Aloha tout le monde! o/
Voici enfin le troisième chapitre de cette fic des plus... étranges. xD
Je m'excuses d'avance pour les fautes et le degré d'OOC des personnages. .A. Je suis déjà en train d'écrire le chapitre 4 donc il devrait arriver plus rapidement que le 3. xD
Je suis un peu déçue de ce chapitre, j'ai eu du mal à l'écrire car j'ai eu une petite baisse d'inspiration et ça se voit! Surtout qu'à la base... ce chapitre devait être beaucoup plus sombre. u.u' Enfin bref! Bonne lecture (à ceux qui liront! ;D)
« Eric, lève toi. »
Je ne sais pas combien de fois il me l'a ordonné depuis que je me suis effondré dans son entrée. A vrais dire, je n'arrive plus à me rendre compte de ce qui arrive. Je ne fais que pleurer, silencieux et incapable de respirer. Je crois que j'essaye juste de me tuer en restant en apnée.
« Eric. » Il m'attrape par un bras et me tire vers le haut, alors que tout mon corps aspire à se recroqueviller « Debout! »
Il n'a pas crié mais son ton est sévère et me fait abdiquer. Je relève lentement la tête, impassible, vers lui, les yeux baignés de larmes. Je croise alors son regard sombre et cette lueur sèche qui brille dans ses yeux. Je me crispe instantanément mais il ne me laisse plus le choix, me tire et m'entraine à sa suite.
Le reste se passa rapidement. J'atterrissais dans sa salle de bain, incapable de bouger de moi même, l'eau coulant toujours de mon visage et Kosuke m'ignorait, me sortant une brosse à dent neuve et des serviettes propres, faisant couler l'eau dans la douche et me laissa là. Il ne fit que tout préparer et sortit immédiatement, sans me parler. J'entendis même ses pats s'éloigner en vitesse de la pièce et je sus que j'étais seul... Ce qui me soulagea et me laissa dans un état encore plus pitoyable.
Je me saisissais immédiatement de la brosse à dent pour meurtrir mes dents et mes gencives pendant de longues minutes. Je vomis dans le lavabo en voyant mon visage et des restes de substance blanche sur ma joue. Je vomissais à la fois mon mal-être et ce sentiment d'horreur, alors que je réalisais que Kosuke m'avait vu ainsi... J'accomplissais pourtant jusqu'au bout ma tache...
Finalement, ma tête lourde de pensée et mon estomac retourné, j'enlevais douloureusement mes vêtements, sentant chaque muscle de mon corps m'alourdir au moindre mouvement. Je me trainais lamentablement vers la douche, où je me glissais faiblement. Tenir sur mes jambes à ce moment là me parut impossible, et je me laissais tomber dans la baignoire, ma tête heurtant violemment le rebord.
Le choc me tétanisa. Et ma vision se troubla. J'espère juste que ce jet d'eau chaude qui me coulait dessus pourrait m'emporter. Pas me nettoyer, pas me laver mais m'emmener... Loin. De Kosuke et de la vie.
...
Ce fut un bruit sourd qui l'alerta. Le bruit du corps d'Eric, qui tomba comme une masse dans la baignoire. Alarmé par cet écho étrange, Kosuke bondit du salon à la salle de bain et pénétra dedans en quatrième vitesse, porteur d'un regard qui jamais n'avait été aussi inquiet dans ses yeux.
Il découvrit Eric, la tête baissée à l'extérieur de la baignoire, le corps horriblement flasque, comme s'il n'était déjà plus de se monde mais qu'il se liquéfiait pour échapper au Punk. Comme lorsqu'il l'avait emmené ici, tout se passa vite. Kosuke se laissa tomber à genou à côté de son ami, passa une main sous sa tête et la releva délicatement pour vérifier son état. Il vit les sourcils du blond se crisper. Il était vivant...
« Eric! Tu m'entends? »
Sa voix se tordit. Son calme légendaire lui faisait faux bond et sa tête se brouillait petit à petit entre inquiétude et colère.
« Réponds! » Il secoua instinctivement le corps trempé de son camarade qui ouvrit finalement les yeux.
Kosuke crut qu'au dernier moment, il ne réussirait pas à retenir une larme de soulagement de couler de ses yeux. Mais très vite son inquiétude se changea en colère. Un tourbillon incontrôlable lui retournait l'estomac et une envie frénétique de serrer ce corps si maigre dans ses bras le prit. Il serra les dents... Incapable de parler.
Comme pour Eric, en lui aussi quelque chose était brisé. Il était brisé...
…
Lorsque je revins à moi, l'eau caressait toujours mon visage et mon corps, mais une nouvelle chaleur m'envahissait. J'étais serré, la tête bloquée dans une main forte et impassible, le corps cintré dans les bras de Kosuke. En quelques secondes, je retrouvais quand même mes pensées et me rendait compte de ma situation. Une pudeur des plus insoutenable s'empara de moi et je poussais fort sur mes bras pour le repousser, terriblement mal à l'aise qu'il me voit ainsi.
« Non! Non non non! » Je criais soudainement contre son torse. « Ne me regarde pas! »
Je me dégageais de ses bras pourtant si chauds, sous son regard indescriptible et me roulait en boule à l'autre bout de la baignoire, les bras devant ma tête en position de défense, comme si je m'attendais à ce qu'il me roue de coups. J'enfonçais ma tête dans mes genoux, alors qu'il me regardait surprit et... triste.
« Ne me regarde pas! Non! » Je continuais à hurler, complètement effrayé.
« Eric... »
Je ne pus être sûr mais je cru entendre sa voix défaillir. Comme s'il venait de retenir un sanglot. Moi qui les laissais honteusement couler à flot, alors que même quelques plaintes s'échappaient de mes lèvres.
« Ne...me regarde pas... » Je réussis à dire entre deux sanglots, ma voix tordue par la douleur d'être ce que j'étais.
Je l'entendis soupirer de déception sans doute que je le repousse encore si violemment mais il ne bougea ni ne cilla. Il resta là, plusieurs minutes sans bouger alors que je ne faisais que pleurer de nouveau. Mais au bout d'un long moment, alors que l'eau continuait de me couler dessus, je me détendis et j'arrêtai de pleurer. Mes bras se refermèrent sur mes genoux et ma respiration se calma. Mais je ne trouvais toujours pas la force de relever la tête pour affronter Kosuke. En repensant encore à l'état dans lequel il m'avait retrouvé, j'eu un nouveau haut de coeur. Mais je me retins en arrêtant de respirer, une fois encore.
« Je vais sortir. Tu as du linge propre devant la porte. » Je l'entends dire de sa voix grave et... détachée.
Il se releva pour me laisser seul encore une fois et pour je ne sais qu'elle raison, je lançai mon bras avant qu'il ne fasse demi tour et le retint par la main. A quatre pattes dans sa baignoire, le souffle court et la tête lourde, je sentais l'inconscience me reprendre.
« Kosuke... Je suis désolé... »
D'être ce que je suis. Mais la fin de ma phrase ne sort pas et une fois encore, je m'évanouis.
. . .
Lorsque je me réveille, je suis allongé sur un matelas moelleux, une couverture chaude protégeant mon corps enveloppé dans un long tee-shirt et un short gigantesque. Je reconnais tout de suite les vêtements de Kosuke. Je sens une sensation de propre et de sec m'envahir lorsque je me tortille sous la couette pour m'en extirper. Mon corps est douloureux et chaque mouvement me donne envie de me rendormir pour ne plus les sentir mais je ne peux pas rester comme ça. Une migraine vient me retourner l'esprit alors que mes yeux s'habituent doucement à la l'obscurité de la chambre dans laquelle je me trouve. Je reconnais l'odeur de Kosuke dans les draps, aucun doute sur le fait que je suis dans la sienne. Dès que je retrouve parfaitement mes esprits, malgré mon mal de tête, je bondis hors du lit et m'élance vers la porte, que j'ouvre en trombe et je me précipite dans le couloir. Je ne tarde pas à retrouver l'entrée de sa maison et m'apprête à m'en aller lorsque je sens une main puissante se poser sur mon épaule. Je sursaute.
« Où est-ce que tu vas? »
La voix grave de Kosuke me fait frémir et je prends garde de ne pas le regarder. J'ai besoin de m'éloigner de lui.
« Merci pour la douche mais maintenant faut que j'y aille. » Mon ton est mal assuré, merde...
« Où-ça? »
Loin de toi abruti... Mais je ne trouve pas d'excuse à lui donner. J'ai juste besoin de m'en aller merde! De courir loin, très loin de lui pour ne pas avoir à lui parler de toute cette soirée. Je n'ai pas la force de lui faire face... pas lui.
« Qu'importe. J'ai besoin de marcher un peu alors à plus. »
« Il fait nuit. »
« Je m'en fou... »
« Tu es en pyjama. »
« Je te dis que je m'en fou! Je m'en vais c'est tout! »
« Je t'accompagne. »
Il me tire en arrière et ouvre la porte d'entrée. Non. Pas question qu'il reste avec moi!
« Non, ne viens pas. » Je lui lance amèrement, me retournant face à lui.
« J'ai envie de marcher aussi. »
Son ton simple m'énerve. Je ne veux pas qu'il vienne.
« Et bah attends que je sois partis! »
« Non. Je viens avec toi. »
« Mais t'es bouché ou quoi?! J'veux pas te voir! »
Je m'arrête à mes paroles. Mon ton était beaucoup plus agressif que ce que je voulais. Et mes propos plus acides que mes pensées. Je le vois d'ailleurs afficher une mine à la fois surprise et... sombre. Son regard se durcit et il pose sur moi des yeux plus sévères et légèrement... blessés.
« Pourquoi? » Son ton est froid.
Je baisse la tête, mal à l'aise et réfléchis à une excuse à lui donner. Mais la raison est si simple: Je ne veux plus qu'il me touche, qu'il me voit, qu'il me parle. Je dois le tenir éloigné de moi. Encore ce soir, je ne lui ai apporté que des emmerdes. Et cette image qu'il a de moi, je veux qu'il la détruise. Moi dans les poubelles, à moitié mort. Et encore une fois, moi dans les poubelles, recouvert des fluides d'un autre. Je n'en peux plus d'être si misérable devant lui. Je lui pourrie l'existence, il faut que tout ça s'arrête.
« Tu aurais dû me laisser dans les ordures ce jour là... » Je soufflais à voix basse mais je sais qu'il m'a entendu.
« Mais qu'est-ce que tu racontes encore? » Il me soupire en croisant les bras.
J'avoue que son regard dur et sévère me déstabilise pas mal, je sens ma raison vaciller de secondes en secondes.
« Ca aurait été mieux pour toi de ne jamais me ramasser. »
« Arrête de dire n'importe quoi. »
C'est de nouveau de l'exaspération que j'entends dans sa voix. C'était la goute en trop.
« Toi arrêtes! Arrête de me ramasser! Arrête de m'aider! Arrête de me protéger! Je ne suis rien pour toi, je suis un chien, qu'on roue de coup lorsque je n'obéis pas et qu'on abandonne lorsqu'on en a plus l'utilité! C'est ma vie, je ne la connais que comme ça et ça me convient! Alors casse toi avec ta gentillesse et ta protection, c'est des choses que je ne peux pas me permettre d'accepter! Parce que tu perds ton temps avec moi. Ma place c'est dans les poubelles ou dans les rues, certainement pas à tes côtés ou à HOMRA. Alors laisse moi crever une bonne fois pour toute parce que c'est tout ce que je- »
La gifle tombe. Mes mots restent coincés dans ma bouche lorsque sa main s'abat sur ma joue. Son coup me fait vaciller en arrière et je viens me cogner contre la porte d'entrée, ouverte. Je reste alors médusé par son regard enragé qui se pose sur moi. Il a les dents serrées, je le vois d'ici. Ses poings sont fermés, son regard est braqué sur moi et je le vois brandir de nouveau sa main. Instinctivement, je m'attends à recevoir un nouveau coup alors je ferme les yeux en sursautant. Mais à la place, je me sens décoller du sol et enfermé dans des bras durs et puissants.
« Si jamais tu ouvres la bouche pour me ressortir tes conneries, je te préviens, je t'assomme. »
Je n'ai jamais entendu Kosuke être aussi nonchalant. Et menaçant. C'est pourquoi mon premier réflexe lorsqu'il me tire en arrière, et qu'il ferme sa porte d'entrée à grand coup de pied, est de me débattre. Mon dos est collé contre son torse et ses bras me soulèvent avec facilité mais je bats des jambes et des bras, poussant avec mes mains sur les siens enserrés autour de ma taille. Je plantais mes ongles dans sa peau, je battais des jambes en heurtant plusieurs fois ses tibias et je secouais la tête en hurlant. Je criais, encore et encore, toujours plus fort et toujours plus longtemps, comme un enragé, les yeux fermés. Et je secouais toujours plus la tête au fur et à mesure que les secondes passaient. Lui m'emmenait sans rien faire vers son salon. Il ne répondait pas à mes hurlements et se laissait blesser sans même tressaillir. De toute manière, je ne le voyais plus, tant ma rage m'aveuglait.
« Lâche-moi! Lâche-moi! Lâche-moi! »
Et je continuai de crier, de hurler comme si l'on était en train de m'éventrer. Je me débattais farouchement, je voulais fuir et le blesser, lui faire peur, autant que moi j'étais terrorisé. Et finalement dans ma rage, ma gorge se noua, mes forces m'échappèrent et des sanglots me tordirent de douleur. Je continuais de crier, d'expulser tout ce que j'avais dans les poumons, mais à ma colère et mon désir de fuir s'étaient mêlés mon désespoir et mes larmes. Je les laissais s'écrouler sur mes joues, glisser contre ma peau glacée et s'échouer sur son parquet. Et plus je pleurais, moins je me débattais, jusqu'à ce que finalement, je relâche complètement mon corps, en explosant en sanglot. Dieu que j'étais pathétique...
« Eric. » Sa voix grave chatouilla mon oreille qui bourdonnait. Je sentis ses bras me relâcher très lentement et enfin mes pieds se reposèrent au sol.
Et je continuais de pleurer, mes larmes m'étouffant tant il en venait. Je sanglotais et frissonnait dans ses bras, qu'il desserra doucement avant de me retourner face à lui. Et je ne sais pour qu'elle raison, mais je n'ai eu qu'un seul réflexe lorsque j'ai vu ses yeux si tristes se poser sur moi qui était si misérable: je me suis jeté dans ses bras et me suis accroché à son dos, comme si ma vie en dépendait. Et j'ai continué à pleurer, ainsi, serrant son sweat le plus fort possible entre mes doigts, mon visage perdu contre son torse et mes larmes me secouant de tremblements. Il ne dit rien, mais je sentis malgré mon chagrin la chaleur de ses mains se poser sur mes épaules puis elles glissèrent dans mon dos et ses bras me serrèrent lentement avec force. Je l'entendis murmurer mon prénom encore une fois et il vint nicher son nez dans mes cheveux, alors que je continuais de pleurer à chaude larme dans ses bras.
Qu'avais-je bien fait pour mériter une telle attention de sa part? Et comment allais-je m'en dépêtrer. Car plus je m'accrochais à lui, plus je serrais son sweat dans mes doigts et plus j'avais envie qu'il me serre comme il le faisait, plus je savais que je risquais de regretter de m'accrocher comme ça à sa gentillesse. Je cherchais pourtant à la fuir tant elle me faisait peur. J'avais peur. Oui peur. De m'habituer à ses attentions à mon égard, d'apprécier pouvoir me confier à quelqu'un, d'aimer qu'il me protège et m'apaise. Voilà pourquoi lorsqu'il murmura mon prénom à mon oreille, je ne réagis pas, lorsqu'il resserra ses bras je ne me débattis pas et lorsqu'il déposa ses lèvres sur mon front, je ne fis rien. Je continuai seulement de pleurer. Car j'étais épuisé. De ma vie, de mon image dans le reflet du miroir, de cette angoisse qui me retournait l'estomac à chaque fois que lui posait son regard sur moi. J'avais terriblement peur de son jugement. De ce qu'il pensait de moi. Voilà en fait pourquoi je voulais le fuir... Le décevoir était bien la chose qui alimentait mon désir de m'enfuir.
« P-pourquoi...? » Je me fis violence pour ne pas laisser un sanglot m'étouffer alors que je relevais ma tête larmoyante vers ses yeux calmes.
« Comment ça? »
« Pourquoi tu es si prévenant avec moi...? Pourquoi tu m'as ramassé? Pourquoi tu m'aides? Pourquoi... Franchement je comprends rien... »
« Chut. » Me murmura t-il en rapprochant son visage.
Et je sentis ses lèvres se poser sur les miennes. Dans ces moments là, vous savez, on dit toujours que la bouche de l'autre est étrangement chaude et qu'elle a un goût qui vous rend littéralement accro. Personnellement, je n'ai pas ressentis cette chaleur étrange lorsqu'il pressa un peu plus ses lèvres contre les miennes. Mais sa douceur et sa délicatesse me prirent les entrailles. Je fus parcouru d'un sentiment de soulagement total, comme si tout ce qui m'avait manqué ces quelques dernières minutes avait été sa bouche.
Il se pencha en avant et me fit relever la tête d'une main, pour approfondir notre baiser. Et je ne pus réagir. Je fermai les yeux alors que mes larmes coulaient encore et venaient humidifier notre échange. Pourtant il ne rompit pas notre contact, il se contenta de glisser une main dans mes cheveux. Il resserra son autre bras autour de ma taille. Et il m'embrassa. Encore une fois. Sans rien demander de plus. Mais tous ses gestes eux marquèrent ma peau et mon esprit. Son bras me semblaient être la seule barrière entre moi et le sol car je sentais mes jambes trembler. S'il m'avait lâché, elles m'auraient abandonnées à coup sûr. Sa main dans mes cheveux dégageait une chaleur qui me fit frémir. Et ses lèvres d'une douceur absolue arrêtèrent mes pensées et réveillèrent mon estomac qui papillonna. Lorsque j'ouvris les yeux au bout de quelques secondes, je remarquais que mes mains avaient trouvé place sur ses épaules et mes doigts serraient comme ils le pouvaient son vêtement, avec le peu de force qu'il me restait.
Et finalement, il rompit notre baiser, aussi délicatement qu'il était venu prendre mes lèvres. Il se redressa sans me lâcher, reprit ma taille entre ses deux bras et attendit ma réaction. J'avoue que je devais lui paraître bien stupide à rougir dans ses bras. Parce que honnêtement, le fait de perdre ses lèvres avait eut l'effet de me faire reprendre pied sur la réalité. Et de comprendre ce qu'il venait de se passer. Pour la seconde fois aujourd'hui, il m'avait embrassé! Mais je n'avais pas réagis. Au contraire, sa délicatesse, je voulais terriblement y regoûter. J'avoue que là... J'étais confus et incapable d'aligner trois mots. C'est sa voix grave qui coupa court à ma bataille pour trouver quelque chose à dire.
« Viens. On va se coucher. Je suis fatigué. »
Lorsque je relève la tête, je le vois qui n'attend que mon approbation. Et je suis surpris de croiser son regard si... naturel, comme si rien ne s'était passé. J'avoue que ça me rend perplexe. Pourtant je suis aussi claqué que lui et après la crise que je viens de faire, je n'ai certainement pas envie d'en parler. Et encore moins de quitter ses bras. Non vraiment. Là, je m'y trouve à ma place, je m'y trouve bien, dans cette barrière chaude et enivrante.
« Ouais... » C'est tout ce que je trouve à lui répondre.
Et rebelote, il me soulève comme le poids plume que je suis et me ramène dans sa chambre. Il me dépose doucement sur le lit et me lâche. Et je dois me mordre une lèvre pour décrocher mes mains de son sweat car je n'ai vraiment pas envie de le libérer. Surtout que j'ai l'impression de geler aussitôt que je ne sens plus ses bras autour de moi. Alors je m'assois sur son lit mal à l'aise, cette nouvelle angoisse me reprenant et je serre les dents. Qu'il revienne vite me prendre dans ses bras... Par pitié!
« Kosu... » Merde. J'allais l'appeler là. Non. Non non non. Je ne dois pas m'habituer à sa chaleur, sinon j'en deviendrai dépendant.
Je pris mes jambes entre mes bras alors que lui faisait quelques allés retour dans sa chambre, pour prendre des vêtements propre, fermer ses volets etc. Qu'il se dépêche... Qu'il vienne me rejoindre. J'avais envie de regoûter à ce sentiment d'abandon que j'avais ressentis dans ses bras. Je voulais qu'ils m'enlacent, qu'ils me serrent si délicatement comme il l'avait fait plus tôt. Mais là, il quitta la chambre. Et lorsque je vis son corps disparaître dans le couloir, je bondis du lit et couru à sa suite.
« Tu vas où?! » Je me suis précipité sur lui pour retenir l'un de ses bras en plantant mon regard affolé sur sa tête orangée.
J'ai crié comme une fillette mais j'angoissais vraiment qu'il me laisse là pour la nuit. Pas tout seul. Moi qui voulais le fuir plus tôt, je ne voulais que sa présence à mes côtés à présent. Il sembla d'abord surpris que je pète comme ça une crise mais remonta sa main libre pour me montrer ce qui semblait être un boxer et un tee-shirt -donc son pyjama- en me souriant très délicatement.
« Me changer. J'peux dormir en boxer, ça te dérange pas? »
Et merde. Je suis ridicule... Mais pas autant que sa question. Franchement, pour un mec, c'est normal de dormir en boxer. Il aurait dormis à poil j'dis pas mais là. Enfin bref...
« J'm'en fou complètement... » Je marmonne en relâchant son bras.
Il me sourit discrètement avant de s'engouffrer dans sa salle de bain. J'aurais pus retourner dans sa chambre en l'attendant mais pour être sûr qu'il revienne, je restais planté dans son couloir. Franchement, j'avais l'air d'un gosse qui venait de faire un cauchemar en attendant sa mère derrière la porte des chiottes quoi... Je pouvais pas être plus pitoyable. Et ça s'aggrave lorsque je sentis tout mon corps se relâcher quand je le vis ressortir. Il me rejoint tranquillement alors que je soupirais de soulagement. C'était pathétique...
« Sérieux... Un boxer avec des oranges dessus? » Et voilà tout ce que je trouvais à dire alors qu'il s'arrêtait devant moi avec son air habituel de paumé de la vie.
« J'aime bien les oranges. Et il était en solde. » Me répondit-il, tout naturellement.
« Bon ça va... On arrête de parler de ton boxer maintenant... » Ouais. Pas que ça devenait gênant mais c'était plus correcte d'arrêter. Au moins pour que j'arrête de regarder les quartiers d'oranges qui décoraient son slibard.
Il me sourit sans rien ajouter et sans que je ne dise rien, il me prit dans ses bras. Ce que j'attendais désespérément. Il me souleva délicatement et par réflexe pour ne pas retomber, j'enroule mes bras autour de son cou pour l'empêcher de me lâcher. De nouveau on rentrait dans sa chambre et quelques instants plus tard, la lumière était éteinte, la porte fermée et il me déposait sur son lit. Il me rejoignit très vite, se glissant à mes côtés sous son épaisse couverture. Et dès qu'il fût à mes côtés, je me tortillais jusqu'à lui pour me coller contre son torse. Il referma ses bras autour de moi. Et j'ai bien cru que j'allais m'évanouir tant cette délicieuse sensation d'être en sécurité me prit au coeur lorsque sa chaleur rejoignit ma peau. Lorsque son souffle s'échoua contre mon visage. Lorsque son buste se rapprocha de moi. Et lorsque délicatement, il vint déposer ses lèvres sur mes yeux, où précédemment, mes larmes coulaient à flot.
« Bonne nuit. Eric. »
Sa voix me parût bien loin. Car seul son odeur et sa chaleur pouvaient m'atteindre à présent. Et j'étais tellement claqué qu'il ne me fallut que quelques minutes pour m'endormir dans ses bras. Après tout ce cauchemar... Mais il faudrait se réveiller le lendemain, reprendre le fil de la réalité, accepter les évènements de ce soir. Et quitter ses bras.
Et wala pour ce chapitre. o/(Le 4 devrait pas mettre dix ans à venir, promis 8D )
N'hésitez pas à me dire si vous avez aimé ou non donc —» REVIEW. o/
