :

« Je ne vous pensais pas assez fou pour aller au bar en bas de chez vous…

-Vous réalisez que c'est ma table, que vous squattez honteusement ?

-Puis-je au moins vous offrir une place ? »

Sourire commun. Ma colère s'est déjà effacée. Je me demande l'espace d'un instant si je dois l'avertir en ce qui concerne l'entretien qui se déroule à Baker, mais au final me contente d'absorber une gorgée de bière d'un air absent, suivant des yeux la chaude lumière de la bougie, dont la cire coule paresseusement sur le manche de bronze.

« Attendez une seconde, mais que faîtes vous ici en fait ? »

Je n'ai pas besoin d'observer la grande montre à gousset accrochée sur le mur pour savoir que l'on approche de minuit. Et Lestrade avait un rendez-vous, ce soir. Peu concluant, apparemment.

« Mycroft … ?

-Vous est-il déjà arrivé de faire des erreurs, John ?

-Si l'on parle d'erreur, il va falloir qu'on se tutoie », grognai-je, « et que l'on commande autre chose que nos laits fraises. »

Nos erreurs sont communes. Du moins, elles portent le même nom de famille, ce qui est bien suffisant pour un premier abord. Deux whiskeys se profilent à l'horizon alors qu'il allume une cigarette. Je vois au creux de ses yeux des rides qui n'ont pas leur place. Il me semble entendre de nouveau les mots acides de Sherlock, ses mises en garde concernant l'inspecteur. Sa froideur lorsqu'il parlait de son frère. Ce frère qu'il jalouse, quoi qu'il en dise, qu'il aime et jalouse…

« Allez, crache le morceau.

-Le début de soirée se passait tranquillement. Il avait réussi à …Attiser ma curiosité en parlant de ta…Relation avec Sherlock, puis le sujet à dévié. Il m'a parlé de son travail, de façon floue, certes, pas de nom ni de détail, mais…Il a comme changé de visage. Tu aurai du voir ça, plus de snobisme, plus de prétention, il riait, il ouvrait le col de sa chemise, il…

-Il ressemblait à un humain normal.

-Voilà. Tu as déjà vu Sherlock ainsi ? »

Je fais la moue. Sherlock, excité par l'alcool, le sourire aux lèvres, tentateur instable. « J'ai…Envie de te…Dévorer. » Je m'empourpre.

« Hm, oui, je pense. Et après ? »

Nous étions deux adolescentes se confiant nos chagrins d'amour, et bon sang que cela faisait du bien. J'oubliai Adler dans mon appartement qui voulait visiblement se faire mon…Mon quoi ?

« Nous étions au restaurant. L'alcool aidant, nous avons eu envie de sortir. Il a renvoyé ses gardes du corps qui nous suivaient du coin de l'œil, et…Et Londres s'est mise à chanter. Etre gris, dans les rues, rire, pour rien, parce que ça du bien par les temps qui courent…C'était… »

Il soupire. J'admet être pendu à ses lèvres, les bras croisés, et ne regarde pas mon téléphone qui clignote furieusement.

« Vous vous êtes embrassés ?

-Nous avons fait bien…Pire que ça.

-Pourquoi pire et pas mieux ? »

Son visage s'assombrit instantanément. Le conte touchait à sa fin, comme sa cigarette. Il l'écrase d'un geste clair dans le cendrier, fait tourner le liquide brun dans son verre et le repose sans y toucher.

« On a baisé. » siffle t-il crûment. Il remarque certainement mon regard étonné, car aussitôt il s'excuse :

« Comprend moi bien, je ne veux pas paraître vulgaire, c'est simplement…Pour moi, un coup d'un soir, sans lendemain, sans rien, ne vaut d'autre expression.

-…Il t'a éconduit ensuite ?

-Il a laissé un mot sur la table de chevet, John. Quand je me suis réveillé….O, Dieux du ciel, je ne m'attendais pas à un petit déjeuner au lit, mais…Mais pas ça ! Je me suis sentis comme…Comme une prostitué, presque. Non, un simple mouchoir. »

Silence dans la conversation. Nous trinquons sans rien à célébrer, un peu éméchés, un peu perdus, et surtout très désolés, moi pour sa vie amoureuse, et lui de me voir accablé.

« Et depuis ? »

Ses yeux si doux se font fuyant, et le pli amer de sa bouche se plisse encore un peu plus. Il ne se ressemble plus.

« Pas un message, pas un coup de fil. Je m'attendais presque à recevoir une liasse de billet par la poste. »

Nous rions. C'est jaune, ce n'est pas drôle, mais peu importe. J'arbore soudainement un large sourire en me penchant vers lui :

« Bon, aller, en tant qu'amateur, comme moi, il va falloir que tu me dise, quand même…

-Hein ?

-C'était bon ? »

Eclat de rire léger qui fuse et crève la bulle de tension. Ses épaules tréssautent encore alors qu'il se force à exprirer lentement, se tenant le ventre sans cesser de secouer la tête :

« Venant de toi John cela me surprend !

-Vraiment ?

-En fait…Non, je pense qu'avec quelqu'un comme Sherlock…C'est plutôt normal. »

Il me cligne de l'œil, se souvenait probablement de notre baiser brûlant qu'il avait surpris. Il soupire, s'étire, se tasse un peu dans sa chaise alors que son verre vide tourne entre ses doigts :

« C'était bien, John, je ne regrette rien. Je…Je ne suis pas homosexuel dans le sens propre du terme, je…

-Tu as eu un coup de cœur pour un homme et puis voilà. »

Je comprends aisément. Il lâche qu'a partir de maintenant il va fuir Mycroft du mieux qu'il peut, pour ne pas revivre cette humiliation. Il ne sait pas comment tout à basculer, il était prêt à combattre, à se laisser désirer pendant longtemps, mais…Mais Mycroft avait posé sa main sur sa joue, et lui avait dit que la nuit leur appartenait, et il avait perdu pied.

« Et toi John ?

-Quoi, moi ? »

L'homme aux cheveux gris n'est pas dupe.

« Et si tu assumais un peu ? »

Et si.


Je vous jure quand dans le prochain chapitre ça va bouger! Et qu'il y aura des détails sur la nuit torriiiiide de Lestrade et Mycroft ;)

Have a good day