Séduire Ginny Weasley

Draco ne ferma pas l'œil de la nuit.

Ginny ne l'avait pas repoussé, elle lui avait même laissé de l'espoir, mieux : elle l'avait encouragé…

Il sentait encore sur ses lèvres la douceur de son baiser.

Il avait obtenu infiniment plus de plein d'autres filles auparavant, mais le baiser furtif que lui avait accordé Ginny lui semblait être l'expérience la plus sensuelle qu'il ai jamais vécu.

Lorsqu'il fut en mesure de réfléchir de manière plus cohérente il sentit l'inquiétude l'envahir.

Elle lui avait demandé de la séduire. Comment allait-il s'y prendre ?

Jusqu'à présent il avait séduit des filles qui ne demandaient que ça, ses techniques de drague étaient simples et sommaires :

il était Draco Malfoy

il voulait avoir du bon temps, la fille aussi…

Là, ça allait être plus compliqué…

Il valait mieux que Ginny oublie justement un peu qu'il était Draco Malfoy, et surtout cette fois il voulait bien autre chose qu'une partie de jambes en l'air…

Il aurait pu la couvrir de cadeaux, lui faire livrer un bouquet de 50 roses tous les matins, mais il sentait bien que Ginny ne serait pas séduite par une profusion de cadeaux, bien au contraire, elle y verrait une marque ostentatoire de la richesse des Malfoy.

Par contre, elle n'aurait sans doute rien contre un symbole.

Il dut se faire violence pour attendre 8h00 du matin avant de téléphoner à sa mère.

Elle répondit à la 2° sonnerie, affolée.

« Il y a un problème Draco ? »

« Aucun, maman, j'ai juste besoin d'un service »

« Bien sur, de quoi s'agit-il ? »

« Dans la petite armoire de ma chambre, sur la dernière étagère du haut, tout à gauche il y a Teddy, tu sais, hum, le doudou de quand j'étais petit… »

« Euh…oui ?et alors ? »

« J'ai besoin que tu me l'envoie… »

« ………tu veux que je t'envoie ton ancien doudou ?!!! Que se passe-t-il Draco ?tu es malade ? »

« Non non ! Tout va bien ! Ce n'est pas pour moi, je…je veux, hum…l'offrir à quelqu'un… »

« Draco ?tu as une petite amie ? »

« Pas encore…je veux justement lui offrir mon Teddy pour lui montrer que je tiens à elle, si tu vois ce que je veux dire… »

« C'est une bonne idée ! Draco, je la connais ? »

« Heu…..oui. »

Draco était embêté. Il avait rarement eu des secrets pour sa mère, mais là…Comment allait-elle réagir ?

« Maman…ne réagis pas à chaud, d'accord ?je n'aurais jamais cru que ça m'arriverait tu comprends ? Je veux dire, tomber amoureux comme ça, à ce point, et surtout pas d'elle… »

« Bon sang Draco, dis moi de qui il s'agit ? »

« C'est pas facile…essaye de deviner… »

« C'est une élève ? »

« Oui ! »

« Ouf ! J'ai eu peur un moment…mmmh…c'est Hermione Granger ?! »

« Non ! Mais tu brûles ! »

« Draco ! Dis moi de qui il s'agit ! Je ne trouverai jamais ! »

« Maman…ne le prend pas mal, d'accord, j'en suis vraiment amoureux, d'accord, je …je crois que c'est la femme de ma vie, d'accord ? J'y tiens à un point, tu ne peux pas imaginer, d'accord ? »

« DRACO MALFOY ! Arrête de répéter d'accord et dis moi son nom ! »

« c'est…c'est Ginny. Ginny Weasley. »

"Ginny? La fille d'Arthur Weasley?"

"Il n'y en a qu'une maman"

« C'est une blague Draco ? »

« Non maman, ce n'est pas une blague »

« Tu es amoureux d'elle ?vraiment ? »

« Oui ! J'en suis totalement fou ! Je sais que ça parait incroyable mais c'est comme ça ! Maman ? Tu es toujours là ? »

« Oui ! Mais Draco, tu as toujours détesté la petite Weasley ! Encore plus que ses frères je crois ! »

« MAMAN ! J'étais un sale gosse ! Je l'aime à présent ! »

« Et elle ? Elle est au courant ? »

« Oui…elle… elle est tellement gentille ! Bon sang ! Je ne la mérite pas ! Elle m'a encouragé, m'a demandé de la séduire, mais ça va être dur de lui faire oublier toutes ces années ou je l'ai humiliée… »

« Draco…il vaut mieux ne pas en parler à ton père pour le moment, d'accord ? »

« Oui, mais tu peux essayer de l'y préparer ? »

« Bien sur, je vais lui faire relire « Roméo et Juliette » »

Draco éclata d'un rire nerveux.

« Je t'envoie ton Teddy demain. »

« Merci maman, je t'aime »

« Je t'aime aussi Draco, je veux que tu sois heureux »

Draco n'était jamais descendu déjeuner aussi tôt un dimanche matin.

La salle à manger était quasiment vide.

Il était totalement perdu dans ses pensées et ne se rendit compte que quelqu'un venait de s'asseoir en face de lui que lorsque celui-ci lui adressa la parole.

« Malfoy… »

Il releva la tête.

« Potter… »

« A quoi tu joues ? Je ne suis pas aussi idiot que tu aimes à le penser. Tu passes ton temps à regarder la petite Ginny. Tu as envie de l'afficher à ton tableau de chasse ? Fais gaffe Malfoy, j'aime Ginny comme si elle était ma sœur, je ne te laisserai pas lui faire du mal, OK ? Tu as de la chance que je n'ai encore rien dit à Ron, il t'étranglerait et je ne ferai rien pour l'en empêcher, compris ? »

« C'est toi qui ne comprend pas, Potter. Je suis amoureux de Ginny, je ne lui ferai pas de mal. Je ne cherche pas à coucher avec elle, enfin, je veux dire, je veux être avec elle, tu comprends ça ? Je veux avoir le même genre de relations avec elle que toi avec Cho. »

Harry resta un moment interdit.

Quand il reprit la parole, le doute s'était visiblement insinué en lui.

« Tu as été touché par la grâce divine, Malfoy ? »

Draco sourit.

« On peut dire ça. »

Neville les rejoignit à ce moment là.

« Salut, ça va Draco ? »

« Mieux, merci. »

« J'ai raté un épisode ? » demanda Harry.

« Oui. Mais ça n'a pas d'importance. Ce qui compte, c'est que tu saches que je n'ai pas de mauvaises intentions. »

Neville approuva, au grand désarroi de Harry.

Draco remonta dans sa chambre et sentit toute la fatigue de la nuit retomber brusquement sur ses épaules.

Il se coucha et dormit jusqu'à midi, heure à laquelle Pansy vint frapper à sa porte pour qu'il descende manger.

Il lui raconta ce que lui avait dit Ginny et elle lui dit être sure que Ginny avait déjà à moitié craqué, sans quoi elle l'aurait envoyé bouler.

Il s'installa à sa place habituelle et chercha immédiatement Ginny du regard. Lorsqu'il la trouva il s'aperçut qu'elle le fixait déjà. Il lui sourit et elle lui rendit son sourire.

Blaise et Luna arrivèrent ensemble dans le réfectoire, Blaise vint s'asseoir à coté de lui, l'air un peu gêné.

Draco lui tapota l'épaule :

« Je suis ravi pour toi »

Pansy sourit :

« Je ne m'y attendais pas, mais alors vraiment pas, mais finalement, vous allez plutôt bien ensemble ! »

Blaise s'adressa à Draco :

« Luna pense que Ginny ne demande qu'à craquer »

« En parlant de Luna, ça a été rapide dis donc…tu as bien caché ton jeu ! »

« Bah, le premier soir je t'ai bien dit que je la trouvai sexy ! »

Pansy se mit à rire :

« Officiellement cette soirée avait pour but de nous rapprocher Neville, et moi, officieusement c'était pour Draco et Ginny, et au final c'est toi et Luna qui vous retrouvez ensemble ! »

« Au fait, tu n'as pas eu l'air de le trouver crispant le Neville, finalement ! »

Blaise avait voulu plaisanter mais à leur grande surprise Pansy rougit violement.

« Je ne veux pas en parler ! » les coupa-t-elle.

A la fin du repas Blaise alla rejoindre Luna, et Draco prit son courage à 2 mains, et alla proposer une promenade à Ginny, qui accepta immédiatement.

Il ne pleuvait plus mais le sol était détrempé et l'air ambiant chargé d'humidité.

Ils cheminèrent un moment en silence, simplement heureux d'être ensemble.

« Tu n'as rien dit à Ron ? »

« ne le regarde pas ! Ce n'est pas facile d'avoir 6 frères tu sais, surtout quand ils ne connaissent pas le sens du mot « ingérence » ! »

« Ce n'est pas drôle non plus d'être enfant unique. Qu'est ce que j'ai pu m'ennuyer quand j'étais mome… »

« Ah, c'est sur que chez nous on se chamaillait tout le temps, mais on ne s'ennuyait jamais ! »

« Ginny…je veux m'excuser pour mon attitude passée.J'ai été ignoble avec toi, avec ta n'ai pas d'excuses, mais je veux que tu saches que je ne me rendais pas compte, et surtout que je regrette tout ce que j'ai fait et dit. »

« D'accord. »

« Quoi d'accord ? »

« D'accord j'accepte tes excuses. »

« Oh ! Tu es gentille Ginny, vraiment. »

Elle lui sourit.

« On rentre ?j'ai froid… »

« OK. »

Elle frissonnait, en effet, il la prit par les épaules pour la réchauffer et ils rentrèrent enlacés dans le hall.

« J'ai du travail, je dois y aller »dit-elle.

« Moi aussi j'ai du boulot. A ce soir au repas alors ! »

Draco était impatient de recevoir l'ours.

Il continua à parler avec Ginny, essayant de passer autant de temps que possible avec elle.

Elle ne se défilait jamais, mais il se sentait maladroit et fébrile.

L'ours arriva le mardi après-midi.

Le soir même Draco amena le paquet à la réunion des préfets.

A la fin de la réunion il fit signe à Ginny de rester, attendit que le dernier préfet soit partit et referma la porte.

Son cœur battait à tout rompre.

« J'ai quelque chose pour toi Ginny. »

Elle eut l'air surprise.

« Je ne veux pas de cadeau Draco, ce n'est play ! C'est trop facile pour toi ! »

Il l'interrompit :

« attend.d'abord je n'ai rien dépensé : c'est de la récup, ensuite ce n'est pas vraiment un cadeau : c'est un prêt. »

Il sourit devant son air interloqué.

Il sortit l'ours du paquet et le montra à la jeune fille.

« Ginny, je te présente Teddy. C'était mon doudou quand j'étais bébé, longtemps il a été ce à quoi je tenais le plus au monde, mes parents mis à part. A présent, ce à quoi je tiens le plus au monde c'est toi. Alors je te confie Teddy, veille bien sur lui, parce que le jour où nous aurons un enfant je veux que Teddy lui revienne. »

Ginny avait les larmes aux yeux, elle prit l'ours et le caressa doucement. C'était une peluche d'excellente qualité, il avait donc bien vieilli, n'était pas déchiré ni déformé. Il était d'une belle couleur caramel, et son poil était soyeux.

« Il est beau ! Et tellement doux ! » S'exclama-t-elle en serrant la peluche sur son cœur. Merci Draco, je ne savais pas que tu étais capable d'être aussi…sensible ! »

Il ressentait plus d'émotion qu'il ne l'avait imaginé, et fut incapable de répondre.

Lorsque Ginny se leva pour regagner sa chambre, elle lui déclara :

« Je vais bien prendre soin de lui, ne t'en fais pas. Je…je ne sais pas si nous avons un avenir ensemble, mais je n'aurais jamais cru te voir sous ce me donne envie de te connaître mieux. »

Et elle lui déposa un nouveau baiser furtif sur les lèvres, avant de quitter la salle.