Bon...Soir? JE SAIS. Cela fait très très très longtemps que je ne suis pas venue faire d'update sur cette fanfiction, mais je ne l'ai néanmoins pas oubliée! et me revoilà! C'est donc le bon moment pour la relire, si j'ose dire...

UN GRAND MERCI à celles/ceux qui me commentent, cela me fait extrêmement plaisir, et je m'engage à présent à répondre à tout nouveau message :)

et ...Bonne lecture, naturellement !

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John


Et si. Il n'avait fallu que peu d'alcool pour que tous mes problèmes ne se changent en un vague brouillard odorant, épicé, sans consistance, et tout à fait agréable. Plus de question, plus de réponse non plus, juste un sentiment de béatitude presqu'enfantin digne d'un adulte irresponsable. Je n'avais plus peur, ma colère s'était effacée, et j'échangeais avec Gregory des détails sur sa nuit sexuelle avec l'un des agents du MI6. Irréel était le mot de la soirée, et aucun de nous ne le regrettait.

J'oubliais Irène qui minaudait avec Sherlock. J'oubliais le poison qui avait failli me tuer. J'oubliai la pauvre jeune fille perdue dans l'explosion de la boutique. C'était donc si simple d'être en accord avec soi même ? Un verre, puis un second, comme une danse alcoolisée qui ne voulait pas se terminer. Elle se termina cependant quand le barman nous expliqua patiemment, le sourire aux lèvrex et l'iris empli de tristesse, qu'ils devaient fermer.

Et me voilà dehors, chancelant, encore une fois, tenant Greg par l'épaule et hurlant à la lune. Nous allions faire des conneries, comme le veut la coutume, et puis le regretter, et le monde ne cesserait pas de tourner pour autant. Je ne voulais pas rentrer. Pas encore. Le soir était frais sans être froid, et nos chairs se réjouissaient d'être à l'air libre. Après tout, personne ne nous attendait chez nous.

« Si. Il t'attend, toi. »

J'aurai aimé y croire. Croire qu'il ne vivait pas simplement pour les crimes, le sang, l'horreur. Je voulais croire qu'il ne protègerait pas cette empoisonneuse maligne, même si mon âme me hurlait qu'il le ferait. Pour ses yeux brillants, pour ses lèvres rouges, pour son esprit malade. Comme le sien. Seuls des êtres d'une nature similaire peuvent se comprendre. Et dieu sait que Sherlock aurait pu être le meilleur des tueurs.

« Rentre. Il t'attend. »

De nouveau la bouche de Gregory se tord, se tend, souffre, et je ne peux que chercher des mots qui ne sortent pas. J'ai mal pour lui sans ressentir, et l'alcool ne me rend que balbutiant. Je veux lui dire qu'il n'a pas tout perdu. Que la donne peut encore changer. Que Mycroft n'est pas ce qu'il semble être, qu'il y a un cœur derrière le mur de pierre. Je ne lâche qu'un bonne nuit sans substance, misérable, qu'il accepte cependant avec un léger rire. Les espèces se comprennent, ais-je dit.

Il me comprend.

Et il s'en va, les mains dans les poches, avalé sans compassion par le smog qui naît toujours vers les trois heures du matin. Comment se fait-il que le bar nous ait gardé aussi longtemps ? Je me pose cette question stupide en longeant les rues, priant pour ne pas apercevoir la silhouette délicate d'Irène se découper en ombre chinoise derrière les rideaux de Baker Street.

« Je suis rentré. »

Vide de sens. Sherlock ne s'inquiète jamais de l'heure à laquelle je pousse la porte. Combien de fois ais-je, moi, attendu qui revienne, me rongeant les sangs ? Peu importe.

« Oh. »


Sherlock


Il est là, assis en tailleur, sur le tapis. Il fume la pipe d'un air absorbé, des coupures de journal sur les genoux, et des coupures de sang sur les bras. Je ne tiens plus vraiment debout.

Il est là. Enfin. J'ai attendu, curieux, énervé, et au final lassé de voir que rien n'évoluerait jamais entre lui et moi. C'est comme un goût amer qui s'attarde dans la bouche sans qu'on puisse s'en débarrasser vraiment. Voulais-je m'en débarrasser ? Il me regarde, abasourdit, visiblement saoul. Inutile. Ses pupilles se dilatent alors qu'il observe les blessures de mes bras.

« Je me suis quelque peu échauffé avec la femelle. Elle avait camouflé une dague dans ses bas et je ne l'avais pas remarqué. J'observe peu les jambes des femmes en général, je… »

Il tombe devant moi, me saisit les poignets pour observer de plus près. Le rôle de médecin ne s'éteint jamais tout à fait, même dans l'oubli de l'alcool. Il n'y a rien d'assez grave pour éveiller ses inquiétudes, aussi me relâche t-il avec douceur.

« Vous vous êtes battu ?

-Quand elle a compris que je ne l'aiderai pas, elle s'est…Agacée. Tu as bu ?

-Oui. Je…Gregory en avait besoin.

-Pour Mycroft ?

-…La partie n'est pas terminée.

-Bien sûr qu'elle l'est. Tout le monde ne peut pas avoir le happy end stupide et tant désiré.

-Parce que quelqu'un l'a ? »

J'hausse les sourcils. Il est là, ses cheveux blonds, ses fossettes, ses quelques rides au coin des yeux, ses muscles ronds et bien présents, et son odeur masculine qui me plait tant. Il ne sait rien. Cet imbécile.

« On pourrait l'avoir. Tu me pousses dans des situations qui ne sont pas les miennes, tu me complique la vie, alors que…J'ai observé les gens, tu sais ? Ils n'ont pas l'air de réfléchir autant que nous. Ils arrivent le matin, ils s'embrassent, ils repartent et puis voilà. »

Je lâche ça mine de rien, en passant, et le voit écarquiller les yeux. Colère ? Non. Je connais trop bien ses expressions pour que ce soit cela.

« C'est ça que tu veux, Sherlock ? C'est…Simplement ça ?

-Comment ça ?

-Je… »

Il pensait que je voulais la lune. Que j'étais si difficile, si étrange, que j'allais le pousser au bout de ses retranchements, le rendre fou, être comme mon frère et au final faire traîner les choses pendant deux ans avant de concrétiser quoi que ce soit. Mes dents se découvrent alors qu'un sourire carnassier s'empare de moi. Il a tellement tors que cela rend les choses encore plus risibles.

« C'est toi que je veux, John. Dis moi quand, dis moi comment. Le reste n'est une affaire de détail que je te laisse régler. Et si tu avais plus coopératif, John ? Laisse moi te montrer ce qui se serait passé. Laisse moi. »

Il faut toujours faire ça avec lui. Le forcer, ou du moins le feindre, l'attraper par surprise alors qu'il geint encore. C'est mon rôle, c'est ce pas ? Je suis le tentateur, le démon de la nuit. Il aime que je prenne ce rôle, alors je le prendrai. Je serai celui qui souffle les idées déplacées s'il le faut. Peu m'importe. Tant qu'il m'appartient.

Je le prends par le poignet, et il se laisse conduire vers moi sans résister. Il le veut. L'alcool aidant, ses lèvres sont aussi brûlantes que les miennes. Bêtise ? Est-ce une bêtise de faire cela ? Je n'en ai cure. Depuis quand un Holmes se pose t-il des questions sur le bien ou le mal d'une action ? Je ne veux qu'apaiser le feu qui détruit mes veines. Ce soir, je vais tarir le volcan qui nous anime et lui montrer la seule chose qu'il a besoin de savoir.

Que je lui suis indispensable.

Mes lèvres s'écrasent sur les siennes, demandeuses.

"..."


Gregory Lestrade


« Et…Et…Et tu n'es qu'un connard ! »

J'incendie le répondeur de Mycroft pour la seconde fois de la soirée. Ecoeuré par mon comportement, je range mon téléphone, m'affale lamentablement sur les marches de mon perron avant de soupirer. A quoi bon faire cela ? Je n'en étais pas soulagé, et Mycroft devait déjà dormir, à cette heure là. Je ne pouvais m'en prendre qu'a moi même, on m'avait mis en garde…Et je m'étais cru plus fort que ça. Soupire. Encore. Au moins, savoir que John était retourné avec Sherlock m'aidait quelque peu. Il fallait bien que cette histoire avance. Elle le méritait. Et puis…Il n'y avait pas plus logique de toute façon.

« Gregory ? »

Cette voix. Sèche, prétentieuse, mais chaude, puissante, sûre d'elle, avec ce quelque chose de magnétique qui n'avait pourtant pas su me séduire au premier abord. Je ne lève pas les yeux, je connais déjà les siens. Claquement de porte. Comment m'a t-il retrouvé ? Je ne veux même pas le savoir. Effrayant. Et attirant à la fois.

« Si tu viens pour les messages que j'ai laissé sur ton répondeur, je ne t'en enverrai plus. Même si tu les mérites, c'était immature de ma part.

-Oh, le crois tu ? »

Cette façon de parler. De marcher, s'aidant d'un parapluie à pommeau d'or. Ce sourire glacé. Je me lève :

« Qu'est ce que tu veux ?

-Oh, rien de…

-QU'EST CE QUE TU VEUX ? »

Je suis sanguin, alcoolisé et mal luné. Je lui en veux, j'en veux au monde entier, et il ne me faut qu'une étincelle pour que j'éclate en cri, en insulte, en hurlement pour tenter de soulager mon âge de toutes ses blessures accumulées au fil des ans. Je voudrai que Mycroft accepte d'être cette excuse là. Qu'il soit mon bouc émissaire. Qu'il paie pour les autres. Il me doit bien ça.

« A vrai dire, me remémorant l'agréable soirée que nous avions passé, je… »

Il se tait. J'ai sorti mon arme, et la tient simplement à mes côtés. Je ne suis pas stupide au moins de vouloir lui tirer dessus. De toute façon je n'en ai pas le moindre désir. Mais la colère me ronge, me brûle, me fascine au dela du rationnel. Si seulement je savais qu' cet instant précis, Sherlock est en train d'arracher les boutons de la chemise de John, je me calmerai peut être.

« Va t-en, Mycroft. Tu m'as peut être pris pour un con une fois, mais il n'est pas dit que je t'autorise à recommencer. Va baiser ailleurs, trouve toi un autre mouchoir. Je ne suis pas comme ça.

-C'est un refus ?

-C'est même bien plus que ça. »

Je soutiens son regard. Il n'en a pas l'habitude, et c'est justement ce qui attise son intérêt. Qu'il aille se faire foutre. Je refuse de me souvenir de ses lèvres sur mon bas ventre, de mes ongles dans son dos, de ce champagne qu'il faisait couler le long de mon cou dans l'espoir de me faire rire aux éclats. Au diable les souvenirs. Au diable les fantasmes. Au diable Mycroft. Je claque la porte de mon appartement derrière moi et m'effondre à même le parquet. J'ai mal au cœur, mais quel idiot admettrait ça ? J'entend sa voix.

« Ce n'est pas terminé Gregory. Enfin, je n'ai pas terminé, pour être plus précis. »

Il s'en va. Enfin. Seul avec mes fantômes, je ne peux que me traîner jusqu'à mon lit. Blessé ? Brisé ? Non. Revigoré à l'idée de pouvoir rendre à Mycroft la monnaie de sa pièce. Je m'endors quelque peu soulagé.

A Baker street, dans la nuit, quelqu'un crie. C'est du plaisir à l'état pur. Mais je n'en connaîtrai la nature que plus tard, sous le sceau du secret.


Et voici le huitième chapitre... Avec une belle avancée, avouez le! LEMON au rendez vous les amis ;) je vais me dépêcher d'ecrire la suite, en attendant bonne soirée :)